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Chapitre 101 – Garde du corps, où es-tu ?


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Miss X


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 101


Tang Xiao trébucha au sol, le visage gonflé et le nez ensanglanté. Il était difficile de voir son expression sous ses coups et blessures.

Jin Tao, quant à lui, était assis non loin. Son expression était claire : la satisfaction d’un homme qui avait enfin pu se soulager après des jours de constipation. En un sens, tabasser enfin Tang Xiao était exactement cela, un soulagement. Il n’en était pas sorti sans quelques bleus, mais ce n’était rien comparé à Tang Xiao.

« Ça fait mal ? » Lan Jue se tenait à côté de Tang Xiao, le regardant de haut. Le jeune homme regarda son instructeur, grogna, et ne dit rien de plus.

« Debout ! » Siffla Lan Jue.

Tang Xiao se releva presque par réflexe. « C’est quoi tout ça ! » Ses mots étaient étouffés par ses blessures.

« Un problème ? » Lan Jue le regarda. « Tu pensais peut-être qu’il était beaucoup plus faible que toi. La seule raison pour laquelle tu as perdu, c’est parce que tu ne pouvais pas utiliser ta Discipline, c’est ça ? »

Tang Xiao ne répondit pas, mais son regard le faisait pour lui : Tu parles !

Lan Ju poursuivit. « En tant qu’Adepte, que pilote, ta condition physique est ta fondation. Ta volonté de te battre est la clé de la victoire. Tu es gros, mais aussi souple, flexible. Tu as ça de plus que Jin Tao. Alors pourquoi as-tu perdu ? Parce que tu n’as pas sa détermination de chien. Ce que ça veut dire, c’est que si vous étiez à pouvoir égal, il te battrait à chaque fois. Ce n’était qu’une petite confrontation. Tu perds, tu souffres un petit peu. Si c’était la guerre… Tu serais mort. »

« Alors aujourd’hui, la leçon que je te laisse est la suivante : traite les entraînements comme des batailles. Traite tous tes adversaires comme des ennemis jurés ! »

Le mécontentement borné dans les yeux de Tang Xiao se dissipa lentement. Il fut remplacé par de la reconnaissance. Il était, après tout, un élève intelligent et talentueux. Il n’y avait aucun doute sur le fait qu’il comprenne. Il avait vingt-trois ans, et possédait déjà des facultés incroyables. Cependant, malgré ses talents innés, il avait assurément déjà entendu des choses similaires de ses autres instructeurs. Ce n’avait peut-être pas résonné en lui avant, ou peut-être n’avaient-ils pas appuyé le fait que le succès nécessitait un sacrifice physique.

« Tu as perdu la guerre de la volonté. Tu comprends maintenant ? » Conclut Lan Jue.

Tang Xiao releva la tête et la hocha solennellement.

Lan Jue tourna alors son visage grimaçant sur Jin Tao. « Comprendre ne veut pas dire qu’on a fini. Je ne t’ai jamais dit d’arrêter. »

Cette fois, Tang Xiao était celui avec un sourire malicieux et affamé sur le visage.

« Attendez une minute, il y a un problème, là ! » Cria Jin Tao alors que la carrure massive lui tombait dessus, comme un tigre fonçant sur sa proie.

Le temps que Lan Jue sorte tranquillement du campus de l’UNE, les futurs Renard Métallique et Mastiff Lion Effréné étaient étendus sur le sol. Cette fois, Professeur Lan n’avait pas levé la main, mais ils étaient dans un état pire que la dernière fois. Cela ne prit fin que quand ils n’avaient plus eu de force pour continuer.

Ah. Enseigner, c’est pas mal. Le moins qu’on puisse dire : relaxant.

Repenser aux actions des deux jeunes hommes, des gens pas bien plus jeunes que lui, lui mettait un sourire aux lèvres. Quinze ans auparavant, il avait vécu quelque chose d’assez similaire à ce qu’ils avaient vécu aujourd’hui. Cela figea le sourire sur son visage, quand les souvenirs refirent surface. Quinze ans en arrière… une souffrance qui le pénétrait jusqu’aux os ! C’était la même chose à chaque fois.

Ça t’apprendra, à rester assis là à compter les mégots de cigarette dans la rue ! Hmph !

