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Chapitre 24 – Il n’aime pas les Femmes ?


Source : Version anglaise

Traduit par : Kayorko
Edité par : Zareik
Checké par : Ptit Lu


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 24


                Cela faisait une semaine depuis l’incident et la planète Skyfire avait retrouvé un certain état de calme. Les chaînes de nouvelles interstellaires avaient fait le tour de tout ce qu’il y avait à raconter à propos de l’enlèvement exceptionnel de la mariée. Tout était de retour à la normale.

Lan Jue était retourné à sa vie de tous les jours et s’occupait de sa bijouterie.

Récemment, les affaires avaient été rares. Heureusement, ils n’avaient pas besoin de beaucoup de clients pour que cela leur suffise à vivre.

*Ding Ding Ding* La cloche au-dessus de la porte se mit à sonner tandis qu’un homme en tenue décontractée entra.

Xiuxiu sourit et fit une légère révérence pour accueillir l’homme à l’intérieur. Ke’re avait déjà préparé, avec zèle, une tasse d’eau chaude qu’elle tenait entre ses mains.

       – De quoi as-tu besoin ? Annonce – et pas de réductions. Lan Jue était assis paresseusement dans le fond de son fauteuil au moment où il parla à l’arrivant.

Le Gourmet prit la tasse offerte par Ke’re avant de s’asseoir à côté de Lan Jue. Il grommela,
       – Si pingre. Tu n’as jamais payé le whisky que tu as bu au vinicole la dernière fois, non plus.

       – Oh, vraiment ? Je n’en ai aucun souvenir, répondit Lan Jue en écarquillant les yeux de surprise.

       – Les nobles ne tiennent jamais leur parole, répondit le Gourmet avec dédain.

Lan Jue fit une grimace.
       – Que veux-tu ?

Le Gourmet répondit en levant un sourcil.
       – Ai-je besoin d’une raison pour venir te voir ?

Lan Jue se mit à rire.
       – Avec cette attitude décontractée ? Tu ne serais pas venu ici si tu n’avais pas une raison. Tu t’assois dans ta petite échoppe à longueur de journée et tu refuses de bouger.

Le Gourmet soupira.
       – Hm, je suppose que tu ne m’aimes pas trop.

Lan Jue fit jouer ses doigts sur ses accoudoirs tout en lui faisant un large sourire.
       – Personne n’aime les collecteurs de dettes.

       – Tu ne me dois pas de l’argent à moi. Je suis juste venu te dire que j’ai un thon rouge complet qui doit arriver dans quelques jours. Je voulais juste savoir s’il y avait des personnes intéressées pour y goûter.

       – Un complet ? La voix de Lan Jue s’éleva d’une octave et ses yeux s’illuminèrent.

Il savait évidemment à quel point un thon rouge complet était rare. Ce n’était certainement pas un produit naturel de Skyfire, cela avait dû être importé de la ferme piscicole de quelqu’un.

Le Gourmet se leva.
       – Bien, je m’en vais. Une fois qu’ils l’auront attrapé, il faudra trois jours pour qu’il arrive et encore deux autres pour qu’il soit prêt à être mangé. À dans cinq jours. Au vinicole, c’est grand et nous utiliserons l’espace à bon escient.

       – Parfait, parfait.

Le Gourmet se dirigea vers la sortie, accompagné de Xiuxiu. Au même moment, il dit au-dessus de son épaule,
       – C’est un grand poisson. Amène quelqu’un.

       – Boss, emmène-moi ! s’exclama Ke’re derrière le comptoir.

       – Ke’re, dit Xiuxiu pour la reprendre.

Ke’re tira la langue dans sa direction avant de se diriger vers elle.
       – Nous ne ferons pas perdre la face à notre boss, qu’est-ce qui ne va pas avec le fait d’y aller avec lui ?

Xiuxiu prit son bras avant de dit à voix basse.
       – Il n’a pas été de bonne humeur dernièrement.

*Biiip biiip biiiip !* Lan Jue baissa la tête pour regarder son appareil de communication interstellaire. Un numéro inconnu apparut sur l’écran.

Il répondit.

       – La maison de thé de Luo Yun, rue Huayin, numéro trente-sept. Une plaisante, mais indifférente voix sortit du communicateur.

Au premier abord, il écouta sans réagir, mais son expression ne put s’empêcher de changer lorsqu’il réalisa à qui la voix appartenait.
       – Je serai bientôt là.

Juste après avoir dit cela, il se leva précipitamment avant de sortir de l’échoppe.

Le voyant partir aussi précipitamment, Ke’re eut un regard suspicieux.
       – Le boss n’avait pas l’air normal.

Xiuxiu, de l’autre côté, sembla anxieuse.
       – Il a semblé comme à l’accoutumée ces derniers jours, mais je pouvais sentir qu’il était plutôt déprimé. Quelque chose a dû arriver.

