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Chapitre 155 – Un Concert caritatif

Traducteur en Français : Arpakshaad
Editrice & Checkeuse : Miss X

Chapitre 155 - Un Concert caritatif

Le Maître des Vins explosa de rire. Il leva la main droite et, d’un petit mouvement de la main, un verre en cristal apparut sur la table devant Lan Jue. Il semblait fait main, d’une qualité rare et sophistiquée.

Le Maître des Vins leva la bouteille. Il la pencha au-dessus du verre jusqu’à verser deux doigts de vin.

Lan Jue regarda, les yeux brillants. « C’est donc ça ma récompense pour avoir capitulé ? »

« Tout à fait. »

Lan Jue leva le verre et fit tournoyer son contenu, regardant le riche liquide rouge se balancer dans le sens des aiguilles d’une montre. Il baissa le bras et renifla. « Très bon. J’aime assez le Leoville Las Cases. Il mérite grandement son titre de meilleur Bordeaux Super Second. »

« Quelle année, d’après vous ? » Testa tranquillement le Maître des Vins.

Lan Jue prit une petite gorgée, remuant le liquide dans sa bouche. Le vin fort roula, recouvrant les côtés et le bout de sa langue, puis passa la base avant de tomber dans son gosier.

Lan Jue hésita et des rides apparurent sur son front. « Le Leoville est l’un des Bordeaux les plus constants au fil des années. Ils sont tous très bons, il en vient donc à déterminer lesquels sont exquis, et lesquels ne sont pas aussi merveilleux. Mais celui-ci semble… Ennuyant, fade. Peu d’arrière goût. Je n’arrive pas à donner d’année spécifique, mais ça doit venir des soixante-dix. Les Soixante-dix étaient les pires années pour les Bordeaux. Seules les bouteilles de 1970 et 75 sont acceptables. Ce vin n’en fait pas partie. Donc l’une des huit autres années. Vous êtes vraiment radin ! C’est clairement un des moins bons Leoville qui existent. On pourrait même le comparer à un vin de village. »

Le Maître des Vins frappa dans ses mains, en signe d’approbation. « Bien. Votre analyse est très bonne. Mais vous êtes ici à boire mon vin, alors qu’y a-t-il à reprocher . Cette bouteille particulière est de 1972. Elle n’avait pas été bien stockée, et était donc sur le point de tourner. Je me suis dit que si on ne la buvait pas maintenant, nous ne le ferions jamais. Les vieux vins ont leur propres arômes, vous pouvez prendre une plus grande gorgée. »

Lan Jue sourit. « Il vaut certainement mieux boire que de ne pas boire. Donc, à part cette affaire avec les Parangons de l’Ouest, où en sommes-nous de votre recherche des Trois Maîtres ? »

« Attendez quelques jours après la visite du Château. Je suis encore en train de collecter des informations. Nous attendons que le Clairvoyant trouve quelque chose aussi. Il va probablement y avoir quelques petits problèmes, mais le succès sera accompagné de grands bénéfices. J’espère vraiment que la qualité et les compétences de ces maîtres auront été préservées après toutes ces années. »

Lan Jue hocha de la tête. « J’ai mes doutes, à vrai dire. Ce ne sont pas des maîtres, mais leurs produits. Et nous, quels problèmes pouvons-nous rencontrer ? Ce sont des vignerons, non ? Pas des Adeptes puissants. »

« Nous ne les avons jamais rencontrés, qui sait comment ils sont ? Au final, je fais confiance aux visions du Clairvoyant. Comme récemment avec vous, ses visions nous disaient que la situation serait plus menaçante que dangereuse. Mais il sait ce qu’il en est, et comment tout peut changer. La destinée d’une personne peut changer au fil de la marche inexorable du temps. À la fin, nous ne pouvons qu’y faire face avec énergie et positivité. »

Le Maître des Vins fit alors une pause, et poussa un petit rire. « Il ne reste plus grand chose au royaume de la ‘curiosité’ qui retienne mon attention. Mais ça, chercher les Maîtres et leur descendance, ça a toujours été un de mes rêves. À chaque fois que j’y pense, que je pense à poursuivre ce rêve, je deviens plus excité que je ne l’ai été depuis longtemps. Et plus nous nous rapprochons, plus j’ai l’impression que les maîtres sont encore parmi nous. »

« Quoi ? » Lan Jue se leva précipitamment, renversant presque le verre en cristal devant lui.

