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Chapitre 150 – Héra ?

Traducteur en Français : Arpakshaad
Editrice & Checkeuse : Miss X

Chapitre 150 - Héra ?

« Quel est cet endroit ? » Lan Jue cligna des yeux et regarda autour de lui.

C’était un monde blanc. Des volutes de blanc frais couvraient le sol sous lui. Le ciel avait une teinte de coquille d’œuf apaisante. Tout, tout autour de lui, était complètement blanc.

En regardant autour de lui, il fut frappé d’une sensation étrange : il ne pouvait pas se sentir. Il était là, mais en même temps, il n’était pas là. Comme s’il n’existait pas. Son moral chuta, car il savait qu’il était mort. L’esprit était capable de vivre entre le temps et l’espace. Un homme avec assez de volonté pouvait empêcher son âme de partir vers d’autres mondes. Était-ce la mort ? Devait-il rester là pour l’éternité ?

Alors qu’il commençait à déprimer, la brume autour de lui se matérialisa. Non loin de lui, une silhouette apparut dans le brouillard et s’approcha. Chaque pas apportait la clarté.

Une robe blanche et pure. Des cheveux longs et noirs et des yeux bleus étincelants. Un visage si beau qu’il faisait presque mal.

« Héra ! » Appela Lan Jue, et sans s’en rendre compte, il l’avait prise dans ses bras.

La jeune femme hésita, mais acquiesça rapidement et enveloppa ses bras autour de son cou.

« Tant que je peux te revoir, je m’en fiche de ce qui va venir. » La voix de Lan Jue était douce, presque un murmure. Un petit sourire satisfait apparut sur son visage. « Si j’avais su que tout ce que j’avais besoin de faire pour te revoir c’était de mourir, je l’aurais fait il y a longtemps. Comment tu vas ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ce jour-là ? Qu’as-tu vu ? C’était vraiment un accident, comme ils le disent ? Pourquoi est-ce que cette histoire me laisse un sentiment bizarre ? »

Lan Jue ne bougea pas, ne réagit pas. Il n’y avait aucun signe extérieur, mais au fond de lui, il se sentait joyeux. Son moral remonta avec sa bonne fortune.

Plus rien d’autre n’avait de sens. Il était enfin avec Héra, et il se fichait du reste. Mort ou vivant, il s’en fichait, tant qu’ils étaient ensemble. Durant les années où ils étaient séparés, il ne l’avait jamais sortie de son cœur. Dans son âme, Héra était la seule pour lui, et elle était là.

« Et si je n’était pas morte, aurais-tu fait le même choix ? » Sa voix était douce.

Lan Jue était abasourdi. Il relâcha son emprise et mit ses mains sur ses épaules. Il la regarda attentivement.

« L’aurais-tu fait ? » Elle lui renvoya son regard, sa question sincère. Ces yeux bleus scintillants soutenaient son regard.

Lan Jue prit un moment pour réfléchir à la question. « S’il y avait une chance sur un million pour que je survive, je la prendrais. Mais s’il n’y a pas de choix, pas de chance, je le ferai quand même. Tout pour te dire une chose : ton homme n’est pas un lâche. Même si on devait être séparés pour toujours, sauver ces familles de cette douleur vaudra le coup. »

Elle le regarda avec surprise. « Donc, » dit-elle, « Dans ton cœur le devoir est plus important que l’amour ? »

Cela le fit sourire. « Non, » répondit-il. « Ce n’est pas une histoire de devoir. C’est l’humanité. Si je ne faisais pas au moins ça, comment pourrais-je m’appeler un noble ? »

La jeune femme sourit, et se rapprocha. Elle le prit dans ses bras, doucement. « Si une deuxième chance venait, j’espère vraiment qu’on pourra être ensemble. Je n’ai pas besoin de connaître ta gloire, quels honneurs tu as obtenus. Je veux juste être avec toi. Là où tu iras, j’irai. Mon plus grand désir est simplement de voir ton visage. »

« Héra, » murmura Lan Jue. « Ma reine. Je t’aime ma chérie. »

Un étrange brouillard se forma entre eux, couvrant le monde et amenant un étrange silence avec lui. La brume les entoura tous les deux, jusqu’à ce que tout disparaisse.

Dans la réalité qui disparaissait, elle plaça doucement son front sur le sien. Deux larmes cristallines apparurent au coin de ses yeux, et tracèrent des lignes sur ses joues. Arrivant à son menton, elles se détachèrent et tombèrent froidement sur son visage.

