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LOOG – Chapitre 17

Traducteur Français : DrizztDoUrden
 Édition : Sehri / Kulmai
Check : Kulmai / Sehri

Chapitre 17 : Cinglée !

Tung-on était une ville typique de la région, située presque à mi-chemin entre Fan, près de la rivière Fei, et Nansun construite au bord de la rivière Chezou. Cette ville de Tung-on possédait un nom étranger beaucoup plus long et compliqué mais la plupart des gens l’appelait simplement Tung-on. A l’ouest de cette ville se trouvait la Forêt de Zhang Chang, autrement surnommée la Forêt du Petit Démon, tandis que le Mont Dao se trouvait à l’est. Des rumeurs circulaient comme quoi l’Empereur Démoniaque prévoyait de construire un canal reliant directement les deux grandes rivières et qui pourrait passer directement dans Tung-on. Mais cela ne restait que des rumeurs.

Elle était une véritable plaque tournante mais aussi une ville frontalière pour les armées de l’Empereur Démoniaque étant donné qu’elle était la ville la plus au Nord sous son contrôle. Tout ce qui se situait au nord de la rivière Chezou était considéré comme des terres libres, bien que certaines régions à l’extrême nord-est de Qi Xien aient été envahies ou pillées ces dernières années.

Le commerce était toujours présent entre l’Empire Hen-Shi et les cités méridionales. Les riches gisements d’or étaient après tout sous le contrôle des Hen-Shi et même l’Empereur Démoniaque avait besoin d’or pour diriger son empire.

Au final, Bao avait décidé de ne prendre avec elle qu’un petit groupe pour aller à Tung-on. Ce groupe était composé de Mao Yun, de Zhou le Troisième et de Liu Runfa, l’ancien gestionnaire du Chef Wang qui était déjà passé dans cette cité. Ils se divisèrent en deux petits groupes : Bao et Mao Yun entrèrent par la porte nord tandis que Zhou le Troisième et Liu Runfa entrèrent par la porte sud.

Bien que la ville soit frontalière et qu’elle hébergeait des personnes étranges que l’on ne s’attendrait pas à voir dans les régions centrales, Bao n’arrivait pas à être calme lorsqu’elle se voyait entrer dans cette ville en tant que femme. Par conséquent, elle s’était déguisée en homme, une chose dans laquelle elle excellait depuis le temps où elle vagabondait la nuit dans les rues de Yu Zhing.

Comme ils l’avaient planifié, Bao et Mao Yun vagabondèrent à travers la ville pendant quelques heures afin de se familiariser avec cet endroit, avant de rejoindre Zhou et Liu Runfa dans une maison de thé au coeur de la cité. Après leur observations, le groupe confirma le fait que la ville n’avait pas changé depuis la dernière visite de Liu Runfa. Ainsi donc, ils se séparèrent tous très rapidement afin de réaliser les tâches qui leur avaient été assignées.

Zhou le Troisième partit acheter de la viande séchée, Liu Runfa se procura des denrées de base qui consistaient dans cette région nord de Qi Xien en des produits à base de céréales comme des pains et un nouvel aliment surnommé “nouille”. Quant à Mao Yun, il partit à la recherche de vin et de thé tandis que Bao cherchait des épices de base comme le cumin ou la badiane.

Par chance, Bao trouva ce qu’elle cherchait presque immédiatement, ce qui lui laissa une bonne quantité de temps pour rechercher ce qu’elle voulait vraiment dans cette ville : une librairie. Après quelques questions de sa part, elle trouva une boutique fantastique qui possédait même des livres papiers, chose qu’elle fut surprise de voir étant donné l’énorme distance qui séparait Tung-on du centre de l’Empire.

Deux heures plus tard, Bao était de retour à la maison de thé et lisait une copie des Larmes de l’Empereur Chanku, un compte-rendu remarquable de l’assassinat du dernier Empereur de la Dynastie Hao. D’après les histoires officielles, lorsque l’Empereur Chanku essaya de purger son gouvernement de la corruption par une série d’exécutions, ses ennemis se regroupèrent pour lui faire face. Cependant, dans cette version plus romantique de ce drame, une concubine abandonnée de l’Empereur s’était alliée avec l’Impératrice pour assassiner l’Empereur pour se venger du fait qu’il avait porté trop d’attention à sa dernière et plus jeune concubine.

Environ une heure avant l’heure dite, Zhou le Troisième rentra en courant dans la maison de thé et s’assit en face de Bao. Il semblait essoufflé et sur les nerfs.

“Cheftaine !” dit-il tout en regardant nerveusement autour de lui. “ Mao Yun s’est fait arrêté !”

Bao écarquilla les yeux. “ Quoi ? Comment ?!”

“Un des agents de la paix l’a reconnu et l’a accusé d’être un rebelle comme son père !”

