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Chapitre 25 – Garde du Corps ?


Source : Version anglaise

Traduit par : Kayorko
Edité par : Zareik
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 25


                C’était comme si le cours du temps venait de s’arrêter ; haut blanc, doigts fins, la vague odeur du thé. Si un spectateur n’avait vu que ces contours, il aurait pu croire qu’il était en train de regarder une peinture.

Le thé avait été versé dans deux tasses rouges, de la même couleur que le thé. La quantité de thé qui avait été versée était exactement suffisante pour une gorgée.

       – Vas-tu rester planté là longtemps ? Zhou Qianlin leva la tête et croisa le regard figé de l’homme devant elle.

Pantalon blanc, haut vert pâle, cheveux courts blonds, taille fine. Mais le détail le plus frappant était ses yeux, remplis de souvenirs.

       – Oh. Lan Jue se secoua avant de s’approcher et de s’asseoir sur le siège en rattan face à elle.

[NdT : Le rattan est une plante faisant partie de l’espèce des palmiers]

Zhou Qianlin leva la main pour attraper sa tasse avant de la lever à ses lèvres. Après avoir respiré l’odeur douce du thé, elle en prit une gorgée.

Lan Jue porta la tasse à son nez avant de prendre à son tour une gorgée.
       – Du thé noir Jin Jun Mei, Lapsang Souchong.

[NdC : le Lapsang Souchong est un thé qui vient de la province de Fujian en Chine et qui devient rouge lorsqu’il est infusé (à 90 °C environ sinon certains arômes sont perdus.]

Il avait toujours aimé les délicatesses de ce monde, comme les traditionnels thés de cérémonie de la Chine antique. Ils étaient remplis d’innombrables principes et traditions. Il les appréciait donc tout naturellement. Et, contrairement à la grande majorité des amateurs de thé qui préféraient le thé vert, il avait toujours préféré le noir.

Le thé vert était bon pour son odeur et le noir pour sa chaleur.

Après une petite gorgée, l’arôme du thé le traversa, comme si son corps était transparent. Pendant quelques secondes, toutes ses inquiétudes disparurent.

       – Un bon thé, complimenta Lan Jue.

Zhou Qianlin leur versa une autre tasse chacun. Les petites tasses ne pouvaient contenir que de très faibles quantités. Une gorgée et elle était vide.

Lan Jue prit une autre gorgée avant de placer la tasse devant lui, sur la table. Il leva ensuite les yeux pour regarder la femme qui lui faisait face.

Des yeux azur, brillants. Calmes et impassibles. Des cils frémissants.

       – Essayons de nouveau. Je suis Lan Jue, propriétaire de la Bijouterie Zeus sur Skyfire Avenue. Il tendit la main vers Zhou Qianlin.

Celle-ci le regarda froidement. Ses yeux étaient sereins mais distants.

Lan Jue rétracta sa main, embarrassé. En réalité, il ne s’était retenu que de très peu de lui demander comment elle allait. Et clairement, cela n’aurait pas été très approprié.

Zhou Qianlin dit alors,
       – Je ne t’ai pas demandé de venir ici pour qu’on recommence à zéro entre nous. Nous devrions parler de notre situation. Sa voix était toute aussi plaisante qu’avant, mais il y avait maintenant une pointe de froideur dedans. Peut-être que sa nature froide est la raison pour laquelle elle a choisi le thé noir, pensa-t-il.

       – Bien, acquiesça Lan Jue.

Zhou Qianlin fulmina. Il agit comme si rien ne s’était passé ! Honnêtement

       – À moins que je ne me trompe, tu m’as promis une faveur, dit-elle.

       – En effet. As-tu arrêté ta décision ? Lan Jue la regardait. Zeus avait fait cette promesse, elle pouvait donc se permettre d’avoir une requête non ordinaire.

Zhou Qianlin hocha la tête.
       – En effet.

Lan Jue était anxieux de résoudre ça. Son visage était calme mais cela ne voulait pas dire qu’il avait oublié. En réalité, il ne s’était jamais aussi senti coupable.

       – Je suis une élève, commença Zhou Qianlin tout en ouvrant le pot à thé. Elle versa de nouveau du thé tout en continuant. Je suis une Étudiante Nationale junior à l’Université Nationale de l’Est.

Une Étudiante Nationale ? Il se souvint alors de la vidéo qu’on lui avait envoyée, dans laquelle il l’avait vue pour la première fois. Elle était en classe.