« C’est impossible. Les Trois Maîtres sont nés au vingtième siècle de l’Ancienne Ère. Dans les années trente, plus ou moins. Ça fait plus de deux cent ans, presque trois. Notre technologie génétique est mille fois plus avancée qu’elle ne l’était, et même aujourd’hui une personne ne vit qu’environ cent cinquante ans. Comment pourrait-il y avoir encore des Maîtres parmi nous ? »

Le Maître des Vins haussa les épaules. « Pour l’instant c’est une supposition, mais ça ne veut pas dire que c’est impossible. Laissez-moi vous demander, combien de temps vit un Parangon ? »

Lan Jue secoua la tête. « Je devrais vous demander. Je ne suis pas encore à ce niveau-là. Comment pourrais-je savoir ? »

« En vérité, c’est différent de Parangon en Parangon, en fonction de leur propre situation, » dit le Maître des Vins en réponse à sa propre question. « Mais je peux vous dire que si un Parangon faisait vraiment attention à sa survie, il pourrait utiliser ses propres pouvoirs protogéniques pour ralentir les problèmes liés à l’âge. Ce n’est pas impossible. »

« Nous ne pouvons pas ignorer cette possibilité. Cependant, ce ne sont que des conjectures. Il nous faudrait plus d’informations pour trouver la vérité. Du moins, j’ai votre attention, non ? »

Lan Jue poussa un petit rire. « J’ai été mercenaire. Il faut aimer l’aventure un minimum. Je n’arrive presque pas à attendre qu’on s’y mette. »

Le Maître des Vins hocha la tête. « Si tout se passe bien d’ici-là, nous pourrons partir dans un mois et demi. Et pour le problème entre vous et les Adeptes de l’Ouest, ne vous en faîtes pas. L’Avenue s’assurera que tout ira bien. S’ils veulent vraiment enterrer la hache de guerre, ils devront montrer une sincérité suffisante. »

Lan Jue poussa un petit rire avant de finir son verre d’un seul trait. « Je vous laisse donc le problème. Redonnez moi un peu de ce vin, deux doigts ne font que quelques gorgées. »

Le visage du Maître des Vins trahit une résignation contrariée. « Je ne sais pas pourquoi je ne vous ai jamais déclaré persona non grata comme je n’arrête pas de dire que je vais le faire. »

Beep beep beep ! Le communicateur de Lan Jue coupa court à la conversation.

Un message.

Venez dîner ce soir. Court et simple, mais il fit sourire Lan Jue.

Le Maître des Vins pointa le bout de son nez. « Le Gourmet ? »

Lan Jue releva la tête. « Comme le savez-vous ? »

Le vieil homme rit. « Bien sûr que je suis aussi invité. Il reste encore quelques heures avant la nuit, finissons ce verre, puis vous pourrez rentrer chez vous. » Il versa un verre à Lan Jue en parlant, mais un seul doigt cette fois.

Lan Jue tapa une réponse pendant que le Maître des Vins parlait.

Puis-je ramener deux autres personnes ?

Certainement.

Lan Jue but son verre en poussant un soupir. « Les vieux alcools ont leur amertume propre. Dommage que les Bordeaux de 70 soient de si mauvaises années. »

Le Maître des Vins le fusilla du regard. « Très bien, vous pouvez y aller. »

Lan Jue poussa un petit rire, puis reposa son verre avant de se diriger vers la sortie.

Il s’arrêta en sortant de la Cave Gothique et réfléchit à comment il allait passer les prochaines heures. Il finit par quitter son magasin en poussant la vieille bicyclette que lui avait donné le Gardien. Cela faisait plusieurs jours qu’il n’était pas allé à l’école, pensa-t-il, le voyage valait peut-être le coup.

