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LOOG – Chapitre 7

Traducteur Français : DrizztDoUrden
 Éditrice : Sehri
Check : Sehri

Chapitre 7 : Un doigt

Bao avait lu que le premier baiser d’un fille pouvait tout changer. Cependant, les choses n’avaient pas changé de la façon qu’elle espérait.

Cette nuit-là, lorsqu’elle fut finalement retournée dans les propriétés de son clan et plus précisément dans son lit, elle resta allongée, contemplant le plafond. Sa tête lui faisait encore un peu mal mais cette dernière était remplie de pensées romantiques et d’aventures.

Elle s’imagina être en train de s’enfuir de Yu Zhing avec Geng Long. Ils voyageraient au sud, loin de l’Empereur Démoniaque. Ils se marieraient, auraient des enfants et vivraient à côté de l’océan, où ils pourraient pêcher des poissons tous les jours et passer leur temps à lire sur la plage.

Le lendemain, quand on découvrit son hématome sur son visage, elle inventa qu’elle était tombée du lit pendant la nuit. Elle était impatiente que le soir arrive, pour qu’elle puisse sortir de son clan et d’aller à l’endroit où elle rencontrait toujours Geng Long.

Mais Geng Long n’est pas venu ce soir-là. Elle attendit pendant trois heures avant de prendre la décision de retourner à son clan. Ce n’était pas la première fois qu’une telle chose arrivait. Geng Long avait de temps en temps d’autres choses à faire, bien qu’il ne lui ait jamais exactement dit ce que c’était. C’était même parfois elle qui ne venait pas à leurs rendez-vous pour telle ou telle raison.

Mais il ne vint pas le jour suivant. Ni le jour d’après.

Où es-tu ?

Le quatrième jour, Bao sombra dans une profonde tristesse. Ce n’est qu’au 7e jour que Geng Long fit son retour.

Quand elle le vit sauter au dessus du mur voisin et se dépêcher d’arriver à côté du pêcher, elle ne savait pas s’il fallait en rire ou en pleurer. Ou encore de l’embrasser.

Mais il parla avant même qu’elle le rejoigne et qu’elle puisse dire quelque chose.

« Je suis désolé », dit-il.

Son cœur s’attendrit instantanément.

« Je voulais t’envoyer un message, mais je ne pouvais pas le faire. » Il se retrouva ensuite en face d’elle, glissant ses mains autour de sa taille. Il l’embrassa une fois de plus et cette passion sauvage se répandit une fois de plus dans son corps.

Elle le repoussa enfin de son étreinte. « Que s’est-il passé ? » murmura-t-elle, quelque peu essoufflée.

Il haussa les épaules. « Du business. Et j’ai encore de mauvaises nouvelles. Je dois encore partir. Ça devrait me prendre quelques semaines, peut-être un mois ou deux. »

Elle hocha la tête et se refusa de lui poser des questions. « D’accord », chuchota-t-elle. « Je comprends. »

Il approuva d’un signe de tête en retour. « Bien, c’est notre dernier soir ensemble avant un bon bout de temps. Suis-moi, j’ai trouvé un nouvel endroit où l’on peut voir la lune se refléter sur l’eau. »

Il lui prit la main et ils filèrent dans la nuit.

L’année qui suivit fut marqué de la même façon étant donné que Geng Long revenait et repartait. Ils élaborèrent un moyen pour se laisser des messages et dès qu’il en avait la possibilité, ils passaient leur temps ensemble, bien que ce ne soit généralement qu’une ou deux journées toutes les 3 ou 4 semaines voire 1 mois.

Il l’embrassait à chaque fois qu’ils se revoyaient et c’était, pour elle, comme de la lave brûlant son cœur et son esprit.

Elle vagabondait toute seule dans les rues lorsqu’il n’était pas là. Bao réalisa après le combat avec les trois garçons qu’elle devait être préparée à l’inattendu. Elle se faufila un soir à l’atelier de menuiserie de son clan où elle prit quelques couteau de cuisines dans un tiroir. Elle confectionna ensuite des étuis, pour les garder dans ses manches, avec quelques lanières en cuir qu’elle ‘trouva’.

Elle passa aussi plus de temps à observer les soldats de son clan s’entraîner et elle commença même à mémoriser les façons de combattre qu’ils pratiquaient, avec lesquelles elle s’entraîna seule dans sa chambre. Quelques fois, ces façons de combattre ne lui correspondaient pas car elles étaient conçues pour être utilisées par des soldats vêtus d’armure, costauds et transpirants et elle fit par conséquent quelques ajustements.

