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Chapitre 105 – La Superstar

Traducteur en Français : Arpakshaad
Checkeuse : Miss X

Chapitre 105 : La Superstar

« Je vous ai demandé vos papiers, pas de voir votre vis- » La femme-officier s’arrêta tout d’un coup quand elle comprit qui elle avait devant elle. Elle se figea sur place, les yeux grands ouverts, tout comme sa bouche.

Li avait relevé la tête. Des mèches de cheveux bleus volaient majestueusement dans la brise alors que des yeux aussi brillants qu’une nuit étoilée fixaient la femme d’un regard envoûtant. Un petit sourire timide naquit sur sa peau douce. La perfection, c’est comme ça que les gens l’appelaient.

Quand il la fixa avec ce sourire, ce fut comme si tout ce qui les entourait était relégué à l’arrière-plan. Il n’y avait que lui, aussi parfait qu’une statue, regardant son âme. La force de Lan Jue était dans son héroïsme et sa noblesse, mais en terme d’image pure, son compagnon le battait de loin. A-Li n’avait pas la même bravoure, mais il le compensait avec une chaleur invitante et de l’empathie

« Mais mademoiselle… Ce sont mes papiers. » A-Li montra son visage du doigt, son charmant sourire s’étalant un peu plus sur son visage accompagné d’un clin d’œil.

« V-vous… Vous… Vous… ! » La voix de l’officier montait un peu plus dans les aigus à chaque itération. Lan Jue regardait de loin, impuissant. Il secoua la tête à la scène, comprenant juste à l’instant que de l’avoir appelé finirait probablement par causer plus de problèmes que nécessaire.

« AAAAAAAAAAAHHHHHHHH ! » Le cri soudain qui faillit briser le casque de la femme fit bondir les deux hommes.

« Poséidon ! V-vous êtes Poséidon ! Aaaah ! » Des frissons incontrôlables la parcouraient, alors qu’elle poussait cri sur cri. Elle passa ses mains tremblantes sur son casque essayant tant bien que mal de l’enlever et réussit finalement à montrer son charmant visage. Elle ne pouvait pas être considérée comme incroyablement belle, mais elle possédait une certaine force qui la rendait attirante. Même si maintenant, ses yeux avaient pratiquement la forme de cœurs, et son courage était difficile à imaginer alors qu’elle sautait sur place comme une lycéenne.

« Chut ! » A-Li pressa un doigt contre ses lèvres. « Faites pas de bruit ! Sinon vous n’allez pas pouvoir apprécier notre rendez-vous juste vous et moi. Vous avez encore besoin de mes papiers ? »

« Pas besoin, c’est bon. Votre visage est la meilleure pièce d’identité possible. Vous êtes encore plus beau qu’à la télévision ! Vos yeux sont tellement extraordinaires, et vos cils sont tellement longs ! Presque deux centimètres. Mon dieu ! Je suis vraiment là avec vous, face à face ! J’ai trop de chance, j’ai trop de chance ! »

Li se retourna temporairement de son adoratrice pour sortir une petite boîte de ses bagages. Comme par magie, un stylo apparut dans ses mains. Il l’utilisa pour signer la boîte qu’il tendit à la jeune femme.

« Ceci est mon dernier album spécial acousto-optique tridimensionnel1. Prenez-le, ce sera notre amende, ça ira ? » Il tapota les mains de la femme en reculant d’un pas.

« C’est… C’est pour moi ? » Ses mains tremblantes pressèrent la boîte contre sa poitrine. A-Li avait déjà commencé à remettre son chapeau, son écharpe et ses lunettes. En guise de réponse, il fit un pas en avant et lui serra l’épaule, mais en s’assurant de garder une distance respectable. Après un bref instant, il fit un signe à Lan Jue.

Le Maître des Joyaux qu’on avait oublié passa une jambe au-dessus du vélo et monta dessus alors qu’A-Li faisait de même à l’arrière. Poséidon fit un signe de la main majestueux à sa fan alors que Lan Jue pédalait dans le lointain.

« Avance. Je crois qu’elle va avoir besoin de quinze minutes environ pour s’en remettre, mais après ça, tous les flics de Skyfire vont se mettre à ma recherche. » Marmonna A-Li tranquillement en rebondissant derrière Lan Jue. Cela sonnait comme quelque chose qu’il avait souvent vécu.

« Y a pas de quoi être fier de toute façon, » marmonna Lan Jue.

« D’habitude, ceux qui disent ça sont jaloux, » dit A-Li à travers un sourire satisfait. « Enfin bon, quatre-vingt dix pour-cent de la population des trois Alliances sont comme toi, hyper masculins. Les autres dix pour-cent sont comme de vrais hommes. » Dit un A-Li tranquillement assis sur le vélo, les jambes ballottant de chaque côté de la roue.

