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Chapitre 7 : Mon rêve que le dragon vit.


Traduit par : Magycio

Edité par : Kayorko

Checké par : Ptit Lu


« Hein ? C’est… le dojo du club de kyūdō? »

Mes idées ne sont pas encore très claires. Pourquoi suis-je ici ?

Si soudainement…nan, c’est pas possible ?

Si, je suis bien dans le dojo des activités du club… mon étrange malaise disparut aussi vite qu’il était venu et je réorganisais mes pensées.

Je suis vêtu de mon dogi habituel.

Dogi

Dans mes mains, je serre un arc.

C’est l’endroit où j’étais censé être, hein. J’ai dû certainement rester seul, ici, pour m’entrainer à l’arc après que les autres soient partis.

C’est pas bon. Je me suis assoupi pendant le peu de temps où je peux rester ici.

« Je sens que la capitaine va encore profiter de moi… »

Pour me changer les idées, je m’assieds et décide de tirer “en plein dans le mille“.

Tirer. Carton.

Il n’y a aucun adversaire.

Continuant, une autre flèche. Carton.

La cible en face de moi est frappée par ma flèche. Je prends la flèche de bambou et la flèche de tir restantes.

[NDT : on utilise deux flèches en kyūdō]

« Hum, je suis en forme. »

Maintenant que j’y pense, c’est bientôt l’heure de changer de poste, hein.

« Le capitaine devrait être plus quelqu’un comme Higashi. Je me demande qui va devenir vice-capitaine. »

Pfiuu. Encore. Ma tête bourdonnait de pensées.

Le fait que mon “en plein dans le mille “ aille si loin n’est normalement pas une chose aussi courante.

Pourquoi ça ?

Je pose mon arc à côté de moi et m’assois en seiza.

« Vice-capitaine. Vice-capitaine… c’était moi ? »

J’ai trouvé la raison de mon malaise.

Quelle chose incohérent…

Je ne me souviens pas vouloir en être un, mais… Étais-je, contre toute attente, une personne ambitieuse ?

Ensuite, je devrais avoir la carrure pour être capitaine, au moins. Je suis si petit.

Mais bon, le changement de poste n’a pas “encore“ eu lieu.

Comme chaque année, le senpai, avant les vacances d’été du festival de O-Bon, annoncera le prochain capitaine et vice-capitaine. C’est probablement déjà décidé à l’intérieur du groupe depuis un bon moment.

C’est censé être la tradition.

Je regarde autour de moi dans le dojo.

Je vois une ombre qui semble bouger lentement. Mais quand j’essaye de regarder à nouveau, il n’y en a plus. Une illusion d’optique ?

Eh bien, si personne n’a entendu parler de ce sujet, alors c’est très bien comme ça.

« Fu… »

Mes pensées se calmèrent.

Le troisième tir était bien au centre. Cela avait percé la flèche qui y était arrivée avant. Un tusgiya. Mais d’une certaine manière, cependant.

[NDT: tsugiya=flèches connectées]

Arrêtons là pour aujourd’hui.

Décidant de façon inattendue de partir à l’avance, je quitte le dojo avec un léger regret. Si mon état était bon, j’aurais continué.

Je cherche des yeux le support pour les arcs.

J’y retrouve mon arc personnel que je suis habitué à voir.

C’est vrai, avant de terminer, il faut que je l’utilise au moins une fois. Pourquoi ai-je presque oublié de faire ça ?

Surement l’anxiété due à mon malaise.

Tenant l’arc, je tire sur la corde. Comparé à celui d’avant, celui-ci offre plus de résistance. Cependant, je préfère ça.

« Fu !! »

J’ai involontairement laissé échapper un son à cause de cette sensation que je n’ai pas ressenti depuis un bout de temps. Je pratique pourtant tous les jours, pourquoi je me sens comme ça ?

La flèche que j’avais tirée dévia vers un endroit considérablement loin de la cible et le transperça.

Merde. À croire que je l’ai manqué par choix.

« Pas le choix. Bien que la sortir soit assez pénible. »

Poussant un soupir, je me dirige pour récupérer la flèche, puis après avoir terminé cette corvée, je remets tout en ordre et inspecte le reste du dojo selon mes prérogatives de vice-capitaine.

