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Chapitre 168 – Contrôle intégral

Traducteur en Français : Arpakshaad
Editrice & Checkeuse : Miss X

Chapitre 168 - Contrôle intégral

La Couturière chanta : « Faire des habits c’est mon passe-temps, et pour les gens comme moi, on n’aime pas en faire pour n’importe qui. Non, on préfère le faire pour les gens avec le bon physique. Ce sont eux, nos clients les plus appréciés. Pour un bon tailleur, une tenue n’est jamais aussi réussie que pour la personne qui la porte. Donc pour toi, je pense à une robe de soirée, et une robe d’été. Quelle couleur préfères-tu ? »

Zhou Qianlin réfléchit un moment. « Hmm… du blanc ? »

Le sourire de la Couturière était rayonnant. « Excellent. Le blanc te va à merveille. Il va bien avec ta peau claire, et fait ressortir tes yeux bleus et tes cheveux noirs. Je ne pense pas qu’il y aura besoin de trop de décorations ou d’artifices non plus : juste quelques ajustements pour accentuer tes formes. Tu es déjà vraiment très belle, tu sais. Et rien de trop extravagant, ça effacerait certains de tes atouts naturels. Ca volerait la scène, chérie. Un peu redondant, non ? Plus ce sera simple, mieux ce sera, je pense, oui. »

« Je vous fais confiance, » proposa Qianlin.

La Couturière continua de bavarder en prenant les mesures de Qianlin. Elle baissa la voix et dit : « Tu ne trouves pas ça bizarre que le Pilote soit resté pour attendre le Maître des Joyaux ? »

Zhou Qianlin acquiesça d’un signe de tête.

La Couturière poursuivit son travail et ses commérages : « En fait, cette boutique ne m’appartient pas complètement ; Le Pilote en possède une partie. Ce qui fait de lui le propriétaire et le manager, en partie, ma chérie. Il adore les costumes, tu sais, il est obsédé, au point où le profit de notre boutique ne suffit pas à couvrir ses demandes. Il aime aussi fumer un cigare et boire ici. Lui et le Maître des Joyaux sont de vieux compagnons de bouteille. Quand, il y a deux jours, il a entendu que le Maître des Joyaux passerait, il a décidé de rester pour parler avec lui. Les hommes, ma chérie : ils ne font que fumer, fumer, boire, boire et boire. J’ai même fini par apprécier ces effluves. »

La voix de Lan Jue leur parvint de l’autre côté du rideau. « … Talisker 1985 du fût original en troisième bouteille. C’est un vieux, et j’aime son goût fumé… »

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« Très bien, alors versons un peu plus de celui-là. » Ils entendirent le Pilote rire au son d’une troisième bouteille débouchée. « Et qu’est-ce qu’on prend après, hein ? Quel ordre proposez-vous ? »

« De plus en plus fort, évidemment. » Explique Lan Jue. « Le Bowmore serait bien, et le dernier, je pense. Un goût fort, bon et sans arrière-goût de fluide désinfectant. J’ai d’autres choses à faire aujourd’hui, donc je vais devoir m’arrêter là. »

« Très bien ! »

Une demi-heure plus tard, le Pilote et la Couturière se tenaient sur le pas de la porte, saluant Lan Jue et son invitée.

« Soyez tranquille, nous reviendrons, » dit Lan Jue, saluant joyeusement de la main les deux derrière lui. »

Le Pilote poussa un petit rire. « Nous vous attendrons. La prochaine fois, pas de limite, j’aurai dix bouteilles de whisky en attente. »

Lan Jue répondit d’un profond rire. « Quelques bouteilles de plus de quarante ans suffiront. Le Dalmore de l’autre fois était pas mal, si je me souviens bien. Celui avec les hanses sur l’étiquette. Retrouvez-nous celle-là. »

L’expression du Pilote changea du tout au tout. « Pas étonnant que le Maître des Vins déteste vous inviter. Vous êtes un bel enfoiré ! À toujours choisir les bouteilles les plus chères ! »

Lan Jue arborait un sourire narquois. « Soyez heureux que je ne demande pas le whisky du 60ème couronnement. Vous pourriez faire la course pendant des années, et ne toujours pas avoir assez d’argent pour vous en payer une seule. Tellement bon. »

« Allez-vous en ! Vous me faîtes peur. » Le Pilote attrapa la Couturière et la tira à l’intérieur. Il semblait avoir changé d’avis quant à inviter Lan Jue une prochaine fois.