Boire le Leoville du Maître des Vins avait réveillé le glouton en lui, et lui avait aussi donné une idée sur son prochain cours. L’alcool aussi était précieux ! La culture du vin était profonde et compliquée, que ce soient les rouges de l’Ouest, les blancs de l’Est ou les Whisky écossais, même un brandy. Il les aimait tous, et en connaissait un rayon sur chacun d’eux. Il était temps, pensait-il, d’apprendre aux enfants ce qu’il savait.

Lan Jue fut surpris en arrivant à l’école. Elle ne ressemblait pas du tout à ses souvenirs. La première chose qu’il vit d’assez loin était les bannières de trois mètres de haut collées au portail principal. Il connaissait trop bien la personne dessus.

En s’approchant, il distingua deux estrades construites à côté du portail. On pouvait lire clairement sur les bannières à côté : Concert Caritatif de Poséidon – Les Sons de la Nature

Un concert caritatif ? Lan Jue poussa un soupir méprisant en lisant. Mo Xiao avait décidément un truc pour la pub, pensa-t-il. Au début, ce devait être comme n’importe quel autre concert, mais c’était maintenant devenu un spectacle pour les victimes de Taihua. Avec une telle cause à supporter, le concert avait gagné quelque chose de spécial. Et ils gagnaient en réputation. C’était généreux de la part de Gobi d’ouvrir leur porte-feuille, mais les bénéfices pour Gobi n’étaient pas ridicules. C’était de l’excellente publicité.Ce n’était pas une surprise si l’entreprise voyait une croissance phénoménale depuis que Mo Xiao en avait prit les rênes.

Cela en tête, ses pensées revinrent à l’expression bizarre sur le visage de Hua Li le jour où ils s’étaient parlés. Lan Jue n’arrivait vraiment pas à comprendre pourquoi Hua Li ne tentait rien avec Mo Xiao. Elle était sublime, et talentueuse. La seule raison qu’il trouvait était que Hua Li devait être intimidé par son agressivité.

Mais s’il devait être honnête, Lan Jue devait avouer qu’il aurait réagi pareil dans la même situation. Une femme trop forte donnerait l’impression à l’homme d’être oppressé. Hua Li avait beaucoup de talent, et sa personnalité le reflétait.

Héra était encore la meilleure ! Son visage doux et joli flotta dans sa mémoire. Des visions de ce monde blanc passèrent derrière ses yeux, et sa voix mélodieuse résonna dans ses oreilles.

Ce serait tellement différent si elle avait survécu. J’aurais été avec elle pour toujours. Nous aurions été là, au pied du podium à regarder Hua Li. Puis nous serions allés manger un bon repas chez le Gourmet avant de finir avec une excellent bouteille de vin chez le Maître des Vins.

Les Sons de la Nature de Poséidon était partout, et son influence sur l’école fut encore plus évidente quand il poussa son vélo à l’intérieur.

Il y avait des posters sur tous les murs. Des estrades avaient été posées régulièrement avec des publicités. Il y avait même des flyers imprimés exprès pour l’occasion, et des boutiques souvenir. Il n’arrivait pas à deviner comment Gobi Entertainment avait réussi à faire accepter tout ça à l’université. Ils avaient littéralement pris le contrôle.

Lan Jue releva la tête et regarda les bannières flotter au vent. Hua Li le regardait de haut, debout tranquillement dans un costard noir. Ces traits inhabituels arboraient un sourire simple et captivant qui semblait rempli de la lumière du soleil. Même si ce n’était qu’une bannière, ses grands yeux bleus semblaient briller, faisant vibrer les cœurs. Les passants ne pouvaient que s’arrêter pour regarder en allant en cours.

« Ce mec ! » Lan Jue secoua la tête, incapable de cacher complètement sa critique.

Il entra le numéro de Hua Li dans son communicateur.

« A-Jue, ça va ? » Lui répondit la voix fatiguée de Hua Li à l’autre bout du fil.

« On dîne ensemble ce soir. Le Gourmet nous a invités. Où est A-Cheng ? »

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