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Chapitre 148 – Ouvre ton Noyau

Traducteur en Français : Arpakshaad
Editrice & Checkeuse : Miss X

Chapitre 148 - Ouvre ton Noyau

« Je peux le sauver ! » Ce n’étaient que quatre mots, mais la détermination de la femme masquée avait quelque chose de réconfortant. Il y avait même une pointe de détente derrière eux.

Le Maître des Vins arrivait bien à juger les gens, et comprit immédiatement son attitude détendue. « Qui êtes-vous ? » Demanda-t-il d’une voix tiède.

Au lieu de répondre, la fille se leva et sortit un collier d’autour de son cou. Il était simple, avec un simple pendentif en cristal jaune qui luisait dans sa paume. Sans un mot, elle le mit dans la main du Maître des Vins. Elle fit de même pour la pierre jumelle autour du cou de Lan Jue.

Les preuves qu’elle lui apportait ne nécessitaient pas plus d’informations. Pourtant, la tête du vieil homme restait pleine de questions, et ses yeux se mirent à briller d’une curieuse lumière argentée. Il les abaissa sur les gemmes d’appel d’esprit, qui réagirent en brillant subitement d’une lumière dorée.

« Pourquoi le masque ? » Demanda-t-il en rendant les colliers à la fille.

Elle en remit un autour de son cou avant de remettre celui de Lan Jue. « Parce que je ne veux pas qu’il sache que c’est moi qui l’ai sauvé. Si je dois sauver votre Maître des Joyaux, ma seule condition est que vous gardiez cela secret. Comme si vous ne m’aviez jamais vue avant. Quand j’aurai fait ce que je pourrai, je m’en irai immédiatement. »

Sa voix était étrange, grave. Elle semblait avoir un moyen de moduler le son, mais son ton n’en était pas moins mélodieux.

L’émerveillement dans les yeux du Maître des Vins ne faisait que grandir. Mais, avant qu’il n’ait eu le temps de poursuivre ses questions, le Docteur s’était rapproché et avait commencé à donner ses propres commentaires.

« Je trouve ça ridicule que vous ayez assez de culot pour prétendre pouvoir le guérir toute seule. J’ai du mal à croire qu’il y ait quelqu’un de meilleur que moi à ce que je fais. »

La femme masquée secoua lentement la tête. « Je ne suis pas docteur, et je ne peux pas guérir les maladies. Mes facultés et mes méthodes de soin ne peuvent être utilisées que sur cet homme. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé pour qu’il finisse ainsi, il est brisé comme un morceau de verre, mais je suis sûre de pouvoir le soigner. »

Le Docteur fronça les sourcils. « Je ne le crois pas. Nous ne pouvons pas raisonnablement le confier à cette femme. Même avec cette ‘preuve’ que vous avez montrée, je n’accepterai rien de moins qu’un réveil de sa part pour nous expliquer votre relation. Jusque là, je suis en charge de son traitement. Notre priorité est sa sécurité. »

Elle resta silencieuse un instant, mais trouva rapidement une réponse. « Son diagnostique est, pour l’instant, assez sombre, comme vous le savez. Si on perd du temps, son état va empirer. Il faut qu’on commence tout de suite. Je vous demande de ne pas vous en mêler. »

Le Maître des Vins se joignit enfin au débat. « Si vous pouvez faire ce que vous dites, faîtes-le, mais vous devez d’abord nous dire la méthode que vous allez employer pour le faire. Nous devons aussi nous assurer que vous ne lui voulez aucun mal. »

Cela fit réfléchir la jeune femme un moment. « Je baisserai ma garde. Son Excellence pourra épier mes pensées et mon noyau contre toute forme de malice. Si vous le faîtes, je serai à votre merci, et vous pourrez me tuer en un instant. Pour ce qui est de ma méthode de soin, la formuler ne serait d’aucune utilité. Vous comprendrez en me voyant faire. »

« Vous allez ouvrir votre noyau ? » La proposition avait choqué le Docteur, et il la regardait avec beaucoup moins de soupçons. Ce qu’ouvrir son noyau à un étranger voulait dire était clair : vous placez votre vie, tout ce que vous êtes dans les mains de quelqu’un d’autre.

