skip to Main Content
Menu

Chapitre 68 – La Fin ?


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 68


Pour Zhou Qianlin, Lan Jue paraissait passif et doux. Il ne réagit pas à la malfaisance du Comptable. Cependant, alors qu’ils se retournaient pour sortir du petit appartement du Gourmet, un filin d’électricité serpenta silencieusement le long du sol jusqu’aux pieds du Comptable. Tous les cheveux de son corps se redressèrent.

« Ça n’arrivera plus. Sinon, je t’expulserai moi-même de l’Avenue. » Le Maître des Vins s’était aussi levé, fusillant le fautif du regard. Il sortit sur les talons de Lan Jue.

Le Comptable ouvrit sa bouche, des traces de fumée sortirent de derrière ses lèvres. Les muscles de son visage se crispèrent hors de son contrôle. « Vous devez me croire, je ne faisais que m’amuser ! Je ne voulais rien en faire. »

Le Mécanicien tendit la main et attrapa le Comptable par la gorge. « C’est par ce que je te crois que je veux encore plus te taper. »

Le Gourmet intervint doucement. « Si ce n’était pas un gâchis de ma nourriture, je te tabasserais moi-même jusqu’à ce que tu vomisses tout. Tu ferais bien de trouver un moyen de réparer ce que tu as fait au Maître des Joyaux. »

Le ciel s’était assombri pendant ce temps. L’Avenue n’était éclairée que par les lumières des magasins qui la bordaient, et même si elle n’était pas forte, elle ajoutait au charme rustique des constructions antiques de l’Avenue.

Lan Jue marchait en silence, Zhou Qianlin le suivant un pas derrière.

« Tu es énervé ? »

Lan Jue secoua la tête. « Il est juste comme ça, il ne l’a pas fait pour me faire du mal spécifiquement. Ça ne vaut pas vraiment la peine de s’énerver avec lui là-dessus. Je pense juste à autre chose. »

« Oh ? » Zhou Qianlin le regarda attentivement.

Lan Jue s’arrêta et se retourna pour regarder Zhou Qianlin attentivement. « Je suis désolé, » marmonna-t-il.

« Quoi ? » Elle était de plus en plus confuse.

« Tu lui ressembles tellement que dans ma tête, il m’arrive d’oublier que tu n’es pas elle. C’est mal. Héra est la seule dans mon cœur. Tu n’es pas sa copie, pas son remplacement. Et donc, je te demande pardon. À l’avenir, je serai ton garde du corps. Après ces trois ans, quand mon contrat sera terminé, on partira chacun de notre côté et l’on n’aura plus de contact. »

La voix de Lan Jue était distante, détachée. En parlant, même lui trouvait qu’il allait trop loin.

Mais il n’avait pas le choix. Les mots de Ke’er l’avaient réveillé. Si Zhou Qianlin n’avait pas commencé à remplacer Héra, au moins dans sa tête, aurait-il accepté d’être garde du corps ? Serait-il devenu professeur à l’université ? Et il l’avait même amené à l’Avenue, pour participer à ce repas spécial. Tout ça ensemble ne pouvait dire qu’une seule chose : elle commençait à compter pour lui.

Les merveilleux relents du repas dominaient encore ses papilles, mais malgré leurs vaillants efforts, il n’arrivait pas à enlever ces pensées. Zhou Qianlin n’était pas Héra. Son Héra était partie. La logique lui dictait de ne pas continuer, ou sinon Zhou Qianlin remplacerait Héra comme être le plus chéri.

Il valait mieux s’en occuper dès le début. Plus il le laissait traîner, plus ce serait dur de faire ce qu’il fallait.

Il n’avait donc pas d’autre recours que la parole.

Zhou Qianlin le regarda sans voix. Il n’y avait pas de changement d’expression sur son joli visage. Mais ses yeux ne pouvaient pas tout cacher, et des secrets y étaient enfouis.

Elle lui lança un long et perçant regard. Ses yeux verts étaient profonds, comme s’ils étaient capables d’engloutir son âme. Sous ce lourd regard, le cœur de Lan Jue s’accéléra. Il sentait un pincement dans sa poitrine, même si ce n’était pas seulement dû à son regard.

