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Chapitre 104 – Lili


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Miss X


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 104


L’ange de la lune et l’ange des rêves regardèrent le premier de leur ordre, Métatron. Il regarda l’échange entre le Pape et le Monarque, impuissant. Pour lui, la force n’était pas à craindre, mais la folie oui. S’il y avait un Parangon qu’il ne voulait pas affronter en combat, c’était l’homme devant lui.

Le Monarque des Arcanes était peut-être faiblement classé parmi ses paires, mais sa puissance destructrice pure était dans le top trois. Pire encore, si on le laissait faire ce qu’il voulait, il ne resterait aucune trace de ses ennemis. S’il perdait vraiment la raison, il était peu probable que qui que ce soit de vivant puisse l’arrêter.

ζ

Skyfire Avenue, Hangars Aériens Publics.

Lan Jue trotta dans le lobby d’arrivée, légèrement essoufflé. On n’était pas encore aux heures de pointe, il n’y avait donc pas encore beaucoup de monde.

Il était content de voir qu’il était arrivé juste à temps. Il avait pédalé vaillamment sans s’arrêter pour s’en assurer. Le vélo, c’était bien pour la protection de l’environnement, mais ce manque de vitesse…

Il traîna les pieds jusqu’à un distributeur et fourra quelques pièces dans le trou. Une bouteille d’eau tomba dans le compartiment du bas, il la prit et en vida la moitié en quelques gorgées. Il soupira d’aise à la sensation rafraîchissante que lui prodiguait le liquide.

Pour récupérer des blessures qu’il avait subies, il devait garder sa Discipline fermée à double-tour. Que ce soit l’éclair ou la foudre, leurs pouvoirs destructifs étaient trop élevés pour son corps qui ne pouvait pas encore supporter la tension. Cela avait rendu son trajet à vélo complètement dépendant de ses propres capacités physiques. Chose qui était, aussi, affectée par ses blessures. Ses blessures étaient conséquentes.

Debout, la bouteille à la main, son esprit revint quelques heures en arrière, au début de la journée. Sa mine se déconfit en se souvenant de comment il s’était fait traîner dans les couloirs. Même l’agréable vision de voir ses disciples se battre à mort n’arrivait pas enlever l’ombre qui planait dans son esprit. Il ne pouvait que prier qu’aucun des élèves qui avaient prévu de venir à son cours de demain n’ait assisté au spectacle.

Sa séance d’apitoiement fut arrêtée par la vibration de son communicateur sur son poignet. A-Jue, t’es là ? Les mots défilèrent sur l’écran.

Lan Jue se mit immédiatement en route vers la sortie pour attendre son invité. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour le trouver.

L’homme qui arrivait valait le coup d’œil. Il était presque complètement enveloppé de couches de tweed noir. Une grosse écharpe entourait son cou. Sa tête était couverte d’un bonnet gris, et la moitié de son visage disparaissait sous d’énormes lunettes noires. De loin, on avait du mal à savoir si c’était un homme ou une momie.

Lan Jue sourit d’un air suffisant en faisant un signe de la main pour attirer l’attention du tas de vêtements. L’homme, qui regardait probablement dans toutes les directions, même s’il était difficile d’en être certain, finit par trouver Lan Jue. Il trotta vers lui, poussant un chariot à bagages devant lui. Ce faisant, cependant, il regardait toujours clandestinement dans toutes les directions, comme s’il faisait le guet. Ou qu’il se cachait.

Lan Jue fit un pas en avant pour le saluer. « Et bien, et bien, Lili. Sacré costume. Je suppose qu’il n’y avait rien de ‘normal’ dans ton armoire ? »

L’homme-momie couvrit sa bouche avec sa main. « Chut ! Baisse la voix. Sortons d’ici, on parlera après. »

Ce n’est qu’une fois sortis de la station que la momie se redressa, et poussa un soupir de soulagement. Les deux avaient à peu près la même taille, même si l’étrange homme était plus fin.1

« On devrait être bon ici. Alors, A-Jue, où est la voiture ? » La voix de l’homme était douce, claire. Elle avait une sorte d’étrange attraction, une voix qu’on aurait du mal à oublier.