« Attention à ne pas te défigurer, » siffla Lan Jue malicieusement.

La voix qui lui parvint de derrière n’était pas celle du A-Li qu’il connaissait. Mais une voix douce, plaintive et claire comme du cristal. Une voix de femme. « Et si jamais je devais perdre ma beauté, tu m’aimerais encore ? »

« Putain de bordel de merde sur un abribus !2 Ferme ta gueule et arrête avec cette connerie de changement de voix ou je te jure que je t’envoie en orbite à grands coups de pied dans le derrière ! » Il évita de justesse le fossé.

La voix d’A-Li redevint normale. « Ais un peu de dignité. T’es blessé. Si tu essayais de lancer quoique ce soit, tu ne réussirais qu’à t’envoyer prématurément dans une tombe. »

« Mais quel genre de frère es-tu ? »

La voix d’A-Li changea une fois de plus, reprenant ce côté féminin dérangeant. « On devrait tous les deux faire une opération, comme ça, on pourrait être sœurs ! »

« Queeeeoi… pas étonnant que ton père t’ait appelé Hua Li3. Va faire ton opération tout seul. Et dis-moi, A-Li, si tu deviens une femme, quelle serait la première chose que tu voudrais une fois arrivé là ? »

« Faire du biieeeeen aux garçons, » dit-il timidement.

Lan Jue resta silencieux pendant un long moment. Après ce qui lui sembla être une éternité, il eut l’impression de sortir de sa torpeur. Avec un regard profond, il dit résolument : « Un gentil frère ! »

Il faisait nuit quand ils arrivèrent à Skyfire Avenue. Lan Jue fit usage de son statut de Conseiller pour obtenir un badge temporaire à Hua Li. Les lumières du soir étaient suspendues au-dessus de l’avenue alors que le soleil descendait lentement derrière les montagnes. L’heure magique donnait à l’Avenue un air de mystère et de beauté classique.

« Wow, c’est sûr que c’est bien ici. J’aime bien l’ambiance antique. Je comprends pourquoi tu as vécu si bien pendant trois ans ici. A-Jue, ton goût s’est amélioré avec le temps. »

Lan Jue répondit paresseusement. « Si mon goût a été autre chose qu’impeccable, c’est parce que j’ai passé trop de temps avec vous, bande de Philistins. »

« J’ai faim, qu’est-ce qu’il y a pour dîner ? » Marmonna Hua-Li en jetant un coup d’œil à l’Avenue qui s’assombrissait.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

« N’importe quoi ! » dit Hua Li. « J’ai déjà mangé quasiment tout ce que ce monde peut offrir, alors ça m’est assez égal. »

Lan Jue lui lança un regard. « Bien sûr, parce que tu ne te la pètes absolument pas. »

Les yeux de Hua Li s’illuminèrent malicieusement. « Très bien. Tu m’amènes quelque chose de délicieux que je n’ai jamais mangé avant. Je te devrai une faveur. Tout ce que tu voudras. »

« Devenir transsexuel ? »

Hua Li retira ses lunettes, et regarda Lan Jue avec des yeux incroyablement plaintifs. Alors que des larmes embuaient ses yeux clairs, sa voix reprit cette sonorité féminine.

« Du moment que tu peux laisser partir le moi masculin. »

« Va te faire !4 » Lan Jue envoya un coup de pied vers Hua Li qui fit un habile petit bond sur le côté et évita le coup, un sourire auto-satisfait sur le visage. « Arrête d’utiliser ce jeu d’acteur à la con sur moi. Si tu m’empires, je te ferai sentir ce que c’est que d’être réduit en cendres par la foudre. »

Lan Jue cracha à demi-mot la menace en pianotant un numéro sur son communicateur.

« Comment ça va ? » Une voix profonde lui répondit.

« Vous avez quelque chose de délicieux sur le feu ? Quelque chose de rare, pour deux. »

« Venez. » La connexion s’arrêta.

Lan Jue s’était habitué à cette voix laconique de baryton. « T’as de la chance, dis-donc. On dirait bien qu’il y a quelque chose de bon pour toi ce soir. Je suppose qu’on verra dans une minute. »

Hua Li hocha. « Ne pas savoir, c’est ce qu’il y a de mieux. Maintenant, je peux enfin m’attendre à quelque chose. »

ζ

Devant la petite et simple porte d’une cabine.

Alors qu’ils avançaient dans l’entrée un arôme frais et rafraîchissant les invitait. Cela avait comme une odeur d’osmanthus5, mais pas tout à fait. C’était une odeur qui vous remplissait presque.

« Du bois de rose senteur ? » L’excitation illumina le visage de Hua Li qui se précipita en avant. Il appuya son nez sur la grande table et prit quelques profondes inspirations. Il se redressa et regarda la table avec surprise.

