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Chapitre 70 – Possibilités


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 70


Choc ! Aux derniers mots du Maître des Vins, Lan Jue sentit le cœur même de ses os vibrer de surprise. Il le regarda, la bouche ouverte.

Pour un amateur de vin avide tel que lui, avoir une telle opportunité — goûter un vin crée par un des Trois Dieux du Vin – leur « rang » n’importait pas beaucoup, ça l’emplissait de quelque chose de presque indicible. Il était encore plus content que le jour où il avait bu de ce Romanée-Conti.

Durant l’ère précédente, les bouteilles de Romanée-Conti étaient produites dans les milliers par an. Les produits d’Henri Jayer ne comptaient qu’une centaine par an, quelle que soit la classification ! C’était une expérience qu’aucune somme d’argent ne pouvait égaler.

« Merci, » déclara Lan Jue, simplement et sincèrement.

Le Maître des Vins sourit, content de lui. « Viens, bois. »

« Je n’en ai pas vraiment envie. »

« Elle est déjà ouverte, » insista le Maître des Vins. « Il va tourner sinon. Il faut le finir aussi vite que possible. »

« En fait, je voulais dire que j’aurais préféré le ramener à la maison et l’apprécier avec plus d’attention, » dit Lan Jue. « Qu’en pensez-vous ? »

« … … »

La bouteille avait fait son effet. Avant d’apprendre que c’était un produit d’Henri Jayer, il savait uniquement que c’était un vin de village de 1997. Sa classification basse ne le détournait pas, cependant, de ses saveurs merveilleuses qui l’avaient presque fait oublier ses soucis.

« Allez-y alors, qu’attendez-vous de moi ? » Lan Jue finit la dernière goutte de son verre et, le reposant, regarda fixement le Maître des Vins.

« Tu es si certain que j’attends quelque chose de toi ? »

Les yeux de Lan Jue se plissèrent, de manière comparable à son expression la première fois qu’il avait goûté ce vin exquis. « Ça ne peut pas être facile de se séparer d’un vin de l’un des grands maîtres. Si vous étiez vraiment aussi généreux, je serais véritablement heureux. »

Le Maître des Vins ria. « Tu n’arrêtes pas de parler de mon avarice. Comment un avare pourrait soudainement devenir généreux ? En fait, tu as bien deviné, j’ai une requête à te faire. Le Clairvoyant a découvert que quelqu’un d’une planète proche essayerait d’obtenir une bouteille de l’un des Trois Maîtres. J’aimerais y aller moi-même, et leur présenter un cadeau. Dans les trois alliances, il n’y a qu’un petit nombre bien choisi qui possède de tels vins exemplaires. J’espère qu’au travers de ces découvertes nous parviendrons à percer le secret de ces maîtres, et ramènerons ces dons à nos contemporains. »

Les yeux de Lan Jue s’écarquillèrent et s’illuminèrent. « Pour de vrai ? »

Le Maître des Vins hocha. « Le vin n’est pas seulement mon hobby, c’est mon seul hobby. Je ne blaguerai jamais à son sujet. »

« Deux questions, » commença Lan Jue. « Primo, vous aviez un vin comme ça tout ce temps et vous ne l’avez jamais partagé avant ?! Et secundo, vous utilisez vraiment les pouvoirs du Clairvoyant pour trouver du vin ? »

Le Maître des Vins lui lança un regard dur. « Qu’essaies-tu de dire ? »

Lan Jue éclata de rire, levant son pouce en signe d’appréciation. « Tant mieux pour vous ! »

Les deux hommes se regardèrent, avant d’exploser de rire.

« Alors tu es d’accord ? » Le Maître des Vins demanda à nouveau, se remettant de ses hoquets.

