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Chapitre 109 – Les Secrets du style

Traducteur en Français : Arpakshaad
Checkeuse : Miss X

Chapitre 109 - Les Secrets du style

Quand Lan Jue entra dans la salle, tous les yeux se tournèrent vers lui dans une excitation contenue.

Il s’avança dans son costume saphir parfaitement taillé, sa chemise blanche, sa cravate noire et sa pochette blanche. Avec son sourire malicieux et ses cheveux peignés méticuleusement, il était certainement capable d’attirer l’attention.

« Bon après-midi, » commença-t-il. Il se positionna derrière le pupitre et hocha à son audience.

« Bon après-midi, Professeur ! » Répondirent les élèves à l’unisson.

Ses yeux balayèrent la salle rapidement, mais il ne trouva aucun signe de Zhou Qianlin. Son amie Tang Mi, cependant, était présente, assise vers l’arrière. En tout, les garçons comptaient pour environ soixante-dix pour cent des participants.

À l’arrière, Directeur Wu lui hocha la tête en signe de confirmation, et Jin Yan souriait gaiement dans sa direction.

« J’aimerais commencer par vous présenter à tous mes excuses. Malheureusement, une affaire urgente survint après mon premier cours qui ne me laissa pas d’autre choix que de demander un congé temporaire. Je ne suis rentré sur Skyfire qu’hier. » En parlant, Lan Jue recula d’un pas du pupitre et s’inclina respectueusement devant ses élèves. Le mouvement semblait souvent avoir été répété, sans fioriture ou panache inutile. Les étudiants se turent.

La plupart des élèves qui étaient venus l’avaient fait pour satisfaire leur curiosité. Comme la dernière fois, beaucoup étaient considérés comme des ‘étudiants à problèmes’. L’information passée entre étudiants avait donné l’impression que rien de ceci n’était à prendre sérieusement. Lan Jue n’était pas certain de la tournure qu’allait prendre sa classe, mais son geste assurait au moins qu’il leur témoignait le respect nécessaire.

Bien sûr, quelque soit la qualité ou le statut d’une université, aucun instructeur n’aimait gérer les élèves à problème. Pour l’UNE, bien des élèves n’entraient qu’à travers une sélection stricte. Mais malgré tout, la pression des études faisait parfois ressortir le pire chez eux. Ainsi, la plupart des professeurs ne ‘perdaient’ pas leur temps avec les élèves fauteurs de troubles, préférant concentrer leurs efforts sur la majorité. Seuls les meilleurs élèves parvenaient à suivre, et les autres étaient éliminés. Au final, il y avait toujours ceux qui n’arrivaient pas à passer l’année. Jin Tao était un bon exemple.

Sous ces tristes conditions sociales, un étudiant à problème ne voyait que rarement le sourire d’un professeur, et trouvait encore moins souvent une éducation de qualité. Même si ces jeunes faisaient souvent face au monde avec méprise, ils demeuraient de jeunes hommes et femmes ! Ils avaient encore le désir d’être la fierté de leurs professeurs, de recevoir l’amour et l’attention d’un instructeur pour un élève talentueux.

Pour cette raison, le geste de Lan Jue résonna en eux. Malgré ce qui viendrait, en cet instant, leur image du Professeur Lan s’améliora significativement.

Lan Jue se redressa et, souriant, poursuivit. « Je ne vous ferai pas attendre plus longtemps. Lors de notre premier cours, nous avons parlé de ce que cela impliquait, précisément, d’être véritablement ‘noble’. Pour ceux qui ont raté le premier cours et qui sont intéressés, vous pourrez trouver la vidéo du premier cours sur le Forum du Collège. À partir d’aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’étiquette, nous concentrant sur des sujets à la fois contemporains et historiques. »

« Les besoins primaires, comme leur nom l’indique, sont les choses dont tout homme et toute femme a besoin. Le premier consiste à s’habiller, il est donc normal de considérer que ce que nous portons est important. Alors aujourd’hui, nous parlerons exactement de cela : ce que nous portons. »

Lan Jue se distança une nouvelle fois du pupitre et se rapprocha du premier rang. « Que pensez-vous de mon ensemble aujourd’hui ? Et ne vous en faîtes pas, parlez librement. Vous là, jeune fille. »

« Oh, très chic, Professeur, » répondit la jeune fille en question. « Cela vous va bien. » Elle parla la tête dans les mains, les yeux brillants en levant son regard vers lui.