Le cours n’était pas avant le lendemain, et il n’avait rien besoin de faire de plus. Il était l’heure de rentrer. Il y avait encore des choses à considérer. Pas seulement pour lui, mais pour ses jeunes femmes aussi. Si seulement elles travaillaient ensemble, leur développement exploserait. Peut-être que ce serait différent cette fois. Il n’était pas sûr de leur réaction s’il se mettait à les traiter comme des élèves.

Ses pensées furent interrompues quand une silhouette familière entra dans son champ de vision, en sortant par le portail principal de l’université. Il le reconnut son camarade souffre douleur d’un peu plus tôt dans la journée. Richard se tenait à une courte distance de l’entrée principale, fumant une cigarette. Il paraissait sombre, et honteux.

« Oh hey, c’est vous, » salua-t-il aimablement en apercevant Lan Jue.

« Ne t’approche pas, » grogna Lan Jue. « Je ne te connais pas. » Si ce n’était pas pour lui, il n’aurait pas été humilié aussi publiquement, et abusé par cette détestable femme.

Richard était navré. « Écoutez, je suis désolé Professeur ! Mais vous ne devriez vraiment pas m’en vouloir, cette femme est juste une brute. C’est une tragédie que ce soit la chef de classe de ma femme ! »

Lan Jue avait fait des efforts pour maintenir sa colère sous contrôle, et était presque revenu à sa forme indifférente. Mais l’entendre parler de Qianlin comme sa femme la refit bouillir à la surface.

« Alors, qu’est-ce que tu fais à rôder dans le coin ? »

« Nan, je ne suis pas en train de rôder ou quoi. Les cours sont bientôt finis pour la journée, et Qianlin va devoir passer par là de toutes façons. Un homme bien élevé raccompagne sa femme, n’est-ce pas ? »

« Oh, » répondit Lan Jue, « très bien, comme tu veux. » Il haussa les épaules avant de pousser son vélo hors du campus et sur la rue.

Soudain, il sentit une vague de chaleur sur sa poitrine. Il s’arrêta, et alors un son résonna dans l’arrière de sa tête : Garde du corps, où es-tu ?

Garde du corps !

Sa réponse était presque inconsciente, canalisant ses énergies psychiques à travers la gemme d’appel d’esprit qui reposait sur sa poitrine : Portail de l’Université.

J’y serai bientôt. Ramène-moi ! Repousse quiconque essaie de s’approcher de moi. C’est ta responsabilité. Même dans sa tête la voix de Qianlin était froide et détachée.

Très bien. Son départ de l’école s’était arrêté. C’était vrai, il devait encore être son protecteur pour quelques années. Et sa requête n’était pas excessive, il n’avait donc aucune raison de refuser.

Peu de temps après leur échange, Qianlin apparut au portail. Elle marchait seule, en habits moulants, ses longs cheveux noirs volant dans son dos. Son visage était neutre, mais néanmoins, possédait une beauté silencieuse. Ses brillants yeux bleus resplendissaient derrière les vagues de cheveux noirs, ce qui attirait le regard.

« Qianlin ! » En la voyant, Richard se mit en mouvement. Il fonça sur elle en courant. « Je suis sûr que tu es fatiguée, huh, Qianlin. Tiens, ma verti-car est garée juste-là. Je te ramène chez toi. Oh mais, ma tante m’a invité à dîner. »

Qianlin lui lança un regard mourant. « Génial ! Vas-y. J’ai quelqu’un ici pour me ramener. »

« Eh ? » Au début, en entendant son enthousiasme, son cœur faillit bondir hors de sa poitrine. Mais, quand elle finit sa phrase, il ne resta qu’un goût amer dans sa bouche. Son attitude précédemment amicale laissa la place à de l’irritation alors qu’il regardait de tous les côtés. « Qui te ramène ? »

« Ce sera moi, » intervint Lan Jue paresseusement.

Richard le regarda confus. « Vous ? »

« C’est cela. »

« Alors, » commença le jeune homme, « ce matin, devant la salle. Vous attendiez Qianlin aussi ? »

Lan Jue hocha pour confirmer.

« Vous êtes son cousin ? » Demanda-t-il.

