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Chapitre 96 – Frères


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Miss X


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 96


Thunk ! Une main géante et cyan fit facilement tomber la lance de feu du ciel. Mika fut propulsée dans les airs.

La forte lumière cyan se reflétait dans les yeux sombres de Lan Qing. Il tourna ses yeux pour les fixer sur Lin Guoguo. Elle pouffa en réponse, et la lueur dorée se mit à disparaître.

Ke’er préparait sa propre attaque quand une main couverte d’éclairs tremblants lui tomba dessus. « Ça suffit. Cessez le feu. » La voix dure de Lan Jue arrêta les femmes net.

Xiuxiu resta auprès de Lan Jue, l’aidant à se tenir debout. Lan Qing se dirigea vers son frère pas à pas.

Le canon de taille Grosse Berta avait repris la forme de Ke’er. « Boss ! » Appela-t-elle.

Avec sa transformation, la main de Lan Jue reposait maintenant sur son épaule. Il se plaça devant elle.

Mika et Lin Guoguo ne perdirent pas de temps pour rejoindre leur patron. Les Amazones de Zeus formèrent un rang derrière lui.

L’avance de Lan Qing cessa à trois mètres de son frère, et il mit ses mains dans les poches de son pantalon. Il imposait dans son costume noir, faisant face au petit groupe devant lui avec indifférence.

Mika, Guoguo et Ke’er le regardaient attentivement. Maintenant si proche sous leur regard, elles sentaient un air vaguement familier et se tournèrent pour regarder Lan Jue. La surprise les envahit quand elles remarquèrent la ressemblance entre cet homme en noir et leur boss. La seule chose véritablement différente entre les deux était leur tempérament.

L’homme qui leur faisait face était comme un rocher : dur, froid, implacable. Lan Jue était placide et élégant.

« Que veux-tu ? »

« Es-tu blessé ? »

Les deux hommes parlèrent en même temps, puis se turent. Ils avaient à peu près la même taille, et partageaient beaucoup de similitudes en apparence. Les frères se faisaient face, debout dans la pénombre grandissante.

Là ils étaient, au milieu de l’Avenue, mais étonnamment, aucun garde ou personnel de sécurité n’était présent malgré leur bref échange. En fait, il semblait qu’il n’y avait rien, personne autour d’eux. Seulement Lan Qing, Lan Jue, et les Amazones.

« Jeune Maître1. » Dit Xiuxiu timidement.

« Jeune Maître ? » Mika, qui était encore prête jusque-là à cracher du feu, et les deux autres la regardèrent avec curiosité.

De toutes les Amazones, Xiuxiu avait été avec Lan Jue le plus longtemps. Alors que les trois autres étaient proches de leur boss, elles n’étaient pas aussi familières. Peu de temps après qu’elles l’aient choisi, ils avaient déménagé ici, reclus. Maintenant, en entendant la salutation de Xiuxiu et en voyant les similitudes entre l’homme et leur employeur, les autres comprirent. Mais si c’était vrai, pourquoi commencerait-il par attaquer sans un mot ?

Les yeux sombres de Lan Qing se plissèrent. « C’était qui ? »

Le visage de Lan Jue était aussi froid que celui de son frère. « Ça ne te concerne pas. Mes affaires, je m’en occupe. »

Lan Qing fit un pas en avant, quant à savoir si c’était pour dire ou faire quelque chose, ce n’était pas clair immédiatement. Ce qui l’était cependant, fut la sensation presque instantanée de violence qui emplit l’air autour d’eux comme un cauchemar. Même Mika, titrée la Succube Stygienne, pâlit à son contact.

La façade ordinairement passive de Lan Qing changea, durcie par une soif de sang qui brillait au fond de ses yeux. La peur qui naquit chez les filles était difficile à imaginer.

Lan Jue paraissait imperturbable. Le froid dans sa voix resta là. « J’ai dit, ça ne te concerne pas. »

Au bout d’un moment, l’aura suffocante de Lan Qing et son expression sombre fondirent. Pour Xiuxiu et les filles, le changement soudain leur parut comme le bord d’un gouffre. Un seul faux pas, et vous pouviez tomber.

Mika avait été la plus touchée. Il y avait une différence entre ses propres pouvoirs, dérivés de la terreur et de la noirceur, et ce truc. Ce qu’elle sentait de lui était de la soif de sang pure et inchangée. C’était quelque chose que seul quelqu’un qui avait tué beaucoup, beaucoup de gens pouvait connaître. Et cependant, il y avait autre chose là, inexplicable. Il y avait une sorte d’état, de nobilité. Les deux forces semblaient opposées et pourtant, elles étaient là, intégrité et nobilité. Barbarisme.

