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Chapitre 97 – Lan Qing, Lan Jue


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Miss X


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 97


« Parce que je suis ton frère ! » Les mots frappèrent Lan Jue comme une claque au visage.

C’était la première fois qu’il entendait quelque chose comme cela venir de la bouche de son frère. Une expression d’incrédulité envahit son visage, mais disparut aussi vite.

« Mika était de la Tour Noire. La fille de Satan, et son successeur. Le sang de Satan, son pouvoir, dorment en elle. La plus forte de ses couvées. Si cette souillure n’est pas contrôlée, les conséquences pourraient être catastrophiques. Elle est coincée entre deux pouvoirs ; le Château Pontifical, qui chercher à l’exterminer, et la Tour Noire qui cherche à l’exploiter, à la perdre dans la soif de sang et la folie en tant que réincarnation de Satan. Mais Mika… elle a un bon cœur. C’était au bord de son Éveil, quand les pouvoirs de Satan la consummaient, qu’elle s’en est rendue compte. Elle a fui. »

« Plus tard, on s’est croisé. Je l’ai prise sous mon aile, lui ai appris à refouler sa noirceur, et l’ai amenée ici. Tant qu’elle ne les utilise pas, les pouvoirs de Satan ne devraient pas se réveiller. Ils seront enfermés à l’intérieur pour toujours. Il n’y a pas longtemps, je me suis fait un peu remarquer. Quelque chose… m’a fait délaisser ma prudence. Le Château m’a retrouvé, m’a manipulé pour que j’aille aux Champs d’Étoiles Brisées. Là, nous avons fait face à l’Ange de la Guerre, le Messager de la Mort, l’Ange du Soin et le Chérubin. Michel, Gabriel, Raphaël et Uriel nous avaient tendu un piège. Heureusement, ce fut l’Impératrice Moonfiend qui m’avertit de leur présence. J’ai pu me préparer, sinon j’ai bien peur que nous y soyons tous passés. Voilà ce qui s’est passé. »

La narration fut courte, succincte. Lan Qing écouta, se fondant dans un silence pensif une fois que tout fut dit. Quelques instants passèrent avant qu’il ne lève la tête, et ne regarde son frère. « Et tu souhaites toujours l’aider ? »

« Pourquoi changer quoique ce soit maintenant ? » Répondit-il.

Lan Qing hocha. « Très bien. Tu as pris ta décision, c’est l’heure de t’y tenir. Pour cela, il n’y a pas besoin d’impliquer l’Avenue. Tu n’as pas besoin de chasser les gens du Château non plus. De ce que je vois, l’Avenue sait déjà. Comme à leur habitude, ils vont tout couvrir, et s’occuper de ce dont ils ont besoin. À partir de maintenant, tu ne devrais pas quitter la Planète Skyfire. Sous la protection de l’Avenue, ni le Pape, ni Satan n’oseraient venir frapper. Tes propres pouvoirs devraient aussi suffire sur ton territoire pour ton auto-préservation. Pour ce qui est de la fille, assure-toi qu’elle aussi n’aille nul part. »

Les yeux de Lan Jue se plissèrent, et de la colère brillait dans leurs profondeurs. Mais quelles que soient ses pensées, il ne leur donna pas voix. Un silence resta suspendu entre eux pendant un temps.

Au bout d’un moment, Lan Qing prit à nouveau la parole. « Tes blessures sont sérieuses. Tu ne devrais pas utiliser ta Discipline pendant un moment, ou tu pourrais aggraver ta situation. Tu vas avoir besoin d’au moins trois mois pour récupérer. »

Toujours, son petit frère restait silencieux. Un flash d’hésitation traversa le visage de Lan Qing. « Tu veux que je reste ? »

Cela prit Lan Jue par surprise. Il leva la tête et demanda, « Tu as le temps ? »

Lan Qing hocha.

Mais le sourire sardonique de Lan Jue revint. « Depuis quand notre illustre supersoldat d’An Lun a-t-il du temps …? Rentre, je peux me débrouiller. »

La réponse de Lan Qing était brève et tiède. « Alors repose-toi. » Il se retourna et partit sans ajouter un mot.

Ting ting ! Une fois de plus, le son des clochettes de la porte retentit. Seul dans le silence, une expression peinée naquit sur le visage de Lan Jue.

« Mon frère… »

ζ

Lan Qing ferma la porte derrière lui, mais ne se dirigea pas vers la sortie de l’Avenue. À la place, il s’appuya contre le mur du magasin et regarda vers les étoiles.

