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SRH – Chapitre 110 – Il existe un genre de personne

Traducteur Français : Hellteach

Checkeur : Zhexiel

SRH - Chapitre 110 - Il existe un genre de personne

(NdT : Il y a un poème dans ce chapitre. Mais comme la traduction de ce poème en anglais nous paraissait… étrange, nous avons recherché, avec Zhexiel, le texte original en chinois, de manière à vous offrir une traduction qui nous paraisse plus proche du texte original. Donc pour ceux qui vont lire en anglais, ne soyez pas étonnés de la différence ! ^^ Nous nous sommes quand même bien donnés du mal !)

 

Cillin revêtit la tenue stérilisée que le personnel médical lui tendit et entra dans la salle de soins intensifs.

Ce ne fut qu’après être entré dans la salle que Cillin réalisa qu’Enji n’avait qu’une paire de mains maintenant. Les deux autres avaient disparu. Enji était déjà mince en premier lieu, mais maintenant il donnait plus l’impression d’être un squelette qui était suspendu sur un fil entre la vie et la mort.

Le personnel médical avait dit à Cillin un peu plus tôt que les blessures d’Enji étaient trop sérieuses, et son génotype n’était pas à la hauteur. Même s’ils prolongeaient sa vie aussi longtemps que possible avec les machines, il ne survivrait pas plus de deux jours. Le plus gros facteur, cependant, était qu’Enji ne possédait plus la volonté de vivre.

Cillin s’approcha d’Enji et s’assit, se penchant plus près pour entendre les paroles d’Enji. Celui-ci pouvait à peine respirer maintenant, et chaque mot qu’il prononçait lui prenait beaucoup d’énergie. Cependant, même si les paroles d’Enji étaient lentes et faibles, sa prononciation était très claire.

« Apporte… moi… le… journal… »

« Je l’apporte tout de suite ! »

Cillin se leva et sortit rapidement en courant. Naturellement, il savait exactement à quel journal Enji se référait. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps avant qu’il ne présentât le journal de Chamonidine à Enji.

« La… dernière… page… »

Cillin feuilleta le journal jusqu’à sa dernière page. Il y avait pas mal de pages blanches au milieu, mais il y avait des mots sur la dernière page. C’était un poème.

Enji regarda dans une direction. Il y avait un placard à l’extérieur de la salle, et il était rempli de quelques articles que les patients avaient pris avec eux lorsqu’ils avaient été envoyé en unité de soins intensifs. Parmi eux se trouvait la petite boîte à outils d’Enji.

Cillin rapporta la boîte à outils dans la pièce. Le personnel médical essaya de stériliser la boîte à outils, mais Enji agita la main et dit : « Ça va ! »

Lorsque Cillin leva la boîte à outils vers Enji, il leva les mains et l’attrapa fermement. En caressant doucement la boîte à outils, il l’ouvrit et passa son doigt sur un petit carré à l’intérieur. Une fois déverrouillé, Enji sortit une clé du petit espace. C’était la clé de l’atelier d’Enji. Il y avait vraiment très peu de personnes qui n’utilisaient pas de code digital pour verrouiller leur porte sur ce vaisseau.

Enji passa la clé à Cillin en la plaçant dans sa paume. Il ne pourrait pas se sentir tranquille si les choses à l’intérieur de son atelier étaient laissées à quelqu’un d’autre que Cillin. Enji pensait que Cillin était le seul qui comprenne à quel point les choses à l’intérieur étaient précieuses.

Puisqu’il avait ôté l’appareil de survie de sa tête, la respiration d’Enji était devenue extrêmement difficile. Cillin voulait la remettre sur sa tête, mais Enji refusa. « Si je porte ça… je ne pourrai pas les entendre… »

Enji reprit son souffle et montra le journal, en disant : « Je me souviens que tu viens du Secteur X. Tu sais parler la langue du Secteur X ? »

Cillin hocha la tête.

Les yeux d’Enji sourirent. « Ça fait longtemps que je n’ai pas entendu la langue du Secteur X. S’il te plaît, lis moi le poème au dos du journal en langue du Secteur X, veux-tu ? »

Lorqu’Enji dit cela, son ton était presque plat. Cillin avait le sentiment qu’Enji utilisait ses dernières forces pour parler. Mais d’une certaine manière, ses yeux étaient brillants comme s’il avait vu les étoiles lointaines.

Chamonidine était originaire du Secteur X tout comme Cillin, et son premier rêve avait été de devenir un poète libre. Plus tard, le lieu de naissance de Chamonidine avait été affecté par la guerre, et c’était à cette époque qu’il avait rencontré le commandant Nata de l’Escadron Trois B.  Il fut alors présenté à l’Escadron Trois B par Nata et devin un membre de cet escadron. Mais même après être devenu un membre de l’Escadron Trois B, Chamonidine écrivait encore souvent des poèmes, et chaque journal qu’il possédait comportaient plus ou moins deux poèmes.

Autrefois, Enji et quelques personnes de l’Escadron Trois avaient souvent écouté Chamonidine lire ses poèmes en langage standard du Secteur X.

Cependant, ces personnes avaient toutes péri dans cet incident jadis. La seule raison pour laquelle Enji avait été sauvé de cette catastrophe, c’était parce qu’il avait auparavant été transféré dans l’Escadron Six. Mais si Enji avait eu le choix, il aurait préféré être réduit en poussière cosmique tout comme eux.