« Très bien ! Garde tout pour toi. Je vais juste rentrer, et lui dire. » La voix de Lan Qing était douce, égale. Ses traits avaient retrouvé leur solennité habituelle.

Le regard frais qu’il avait donné à son frère changea son assertion. De l’anxiété naissait dans sa voix. « Tu ne le feras pas ! »

Les traits de Lan Qing s’adoucirent en regardant son petit frère.

« C’était de ma faute ! » Mika se mit au niveau de Lan Qing en parlant. « Il me protégeait moi. C’est comme ça qu’il s’est blessé. Les hommes venaient du Château Pontifical, et si vous êtes vraiment le frère du boss, ce sont eux les hommes que vous devriez pourchasser pour vous venger. Pas ici, en empirant sa condition. Ne voyez-vous pas qu’il va mal ? »

« Le Château, » grogna Lan Qing doucement. « Lequel des Archanges a fait ça ? »

Lan Jue se contenta de le regarder. Mika, ses manières irritables faisant face, lui grimaça. « Archanges ? C’est notre boss, pourquoi pas le Pape lui-même ? »

« Si ça avait été le cas, » répondit tranquillement Lan Qing, « et qu’il s’était battu pour vous, vous seriez tous morts. S’il avait été tout seul, il aurait réussi à fuir. Mais je le connais… le comprend. Cette faiblesse, cette faible volonté. »

« C’est qui le faible ?! » Explosa Ke’er.

Son défi fut ignoré. À la place, le frère de Lan Jue avança d’un pas et tendit la main comme pour l’attraper.

Ke’er se fraya un chemin entre eux pour bloquer l’avance de Lan Qing. Cependant, elle fut repoussée par un vent violent et soudain qui sortit du général en noir. En réponse, quatre rayons de lumière cyans brillèrent dans les airs, tournant autour de la position de Lan Jue.

Un cri à vous fendre les oreilles se fit entendre, alors que quatre entailles inégales apparurent de nul part. Les quatre femmes regardèrent impuissantes. La main de Lan Qing avait atteint sa cible, attrapant le poignet gauche de son frère.

« C’est bon, » Zeus rassura les Amazones.

Un instant plus tard, Lan Qing relâcha sa prise. « Allons-y, » dit-il tranquillement.

« Mm, » vint la réponse de Lan Jue. Il se tourna ensuite vers la Joaillerie et prit le chemin de la maison.

Pendant ce temps, les quatre femmes regardaient, encore pétrifiée de confusion. « Si vous pouviez avoir l’obligeance de rester toutes les quatre au Sous-Sol ce soir. Il faut qu’on parle tous les deux, » dit-il, s’arrêtant juste assez longtemps pour leur adresser quelques mots par-dessus son épaule.

« …boss ! » Mika bégaya hésitante.

Xiuxiu, cependant, avait commencé à la retenir. « Allons-y, » dit-elle, se dirigeant vers l’ascenseur public le plus proche. Elles se turent toutes en un consentement tacite.

Lan Jue continua sa route vers la Joaillerie, de même que les femmes ; l’un au-dessus, les autres en dessous.

ζ

« Xiuxiu, c’est quoi ce bordel ? C’est qui l’autre ? » Elles avaient atteint l’ascenseur à ce moment-là, et Mika n’arrivait plus à contenir sa confusion. Lin Guoguo et Ke’er semblaient aussi perturbées par les événements, mais ne dirent rien.

« Ça, » dit Xiuxiu, « c’était le Jeune Maître, le frère aîné de Monsieur (Monsieur, bien sûr, étant le Boss). Le temps que vous arriviez, il m’a fait changer ma manière de l’appeler. »

L’expression de Lin Guoguo s’enflamma de curiosité et de surprise face à ces commérages. « Il est féroce… effrayant ! Ce pouvoir qui a déchiré l’air… tellement puissant ! J’ai failli rentrer en plein dedans. Le boss connaît définitivement des gens perturbants. Mais s’ils sont frères, pourquoi apparaîtrait-il et commencerait-il immédiatement à taper sur son frère ? C’est quoi comme famille, ça ? »

Xiuxiu était visiblement vexée, et secoua la tête. « Je ne peux pas vous dire. Je n’ai pas la liberté de parler des relations dans la famille du boss. Seulement ceci… vous avez entendu parler des Quatre Divins Monarques ? Trois autres avec un nom comme notre Zeus. »

Ke’er haussa les épaules. « On savait qu’il était le Monarque Zeus au moment où on l’a rencontré. Tu n’es pas en train de dire que son frère en est aussi, n’est-ce pas ? Il y a Prométhée, Hadès, Zeus et Poséidon, appelé d’après les dieux les plus puissants de la mythologie grecque2. Alors, lequel est-ce ? »

« Le plus connu, » répondit Xiuxiu.