       – Avec les capacités du boss, qu’est-ce qui pourrait bien le rendre malheureux, se demanda à voix haute, Ke’re. Tu devrais aller lui parler Xiuxiu. C’est toi qu’il préfère.

Le visage de Xiuxiu rougit.
       – Arrête de dire des bêtises.

Ke’re eut un petit rire avec de dire doucement.
       – Ne me dis pas que tu ne l’aimes pas. À chaque fois que tu le regardes, c’est écrit sur ton visage. Tu as tes yeux fixés sur ce niais et sur personne d’autre.

Xiuxiu rit avec amertume.
       – Tu lui donnes trop peu de crédit. Si tu peux le voir, il le peut aussi. Il fait exprès de l’ignorer.

Ke’re cligna des yeux de confusion.
       – Pourquoi ? Tu es si jolie et si douce !

Xiuxiu secoua la tête.
       – Je ne sais pas non plus, mais… tu te rappelles ? Lorsque le boss a ouvert l’échoppe, il était extrêmement déprimé tous les jours. Comme s’il avait eu le cœur brisé.

       – Hé, tu crois qu’il est… tu sais ? Demanda Ke’re d’une manière cryptique.

       – Hein ? répondit Xiuxiu, confuse.

       – Tu sais, nous, deux très jolies jeunes filles, lui faisons du charme tous les jours mais sans réactions. Il n’y a qu’une seule explication, il n’aime pas les femmes !

       – Ah ? Xiuxiu la regarda stupidement, la couleur s’évaporant de son visage.

*****

       – Atchouuum ! Lan Jue se frotta le nez avant de murmurer pour lui-même. Qui est-ce qui raconte des bêtises à mon propos ?

(NdT : En Chine, il est dit que lorsqu’on éternue, c’est que quelqu’un dit du mal de vous)

*****

La rue Huayin était située dans la partie est de la ville de Skyfire City à une certaine distance de Skyfire Avenue.

Lan Jue s’assit dans l’un des bus-verticaux, perdu dans ses pensées.

Sa tolérance excédait de loin celle d’une personne normale et ça lui avait par exemple pris trois ans pour commencer à oublier et à guérir de l’immense douleur qu’il avait reçue ce jour-là. Cela faisait maintenant une semaine depuis ses actions au mariage et son humeur était graduellement revenue à la normale. Mais cet appel et la voix à l’autre bout du communicateur, l’avait ramené aux souvenirs de cette nuit-là.

Les remords avaient été graduellement écrasés, cachés très profondément mais les problèmes causés lors de cette nuit-là, étaient loin d’avoir été résolus.

Et dès qu’il avait entendu cette voix, les battements de son cœur s’étaient accélérés.

Il ne pouvait s’en empêcher. Non pas parce qu’il avait partagé des moments intimes ensemble mais parce que sa voix lui ressemblait tant.

Aussi, presque inconsciemment, il sauta du bus sans aucune considération pour sa grâce et son habituelle attitude posée.

La maison de thé Luo Yun n’était pas très grande, mais était de bonne qualité. Elle avait été construite selon le style de construction chinois ancestral.

Il se fit accueillir à la porte par une jeune femme dans une qipao couleur crème. Elle le conduit à l’intérieur jusqu’à une pièce de dégustation privée.

(NdT : une robe Qi Pao ou QiPao est une robe traditionnelle chinoise souvent faite de soie. C’est à notre époque, maintenant, majoritairement utilisé dans les restaurants par les serveuses)

Lorsqu’il entra, il s’arrêta net. La femme en qipao, derrière lui, était déjà repartie et avait refermé la porte.

La pièce était petite, capable d’accueillir seulement deux personnes.

Elle portait la même robe, longue et blanche, que la nuit où elle était partie. Ses longs cheveux avaient été coiffés en queue de cheval, révélant son joli front. Elle ne leva pas la tête et gardait, à la place, ses yeux fixés sur le boccaro face à elle.

(NdT : c’est une théière traditionnelle chinoise en poterie)

Du thé rouge avait été servi et une légère odeur remplissait le silence de la pièce.

Lan Jue se tenait debout, sans bouger, les yeux fixés sur l’élégante jeune femme assise devant lui. Bien qu’il ne puisse voir que ses longs cils bouger, il sentit son cœur sombrer. Juste comme la première fois qu’il l’avait rencontré.

*****

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Cet article comporte 6 commentaires
  1. Bon, le début du Ln est très long !!! ( je viens de le commencer ce soir ^^), mais les explications en tout genre ( vin , nourriture,etc..) lui donne un aspect particulier, mais maintenant arrivé à ce niveau de chapitre j’ai de plus en plus envie de le lire 🙂 Merci donc pour ces chapitres ! ( toujours très bien écrit ! pas déçu des trad d’Eden 😉 )

  2. Merci pour les chaps, j’ai tout lu ce soir et j’adore. Traduction parfaite, syntaxe de phrase excellente, vivement la suite 😀 .

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