Changeant d’uniforme, je termine l’inspection du dojo et me dirige vers la sortie.

À cet endroit, une fille solitaire se tenait.

–––––––––

« Senpai, merci pour votre travail acharné aujourd’hui. »

Celle qui a dit cette phrase est ma kohai.

Je me rappelle qu’elle est la fille qui a rejoint tard notre club. Elle est une personne vraiment zélée et a déjà atteint le niveau des 1er Dan. Il serait plus juste de dire qu’elle l’a dépassé.

Après tout, il n’y a pas beaucoup de gens avec de l’expérience dans le kyūdō avant le collège. C’est celui qui est dans ce cas-là qui le dit.

« Ah, Hasegawa, hein. Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu es restée là jusqu’à maintenant ? »

« Ah, oui. Je… avant les vacances, il y a quelque chose qu’il faut que… vous savez… »

« Hein ? Si tu veux tirer un coup, tu l’as déjà fait, non ? »

Si je ne me trompe pas, elle m’a dit qu’elle avait un objectif précis.

Mais si je me souviens bien, elle avait déjà atteint son but en Juillet, quand elle a touché le haut de la cible.

À mes yeux, c’était juste de la veine. Et ce n’était même pas au centre, mais juste un coup de chance.

Cependant, même si c’était juste un coup de bol, ça signifiait qu’elle avait atteint le niveau où elle pouvait accomplir ça. Sa progression était rapide. Au moins, c’est encore plus rapide que moi.

« Non, ce n’est pas ça, u~…vous ne savez pas ?! »

« À propos de quoi ? Je ne sais pas du tout. Ah, as-tu oublié quelque chose ? »

Les épaules d’Hasegawa s’affaissèrent légèrement après qu’elle ait entendu mes paroles.

La jeune fille baissa la tête, ses cheveux noirs teintés de rouge par la lumière se balançaient dans le vent. Ses cheveux étaient noués en une queue de cheval sur le côté, comme je lui avais appris. C’était l’attitude à avoir au kyūdō.

Une queue de cheval restera à jamais romantique pour nous les hommes, mais une queue sur le côté a également une signification.

En voyant Hasegawa avec un style de cheveux différent, et m’aidant dans une nouvelle chose, je lui ai dit inconsciemment “ça te va bien“.

Qu’elle soit revenue plus tard avec la même coupe de cheveux m’a fait me rappeler de son nom.

Moi, avec mes cheveux courts, c’était impossible, mais elle avec les siens, ça ne fait pas mal quand elle les met comme ça ?

« Misumi-senpai. »

La voix de la fille me ramena de mes fantasmes.

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

Si elle est en difficulté, je dois l’aider à s’en sortir. Bien sûr, ça doit rester dans ce que je peux faire. En tant que senpai, je veux lui montrer de quoi je suis capable.

« Je vous ai toujours admiré. Je vous aime. S’il vous plaît, sortez avec moi. »

« ?? »

« ?? »

« ?? »

Un incroyable silence. Même s’il devait y avoir d’autres sons divers, décidément, je ne pouvais sentir ou entendre l’un d’entre eux.

… Oui ?

Qu’est-ce que cette fille a dit ?

Jevousaitoujoursadmiré ?

Jevousaime ?

S’ilvousplaîtsortezavecmoi ?

Que dois-je dire ? Je ne suis même pas si beau que ça. Je veux dire que je suis bien intérieurement, mais au goût des gens… ça serait plus rapide de compter le nombre de rejets. Ce genre de niveau.

Étudiant, mais seulement les sujets que j’aime, je suis coutumier à ça.

En dehors du kyūdō, en éducation physique. Je suis dans le milieu du haut du classement… non, au fait, juste au milieu tout court.

En plus, la kohai en face de moi est plus grande moi, mais un peu, un peu !

Un peu, d’accord ?

Toutefois, dans le club, particulièrement cette fille, ne devrait pas avoir ce genre de sentiment pour moi, si ?

« Sen…pai ? »

Timidement après sa confession, elle releva la tête. Hasegawa me regardait avec ferveur.