Lan Jue haussa les épaules. « Avec vos pouvoirs, vous avez encore besoin de mon aide ? »

« Les pouvoirs de divination du Clairvoyant furent coupés vers la fin de sa vision, » dit le Maître des Vins. « Tu devrais savoir ce que ça veut dire. ‘L’homme sage ne se tient pas sous un mur qui s’écroule’1, et plus encore, comment peut-on apprécier le fruit, si l’on ne fait pas le travail soi-même ? »

Lan Jue soupira. « Très bien, qu’est-ce que je peux dire ? Ce Henri Jayer a nourri mon addiction au vin, ce sera ma contre-mesure. Mais ça devra attendre. Je dois partir pour les Champs d’Étoiles Brisées. Je serais parti pour un mois environ, on parlera de ce qu’il faut faire à mon retour. »

« Pas de problème. » Le Maître des Vins sourit. « Je ne suis pas pressé. J’en ai encore en stock. »

« J’y vais ! » Lan Jue se leva, faisant un signe de tête.

ζ

Une ombre passa, et une douzaine de secondes plus tard, un grondement de tonnerre suivit. C’était une verti-car de haute altitude McKelly p12. Seule une voiture comme ça pouvait atteindre de telles vitesses.

« Mika, ralentis ! Je vais être malade… » Le visage de Lin Guoguo était tordu de douleur, et ses phalanges étaient blanches à force de serrer la poignée de la voiture si fortement.

Lan Jue était assis au milieu de la voiture qui vrombissait. Xiuxiu et Lin Guoguo étaient assises de chaque côté de lui. À l’avant, Mika était assise derrière le volant, regardant au travers de ses cheveux rouges et de ses lunettes au cadre noir alors que Ke’er l’encourageait dans le fauteuil passager.

Le style de conduite de Mika n’avait rien de conservateur, et elle pressait la moindre goutte de puissance motrice qu’offrait la voiture. Elle avait passé la vitesse du son depuis longtemps.

« D’accord, d’accord. Faible. Le boss n’a rien dit… » Grogna Mika.

« Je viens de perdre mon déjeuner, » dit Lan Jue paresseusement, s’enfonçant dans son fauteuil.

Xiuxiu gloussa. Ke’er se retourna pour regarder Lan Jue et lui tira la langue.

Mika pouffa. « On sera bientôt là. Accrochez-vous. » La voiture fit soudain un splendide dérapage sur le côté avant de perdre de l’altitude. Des instruments à l’intérieur aidaient à réguler la force de la gravité, mais ça n’empêcha pas leurs estomacs de leur remonter à la gorge.

Lin Guguo se mit à crier, suivi de près par Xiuxiu.

Dix secondes plus tard, la voiture longeait tranquillement le hangar à vaisseau public de la planète Skyfire.

Beep, beep, beep ! Une alarme stridente résonna à l’intérieur. Plusieurs gardes en uniforme les encerclèrent soudainement. Une voix électronique leur parvint : « Violation de vitesse, classification ; sévère. Veuillez sortir du véhicule immédiatement et vous soumettre à inspection. »

Les portes du McKelly p12 se relevèrent comme des ailes de papillons. Les quatre splendides femmes sortirent en tandem : sulfureuse Mika, Ke’er aux cheveux bleus, Xiuxiu la beauté aux cheveux de jais, et Guoguo couronnée de vert.

Les quatre portaient toutes leurs combinaisons de vol noires et moulantes. Les contours de leurs splendides silhouettes étaient parfaitement surlignés, chaque sommet et chaque vallée. Même si elles portaient des casques, on pouvait presque entendre les gardes avaler tous ensemble alors que leurs têtes explosaient figurativement.

« Y a-t-il un problème beaux messieurs ? » Mika lança un regard aguicheur d’un agent à l’autre.

« M-mademoiselle, vous avez dépassé la limite de vitesse, » bégaya un agent.

« Oh, je suis teeeeeeeeelement désolé ! Pourriez-vous surveiller la voiture ? Vous seriez un amour ! Nous avons… quelque chose à faire. » Mika leur fit un délicat signe de la main, se retourna et partit. Les trois femmes sur ses talons suivaient son exemple.

Lan Jue était au milieu d’elles, plein d’assurance.

Quelques instants plus tard, les regardant partir, l’un des agents reprit ses esprits.

« On porte des casques. Comment pouvait-elle savoir que nous étions beaux ? »

 

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  1. NdTEN : La phrase veut ici dire qu’un homme sage a la capacité de reconnaître et de se protéger de situations potentiellement dangereuses. Et puis, quand il se trouve dans une situation dangereuse, a la capacité de s’en extraire rapidement.
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