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Chapitre 164 – Je ne suis que le Gourmet

Traducteur en Français : Arpakshaad
Editrice & Checkeuse : Miss X

Chapitre 164 - Je ne suis que le Gourmet

« Hein? » crièrent Hua Li et Lan Jue à l’unisson.

Chu Cheng hocha de la tête, signalant qu’il comprenait leur stupeur. « Vous m’avez compris. Elle était de la même famille que le Prince des Démons. De plus, ses pouvoirs étaient aussi purs que les siens. C’était la fille de Satan. »

Lan Jue le regarda la bouche béante. « L’amante de ton oncle a dû être particulièrement en danger quand ton grand-père a dû l’apprendre. »

Chu Cheng soupira. « Qu’est-ce que tu crois ?! Grand-père était furieux. Il a dû penser qu’elle était là pour nous espionner, envoyée par Satan. Il a voulu la tuer sur le coup : pour lui, il était impensable de la laisser vivre. À ce moment-là, mon oncle était fou amoureux d’elle. Il aurait risqué sa vie pour elle, et il l’a fait… En levant la main sur père. Si mon oncle avait choisi d’y aller à pleine puissance, même grand-père n’aurait rien pu faire. Mais mon oncle se concentra uniquement sur la défense, protégeant la fille en tentant de s’échapper. Au final, ils parvinrent à s’enfuir, mais pas sans souffrir de sérieuses blessures. »

« Grand-père tomba en dépression. La famille entière était en panique. Ils durent se réfugier sous la protection de l’armée du Nord. Après ce jour, mon oncle ne rentra qu’une fois à la maison. Les yeux rouges, il demanda à Grand-père pourquoi il avait essayé de la tuer. J’étais là, avec mon père et mon grand-père, quand il demanda, et nous l’avons tous regardé avec surprise. Sans autre explication ou discussion, Grand-père l’expulsa. Depuis ce jour, mon oncle n’est jamais rentré. Je n’aurais jamais pensé, que douze ans plus tard, je l’aurais retrouvé sur Skyfire Avenue. »

« Et c’est tout ce que je sais. Je n’ai jamais entendu parler de ce qui s’est passé après. Même si, une fois, quand je suis allé voir grand-père, il m’a dit qu’il n’avait jamais envoyé qui que ce soit tuer la fille. Il avait uniquement envoyé des gens les trouver, mais aucun n’était revenu avec des informations utiles. Il tomba malade après ça, et laissa les rennes de la famille à mon père. Il vit reclus depuis. »

Hua Li posa sur lui un regard étrange. « Ça expliquerai ta nature de Dom Juan. Si tu traites les femmes comme des objets, ton père n’aura pas peur que tu finisses comme ton oncle, non ? »

Chu Cheng haussa les épaules. « C’est une explication comme une autre, je suppose. De ce point de vue-là, la famille n’a jamais essayée de me contrôler. Et personne ne m’a mis trop de pression. La seule condition est que je ne quitte pas le Nord trop souvent. Puisque nous sommes sous protection, la Tour Noire n’oserait jamais venir dans le Nord et causer des problèmes. Ils savent probablement où je suis, de toute façon, mais me prendre de front n’est pas une mince affaire. Et puis, Satan a été assez absent ces quelques dernières années. On ne sait pas s’il s’entraîne ou s’il fait autre chose. »

Le front de Lan Jue se plissa à la nouvelle. «  Je ne savais pas que le Gourmet avait une telle histoire. C’est tellement triste ! » Après avoir entendu Chu Cheng raconter l’histoire, Lan Jue compatissait avec le cuisinier de l’Avenue. Le Gourmet pensait peut-être la même chose.

Chu Cheng poursuivit. « C’est une information que je dois rapporter à la famille, A-Jue. Y aura-t-il un quelconque impact pour toi ? »

Lan Jue resta quelques instants en silence. « Laisse-moi un peu de temps. Il faut que je lui demande. »

Après un instant de réflexion, Chu Cheng répondit : «  Donne-moi une réponse avant demain. Ça concerne notre lignée. Je sais que mon père veut juste qu’il rentre, donc… »

Ding ding ging ! Le tintement familier de la cloche de la porte d’entrée de la joaillerie interrompit la discussion. Un Gourmet mécontent entra.

Les trois jeunes hommes se levèrent à son entrée.

