skip to Main Content
Menu

Chapitre 169 – Des nouilles roulées à la main

Traducteur en Français : Arpakshaad
Editrice & Checkeuse : Miss X

Chapitre 169 - Des nouilles roulées à la main

« T’as besoin d’aide ? » Dit la tête de Lan Jue qui dépassait de la porte de la cuisine au dos de Zhou Qianlin.

« Pas besoin, si t’aides, ça ne prendra que plus de temps. » Elle l’éloigna d’un signe de la main, puis se mit à farfouiller dans ses placards avant d’en sortir tout ce dont elle avait besoin.

Elle commença par nettoyer les ustensiles nécessaires : après tout, elle n’avait aucune idée du temps qui s’était passé depuis la dernière fois qu’ils avaient été utilisés. Quand elle eut fini, elle versa de la farine dans une des casseroles propres. Et avec un peu d’eau apparut une pâte qu’elle se mit à pétrir.

« Tu fais quoi ? » Une fois de plus, Lan Jue passa sa tête dans le trou de la porte de la cuisine, poussé par la curiosité. Il se souvenait d’un temps, où Héra et lui n’avaient été ensemble que depuis peu de temps, quand il avait tout juste commencé sa vie de mercenaire, quand il acceptait toutes les offres qu’on lui proposait. À l’époque, il ne faisait pas autant la fine bouche et se contentait simplement d’avoir quelque chose à mettre dans son ventre.

Ses goûts plus raffinés n’arrivèrent qu’après être arrivé sur Skyfire Avenue. Ces trois dernières années, il avait noyé son chagrin et sa peine dans l’apprentissage du bon goût, il ne lui manquait qu’un peu de romance.

Et ainsi, voir Zhou Qianlin s’affairer dans la cuisiner lui provoquait une sensation étrange, qu’il ne parvenait pas à identifier.

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, lui et Héra n’avaient jamais cuisiné ensemble. Chacun était responsable de sa pitance.

Sans même tourner la tête, Zhou Qianlin lui dit : « Dégage. La cuisine n’est pas un endroit pour un homme. J’ai tout ce qu’il me faut. » Puis elle lui claqua la porte au nez.

Lan Jue retourna au salon en traînant des pieds, où il s’installa dans le canapé. À sa surprise, il se sentait de plus en plus dans l’expectative et excité. Ce qui était très proche de ce qu’il ressentait avant un repas du Gourmet.

Évidemment, cette sensation étrange persistait après l’excitation, et il n’avait pas ressenti cela depuis longtemps.

Si seulement c’était Héra, pensa-t-il, tout serait parfait. Une pensée traversa son esprit.

Dix minutes plus tard.

Il entendit un sifflement venir de la cuisine. Lan Jue, presque sans réfléchir, se dirigea immédiatement vers la porte de la cuisine pour voir ce qu’il se passait. Il l’ouvrit et jeta un œil à l’intérieur.

Il fut subitement frappé par une odeur puissante et appétissante, d’oignons crus et d’huile de cacahuètes. C’est de là que venait le son.

Zhou Qianlin en tablier, déposait délicatement des oignons ciselés dans une poêle. Elle remua doucement les légumes avec une cuillère en bois avant de répéter le processus avec une assiette de tomates pelées.

Le même sifflement, mais plus fort se produisit alors que de la vapeur d’eau s’échappait de la poêle. La hotte au-dessus aspira le tout en vrombissant. Les puissantes odeurs d’oignons et de tomates fraîches se mélangèrent dans l’air autour de lui.

Lan Jue inspira profondément par le nez. « Hmmm, ça sent bon ! »

Trop occupée à remuer le contenu de la poêle, Qianlin n’essaya pas, cette fois, de l’expulser. Quelques instants plus tard, elle rajouta quelques oignons de plus et continua.

« Ça fait beaucoup d’oignons. » Dit Lan Jue en posant un regard circonspect sur la préparation.

Elle hocha de la tête. « Ce n’est pas bon quand il n’y a pas assez d’oignons. Plus il y en a, mieux c’est. »

Elle touilla encore quelques instants, puis s’éloigna pour prendre une petite casserole à moitié pleine d’eau. Elle la mit sur une plaque, qu’elle alluma.