Il faut que tu regardes un peu plus haut ! Non, c’est pas le moment pour ça.

« Nonononon ! Attends, attends, s’il te plaît ! »

J’imagine la situation. Pour être capable de comprendre le scénario actuel, je dois poser un certain nombre de questions à cette fille. Tout d’abord, la plus importante.

« Toi, le premier jour après ton inscription au club, ce que tu as dit c’était quoi ? »

« Quoi ? »

« Je me souviens que tu as déclaré, même si je ne l’ai pas demandé, que tu avais déjà un petit ami, non ? Ça, c’était quoi ? Tu ne vas pas me dire que tu as déjà rompu avec lui ?! »

« C’était, avant d’entrer au club, que mes amies m’avaient parlé d’Ibuki-senpai. J’ai pensé que je devais avoir une certaine protection, donc j’ai involontairement… »

« C’était un mensonge ? »

« Oui. »

Quels mots encourageants ! Je veux dire, de penser que ses amies ont été inquiètes au point de lui dire d’être prudente quand elle nous a rejoint, à cause de la réputation de mon mauvais ami, Ibuki.

« Mais, toi, quand j’ai voulu corriger ta posture un jour, tu as essayé de me frapper avec ton arc et a crié “Hiaaaa !!!“ assez fort. »

Voilà pourquoi à cause de ce malentendu, j’ai cru que je n’avais pas beaucoup de chance avec elle.

Au début, je me contentais de demander à l’un des membres féminins du club pour lui apprendre ce que je lui ai dit, mais…

Ça occuperait trop de membres du club donc j’ai décidé que c’était complétement inutile et j’ai arrêté.

Tomber amoureuse à cause de ça ? Non, c’est impossible ! Si c’était ça, j’aurais déjà une petite amie depuis longtemps !

À quel point je suis impopulaire ? Eh bien, ce n’est pas un sujet dont je veux parler ! C’est dans mon histoire obscure. Voilà à quel point je suis impopulaire.

Si je disais les raisons une par une, je n’en aurais pas assez de la journée, donc je voudrais éviter ça !

« C’est parce que vous m’avez touché soudainement ? J’ai agi par réflexe. Senpai est venu derrière moi quand mon cœur n’était pas prêt, pourtant si… »

« Ah~ je vois, je suis désolé. Hé, Hasegawa. »

« Oui ? »

« Je suis désolé, je n’ai pas l’intention de sortir avec toi. C’est peut-être vieux jeu, mais je veux avoir un rendez-vous quand je tombe amoureux. Voilà pourquoi, si tu me dis ça tout à coup, je ne peux pas accepter. »

Ce genre d’occasion ne se répètera pas deux fois, mais le “Je vais t’aimer après le rendez-vous“ est une chose avec laquelle j’ai du mal.

Si j’aime quelqu’un, je vais me confesser de mon côté et puis si elle accepte, alors on aura un rendez-vous. Voilà comment j’aime que ça se passe.

Je pense que c’est stupide. Ibuki me l’a dit aussi plein de fois. Alors, s’il y a une fille qui t’aime et qu’elle se confesse à toi, tu attends pour te confesser et tu rejettes toutes les autres filles ? C’est ce qu’il a dit.

Ce qui ne va pas avec “tomber amoureux pendant le rendez-vous“ ? Ces paroles qu’il m’a dit, j’ai pensé qu’elles étaient correctes et je les comprenais, mais peu importe comment, mes sentiments ne peuvent tout simplement pas l’accepter. Je suis un idiot.

« Je ne veux pas ! »

« Eeeeeeh ?! »

C’est quoi cette tournure des événements ?

Ce n’est pas dans mon dictionnaire.

« Alors, c’est très bien si c’est juste un temps d’essai ! Après cela, s’il te plaît, tombe amoureux de moi ! Ma… Makoto-san ! »

[NDT : Pour rappel, appeler quelqu’un par son prénom au Japon est très, très intime. On imaginerait pas que les japonais soient aussi prudes avec ce qu’ils nous sortent…]

Qu-qu-quoi !!!

C’est quoi ce développement divin ? Jeu ? Quel genre de jeu de drague est-ce ?