Elle ne se retrouva que dans trois situations dangereuses au fil des mois. Elle résolut une d’entre elles en sortant simplement ses couteaux en guise de menace. Dans une autre situation, elle n’eut pas le temps de sortir ses couteaux vu qu’une personne essaya de sauter sur elle dans son dos. Cependant, elle arriva a mettre son adversaire à terre grâce à toutes les heures d’entraînement qu’elle avait effectué dans son clan. C’était une autre jeune fille, sans aucun doute une mendiante, qui s’empressa de déguerpir dans l’ombre avant même que Bao puisse lui dire un mot.

La troisième situation dangereuse dans laquelle elle se trouva fut lorsqu’elle rencontra de nouveau les trois garçons qu’ils avaient combattu quelques mois auparavant. Un d’entre eux portait maintenant un cache-cache et avait trois cicatrices ressemblant à des griffures de l’autre côté de son visage. Ils commencèrent à la poursuivre dès le moment où ils l’aperçurent.

C’était une situation où ses couteaux et ses maigres connaissances de combat ne pouvaient l’aider. Ils la poursuivirent pendant une vingtaine de minutes environ, avant qu’elle ne réussisse à les semer.

Elle commença à se familiariser avec quelques autres personnes qui déambulaient la nuit dans la rue. C’était généralement des mendiants, des pickpockets, etc. Elle savait tout au plus leurs noms et savait aussi qui était territorial ou agressif.

Elle commença même à s’aventurer en dehors de la ville, bien que ce soit plus difficile étant donné qu’il y avait plus de distance à parcourir.

Le temps suivit son cours.

Elle trouva une nuit un message de Geng Long.

Rendez-vous demain soir. Dans l’allée derrière le charcutier.

Le cœur de Bao bondit et elle sourit. Cela faisait presque 2 mois qu’ils ne s’étaient pas vus.

Le reste de la nuit et le jour suivant parurent interminables. Lorsqu’il fut enfin temps pour elle de sortir, elle se hâta de parcourir la ville pour arriver au point de rendez-vous. Son cœur battait de plus en plus fort pendant ce bref moment. Cependant, la personne qui l’attendait n’était pas Geng Long.

C’était un vieil homme arborant des vêtements d’ouvrier, ainsi qu’un large sourire. Les mains de Bao se placèrent sur ses couteaux dès le moment où elle s’aperçut que ce n’était pas Geng Long.

L’homme tenait ses mains devant lui d’une manière rassurante. « Ne t’inquiètes pas », dit-il, « Je suis un ami de Geng Long. Il a eu un souci de dernière minute et ne sera pas là avant une heure. Il m’a envoyé pour que je t’accompagnes jusqu’à lui. »

Ses sourcils se froncèrent. « Où est-il ? »

L’homme sourit. « Il travaille à côté du marché du sud de la ville. Il m’a dit de te donner ceci. » L’homme sortit un parchemin de bambou de sa ceinture et le lui tendit.

C’était une nouvelle édition de la Romance des Chevaliers Hen-Shi. Elle était intérieurement choquée. Un parchemin comme celui-ci était très cher, même s’il n’était pas neuf.

Elle prit le parchemin, sourit puis hocha la tête vers le vieil homme.

Il se tourna et commença à l’emmener vers le quartier sud de la ville. Elle arriva enfin dans une allée se trouvant de l’autre côté du marché principal. L’homme tapa la porte dans un certain rythme et cette dernière s’ouvrit lentement.

« C’est ici » Dit-il, tout en passant à travers la porte.

Bao le suivit de près.

Dès le moment où la porte se ferma derrière elle, elle sentit quelque chose la taper à l’arrière de son crane et tout devint noir.

**

Elle se réveilla dans le noir complet. Elle était allongée sur un lit en bois, dans une cage en fer. Elle cligna des yeux embrumés puis s’assit et toucha avec précaution l’arrière de son crâne. C’était douloureux mais il n’y avait pas de sang. Elle ressentait des nausées et se sentait bizarre malgré cela.

Où suis-je ?

Elle réalisa en regarda autour d’elle qu’elle se trouvait dans une salle remplie d’au moins une dizaine de cages. Elles étaient toutes vides, sauf une qui se trouvait dans le coin opposé à la sienne et qui contenait une figure recroquevillée et dormant sur le lit.

