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Chapitre 143 – Le Cosmagus

Traducteur en Français : Arpakshaad
Editrice & Checkeuse : Miss X

Chapitre 143 - Le Cosmagus

Ce n’était pas grand chose de plus qu’une orbe de chaire géante de plusieurs milliers de mètres de diamètre. Son imposante masse formait d’innombrables plis et rides. Elle ressemblait un peu à un énorme cerveau. Sa surface était parcourue de croûtes et de cicatrices, avec une unique et hideuse bouche au point le plus haut.

Tandis qu’elle s’élevait au-dessus des vagues, les plis se tendirent et battirent les uns contre les autres dans un bruit immonde. Chaque battement de chair expulsait toujours plus de fumée magenta.

Aaaaaaagggghhhooooo !

La gueule monstrueuse se déformait alors qu’elle poussait des rugissements. L’orbe de chair trembla et commença à se diriger vers Zeus. Ses lambeaux de chair s’étaient étirés pour former des ailes, qui battaient furieusement contre l’air et l’eau.

Alors qu’elle se montrait de plus en plus, le flanc gauche se révéla noirci. Les éclairs de Zeus avaient trouvé leur cible. Il le prit comme une confirmation de sa stratégie, et le ciel s’illumina à nouveau alors que de nombreux éclairs fonçaient en direction du monstre.

Mais cette fois, la bête savait à quoi s’attendre. L’épaisse brume violette qui l’entourait se matérialisa et se solidifia en une membrane impénétrable. Sa bouche déformée était grande ouverte, s’étirant sur une centaine de mètres dans toutes les directions. Regarder dans les profondeurs de cette gueule vous donnait un sentiment palpable de désespoir. L’air changea, alors que tout ce qui était au-dessus se retrouvait aspiré. Les cieux grondèrent alors que les nuages commençaient à descendre. Même Zeus était pris dans le vortex.

La force attractive était assez forte pour dévorer tout ce qui se retrouvait pris dedans. Le monstre semblait prêt à avaler le monde entier pour atteindre son objectif. Sa carrure déjà imposante s’étendait encore plus.

Zeus le fusilla du regard, le visage noble et imposant. Il lutta contre l’aspiration pour éviter de se faire attirer. Mais, la force soudaine était quand même forte, et inattendue. Sans parler de la nouvelle armure, qui semblait capable de survivre à un tir de vaisseau de guerre.

Faire un trou dans cette plaque serait difficile, même pour un Parangon. Et Lan Jue n’était même pas un vrai Parangon : il ne savait pas comment utiliser tous ces pouvoirs.

Ses pensées furent interrompues par une voix grave et familière qui semblait flotter dans les airs.

« Maître des Joyaux, vous devez vous rappeler que vous faîtes partie d’une équipe. »

Une unique colonne de lumière argentée apparut sans prévenir. Elle s’étendait très loin, mais à côté du titan, elle semblait minuscule. De plus, elle ne semblait rien faire au monstre. Elle cligna et s’étendit jusqu’à être comme un voile de lumière.

Pssssshht ! Surgit un bruit assourdissant. C’était comme si la réalité se déchirait sur les coins. Zeus sentit l’attraction du monstre s’arrêter inexplicablement. Le monstre s’arrêtant, comme dans un état cataleptique.

Une tache de noir, comme de l’encre, apparut devant Zeus. Un puissant vortex réapparut, mais celui-là ne venait pas de la bête. Mais il venait de la fissure, et encore plus étrange : son attraction indéniable n’avait aucun effet sur Lan Jue.

Les deux puissantes forces attractives se bloquaient, l’une attirant l’autre. Celle qui était la plus puissante gagnerait. À la fin, même si le monstre était puissant, il ne pouvait pas se battre contre la faille dimensionnelle.

Phssssssup ! Le monstre tira un coup de fluide violet-noir. L’épais fluide, étrangement, agit comme une sorte de colle en s’étalant sur la fissure. Petit à petit, le fluide se mit à colmater la brèche.

