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Chapitre 31 – Arlequin Argenté


Source : Version anglaise

Traduit par : Kayorko
Edité par : Zareik
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 31


     L’homme massif s’efforça de se relever après le coup du Barbier. Il connaissait précisément sa force et il n’était pas stupide – si le Barbier avait été capable de le projeter si facilement, il valait mieux ne pas continuer plus loin. Il se tourna d’un air sombre, souhaitant repartir.

       – Arrête-toi là, ordonna durement le Barbier.

Le géant chauve se tourna de nouveau.
       – Qu’est-ce tu veux encore ? dit-il, menaçant. La peur était toutefois visible dans ses yeux.

Le Barbier le regarda avec apathie.
       – Ce serait plutôt à moi de te poser cette question. Sais-tu où tu es ?

Une lueur menaçante s’éclaira dans les yeux du géant chauve.
       – Skyfire Avenue.

       – Tu le savais donc, dit le Barbier, et pourtant, tu allais délibérément à l’encontre de ses règles.

Le géant grogna.
       – Je n’ai enfreint aucune règle. Où est-ce que c’est marqué qu’on ne peut pas marcher du côté opposé de la rue ?

Le visage du Barbier adopta une expression choquée.
       – Donc tu savais que tu allais dans le sens opposé de la foule ! C’est bien. En réalité, tu as raison, il n’y a pas de règle interdisant expressément de marcher en sens contraire de la foule. Mais c’était avant. À partir de maintenant, cette rue a une nouvelle règle qui est celle-ci. Parce que je viens de le dire. Je soumettrai cette proposition quand je reviendrai au Conseil de Skyfire. Et, de la même manière, tu vas payer pour ton attitude contraire à cette règle.

Le visage du chauve blanchit.
       – Yeah, bien sûr. Comment vas-tu l’prouver ? Après avoir craché ces mots, il se tourna avant de descendre en courant la rue en contresens.

Le Barbier renifla avec dérision.
       – Ces gros bras du Grand Conclave sont aussi stupides que d’habitude. Allons-y.

(NdT : La référence au Grand Conclave est liée au fait que le chauve avait un œil métallique donc supposément bionique. C’est donc un Transformé, et le Barbier le met donc dans la même catégorie que le Grand Conclave qui ne rassemble que des Transformés.)

Tout en parlant, il se remit à marcher en avant, semblant avoir perdu tout intérêt dans le géant chauve. Ni Lan Jue, ni l’Esthéticienne ne s’embêtèrent à suivre l’homme non plus.

Le géant chauve, pendant ce temps, se frayait un chemin sauvagement à travers la foule. Quelques instants plus tard, il tourna la tête pour s’assurer qu’il n’était pas poursuivi par le petit gars avec ses yeux démoniaques puis il laissa échapper un soupir de soulagement.

       – Viens avec nous, ordonna une voix. Un homme d’une quarantaine d’années se tenait à côté de lui, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon gris.

       – Qu-qui es-tu ? bégaya le géant chauve. Tout autour de lui, une demi-douzaine d’hommes en gris s’était silencieusement approchée.

       – Police de Skyfire Avenue, répondit l’homme avec impatience.

       – Quelle preuve avez-vous pour m’emmener ? Les muscles autour du corps du géant commencèrent à gonfler de manière menaçante.

L’homme soupira.
       – Tu es aveugle, c’est ça ? Sais-tu dans qui tu es entré tout à l’heure ? Tu aurais probablement pu ennuyer tout le monde et ça n’aurait pas été grave tu sais, mais non, tu as choisi de déranger le Barbier. Tu es chanceux cependant, il était de bonne humeur, sinon il n’y aurait rien eu à collecter pour nous.

Tandis qu’il parlait, sa main se retrouva entourée de lumière. Le géant essaya de crier, mais la seule chose qui émergea fut un son d’étouffement avant qu’il ne s’écroule par terre.

       – Emmenez-le.

*****

Lan Jue, en voyant le dôme géodésique face à lui, manifesta son intérêt.
       – C’est ma première fois ici. C’est ce qu’ils appellent l’Arène du Faucheur, n’est-ce pas ?

(NdT : Le Faucheur dans le sens – la mort avec sa faux (ou faulx))

Le Barbier le regarda avec un grand sourire.
       – C’est exact.

L’Arène du Faucheur était l’endroit où les Adeptes amenaient leurs ennemis pour se battre en duel. C’était aussi juste que cela pouvait l’être. Les deux parties signaient un contrat les absolvant de la mort de leur adversaire dans le cas échéant. Les combattants se battaient jusqu’au bout et le destin décidait de qui vivait et qui mourrait. La vengeance n’était pas permise. Parfois, le Conseil de Skyfire mettait en place des combats entre des personnes se détestant. Sur ces combats, les parieurs tenaient des stands. Les gains étaient étonnamment élevés.