Sa respiration était devenue difficile, et une lumière dorée se mit à la remplir. Des boules de lumière dorée flottaient, depuis elle, dans toutes les directions.

« Tu dors, mon chéri, et c’est une bonne nouvelle. » Elle releva doucement sa tête, et déposa un baiser sur ses lèvres. Elle recula, et le flocon brillant sur son front disparut aussi.

Elle l’enveloppa dans un câlin. C’était étrange, parce qu’au lieu de se sentir vide de sa perte, son cœur était plein. Celui qu’elle tenait était son amour, sa fierté. C’était sa gloire, juste là, dans ses bras.

Le ciel au-dessus devint bleu, brillant de la lumière du jour. Les choses semblaient revenir à la normale. Petit à petit, la pâle lumière blanche du cocon s’affaiblit jusqu’à n’être qu’à peine visible. La coquille, définitivement une construction de l’énergie de la femme, était maintenant solide. Elle avait presque l’air d’être du plâtre, malgré les douces pulsations vitales qui l’entouraient. Cette fois, elle sembla se changer en pierre, et elle ne bougea plus.

Puis, un son de déchirement.

Le regard du Maître des Vins se durcit, et il se retourna immédiatement pour voir la source du bruit. Ce qu’il vit lui fit froncer les sourcils.

Mo Yu, aussi, se retourna pour regarder. La surprise était claire dans ses yeux quand il le vit s’approcher. Les ordres étaient clairs : rien ni personne ne devait s’approcher. Alors, qu’est-ce que c’était ?

Au début c’était une simple lumière bleue, mais cela ne dura qu’un instant. Rapidement, la lumière devint gigantesque, brillant contre leur visage.

Le vaisseau faisait cent cinquante mètres de long, la coque aérodynamique comme un dauphin. Il se rapprochait lentement de leur position, laissant un sillage bleu et métallique. La traînée se mit à disparaître au ralentissement du vaisseau.

Le côté du vaisseau avait un étrange dessin, des lignes dorées qui s’entremêlaient. C’était circulaire, avec l’image d’une vague haute en son centre. Au beau milieu du dessin se trouvait une gemme bleue.

Ce n’est qu’après avoir vu le dessin que le Maître des Vins se détendit un peu. Son front s’assouplit car il savait qui les avait rejoints.

La porte du vaisseau s’ouvrit alors qu’il atterrissait, et deux personnes en sortirent, illuminées par la puissante lumière interne du vaisseau.

Juste quand Mo Yu s’apprêtait à donner l’ordre aux snipers, la voix du Maître des Vins résonna dans ses oreilles : « Ne les empêchez pas. Ils sont avec nous. »

Comme si cela avait été répété, ils se dirigèrent vers le groupe juste à ce moment-là. Ils arrivèrent aux côtés du Parangon en un rien de temps.

« Cosmagus ! » Même si le regard de Hua Li trahissait son inquiétude, le jeune homme s’assura de montrer son respect au Maître des Vins en s’inclinant. Le jeune homme aux cheveux rouge feu derrière l’imita.

« Vous êtes là pour le Maître des Joyaux je suppose ? » Demanda le Maître des Vins.

Hua Li hocha de la tête.

Leur conversation fut interrompue par un bruit qui parvint aux oreilles du Maître des Vins.

« Cosmagus, ne les laissez pas me voir. Le traitement est presque terminé. Faîtes-les partir, ils pourront voir Lan Jue quand j’aurai fini. »

La voix était douce, mais claire. Le Maître des Vins, en réponse, leva la main et fit un signe dans les airs. À la surprise de Hua Li et de Chu Cheng, le monde se tordit autour d’eux alors qu’ils se faisaient absorber par le vide.

Ils se retrouvèrent dans une réalité interspatiale, faite de lumière argentée vacillante. Cet endroit était clairement instable, mais était sûr tant que le Maître des Vins était présent en dégageant son pouvoir.

« C-cosmagus, qu’est-ce que ça veut dire ? » Intervint Chu Cheng, une grimace sur le visage.