« Pfft, on dirait plus un crâneur. » Ne put s’empêcher d’intervenir un jeune homme à côté d’elle.

Avec un sourire encore sur le visage, Lan Jue se retourna vers le jeune homme. « Continuez. »

« On dirait un idiot qui se travestit ! » Il portait une grimace de mépris. À en juger par l’arrogance de son ton, cela devait être un étudiant particulièrement problématique.

Lan Jue se contenta de rire. « Pas exactement. Et si je vous montrais quelque chose un peu plus dans les lignes de ce que vous avez décrit. » En parlant, ses doigts se levèrent pour déboutonner le seul bouton qui tenait sa veste en place. En l’ouvrant, il révéla la doublure intérieure.

« Waaa… » S’extasia la classe entière. Les étudiants à l’arrière se levèrent pour essayer de mieux voir.

La doublure intérieure était d’un rose à vous crever les yeux. Contrastant avec le bleu saphir de son costume, la couleur était clairement efféminée.

Jin Tao, assis au premier rang, clignait dramatiquement des yeux. « La vache Professeur, mes yeux daltoniens de chien fou ont été aveuglés par toute cette connerie ! »

Lan Jue ferma son bouton à nouveau, cachant la doublure intérieure. Il retourna son attention sur le jeune qui avait précédemment ouvert la bouche. « Alors, qu’en penses-tu maintenant ? »

« La face coquette d’un homme ne doit jamais se montrer en surface. C’est considéré impétueux. Mais, si un homme doit espérer attirer une femme, il doit en avoir une certaine mesure. Le dicton veut que les ‘femmes aiment les méchants garçons’, sans côté dragueur, il n’est qu’indifférent. Donc si un homme veut avoir une chance d’attirer l’attention d’un jeune femme, il ne doit pas être excessivement séduisant, mais gardez le proche de la taille. Le ‘paquet surprise’ proverbial. » Son sourire machiavélique et le sujet coquin lui valurent une série de rires de la classe.

Il attendit que les rires se résorbent pour continuer. « Aujourd’hui je vais parler d’habits, plus spécifiquement des habits formels. Pourquoi cette spécificité ? La raison est simple : pour les jeunes hommes ici, attirer l’attention du beau sexe par votre choix vestimentaire vous apportera de l’assurance. Pour vous mesdemoiselles, en savoir plus sur les choix vestimentaires des garçons vous permettra d’être plus sélectives sur vos critères, et de faire des jugements sur leur caractère en vous basant sur leur sens esthétique. »

« N’importe quelle personne avec un peu de succès vous dira, ‘Le Diable est dans le Détail.’ Alors c’est là que nous allons commencer. Si vous voulez bien m’aider… » Lan Jue indiqua une jeune femme à côté, Tang Mi, qui était directement devant lui, mais à l’arrière.

Elle cligna des yeux en surprise, se montrant du doigt. « Moi ? »

Lan Jue hocha. « Mmhm. Si vous voulez bien venir à l’avant de la classe… »

Tang Xiao était aussi surpris d’entendre la voix de sa sœur et se retourna pour la regarder avec étonnement. Un étrange regard lui vint au visage.

Lan Jue n’avait pas prévu initialement de choisir Tang Mi, mais quand il vit la silhouette essayant furtivement de se cacher au fond, son doigt se tendit. Il ne pouvait simplement pas changer devant toute la classe, alors Tang Mi ce serait. Il enleva sa veste et la lui tendit quand elle arriva.

« Si vous voulez bien me tenir ça un instant. »

Tang Mi prit la veste. Une fois de plus, l’intérieur frappant se révéla aux élèves et, même si ce n’était pas la première fois qu’ils la voyaient, des sifflets résonnèrent dans la salle.

