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Chapitre 106 – Ma La Tang

Traducteur en Français : Arpakshaad
Checkeuse : Miss X

Chapitre 106 : Ma La Tang

« Huit ou dix gemmes de rang S. Elles sont en chocolat ? » Dit le Gourmet platement.

Néanmoins, la réponse de Hua Li était sincère. « Si c’est ce que vous voulez, je peux trouver un moyen de les avoir. »

C’est alors que le Gourmet comprit qu’il était sérieux. Il regarda le nouvel arrivant, puis Lan Jue. Pour que Hua Li fasse une telle affirmation, le Maître des Joyaux ne devait pas avoir dit n’importe quoi. L’homme très efféminé devant lui devait en effet être très riche.

« Mangeons, » dit-il.

Les préparations du repas commencèrent quand il produisit un petit four, avec une plaque en alliage en dessous pour s’assurer qu’il n’abîmerait pas la table. Un pot avec un couvercle fut alors posé par-dessus. Le feu fut allumé en dessous.

Puis, plusieurs assiettes de mets frais furent placées devant eux. Fruits de mer, légumes, et plus, furent disposés élégamment autour du four. Aucun n’avait été préparé de manière spéciale, excepté pour les plants de bambou plantés dans les morceaux coupés très fin. Jusqu’ici, cela ne ressemblait pas à ce qu’on aurait pu appeler un repas.

« C’est … une fondue chinoise ? » La voix interrogative de Hua Li flotta dans l’air, de la déception dans les yeux.

« Non ! » Le Gourmet secoua vigoureusement la tête. « C’est du Ma La Tang. »1

« Ma La Tang ? » La dépression fondit de son visage. « Vous savez le faire ? J’en ai pris une fois, je me souviens encore de ce bon goût ! Ce goût frais et épicé suffit à vous faire avaler bien plus qu’il ne convient. Mais j’ai entendu dire qu’il était presque impossible de manger du Ma La Tang authentique ces jours-ci. La plupart des épices nécessaires ont été perdues, alors le résultat est une copie assez fade. »

« Fade ? » Le Gourmet goûta le mot et le trouva sans saveur. « Dites-moi alors, comment est-on supposé faire du Ma La Tang ? »

Hua Li n’hésita pas une seule seconde à relever le défi du Gourmet. « Ma La Tang est un met provincial de la Chine de l’Ancienne Ère. La base elle-même est l’aspect le plus demandeur. Il vous faut de l’ail, du gingembre, des piments chauds, de la pâte de haricots, du poivre noir, du poivre blanc, etc. En ce qui concerne les proportions précises, je ne suis pas sûr. Une fois la base terminée, cependant, vous la faites bouillir dans un grand pot. Vous préparez ensuite plusieurs plats comme vous venez de le faire, et vous pouvez ensuite les placer dans la base bouillante. Une fois cuit à votre préférence, sortez-le du pot, étalez de la pâte de sésame dessus, des épices, et vous vous trouvez avec un délicieux met. »

Le Gourmet, après avoir écouté l’éloquente explication, secoua la tête. « Si je devais vous donner une base à votre manière, nous n’aurions pas un repas chaud et épicé. Nous aurions un repas bouilli et épicé. »

« Hein ? »

« Laissez-moi vous poser une question, » continua le Gourmet. « Quelle est la différence entre chaud et bouilli ? »

Hua Li resta silencieux, apparemment incertain. Lan Jue avait aussi un air d’incertitude. Ce faisant, le son d’une eau frémissante leur parvint aux oreilles. Le couvercle du pot gronda alors que de la vapeur jaillissait de ses côtés, relâchant un arôme savoureux. L’épaisse brume était lourde d’épices et de fraîcheur mélangées ensemble. Rien que l’odeur éleva leur température interne et ouvrit leurs papilles.

Le Gourmet se leva, et retira le couvercle du pot.

Immédiatement, ce qui était une faible odeur devint un torrent de vapeur qui emplit la salle. Alors que la fumée se dissipait, la soupe rouge dans le pot apparut aux yeux de Lan Jue et de Hua Li. Ils pouvaient voir les épices rouler dans le bouillon. Alors que l’épais arôme envahissait leurs narines, ils devinrent de plus en plus impatients de l’essayer.

Le Gourmet tendit la main pour éteindre le four.