Même avec de l’opportunisme, c’est trop ! C’est vraiment trop simple pour le mec. Même dans les contes, les choses ne sont pas aussi faciles, si ?

Je commence à paniquer légèrement, là !

« H-Hé Hasegawa ! Toi, ça te va ?! »

« S’il te plaît, appelle moi Nukumi. Ou est-ce que ton… ton cœur est déjà pris ?! »

« Non, c’est pas ça, mais… »

Le ton de sa voix était un peu agressif. Être sous pression tout le temps donne quelque chose comme ceci, hein.

De plus, quand je tente de réfléchir un peu et baisse la tête, je vois un corps bien développé que je pouvais deviner sous l’uniforme. Je ne pouvais pas jouer les difficiles.

Mon regard était attiré par sa poitrine !

Au final, je devrais parler avec elle en fixant son visage.

« C’est d’accord, hein ? Un essai, si après ça tu me rejettes, je ne pleurerai pas. »

C’est un mensonge ! Tu vas à coup sûr pleurer après ça.

Euuh…

Je ne peux pas la rejeter.

« Eh bien, si tu es vraiment d’accord avec ça. Mais je veux entendre une chose d’abord. Pourquoi moi ? C’est triste à dire venant de moi, mais qu’est-ce qui t’attires chez moi ? »

« Ce à quoi ressemble senpai quand il utilise un arc, comme maintenant. »

« Tu regardais ?! »

« La première fois que je l’ai vu, quand tu es resté en dernier, je te regardais toujours. »

« … Alors ? »

« J’ai trouvé ça incroyablement beau. Ce moment, non seulement dans le club, n’a aucun rapport avec quoi que ce soit d’autre, et je pratique le kyūdō tous les jours. Pour rentrer ici, j’ai fait de mon mieux, mais quand je suis passé, mon objectif a soudainement disparu. »

« ?? »

« Alors, voyant la figure de senpai de nombreuses fois, je… »

« Tu m’as regardé de nombreuses fois ?! »

Je n’avais pas du tout remarqué. Quelle bourde…

« J’ai commencé à penser que je voulais en savoir plus sur cette personne. C’est pourquoi je suis rentré au club de kyūdō. »

Donc, c’était depuis le début. Ça me fait mal de penser que mon petit plaisir après l’entrainement avait été vu et en plus par une personne qui n’était même pas membre du club. À partir de maintenant, à noter, que ça n’arrive plus. Je dois faire plus attention à ce qui m’entoure dorénavant.

« Pour te dire qu’après mon entrée au club… pas bon non plus, donc…»

« J-Je vois, merci Hasegawa, je suis un petit peu plus heureux. »

J’arrête cette fille qui voulait continuer, avec un mot de gratitude. Elle a ressenti des choses pour moi après m’avoir vu tirer à l’arc, c’est la première fois que j’entends cela de la part d’une fille après tout.

« Nu.Ku.Mi ! »

« Je suis désolé. C’est quelque chose qui vient avec l’habitude. Pour l’instant, s’il te plaît, pardonne-moi. Et aujourd’hui, rentre juste chez toi. Il est tard et il fait déjà noir après tout. La gare est près d’ici, donc ça devrait aller, hein ? »

Ce serait bien si je proposais de l’accompagner, mais là, comme attendu, je ne peux pas le dire.

« Ah, oui ! D’une façon ou d’une autre, après avoir parlé de ça, je me sens en forme. Senpai, durant les vacances d’été, amusons-nous, d’accord ? »

« Ouais. Je suis impatient d’y être. »

J’agite la main dans sa direction. Soudainement, je sens un grincement et une sensation désagréable. Je me mis à sentir comme si quelque chose en moi criait à tue-tête.

On s’est confessé “à“ moi pour la première fois de ma vie. Un évènement extrêmement important au final.

Bon, je ne l’ai pas “fait“ moi-même. Pour l’instant.

« Wouah~ J’ai été surpris. Penser que ça m’arriverait à moi. »

Enfilant mes chaussures, je décide finalement de quitter le dojo.

« Tu pars vraiment tard, Misumi. »

À cet endroit.

« Higashi. »

La camarade de classe qu’y, j’en suis presque certain, va devenir capitaine.

