skip to Main Content
Menu

Chapitre 38 – L’UNE


Source : Version anglaise

Traduit par : Kayorko
Edité par : Zareik
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 38


                La bicyclette serpentait paresseusement sur la route en direction de l’école. Lan Jue était assis très droit dessus afin de ne pas froisser son beau costume.

La belle bicyclette noire qu’il utilisait lui avait été donnée par le Maître des Vins. Il avait toujours été un adepte des antiquités. La bicyclette était apparemment une relique provenant de la Chine de l’Ère Précédente. La marque – Forever – était encore visible sur le cadre. C’était un bon nom qui dénotait de sa qualité. Lorsqu’il roulait avec la bicyclette, elle était vraiment silencieuse.

Une brise fraîche et rafraîchissante caressait son visage. Occasionnellement, il actionnait sa sonnette et le *ding ding ding* retentissait dans le vent. C’était naturellement une expérience nouvelle pour Lan Jue.

Afin d’apparaître plus comme un professeur, Lan Jue avait aujourd’hui choisi de porter une paire de lunettes à branches noires. Elles étaient naturellement sans correction, mais elles lui apportaient un certain air cultivé et de gentillesse. Sur son visage propre et aimable se trouvait un sourire élégant. Cela lui donnait un air savant très différent de son habituelle attitude.

Au loin, il pouvait reconnaître l’imposante Université Nationale de l’Est. Les portes principales étaient hautes et semblaient avoir été coulées d’un seul et même bloc de métal raffiné. Elles étaient, en réalité, composées d’un alliage bien que ce soit difficile à déterminer visuellement.

L’Université Nationale de l’Est, l’UNE. Ces lettres se tenaient au-dessus des portes, grandes et fières. Elles avaient été écrites avec force d’une manière qui attirait l’attention. Elles firent repenser à Lan Jue au vieux qui s’allongeait facilement dans sa chaise de bureau. Il ne pouvait pas avoir été celui qui les avait écrites, si ?

Et pourtant, Lan Jue savait clairement que cet homme, bien qu’il semble plus vieux que Dieu, avait probablement encore une centaine d’années avant de passer l’arme à gauche. Il était le plus grand scientifique du monde ! Y avait-il qui que ce soit d’autre qui comprenait mieux que lui le fonctionnement du corps humain ?

Il ne fallut pas longtemps pour que Lan Jue et son antique bicyclette arrivent devant les majestueuses portes du campus.

Il était arrivé juste au moment où les étudiants arrivaient eux aussi pour leurs cours matinaux. Les portes de l’école étaient grandes ouvertes pour permettre aux occasionnels véhicules maglev de passer. Lorsque ces véhicules gravitationnels arrivaient devant les portes, ils ralentissaient rapidement leur grande allure. Ce n’est qu’une fois après avoir été scanné par les portes qu’ils étaient autorisés à entrer dans l’enceinte de l’Université.

En plus des maglevs, quelques véhicules verticaux de haute altitude pouvaient être aussi aperçus de temps en temps. Comme leurs cousins de moindre prix, ils devaient s’arrêter et être scannés avant de pouvoir entrer. L’air au-dessus de l’université était quant à lui complètement vide de véhicules verticaux ou d’autres engins de déplacements. C’était l’une des règles du campus et de telles règles pouvaient valoir le risque de se faire tirer dessus en plein vol si elles n’étaient pas respectées.

*****

Un grand nombre de maglevs arrivaient jusqu’aux portes, mais ne les dépassaient pas. Se garer sur le parking du campus coûtait de l’argent, c’est pourquoi la plupart des étudiants étaient déposés à l’école par leur famille. Ils se retrouvaient déposés devant les portes et n’avaient plus qu’à marcher pour rejoindre les bâtiments de l’Université.

Jin était l’un de ces étudiants. Le maglev de sa famille arrivait devant les portes et descendit suffisamment bas pour qu’il puisse sauter. Ce jour-là, une fois au sol, il replaça son sac à dos derrière lui avant de se mettre à marcher en direction de la grande entrée.

Le sac à dos était quelque chose qui avait survécu à l’inévitable marche du progrès. Les poches personnelles interdimensionnelles existaient, mais seuls quelques étudiants venant de familles très riches en avaient.

La famille de Jin était au mieux une famille de milieu de classe. Rien que d’avoir un maglev était une grande réussite pour eux.

Il continua d’avancer à travers les portes, hochant la tête au rythme du son de la musique rock&roll diffusée dans son casque audio, comme il le faisait tous les jours.

Il portait un uniforme scolaire noir en bon état, mais son t-shirt blanc en dessous avait son troisième bouton défait, ce qui révélait ses pectoraux peu musclés. Il portait une boucle d’oreille en diamant à son oreille gauche, ce qui attirait l’œil, qui remontait ensuite jusqu’à ses cheveux roses coiffés en pics. Cela lui donnait globalement l’apparence d’un délinquant. Il ne ressemblait en tout cas certainement pas à un étudiant modèle.