Lan Jue haussa les épaules.
       – Mon humeur vient soudainement de s’améliorer. Que dis-tu de cela, Barbier – nous sommes tous deux de respectables personnes, des nobles et nous n’avons jamais combattu l’un contre l’autre. Que dirais-tu donc d’un pari ?

Le Barbier cligna des yeux de surprise.
       – Tu veux parier avec moi ?

       – Naturellement ! Lan Jue fit un grand sourire.

Le Barbier claqua des mains et le son résonna à travers l’arène. En souriant, il répliqua,
       – Excellente idée ! Comment savais-tu que je pensais justement à ça. Ahhhh, je ne suis pas digne d’être un membre du Conseil – tu me comprends trop bien. Bien, je vais te dire la vérité. Le diamant Feu d’Esprit de ton échoppe, celui de cinquante carats m’a tapé dans l’œil depuis longtemps. Malheureusement, je suis, de manière embarrassante, peu en fonds. Étant donné que nous n’avons jamais été proches, cela serait impropre de ma part de te demander directement.

Un air de réalisation apparut sur le visage de Lan Jue.
       – Tu aurais dû me le dire plus tôt. Nous sommes tous des membres du Conseil et les remises de mon échoppe, sont à ma discrétion. Mais à te voir comme ça, je suppose que tu n’avais pas eu l’intention de dépenser d’argent de toute façon.

Le Barbier hocha la tête.

L’Esthéticienne qui se tenait non loin, sourit aimablement.
       – Puisque vous m’avez tous les deux invitée à être la juge, je dois faire en sorte que les gains soient équitables afin que ce combat et ce pari soient justes. Tu veux la gemme de Feu d’Esprit, Petite Cisaille, mais tu dois offrir quelque chose en retour d’une valeur égale.

       – Bien sûr, répliqua le Barbier. Je suis un commerçant juste et équitable. Que penses-tu de ça, Maître des Joyaux ?

La main du Barbier chercha dans sa veste pendant qu’il parlait avant d’en sortir quelque chose : un morceau de métal de la taille de sa paume émettant une aura éthérée, comme si le soleil était emprisonné à l’intérieur. Il brillait du spectre entier des couleurs.

Les yeux de Lan Jue s’agrandirent.
       – C’est un pari équitable, dit-il sans hésiter.

Le métal présent dans la main du Barbier était appelé un Arlequin Argenté. Comme le Technétium, c’était un métal supraconducteur, mais encore plus rare. En plus de transmettre la grande majorité du pouvoir, le fait de mélanger une petite partie de cet alliage dans un ensemble, pouvait produire une arme amplifiant grandement le pouvoir de n’importe quel Adepte. Un morceau de cette taille valait bien plus que la gemme de Feu d’Esprit qu’avait demandée le Barbier.

Il y avait plusieurs planètes sur lesquelles le Technétium pouvait être miné, mais trouver de l’Arlequin Argenté reposait totalement sur la chance. C’était extraordinairement difficile d’en rassembler et seules des traces pouvaient être trouvées sur d’autres métaux. C’était un matériau rare à obtenir, en effet.

Le Barbier tendit l’Arlequin Argenté à l’Esthéticienne.
       – C’est donc décidé.

Après avoir parlé, il entra dans l’Arène du Faucheur.

L’Arène du Faucheur représentait en réalité plusieurs arènes ensemble. De l’extérieur, le bâtiment en lui-même ne semblait pas très large, mais les arènes à l’intérieur avaient toutes étaient construites en suivant des caractéristiques spécifiques. Toutes personnes qui s’engageaient dans un combat, amical ou non, devaient payer des frais pour entrer. Ces frais donnaient droit à un arbitre professionnel et à l’enregistrement de la personne ainsi que de son dossier. Ce n’est qu’après cela que les personnes étaient autorisées à combattre.

Évidemment, pour Lan Jue et ses compagnons membres du Conseil de Skyfire, ils n’avaient pas besoin de payer. Ils étaient aussi libres d’utiliser la meilleure arène, qui était aussi nécessaire pour un combat de leur niveau.

Le Barbier les enregistra pour le combat amical. Leur statut de membres du Conseil ne les empêchait pas de devoir enregistrer leurs noms et dossiers. Quant au pari, ils en étaient maîtres et le Barbier ne le renseigna pas. S’ils avaient voulu que l’arène soit l’arbitre pour leur pari, ils auraient dû donner dix pour cent de la valeur du pari gagnant.

       – Veux-tu faire un dépôt avec l’arène, Maître des Joyaux ? demanda le Barbier en haussant les épaules.

Lan Jue répondit d’un léger sourire.
       – Je te laisse décider.

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