Appuyée contre le mur extérieur du dojo, elle me regarde avec une expression assez embarrassée.

–––––––––

« C’est un peu surprenant. Misumi commence à se débrouiller assez bien. »

« O-Ouais. »

Moi et Higashi Azuma. Depuis la porte de l’école, j’accompagne Higashi sur le chemin de la maison.

Sans aucun doute, elle a vu ce qui s’était passé un peu plus tôt.

Je sentais que Higashi était inhabituellement nerveuse, pas d’erreur là-dessus.

Dans ce genre de situation, de quoi dois-je parler ? Sérieusement, je ne sais pas du tout.

« Je ne pensais pas que j’assisterais à une telle scène. Quand je regarde les gars du club, ça ne semble pas impossible, mais… »

Renversant sa tête en arrière avec un sourire amer, Higashi me regarde. La hauteur de ses yeux devait être pareil que la mienne, mais je me sentais comme si c’était un peu plus élevé en ce moment. Mais je suis un adolescent, je peux encore grandir, hein ?!

« Mais, je suis désolée ! Je ne pensais pas que ça se produirait pour toi ! Ce n’est pas comme si je suis venu ici en sachant ce qui allait se passer donc je suis vraiment désolée ! »

« Ce que tu dis est vraiment méchant ! Mais même si ça fait mal, je ne peux pas dire le contraire ! »

grr~ Je grommelle.

Maintenant que je pense à ça.

Higashi doit avoir quelque chose à me dire si elle m’a attendu ici. Elle n’est, sinon, pas du genre à se mêler des conversations des autres.

Elle avait une personnalité franche de garçon manqué. Ce n’est pas seulement pour ça, mais ça rend plus facile de parler avec elle.

Je dirais qu’elle a une capacité qu’il lui ait enviée et qui la rend populaire auprès des hommes et des femmes.

Même si je dis ça, son corps n’est pas mince mais a une apparence saine qui me fait penser qu’elle à l’air féminine. Je viens de quitter la Hasegawa encore prépubère. Je vous en supplie, partagez au moins un peu ma taille.

Eh bien, ce ne serait pas comme si être plus grand serait mieux.

Son excellent style et ses proportions bien placées lui donnent droit à la moyenne, je pense.

De mon point de vue, Higashi est une fille attirante. S’il y avait un classement des petites amies idéales au sein du collège, elle serait dans le top.

Par ailleurs, il existe un classement secret de grande sœur et elle est placée seconde. Et qu’il ait beaucoup de participantes de troisième année, c’est la partie terrifiante, car Higashi est en seconde année.

Pour que même les seniors soient attirés par elle, héhé, arrêtons ici.

« Eh bien, c’est d’accord. Alors ? Tu avais aussi quelque chose à me dire ? »

Euh… hein ? Attendez un moment. Qu’elle ait quelque chose à me dire, ce n’est pas…?

Une fois de plus, je me retrouve au bord du gouffre. Et sans m’en être rendu compte.

« Eh bien, ouais. »

Higashi semblait être hésitante. Sa voix avait baissé d’un ton. Alors, c’est-ce que je pensais ?!

« Est-ce que tu m’as vu aussi quand je faisais mon “en plein dans le mille“ ?! »

« Ah ?! C’est quoi ça si soudainement ? Eh bien, oui, je t’ai vu. »

« Wouaaah, je ne pensais pas que personne l’ait vu. »

J’étais à l’agonie. Je tenais ma tête serrée entre mes mains.

C’était mon moment secret. C’est pour cette raison que j’acceptais de tout nettoyer après que tout le monde soit parti !!

Quelle situation !!

Higashi a un visage embarrassé.

« Eh bien, de temps en temps. Puis ce n’est pas comme si tu fermais le dojo, donc ce n’était pas un secret depuis le début. »

« Mais, le dojo de kyūdō est à la périphérie du collège, tu sais ? Une fois que les activités du club se terminent, il ne devrait pas rester quelqu’un, hein ?! »

« Si quelqu’un a oublié quelque chose, et bien, tes précautions ne servent plus à rien. »

« J’inspecte le dojo avant pour vérifier qu’il n’y ait pas une telle chose avant que je commence, donc c’est impossible ! »

« Pourquoi est-ce que tu parles comme un enfant gâté ? Même s’il n’y a rien, il y a des personnes qui viennent de toute façon, non ? En plus, c’est ce qui m’est arrivé.