Il avait entendu parler de l’Université Nationale de l’Est, l’une des écoles d’élite de la nation. C’était une université pour les pilotes de Méchas. Tout ce qui y était enseigné concernait les Méchas. Cependant, seule leur branche de Mécha était fameuse pour les combats et non l’école dans sa globalité ce qui expliquait qu’elle n’ait pas la dénomination d’école militaire.

Dans l’Alliance de l’Est, l’UNE était la meilleure institution d’études supérieures. Après avoir obtenu le diplôme en quatre ans de l’université, trouver un emploi était quasiment immédiat. Ce type d’éducation était une garantie sociale de statut ainsi qu’une étape indispensable pour accéder à une future carrière militaire. Parmi l’ensemble des étudiants avant le baccalauréat, seuls les plus talentueux étaient sélectionnés pour continuer leurs études à l’UNE. Ils étaient identifiés sous le nom d’Étudiants Nationaux.

Les Étudiants Nationaux étudiaient eux aussi le même programme de quatre ans, mais ils représentaient l’élite des Alliances. Ils étaient assurés d’avoir une position importante sur le terrain et c’était très probable que leur avancement futur soit très rapide au sein de la hiérarchie militaire.

Dans l’Alliance de l’Est, il n’y avait qu’une poignée d’institutions qui entraînait des Étudiants Nationaux et, chaque année, seul un millier d’entre eux étaient diplômés. Il en résultait que le statut d’Étudiant National était exceptionnellement prisé.

       – Je ne savais pas que tu étais une Étudiante Nationale, sourit Lan Jue.

       – Je ne suis pas encore diplômée, répliqua Zhou Qianlin. Tu ne peux pas encore m’appeler par ce titre.

Lan Jue dit alors,
       – Si je ne me trompe pas, l’UNE est une université de pilotes de Mécha. Comme tu fais partie de cette université, veux-tu que je t’entraîne dans ce domaine ? Cela, je peux le faire, même si cela ne va pas être facile.

C’était sa première pensée qui lui avait traversé l’esprit bien qu’elle ne connaisse peut-être pas son identité. Elle avait toutefois pu voir ses capacités le jour où il l’avait enlevée et elle semblait intelligente.

Mais ce qu’elle dit alors le laissa stupéfait.

       – Je n’ai pas besoin d’un professeur de Mécha, répondit Zhou Qianlin. Tu crois que je voudrais un professeur de Mécha qui soit impoli et rustre ?

       – Impoli… rustre ? Lan Jue sentit les cheveux sur sa nuque le démanger. Personne ne l’avait encore jamais appelé comme cela auparavant.

       – Nous sommes nobles, comment pourrais-je être rustre ? La respiration de Lan Jue était devenue irrégulière.

       – Tu ne l’es pas ? répliqua la voix de Zhou Qianlin. Tu ne sais même pas ce qu’est un hôpital et tu prétends ne pas être rustre ? Si tu ne l’es pas, que pourrais-tu être d’autre… ?

Lan Jue sembla avoir été foudroyé sur place. Il fronça les sourcils avant de se reposer contre le dossier de sa chaise. Il ne dit plus rien – il n’avait plus rien à dire pour sa défense de toute manière – il n’y avait rien qu’il puisse dire qui puisse effacer ses péchés.

       – Que veux-tu alors ?, demanda-t-il. Il voulait juste finir cette conversation le plus vite possible. Cette femme, face à lui, le rendait impuissant. Il ne se sentait plus comme Zeus – il se sentait seulement comme un morceau de viande sur une planche à découper.

       – J’ai encore du temps avant d’être diplômée. Deux ans. À cause de ce qui s’est passé une semaine plus tôt, l’Alliance de l’Ouest va très probablement chercher à s’occuper de l’Alliance de l’Est en représailles. Et de ma famille en particulier. Je suis inquiète pour ma sécurité. Même si tu es irréfléchi et exaspérant, tu feras bien l’affaire en tant que garde du corps. Jusqu’à ce que je sois diplômée, j’ai besoin que tu me protèges à l’école.

       – Garde du corps ? Sa voix s’éleva d’une octave. Il ne s’attendait définitivement pas à ce qu’elle lui demande ça. Il pensait que Zhou Qianlin ignorerait son offre et maintenant il eut l’impression qu’il se sentait comme si un millier de pierres venait de lui tomber sur la tête.

*****

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Pour info, lorsqu’il y a écrit NdT = Note du Traducteur (donc de moi-même, Kayorko).
NdE = Note de l’Edit (donc de Zareik).
NdC = Note du Check (donc de Ptit Lu)

Cet article comporte 9 commentaires

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