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Chapitre 10 – Les cheveux rouge de Chu Cheng


Source : Version anglaise

Traduit par : Kayorko
Edité par : Zareik


SKYFIRE AVENUE – CHAPITRE 10


      La planète Luo. L’hôtel Astro-Continental. Sur le balcon de la suite.

 Lan Jue était accoudé à la balustrade du balcon et observait le paysage. En tant que membre platine de l’hôtel, il pouvait profiter des meilleurs traitements de n’importe quel hôtel Astro-Continental tout en payant le prix minimum.

 Entre son index et son pouce se trouvait un cigare Cubain de l’Ère Précédente provenant de l’usine El Laguito. Un Cohiba cañonazo extra de 168mm de long, de diamètre 56, aussi appelé un 1966 Edición Limitada, une édition limitée rare et précieuse.

 (NDT : Zareik s’est embêté à chercher http://www.swisscubancigars.fr/index.php/cohiba-1966-le-2011.html. Il a aussi trouvé que « le diamètre est exprimé en soixante-quatrième de pouce… grosso modo, ça fait 22,25 mm de diamètre, ce qui est beaucoup pour un cigare apparemment »)

 Autant le vin rouge avait besoin de technique, et d’espace pour pouvoir être stocker proprement, autant un tel cigare n’avait besoin que d’un peu d’humidité pour pouvoir résister pendant plusieurs centaines d’années tout en gardant son odeur forte originelle. En réalité, sa date de production n’était pas 1966, mais 2012 de l’Ère Précédente. Quant à savoir pourquoi c’était appelé 1966, personne ne savait avec certitude. Une édition limitée 1966 intacte valait le tiers du prix d’une bouteille de Romanée-Conti, le Roi des Vins.

 Lan Jue n’avait jamais connu la pauvreté, mais ce type de bien rare et précieux était quelque chose qu’il ne daignait que très rarement acheter. Toutefois, aujourd’hui, le 1966 Edición Limitada était éclairé d’un feu intermittent.

 *Une longue inspiration, le passage de la fumée dans sa gorge, la fumée qui tourbillonne autour de la pointe de sa langue jusqu’à sa base, la savourer, puis graduellement expirer*

 L’intense saveur des graines de cafés et le merveilleux parfum brûlant dans sa bouche était hypnotisant. Le cigare complet était couvert d’un parfum de crème et du goût de cuir, mais une fois fumé pendant quelque temps, il devenait aussi sucré que le chocolat au lait. C’était irrésistible. Un moment d’intense satisfaction.

 Bien que ce cigare de haute qualité signifie qu’il doive s’abstenir de vin pour au moins une semaine, le fait de pouvoir s’immerger dans le goût de ce 1966 était quelque chose que Lan Jue était incapable de résister.

       – Si parfumé, si parfumé, seulement… C’est encore mieux de le partager que d’en profiter seul, n’est-ce pas, Troisième Frère ? Tu ne comptais certainement pas tout garder pour toi-même je suppose ? Une voix langoureuse se fit entendre. Soudain, quelqu’un d’autre s’accouda à la balustrade et se mit à observer le paysage, à côté de Lan Jue.

 (NDT : La notion de « troisième frère » n’a généralement rien avoir avec un potentiel lien de parenté mais est lié à un fort lien d’amitié entre deux (ou plus) personnes.)

 L’homme semblait du même âge que Lan Jue. Il avait des cheveux mi-longs rouges qui tombaient librement sur ses épaules. Ses yeux rosés lui donnaient un air d’esprit diabolique. Le coin de sa bouche portait un éternel sourire taquin. Il n’était pas aussi beau que Lan Jue, mais son visage n’était pas dénué de son propre charme. Il était habillé d’un haut noir, d’un jean noir et de chaussures noires ; comme s’il comptait disparaître dans la nuit. Seuls ses cheveux ressortaient comme une flamme dans la nuit.

       – Si tu veux vraiment que je t’appelle aussi comme ça, continue de m’appeler Troisième Frère, dit Lan Jue d’une voix légère, sans regarder son compagnon.

 Le sourire disparu du visage de l’homme aux cheveux rouges.
       – Pourquoi est-ce que j’ai jamais voulu être plus vieux que toi de quelques mois ? Pourquoi est-ce que j’aurais voulu être second ? C’est bon, A-Jue, je ne t’appellerai plus Troisième Frère.

 (NDT : Pour ceux que ne sont pas encore familier avec ça. Dans la culture orientale, la séniorité a un place très importante dans la société et les deux aînés sont souvent les personnes qui portent les plus grandes responsabilités. C’est pourquoi, Chu Cheng, en tant que second frère doit malheureusement s’occuper de plus de choses que Lan Jue, en tant que troisième frère.)

 Lan Jue tourna finalement son visage vers le jeune homme aux cheveux rouges.
       – A-Cheng, je m’excuse.

 L’homme aux cheveux rouges secoua son doigt en réprimande.
       – Tu voulais dire que tu as laissé tes sentiments t’échapper, comme tu voulais dire que tu étais ici pour m’attendre. Tu n’es pas désolé. Si tu voulais réellement cacher tes sentiments, personne ne s’en rendrait compte. Je suis juste curieux… Tu as vécu en réclusion pendant trois ans, quel est le prix qui a inspiré le mercenaire légendaire à sortir de sa retraite ?

