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Chapitre 119 – Désolée, Richard

Traducteur en Français : Arpakshaad
Checkeuse : Miss X

Chapitre 119 - Désolée, Richard

La Gemme d’Appel d’Esprit se réchauffa.

« Viens me chercher à la maison. »

« Il est trop tôt. Je dors encore. »

« Un garde du corps doit faire son devoir ! Les nobles doivent tenir leurs promesses ! »

« … »

« A-Jue, qu’est-ce que tu fais aussi tôt ? » Hua Li se leva dans une position assise sur le canapé, regardant Lan Jue se laver le visage avec des yeux endormis.

« Tu n’as pas cours aujourd’hui en plus. Où vas-tu comme ça ? Tu n’as même pas besoin non plus de te lever aussi tôt pour entraîner ta Discipline. » Les questions de Hua Li étaient grincheuses à cette heure.

Lan Jue murmura sa réponse, presque à lui-même. « Un garde du corps doit remplir ses fonctions ! Ugh, quelle connerie ! »

« Je te hais, » soupira Hua Li rebuté. Il se souleva du sofa en grognant.

Dix minutes plus tard.

La vieille bicyclette grinçait le long du chemin. L’expression morose de Hua Li regardait le sol défiler à ses pieds, assis derrière Lan Jue. « A-Jue, je crève de faim. Ce n’est pas une bonne idée de sauter le p’tit déj. Ça te donne l’énergie pour la journée. »

« Tais-toi, moi aussi j’ai faim. Et c’est moi qui pédale. C’est déjà une journée de merde ! » Lan Jue avait un regard noir en pédalant.

« Alors pourquoi s’est-on levé aussi tôt ? »

Lan Jue resta silencieux, ne répondant que quelques instants plus tard d’une triste voix. « Je vais te dire, mais tu n’as pas intérêt à rire. »

« Moi ? Jamais ! » L’assurance de Hua Li vint sans aucune hésitation.

« Il n’y a pas longtemps, une femme est venue dans mon magasin… » En route pour la maison de Zhou Qianlin, Lan Jue raconta l’histoire de Perle, du vol de la fille du Premier Ministre, et tout ce qui suivit.

Hua Li écouta l’histoire attentivement, mais en l’entendant, il tremblait presque assez fort pour faire tomber le vélo. Ses yeux faillirent sortir de leurs orbites.

« Putain de bordel de merde ! T’es sûr de toi ?! Comment as-tu réussi à te fourrer là-dedans, après avoir été avec Héra aussi longtemps, tu t’es dit que tu saurais à quoi elle ressemble ! Quel genre de débile es-tu ? » Hua Li tint sa promesse et ne rit pas. Il était fou !

« Hé, t’es de quel côté ? Ça me met vraiment pas bien. Tu ne devrais pas être en train de me consoler ? Tu continues avec que des questions et des accusations ? Héra est morte… pendant trois ans, tu sais comment j’ai fait pour continuer ? J’ai vécu comme un homme ivre, comme dans un rêve, ou un cauchemar. Morfondu dans le regret et la perte. Elle est partie si soudainement, et puis, d’entendre aussi soudainement qu’elle n’était pas partie, tu penses que j’aurais été normal ? Que j’aurais pu garder la tête froide ? Même toi qui m’as connu pendant aussi longtemps, même après trois ans, tu te mets à oublier à quoi ressemblent les gens. Zhou Qianlin et Héra sont très, très proches. Exactement les mêmes. J’étais nerveux, excité, effrayé, elle avait été droguée. Je ne le savais pas à l’époque, mais quand je l’ai découvert, il était déjà trop tard. »

Hua Li était à peu près la seule personne avec qui Lan Jue pouvait être aussi honnête et ouvert. Il ne retint rien.

