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Chapitre 56 – La Gentillesse devrait être préservée


Source : Version anglaise

Traduit par : Arpakshaad
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 56


« Veuillez tous m’excuser un moment, je vais aller chercher de l’eau pour laver vos pieds. Venez l’un après l’autre s’il vous plaît. » Zhou Qianlin se retourna et fit signe à Lan Jue de la suivre. C’était la première fois qu’elle lui prêtait attention dans la demi-heure qu’ils avaient passé ici.

Lan Jue était encore surpris par la scène, mais parvint à la suivre.

Tandis qu’il marchait, il sentit tous les yeux se tourner vers lui.

« Ey, Linlin, est-ce que c’est ton petit ami ? » Les yeux de Mamie Meng s’illuminèrent malicieusement avec ce nouveau morceau de ragot potentiel.

Le visage de Zhou Qianlin devint cramoisi, et elle secoua la tête rapidement. « Pas du tout, c’est un ami à moi. » Elle s’adressa alors à Lan Jue. « Viens m’aider avec l’eau. »

Elle attrapa sa manche et le tira à travers une autre porte de l’autre côté du jardin.

Ils se retrouvèrent dans un long couloir bordé de part et d’autre par une série de portes, un numéro au-dessus de chacune.

« Pourquoi me tires-tu ? » Demanda Lan Jue en se faisant traîner.

« Ils prennent tous beaucoup soin de moi. Si je ne t’avais pas amené, tu ne t’en serais jamais sorti, » répondit-elle. « Avec toi pour m’aider aujourd’hui, aller chercher l’eau devrait être plus rapide. »

Comme ils parlaient, elle l’amena dans une simple salle. Une chaise en bois et un cadre en acier avec des étendoirs accrochés au plafond servaient de seules décorations.

« D’habitude, ils utilisent cette salle pour faire des injections aux patients. » Elle offrit la simple explication alors qu’ils se déplaçaient vers le chauffe-eau dans le fond. Une bassine avait été disposée à côté.

Zhou Qianlin prit la bassine et commença à verser l’eau chaude à l’intérieur. « Le tuyau pour l’eau froide est dehors. Va nous en chercher qu’on puisse ajuster la température. »

« De toute façon, pourquoi laves-tu les pieds de ces gens ? » demanda Lan Jue honnêtement curieux.

« Ils sont vieux et ont du mal à se baisser, » répondit-elle sans hésitation. « Et leur laver les pieds à l’eau chaude aide pour la circulation. »

La bassine se remplit durant leur échange, et elle la plaça soigneusement sur le sol. Elle enleva son sac à dos et le plaça sur le côté.

Debout à côté d’elle, Lan Jue put clairement examiner le contenu du sac alors qu’elle l’ouvrait pour farfouiller à l’intérieur.

Il n’y avait pas de maquillage, d’accessoires, ou de jouets comme on pourrait s’y attendre ; juste des livres et deux sacs – un grand, et un petit.

Elle commença par retirer le petit sac et y rangea le coupe-ongle qu’elle avait utilisé précédemment. Il y avait aussi une paire de ciseaux et une tondeuse à cheveux.

Elle ouvrit ensuite le grand sac. Lan Jue y jeta un œil, et ne put s’empêcher de lever ses sourcils et d’intervenir.

« À quoi servent les épluchures d’orange ? »

Zhou Qianlin sourit, et sa réponse ne contenait pas peu de fierté. « Tu ne sais pas ? Mettre des épluchures d’orange dans l’eau n’aide pas seulement à la circulation, mais peut aussi repousser les cuticules, adoucir la peau des pieds et les empêcher de craqueler. »

« Tu es homéopathe aussi, » marmonna Lan Jue étonné.

Le sourire de Zhou Qianlin s’agrandit. « Va chercher l’eau. »

« Bien, » dit-il, en se retournant pour le faire.

Le premier groupe comprenait quatre patients âgés. Ils entrèrent rangés et s’assirent. Quand Lan Jue revint, leurs yeux se tournèrent immédiatement vers lui, de la curiosité plein le visage.