« Le Maître des Joyaux est actuellement en cours de traitement, » répondit le vieil homme. « Ça devrait bientôt être fini. Il est vital que vous n’interrompiez pas le processus. Je dois vous demander d’attendre patiemment la fin. »

Hua Li n’apprécia pas la demande. « Et c’est quoi le problème si on regarde Lan Jue se faire guérir ? »

Le Maître des Vins essaya de les rassurer. « S’il vous plaît, tous les deux, rassurez-vous. Le Maître des Joyaux est un membre du Conseil de Skyfire, un de nos importants amis. Mon inquiétude n’a rien à envier à la votre. Malheureusement, comment nous le traitons est un secret de Skyfire. Par contre, je peux vous dire qu’il ira bien. »

Cela eut l’effet désiré, et Hua Li et Chu Cheng poussèrent un soupir de soulagement. L’assurance d’un Parangon leur suffisait. En plus, le Cosmagus et le Clairvoyant de Skyfire étaient tous deux connus pour leur fiabilité.

« On a vu ce qui s’est passé en chemin, » dit Chu Cheng. « Ces monstres qui sont soudainement apparus, ils ont du venir de l’extérieur de la planète, non ? »

Le Maître des Vins expliqua. « De ce que je sais, oui. Mais nous n’avons pas réussi à déterminer d’où exactement. On va avoir besoin de faire plus de recherches. Les monstres eux-mêmes n’étaient pas faibles, et ils sont apparus rapidement de nul part. Nous avons découvert qu’ils ont une capacité puissante de phagocytage qui dévore toute vie autour d’eux, ce qu’ils utilisent pour se nourrir. Nous nous sommes occupés de leur progéniteur il n’y a pas longtemps, une espèce de nid vivant qui était dans la mer. Il semblerait que tous les autres monstres que nous avons rencontrés provenaient du corps de la bête. Après, ils se sont éparpillés et se sont mis à absorber la vitalité de la planète, ce qui les rendait plus fort. Plus ils devenaient forts, plus ils avaient besoin d’énergie vitale, et ainsi ils tuaient continuellement tout ce qu’ils rencontraient. Pour ce qui est de leur but, nous n’avons rien découvert pour l’instant. Votre ami, le Maître des Joyaux, a fait preuve d’un grand courage et d’une grande noblesse, en en éliminant autant qu’il pouvait. Il s’est fourré dans les endroits les plus denses pour sauver le plus de touristes possible. C’est en grande partie grâce à lui que le nombre de morts est aussi bas cette fois. Ça aurait pu être bien pire. »

Chu Cheng ne put s’empêcher et demanda plus de précisions. « Vous êtes sûr qu’A-Jue s’en sortira, Cosmagus ? Il était blessé avant tout ça. D’après ce que nous avons découvert, il s’est battu longtemps ici. Si ces créatures sont aussi fortes que vous le dites, alors il… »

Le Docteur se releva et coupa le Divin Monarque. « Il ira bien. Le traitement appliqué fonctionnera, tant qu’il peut respirer. »

Hua Li passa son regard sur le jeune docteur. « Je suis désolé, nous ne nous sommes pas rencontrés. Vous êtes… ? »

Le cœur du Docteur était en vrac. D’un côté il était extrêmement excité d’avoir pu voir un tel miracle qu’est la Reine des Vers à Soie, sauvant un Talent qui, par tout rapport médical connu, aurait dû mourir. Mais d’un autre côté, sa fierté n’allait pas aussi bien.

« Vous pouvez m’appeler le Docteur. Je fais aussi partie de l’Avenue. »

« Mes salutations, donc, » dirent les deux mercenaires. Savoir que l’homme était un docteur, et qu’il était présent pour A-Jue leur apportait aussi une certaine dose de paix.

Quelques instants passèrent, puis le Maîtres des Vins leva à nouveau la main. Le monde se tordit de manière désagréable, jusqu’à ce que Chu Cheng et Hua Li retrouvent à nouveau la terre ferme sous leurs pieds.

« Hein ? » Hua Li remarqua les changements presque immédiatement. L’objet en pierre qui avait été devant eux à leur arrivée était craqué, laissant paraître une grande silhouette. Le petit vaisseau pas loin quand ils étaient arrivés manquait aussi.

Chu Cheng, toujours impatient, était parti en un éclair pour réapparaître devant la pierre. Il ne lui fallut pas longtemps pour voir Lan Jue à l’intérieur, nu comme au jour de sa naissance.

Son visage était pourpre. Sa poitrine montait et descendait au rythme de sa respiration. De la lumière dorée dansait encore à la surface de sa peau, dernier témoin de sa lutte. Il semblait comme neuf.

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