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Chapitre 43 – C’est l’Aristocratie !


Source : Version anglaise

Traduit par : Kayorko
Edité par : Zareik
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 43


       – Je vais tous vous apprendre à être des aristocrates. Lorsque ses mots flottèrent dans les airs, quasiment tous les visages affichèrent une moue de dédain. Quelques-uns rirent ouvertement. Tang Mi était l’une de ces personnes, mais Zhou Qianlin ne fit que révéler un sourire connaisseur.

       – Qianlin, tu veux réellement écouter ça ? Nous apprendre à être nobles, c’est risible, murmura Tang Mi à l’oreille de Qianlin, sa voix pleine de mépris. Ce professeur est définitivement plus beau que ce à quoi je m’attendais, mais il n’est probablement qu’une sucrerie pour les yeux. Tout dans le look et rien dans le cerveau.

       – Arrête de raconter n’importe quoi, murmura Qianlin, le visage rouge. Des visions d’une nuit qui s’était passée pas si longtemps auparavant étaient apparues dans son esprit.

Lan Jue se tourna vers le tableau noir avant de se mettre à écrire. Bien que la voix de Tang Mi ait été faible, il avait entendu chacun de ses mots.

« Tout dans le look et rien dans le cerveau. » Sa craie se brisa.

Il prit une profonde inspiration et finit d’écrire.

Les mots qu’il avait écrits s’alignaient dans une écriture fine et large. Le directeur les regarda avec appréciation. Dans ce monde et cet âge de haute technologie, très peu de personnes prenaient le temps ou l’effort de travailler leur écriture.

« Qu’est l’aristocratie ? » Ces trois mots regardaient l’ensemble des élèves depuis le tableau noir.

       – Donc, qui peut me dire. Qu’est-ce que l’aristocratie ? Lan Jue posa sa craie sur le côté et se tourna pour regarder la forêt d’étudiants qui se trouvait devant lui.

Une fille avec d’énormes boucles d’oreilles dansant de chaque côté de sa tête intervint,

       – N’est-ce pas le fait de vivre dans une grande demeure, de conduire des verti-véhicules haute-altitude, d’être entouré de gardes du corps et d’avoir une beauté aux bras ? N’est-ce pas ce que vous pensez les garçons ?

       – N’importe quoi, les gardes du corps ne veulent rien dire. Tu as besoin d’avoir au moins une unité de Méchas. C’est le style, l’interrompit Jin Tao. Et une beauté n’est définitivement pas suffisante. Si tu veux être un noble, ton unité complète de Méchas devrait être pilotée par des canons. Ça veut donc dire que les filles sans seins et sans culs comme toi sont hors catégorie.

       – Tu cherches à mourir, hé, Stupide-Cabot ? La fille écrasa son poing contre la table avant de bondir sur ses pieds. Elle avait clairement déjà oublié que le directeur était silencieusement assis dans le fond.

Jin Tao leva son majeur et se leva pour aller à sa rencontre.
       – Ramène-toi.

       – Silence ! La voix profonde de Wu Junyi se répandit à travers la classe. Le brouhaha qui menaçait d’engloutir tout l’auditorium fut instantanément supprimé. Le directeur Wu n’avait pas prévu d’intervenir, mais une lueur de surprise était passée sur le visage de Lan Jue, une lueur semblant questionner l’intégrité de l’école. Sous l’embarras, il se sentit forcé d’intervenir.

La fille blonde avec les boucles d’oreille géantes jeta un regard assassin à Jin Tao.

       – Vous avez tous les deux faux. Ce dont vous parlez n’est pas de la noblesse. C’est le nouveau riche. Le nouvel argent, répliqua Lan Jue avec un ton égal.

       – Pfft. Quelques étudiants des premiers rangs ne purent s’empêcher d’exprimer leur opinion.

Lan Jue agit comme s’il n’avait pas entendu et continua,
       – Aujourd’hui, pour votre premier cours, je vais simplement vous expliquer exactement ce que j’entends par aristocratie.

       – Dans l’esprit de la plupart, le fait d’être dans une école noble donne une éducation de noble. Selon ces personnes, c’est ainsi que l’on obtient la noblesse. Le résultat est que de nombreuses familles riches envoient leurs enfants dans l’Alliance de l’Ouest dans les écoles nobles afin qu’ils deviennent aristocrates à leur diplôme. Mais lorsqu’ils découvrent que même les meilleurs étudiants de ces écoles dorment sur des lits en bois, mangent les plus simples des repas et endurent les entraînements les plus stricts – ils trouvent que leurs vies sont bien plus difficiles que les étudiants des écoles publiques. Ils ne comprennent pas que cet ascétisme Bouddhiste est la clé de l’esprit noble.