Lin Guoguo ne put s’empêcher. « Premier des Monarques… le supersoldat d’An Lun… le dieu de la sagesse. Prométhée ! »

Xiuxiu hocha la tête.

« Ahhh ! » Lin Guoguo poussa un cri perçant. Ses trois compagnes sautèrent de surprise.

« QU’EST-CE que tu fais ? » Mika la fusilla du regard.

Lin Guoguo tremblait presque. « Prométhée était mon idole! Quand j’ai commencé à suivre le boss, je lui ai demandé s’il m’amènerait voir Prométhée. À l’époque, il n’avait rien dit. Et maintenant, de découvrir qu’il est le frère du boss, c’est le meilleur ! Ah la vache ! J’ai envie d’y retourner pour le voir. »

Contrairement à l’excitation de Guoguo, le visage de Ke’er s’était aigri. « Le Supersoldat d’An Lun. Qu’est-ce qu’il a de si extraordinaire ? »

Guoguo s’arrêta, stupéfaite, et lança un regard à sa sœur. « C’est quoi ton problème ? » Mika prit la parole, fixant Guoguo d’un regard plein de sens. Il ne lui prit pas beaucoup de temps pour comprendre ce qu’elle voulait dire, et elle ferma immédiatement sa bouche.

Ke’er, cependant, s’était déjà calmée. Son visage se radoucit en parlant, et elle prit la main de son amie. « Je suis désolée. J’étais juste… en train de penser à avant. Je ne voulais pas, et je n’aurais pas dû. Depuis que j’ai choisi de suivre le boss, j’ai laissé tout ça. Ici, c’est là qu’est ma famille maintenant. »

Lin Guoguo trébucha presque sur sa réponse. « C’était de ma faute. J’avais oublié que tu étais de l’Alliance du Nord. Je suis désolée Ke’er. »

Mika sourit à la paire. « Très bien, allons-y. On peut continuer tous ces mouvements de mâchoire chez nous. C’est difficile de savoir qui écoute ici. » Elle appuya sur le bouton d’appel de l’ascenseur pour appuyer ses mots.

Lin Guoguo sourit dédaigneusement tout d’un coup. « Vous pensez que le Comptable est rentré ? Moi, je parie qu’il ne va pas revenir avant un moment. Ce n’est pas notre faute si la verti-car ne peut tenir que cinq personnes. Et les transports publics sont les pires. Rien que de penser à la tête qu’il faisait quand on l’a laissé là me faire rire, hah ! »

ζ

La Joaillerie de Zeus.

Ting ting. Les cloches au-dessus de la porte tintèrent à leur entrée. Les lumières étaient éteintes, et l’intérieur était sombre.

Lan Jue ne fit aucun mouvement pour allumer les lumières de l’extérieur. Il continua son chemin jusqu’à atteindre les salles intérieures, n’allumant qu’une fois y être entré.

Lan Qing suivit silencieusement. Les deux frères étaient debout, silencieux, baignant dans la douce lumière.

Lan Jue s’installa dans le canapé juste à côté. Petit à petit, sa dure expression s’adoucit. Lan Qing resta debout, faisant face à son frère les bras croisés.

« Tu attends quoi de moi ? » Commença Lan Jue, son ton délibérément inhospitalier.

« Rien, » répondit son frère.

Silence.

« Alors dis-moi, qu’a cette fille ? Pour que le Château envoie ses Archanges après elle, ils devaient savoir qu’elle était avec toi. »

La réponse de Lan Jue fut rapide et énervée. « Pourquoi dois-tu fourrer ton nez dans mes affaires ? Tu devrais te casser loin d’ici. »

« Parce que je suis ton frère ! »


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  1. NdTEN : Un titre généralement réservé à l’aristocratie britannique pompeuse, ici il concerne l’aîné d’une famille riche. C’est la phrase la plus proche que j’ai trouvé pour décrire ce qu’elle voulait dire. NdTFR : et du coup, moi, j’ai traduit bêtement 😉
  2. NdTFR : J’ai vraiment un problème avec Prométhée choisi comme titre pour un Divin Monarque, autant je suis d’accord avec les trois autres dieux, autant Prométhée non. Déjà c’est un Titan, pas un dieu, puis il a volé la sagesse (le feu) aux dieux, ce n’est pas le dieu de la sagesse. La déesse de la sagesse c’est Athéna. À choisir un dieu, j’aurais probablement choisi Éole plutôt (en rapport à sa discipline). Mais bon, c’est l’auteur qui choisit, pas moi, alors on fera avec.
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