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Chapitre 66 – Le Thon Rouge


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 66


« Ralentissez, rien ne presse, » dit Zhou Qianlin de bonne nature.

« Tais-toi, où je te défonce la gueule ! » La voix grondante du Mécanicien résonna à travers la salle alors qu’il agitait son poing sous le nez du Comptable.

« Seuls les couards ont recours à la violence ! » Répliqua le Comptable.

« Appelle-moi couard et tu le regretteras. Tout ce que je sais c’est que, si tu continues à laisser libre cours à ton discours, je te réduirai en bouillie, puis je te raclerai par la porte ! » Menaça la dure voix du Mécanicien.

Le visage du comptable pâli. « S-s’abaisser face à un physique supérieur est la décision la plus sage. Je le tolérerai, pour l’instant ! »

Zhou Qianlin lutta pour repousser un rire à la vue de cet homme étrange. C’était une sorte de clown.

La dispute fut ponctuée quand le rideau de derrière fut tiré. Le Gourmet apparut portant un long plateau, sur lequel étaient disposées huit délicates assiettes carrées. Chacune tenait un grand rouleau d’algue, mais le contenu était incertain.

« Voici la bonne nourriture ! Qu’est-ce que c’est ? Qu’est ce que c’est ? » Le Comptable sauta presque de joie.

« La ferme ! »

Le Gourmet plaça le plateau sur la table. « Notre amuse-bouche est un rouleau émincé. Servez-vous. Ils sont faits avec les restes de la découpe du Thon Rouge, enroulé dans de l’algue. Il n’y a pas d’assaisonnement, juste les délicieuses saveurs originales de la viande elle-même combinées à la faible addition du contour. Un par personne. » En parlant, il en prit un pour lui. Une bouchée, deux, et c’était fini. Puis ses yeux tombèrent sur Zhou Qianlin, et il sourit amicalement.

« Voici le Gourmet, » présentas Lan Jue.

« Bonjour, merci de tenir ce merveilleux dîner, » dit-elle en se tournant vers lui.

Le gourmet ricana. « Pas besoin d’être aussi polie. Bienvenue, bienvenue, mange, je t’en prie. » Il lui fit signe de choisir un roulé, puis se retourna et sortit.

Le Comptable fut le premier à tendre la main pour prendre un roulé, mais elle fut déviée par une claque du Mécanicien.

« Quoi maintenant ?! Je ne peux pas utiliser de nourriture pour boucher ma bouche, ce n’est pas ce que tu voulais ? » Fulmina le Comptable.

Le Mécanicien montra le Maître des Vins, qui s’était levé et s’était déplacé à l’écart. Il s’arrêta devant une boîte.

Les yeux de Lan Jue brillèrent, et il se leva en suivant le Maître des Vins du regard.

La boîte métallique argentée s’ouvrit, et une faible odeur de vin s’en dégagea.

« Xérès1, » commenta Lan Jue, un sourire gravé sur son visage.

Zhou Qianlin regarda Lan Jue curieusement. « Comment sais-tu que c’est du xérès ? »

« Température et grade, » dit-il. « Des alcools différents ont une température adéquate différente à laquelle on peut les boire. Pour le vin rouge, c’est quinze degrés. L’incubateur n’aurait pas laissé échapper de vapeur comme tu as pu le voir à cette température. Le vin blanc, en revanche, est meilleur à cinq degrés. Qui, bien entendu, provoquerait ce genre de vapeur. Le champagne se consomme aussi aux mêmes températures, mais ne serait pas adapté à ce genre de repas, évidemment. Et donc, ça doit être du xérès. Il n’y a que du vin blanc qui puisse mettre en avant les saveurs des fruits de mer. »

Le Maître des vins sortit huit verres de la boîte, suivi d’une bouteille de vin. Elle était significativement plus grande que les bouteilles moyennes – à peu près trois litres. Cependant, le visage de Lan Jue tomba quand il vit l’étiquette. « Un vin commun. »

Le Maître des Vins lui lança un regard triste. « Pour du Thon Rouge, le mieux c’est un xérès frais et sec. Que préfères-tu ? »

Lan Jue eut un sourire en coin. « C’est bon. Et pas n’importe quelle bouteille. La qualité devrait aller. »

Le Maître des Vins poussa légèrement la bouteille, et elle glissa jusqu’à Lan Jue. Il lui lança un tire-bouchon.