« Em… » Lan Jue se gratta la tête. « Je suis venu un peu précipitamment, disons, Lili, alors le transport risque d’être un peu rustique… »

« Pourquoi on perd du temps ? Je n’ai pas besoin d’une voiture de luxe débile. Je m’en fiche de savoir ce qu’on prend, et arrête de m’appeler Lili ! Les gens vont croire que je suis une fille.2 »

Lan Jue passa un bras autour des épaules de son compagnon et l’attira dans un câlin. « Très bien. A-Li, c’est bon comme ça ? Je vais chercher notre véhicule. »

L’homme-momie fut pris dans ce gros câlin, et eut du mal à s’en extirper. La démonstration d’affection poussa les énormes lunettes noires et les fit tomber de son visage. Un rapide coup d’œil sur ses yeux montrait la surprise qu’il éprouvait en regardant Lan Jue.

Les dits yeux étaient frappants, pour le moins ; des orbes clairs et brillants d’un bleu que le mot ‘profond’ ne suffirait pas à décrire. Sur une femme, ils seraient presque trop beaux, alors sur un homme… De longs cils courbés aggravaient la vision. La peau blanche, le nez droit, le front lisse… même avec l’écharpe, les lunettes et le chapeau, il était difficile de cacher son joli visage ! En effet, ses beaux traits ne pouvaient pas être décrits comme beaux, il n’y avait que splendide qui pourrait aller. Splendide à vous faire tomber par terre.

Lan Jue se frappa le front. « Ton père savait ce qu’il faisait quand il t’a nommé, hein, A-Li. Quel dommage que tu sois un garçon, en tant que femme, tu serais une briseuse de cœurs. Tu serais probablement devenu ma Héra ! »

« Va te faire foutre et va chercher ta foutue voiture !3 » A-Li remit rapidement ses lunettes, essayant de regarder dans tous les sens en même temps. Convaincu que personne ne le suivait, il poussa un soupir de soulagement. Ce soulagement se dissipa bien vite quand il vit Lan Jue revenir avec sa bicyclette.

« Où… Où as-tu trouvé cette antiquité ? »

« Oh ça, » dit Lan Jue embarrassé. « Ah, A-Li, tu vois… Comme j’ai dit, je suis venu un peu précipitamment disons, donc… »

Li le coupa, le poussant pour se mettre devant la bicyclette. Il releva ses lunettes pour regarder la vieille chose avec attention. « Oh la vache… Magnifique ! Quelle belle surprise, A-Jue. Quel beau cadeau ! »

« Hé, arrête de te ridiculiser. Qui a dit que je te le donnais ? » Dit Lan Jue agité. « Prends un taxi, moi, je rentre avec ce truc. »

« Aucune chance ! Je dois tester cette merveille de design antique ! Tu m’amènes. » A-Li ne laissa pas la place à la discussion, et il monta rapidement à l’arrière du vélo.

Lan Jue lui tira la grimace. « Ce sont les femmes qui s’assoient à l’arrière d’habitude ! »

« Alors je suis une femme ! » Dit A-Li doucement, battant des cils comme pour envoûter Lan Jue. Pas besoin de vous expliquer que les regards charmeurs étaient attirants. Mais là était le problème, justement.

« Uerg… A-Li, si tu continues, on ne fera plus jamais rien ensemble. »

« Compris, » dit-il. « Alors, on y va ? » A-Li resta vissé sur son siège.

« Et tes bagages ? »

« Je les porterai, » répondit-il. « Ils ont des roulettes, non ? Tout ira bien. »

Une minute plus tard.

L’antique bicyclette descendait la rue en grognant, tirant derrière elle deux valises tirées par une momie.

« Woo, c’est génial ! C’est comme les montagnes russes ! Hé, A-Jue, accélère ! » Gesticula un A-Li content sur le siège arrière.

Lan Jue grogna par-dessus son épaule : « Je ne t’ai pas appelé ici pour faire du tourisme. Je t’ai appelé justement pour prendre soin de moi. Tu sais que je suis blessé, et tu me fais quand même faire tout le boulot ! »

Li sonnait sincèrement surpris. « Tu es vraiment blessé ? »

Lan Jue ne répondit pas, la déprime dans ses yeux était cachée de la vue d’A-Li. Même si les dégâts que Michel lui avait infligés étaient sérieux, c’était la machination qui faisait le plus mal. A-Li, cependant, leva sa main libre pour la presser contre le dos de Lan Jue. Une lueur azure en émana.

Un instant plus tard, il retira sa main. Son humeur précédemment excitée était maintenant amère.