 Lan Jue prit une autre bouffée de son cigare puis exhala un rond de fumée. Il lui dit alors les quatre mots qui étaient sur la feuille de papier qui l’avait incité à quitter la Planète Skyfire.
       – Héra n’est pas morte.

 Le corps de l’homme aux cheveux rouges sursauta, et il se tient inconsciemment un peu plus droit.
       – Réellement ?

 Lan Jue hocha la tête.
       – Le prix qui m’a fait sortir, c’est son emplacement.

 L’homme aux cheveux rouges prit une inspiration avant de poser une main sur l’épaule de Lan Jue.
       – Bien. Ton grand frère va t’aider.

 Lan Jue le regarda et sourit. L’émotion était présente dans ses yeux.
       – À quel point la perte était importante ?

 Nonchalamment, l’homme répondit,
       – Ma famille ne détient que trente pourcents de la Maison des Enchères. Tout en disant ça, il attrapa le 1966 des doigts de Lan Jue et le plaça au coin de sa bouche. Et ça, c’est pour moi. Quand tu fais une bêtise, il y a toujours un prix !

 Le visage de Lan Jue se contracta.
       – Je n’en ai amené qu’un.

       – N’importe quoi. L’homme aux cheveux rouges tirait des bouffées du cigare.

 Lan Jue secoua la tête.
       – Chu Cheng, t’es rien de plus qu’un bandit !

 Les yeux de Chu Cheng s’agrandirent.
       – T’viens JUSTE de voler ma famille et tu me traites de bandit ? T’es pas un noble ? Quelle sorte de noble dit « t’es » ?

 Lan Jue prit une grande inspiration.
       – Je m’en vais demain.

       – Auras-tu besoin de mon aide à l’endroit où sera Héra ? Demanda Chu Cheng.

 Lan Jue secoua sa tête.

 Chu Cheng laissa échapper un éclat de rire.
       – Ouais, si tu ne peux pas t’en occuper, moi non plus.

       – Tu m’accompagnes ce soir ? Lan Jue lui jeta un coup d’œil.

       – Ok. Chu Cheng prit une autre bouffée du 1966 et acquiesça.

 Lan Jue retourna dans la pièce tandis que Chu Cheng restait accoudé à la balustrade, un sourire sur les lèvres.

 Après quelques instants, Lan Jue revint avec une bouteille de cognac et deux verres. Il se tient devant Chu Cheng et lui donna un verre avant de déboucher la bouteille. À ce moment, un puissant arôme se mit à flotter dans l’air.

 Les yeux de Chu Cheng se mirent à briller.
       – A-Jue, heureusement, tu te rappelles des préférences de ton grand frère, surtout en cognac. Cette bouteille de Hennessy XO ne fait pas partie des meilleurs cognac, mais elle passe bien quand même.

 Lan Jue offrit un petit sourire.
       – Ne parles-tu pas toujours des désavantages d’être plus vieux ? Crois-tu que nous sommes encore dans l’Ère Précédente ? Trouver une bouteille de cognac XO est déjà bien difficile. Le X signifie « exceptionnel » et le O signifie « vieux ». Un cognac exceptionnellement vieux est déjà quelque chose de plutôt rare.

 Tandis qu’il parlait, il versa approximativement trente millimètres dans les deux verres.

       –  Il manque les glaçons ! Dit Chu Cheng en levant son verre.

 Lan Jue regarda son frère avec dédain.
       – Nous autres, noble, apprécions le cognac légèrement chaud.

       – Le cognac peut être chauffé ? Demanda Chu Cheng, étonné.

 Lan Jue pointa son verre, sans rien dire.

 Chu Cheng fit un mouvement du poignet et deux flammes apparurent sous les verres. Après quelques instants, Lan Jue éteint les flammes d’un grand geste.

 Après avoir levé son verre, Lan Jue en renifla son contenu. La mixture des raisins complets et de l’alcool remplit son nez. Il prit une gorgée. Les raisins aromatiques et le courant chaud traversa sa gorge. En effet, il était impossible de profiter du vin après un bon cigare mais l’accompagner d’un cognac était une toute autre affaire.

       – Pas mal du tout ! Chu Cheng complimenta le cognac tout en le buvant.

 Chu Cheng continua,
       – A-Jue, tu sais… Quand j’ai entendu qu’une personne nommée Zeus avait volé la Maison des Enchères, ma première réaction fut la joie. Mais après t’avoir vu ici, maintenant, ça me rend encore plus heureux. Mon frère est de retour.

 Lan Jue fini son verre d’une longue gorgée.
       – Je suis désolé. Je vous ai tous inquiété.

 Chu Cheng sembla choqué.
       – Oh, j’allais bien. Mais grand frère… Tu n’es pas resté en contact avec lui du tout ? Tu ne lui en veux toujours pas, quand même ? Tu dois savoir qu’il sait ce que tu as fait.

 Lan Jue trembla et secoua sa tête.
       – Bois.

       – C’est vrai, buvons ! Ce soir, je suis avec toi, saoulons-nous !

 *****

 Le lendemain matin, tôt.

 Chu Cheng était partit. Il n’avait laissé qu’une note.

« Je sais que tu peux ouvrir la boite cryptée mais pourquoi t’embêter à le faire toi-même ? Trouve Héra et rapporte-moi la bonne nouvelle. Ramène-la pour qu’on boive ensemble. »

 Sous ces mots se trouvait un mot de passe de trois lignes.

 *****

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