Hua Li, qui venait de se glisser dans la salle, était arrivé juste à temps pour voir cette magnifique, si ce n’est efféminée, couleur apparaître. Il ne put s’empêcher de lever sa main, un gros pouce pointé vers le ciel. Bien sûr, il n’y avait que lui et Lan Jue qui comprenaient l’intention sarcastique.

Lan Jue poursuivit. « Premièrement, le bon vêtement formel doit être fait main. En général, même si la plupart des grandes marques utilisent une doublure collée pour leurs costumes, et même si c’est généralement bien caché, c’est tout de même un manque de qualité flagrant. Les meilleures doublures sont faites à la main, avec un fil et une aiguille. »

Il retourna son attention vers Tang Mi, qui tenait sa veste entre ses doigts devant les yeux des élèves.

« Si vous voulez bien marcher dans la classe pour que les autres puissent voir de plus près. »

Tang Mi était fière. Mais pour des raisons inconnues, même d’elle-même, elle ne pouvait rien refuser au charmant sourire de ce professeur. Elle fit comme on le lui demandait.

« Cela ne compte pas seulement pour la doublure, non plus. Tous les trous de bouton doivent être faits de la même manière. Ce sont les costumes de meilleure qualité. Si nous parlons des costumes les mieux taillés, ils sont encore une fraction du coût de ceux des grandes marques. Ce que cela veut dire, c’est que vous ne devez absolument pas tomber dans le piège de vous affubler de grandes marques. Juste parce qu’elles sont connues, ne veut pas dire que ce sont les meilleures. »

« Le deuxième point d’attention est lors du boutonnement. Il ne faut jamais se boutonner jusqu’en haut. Que ce soit une veste, des manchettes, ou un gilet la règle est la même. Quoique, pas tout à fait, vous devriez toujours faire attention à ce que votre braguette soit bien fermée. »

À nouveau, les rires emplirent la salle.

« Ensuite, il faut voir précisément comment porter un costume. Je suis sûr que certains se disent ‘c’est un costume, il suffit de le mettre. Depuis quand a-t-on besoin d’une technique ? ‘ Comme je suis sûr que vous vous en rendrez compte, ce n’est pas aussi simple. Tout d’abord, les costumes sont divisés en deux-pièces et trois-pièces. S’il vous manque un veston, qu’est-ce qu’il vous manque ? L’Étiquette. »

« En réalité, un veston n’est pas souvent nécessaire. Ils sont généralement portés lors d’occasions formelles. Cependant, je dois absolument insister sur le port d’une cravate et d’une pochette1 quand vous mettez un veston. » Il montra sa propre cravate et sa pochette dans sa poche de veste gauche pour souligner ce qu’il disait.

« Somme toute, cela fait un costume parfait. Mais, sans veston, aucun des deux n’est nécessaire. Vous pouvez même défaire quelques boutons, vous donnant un air plus décontracté. »

Le temps que Lan Jue finisse son explication, Tang Mi avait fini de montrer la veste à la classe. Son attention aussi s’était tournée vers l’objet dans ses mains. Comme ses camarades, c’était la première fois qu’elle entendait parler de tout ceci et cela avait capté son attention.

« Fini, Professeur, » dit-elle retournant à côté de lui.

Lan Jue sourit plaisamment. « Je suis désolé, mais je vais devoir vous déranger encore un peu. Mademoiselle, comment vous appelez-vous ? »

« Tang Mi, » Répondit elle.

Il s’avança, soudainement si proche qu’ils pouvaient entendre la respiration l’un de l’autre.

  1. NdTFR : ça fait plusieurs fois que j’utilise le mot pochette, puisque c’est le terme officiel, mais pour ceux qui ne savent pas, c’est le ‘mouchoir’ qu’on met dans la poche extérieure sur la poitrine
Cet article comporte 6 commentaires
  1. Merci encore pour ces chaps Arpa’ ! Pour les personnes qui veulent approfondir le sujet cherchez Parisian Gentleman sur Google, ou tapez Pitti Uomo sur Google image ! voilà ^^

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