Les connaissances culinaires de Lan Jue lui revinrent à ce moment-là et il comprit ce qui se passait dans sa cuisine. Il aperçut les nouilles étalées sur la planche à découper. « Des nouilles roulées à la main ! Je suis impressionné, je ne savais pas que tu savais faire des nouilles. »

Zhou Qianlin roula des yeux en faux signe d’exaspération. « Il y a plein de choses que tu ne sais pas, dis donc ! »

Les tomates bouillirent jusqu’à former une pâte, elle ajouta alors de l’eau. Le tout fut porté à ébullition pour épaissir, puis salé. Ensuite, le feu fut baissé, et des œufs ajoutés. Tout cela fait, le contenu fut ajouté aux oignons frits.

Rouge, jaune et vert flottaient dans un bouillon rose. Une splendide sauce à la tomate, aux œufs et à l’oignon.

Avec une petite cuillère d’huile de sésame, la préparation fut terminée. Qianlin soupira de regret. « Dommage qu’il n’y ait pas de crevettes. Ça serait tellement meilleur avec. »

La deuxième casserole plus petite s’était mise à bouillir, et les nouilles cuisaient à l’intérieur. Elle versa de l’eau froide dedans et attendit que le tout se remette à bouillir. Elle répéta la manœuvre deux fois, puis éteignit le feu.

Deux bols, un grand, un petit, remplis de nouilles. Ils étaient recouverts d’une sauce rouge et aromatique. Un dîner simple mais bon.

Lan Jue regardait Qianlin travailler. Comme un nuage au-dessus d’une rivière, elle passait d’une action à l’autre avec une grâce naturelle. Mais aucun mouvement n’était perdu, aucune redondance. Beau et efficace. Le temps que les plats soient servis à table, la cuisine était rangée.

Elle tendit une paire de baguettes à Lan Jue, et remarqua la surprise sur son visage. « Qu’est-ce que tu regardes ? Mange. »

« Oh. » Il baissa la tête pour regarder son bol. Il avala sa salive une fois, avant d’attaquer.

Les nouilles roulées à la main avaient une texture que les machines ne pouvaient pas imiter. Couplé avec l’épaisse sauce tomate-oignon-œuf, c’était succulent. Qianlin n’avait mangé que quelques nouilles quand Lan Jue finit sa portion. Il ne restait même pas de trace de la sauce.

Elle fronça les sourcils. « Mange moins vite. Les nouilles sont faciles à digérer, mais tu vas quand même avoir le hoquet. »

Lan Jue s’essuya la bouche sur une serviette. « Mph, délicieux. Je ne savais pas que tu étais aussi douée. Tu devrais venir sur l’Avenue, et voler le travail du Gourmet. »

Qianlin versa la moitié du contenu de son bol dans le sien. « Tu as encore l’air d’avoir faim. Si ça ne te suffit toujours pas, je ne sais pas quoi te dire. Il n’y a plus ni de tomates, ni d’œufs. »

Sa générosité surpris Lan Jue. Il regarda son bol, puis elle, puis son bol à nouveau. Elle était trop occupée à manger pour le remarquer.

Lan Jue mangea sans ajouter un mot de remerciement, ou pour la complimenter. Il prit son temps avec sa nourriture, et quand il eut fini, Qianlin aussi.

Elle prit les bols et les ramena dans la cuisine.

Lan Jue s’assit confortablement dans sa chaise, sans bouger de sa position à la table à manger. Ses yeux reflétaient son appréciation.

Quand elle eut lavé et rangé les bols, Qianlin sortit de la cuisine. « Très bien, il est temps de rentrer. »

« D’accord ! » Dit Lan Jue en se levant.

Ils sortirent de l’arrière-boutique pour trouver le magasin encore ouvert. Xiuxiu et Ke’er s’en occupaient. Xiuxiu ouvrit la bouche en les voyant quitter les appartements. « Ah, boss. Vous sortez tous les deux ? »

Lan Jue acquiesça de la tête. « Je la ramène chez elle. Je serai de retour un peu plus tard. »

« Faites attention sur la route, » proposa Xiuxiu.

Ding ding ding ! Lan Jue et Zhou Qianlin disparurent. Ce faisant, l’expression plaisante de Xiuxiu aussi, et ses yeux regardèrent dans le vague.