« Hein ?! » Le cri de surprise attira l’attention de Lan Jue sur son côté. Il y avait soudainement deux personnes en plus à côté de lui qui flottaient dans les airs.

Comme toujours, le Maître des Vins était la personnification même de la noblesse : bien habillé, bien préparé. Il était aussi, cette fois, entouré d’un fin halo argenté. Un docteur était avec lui, le visage comme du lait rance. Heureusement, lui aussi, était entouré de la lumière protectrice du Maître des Vins sinon, il aurait eu une vraie raison de faire la grimace.

« C’est quoi ce truc ?! » S’exclama le Docteur.

« Aucune idée, » répondit Lan Jue. « Mais je peux vous dire que toutes les bêtes de Taihua ont une connexion avec lui. On tue la racine de cette mauvaise herbe, et toutes les feuilles suivent. »

Le Docteur regarda la chose qui se tordait en-dessous, une étrange lueur dans les yeux. « Quand on aura fini, assurez-vous de m’en laisser un morceau pour que je puisse faire une autopsie. »

Le Maître des Vins lança un regard à Lan Jue, changeant de sujet. « Comment faites-vous pour contrôler les lois comme ça, soudainement ? »

Le sourire de Lan Jue était amer. « Décoction Fantastica Genetica. Sinon, trop de gens seraient morts. »

« Quoi ? » Le yeux du Docteur faillirent sortir de leurs orbites. « Putains d’alpacas en colère sur des antilopes, vous mangeriez vraiment n’importe quoi n’est-ce pas ! Mangez quelque chose de sale, et vous aurez la diarrhée. Ce que vous avez mangé est bien pire que sale. Vous essayez de vous suicider ? » En un éclair, le Docteur apparut devant le Maître des Joyaux. D’un mouvement de poignet, une seringue apparut dans sa main. Il la planta directement dans le bras de Lan Jue.

Gzzt ! Un éclair repoussa la seringue. La peau d’un parangon n’était pas détruite aussi facilement.

Un air désagréable passa sur le visage du Docteur. « Il est impératif que vous finissiez ce combat aussi vite que possible. Sinon, il ne restera pas assez de lui pour remplir une boîte à chaussures. »

À ce moment-là, le monstre avait comalté la fissure. La bête ne semblait pas avoir subi de dégâts, mais elle avait arrêté sa lente ascension. Sa bouche s’était refermée, et flottant dans les airs, son corps se remit à bouger. Une étrange et profonde cavité apparut près du centre.

Le Maître des Vins, l’œil sérieux, fit un signe de la main droite. Il y eut un flash argenté, et un sceptre apparut de nul part, maintenant serré dans sa paume. L’arme brillait sur toute la longueur, et en haut, brillait une gemme de la taille d’un crâne humain. À l’intérieur brillaient du noir et du blanc.

Le vieil homme balaya le sceptre dans les airs. Là où il passait, l’air devenait argenté. La lumière se répandit, puis l’entoura lui et ses compagnons. Tout ce qui les approchait disparaissait en touchant l’écran de lumière.

Brraaaaaaahp ! Au même moment, la bouche de la bête s’ouvrit et se mit à vomir dans leur direction. Des montagnes de fumée violette sortirent comme un geyser. Le monstre, ayant grandi jusqu’à trois mille mètres, rétrécit perceptiblement avec cette attaque. En un clin d’œil, il ne faisait plus que cinq cent mètres.

Les volutes violettes se répandirent sur trois cent mètres. Au centre se trouvaient Lan Jue, le Maître des Vins et le Docteur, perdus dans le brouillard violet. Le tir d’air s’éleva de plus en plus haut, jusqu’à dépasser l’atmosphère. Ce n’est qu’en arrivant dans l’espace qu’il commença à se dissiper.

Un éclair argenté, et les trois adversaires humains apparurent hors de portée de l’attaque. Zeus et le Docteur semblaient tous deux légèrement nauséeux, mais le Maître des Vins continua comme si de rien était. Les sourcils froncés, il refit un mouvement de sceptre. Cette fois, une rune compliquée et délicate apparut, flottant dans les airs devant lui.

