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Chapitre 102 – La Cathédrale du Saint Esprit


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Miss X


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 102


Si t’as des problèmes, t’as qu’à appeler. Le message fut transmis à Zhou Qianlin via leurs gemmes d’appel d’esprit. Lan Jue ne dit rien de plus, et pédala au loin.

Zhou Qianlin, pendant ce temps, sentit la gemme chauffer alors qu’elle marchait plus profondément dans la maison de retraite. Le bord de ses yeux rougit un tout petit peu. Elle pressa la main inconsciemment contre sa poitrine, se rappelant que c’était un moyen de communication qui leur était réservé. Elle secoua la tête et serra les lèvres, stoppant le fil de sa pensée qui courrait dans sa tête. Le sourire plâtré réapparut, et elle poursuivit sa route.

« Hey ! Qianlin est là. Tu viens de sortir de cours, non ? Tu ne devrais vraiment pas venir aussi souvent. Ça va gêner tes études. »

« C’est vrai ! Qianlin, viens par ici boire un peu d’eau. On va tous bien, tu ne devrais pas te tuer à venir ici tout le temps. On est peut-être vieux, mais on sait encore prendre soin de nous ! »

« Ah mesdames. Je viens aussi souvent parce que vous me manquez ! Êtes-vous en train de me dire que vous n’attendez pas mes visites ? »

« Bien sûr que si ! Tu ne peux pas savoir à quel point. »

« Très bien. Et qu’en est-il de notre amie, Bess ? Elle est encore enfermée dans sa chambre ? Laissez-moi aller la voir. »

« Ah cette vieille chouette bornée ! Je ne sais pas si elle a un genre de problème, apparaissant et disparaissant mystérieusement. Et toujours avec cet air doucereux. Tu la vois et tu sais que tu vas passer un mauvais moment. » Marmonna irrespectueusement une irritable vieille femme à Qianlin.

Une autre à côté gargouilla. « C’est bon, Flores. On sait tous que tu es jalouse parce que Bess est plus jolie, volant ton titre de ‘la plus belle grand-mère de la maison’. »

« Hmph, c’est ce que vous pensez, » pouffa une Flores pleine de mépris.

« Mme Flores, je vous ai apporté votre plat préféré aujourd’hui. Des prunes fumées ! Mais vous devez vous rappeler de n’en manger qu’une par jour. » Zhou Qianlin les éloigna artistiquement du sujet, riant joliment.

« Oh, merci beaucoup ! Tu es vraiment la meilleure des petites filles. »

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« Ugh, c’est vraiment lent ce truc, huh. » Marmonna désespérément Lan Jue à personne en pédalant l’antique bicyclette.

Il jeta un coup d’œil à l’heure sur son communicateur. Avec un peu d’effort, ça devrait encore être bon, pensa-t-il. Sa destination était l’arrivée des hangars aériens publics, où quiconque souhaitait traverser la planète devait s’arrêter. Celui qu’il allait voir n’utilisait pas les transports publics, mais il y serait néanmoins.

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« Général, combien de temps avant que vous ne prévoyiez de rentrer sur An Lun ? »

« Soixante-douze heures, » répondit Lan Qing platement. « Il reste encore environ deux sauts. »

« Très bien, général. »

« Avant que je ne rentre, prépare tout ce que nous avons sur le Château Pontifical de l’Alliance de l’Est. Que ce soit prêt quand j’arrive. Sois aussi détaillé que possible, surtout concernant leurs membres de plus haut rang. »

« Le Château Pontifical ? » La voix qui traversa le communicateur semblait surprise par la demande.

« Est-ce que je dois me répéter ? » Lan Qing gronda dangereusement à l’espace devant lui.

« Nous l’aurons préparé pour votre arrivée. »

« Bien. »

Il raccrocha, juste à temps pour laisser quelques toussotements s’échapper de sa poitrine. « Quand ils disent que fumer est mauvais pour la santé, ils ne déconnent pas.1 Mais, aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais été aussi détendu qu’hier soir. A-Jue… Le Château ! »

Prométhée, le Dieu de la Sagesse, regardait dans l’espace, des envies de meurtre dans les yeux.

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Alliance de l’Ouest, Planète Principale.