Il n’y avait pas de fenêtres, enfin elle n’en vit pas.

Elle tourna les pieds et se leva de son lit en gémissant. Elle fut immédiatement victime de vertiges qui s’arrêtèrent quelque temps après. Elle pensa d’un coup à ses couteaux, mais une rapide vérification confirma qu’ils n’étaient plus là.

Elle entendit à peu près au même moment des voix indistinctes et une faible lumière dévoila une porte se trouvant sur un côté de la pièce. La lumière se répandait d’en dessous la porte fermée.

Les voix commencèrent à devenir plus claires en même temps que la lumière brillait plus à travers la porte. Son cœur s’emballa lorsqu’elle réalisa que l’une de ses voix appartenait à Geng Long.

Il est venu me sauver ! Pensa-t-elle.

Les voix devinrent bientôt assez distinctes pour qu’elle comprenne quelques mots.

« Tout le temps occupé », dit Geng Long. « Juste….le temps pour cette stupide….mes propres plans. »

L’autre voix était grave et profonde. « Nous devons veiller…gagner une grosse somme d’argent et nous pouvons….si tu vois ce que je veux dire. Ah ah. »

Le rai de lumière en dessous de la porte s’éteignit soudainement. Geng Long et l’autre homme étaient apparemment en train de marcher juste devant.

« Que représentes cette fille pour toi ? » Demanda la voix grave.

« Oh, rien, ce n’est qu’un de mes nombreux projets. » Gloussa Geng Long. « Crois-moi ou non, je l’ai préparée pendant un an entier. »

Le détenteur de la voix grave rit. « Donc tu savais depuis le début qu’elle était de la noblesse ? »

Les voix commencèrent à devenir moins distinctes.

« Bien sûr. Ça n’aurait pas valu le coup sinon. Autant d’argent pour… j’ai assez d’argent pour sortir d’ici…rejoindre les… »

« Les rejoindre ? Pourquoi ne nous rejoins-tu pas …. nous sommes ceux… allons devenir.. »

Les voix commencèrent ensuite à être trop indistinctes pour être entendues.

Bao était assise sur le lit, ses mains serrant fermement son pantalon. Elle sentait que son cœur était glacial, vide et lourd. Elle commençait à avoir les larmes aux yeux. Elle serra les dents et ferma les yeux, ce qui fit couler les larmes sur ses joues.

Les larmes ruisselaient mais elle refusa de pleurer.

**

Elle ne réussit pas à dormir cette nuit-là. Elle se rendit compte le lendemain matin qu’il y avait en fait une fenêtre dans la pièce. Cette fenêtre était très petite et se trouvait dans un coin éloigné de la pièce. La pièce commença à être éclairée à l’aube. L’homme corpulent ouvrit la porte peu de temps après et glissa un petit bol de millet dans sa cage ainsi que dans l’autre cage à l’opposé de la sienne.

Bao se posait pleins de questions, mais ne s’exprima pas. Lorsque l’homme corpulent sortit, elle essaya de parler avec la personne se trouvant dans l’autre cage, mais ce dernier refusa de parler.

Elle s’endormit enfin cet après-midi-là, jusqu’à ce que le gros lui donne son dîner consistant en un bol de nouilles sautées avec de la sauce au sésame.

Elle réussit, bien que difficilement, à s’endormir pendant la nuit qui s’ensuivit.

Le lendemain, avant que le petit déjeuner soit servit, la porte s’ouvrit d’un coup et l’homme corpulent entra avec un jeune homme grand et musclé à la mâchoire carrée. Ils marchèrent vers l’autre cage et l’homme corpulent l’ouvrit. Il entra dans la cage et traîna le prisonnier, un jeune adolescent, qui était vaguement familier à Bao.

Le gros le mit sur pied, dos contre les barres de fer. « C’est ta dernière chance. Dis-nous quelque chose d’intéressant ! »

« Je ne sais rien ! »

Le gros cracha par terre. « Mauvaise réponse. » Il se retourna vers le jeune homme musclé. « Si c’est comme ça..Mao Yun. Fais-le. »

Le jeune Mao grimaça. « Je ne me sens pas – »

« Ferme-la ! » dit le gros. « Tu sais ce que tu es ici. Sois un lâche durant ton temps libre. FAIS-LE. »

Après ça, l’homme corpulent attrapa l’avant-bras du prisonnier et la plaqua en hauteur contre les barres.