Lan Jue ouvrit expertement la bouteille et la souleva. Il plaça son pouce dans la piqûre de la bouteille et enroula ses doigts autour du fond avant de se diriger vers le Maître des Vins et de lui verser deux doigts.

Le Maître des Vins leva le verre et le fit tournoyer avant de le porter à son nez. Il prit une profonde inspiration, une petite gorgée, et en appréciant l’arrière-goût, fit un petit signe de tête à Lan Jue. « C’est un vin de ville relativement ordinaire, mais de bon statut. Les avantages d’une plus grande bouteille. »

« Une grande bouteille peut être aussi bonne ? » Demanda le Comptable.

Le Maître des Vins lui lança un regard condescendant. « Vous laisser de ce vin est un gâchis. »

Le comptable prit un air douteux, mais n’osa rien dire devant le Maître des Vins.

Lan Jue ria malgré lui. « Dans une grande bouteille, le volume total est plus grand. Il retient plus longtemps sa saveur lors de la préservation. Si l’on suppose qu’une bouteille moyenne contient sept cent cinquante millilitres, et peut se conserver environ trente ans, alors un litre cinq devrait se conserver quarante. Cette bouteille de trois litres peut se conserver encore plus longtemps. En ce qui concerne le goût, puisque c’est le même vin en plus gros volume, il peut mieux résister l’exposition à l’oxygène. Le goût changera au cours du temps. Et donc, les bouteilles de plus grands volumes de vin sont tenues en haute estime, elles sont de meilleures qualités. C’est particulièrement vrai pour les vins plus vieux. »

En parlant, il arriva devant la Couturière. Il lui versa environ deux doigts avant de se diriger vers Zhou Qianlin, puis le Maître des Vins, Mécanicien, Maître des Cafés, Comptable puis lui-même.

Sa méthode de versement semblait simple, mais suivait les règles d’étiquette ; les femmes d’abord, puis dans l’ordre d’ancienneté.

Zhou Qianlin fit tournoyer le vin dans son verre, et la faible odeur de xérès remonta à ses narines. Elle prit une gorgée, et fut immédiatement emportée par une douce brûlure alors qu’il descendait le long de sa gorge. Elle le sentit lui chatouiller tout le corps. Ses jolis yeux étincelèrent.

Les roulés étaient remplis de viande rose, ça n’était pas très appétissant. Il n’y avait pas d’odeur particulière non plus. Zhou Qianlin tourna sa tête pour regarder Lan Jue. C’était la première fois qu’elle essayait quelque chose de semblable.

Lan Jue lui sourit. « Vas-y essaie. On n’a cette chance qu’une fois par an. »

Le Comptable ne put s’empêcher d’intervenir. « Maître des Joyaux, qu’il y a-t-il de si bien avec ce poisson-là ? C’est aussi la première fois pour moi. »

Le Maître des Cafés roula des yeux. « Te laisser te frayer un chemin ici était une erreur. Mais pour nos deux jolies invitées, je vais te le dire. »

« Le Thon Rouge vit dans la profondeur de l’océan, et est considéré comme mature quand il atteint cinquante livres. En vérité, ce n’est pas tout juste pêché qu’il est le meilleur. Après cinq jours sur la glace, c’est le bon moment. Ça lui donne le temps de relâcher ses acides aminés. Après cinq jours de rejet d’acide, il atteint son meilleur point gustatif – qui est le point où nous sommes maintenant. Pour ce qui est de la partie la plus riche du thon, ce sont les parties autour de son ventre. Réduite en bouillie, comme dans les roulés, ce n’est pas aussi savoureux que le ventre, mais c’est certainement quelque chose de spécial à manger. »

 

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  1. Le Xérès est un vin blanc d’Andalousie, en Anglais c’est Sherry.
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