Le Noyau d’un Adepte était la partie la plus importante de lui, le centre de son être. C’était par le pouvoir de leur Noyau qu’ils étaient capables de contrôler les forces et l’instabilité de leur Discipline. Comme elle l’avait dit : si on découvrait une mauvaise intention de sa part envers Lan Jue, elle serait la première à en souffrir.

« Très bien. Allez-y. » Le Maître des Vins n’avait pas le temps d’hésiter. Il prit rapidement sa décision.

Elle s’éloigna un peu de lui, et toucha doucement son front avec sa main droite. Le petit geste initia un changement dans ses yeux. La profondeur de ses yeux bleu-clair semblait maintenant contenir du brouillard. Il commença doucement, mais, gagna rapidement le reste de ses yeux. En un instant ils devinrent blancs comme neige, clairs comme des diamants, sans pupille. Rien qu’un champ de blanc.

Petit à petit apparut comme l’image d’un flocon sur son front, là ou elle l’avait touché. Elle émettait de douces vagues d’énergie.

« Dissimulation d’énergie ! » Chuchota le Docteur, abasourdi.

C’était une surprise, en effet, car même avec son niveau de cultivation, le Docteur ne pensait pas que cette fille était plus qu’ordinaire. Et pourtant la voilà, débordant littéralement de pouvoir. Il n’y avait vraiment qu’une seule explication : elle avait appris et utilisé une méthode pour cacher sa Discipline, pour lui donner l’apparence d’un personne normale.

Le flocon sur sa tête se mit lentement à tourner. Il tournoya jusqu’à devenir un vortex laiteux, et un grand froid s’en dégagea. Un froid qui transcendait le corps, menaçant de geler l’esprit.

Le froid soudain fit trembler le Docteur. Il pénétra jusqu’à ses os, et pourtant, sa fatigue sembla disparaître.

Mais quel espèce de pouvoir était-ce ?

Tandis que l’image sur son front continuait de tournoyer et d’onduler, un objet cristallin fit lentement son apparition. Il brillait derrière le flocon comme une étoile. Il n’était pas blanc, mais un pic de glace translucide. C’était un Noyau, et même s’il n’était pas grand, il était immaculé et clair, complètement pur.

« Un Noyau si chaste… » Murmura le Maître des Vins pour lui-même. Ses yeux argentés brillèrent, et la plus petite lance de lumière en sortit pour s’enfoncer dans le Noyau de la femme. Elle était visible dans les profondeurs immaculées du Noyau, se tordant en explorant.

Le corps de la jeune femme trembla. Au bout d’un moment, elle s’en remit, et son Noyau disparut à nouveau dans son front.

Elle ne perdit pas plus de temps en vaines paroles. Elle se retrouva immédiatement à côté de Lan Jue, à côté de son corps allongé. Elle le regarda un instant, puis le recouvrit de son corps.

De si près, elle pouvait voir les contours de son visage, la pâleur de sa peau sans sang. « Espèce de bâtard ! »

Elle baissa la tête pour embrasser doucement ses lèvres pâles. De faibles lignes lumineuses se remirent à sortirent de son front. Ils reformèrent cet étrange flocon.

Les filaments de lumière s’éparpillèrent et flottèrent un instant dans les airs avant de rentrer les uns dans les autres. Ils se serrèrent et se matérialisèrent pour devenir un unique fil de laine argentée qui se joignit à Lan Jue.

Le Docteur regardait en silence, attentif à chacun de ses mouvements. Il avait compris, au moment où elle avait accepté d’ouvrir son Noyau, qu’elle ne ferait pas de mal à Lan Jue, mais il refusait de croire qu’elle avait une quelconque manière de faire plus que ce qu’il avait déjà fait. Sa confiance en lui avait évidemment gonflé depuis qu’il avait reçu le titre de Docteur de Skyfire Avenue, et pour une bonne raison, c’était donc sa curiosité et sa fierté qui le faisaient mourir d’impatience de découvrir les pouvoirs que cette jeune fille prétendait avoir.