       – En fait, cela ne devrait pas du tout être surprenant. L’aristocratie est différente des nouveaux riches. L’aristocratie n’entre pas en conflit avec l’esprit commun et est très différente d’une vie de plaisirs et d’autoglorification. C’est au contraire basé sur le fait de cultiver un caractère qui se base sur le courage, l’honneur, l’autodiscipline et la responsabilité.

Il n’y avait aucun changement parmi les étudiants auxquels Lan Jue parlait, mais les yeux de Wu Junyi, qui était assis au fond de la pièce, étaient fixés sur lui. Il donna un très léger, presque inconscient, hochement d’approbation.

       – Les écoles nobles les plus fameuses de l’Alliance de l’Ouest implémentent de stricts et difficiles entraînements militaires dans le but d’instiller la coopération et l’autodiscipline dans l’esprit de leurs étudiants. Les vrais nobles possèdent une volonté de fer et une force d’esprit immense. C’est un sens de caractère qui doit être instillé dès le plus jeune âge. Les écoles publiques des autres Alliances emploient aussi ces méthodes pour former leurs nombreux citoyens à devenir des citoyens de première classe. C’est par exemple le cas du Général Wellings qui vainquit l’Amiral Hu Na et sa Brigade du Tigre dans l’Alliance du Nord. C’était l’un des meilleurs étudiants d’une école publique de l’Ouest. Son nom est maintenant renommé dans les trois Alliances et il est fameux pour son histoire militaire. Il y a une histoire à propos d’une bataille décisive qu’il avait menée contre l’Amiral : à ce moment-là, il était au front et observait les positions ennemies tout en restant sous les feux de l’artillerie lourde des Méchas ennemis. Ses conseillers le poussèrent plusieurs fois à battre en retraite, mais il refusa à chaque fois. En voyant qu’il ne changeait pas sa décision, ils lui demandèrent alors ce que seraient ses derniers mots s’il devait tomber au combat. Sans même tourner la tête pour les regarder, il leur dit « dites-leur que mes derniers mots étaient comme moi, insoumis. »

Lan Jue raconta l’histoire d’une voix ordinaire, mais lorsqu’il finit le conte du Général Wellings, la salle de classe était tombée dans un silence attentif.

Le dédain sur le visage de Tang Mi avait fondu et Zhou Qianlin écoutait dans un silence religieux. Wu Jinyu restait aussi stoïque que précédemment et les yeux de Jin Yan brillaient.

       – La richesse concerne les possessions matérielles, mais la noblesse ne concerne que l’âme. Un esprit noble signifie avant tout et plus que tout, que l’individu possède une autodiscipline. De la retenue. Ils se sacrifient pour le service des autres. Prenez par exemple le Prince William et le Prince Harry, d’anciens princes de l’Alliance de l’Ouest. Les deux avaient été envoyés dans une école d’officiers militaires pour s’entraîner et après l’obtention de son diplôme, le Prince Harry est parti directement sur les lignes du front pour se battre contre le Nord. En tant que pilote ordinaire. La maison royale de l’Alliance de l’Ouest savait évidemment qu’Harry était de sang royal. Ils connaissaient aussi les risques de se battre sur les lignes du front. Mais le sacrifice et le fait de risquer sa vie pour son peuple étaient ce qui faisait d’un homme un vrai noble. Durant la première guerre entre l’Alliance de l’Est et l’Alliance de l’Ouest, une photo circula énormément parmi la population. Le commandant en chef des forces de l’Est, le Maréchal Qi Mu, avait été dans les tranchées pour surveiller la situation. Il s’était tenu à la porte d’une maison en ruine, les yeux fixés sur une femme qui semblait aussi pauvre qu’une mendiante et lui avait demandé, « Pardonnez-moi madame, est-ce que cela vous dérangerait que j’entre ? » Il avait montré son respect à un des sujets les plus vulnérables de la société. Parce qu’un vrai noble sait que le respect n’est pas réservé aux riches.

       – Le 28 octobre 1910 de l’Ère Précédente. Un vieil homme donna toutes ses possessions aux pauvres afin de sauver son esprit souffrant. Il quitta son grand manoir et mourut comme un vagabond dans une station de train. Cet homme était le Comte Lev Nikolayevich Tolstoy, un écrivain russe célèbre de l’ancienne Ère. Des années plus tard, un autre écrivain reconnu de l’Ère Précédente, appelé Stefan Zweig, dit de Tolstoy : « Cette mort sans gloire ne diminue en aucun cas sa grandeur. S’il ne pouvait porter la souffrance du monde, alors Lev Tolstoy ne serait pas considéré aujourd’hui comme un trésor humain. »

Ses mots flottaient dans les airs et il balaya du regard les étudiants qui étaient rassemblés devant lui. Soudain, sa voix devint féroce et résonna à travers l’auditorium.

       – Voilà… voilà ce qu’est l’aristocratie.

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