Le Gourmet ignora les autres. Il fixa Chu Cheng d’un regard froid en parlant. « Dis-leur que je ne rentrerai pas. Je n’ai aucun lien avec la famille Chu. Je n’ai aucun intérêt même à te voir, ou aucun autre membre de la famille Chu. Sinon, vous ne pourrez pas me blâmer pour mes actions. À partir de maintenant, pour vous, je ne suis que le Gourmet de Skyfire Avenue. »

Cela dit, l’homme mûr se retourna et sortit. Ding ding ding !

Au son clair de la cloche qui résonnait encore dans le magasin, Hua Li et Lan Jue tournèrent silencieusement leurs regards vers Chu Cheng.

Le jeune membre de la famille Chu ne semblait pas très troublé par l’échange. En vérité, il s’était attendu à ce résultat : « J’avais deviné que c’était ce qui allait se passer. Eh bien, au moins on sait où il est allé. Au moins, il est vivant. »

« Tu prévois de lui fournir une explication de la part de ta famille ? » Demanda Lan Jue.

Chu Cheng poussa un petit rire amer. « T’as vu comment il était. Tu crois vraiment qu’il est prêt à écouter la moindre explication venant de moi ? »

ζ

Tôt dans la matinée, Lan Jue pédalait vers le pied de la montagne. Il envoya un petit message via sa gemme d’appel d’esprit, puis attendit tranquillement à l’ombre des arbres.

Chu Cheng était allé rejoindre Hua Li, soi-disant pour regarder la répétition.

Bientôt, Lan Jue put apercevoir Zhou Qianlin descendre la montagne en uniforme. Son joli visage était encore pâle, mais contrairement à quand il était parti pour Taihua, elle arborait un sourire sur les lèvres. Elle semblait de bonne humeur.

« Qu’est-ce qui te met de si bonne humeur ? » Appela Lan Jue, un souriant lui aussi.

« Devine, » dit-elle.

« Euh…, comment je suis supposé deviner ? Très bien, est-ce que c’est parce que l’autre, là, n’est plus en train de te tourner autour ? » Il parlait de Richard, bien sûr.

« J’étais malade, du coup je suis restée quelques jours à la maison. » Dit-elle. « Il ne sait pas quand je vais revenir à l’école. Quelques jours de silence, et il est parti. »

Lan Jue haussa les épaules. « C’est bien ça. Ça veut dire plus de voyage inutile dans les bosquets. »

« Quoi ? »

Lan Jue poussa un petit rire. « Rien. C’est un truc entre nous. Mon problème, en tant que ton garde du corps. Ne vous inquiétez pas pour ça, jeune demoiselle. »

Zhou Qianlin lui lança un regard énervé. « Tu connais mon nom. »

Lan Jue tourna sa tête en arrière. « Allons-y. Je ne voudrais pas être en retard. »

« Ok. » Elle sauta à l’arrière du vélo. Sa main droite entoura naturellement ses hanches.

Lan Jue fut surpris, de ce changement de comportement, mais pédala sans mettre le doigt dessus.

« Qianlin. »

« Hm ? »

« Ces derniers jours, où tu t’es sentie mal, est-ce que quelque chose a eu l’air… différent ? »

« En fait oui, » dit-elle. « J’ai l’impression d’avoir quelque chose de plus maintenant. Je ne sais pas. »

Lan Jue hocha de la tête. « Tu me laisserais vérifier plus tard ? »

Zhou Qianlin resta silencieuse.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » Demanda-t-il.

Elle répondit doucement : « J’ai vu quelque part dans un film que les hommes qui parlent comme ça aux filles sont mauvais. Qu’ils ont de mauvaises intentions. »

Le vélo trembla dangereusement, et Zhou Qianlin se rattrapa vivement en s’agrippant à lui. « Qu’est-ce que tu fais ?! »

Lan Jue étouffa un rire. « Tu crois que je suis ce genre de personne ? Tu crois que j’ai aussi peu de considération pour toi ? »

Il regretta ses mots à l’instant où ils sortirent de sa bouche. Des flashs de leur rencontre couraient dans son esprit.

L’étrange silence qui suivit dura une bonne demi-minute. « Très bien, » finit par répondre Qianlin.

« Hein ? » Lan Jue tourna la tête pour la regarder.

