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Chapitre 4 – Romanée-Conti


Source : Version anglaise

Traduit par : Kayorko
Vérifié par : Zareik


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 4


   Skyfire Avenue. L’Antique Vinicole Gothique.

Elle semblait avoir dix-huit ou dix-neuf ans. Sa peau était aussi blanche que le jade et ses longs cheveux étaient peignés avec soin. Elle était habillée d’une robe blanche de la période Romantique française qui mettait en valeur son visage.

 Seulement, cette jeune fille haletait légèrement. Sa tête était baissée. Son joli visage et son élégant cou étaient tous deux rosés. Ses longs cils tremblaient légèrement et elle paraissait embarrassée.

       – Excusez-moi. Je suis en retard.

 Le Maître des Vins dévisagea sévèrement la jeune fille. Il dit ensuite calmement,
       – Vous pouvez partir. Le retard n’est pas une erreur pardonnable.

       – Pourquoi ne pas lui laisser une chance ? La voix de Lan Jue se fit soudain entendre.

 Le Maître des Vins répondit d’un ton ferme.
       – Le retard représente de l’irrespect.

 Lan Jue dit alors,
       – Quand nous étions jeunes, nous passions nous aussi un certain temps à nous préoccuper de notre apparence. Pourquoi ne pas lui laisser une chance ? Considère ça comme une faveur que tu me fais.

 Le Maître des Cafés, habillé en chemise blanche, dit,
       – Il nous traite de vieux. Il avait un léger sourire sur ses lèvres, l’air de dire « je ne suis pas le genre de personne qui cherche à envenimer les situations, non, non ».

 Le Maître des Vins fronça les sourcils.

 Le Gourmet prit alors la parole.
       – Maître des Joyaux, pour la bouteille de vin que tu as dans tes mains, je te soutiens.

 Le Maître des Vins tourna alors inconsciemment son regard vers Lan Jue et, à la vue de la bouteille de vin dans les mains de celui-ci, ne fut plus capable de garder son calme.

 Le normalement toujours calme et solennelle Maître des Vins, se leva brusquement. Le doigt pointé vers Lan Jue, ses lèvres se mirent à trembler.
       – Je t’avais dit de prendre une bouteille ordinaire ! Gronda-t-il tout en grinçant des dents.

 Lan Jue, un air sérieux sur le visage, répondit calmement,
       – Mais je n’ai jamais été une personne ordinaire, tu le sais très bien.

       – Rends-la-moi ! Comme une flèche, le Maître des Vins apparu à côté de Lan Jue et récupéra sa bouteille des mains de celui-ci.

 Lan Jue ne l’évita pas. La bouteille de vin arriva intact dans les mains du Maître des Vins à l’exception de son bouchon qui resta dans les mains de Lan Jue. Un bouchon dont émanait une légère odeur de vin.

        – Tu… salopard ! Tu l’as ouverte ! S’exclama avec furie le Maître des Vins.

       – Jurer est une impardonnable erreur pour un noble. Lan Jue agita le bouchon en liège en reprenant le Maître des Vins.

 La jeune fille en robe blanche leva la tête lorsqu’elle vit la bouteille de vin. Ses yeux bleus semblèrent s’illuminer.

 La respiration du Maître des Vins était saccadée. Après avoir pris plusieurs longues inspirations, il récupéra la pièce de métal qui était dans l’autre main de Lan Jue.

      – Eva, apporte de l’eau chaude et des tranches de pain blanc. Apporte aussi un jambon Ibérique de 72 mois coupé en lamelles.

        – Bien monseigneur.

        – Attends. Le Gourmet se leva et appela Eva. Avec un faux sourire sur ses lèvres, il regarda le Maître des Vins qui tenait toujours fermement la bouteille de vin dans ses mains. Donc tu avais quelque chose d’aussi délicat que du jambon Ibérique affiné 72 mois mais tu étais trop avare pour le sortir.

 Le Maître des Vins répondit avec amertume,
       – Le Vieux Maître m’en avait apporté dix-neuf tranches il y a quelque temps. Il n’en reste plus que quatorze. Je comptais les déguster tout seul. Vous profitez de ma bonté.

 Le Gourmet fit un sourire,
       – Calme-toi. Pour pouvoir pleinement profiter d’un bon vin et d’une bonne nourriture cela demande d’être de bonne humeur. En plus, une seule tranche de jambon dure pour de nombreux repas. Eva, amène le jambon complet, un large plat ainsi qu’une vingtaine de bougies. Je vais m’en occuper.

 Eva chercha du regard l’approbation du Maître des Vins qui lui donna. Peut-être grâce aux mots du Gourmet, la colère du Maître des Vins semblait s’être apaisée.

 Lan Jue marcha jusqu’à son siège et s’assit. Il jeta un coup d’œil à la jeune femme qui semblait comme ensorcelée.
       – Reconnais-tu cette bouteille de vin ?

 Immédiatement, la jeune femme hocha vigoureusement de la tête.

 Lan Jue sourit.
       – Dis-moi ce que tu en sais.