Lan Jue et Hua Li échangèrent un regard. Ils n’avaient pas encore commencé à manger, pensaient-ils. Pourquoi éteignait-il le feu ?

Sous leurs regards inquisiteurs, le Gourmet se mit à placer les morceaux éparpillés dans le pot fumant. Il n’en plaça pas trop, peut-être une quinzaine de bâtons sortaient des lèvres du chaudron.

« La différence la plus importante entre bouilli et chaud est ceci. Bouillir essaie de rester dans le même état, de rester bouilli. On utilise la chaleur pour bien cuire l’aliment placé à l’intérieur. Généralement, cette méthode de cuisson nécessite la combinaison de délicieuses sauces. À cause de la haute température, vous ne pouvez pas laisser la nourriture cuire assez longtemps pour absorber les saveurs. C’est plus comme le mouton bouilli qu’ils mangeaient dans la Chine Ancienne. Cependant, il apparut des chefs qui choisirent une méthode différente de cuisiner. Ils osèrent cuire la nourriture lentement, et par conséquent, les saveurs du bouillon purent imprégner la nourriture. »

« Alors qu’est-ce que la ‘chaleur’ ici ? La chaleur, c’est ceci : une fois que la soupe est portée à ébullition, il est plus facile de remplir la nourriture alors qu’elle refroidit. Ainsi, la chaleur vous donne un meilleur repas alors que les épices du bouillon et les saveurs naturelles de la nourriture se combinent. J’éteins donc le feu parce que nous voulons du chaud et épicé. Pas bouilli. Le vrai Ma La Tang n’a pas besoin de sauce. Ce que vous venez de décrire est en fait une fondue chinoise épicée. Le problème est que, dû à la difficulté de préparation, même l’Ancienne Chine a vu de moins en moins de gens en préparer. Par conséquent, le bouillon et la préparation que vous avez ici sont mon secret personnel. »

Hua Li et Lan Jue hochèrent chacun de la compréhension provenant de la leçon du Gourmet. Hua Li fut le premier à parler.

« J’ai bien fait d’arriver aujourd’hui. J’ai de la chance. Ce n’est pas étonnant qu’ils vous appellent le Gourmet. Un titre bien mérité, et j’admire votre savoir. Pour ce qui est de la viande, pourrait-on utiliser la même méthode que vous venez de décrire pour la cuisiner ? »

Le Gourmet hocha en affirmation. « C’est exact. Quand je cuisine un ragoût, je suis constamment en train d’allumer et d’éteindre le feu. De cette manière, il garde plus de goût, et est donc bien plus goûtu que les plats des autres. Constamment ajouter de l’assaisonnement et des sauces vous fait perdre la beauté de la nourriture préparée d’une main d’expert. »

« Eh bien, j’ai appris quelque chose, » intervint sincèrement Lan Jue.

« La bière est ce qu’il y a de mieux pour accompagner du Ma La Tang. Ce n’est pas bon pour le corps, mais c’est très satisfaisant. Une stout fraîche, ou une bière légère faite d’eau de glacier convient le mieux. J’ai préparé les deux pour nous aujourd’hui, alors vous pouvez choisir celle que vous préférez. » Il pointa le réfrigérateur du doigt pour appuyer son propos.

Hua Li n’attendit presque pas que le Gourmet ait fini. Il n’avait clairement pas la même retenue que Lan Jue.

La Stout venait en fûts de cinq litres. La bière de glacier, elle, venait dans des jarres en porcelaine. Aucune des deux n’était chose courante. Bien sûr, pour les trois, cela n’avait rien d’extraordinaire.

Lan Jue choisit la stout2 et Hua Li la légère. Le gourmet choisit aussi la bière plus foncée.

« Ça devrait être bon comme ça. La première tournée que j’ai mise dans le pot cuit rapidement. La seconde prendra un peu plus de temps. Nous aurons besoin de rallumer le feu deux fois. »

Morceau par morceau, les légumes, le tofu, les haricots et autres furent extraits du pot fumant. Ils reluisaient de gouttelettes de soupe rouge. Les arômes épicés les entouraient.

« Les propriétés particulières du Ma La Tang : engourdissant, épicé, et chaud à manger, » dit le gourmet, comme s’il se parlait à lui-même.