Elle lui renvoya son regard. « N’as-tu pas dit que tu m’aiderais à vérifier ? Du coup j’ai dit oui. »

Lan Jue sourit. « Après tes cours, on rentrera chez moi. Je suis tombé sur la Couturière hier, et elle m’a demandé quand est-ce que je te ramènerais pour te faire faire des habits. Elle a dit qu’elle était excitée de travailler avec toi. »

Zhou Qianlin semblait vouloir dire quelque chose, mais choisit de rester silencieuse. Elle se contenta d’un hochement de tête.

Depuis qu’il avait commencé à récupérer Zhou Qianlin, les compétences de Lan Jue à vélo avaient nettement augmenté. Le portail de l’université apparut en un rien de temps.

Ils approchaient de leur coin habituel quand une masse noire les dépassa en rugissant. Elle allait tellement vite qu’elle laissa une puissante traînée de vents derrière elle. La bourrasque faillit pousser Lan Jue hors de la route.

Il lutta de toutes ses forces pour garder le contrôle du vélo. Il n’y avait pas de risque que Qianlin soit éjectée du vélo, mais elle poussa quand même un cri de surprise.

Tous deux tirèrent la grimace en regardant la masse sombre. Ils la virent s’arrêter devant les portes de l’université. C’était un vaisseau blanc, dont le bas ondulait étrangement, comme les vagues de la mer. Cela donnait l’illusion que le vaisseau flottait doucement sur l’eau.

« L’Université de Lir ? » Murmura Qianlin inconsciemment.

Lan Jue arrêta le vélo. « Ils sont aussi arrogants que ça ? Ça ne donne pas une bonne image de l’école de rouler aussi vite en ville. »

Zhou Qianlin acquiesça d’un hochement de tête. « L’Université de Lir est classée dans le top cinq des écoles de pilotage de méchas. Ils ont forcément des bons pilotes. Sans compter leurs relations avec l’armée. Du coup, ils se comportent un peu comme des paons. »

Lan Jue intervint. « J’ai entendu dire qu’ils venaient pour une compétition, c’est vrai ? Eux sont diplômés en pilotage et nous en recherche. Sur quoi peut bien porter la compétition ? »

« Le pilotage, évidemment, » dit Qianlin. « Ils sont évidemment là pour crâner. »

Lan Jue soupira de dédain. « Je suppose que c’est tant mieux que tu ne sois pas une pilote. Je te laisse y aller, si t’as besoin de quoique ce soit, t’as la gemme d’appel d’esprit. »

« D’accord. » Qianlin se dirigea vers les portes de l’université.

Lan Jue poussa son vélo derrière elle, la suivant à une distance raisonnable.

Le vaisseau qui avait amené les ‘diplomates’ de l’Université de Lir n’avait pas eu la permission d’entrer dans l’école. Juste devant le portail, ses portes s’ouvrirent et de nombreux élèves sortirent en uniforme bleu. Au milieu se trouvaient des passagers plus vieux : sûrement les professeurs.

L’UNE avait déjà préparé une délégation pour recevoir leurs invités. Il y avait, évidemment, le Directeur de l’Enseignement, Wu Junyi. Une vingtaine d’autres personnes étaient avec lui, des hauts responsables de l’université.

Avec leur arrivée fracassante, l’entrée de l’école était bouchée. Qianlin s’approcha autant qu’elle put, mais dut finalement s’arrêter.

Lan Jue les regardait aussi, mais garda une posture naturelle et détendue en s’approchant. Pour lui, il était capital que personne ne se rende compte qu’il escortait Zhou Qianlin.

« Ah, Directeur Shi ! Bienvenue, ça fait longtemps ! » Les salutations de Wu Junyi étaient agréables et polies, mais l’expression sur son visage était sérieuse.

L’homme à qui il parlait devait avoir le même âge, mais était plus grand. Il portait un costard turquoise bien ajusté qui accentuait sa coupe de cheveux gominée. Il tendit la main pour serrer celle de Wu Junyi, arborant un petit sourire. « Ça fait vraiment longtemps ! Une année entière. On commençait à se demander si nous n’étions plus les bienvenus ici. »

Directeur Wu rit de bon cœur. « Bien sûr que si. »

Directeur Shi continua. « C’est parfait. Cette année, nous sommes venus bien préparés, et j’ai hâte de vous montrer les compétences de nos professeurs et de nos élèves. »

L’expression de Wu Junyi commença à déraper. Il ouvrit un passage, et invita ses hôtes d’un geste du bras.

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