Les yeux du Maître des Vins brillaient encore d’énergie argentée. Il pouvait sentir le moindre mouvement du Noyau de la jeune femme, ouvert comme il l’était. Même les pulsations tranquilles de son esprit ne lui étaient pas cachés. Mais il prenait garde à ne pas la déranger au milieu du processus de guérison de Lan Jue. Il la regardait, immobile comme une statue.

Il était un Parangon, presque un dieu parmi les hommes, et avec venait une grande quantité de pouvoir. Assez de pouvoir pour réagir à l’instant même où la jeune femme avait une pensée de travers. Grâce à ses pouvoirs absolus sur l’espace, il pouvait la couper en deux, ou l’envoyer sur un autre système solaire.

Les méchas qui s’étaient regroupés à l’arrivée de la fille commencèrent à reculer sur ordre de Mo Yu. Ils se déployèrent et continuèrent leur garde vigilante. Ce vieil homme était un Parangon, il fallait suivre ses ordres. Ils attendirent les ordres.

Mo Yu resta, et se tint informé de l’avancement de la situation grâce aux nouvelles affichées dans son mécha. En quelques heures seulement, la plupart des bêtes qu’ils avaient rencontrées avaient été annihilées. Il n’en restait pas beaucoup, et elles étaient éparpillées. Elles seraient bientôt éradiquées de la planète.

Son écran s’illumina avec les dernières données. C’était un désastre, couplé au fait que la planète était presque saturée.

De manière à protéger l’écosystème, Taihua avait des règles sur le nombre de touristes permis en même temps. Ce nombre avoisinait le million de personnes. Quand une planète est considérée comme saturée, cela veut dire que la population totale de touristes, d’agents de sécurité, et de travailleurs sont proches ou ont atteint la limite d’occupation.

Le résultat de tant de personnes et de créatures aussi horribles était sans surprise : un massacre. Les derniers chiffres comptaient le nombre de disparus à cent cinquante mille. Trois mille soixante soldats avaient fait leur dernier tour. Pourtant, le décompte aux points d’évacuation montraient que seule la moitié des personnes étaient saines et sauves.

Cent cinquante mille était un nombre élevé. Mais un demi million…

On avait empêché les satellites entourant Taihua de voir la situation au sol. L’épais brouillard gris avait tout recouvert, jusqu’à ce qu’au dernier moment, une grande explosion d’air avait laissé voir quelque chose. Les satellites avaient capturé les derniers instants du combat au-dessus de la mer. Ils ne virent qu’un fragment, mais il virent trois silhouettes se battre contre un monstre colossale. Les mesures d’énergie avoisinaient celles d’un tir croiseur.

Mo Yu regarda l’information sur son écran, et la reconnut immédiatement. Là où il était présentement était l’endroit où les satellites avaient vu l’éclaircie. Cette explosion de pouvoir incroyable s’était déroulée à quelques mètres de l’endroit où il se trouvait.

Sans aucun doute possible, ce devait être le Cosmagus en personne qui avait sauvé ceux qui s’en étaient sortis. Il était le grand protecteur de Taihua, la gardant des envahisseurs pour minimiser les pertes. Mo Yu sentit son sang accélérer. Il avait l’honneur de garder un homme tel que lui, un grand Parangon et un gardien. C’était probablement la mission la plus importante de toute sa vie.

Les innombrables filaments d’énergie blanche s’entrelacèrent lentement. Au fil du temps, ils formèrent un cocon autour de Lan Jue et de la jeune femme. Il se fortifia et s’épaissit. Sous le regard des autres, les deux silhouettes devinrent de moins en moins visibles.

Du début à la fin, la jeune femme ne bougea pas d’un pouce. Le Maître des Vins pouvait la sentir à travers leur lien, et il savait qu’elle utilisait la meilleure méthode, mais aussi la plus douce possible. Elle canalisait ses propres pouvoirs réparateurs en lui à travers leur baiser.

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