Bao serra les dents. Elle n’avait jamais demandé à Mao Yun plus d’informations à propos de son passé, y compris son père. Cependant, après les différentes choses qu’elle avait entendues depuis qu’elle vivait avec des bandits, elle était certaine qu’il venait d’une famille connue. En se basant sur l’accent de Mao Yun, elle pouvait dire qu’il venait d’un endroit quelque part au sud de Qi Xien et que c’était pour cette raison qu’elle n’avait jamais entendu parler d’une quelconque famille connue sous le nom de Mao. Elle n’était familière qu’avec la noblesse de Yu Zhing. Elle avait toujours été ignare quand il s’agissait de quelque chose en-dehors de cette cité.

“Fait chier ! Où l’ont-ils emmené ?”

“Le commissariat près de la porte ouest.”

“Étais-tu avec lui à ce moment-là ?”

“Non, mais je me tenais à l’autre bout de la rue.”

“D’accord. Attends ici que Liu Runfa revienne. Je vais m’informer sur la situation.”

“Soyez prudente, Cheftaine !”

**

Tu peux le faire, Bao, se dit-elle. C’était une situation quelque peu ridicule. Elle, une jeune femme qui avait vécu presque toute sa vie à l’intérieur de son clan, dirigeait maintenant un groupe d’anciens bandits. L’un d’entre eux venait de se faire arrêter par un soldat de la paix loyal à l’Empereur Démoniaque et devait être aidé… par elle.

Elle secoua la tête avant de regarder la lune présente devant elle puis le fût de vin jaune richement décoré qu’elle tenait à la main. Après quoi, elle redressa bien sa robe en soie et inspira profondément. Cette robe était une robe qu’elle n’aurait jamais mise de toute sa vie et qu’elle n’aurait jamais pensé être capable de porter.

Ce n’était pas une robe qu’une lady porterait, mais plutôt une robe que les “professionnelles” portaient. Bao n’était pas considérée comme ravissante, mais elle était une femme et cette robe l’embarrassait énormément. Rien que de penser à ô combien cette robe était révélatrice la faisait rougir.

Elle prit finalement une longue inspiration avant de s’avancer. Elle regarda autour d’elle dès qu’elle entra dans le commissariat. Tout ce qu’elle vit fut deux agents de la paix et une cellule en fer au fond de la pièce, dans laquelle était emprisonné Mao Yun. Au moment même où elle entra, Mao Yun leva les yeux avant de les écarquiller et de rester bouche bée.

Après avoir redressé son menton, Bao se tourna vers les agents de la paix et leur sourit de la façon la plus séductrice qu’elle puisse faire.

Les agents commencèrent à froncer les sourcils, mais avant même qu’ils puissent dire quelque chose, Bao leur dit : “Je suis venue avec des cadeaux !”

Elle leva la bouteille de vin et fit un clin d’oeil.

Les deux agents se regardèrent mutuellement avant que l’un des deux dise : “ Un cadeau ? Ou des cadeaux…?”

Le sourire de Bao rayonna de plus belle et elle dit : “ Cela dépend.”

À cet instant, son coeur battait la chamade et son esprit était aux aguets.

Que suis-je en train de faire ? Je ne peux pas juste les tuer ! Son plan avait été d’égorger à mort les agents de la paix. Mais maintenant qu’elle se tenait juste en face d’eux, le fait qu’ils soient de vrais êtres vivants et qu’ils ne lui aient fait rien de mal lui fit réaliser qu’elle n’avait pas énormément de sang-froid. Ils étaient certainement des employés de l’Empereur Démoniaque et sûrement corrompus, mais elle ne pouvait pas se résoudre à leur ôter la vie.

“Ces cadeaux sont envoyés par qui ?” demanda l’autre agent.

Je dois réfléchir à quelque chose !, se dit-elle en son for-intérieur, tout en titubant jusqu’à la table basse des agents et de s’agenouiller gracieusement devant. Après quoi, elle sortit trois récipients de sa manche.

“Oh. Je pense que vous le savez déjà…” dit-elle en plaçant les verres sur la table et de les remplir. Elle fit en sorte de remplir moins son verre que les leurs.

L’agent n°1 réfléchit un moment avant de dire : “Vous êtes en train de dire que cela est un présent du Seigneu–”

Avant même qu’il puisse finir sa phrase, son collègue lui donna un coup de coude et lui dit : “ Ne le dis pas à voix haute !”

Bao gloussa coquettement. “C’est exact, il n’y a nul besoin de le dire à voix haute.” Après quoi, elle leva son vase et dit : “Messieurs les agents, je vous en prie, buvez ! Je vous souhaite richesse et prospérité !”

Les agents se mirent à rire avant de lever leurs coupes et de se mettre à boire.