« Tu n’utilises pas ta mémoire ?! »

« Eh bien, je suis un humain après tout. »

Woh woh, je me sens complètement anéanti.

« Je veux continuer cette conversation, ok ? »

Higashi-san semble avoir pitié de moi.

Tout va bien, continue simplement ce que tu voulais dire.

Abandonnant, je hoche la tête. Quand je retournerai chez moi, je vais commencer un nouveau. Ça serait bien qu’elle m’aide.

« Aujourd’hui, tu vois, le senpai m’a appelé et m’a demandé si je voulais être la prochaine capitaine. »

« Et ? »

Qu’est-ce qu’elle essaie de me dire ? En plus, tout le monde pensait que tu étais la candidate numéro une, tu sais ?

« Et ?! Tu ne peux pas réagir un peu plus que ça ?! »

« Eh ? »

Cette fois, ce fut au tour d’Higashi de paraître troublée. Je n’étais vraiment pas en train de jouer avec elle, je lui ai répondu honnêtement. Car je pouvais dire qu’elle parlait sérieusement.

Je suis ceinture noire dans la lecture des émotions.

« Laisse-moi te le demander d’une autre manière. Mis à part toi, qui devrait être capitaine ? »

« E, a, eh bien, euuuh, toi peut-être ? »

Là, elle m’assène quelque chose qui est hors de portée.

« Tu sais, je ne participe pas aux tournois. Je ne fais pas non plus de rencontres externes, alors qu’en penseraient les autres du club ? En plus, ce club a toujours été dirigé par des femmes. »

C’est vrai. Mis à part le fait que je ne participe pas aux rencontres inter-club, pour une raison quelconque, le capitaine de ce club a toujours été une femme.

« Tu dis ça, mais je pense que tu as les capacités pour être capitaine. »

« Hey hey. »

« D’ailleurs, tu es surement celui qui est le plus respecté dans le club. »

« Hey hey hey ! »

Qu’est-ce que… la Higashi d’aujourd’hui est inhabituellement négative.

Pour une personne qui a joyeusement cassé un bambou en deux, pour cette fille, c’est vraiment pas normal.

« C’est parce que les senpai ne connaissent pas tes vraies capacités. J’ai essayé de te recommander, mais ils ont dit quand même à la fin qu’ils voulaient que ce soit moi. »

C’est quoi ce genre de recommandation dangereuse que tu as faite ? Ce genre de discussions n’a pas été porté à l’autre grande sœur, donc j’étais sûr que cela n’allait pas arriver.

La chance que ça arrive était aussi mince qu’une feuille de papier. Je veux vivre paresseusement, paresseusement !

Est-ce mon imagination ? Je pouvais entendre ma sueur froide couler.

Nous qui marchions ensemble, étions maintenant au milieu d’une longue rue en pente.

À la fin de la rue, nous serons dans la zone du marché. Il y avait beaucoup de gens qui passaient, mais nous étions les seuls à revenir de l’école.

« Hey. »

Higashi, en disant ça, se tourna son visage vers moi.

Quand je me tournais pour lui répondre, elle tient fermement mes bras au niveau des coudes et me força à me retourner pour lui faire face.

Bien sûr, nous sommes face-à-face.

Je sentais que la poigne des deux mains qui me tenaient s’affaiblissait un peu.

« Misumi, pourrais-tu, s’il te plaît, être le capitaine ? »

« Higashi, je ne peux pas faire ça. Comme je le pensais, tout le monde dans le club pense que tu devrais être capitaine. Nous pensons que tu en es capable. »

« Mais, si tu montres ce dont tu es capable devant tout le monde, ça devrait aller ! Si tu leur montres comment tu peux faire un tsugiya, ils vont tous être convaincus ! »

« Higashi ! »

J’étais étonné de ce que je faisais moi-même, je me dégage des mains de la fille qui me retenait, et inversement, je mis mes mains sur ses deux épaules.