À nouveau, il hocha.

Zhou Qianlin s’était déjà mise à côté de lui. Elle se hissa adroitement sur le siège arrière du vélo. « Allons-y. »

« Ouaip. » En poussant sur le sol, un pied sur la pédale, Lan Jue regardait la figure molle de Richard. Malheureusement, la présence de Zhou Qianlin à l’arrière du vélo gêna sa conduite habituelle. Il devait se pencher au-dessus de la selle.

« Cousins…? Et puis, c’est quoi ce truc qu’il était en train de conduire ? » Il resta sur place à les regarder partir pendant plusieurs minutes, mais n’arrivait toujours pas à comprendre tout ce qui s’était passé.

Richard ne se sentait pas menacé par le bel instructeur. Leur relation de cousins, et le fait qu’il se soit aussi facilement fait prendre par Tang Lingyun avant, le rendaient moins problématique. Oui, il y avait pleins de beaux garçons qui étaient intéressés par Zhou Qianlin, mais combien pouvaient se vanter de son statut à lui ? Il avait une famille très connectée, une vie bénie et confortable, et une éducation sans pareille. Tout cela combiné lui avait donné un sentiment de confiance en lui, et ce, dès son plus jeune âge.

Pourtant, à la lumière de ses récentes interactions avec Zhou Qianlin, il sentait quelque chose d’étrange. Son intérêt pour elle, et la cour qu’il lui faisait, n’étaient pas neufs. En fait, il était tombé amoureux la première fois qu’il l’avait vue. Après leur mariage désastreux, son père, enragé par la honte et le traitement disgracieux, avait finalement concédé, une fois que Richard eut usé de tous les moyens à sa disposition pour le convaincre, de le laisser retourner sur la Planète Skyfire. À travers tout cela, il avait l’impression de très bien connaître sa fiancée, et pourtant, pour des raisons inconnues, il sentait que son humeur générale avait changé remarquablement.

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Lan Jue pédalait, et Zhou Qianlin était perchée à l’arrière. Les deux étaient silencieux. Et même si leur trajet dans les paysages de Skyfire était pittoresque, il y avait une étrange barrière entre eux qui rendait le voyage désagréable.

Cela continua ainsi pendant un moment, puis Lan Jue parla. « Alors, où allons-nous ? »

« Hôpital de Grâce, » répondit-elle.

« Bien reçu. » Lan Jue prit la route de l’Hôpital de Grâce. Il n’y avait été qu’une seule fois, mais la marque profonde que l’endroit avait laissée en lui fit qu’il savait précisément comment s’y rendre. Ils continuèrent dans un silence relatif avant d’arriver aux portes.

Zhou Qianlin sauta habilement du ‘siège’ arrière du vélo. Cependant, elle ne fit pas un pas vers la porte. À la place, elle leva les mains, et se frotta le visage pendant un moment.

« Je n’y vais pas. »

« N’y va pas ! »

Les deux parlèrent simultanément. Ils échangèrent un regard. Ce fut le ton gêné de Lan Jue qui brisa le silence. « J’ai un ami qui vient à Skyfire City. J’ai promis que j’irais le voir. »

« Tes responsabilités s’arrêtent là, » répondit froidement Qianlin. « Je vais devoir augmenter la durée de ton contrat de quelques jours. Vas-y, pas besoin de revenir. Je saurai trouver le chemin de la maison. » Sur ce, elle se retourna et poussa les portes de l’hôpital. Ce faisant, son dos se tourna vers son garde du corps, un sourire s’étala sur son joli visage. Quels que soient ses problèmes, ou l’amertume de son humeur, un sourire couvrait toujours son visage quand elle entrait ici. Elle était là pour apporter de la joie aux personnes âgées à sa charge, pour rendre leurs vies meilleures.

La regardant partir, le visage de Lan Jue aussi se tordit bizarrement. « Héra, c’est ta sœur, » se murmura-t-il à lui-même. « Si je ne t’avais pas déjà, je ne sais pas si je pourrais m’empêcher de tomber amoureux de celle-là. Aimable, attirante… Mais mes problèmes sont nombreux, et je ne veux pas l’y mêler. Mais ne t’inquiète pas. Je vais t’aider à veiller sur elle. »


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