Des plaisanteries et de la beuverie sans grand intérêt s’ensuivirent. La tolérance de Bao à l’alcool s’était améliorée depuis qu’elle buvait souvent avec Mao Yun. En plus de cela, elle faisait attention à ne boire que le strict minimum et faire boire le plus possible les policiers. Bientôt, ils étaient tellement imbibés d’alcool qu’ils ne remarquèrent même pas que Bao ne se servait plus d’alcool.

Elle lançait de temps en temps des regards en direction de Mao Yun, qui semblait à la fois nerveux et en colère.

Après une heure ou presque, les policiers étaient complètement ivres alors que Bao ne ressentait que les premiers effets de l’alcool. À ce moment-là, elle avait mis au point un plan dans son esprit.

Elle posa son regard sur le coin de la salle dans laquelle se trouvait une lampe à huile, l’une des trois sources d’éclairage de la pièce. Elle était accrochée au mur, juste à côté d’une étagère dans laquelle étaient rangés des parchemins en bambou et des livres en papier qui devaient certainement être les registres du commissariat.

Elle trouva aussi l’endroit où se trouvait la clé qui semblait pouvoir ouvrir la cellule. Cette clé se trouvait dans la poche d’un des policiers.

Bao se mordit légèrement les lèvres, se demandant quel était le bon moment pour mettre son plan en action. La bouteille d’alcool étant presque vide, elle n’avait plus beaucoup de temps devant elle.

C’est bientôt le moment, pensa-t-elle.

Mais c’est à ce moment-là qu’un des policiers s’exprima soudainement : “Hé, beauté, n’avais-tu pas mentionné le fait qu’il y avait des cadeaux ?” Il gloussa avant de s’avancer vers elle et l’attraper par la poitrine.

Avant qu’elle ne puisse faire quelque chose, cet homme ivre la tira énergiquement. Victime de ce mouvement soudain et violent, Bao glissa sur la table et arriva à quelques centimètres des cuisses de cet homme. Les mains de ce dernier commencèrent à caresser sa poitrine tandis qu’il se penchait en avant, comme s’il voulait l’embrasser.

Le temps sembla ralentir à cet instant. C’est aussi à ce moment-là que Bao bougea sa main vers sa manche. Alors même que le visage du policier continuait de se rapprocher de son visage, sa main tenait le manche de son couteau. En fait, ce policier était très chanceux parce que sa main était posée sur la table à côté de lui, ce qui faisait de cette main la meilleure cible. Si sa main n’avait pas été placée sur cette table, Bao aurait ciblé sa gorge ou son coeur.

Un bruit sourd retentit au moment même où Bao poignarda la main de l’agent sur la table.

Son visage fut consterné par le choc et ses yeux s’écarquillèrent. Mais c’est aussi à ce même moment que Bao se dégagea de son emprise et attrapa la clé bien dissimulée dans sa poche.

L’autre policier resta bouche bée à la vue de son collègue ayant la main poignardée et ensanglantée.

C’est à cet instant que le policier victime de Bao commença à crier d’agonie.

Pendant que les deux policiers avaient leur attention portée sur le couteau, Bao se leva d’un bond et se précipita à l’autre bout de la pièce, clé à la main. Elle attrapa la lampe à huile et se trouvait sur le point de la lancer sur l’étagère remplie des registres papiers du commissariat quand quelque chose attira son attention.

C’était un petit livre en papier intitulé “Manuel du Vrai Combat“. Sans prendre le temps d’hésiter, elle attrapa ce livre et lança la lampe sur l’étagère. Quelques secondes après, des flammes commencèrent déjà à émerger.

À ce moment-là, le policier avait déjà retiré le poignard de sa main, donc de la table, et se tenait debout, tout comme son collègue.

“T’es morte, salope !” cria l’agent qui se tenait la main, avant de s’avancer vers elle.

L’autre agent de la paix sortit une dague de sa ceinture et commença aussi à s’approcher. Au lieu de leur faire face, Bao se décala pour se retrouver à environ un mètre de la seconde lampe à huile de la pièce. A l’instant même où elle arriva là, elle prit la lampe à huile et la lança directement sur le sol qui commença lui aussi à s’enflammer.

“Merde, cette salope est cinglée !” cria le second policier pendant qu’il s’éloignait des flammes.

Bao continua à longer le mur jusqu’à ce qu’elle atteigne la troisième lampe à huile. À ce moment-là, le mur oriental du commissariat était complètement envahi par les flammes et les policiers étaient hésitants.

Elle empoigna la troisième lampe.

“Partons d’ici !” dit le premier agent de la paix. “Laissons-la mourir dans l’incendie !”

Pendant que les deux policiers s’enfuyaient, Bao, quant à elle, courut jusqu’à la cage, la lampe toujours à la main, avant d’utiliser la clé pour l’ouvrir.

“Bao, t’es folle !” s’écria Mao Yun.

“Je sais. Allez ! Dépêchons-nous de partir d’ici !”

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