« Dis-moi, fils, qui es-tu en fait ? »

« Tu n’es vraiment pas le petit ami de Linlin ? »

« Hey gamin, t’es plutôt charmant, mais tu ne fais pas le poids face à notre Linlin. Cours toujours, eh ! »

« Tu fais du mal à notre petite, et tu auras affaire à moi ! »

Lan Jue était envahi de questions, mais sentit clairement combien Zhou Qianlin comptait pour ces gens.

Avec l’aide de Lan Jue, quatre bassines chaudes pleines d’épluchures d’orange furent préparées rapidement. Chacune fut placée devant le patient avant que ses chaussures et chaussettes ne soient soigneusement enlevées puis leurs pieds furent placés dedans.

Ses gestes étaient habitués, fluides du début à la fin. Chacun des retraités rayonnait pendant qu’elle travaillait, leurs pâles yeux jaunes pleins d’appréciation et de satisfaction.

« Est-ce que tu viens seule d’habitude ? » demanda Lan Jue en l’aidant à verser l’eau.

« Xiao Mi m’accompagne d’habitude, » dit-elle. « Elle avait quelque chose à faire aujourd’hui, sinon je ne t’aurais pas demandé de venir. C’est probablement la première fois que tu fais quelque chose comme ça, huh. Tu n’as pas l’habitude. »

Lan Jue hocha son acquiescement.

« Eh bien, aujourd’hui nous allons utiliser un peu de ton temps, » continua-t-elle. « Ils vont se réchauffer les pieds pendant vingt minutes chacun environ. Jusqu’à ce qu’ils transpirent un peu c’est mieux. »

« Pourquoi fais-tu ça ? »

Zhou Qianlin le regarda étrangement. « Pas de vraie raison ! Ces gens ont besoin qu’on s’occupe d’eux, alors me voici. Je suis heureuse quand je suis avec eux. J’ai perdu mes grands-parents durant la guerre, mais ici, j’ai plein de grands-parents avec qui passer mon temps. Ils ont vécu tellement de choses, j’adore les entendre parler de leurs vies. Si mes études n’étaient pas aussi prenantes, je serais ici plus souvent. »

« Oh. »

Plonge, lave, essuie. Et ainsi de suite.

Cela continua pendant deux heures, lavant les pieds de chaque locataire, mais Zhou Qianlin ne perdit pas de temps. Quand ils partaient, elle récupérait aussi leur linge, l’amenant à la buanderie à rincer et sécher.

Il faisait nuit quand ils sortirent de la Maison de Retraite de l’Hôpital de Grâce. Lan Jue était debout à la porte, portant le sac de Zhou Qianlin tandis qu’elle amenait ses mains à sa tête et s’étirait. Sa souple silhouette dans la faible lumière était quelque chose à voir.

Lan Jue épaula son sac et commença à pousser son vélo. « Fatiguée ? »

« Non, j’ai l’habitude. Et toi ? T’as pris le truc assez rapidement, et ils avaient l’air de t’apprécier. Je ne soupçonnais pas la grande noblesse d’être capable de faire ce genre de travail, héhé. » Le sourire de Zhou Qianlin avait éclos significativement. Sauf pour le tout début, Lan Jue avait été à ses côtés et avait aidé pendant les deux heures, son splendide trois-pièces se froissant désespérément au fil du temps.

Il sourit. « Aider les personnes âgées est une forme de respect. Nous devrions tous le faire. »

« Il est temps de rentrer, » dit Zhou Qianlin.

Lan Jue tapota le siège arrière du vélo avant de monter. Zhou Qianlin s’y assit comme si elle l’avait fait des centaines de fois, et enroula immédiatement ses bras autour de sa taille.

Alors que le vélo commençait à avancer silencieusement, Lan Jue parla au-dessus de son épaule. « Ça fait combien de temps que tu viens ici ? »

« Plus de deux ans. »

« As-tu quelque chose de prévu demain soir ? »

Zhou Qianlin répondit sur ses gardes. « Pourquoi ? »

« Un ami m’a invité à un repas, et je peux amener quelqu’un. Voudrais-tu venir ? »

Un éclair de surprise passa au travers des jolis yeux de Zhou Qianlin. Mais il y avait quelque chose d’autre encore plus profond.

« Pourquoi m’invites-tu à venir à un repas avec toi ? »

Lan Jue sourit. « La gentillesse devrait être préservée. »

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