C’est un monde splendide, très proche de la Terre d’origine. Découvert cent huit ans auparavant par l’Alliance de l’Ouest. Il avait fallu d’énormes quantités de ressources et de main d’œuvre, mais une fois qu’ils avaient vérifié les riches ressources que la planète avait à offrir, ils ne perdirent pas de temps à établir leur capitale là-bas.

La Planète Principale était plus connue sous le nom d’Eurmanie. Les mers comptaient pour quatre-vingts pourcent de la surface. Seul vingt pourcent était habitable. Mais étrangement, comparé à la Terre qu’il copiait, l’eau y était douce partout. La faune était aussi remarquablement différente, mais malgré ces différences, l’endroit était quand même parfaitement adapté à la vie humaine. Sauf pour son manque de sel, évidemment. Mais c’était un problème facilement résolu par transport interstellaire.

Plusieurs villes importantes honoraient l’Eurmanie de leur présence. La plus impressionnante se trouvait sur l’hémisphère oriental, Spiritus Sanctus. Son opposée, pas moins impressionnante, se trouvait à l’ouest, Gomorrhe.

Une partie du mythe de sa découverte était que Dieu et Satan l’avaient façonnée à leur goût et fondé les deux villes. Bien sûr, il y avait peu de personnes qui croyaient en ces histoires, mais la vérité était que cela avait amené l’ancienne culture de l’humanité à s’installer ici sur la Planète Principale.

Le voyage humain interstellaire et le remodelage de planète étaient encore jeunes. Et pourtant, c’était des progrès qui avaient avancé très rapidement en peu de temps. L’Eurmanie en était la preuve. Elle était comparable à la Planète Skyfire de l’Est, mais peut-être encore plus caractéristique de l’Ouest.

Spiritus Sanctus accueillait un lieu très particulier, où le soleil brillait trente-six heures par jour. Sur cette planète, quand une journée durait quarante-huit heures, il en résultait seulement douze heures de noir à cet endroit-là. Au centre, souvent baigné de lumière dorée, était le joyaux de la Ville Sainte ; La Cathédrale du Saint Esprit.

C’était un bâtiment splendide dans le style Ancienne Terre. C’était un bâtiment classique avec un dôme Romanesque et des piliers Grecs au style corinthien. Le tout avait été construit afin de ressembler à un énorme crucifix vu de dessus, en accord avec la sainte tradition. C’était la plus grande cathédrale des Trois Alliances. L’intérieur n’était rien de moins que resplendissant ; à la fois brillant et sombre à certains endroits, mystérieux, et fait dans un superbe marbre. Les murs supportaient d’innombrables mosaïques, faites attentivement de nombreux petits bouts de marbre coloré. Le projet vous frappait par sa taille.

L’arche qui vous menait au dôme se situait sur la partie droite de la structure. Même s’il y avait un ascenseur pour aider les voyageurs sur la moitié du chemin, la route aux jardins sur le toit proche du dôme vous demandait quand même de gravir trois cent trente marches. Il était bien connu que regarder le coucher du soleil sur la Plaza Santa depuis le toit de la cathédrale était ce qu’on pouvait voir de plus beau dans la ville.

Le dôme central était le produit d’un maître architecte. L’intérieur de la structure duale était aussi très bien éclairé. En dessous se trouvait l’Autel Pontifical, au-dessus duquel était suspendu un baldaquin en bronze conçu par Giovanni Lorenzo Bernini lui-même.2 Les colonnes entortillées attiraient tous les regards qui tombaient dessus. Plus bas, dans le narthex3 reposait la tombe de Saint Pierre avec une statue géante en marbre faite par Antonio Canova qui représentait Pie VI agenouillé devant la tombe. Des vitraux étaient à toutes les fenêtres. Ils montraient en grand une colombe avec une auréole. Sur la description, on pouvait lire La Colombe du Saint Esprit de Bernini. L’entrée aux Archives Secrètes était sur la gauche, à l’intérieur desquelles se trouvaient les saintes reliques qui montraient la richesse et la puissance du Château Pontifical.

Une place s’étendait devant la cathédrale, capable de contenir plus de trois cent cinquante mille personnes. Elle faisait trois cent quarante mètres de long, deux cent quarante de large et était encerclée de deux couloirs en demi-lunes bordés de colonnades qui tenaient le plafond en l’air. Le dit plafond était décoré de cent quarante-deux statues, des saints hommes et femmes du Château qui vous surveillaient alors que vous marchiez en dessous. Chacun était particulièrement criant de vérité.4

La Cathédrale avait pris près de quarante ans à construire. Les fidèles croyaient qu’y prier était le plus grand des pèlerinages, le plus grand honneur atteignable dans une vie.