« Absolument magnifique. Regardez le grain du duramen6, tordu comme des visages de spectres. La vache ! On dirait presque de la peau de tigre, et tellement grand. Tellement de beaux motifs, non, pas beau. C’est magnifique ! Juste incroyable, comment une pièce aussi large a-t-elle pu arriver là ? »

« Veuillez rester tranquille s’il vous plaît, » invita la voix profonde.

Hua Li releva la tête vers la voix. L’homme qui se tenait devant lui avait un pantalon marron et une chemise noire couverte d’une veste marron. Le Gourmet entra depuis la cuisine un peu plus loin.

Les deux se regardèrent, même si c’était le Gourmet qui était le plus surpris, probablement à cause de l’apparence marquante de son invité.

« Bonjour, je suis Hua Li. » Il se tint droit et fit un poli signe de tête à son hôte.

« Vous… Vous êtes un homme ou une femme ? » Le Gourmet le regarda dans un complet désarroi.

« Haaaaaah hahahaha ! »7

Le rire de Lan Jue résonna dans la petite salle comme une tempête.

Hua Li répondit en le fusillant du regard. Puis, en remontant sa tête, il pointa dramatiquement sa pomme d’Adam du doigt.

Le Gourmet hocha. « Ah, bien. Sinon on se serait trouvé avec un vrai bazar sur les bras. »

Le sourire de Lan Jue faillit lui couper le visage. « Ce qui ne change pas beaucoup de maintenant. Vous êtes la seule personne qui ne fait pas attention à ce qui se passe hors de la planète, sinon, vous auriez su qui c’est. »

« Ça n’a rien à voir avec moi, » répondit le cuisinier. « Vous êtes un fan de bois de rose alors ? »

Le visage de Hua Li entreprit un changement drastique et rapide, de froissé de l’échange précédent à excité à nouveau. « Du Poirier Senteur de Hainan, l’un des arbres les plus précieux de notre planète d’origine. De nombreux objets d’intérieur furent faits à partir de leur écorce, et furent ensuite transmis de génération en génération en tant qu’héritages précieux. Un souvenir de l’ancienne Chine. Son nom officiel est le Dalbergia odorifera. Ils ne sont pas difficiles à cultiver, mais poussent exceptionnellement lentement. Seuls les bois de rose senteurs qui ont mûri pendant des centaines d’années sont aptes à être transformés en mobilier. Cette table que vous avez là fait environ un mètre et demi de large pour quatre mètres de long. L’arbre dont il a été fait devait avoir au moins cinq mille ans ! Même à l’ancienne époque, c’était considéré comme un trésor sans prix, encore plus aujourd’hui. »

« Asseyez-vous. Ce n’est pas étonnant que le Maître des Joyaux vous ait amené ici. Vous avez clairement du goût. »

Hua Li s’assit à la table comme demandé, même si ses traits étaient quelque peu gênés. « Je sais qu’il n’y a aucune chance pour que vous vendiez quelque chose d’aussi précieux que ça. Mais voilà ce que je propose, s’il devait y avoir quoi que ce soit dans le mobilier que vous ne pouviez pas gérer… Quelque chose qui nécessiterait une grande faveur, très dure à faire… Venez me trouver immédiatement. Si je suis dans la capacité de vous aider, alors j’espère que vous me laisserez venir souvent admirer votre table. Et si à un moment, vous décidez de vous en séparer, je vous donnerai tout ce que je possède. »

« La dernière personne qui a essayé d’en discuter le prix avec moi, » dit doucement le Gourmet, « est sorti de l’Avenue en volant. Heureusement, je n’ai pas encore atteint ce point-là avec vous. »

Lan Jue, toujours debout sur le côté, parla à l’homme sur un ton de connivence. « Il y a une chose qu’il a dit qui est absolument certaine, Gourmet. S’il arrive un jour où vous cherchez à vendre cette table, il sera votre meilleur choix. Il n’y a simplement personne avec ce niveau d’obsession pour le bois de rose. Pour ce qui est de son portefeuille, très peu dans les Trois Alliances peuvent s’y mesurer aussi. Huit, dix gemmes de rang S… Pas un problème. »

  1. NdTFR : oui parce que ça fait plus stylé d’utiliser un mot hyper futuriste et incompréhensible x) Merci l’auteur
  2. Traduction littérale … ou pas ^^
  3. NdTEN : Les mots pour belles, splendide, magnifique, TRES féminin
  4. NdTEN : une fois de plus, la version originale est plus fleurie
  5. NdTFR : c’est un arbuste, merci Wikipedia 😉
  6. NdTFR : c’est le cœur de l’arbre, encore une fois, merci Wikipedia;)
  7. NdTFR : merci Lan Jue, j’aurais pas mieux dit moi-même ^^
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