 La jeune femme n’hésita pas.
       – C’est un Romanée-Conti, l’un des vins les plus renommés du monde. C’est le « roi » de la production des vins de la région de Bourgogne en France. C’était la fierté de la Bourgogne et un maître des vins a même un jour dit que « les Bourgognes, juste par le Romanée-Conti, sont supérieurs aux huit autres châteaux de Bordeaux ». Durant l’ère précédente, c’était le vin rouge le plus réputé au monde.

 Lan Jue dit,
       – Dis-moi maintenant ce que tu sais de son goût.

 Les yeux de la jeune femme révélèrent une pointe d’intoxication
       – Il a une sorte de saveur qui coule dans les papilles et les dents. Sa saveur est telle qu’on dirait qu’elle peut s’enfouir dans toutes les cellules de notre corps. Son parfum reste longtemps en bouche et est exquis et lourd tout en étant délicat et fort, mais aussi équilibré et condensé. Il a la douce et gracieuse texture du velours. Ce vin est réalisé par distillation des meilleurs raisins de Pinot Noir. C’est un vin inimitable. Depuis le début de la Nouvelle Ere, à cause des changements environnementaux et des dégâts faits à notre planète mère, plus aucun Romanée-Conti n’a été produit et ce depuis 2025.

 En entendant les mots de la jeune fille, Lan Jue, le Maître des Vins et le Gourmet révélèrent tous trois un air de surprise sur leur visage.

 Le Maître des Vins dit,
       – Tu en as déjà bu ?

 La jeune fille hocha la tête, semblant embarrassée.
       – J’ai eu une fois la chance de goûter un verre de Romanée-Conti 1981. Bien que ce ne soit pas la meilleure année pour le Romanée-Conti, la saveur de ce vin pèse encore sur mon âme.

 Le Gourmet sourit.
       – Voilà une jeune fille qui a du goût. Il semblerait que le Maître des Joyaux ait encore une fois eut raison.

 Lan Jue regarda le Maître des Vins qui acquiesça avant de dire,
       – Pour le bien du Romanée-Conti, je considère que tu as passé cet entretien. Rappelle-toi cependant qu’à l’avenir, quoi que tu fasses, en tant que noble, tu ne peux pas te permettre d’être en retard, quelle que soit la raison.

 La jeune femme fit une profonde révérence.

 Le Maître des Vins dit,
       – Tu peux y aller maintenant. Eva te guidera pour les procédures.

       – Merci. La jeune femme fit de nouveau une révérence. Après une petite pause, elle rassembla finalement son courage et demanda. Dans le futur, si j’obtiens le badge de Skyfire Avenue, pourrais-je venir ici pour vous acheter une bouteille de Romanée-Conti ?

 Le Maître des Vins, le visage froid, la congédia d’un geste.
       – Mon Romanée-Conti n’existe que pour mes amis.

 Une lueur de déception apparue sur le visage de la jeune femme. Elle fit une dernière révérence puis se tourna et partit.

 Plusieurs serveurs arrivèrent avec quatre verres pour Pinot Noir, une assiette de tranches de pain blanc, quatre verres d’eau chaude, un plateau blanc carré et un énorme jambon d’un mètre de long et d’une trentaine de centimètres d’épaisseur.

 [NDT : oui oui, ce sont bien des verres pour Pinot Noir et non de Pinot Noir…                          http://www.latabledarc.com/autour-du-vin/vin-rouge/verres-pinot-noir.html ]

 Le Maître des Vins jeta un regard froid à Lan Jue.
       – À l’avenir, je ne te laisserai plus jamais m’aider pour les entretiens.

 Lan Jue sourit.
       – Maître des Vins, il faut que tu apprennes à devenir plus charitable. Les bonnes choses sont faites pour être partagées entre amis.

 Le Maître des Vins fit entendre un grognement. Il attrapa la bouteille de Romanée-Conti d’une main, le pouce pressé d’un côté du haut de la bouteille et les quatre autres doigts en opposition.

 En regardant le label de la bouteille, il murmura,
       – Romanée-Conti de l’année 2005 de l’ère précédente… espèce de charlatan, tu es vraiment trop vicieux.

 Lan Jue regardait le verre de vin posé en face de lui et dit, l’air de rien,
       – J’ai aussi vu une bouteille de Romanée-Conti de 1990.

 Les yeux du Gourmet s’agrandirent.
       – Pourquoi tu ne l’as pas prise ? Bien que 2005 soit l’une des meilleures années, l’année 1990 est légendaire pour les Romanée-Conti !

 Lan Jue, d’un air très sérieux, répondit,
       – Une personne ne doit jamais aller trop loin. Je ne voulais pas non plus être mis sur la liste noire du Maître des Vins.

 Un léger sourire apparu sur le visage du Gourmet qui arrangeait les vingt bougies sur la table.
       – Ne t’inquiète pas. Les autres pourraient peut-être te faire ça, mais nous, jamais.

 Le Maître de Vins grommela, mécontent,
       – Cherchez-vous à vous venger pour quelque chose que j’aurais fait ?

 Lan Jue et le Gourmet se regardèrent, sourirent puis dirent quasiment en même temps,
       – Les bons partenaires de boisson sont difficiles à trouver.

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