Aujourd’hui, il abritait un visiteur indésiré. Il n’était pas grand, et en fait, était penché disgracieusement. Il portait un manteau blanc, comme s’il était un vieux docteur sortant tout juste de l’hôpital du coin. Une paire de lunettes reposaient sur le nez qui leur servait de perchoir, les verres plus épais que des culs de bouteille. Lentement, il se dirigeait vers la Cathédrale, quelques pas, puis une pause, et ainsi de suite.

Levant la tête, le vieil homme admirait les muraux et les fresques alignées sur le mur. « Elles sont vraiment incroyables ! C’est dommage… »

Il s’enfonça un peu plus.

« Excusez-moi Monsieur, mais vous ne pouvez pas continuer. Plus loin se trouve la chambre d’assemblée de la Curie.5 J’ai bien peur que les touristes n’y soient pas admis. » Le vieil homme était arrivé devant deux grandes portes. Deux gardes lui barraient la route.

« Oh ? Je ne peux pas rentrer ? » Le vieil homme les regarda, découragé.

« Je suis désolé, » la sentinelle en soutane se répéta, aussi polie qu’avant. Malgré ses mots, cependant, il était intraitable dans sa résolution.

« Oh… Ici, alors. » L’homme avait arrêté son chemin juste-là, se tournant pour regarder le majestueux autel pontifical derrière.

« Je vais devoir vous demander de ne pas rester dans les environs, » continua le grade-prêtre. De la suspicion était née en lui, et il fit un pas un avant pour aider l’homme à se dépêcher.

« Je ne vais nul part, » dit l’homme calmement. « Appelez cet indigeste pape ici. J’attendrai, mais vous n’avez que dix minutes. Sinon, je transforme cette grande cathédrale en carrière de pierre. »

Le prêtre était stupéfait. Il regarda le vieil homme comme on regarde un fou, incapable de croire ce qu’il venait d’entendre de la part de quelqu’un qui avait un pied dans la tombe. Le culot, s’asseoir là et essayer de menacer le Château Pontifical !

Le Château était, après tout, l’équilibre du pouvoir dans l’Ouest. Il était grand, et reconnu populaire parmi les fidèles. Même le Château Noir ne serait pas assez fou pour valser ici et faire des réclamations. Ils étaient bloqués, opposés socialement, et incapable de se surpasser l’un l’autre.

« Vous êtes malade, huh ? Allez-vous-en, j’ai dit ! » Le prêtre tendit la main pour pousser la frêle épaule. Mais avant qu’il ne puisse le faire, d’étranges volutes de lumière sortirent du corps du vieil homme. Alors que les lumières passaient sur le garde, il se figea comme une des statues qu’il protégeait.

« Sors de là, Pape ! » La voix du vieil homme n’était pas plus forte que le volume d’une conversation normale. Le son était frêle, rauque, léthargique. Une minute plus tard, cette même voix résonnait comme un coup de tonnerre dans tous les coins et recoins de la Cathédrale.

Toutes les oreilles se tendirent à ce son. Tous les fidèles, prêtres, clercs et patrons méditatifs ne purent s’empêcher de s’asseoir en un silence interloqué. À ce moment, tout le Château Pontifical retint sa respiration.


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  1. NdTFR : Quand ton LN te donne des leçons de vie …
  2. NdTFR : C’est le Baldaquin qui se trouve actuellement au centre de la Basilique Saint Pierre de Rome. Il vous suffit de demander à google à quoi il ressemble si vous voulez en savoir plus;)
  3. NdTFR : c’est la partie avant la nef, l’entrée si vous voulez.
  4. NdTFR : Si maintenant vous n’avez pas encore fait le rapprochement avec le Vatican, la Basilique Saint Pierre de Rome, et la Place Saint Pierre de Rome, je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus! NdC : De la culture générale je pense… ou un voyage à Rome
  5. NdTFR : Pour ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement du Vatican, la Curie c’est en gros tous les cardinaux, et autres personnes du Vatican qui gouvernent l’Église catholique. Du coup dans notre cas, en gros, ce sont tous les gens importants qui suivent le Pape
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