Ke’er lui chuchota : « Je suis sûr qu’il sait ce qu’il fait. »

Le visage de Xiuxiu revint à la normale. Elle secoua la tête. « Je vais bien. Ce qu’ils font ensemble ne nous regarde pas ! De toute façon, c’est l’heure de la fermeture. »

ζ

Lan Jue arrêta son vélo, et regarda la silhouette de Qianlin disparaître en montant le chemin de la montagne. Aucun d’eux n’avait prononcé un mot tout au long du trajet, choisissant de respecter ce silence confortable. Il n’y avait aucune pression pour parler. Juste cette sensation étrange et familière.

ζ

Université Nationale de l’Est

Aujourd’hui était le jour du concert caritatif de Poséidon pour son album Les Sons de la Nature. Les étudiants arrivés en avance pour les cours furent surpris de voir leur école transformée en un océan bleu saphir.

Des centaines de milliers de ne-m’oublies-pas d’un bleu vif avaient été accrochés dans tous les coins de l’université. À l’exception des chemins qui menaient en cours, le moindre espace disponible était recouvert de fleurs.

Le doux parfum des fleurs, et cet apaisant manteau de bleu, apportaient paix et sérénité à tous ceux qui entraient dans l’université.

Même aussi tôt, les portes de l’université étaient bouchées par des gens. Des douzaines de reporters venus des trois alliances étaient là, leurs véhicules rétrécissant le chemin de l’école et bloquant la circulation. Bien sûr, des policiers de l’Est étaient aussi là pour maintenir l’ordre.

En fait, la police et le service de sécurité de Gobi étaient présents. Ils passaient la plupart de leur temps à maintenir les reporters à l’écart. Le concert était prévu pour deux heures de l’après-midi, et seuls les étudiants avaient la permission d’entrer avant treize heures.

Quelques journalistes essayèrent de passer en se déguisant en élève, mais aucun ne trompa les gardes vigilants.

L’excitation ambiante était clairement palpable, mais il y avait quelque chose d’autre en plus dans l’air. De ce qu’en savaient les médias, le concert devait avoir lieu dans l’énorme auditorium de l’école. Mais à part ça, ils n’avaient aucune idée de ce à quoi s’attendre. Le département des relations média de Gobi faisait bien son travail.

« Regarde ce siège. Il y a un sacré nombre de gens. » Lan Jue arrêta son vélo au coin et regarda la cohue pendant que Qianlin descendait. Une étrange et agréable découverte fut que Richard ne semblait pas avoir pointé le bout de son nez depuis leur dernière confrontation deux jours auparavant.

« Ouais ! » Dit Qianlin en regardant la foule. « Je ne l’ai jamais vu aussi encombré. Gobi n’est pas une petite entreprise. Bien sûr, il faut aussi prendre en compte que c’est un concert à but caritatif, mais c’est bien. »

Le visage de Lan Jue arbora un sourire moqueur. « On dirait que tu n’es pas fan de Poséidon. »

Elle secoua la tête. « Jamais vraiment été pour les idoles. »

Lan Jue valida d’un pouce en l’air. « Tu as bon goût. »

« Quel est le rapport avec le goût ? » Demanda-t-elle. « De toute façon, j’y vais en première. » Elle n’attendit pas de réponse, et se contenta de jeter son sac sur ses épaules et de partir vers l’école.

Lan Jue attendit qu’une centaine de mètres les séparent avant de pousser son vélo vers l’entrée du campus.

Zhou Qianlin fut attrapée par un groupe de reporters qui l’entourèrent et la pressèrent de questions avant qu’elle n’arrive à s’échapper dans l’enceinte de l’école.

Lan Jue ne pouvait que regarder et se taper le front. C’était vraiment une corvée d’être aussi belle. Qu’importe le temps et le lieu, vous attirez l’attention. Lan Jue se dit qu’il pourrait lui suggérer de mettre un masque en sortant de chez elle, comme Hua Li.

Il poussa son vélo dans la foule sans problème, l’utilisant comme une arme pour se frayer un chemin jusqu’à être libéré.

« Mesdames et messieurs des médias. Veuillez ne pas harceler nos élèves qui essaient d’aller en classe. Si vous continuez à poser problème, je formaliserai une requête auprès de l’école qui vous refusera l’entrée au concert cet après-midi. » Sa voix, imbibée de discipline, trancha dans le brouhaha et capta l’attention de tout le monde.

Lan Jue en profita pour faire entrer Zhou Qianlin dans le campus en toute sécurité.

Cet article comporte 2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
error: Contenu protégé
Back To Top