« Tout ça c’est très bien, mais ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, » dit Hua Li. « Tu utilises cette opportunité pour la faire jouer le rôle de Héra. D’accord, elle lui ressemble, mais est-ce vraiment juste pour elle, pour toi, d’agir ainsi ? De la faire remplir ce trou dans ton cœur ? »

Le sourire de Lan Jue était amer. « Si seulement c’était aussi simple. Tu dois savoir, dans mon cœur, Héra est absolument irremplaçable. Et ce qui s’est passé… était de ma faute. Elle n’aurait pas… »

« Très bien, pas la peine de rester trop longtemps dessus, » interrompit Hua Li. « En fait, je suis curieux de voir à quoi ressemble ce sosie de Héra. Te connaissant, je ne serai pas non plus mécontent d’être son garde du corps pour quelque temps. »

Lan Jue soupira. « Peut-être que t’as raison. Parfois, il m’arrive d’oublier qu’elle n’est pas Héra, c’est arrivé plus d’une fois. Tout d’un coup, c’est comme si elle était là à côté de moi. Je sais qu’elle n’est qu’un remplacement mais, au fond de mon cœur, j’espère que ce soit vrai, qu’elle soit Héra. Mais je m’en rends compte rapidement. J’ai gardé mes distances. »

« As-tu peur que vous développiez des sentiments l’un pour l’autre ? »

« Peut-être, » dit Lan Jue. Il réalisa soudain que cette pensée le rendait irrationnellement agité.

Hua Li lui tapota le dos pour le réconforter, et ne dit rien de plus. Dans une situation émotionnelle comme celle-là, essayer de persuader le cœur ne servait jamais. Le seul remède était d’avoir suffisamment de temps pour éclaircir tout cela dans sa tête.

ζ

Au pied de la Montagne Tian

Une verti-car particulièrement extravagante était garée au pied de la haute montagne. Richard, habillé dans un beau costume, se tenait non loin. Il avait un assortiment de roses dans les mains.

Soudain, ses yeux s’illuminèrent, et sa main gauche lâcha les fleurs pour vérifier ses cheveux gominés. Il s’avança de quelques pas, et ouvrit la bouche : « Qianlin. »

Zhou Qinalin s’arrêta, son visage sans expression se tourna vers Richard. « Qu’est-ce que tu fais encore là ? J’ai déjà été assez claire. Ça ne marchera jamais, et ta famille n’acceptera jamais une femme souillée. »

Richard la regarda en silence, son regard visiblement attristé. « Qianlin, » finit-il par dire, « je dois admettre que ce que tu m’as dit m’a profondément fait souffrir. Quand tu as dit ce que tu as dit, j’étais comme saoul. Je ne pouvais pas penser, mais la douleur… mais j’ai lentement dessaoulé. J’ai pensé à toi, à la pression que tu as dûe endurer, aux torts dont tu as soufferts. Ce qui s’est passé n’est pas de ta faute. La faute revient entièrement à ce détestable Zeus. C’est lui qui a ruiné notre union, qui a tout gâché. Non, tu n’as rien fait de mal, et à mes yeux, tu es toujours la parfaite et pure Zhou Qianlin. Qianlin, mon amour, mes sentiments n’ont pas changé depuis le jour où je t’ai vue. Mon amour est aussi fort. Peu importe ce qui s’est passé. Tout ça c’est du passé. Dans le futur, en tant qu’homme, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger, quoiqu’il arrive. Personne ne nous séparera. Si tu acceptes, je convaincrai ma famille de faire le plus grand mariage que l’univers ait jamais connu. J’amènerai toute la puissance de ma famille pour te protéger. Tu ne souffriras plus jamais le moindre mal. »

Zhou Qianlin regarda Richard dans les yeux, et la sincérité qui y demeurait. Le bord des siens se mit à rougir.

Soudain, elle faillit s’effondrer en s’inclinant profondément devant lui. « Richard, je suis désolée. Je ne peux plus supporter de te voir ainsi. J’ai fait le mauvais choix. Je n’aurais jamais dû accepter ta proposition. Si je ne l’avais pas fait, tu n’aurais jamais eu à endurer tous ces problèmes. Tu as tellement bon cœur, et as souffert tellement à cause de moi. Mais je suis tellement, tellement désolée Richard. Je ne peux toujours pas accepter. Je te conjure de m’oublier. »

Elle se redressa vite et s’enfuit loin de Richard, en descendant la montagne. Le jeune homme resta là figé de surprise. Il était perdu, à tel point qu’il avait du mal à comprendre ce qu’elle avait dit.

« Par ici ! » Une voix lui parvint de derrière lui.

Richard se retourna pour voir une vieille bicyclette grincer en s’arrêtant. Deux messieurs en descendirent, parmi eux se trouvait l’homme qui avait souffert du même sort que lui aux mains de cette horrible Professeur Tan, ‘La Déesse Sauvage.’

