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LOOG – Chapitre 5

Traducteur Français : DrizztDoUrden
 Éditrice : Sehri
Check : Sehri

Chapitre 5 : Crise

D’un coup, le sang de Sunan commença à affluer vers son cerveau et il put presque sentir ses veines exploser dans ses yeux qui s’injectèrent de sang. Il avait lu auparavant quelque chose au sujet de la « volonté de tuer » mais il ne l’avais jamais eue. La vie dans son village avait toujours été idyllique et agréable. Même les fois où il avait « combattu » des jeunes autre garçons, ce n’était que des luttes pleines d’entrain.

Cependant, au moment où Wang Li mentionna sa mère, Sunan compris d’un coup ce qu’était cette volonté de tuer. Son cœur battait si fort que Sunan eut la sensation qu’il allait exploser. Un fracas silencieux résonnait dans ses oreilles. Ses joues étaient chaudes, ses yeux brûlants et ses mains étaient serrées si fort que du sang coula près de ses ongles.

Des images de sa mère et de ses sœurs lui vinrent à l’esprit et ce n’était pas les images heureuses de son enfance. Il n’avait pas été le genre de garçon qui se disputait avec ses sœurs et qui harcelait sa mère. Tragiquement, les images qui lui vinrent à l’esprit était celles des corps incolores et ravagés couchés sur le sol, brisés et brûlant parmi les débris du village.

Il n’avait jamais ressenti une telle rage de sa vie et cette rage qui brûlait en lui sembla lui donner l’accès à un nouveau pouvoir qu’il ne connaissait pas. Ce n’était ni le pouvoir du Qi ni d’autres capacités magiques. C’était quelque chose qui existait à l’intérieur de chacun, un carburant de rage et qui brûlait sans aucun contrôle.

À ce moment-là, Sunan ne pensais qu’à tuer l’homme se tenant devant lui. Il oublia qui était ce Wang Li. Il oublia cet Hu au Poinçon d’Acier. Il oublia même qui il était.

Sans même y réfléchir, il fit circuler son Qi puis il fit bien plus. Il invoqua le Qi qu’il avait accumulé tout ce temps depuis son séjour dans les montagnes Huang, non seulement dans son poing mais aussi dans ses yeux et ses pieds.

D’une certaine manière, cette volonté de tuer qui se déchaînait à l’intérieur de lui s’est aussi déchaînée dans son esprit, ce qui lui fit atteindre un état de lucidité. D’une certaine façon, il avait perdu tout contrôle, mais d’une autre façon, il n’avait jamais autant eu de contrôle. Ses observations à propos des matchs précédents se rassemblèrent inconsciemment et il bougea son pied gauche légèrement en avant. Il changea d’appui et tordit ses épaules.

En se basant sur le va-et-vient précédent, il était très confiant de pouvoir prédire la vitesse, la direction et l’angle dans lesquels Wang Li allait attaquer.

Et c’est ce qu’il fit.

Le Qi transféré dans son pied lui permit de faire trois pas sur la gauche, plus rapidement qu’en courant. Le Qi dans ses yeux lui donna la sensation que le temps ralentissait. Il pouvait voir les angles de Wang Li ainsi que son élan et c’était aussi facile de voir où il se dirigeait que de voir du miel couler d’une cuillère.

Cette fois-ci, il calcula soigneusement son mouvement. Avant même que le poing de Wang Li ne se dirige vers son visage, Sunan commença à bouger son poing. Il rassembla tout son Qi dans ce poing, dans ses doigts et surtout dans ses phalanges. Il renforça son bras, ses muscles, ses os et sa chair en les imprégnant totalement de Qi pour à la fois les protéger mais aussi les doter d’une force similaire à du fer.

Ainsi que de vitesse.

Un bruit de craquement fut entendu lorsque les phalanges vinrent au contact du visage de Wang Li. Une phalange toucha une pommette et une autre atteignit la tempe. Au final, c’était sans importance. Le poing de Sunan était comme une matraque en fer et le visage de Wang Li était comme une citrouille.

Des os éclatèrent. De la chair fut arrachée. Du sang gicla.

Des dents volèrent en éclat.

D’autres choses grotesques et écœurantes se passèrent.

Le coup de Sunan fracassa la moitié de la tête de Wang Li et envoya son corps tournoyer plusieurs fois sur lui même dans l’air, avant qu’il atterrisse sur le bord du ring. Wang Li n’était toujours pas mort et le seul œil qui restait ouvert regardait Sunan en état de choc. Il se redressa avec fragilité, comme s’il voulait retrouver son équilibre. Puis il poussa un gargouillement et mourut. Son corps tomba du ring, ne laissant plus qu’une traînée de sang dessus.