« Ahaha ! » Le rire léger de Lan Jue ricochait le long de l’avenue pendant qu’il ramenait Qianlin à la boutique.

Il alla directement à l’arrière, Qianlin sur les talons, sous le regard curieux de Xiuxiu et de Ke’er.

La porte fermée, Qianlin posa un regard sceptique sur son hôte. « Tu m’as ramenée ici pour un contrôle intégral ? »

Lan Jue haussa les épaules. « Ouaip, je vais juste faire un petit test rapide. Tu préfères le faire autre part ? »

Qianlin était presque sans voix, mais répondit quand même. « Très bien, commençons. Après, il sera temps pour moi de rentrer. »

« D’accord, alors mets-toi en tailleur sur le lit. » Indiqua Lan Jue.

« Le lit ? » Ses yeux passèrent sur le mobilier, ses joues rougissant petit à petit.

Lan Jue finit par comprendre le sous-entendu, et se dépêcha de se défendre. « Désolé, non, ce n’est pas ce que je veux dire. Comprends bien ! »

Zhou Qianlin roula les yeux en l’air, puis s’assit dans le canapé. « Là. »

Elle s’y assit en tailleur, le dos parfaitement droit. Lan Jue s’assit à côté d’elle, d’où il pouvait voir son cou parfait qui dessinait une fine ligne jusque dans son dos. Son regard poursuivit sa course jusqu’au creux de son dos.

Sa dépression avait suffi à tarir tout intérêt qu’il aurait pu avoir pour une femme, toute émotion possible. Mais depuis qu’il avait rencontré Qianlin, il n’arrivait plus tout à fait à se défaire de ces sentiments. En fait, à chaque fois qu’ils se voyaient, il devait faire attention à ne pas trop la regarder. Il avait peur de s’oublier, et d’imaginer qu’elle était Héra.

Zhou Qianlin attendit sans bouger pour ce qui lui sembla être une éternité. Elle finit par tourner la tête et le voir hébété.

Quand Lan Jue rencontra ces yeux bleu-ciel, il se secoua de sa torpeur. Il s’assit en tailleur derrière elle, et avança ses mains vers son dos.

Il s’arrêta un instant, et prit une profonde inspiration. Il prit le temps de calmer le chaos dans son cœur, avant de poser ses paumes sur elle.

Même à travers les habits, il pouvait sentir à quel point sa peau était douce. Il fit une nouvelle pause et prit une nouvelle inspiration pour calmer son cœur et lentement, doucement, étendit sa Discipline vers elle.

La gemme d’appel d’esprit sur sa poitrine se réchauffa.

« Détends-toi. »

« Hm. »

En fait, Lan Jue l’avait déjà testée une fois, quand il s’était introduit chez elle. Cette fois, c’était surtout pour pouvoir vérifier, et se rappeler.

Après quelques instants, Lan Jue retira ses mains. « J’en suis sûr, tu n’étais pas malade. C’étaient les symptômes du réveil de ta Discipline. »

« Du réveil de ma Discipline ? » Zhou Qianlin se leva d’un bond. « Je n’y connais pas grand-chose des Adeptes, mais je ne suis pas trop vieille pour avoir une Discipline qui se réveille ? »

« Ce n’est pas impossible, » affirma Lan Jue, « juste très rare. Étrangement, par contre, je n’arrive pas à identifier précisément ta Discipline. Mais quoi qu’il en soit, c’est une bonne chose. Ça veut dire que ta Discipline ne sera pas particulièrement puissante. Mais elle améliorera ton corps. Veux-tu que je t’aide avec ta cultivation ? »

Elle lui lança un regard de côté. « Du moment que ça n’empiète pas sur tes devoirs de garde du corps, pourquoi pas. »

Ce fut au tour de Lan Jue de lever les yeux au ciel. « Tu me prends vraiment pour quelqu’un comme ça ? »

Zhou Qianlin retrouva son sourire moqueur. « Qui sait ? »

Lan Jue pouvait le sentir. Il y avait quelque chose d’inexplicable, un sentiment qui s’éveillait en lui à chaque fois qu’ils étaient ensemble. Il y avait une monde entre quand ils étaient fâchés, et la période de paix actuelle.