« C’est si grave que ça ? Six de tes méridiens sont grièvement blessés. Tes organes-fu ont aussi été atteints. C’est quelque chose que ta Discipline ne peut pas soigner toute seule, même avec trois ou quatre mois de repos. Qui t’a fait ça ? »

« Le Château Pontifical, » répondit Lan Jue. « À cause de Mika. »

Li se tut, comme en contemplation. Au bout d’un moment, il mit sa main dans la poche de son manteau et en sortit un petit et délicat communicateur argenté.

La face du communicateur était incrustée d’une grande pierre azure qui émettait une douce lumière saphir. A-Li y appuya un doigt, et après une seconde, une belle voix féminine en sortit.

« Vos ordres. »

« Cessez tous les accords avec la Ville Sainte, et coupez tous les ponts. Démarrez un embargo commercial contre Spiritus Sanctus. Peu importe le coût. »

« Confirmé. »

Il coupa la communication et remit son communicateur dans la poche de son manteau. Ce n’est qu’alors que l’humeur d’A-Li remonta quelque peu.

« Tu n’as pas besoin de faire ça A-Li, » dit Lan Jue. « Ce doit être une énorme perte pour ta famille. »

« N’importe quoi, pédale ta bicyclette. » Le ton d’A-Li était tranchant. « Pourquoi n’as-tu rien dit avant ? Les débiles du Château Pontifical doivent en avoir marre de vivre s’ils osent nous attaquer. Tu ne peux pas juste oublier un truc comme ça, non ? »

« Attention ! Attention ! Arrêtez votre véhicule immédiatement et préparez-vous à une inspection ! Je répète : arrêtez votre véhicule et préparez-vous à une inspection ! » Soudain, une voix électronique et perçante hurla derrière eux. Elle prit et A-Li et Lan Jue par surprise. Ils se retournèrent pour voir la source de l’étrange bruit.

Une verti-car noire descendait d’en haut. De grandes lettres bleues étaient peintes sur le côté : Police. Elle fit un dérapage contrôlé et s’arrêta quelques mètres devant eux. Lan Jue serra rapidement les freins, arrêtant le vélo.

La porte de la verti-car siffla en s’ouvrant. Un officier en casque en sortit, une femme, à en juger par la silhouette.

« Bonjour, » salua l’officier professionnellement. « Veuillez sortir vos papiers d’identité pour inspection. » Elle employa un ton officiel en s’adressant à Lan Jue.

Lan Jue lui fournit son communicateur, et marmonna : « Est-ce qu’on a enfreint une loi ? »

L’officier regarda son numéro d’identité. « Êtes-vous au courant du danger auquel vous vous exposez en transportant un tel cargo sur une pareille antiquité ? »

Lan Jue cligna des yeux en comprenant. « Oh. Je suis vraiment désolé, c’est définitivement notre faute. Qu’est-ce qu’on devrait faire ? »

L’officier regarda la bicyclette, puis à l’homme-sac recroquevillé sur le siège arrière. « Je vais avoir besoin de vos papiers aussi. On va devoir confisquer le véhicule. Vous pouvez venir au poste pour régler tout ça. »

« C’est pas possible ! » A-Li descendit de l’arrière de la bicyclette. « Belle demoiselle, ne soyez pas si cruelle. Nous ne l’avons pas fait exprès. C’était la première fois que je montais à vélo, et je ne connaissais pas les règles. Il n’y a aucune raison de le confisquer. Si on faisait ça : vous nous aidez avec nos bagages, nous amenez à destination, et on réglera tout ça là-bas. »

La voix de la dame arriva froide et sèche. « Monsieur, je porte un casque. Comment pouvez-vous savoir à quoi je ressemble4. Je répète, donnez-moi vos papiers. »

« Qu’il en soit ainsi. » A-Li laissa tomber sa tête, impuissant. Il se mit lentement à enlever ses couches ; chapeau, lunettes et écharpe.


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  1. NdTFR : pour moi ça n’a aucun sens : s’il est couvert de trente couches d’habits informes, il devrait être plus gros, non ? En tous cas, ce n’est pas juste une erreur de traduction en anglais : je suis allé voir la version originale en chinois, et il dit bien ‘moins gros’. Je pense qu’il faut le comprendre comme Lili est moins gros, sous les couches de vêtements
  2. NdTEN : Je sais que moi oui. Il est bon de savoir que le caractère ‘Li’ utilisé pour son nom est celui utilisé dans 美丽 , le mot ‘jolie’ utilisé explicitement pour les femmes. Vous allez comprendre dans une seconde
  3. NdTEN : l’original est encore plus fleuri, mais gardons le côté familial.
  4. NdTFR : Haha ! Ça marche une fois mais pas deux x)
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