Beep-beep ! Le communicateur sur son poignet interrompit le silence. Il décrocha.

« Amiral, quand pouvons-nous attendre votre retour ? » La voix de l’homme à l’autre bout du fil semblait pressée.

« Affaires de famille. Pour l’instant, je ne rentrerai pas, » répondit-il.

« Mais Amiral, comme je suis sûr que vous le savez, la délégation va arriver dans quinze jours. Serez-vous prêt à les recevoir à ce moment-là ? » L’homme qui venait d’appeler semblait encore plus agité à la nouvelle.

« J’ai peur que non. Dites-leur que j’ai pris un congé pour affaires personnelles. » Son expression était de marbre en parlant à l’homme dans son communicateur.

« Mais, monsieur, cela pourrait affecter votre promotion. Amiral… »

Il coupa la connexion sans cérémonie. La communication lui était déjà sortie de la mémoire, laissant, à la place, ses pensées dériver sur cette journée, ces messages, trois ans auparavant.

« Grand frère, il y a quelque chose qui cloche. Héra est peut-être en danger. Tu es le plus proche, va l’aider. »

« Ta mission est si importante que ça ? Héra fait partie de ta famille ! Je t’en supplie, va la sauver ! »

« Frère… »

« Je suis désolé A-Jue ! » Les mots étaient amers dans sa bouche.

« Que faites-vous ici ? » La voix ne venait pas de loin. Un éclair d’argent, et soudain, il y avait quelqu’un à côté de lui.

Lan Qing lui lança un regard. « Cela fait un moment que vous tournez dans le coin. Ne faites pas semblant que c’est une rencontre fortuite. Que voulez-vous ? »

An Liu bégaya, troublée. « V- »

« Auriez-vous une cigarette ? » L’Amiral tourna sa tête pour lui poser la question.

« Eh ? » An Liu cligna des yeux. « Je pensais que vous ne preniez rien qui puisse affecter votre jugement. »

« En ce moment, » dit-il, « je ne suis pas l’amiral. »

« Attendez. » Sur ce, An Liu disparut dans le noir. Quand elle revint, elle avait un paquet de cigarettes et un briquet.

Il ouvrit le paquet et frappa le fond. Une unique cigarette sortit la tête par l’ouverture. Il la sortit et, la faisant passer sous son nez, la renifla. Dans ses yeux brillait ce qui pourrait passer pour du regret. « Tu te souviens ? J’avais dix-huit ans, et toi quinze… Nous étions curieux, nous avions volé une cigarette et nous étions assis dans le bosquet pour la fumer. Tellement forte. On n’arrivait pas à s’empêcher de tousser. C’était tellement mauvais qu’il nous a entendus et a découvert ce que nous faisions. Il nous a battus tous les deux. »

« Qu-… » An Liu le regarda pleine de confusion. Elle n’arrivait clairement pas à comprendre.

Lan Qing ne développa pas. À la place, il alluma la cigarette et tira dessus longtemps et profondément. Presque instantanément, il se mit à tousser, la fumée sortant en volutes. « Ach!Kha ! » La quinte de toux soudaine fut si violente que des larmes lui montèrent aux yeux. Pourtant, il sourit tout du long.

An Liu sentit son cœur rater un battement. Ce choc électrique qui la traversa, était un sentiment qu’elle n’aurait jamais assez.

« Ça va ? »

Lan Qing, toussant, reprit une bouffée de cigarette en guise de réponse.

Ting ting ! Le son familier des cloches de la Joaillerie retentit à nouveau. Lan Jue poussa la porte et sortit, fourrant ses mains dans les poches de son coupe-vent. Sans un mot, il s’installa à côté de son frère, lui prenant le paquet de cigarettes des mains. Comme son frère, il frappa le fond, prit une cigarette et l’alluma.

An Liu les regarda tous les deux, silencieuse et incertaine sur la marche à suivre. Sa première idée : Est-ce qu’ils sont malades dans leur tête ? Sa deuxième, cependant, fut que sa présence n’était pas pour le mieux.

Silencieusement, elle se fondit dans le noir qui les entourait.

La cigarette fut rapidement consommée. Le visage de Lan Qing était rouge d’avoir trop toussé. Lan Jue n’était pas mieux.

« Ça serait bien si on pouvait revenir en arrière, » dit Lan Jue, la voix lourde de remords.