Je secouais légèrement la jeune fille, et au moment où je la tenais, ses tremblements s’arrêtèrent. Ses yeux semblaient devenir légèrement troubles.

Malheureusement, je ne peux pas lui dire ce qu’elle veut entendre. Qu’Higashi ait la capacité d’être capitaine est pourtant clair. Voilà pourquoi je dois lui donner confiance en soi.

« Ça peut paraître peu, mais je sais que tu en es capable. Les gens autour de toi vont surement t’aider autant que moi. Non, je les obligerai à la faire ! Quoi qu’il en soit, essaye, d’accord ? »

« Vraiment ? »

Elle est effrayée ? Je n’ai pas crié sur Higashi même une fois. Puis, elle était si excellente au kyūdō qu’il n’y en avait pas besoin. C’est une personne qu’il est agréable d’avoir à ses côtés.

C’est vrai, cette fille ne m’a jamais montré son côté faible jusqu’ici. Donc c’est pour ça que c’est un peu gênant d’avoir “cette“ Higashi en face de moi.

« Ouais, je t’assure. Bien sûr, je vais être aidé aussi. »

« Alors, tu veux être le vice-capitaine ? »

« Ah~ Bien sûr, je ve — Hein ?! »

J’ai été piégé ?

Ai-je été utilisé ?

Non, on parle de Higashi. Ça doit être vraiment ce qu’elle ressentait.

Je sens que je ne peux pas refuser du tout. Refuser ici, c’est comme refuser la requête d’un roi et de se retrouver dans une boucle sans fin, ça relève de l’impossible !

« C’est pas cher payé~ Oui, oui, je le veux, vice-capitaine. Dans les longues années à venir, prends soin de moi, futur capitaine. »

« Eeeeeh~ alors c’est d’accord si je demande ça ? »

Avec ses yeux encore embués, elle me sourit.

Un grincement. Encore une fois, quelque chose est…

Une sonnette d’alarme retentit en moi. Et c’est même encore plus fort qu’avant. Qu’est-ce que c’est ?

« Hey, sors avec moi. »

« Ah~ oui, oui. Attends, quoiiiii ?! »

« Aha, c’est bon de la tenter. Prends soin de moi, mon petit ami~♫ »

« Attends attends attends ! »

« Qu’est-ce~ qu’il y a~ ? »

« Pas de “qu’est-ce qu’il y a ? “ avec moi ! Tu étais en train de regarder, non ? »

Le moment où l’on s’était confessé à moi.

Ma réponse rude est le “résultat“ de ça.

« Ouais. »

Sa réponse manque vraiment de conviction.

Je ne comprends pas, cette sorte de Higashi, je ne l’ai jamais vu avant. C’est comme une “gamine“ au visage d’Higashi.

« Mais tu es dans une période de test avec Hasegawa, non ? Ça ne me dérange pas, tu sais ? »

« Quoi ?! »

C’est comme me dire que je peux être polygame.

C’est qui, cette Higashi ? Elle plus le kohai qui s’est confessé, et dans le même club ?

*Criiik, criiik*

J’ai senti une douleur me vrillant le crâne avec les bruits d’alarme l’accompagnant.

C’est faux. Ce n’est pas Higashi.

« Ce genre de chose n’arrive jamais dans la réalité ! »

Encore. La même sensation d’être observé que j’ai ressenti dans le dojo. Mais il y a quelque chose de différent !

« Ne pense pas trop à ça. Moi et cette fille, nous sommes d’accord pour seulement faire un essai. Tu peux nous “gouter“ et choisir celle que tu préfères. Moi, si c’est Misumi, ça me va d’être avec la deuxième fille, tu sais ? »

Avec un visage calme, Higashi fait doucement un pas en avant. Vers où je suis. Elle a posé ses mains contre ma poitrine. A-t-elle un peu plié ses genoux ? Elle m’enlaça, le visage contre ma joue.

*Criiik ! Criiik ! Criiik ! Criiik ! *

 Ouais, c’est faux !

L’odeur des cheveux d’Higashi instille du désir en moi. Mais !!!

C’est faux ! Ça ne s’était pas passé “comme“ ça !

Dans la réalité.