Les deux hommes se regardèrent, les yeux de Lan Jue tombant sur les roses serrées dans les mains de Richard. Ils passèrent ensuite à Zhou Qianlin qui était en larmes.

Hua Li regardait la bouche ouverte et les yeux écarquillés la fille qui ressemblait tellement à la Héra perdue. Ses énormes lunettes de soleil glissèrent le long de son nez droit.

Elle était vraiment une image parfaite. Ce n’était pas étonnant qu’A-Jue n’ait pas pu les distinguer au début. Elle n’était rien de moins que le clone de Héra. Sauf que contrairement à Héra, elle ne dégageait aucune vague significative de Discipline, mais à part cela, elles étaient en tout point semblables. Bien sûr, Héra aussi possédait la faculté de cacher ses pouvoirs. Il ne pouvait pas en vouloir à Lan Jue : si cela avait été lui qui l’avait vue en premier, il l’aurait aussi prise pour Héra.

Zhou Qianlin courut directement vers Lan Jue, grimpant sur le siège arrière de la bicyclette. Sa voix pleine de hoquets l’appela. « Sors-moi de là. »

« Tout de suite. » Lan jue hocha la tête, jeta un œil à Richard, puis se mit à pédaler vers le bas de la montagne.

Richard marcha lentement vers l’endroit où Zhou Qianlin avait pris la fuite, stupéfait. Il s’arrêta à côté de Hua Li.

« Du coup, ce jour-là, quand il a dit qu’il était là pour sa cousine… Il parlait vraiment de Zhou Qianlin ? »

« Et merde ! Qu’est-ce que je suis supposé faire ? A-Jue espèce de gros sexiste ! » Hua Li qui avait soudainement pris conscience de son sort cria son indignation à la figure de Lan Jue et de Zhou Qianlin qui disparaissait rapidement au loin.

« Hey, tu t’es déjà fait larguer avant ? » Richard tourna son triste visage vers Hua Li.

Hua Li remonta ses lunettes de soleil sur son nez. « T’es tout seul là, mon frère. »

Richard répondit en soupirant. « J’allais te proposer de te raccompagner mais… les misérables ne cherchent la compagnie que de leurs semblables. »

L’humeur de Hua Li changea instantanément. « J’ai déjà été largué, en fait ! A-Jue espèce de gros bâtard… Allez mon frère, sortons-nous d’ici. » Il marmonna des injures en se dirigeant vers la verti-car. Sur le chemin, il n’avait vu aucun transport en commun.

ζ

Lan Jue pédalait silencieusement, Qianlin rebondissait derrière lui. Elle, aussi, restait silencieuse. L’atmosphère était étouffante. La douce brise faisait voler ses cheveux soyeux, brossant son triste visage.

« Je suis désolé. Je t’ai amené tous ces problèmes. Je te promets que je tiendrai ma parole et serai un garde du corps compétent. » Enfin, Lan Jue rompit le silence inconfortable.

« Richard est un homme bien. Je n’aurais pas dû lui faire de mal, » marmonna Zhou Qianlin, ses mots à peine audibles.

« C’est moi qui vous ai fait du mal à tous les deux. »

Zhou Qianlin regarda son dos. « Tu es en train de te rattraper. Garde ta promesse, et tout ira bien. »

« D’accord. Je viendrai te chercher tous les jours, et je t’amènerai à l’école. Quand tu travailleras, je me tiendrai prêt. » Alors que les mots quittaient sa bouche, il sentit un sentiment de relaxation l’envahir, comme si on enlevait un poids.

Quand les mots atteignirent Qianlin, même s’ils n’étaient pas proches tous les deux, elle sentit comme si un fossé s’était creusé entre eux.

Ils pédalèrent en silence pendant le restant du trajet jusqu’au campus. Comme avant, Lan Jue la laissa au coin pas loin des portes. Lan Jue la regarda partir, la laissant prendre de la distance avant de pousser son vélo vers l’école.

« Lan Jue ! » Une silhouette se précipita à côté de lui, l’attrapant par la gorge.

« Ach, Hua Li, quand as-tu appris à te téléporter magiquement ?! »

« Je vais te tuer ! Je vais te tuer ! »

« Tais-toi ! Il y a des profs qui regardent, je vais appeler de l’aide du bureau de l’enseignement ! Je vais te déchirer ton déguisement ! Lâche-moi, je peux plus respirer ! »

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