D’après les standards d’un homme-pieuvre, Enji n’était qu’au tiers de sa vie moyenne. Toutefois, il était déjà satisfait de son existence.

Cillin s’assit près du lit de douleur d’Enji et tourna la dernière page du journal. Ensuite, il se mit lentement à lire.

« De la proximité du paradis ou du paradis lui-même,

Avec un son venant du coeur,

L’art de ne pas blesser votre cœur est répandu.

Montez et volez haut à nouveau.

Vous sautez depuis de haute terres,

Comme un nuage de feu,

À travers le ciel bleu,

Chantez pour toujours, volez, volez et chantez.

Le soleil à l’horizon,

Émet une électrique lumière dorée,

Dans le ciel clair, les nuages sont vapeur.

Vous vous baignez dans la lumière du soleil,

Il semble que la joie pure vient de commencer un court voyage.

Une faible aube pourpre

Perte autour de vous lors de votre voyage,

Comme les étoiles dans le vide,

Bien que non visible,

Mais vous pouvez entendre votre son de joie

Cette douce musique,

L’épée de lumière des étoiles argentées,

Sa forte lumière,

Diminue dans la matinée,

Jusqu’à ce qu’il soit difficile de le dire, le sentiment qu’elle est bien à sa place dans l’espace. »

 

Il parlait parfaitement la langue du Secteur X. Le personnel médical ne le comprenait pas, puisqu’ils n’étaient pas de ce Secteur. Ils n’avaient besoin de connaître que le langage de l’Alliance Galactique pour les voyages spatiaux, et ils avaient l’habitude de penser que n’importe quel autre langage dont ils n’étaient pas natifs ou de l’AG était difficile et bizarre. Mais lorsqu’ils écoutaient la voix de Cillin maintenant, ils avaient le sentiment que c’était comme une douce brise qui passait à travers une terre de sable, faisant rouler la poussière et la portant directement vers l’horizon bleu.

La lumière dans le regard d’Enji était très douce. C’était comme s’il venait de rencontrer un vieil ami après de nombreuses années.

Le génotype d’Enji n’était pas élevé. Le classement génotype moyen d’un Homme-pieuvre était de Rang C, mais le génotype d’Enji était seulement de Rang D. Peut-être était-ce parce qu’il avait été exposé à trop de radiations. Qui plus est, Enji était pitoyablement maigre comparé à l’Homme-pieuvre moyen en bonne santé. Peut-être les jours les plus heureux de la vie d’Enji étaient ceux où Chamonidine l’avait emmené à travers la galaxie.
Je vois. Ça fait déjà presque cinquante ans…

 

« … »

« Comme si c’était une nuit désolée,

Derrière un nuage,

La lune brille et le ciel clair brille. »

 

Lorsqu’il eut terminé de lire, Cillin referma le journal, fixa Enji qui avait fermé ses yeux avec un sourire aux lèvre, et s’inclina.

« Bon voyage. »

Le moniteur indiquait que ses battements cardiaques s’étaient déjà arrêtés.

Ba Dao se tenait à l’extérieur de la salle de soins quand Cillin sortit. On ne pouvait pas dire depuis combien de temps il avait été là.

Ba Dao eut l’impression de ne pas comprendre Cillin. Dès l’instant où Cillin était arrivé sur ce pont, que ce soit pendant qu’il voyait Beaver, Eudy et les autres à l’intérieur de l’unité de soins intensifs, Dias qui avait échappé à un état critique mais qui avait perdu un bras, ou Enji qui venait juste de rendre son dernier soupir, l’homme était effroyablement calme. Mais à quoi donc pouvait-il bien penser intérieurement ?

Ba Dao ne pensait pas que Cillin soit un homme sans cœur. Mais en comparaison à Cary ou Xiao Shang, Cillin était tellement calme que cela lui glaçait le sang. Son visage était indéchiffrable, mais d’une certaine façon, ses yeux eurent pour effet de donner à Ba Dao l’impulsion de reculer devant lui. Ba Dao se souvint de quelque chose que ses seniors lui avaient dit : il existe un genre de personnes qui n’ont pas l’air différents de la normale lorsque leurs émotions ont atteint un niveau extrême. Ils lui avaient dit d’éviter de provoquer quelqu’un comme ça, ou il ne saurait même pas ce qui l’avait tué.

« Cillin… » Ba Dao voulut dire quelque chose, mais il ne pouvait pas prononcer un mot après avoir dit le nom de Cillin.

« Comment vont Eudy et Beaver ? » demanda Cillin. Sa voix était si calme qu’on ne pouvait y déceler aucune trace d’émotion.

« Le personnel médical a dit qu’ils allaient mieux. Ils doivent  seulement supporter les deux jours qui viennent, mais ils sont complètement autonomes. Le personnel ne peut rien faire pour les aider car les médicaments pourraient avoir quelques effets inverses. À moins que ça ne soit absolument essentiel, personne n’ose prescrire un médicament négligemment. »

Cillin hocha la tête et s’avança vers l’unité de soins intensifs d’Eudy et Beaver pour jeter un œil. Doug était collé à l’écran, et on aurait dit qu’il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours.

Après avoir regardé alentours, Cillin sortit.

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