La mâchoire de Mao Yun se serra et il s’avança. Un grand couteau aiguisé apparut d’un coup dans sa main.

« Qu’est-ce que vous faites ?! » hurla le prisonnier. Il commença ensuite à blablater. « Je vous le dis, je ne sais rien. Mon oncle ! Mon oncle a de l’or caché… dans son lit ! Caché dans son lit ou dans le – Non—ARRÊTEZ– »

La grosse main de Mao Yun attrapa le petit doigt du prisonnier et le coupa.

Du sang gicla et le prisonnier hurla de douleur. Le gros le ramena dans sa cage, lui lança un torchon puis prit le doigt et sortit de la cage.

Mao Yun le suivit et il regarda Bao lorsqu’il passa devant sa cage. Leurs yeux se rencontrèrent l’espace d’un instant, avant qu’il ne sorte.

Bao se rendit compte plus tard pourquoi son compagnon prisonnier lui était familier. Il était en fait un membre d’une autre famille noble qu’elle avait vu à certaines occasions cette année.

Trois hommes vinrent l’emporter le lendemain, mais il ne revint jamais.

Les jours commencèrent à passer à une vitesse fulgurante.

Un soir, le gros ouvrit la porte, de nouveau accompagné par Mao Yun.

Après qu’il ait déverrouillé la cage de Bao, le gros dit, « Suis-nous. »

Elle se leva, en grinçant des dents, de son lit et les suivit hors de la pièce. Mao Yun marchait à seulement quelques pas derrière elle.

Elle passa à travers plusieurs couloirs jusqu’à atteindre une salle de réunion remplie de nombreux marginaux. Bao sut qui ils étaient dès le moment où elle les vit. Ils étaient des voleurs, des bandits et des criminels.

Ils étaient au moins une vingtaine et l’un d’entre eux était l’homme qui l’avait mené jusqu’à cette endroit quelques jours auparavant. Geng Long était introuvable. L’homme assis sur le siège était visiblement leurs chef. Il portait des fines soieries ainsi que des fourrures et il était assis sur une plateforme surélevée qui le plaçait au dessus de tous les autres individus présents. Un homme à la peau basanée et arborant un rictus perpétuel se tenait sur sa droite, tandis qu’une jolie femme se tenait sur sa gauche.

Tous les individus dans la salle, à part cette femme et Bao, étaient des hommes. Ils étaient grands, petits, jeunes ou vieux, tous différents. Mais Bao pouvait voir qu’ils étaient tous des individus brutaux et violents.

Le gros l’amena à quelques pas du chef puis dit, « C’est elle, Chef. »

Le Chef la regarda pendant un moment avant de parler avec une voix au ton charismatique.

« Pourquoi ton clan n’a t-il toujours pas payé de rançon pour toi ? »

Les suspicions de Bao furent confirmées dès le moment où ces paroles furent prononcées. Elle avait été kidnappée pour une rançon. Elle ne put s’empêcher de rire bruyamment. « Une rançon ? Je ne suis rien pour mon clan. Vous auriez-dû kidnapper un arbre du jardin à la place. »

Le Chef fronça les sourcils puis tapota ses doigts sur ses genoux. « Tu devrais plutôt essayer de les faire payer pour toi. Sinon nous allons commencer à te couper les doigts. Pourquoi dis-tu que tu ne vaux rien ? »

De la colère remplit le cœur de Bao et elle détourna le regard.

Le Chef renifla. « Qu’en pense-tu, Sous-Chef Wang ? »

L’homme à la peau basanée se tenant à côté de lui gloussa. « Peut-être qu’elle a rejoins le lit de l’Empereur Démoniaque une fois de trop. »

Cela déclencha un fou rire parmi les autres individus.

Le visage de Bao était rouge de colère mais elle refusa de répondre.

Quelques instants passèrent avant que le Chef ne dise finalement, « Ramène-là. On va essayer une fois de plus avant d’envoyer un doigt. »

Le gros et Mao Yun la ramenèrent dans sa cage en fer. Le gros s’en alla après qu’il ait fermé la porte. Mao Yun se dirigea aussi vers la sortie, mais s’arrêta pendant un moment pour la regarder.

« Essaie de trouver quelques chose », dit-il. « Sinon… enfin tu sais quoi. » Sa mâchoire grinça et il secoua la tête avant de fermer la porte et partir.

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