« Revenir ? » Lan Qing força un sourire amer. « Les plaintes sont les béquilles des imbéciles. N’est-ce pas ? »

Lan Jue roula des yeux. « Toujours aussi réaliste. »

« Non, pas réaliste. Pragmatique peut-être. Pas besoin de rester sur ce qu’on ne peut pas changer, » contra-t-il tranquillement.

Lan Jue fronça les sourcils. Il se redressa, remettant ses mains dans les poches. « Comme tu voudras. » Il marcha vers le magasin.

Ting ting ! Il s’arrêta sur la pas de la porte et tourna son regard vers son grand frère. « Je ne t’en ai jamais voulu. Jamais. Je ne m’en veux qu’à moi. Demain, tu t’en iras. J’ai déjà parlé à A-Li, il a dit qu’il viendrait. En plus, j’ai Xiuxiu et les filles. Il ne m’arrivera rien. »

« Hm ? » Lan Qing n’avait pas bougé, mais il tourna sa tête pour regarder Lan Jue.

L’expression dure du Maître des Joyaux fondit. « J’ai toujours voulu avoir un amiral comme frère. C’est quelque chose dont je suis fier. Et j’ai l’impression d’être au bord d’une percée. Tu ferais bien d’espérer que je ne te rattrape pas, ou je vais te battre aussi fort que tu le faisais. »

Lan Jue disparut alors que la porte se refermait derrière lui.

Lan Qing resta où il était. Il demeura immobile pour ce qui parut des années, avant d’extraire une nouvelle cigarette du paquet, et de la mettre entre ses lèvres.

Il sortit une nouvelle cigarette, mais celle-ci fut lancée dans le noir, vers An Liu.

« Cessez de rôder dans le coin. Venez prendre une cigarette. »

An Liu l’attrapa au vol et se redirigea vers l’amiral. Sans mots, elle lui prit le briquet et alluma sa cigarette. « Vous savez, vous avez le don pour piétiner la confiance en eux des gens. »

Lan Qing eut un sourire fier de lui, et secoua la tête. « C’est bon. On est comme ça depuis qu’on est petits. »

An Liu lui lança un regard froid. « Je parlais de moi ! »

ζ

Début de matinée.

La tenue de Lan Jue consistait en une chemise couleur café sous un costume d’affaires blanc. Une cravate blanche pendait à son cou. Il semblait, comme toujours, habillé méticuleusement.

Xiuxiu avait préparé le petit-déjeuner, et il était merveilleux.

« Boss, est-ce que le Jeune Maître est parti ? » Demanda Xiuxiu nonchalamment.

Il hocha. « Tôt dans la matinée. »

La nouvelle déclencha un soupir de soulagement. « Toi et lui … »

Lan Jue lui jeta un bref regard. Il suffit à tuer la phrase avant qu’elle n’ait pu quitter sa bouche. « Je vais à l’université aujourd’hui, » l’interrompit-il. « Si je ne reviens pas vite, ils risquent de me débaucher. »

Xiuxiu le regarda nerveusement. « Tu veux quitter l’Avenue ? Mais ta condition… »

Il la coupa une nouvelle fois d’un geste de la tête. « Je ne suis pas aussi fragile. Toujours Planète Skyfire, toujours, Skyfire Ville, » la rassura-t-il avec un sourire.

Xiuxiu rassembla son courage. « Alors, je devrais peut-être venir avec toi. »

Son boss rit malgré lui. « Alors tu penses vraiment que j’ai un pied dans la tombe, eh ? » Il leva un doigt et l’agita devant elle. Un petit éclair s’entortillait à son bout. « Calme-toi, il ne va rien m’arriver. Je n’ai pas oublié que je dois encore veiller sur quatre folles. Et puis, ça fait longtemps que la boutique n’a pas été ouverte. Il faut que tu restes là pour gérer les affaires. Je m’en vais, moi. »

Lan Jue poussa la porte de la Joaillerie. Ce n’était pas sa première excursion depuis qu’il était de retour, mais néanmoins, il regarda quand même à gauche et à droite avant de continuer.

À côté de la porte, un petit tas de mégots de cigarette s’était amassé, et il avait l’impression d’encore pouvoir sentir la fumée dans l’air. D’une manière ou d’une autre, cela le fit sourire.

« Cette fois, j’ai gagné. Peut-être pour la première fois de ma vie. »

Sa bonne humeur le suivit en quittant l’avenue, il enfourcha son vélo et prit le chemin de l’UNE. Les cliquetis de la chaîne de son vélo donnaient un son à la merveilleuse scène de lumière, d’air frais, et de chaleur qui se déroulait devant le jeune homme qui allait au travail.


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