Pilote de Mécha. Junior. Enfant à problèmes. C’était les mots qui décrivaient Jin. Son nom était en réalité Jin Tou, mais son attitude miséreuse lui avait valu le surnom de Stupide-Cabot. Il était comme un cabot, disaient-ils, mordant toutes les personnes qu’il croisait. Et à son niveau actuel, son diplôme commençait à ressembler à une douce utopie.

Tandis qu’il traversait les portes, Stupide-Cabot Jin leva les yeux justes à temps pour voir quelque chose qui l’arrêta sur place.

Un homme vêtu d’un costume soigné arrivait à l’école sur une ancienne bicyclette. Il n’était plus qu’à quelques mètres de l’école lorsqu’il lança sa jambe droite au-dessus de l’arrière de son vélo tout en se tenant sur sa pédale gauche avec son autre pied. Il continua d’avancer comme cela, debout sur un seul côté de sa bicyclette. Son entrée nonchalante, son costume soigné et sa stature fine donnaient un ensemble qui attirait clairement l’attention.

Stupide-Cabot Jin avait développé un intérêt pour les nouvelles choses et ses yeux s’agrandirent à cette vue. Il fit immédiatement rejoindre son index et son pouce avant de les mettre dans sa bouche et d’émettre un sifflement perçant.

L’homme arriva rapidement au niveau des portes. Il descendit à ce moment de son moyen de transport.

       – Hé, frère, pas mal ! Où as-tu trouvé ce deux-roues ? Ça à l’air cool pour rouler. Complètement mécanique, n’est-ce pas ? C’est seulement manuel ? Stupide-Cabot Jin donnait l’air d’être un fan du passé tandis qu’il marchait en cercle autour de l’homme.

L’homme offrit un sourire raffiné et donna un hochement de tête réservé.
       – Cela s’appelle une bicyclette. Complètement mécanique et complètement dépendante de la force humaine.

       – Elle a du caractère ! Laisse-moi monter dessus pour l’essayer. Jin s’approcha encore plus près avec zèle.

       – J’ai bien peur que non, répondit l’homme en costume en secouant la tête.

       – Pfff, cracha Stupide-Cabot avec dédain. Mm, c’est pas juste, ‘spèce de bâtard égoïste. M’en fout. Tout en parlant, il se tourna et entra dans le campus. Il n’était pas un bon élève, mais créer des problèmes à l’entrée des portes de l’université était juste synonyme d’idiotie complète.

*****

Lan Jue suivit des yeux le punk à tête de coq avec un léger rire intérieur. Des souvenirs de ses propres moments en tant qu’élève lui revinrent. Il semblait que cette université ait ses propres élèves à problèmes. Le style de coiffure exagérée du jeune lui rappela A-Cheng jeune qui avait aussi expérimenté quelque chose de similaire. Mais malheureusement, cela s’était arrêté lorsque sa mère était entrée comme une tempête dans l’école avec une paire de ciseaux. *Snip, snip !*

*Bip !* Attention, véhicule non enregistré, vous êtes prohibé d’aller plus loin. Une voix sans émotion tira Lan Jue de ses rêveries. Deux hommes en uniforme le regardaient tout en s’approchant.

Les deux hommes faisaient clairement partie de la sécurité du campus et étaient dans des uniformes qui ressemblaient à des tenues militaires fatiguées. Les deux étaient assez grands et bien musclés.

       – Véhicule non enregistré, vous n’êtes pas autorisés à entrer sur le sol du campus. S’il vous plaît, attendez ici et montrez votre badge d’étudiant pour inspection.

Lan Jue n’était certainement pas aussi vieux que Zhou Qianlin avait essayé de le faire croire. Rasé de près, il semblait assez jeune et n’était en rien différent d’un étudiant tout juste diplômé.

Lan Jue sourit et il dit poliment aux gardes,
       – Bon matin à vous deux. Je vous prie de m’excuser, mais je n’ai pas de badge d’étudiant. C’est en réalité mon premier jour ici. J’ai peur de ne pas être très familier avec les règles. Tout en parlant, il sortit une enveloppe bleu foncé du panier arrière de sa bicyclette. Il ouvrit le document et tendit sa lettre d’affectation.

L’un des gardes prit le papier de la main de Lan Jue tout en sortant en même temps un instrument de sa ceinture. Il plaça l’appareil au-dessus du document pour le scanner. Ce n’est qu’après qu’il l’ouvrit pour lire la lettre.

       – Professeur d’Étiquette ? Qu’est-ce que c’est qu’un professeur d’étiquette ?

*****

<< Précédent << >> Suivant >>

Cet article comporte 6 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
error: Contenu protégé
Back To Top