Le feu et la rage dans le cœur de Sunan commencèrent à se dissiper. Pour une raison quelconque, Sunan regarda la foule et fixa l’homme moustachu dans les yeux. Sunan tint ce regard pendant un moment, tout en retirant le sang de son visage, puis détourna son regard vers le corps gisant plus bas.

Cette fois-ci, la foule ne fit pas d’applaudissements. Il y avait un silence de mort. Aucun applaudissements de la part de Sun Mai.

Le seul son que l’on pouvait entendre était celui du sang sur le poing de Sunan tombant sur le sol en pierre du ring.

**
Sunan et Sun Mai étaient assis face à face, séparés par une grande quantité de viande grillée et de légumes qui n’avaient pas encore été touchés mais fumaient toujours dans l’air nocturne.

Sun Mai leva une bouteille de vin jaune, tout comme Sunan. Puis il regarda la lune et son expression s’assombrit.

« Une coupe de vin, une table pleine de viande. » dit-il poétiquement.

« Et un ami identique à un frère avec qui dîner.

« Je lève ma coupe en honneur de la lune, si haute dans le ciel  » Il regarda la viande sur la table.

« Et cette pauvre brebis, ce qui fait que nous sommes trois.

« Mais la lune ne boira pas.

« Et nos ombres  »

Sunan l’interrompit avant qu’il puisse continuer sa poésie, « C’est bien ! C’est bien ! C’est assez maintenant. À la tienne ! »

« Non ! » répondit Sun Mai. «  À la tienne. »

« À nous. » admit Sunan.

« À nous ! »

Ils burent leurs coupes de vin jaune puis commencèrent à manger et boire goulûment. Après quelques minutes, Sun Mai rota bruyamment et dit, «  Sunan ? »

« Oui ? »

« Ce.fut.INCROYABLE ! ». Il frappa sa main sur la table, ce qui fit sauter tous les morceaux de viande. « J’ai jamais vu quelque chose comme ça ! Que s’est-il passé ? »

Sunan haussa les épaules, «  Il m’a insulté. Je l’ai frappé aussi fort que je le pouvais. C’est tout. »

« Mais n’avais-tu pas frappé le gars de la dernière fois aussi fort que tu le pouvais ? Tu n’as pas… tu sais… » Il leva son poing fermé devant son visage puis l’ouvrit, « Poosh ! »

Sunan grimaça puis haussa une nouvelle fois ses épaules. «  Je suis plus fort qu’avant. Je ne suis pas sûr de la raison mais …. c’est comme si j’avais atteint une niveau supérieur à celui que j’avais précédemment, un deuxième niveau dont je ne connaissais pas l’existence.

« Un deuxième niveau, oh. » Sun Mai leva une autre coupe de vin jaune dans l’air. «  Allez, buvons » dit-il. Il burent une autre coupe ensemble. «  Tu sais, même après qu’ils soient venu te voir pour avoir tué le ‘tueur’, nous sommes encore riches. Et tu as même atteint une meilleure place dans le classement ! Tu n’es maintenant qu’à deux places de l’Immortel Doré. As-tu vu la robe dorée qu’il arborait ? Je te le dis, nous devons te trouver des habits avec des dragons cousus dessus.

« Sais-tu d’où viennent les légendes à propos de dragons ? Tu risques d’être surpris. J’étais en train de lire un des classiques l’autre jour et »

Sunan écouta Sun Mai pendant qu’il mangeait et buvait. Le temps passa.

À un moment, Sunan réalisa que tout était devenu très silencieux. Il détourna son regard de sa crevette épicée pour trouver Sun Mai le regardant avec des yeux aussi gros que la lune. Sunan fronça les sourcils et Sun Mai dit un mot qu’il avait du mal à prononcer.

« Qu’as-tu dis ? » demanda-t-il.

« L-l-l… »

« Quoi ? »

« Lan-lan-lan…. »

Sunan tendit l’oreille. «  Huh ? »

« Lan-lan-lance ! » dit Sun Mai, choqué.

C’est à ce moment-là que Sunan sentit quelque chose de froid au niveau de son cou. La pointe d’une lance. Son cœur commença à faire un bruit sourd et une colère froide commença à monter dans son cœur.

Une vicieuse voix pris la parole. « À.Quoi.Tu.PENSAIS ? »

Avant même que le propriétaire de la voix soit dans son angle de vue, Sunan sut exactement qui c’était. C’était l’homme moustachu qu’il avait rencontré plus tôt. Il arriva dans le champ de vision de Sunan mais resta à une distance de trois ou quatre mètres de la table.