« Très bien, je vais t’apprendre. On va commencer avec quelques techniques de méditation. Entraîne-toi tous les jours quand tu rentres, et tu commenceras lentement à sentir les changements dans ton corps. Plus tard, quand tu auras l’impression qu’il y aura eu des changements significatifs, tu me le diras, et on ajustera ton rythme de cultivation. »

Ils passèrent les quelques moments d’après à voir les fondamentaux. C’était une fille intelligente, Lan Jue n’avait besoin de l’expliquer que deux fois avant qu’elle ne le maîtrise. Ils s’entrainèrent ensemble quelques fois avant qu’elle ne trouve son centre, puis il la laissa méditer pendant une heure, avant de la ramener au présent.

« Il est l’heure de rentrer, » dit-elle en clignant des yeux.

Lan Jue hésita. « Est-ce que tu veux manger quelque chose ? »

Qianlin le regarda. « Si c’est aussi bon que la dernière fois, carrément. » Elle faisait évidemment référence au thon rouge qu’elle avait dégusté chez le Gourmet plusieurs jours auparavant.

Lan Jue haussa les épaules de dépit. « Malheureusement, non. Comparé au Gourmet, je ne mérite même pas d’être appelé un amateur. Les choses simples suffisent. Il fait déjà nuit, tu n’as pas faim ? »

« Qu’est-ce qu’on mange ? »

« Ce que tu veux. »

« C’est toi qui cuisine ? »

« Quoi, » rétorqua Lan Jue, « j’ai une tête à savoir cuisiner ? »

Qianlin hocha la tête sans hésitation. « Tu as raison, tu ne l’as pas. Je ne vais pas me faire empoisonner ? »

Le visage de Lan Jue se crispa. « Je n’ai pas besoin. J’ai plutôt envie de t’étrangler, alors qu’est-ce qu’on fait ? »

« Essaie un peu, pour voir ! » Défia Qianlin tout sourire.

Lan Jue leva les bras comme pour l’étrangler, mais s’arrêta à quelques centimètres, battu. Il piétina jusqu’à la cuisine.

« Attends un peu, juste un petite minute. Ce ne sera probablement pas délicieux, mais ça ne te tuera pas. »

Qianlin se couvrit la bouche en rigolant, l’ignorant et trottant vers la cuisine.

« Qu’est-ce que t’as là ? » Elle s’appuya sur le cadre de la porte, regardant dans la petite salle.

Lan Jue montra le réfrigérateur du doigt.

Elle se faufila à l’intérieur et ouvrit la porte. Elle grimaça face au contenu avant de parler. « Eh bien, au moins, on est sûr que tu n’as pas de rats. »

« Pourquoi ? » grogna Lan Jue en tirant un pot d’un placard.

« Il crèverait probablement de faim. » Marmonna-t-elle.

Lan Jue se rapprocha, et comme prévu, plus de quatre-vingt pour-cent de son frigo était vide. Quelques œufs, quelques boissons, et une tomate. C’était à peu près tout.

« Eeuhm… Et si on sortait manger quelque chose, hein ? Rien ne sort de rien, non ? » Il étendit les bras et haussa les épaules de dépit. Il n’allait pas souvent faire les courses, c’était en fait la responsabilité de Xiuxiu. Il n’était pas souvent resté à la maison ces derniers temps, il était donc normal qu’il n’y ait pas grand-chose.

« T’as des nouilles ? Des épices ? »

Lan Jue grimaça. « Je… en fait je n’en ai aucune idée. Mais ! Quand je suis allé sur Taihua, je pensais que nous allions manger pas mal de choses, du coup j’ai vraiment acheté plein d’épices. Regarde. »

Il fit un mouvement du bras, et dans un grand flash argenté, une pile de choses apparut sur la table. La lumière et les items étaient apparus de la Promesse de Thor.

Il était content de voir qu’il n’avait pas que des épices normales, mais quelques-unes plus exotiques aussi. Toutes étaient fraîches et prêtes, grâce aux capacités du stockage inter-dimensionnel.

« Je crois que j’ai des nouilles, » dit-il avant de sortir un paquet d’un placard.

« On n’a pas besoin de sortir pour manger. Tu n’as qu’à sortir d’ici et attendre un peu. » Zhou Qianlin remonta ses manches, puis poussa Lan Jue hors de la cuisine.

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