« Qianlin, tu es une gentille fille. Je sais que ce que je t’ai dit t’a blessé, mais… »

« Très bien. » Dit-elle doucement.

Elle enchaîna avec un bel éclat de rire tintinnabulant.

« Est-ce… » Lan Jue la regarda, abasourdi. « Est-ce que ça va ? »

Zhou Qianlin secoua la tête. « Vous les hommes. Vous pensez que toutes les femmes de la terre vous aiment. Tu ne pensais quand même pas que j’avais des sentiments pour toi ? »

« … »

Zhou Qianlin le cloua du regard. « Si tu penses que oui, ou si tu as peur que je ressente quelque chose pour toi dans le futur, alors tu n’as rien à craindre. Tu as pris mon corps, ce qui veut dire que je vais devoir me souvenir de toi le restant de ma vie, mais quand je le ferai, ce sera avec regret. Tu l’as dit, tu es mon garde du corps, rien de plus. Je n’ai jamais pensé rien de plus. Ne te prends pas pour quelqu’un de spécial, d’accord ? Ce dîner était bien, maintenant raccompagne-moi à la maison. »

Les mots résonnaient encore tandis qu’elle s’en retournait, un petit sourire aux lèvres.

Lan Jue restait sur place, gelé pour quelques bonnes secondes. Finalement, il se mit à la suivre.

Son visage était calme, ne révélant rien. Mais profondément, dans ses yeux, vivait quelque chose d’étrange, de fluctuant. Il y avait de la gratitude, du regret, de la douleur, et quelque chose d’inexplicable qui la traversait.

La totalité du retour à sa maison sur la montagne fut passée en silence.

« Ici, ça ira. » Zhou Qianlin s’arrêta et sourit à Lan Jue.

« D’accord. » Dit-il en hochant la tête.

« Tu t’en vas demain, sois prudent ! Oh, au fait, pour que tu comprennes bien, laisse-moi clarifier ceci, je dis ça pour que tu reviennes prêt à faire ton travail de garde du corps efficacement. »

« Je le ferais. » Il hocha à nouveau.

« Au revoir. » Elle fit un signe de la main, et s’en alla sans rien dire.

Lan Jue la regarda s’en aller sans bouger. Au bout d’un moment, il renifla, et s’en alla.

Il mit l’expérience de côté comme si de rien n’était. Pourtant, pour des raisons inconnues, une douleur sourde demeurait dans sa poitrine.

Zhou Qianlin alla directement dans sa chambre et s’assit sur son lit. Son visage ne trahissait aucune émotion, mais après un bon moment, l’amertume apparut, et des larmes se mirent à couler toutes seules du coin de ses yeux. Elle ne fit aucun bruit, et les larmes coulèrent sans résistance le long de sa lisse peau blanche.

ζ

Skyfire Avenue était aussi silencieuse que d’habitude. La nuit, il n’y avait jamais vraiment de traînards dans la rue. La pénombre avait grandi, mais l’humeur de Lan Jue s’était améliorée en descendant la rue froide.

« Viens me voir, » une voix grave lui parvint à l’oreille. Il sursauta un peu au son inattendu, puis se dirigea vers l’Antique Cave Gothique.

« Vous ne m’appelez pas pour vous excuser à la place du Comptable, n’est-ce pas ? » Lan Jue s’assit à côté du Maître des Vins, un rictus aux lèvres.

Le visage du Maître des Vins trahit un rare sourire. « Ton humeur actuelle n’est pas due à ce qu’il a fait. Il n’y a aucune raison pour qu’il ne te dérange. L’homme est un clown. Non, c’est à cause de la fille que tu as amenée ce soir. Me trompé-je ? »

Lan Jue regarda son vieil ami. « C’est fait. »

Le Maître des Vins eut un rire sardonique. « Si c’est fait, tu n’as pas besoin de me le dire. Tu es un adulte. Je ne suis pas ton père. »

Le visage de Lan Jue se durcit. « Pourquoi m’as-tu appelé. »

Le Maître des Vins sourit. « Vérification de dégustation à l’aveugle. Voyons si tu es toujours aussi précis que tu l’étais. »

 

<< Précédent <<    >> Suivant >>

Cet article comporte 1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Do NOT follow this link or you will be banned from the site! Back To Top