Dans mes souvenirs !

C’était quelque chose qui m’a laissé un arrière-goût encore plus amer.

*Criiik*

La douleur de l’alarme s’affaiblit un peu. Par contre, les environs ont commencé à se troubler. Est-ce la faute des larmes ? Non, ce n’est pas ça !

C’était un souvenir pesant, mais il était toujours important ! C-Ce n’était pas aussi stupide que maintenant !

Hasegawa et Higashi.

Elles étaient têtues, mais pas autant à ce sujet ! Ce sont deux personnes à qui j’ai fait du mal !

Voilà pourquoi c’est…

Ma tête commence à me faire mal. L’alarme continue, mais plus faible. C’est vrai, cette alarme me relie à la réalité.

« Ce n’est pas ma réalité ! »

Si faible… j’ai honte d’avoir été abusé à ce point !

Pour que moi qui ai voulu faire ce genre de choses idiotes avec ces deux-là, j’ai honte.

Les larmes qui coulaient à cause de mes regrets, je les essuyés d’un revers de la manche.

Le monde commençait à se distordre.

Donc c’est une illusion.

Moi qui ai compris déjà ce qui se passait, je regarde ce qui arrive au monde qui m’entoure.

Là, je suis juste entouré de brumes, des brumes très denses.

« Ça n’était pas au niveau d’un mirage. Merde, merde ! »

Si je ne fais pas attention, je vais certainement me retrouver de nouveau dans cette illusion. La prochaine fois, avec ce genre de désir charnel, je ne peux plus répondre de ce que je ferai, compris ?

Ce genre de chose, je ne veux plus le voir à nouveau. Je ne vais pas être capable de le supporter.

Mais avant, je dois réfléchir à une façon de sortir d’ici. Je dois briser les murs de ce petit monde, ou mon cœur ne sera pas en paix.

Je dois me débarrasser de ce regret et de ma faiblesse. Non, je ne peux pas sortir sans faire ça.

« Shen, laisse-moi te remercier pour m’avoir rappelé combien j’ai été pathétique ! »

Makoto

[NDT : ouaip, le nom est différent dans le manga…]

Sans aucun problème, je trouve le mur. Le mur qui m’enferme dans ce brouillard dense.

Je suis désolé, Ibuki. Mon cher mauvais ami. J’ai toujours voulu te dire quelque chose, mais à cause de ma timidité, je n’y suis jamais arrivé.

Mais ici, c’est un autre monde. Ici, comparer la cavité d’un puits ou celle d’un arbre ne devrait pas poser problème, si ?

[NDT : Franchement, même la VA dit que l’expression n’est pas claire et je trouve pas contrepartie française.]

Mon ami du monde précédent. Ses actions après avoir vu mes activités honteuses, flottèrent dans mon esprit.

Bien sûr, moi qui avais trop honte pour dire quoi que ce soit lui ai fait penser qu’il était du mauvais côté. Le visage de ce gars que je voulais frapper “aussi“ apparut dans mon esprit.

« Quand même, tu… ! »

Ma passion se refroidit quand je murmurai l’incantation de brid plusieurs fois.

« Utilisant une fille après l’autre !! »

Une lumière rouge entoure et enveloppe ma main droite et forme une sphère. C’est peut-être mon imagination, mais je sentais que la puissance était beaucoup plus élevée que la dernière fois que je l’ai utilisé.

Le plus probable, c’est que c’est à cause de la colère !!

Je maintiens fermement la surface avec ma jambe gauche comme si ça tentait de descendre.

J’utilise le type de coup droit que j’ai vu dans un manga de boxe comme référence !

Dans ma main, je tenais la boule de feu !

« Je suis déjà fatigué de tes conneries, Ibukiiii !!! »

Pour mon ami du club, Ibuki, qui a reçu tellement de talent du ciel, avec toute ma jalousie, de toutes mes forces, frappe le mur !!

[NDT : Donc vous l’avez compris, Ibuki est le mauvais ami de Makoto, il se moque de la malchance de Makoto à chaque fois qu’il en a l’occasion. Et en plus, c’est une personne très talentueuse et un coureur de jupons, alors Makoto ne l’aime pas.]

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