À ce moment-là, c’était du bruit de fond, alors que les deux jeunes hommes avaient déjà commencé à sortir la nourriture des bâtons de bambou à l’aide de baguettes et s’étaient mis à les mettre dans leurs bouches.

« Incroyable ! » La première bouchée de Ma La Tang apportait avec elle le riche arôme qui les avait titillés de loin. Il les remplit, apportant avec lui cette joie spéciale qui vient d’un bon repas. La sensation naissait dans les yeux des invités du Gourmet.

Ce ne fut pas long, cependant, pour que la note ‘épicée’ fasse son apparition. C’était comme un feu brûlant vicieusement dans leurs bouches, doublé d’un engourdissement de leurs lèvres et de leurs langues. Les trois se dépêchèrent de prendre une gorgée de bière. L’épais goût de malt se mélangea aux épices fraîches et apaisa la brûlure. Pendant ce temps, le Gourmet avait rallumé le feu.

La deuxième tournée valait le spectacle. De grands morceaux d’abalone3, un homard entier, des huîtres fraîches et toutes sortes de fruits de mer furent placés dans le pot.

« Les différents types de nourriture requièrent chacun un temps de cuisson différent. Si cela vous intéresse, vous pouvez vous souvenir de l’ordre dans lequel ils ont été placés à l’intérieur. » Le Gourmet passa son regard de Hua Li à Lan Jue, voyant la satisfaction sur leurs visages, un sourire prit place sur ses lèvres.

Un cuisinier qui comprend ses invités est le plus content. Pour eux, la cuisine est une forme d’art. Si les goûteurs apprécient ce qu’ils essayent, cela veut dire que leur statut d’artiste est également apprécié.

« Gourmet, quelle inconscience pour les dons des cieux ! Ma La Tang avec autant de bonne nourriture, et en plus, un homard entier ! » Lan Jue était presque sans voix, et il prit une nouvelle gorgée de bière. Il regardait les deux pinces dépasser du bord du pot.

« Alors arrête de manger, » répondit le Gourmet avec un sourire taquin. « Les meilleurs morceaux de ce Ma La Tang sont l’abalone et le homard. Je l’appelle le Homard Épicé qui Engourdit. C’est la première fois que je vous le fais essayer, de peur que vous n’appréciiez pas le goût. Ne jouez pas avec moi. »

Lan Jue rit dans sa barbe. « Alors pourquoi le sortir aujourd’hui ? »

Le Gourmet haussa les épaules. « Juste votre jour de chance. En fait, j’ai été paresseux ces derniers jours, et n’ai rien cuisiné. Je n’ai rien mangé d’autre que des crackers4 pour occuper mes sucs gastriques. Je n’en pouvais plus. Cela n’avait rien à voir avec votre venue. »

Lan Jue étouffa un rire. « C’est en effet notre jour de chance. » Il se retourne pour regarder Hua Li. « Tu sais comment il arrive à rester athlétique et quand même cuisiner comme ça ? C’est ce que j’admire le plus chez lui. »

« Parce qu’il est paresseux ? » Répondit Hua Li.

Lan Jue secoua la tête. « Non. C’est à cause de son implication. Si ce n’est pas la meilleure chose que tu n’aies jamais mangé, ça ne passera pas ses lèvres. Il préfère manger des crackers pour repousser la faim. C’est comme ça qu’il y arrive. »

Hua Li cligna des yeux, et leva un pouce au Gourmet. « Ça c’est de la bonne mentalité ! »

Rapidement, l’abalone et le homard furent prêts à être mangés. Ce goût… tout simplement ambrosiaque. Lan Jue comprit que le Gourmet n’avait pas surévalué son affirmation sur le goût du homard. Ce repas dégoulinait de plaisir des papilles.

  1. NdTEN : Alors d’accord, c’est un peu flemmard comme traduction, mais il n’y a pas vraiment de mot en anglais (ni en français) pour décrire 麻辣烫 et qui le rende appétissant. ‘Soupe Épicée Engourdissante’ ne vous met pas l’eau à la bouche
  2. NdTEN : Un homme qui a bon goût. Bon d’accord. Les commentaires qui servent à rien s’arrêtent ici, promis. NdTFR : Moi je fais ce que je veux 😛
  3. NdTFR : c’est un genre de mollusque
  4. NdTFR : imaginez un mélange de Wazza et de Tuc
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