«  Je t’ai dit de bâcler ton combat et tu as dis que tu avais compris ? Vraiment ? Avais-tu vraiment compris ? On dirait que non. Tu n’as pas seulement bâclé ton combat mais tu as vaincu ton adversaire. Tu ne l’as pas seulement vaincu mais tu l’as aussi tué tout en éclaboussant sa cervelle sur le ring. Impressionnant. Très impressionnant. »

Sunan regarda Sun Mai, qui le regardait directement dans les yeux. Les lèvres de Sun Mai bougèrent légèrement pour former un seul mot. Combat.

Sunan hocha la tête presque imperceptiblement et commença à faire circuler son Qi dans son corps, l’envoyant dans ses bras.

« Hu au Poinçon d’Acier n’est pas content » continua l’homme moustachu. «  En fait, « pas content » ne peut pas vraiment décrire ce qu’il ressent. Je pense qu’il  »

Au milieu de la phrase, Sunan sauta sur le côté soudainement, se tordit et donna un coup à la lance devant lui. L’homme tenant la lance était un gars violent, robuste, avec des mains de la taille de chatons.

Sans la moindre pause, Sunan serra sa main pour en faire un poing et envoya tout son Qi dedans. Il plia les genoux et leva son poing puis se jeta en avant, utilisant tout ce qu’il avait pour envoyer un coup fatal sur le visage de l’homme. Ça ne changerait rien si son premier coup frappait la mâchoire de l’homme, sa tempe, son nez ou un autre endroit. Le résultat serait sans l’ombre d’un doute mortel.

Meurs, bâtard !

La colère de Sunan, sa furie et son humiliation brûlèrent comme du feu, ravivant sa force. Il poussa un cri pendant qu’il volait dans l’air… puis son poing ne brassa que de l’air. Son poing avait complètement manqué la cible.

Le brigand était costaud mais rapide. Il esquiva facilement le coup de Sunan et, au même moment, fit tournoyer sa lance en cercle, donnant un coup de crosse sur le torse de Sunan.

Sunan tomba à terre sur le sol sale et aplani. Son souffle fut coupé et le Qi à l’intérieur de lui plongea dans le chaos.

Avant qu’il puisse expirer l’air de ses poumons, avant qu’il puisse se remettre sur ses pied, avant même qu’il puisse faire quelque chose, il sentit six ou sept lances appuyant sur son dos, ses jambes et ses bras. Il sentit la lame tranchante pénétrer sa peau, l’immobilisant. Quelques instants après, des mains l’agrippèrent.

Il entendit soudainement un cri et ses yeux pivotèrent vers la droite. Il vit Sun Mai, les bras tenus par des brigands, un couteau sous la gorge.

Sunan sentit ses cheveux être saisis. Sa tête se leva et il regarda l’homme moustachu dans les yeux.

L’homme ricana. «  J’ai vu des personnes comme toi avant, tu sais. Les gens viennent toujours avec quelques techniques particulières, des armes particulières, des poisons particuliers. Ce n’est pas nouveau. TU N’ES pas quelque chose de nouveau.

« Et maintenant, tu es en train de faire ce qu’ils font tous. Tu vas m’écouter. À partir de maintenant, tu travailles pour Hu au Poinçon d’Acier. Quand il te dit de combattre, tu combats. Quand il te dis de perdre, tu perds. Compris ?

« Tu penses que tu es spécial ? Tu penses que …. tu as « ce qu’il faut » pour être ton propre chef ? » Il rit et sortit lentement un fin couteau tranchant de sa manche, qu’il commença à diriger vers la mâchoire de Sunan. « Réfléchis encore, petit. Et n’oublies pas que tu peux peut-être supporter un coup, ou une coupure ou un coup de couteau… mais que tout le monde n’est pas dans ton cas. »

La tête de Sunan pivota vers Sun Mai. Un des hommes tenant Sun Mai regarda Sunan dans les yeux, sourit, puis tordit le bras de Sun Mai. Même Sunan pouvait entendre le bruit du craquement pendant que le bras de Sun Mai se cassait.

Sun Mai hurla en angoisse et commença ensuite à sangloter.

« Si blesser tes amis ne marche pas, on peut faire plus, » continua l’homme moustachu. «  Donc, laisse-moi te le dire une fois de plus. Tu fais ce que NOUS te disons. Tu penses que tu es rapide ? Tu penses que tu es fort ? On aura toujours des personnes plus rapides. Plus fortes. Meilleures. Donc respectes ça. Dans le cas contraire…. »

L’homme moustachu attrapa fermement les cheveux de Sunan et le força à regarder dans la direction de Sun Mai pendant que l’homme qui le tenait commença à sortir un couteau de sa ceinture et l’appuya lentement sur la gorge de Sun Mai. Ensuite, il tira la tête en arrière, le tenant jusqu’à ce que les veines et les artères de son cou commencent à gonfler. Sun Mai gargouilla et gémit.

Ensuite, l’homme commença lentement à toucher le cou de Sun Mai avec son couteau.

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