Le vieil homme ferma les yeux. L’aura argentée qui l’entourait devint soudainement plus forte et puissante. La rune se déforma, et soudainement, une ombre apparut, aussi sombre que les profondeurs de l’espace.

Le Maître des vins pointa son bâton vers le monstre. Son aura s’illumina. La rune disparut.

La créature monstrueuse était au courant du danger. Peut-être parce qu’elle sentait quelque chose, parce qu’elle se mit rapidement à se retourner dans les airs. La multitude d’ailes charnues battaient l’air de manière horripilante sous l’effort. Mais elle ne pouvait pas fuir, car l’instant d’après, la rune du Maître des Vins apparut gravée sur sa peau bourrelée.

La bête répondit en poussant un rugissement à faire trembler la terre. Elle se mit à se tordre et à trembler toute entière. Ses appendices externes se mirent à tomber les uns après les autres alors qu’elle essayait de retirer la rune de sa peau.

Mais, comparée à son énorme carrure, la rune était minuscule. Elle resta là où elle était, comme marquée au fer sur la peau du monstre.

Le Maître des Vins leva haut son sceptre. « Singularité ! »

Alors que la voix rauque du Maître des Vins résonnait, la rune argentée se mit à briller de puissance. À nouveau, elle se mit à se tordre et se contracter. Mais cette fois, sa bouche n’en était pas la source. À la place, le monstre se dévorait peu à peu lui-même, à travers la rune argentée tatouée sur son côté.

« Aaghhh ! Rgghaaaaoooo ! » Leur parvinrent les monstrueux cris de douleur. Luttant de toutes ses forces, rien de ce que faisait le monstre ne lui permettait d’échapper à la rune et à sa puissance destructrice. Des nuées de brouillard violet continuèrent de sortir de son corps charnu en une tentative désespérée de s’en débarrasser.

C’était comme si la rune n’existait pas ici, qu’elle n’était que le fantôme d’une autre dimension. Elle s’enfonçait dans la bête sans relâche, tout en tournant sur elle-même. Des bandes noires et blanches suivaient dans son sillage. Elle tournait encore et encore, au-dessus et en-dessous, en dehors et en dedans, ne laissant rien derrière elle.

Sa chair se sépara, son sang se répandit. Le corps entier du monstre se tordit grotesquement alors qu’il se faisait trouer. Tout se passa en quelques instants. La lumière argentée qui l’assaillait continua de bouger, continua de grandir jusqu’à faire dix mètres de diamètre. Elle bougeait sans faire attention aux cris de douleur du monstre qui s’affaiblissait.

Il était évident que ce trou noir, appelé par le Cosmagus, était en train de lentement dévorer leur ennemi. Zeus et le Docteur regardaient, hébétés.

Tel était la puissance d’un Parangon. La puissance terrifiante d’un vrai Parangon.

Le vieil homme qu’ils connaissaient sous le nom du Maître des Vins de Skyfire Avenue avait disparu. À présent, commandant aux forces de l’espace et du temps avec son sceptre, il était le Cosmagus : l’un des Parangons des trois Alliances.

Enfin, il ne resta plus grand chose du monstre à oblitérer. Le brouillard violet roulant en-dessous avait commencé à s’éclaircir. Les puissantes vagues d’énergie avaient aussi commencé à s’effacer.

« Laissez m’en ! » Cria le Docteur qui venait juste de se sortir de sa stupeur.

En guise de réponse, le vieil homme leva son sceptre et dessina un cercle dans l’air devant eux. Un morceau de chair tremblant de la taille d’une tête humain apparut.

Le Docteur se dépêcha d’utiliser son propre équipement interspatial pour sortir une boîte argentée. Il prit précautionneusement les restes charnus et les mit dans la boîte. En se fermant, le bords de la boîte émirent une fumée froide. Les restes du monstre alien étaient à l’intérieur, congelés.

« C’est quoi ce truc ? » Dit le docteur en regardant la boîte, le regard émerveillé.

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