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Chapitre 11 : Mains


Source : Version anglaise

Traduit et édité par : Kayorko et Zareik
Edité par : MissX
Checké par : Wilden


PANLONG – LIVRE 8 CHAPITRE 11


      Éclairés par la lueur des feux de camps, les visages de tout le monde étaient moitiés ombre et moitiés lumière. L’odeur du sang flottait encore dans l’air, mais plus personne ne bougeait. Les hommes des deux côtés regardaient seulement, avec choc, le corps qui venait d’être transformé en bouillie de chairs et de sang ainsi que Linley et l’épée d’adamantine qu’il portait.

Un combattant du huitième rang avait été tué d’un seul coup d’épée…

C’était…

dur à croire !

– Mes frères, tuons ces bandits ! Malone Longue Barbe fut le premier à réagir et il cria immédiatement avec excitation. Tuez ces bâtards et vengez nos frères tombés !

En entendant le rugissement de Malone, tous les bandits se réveillèrent à leur tour. Leur chef, Vipère N’a Qu’un Œil, McKinley, avait été tué en un coup. Même si les mercenaires leur faisant face n’étaient pas là, Linley aurait pu à lui seul s’occuper d’eux tous avec son épée lourde.

– Vengeons-nous ! Vengeons-nous ! Tuez-les tous ! Les yeux des mercenaires s’étaient soudainement remplis de confiance. L’un après l’autre, ils se mirent à charger vers les bandits, l’arme au clair.

– Fuyez, vite !

Les bandits crièrent bruyamment tout en commençant à s’enfuir, oubliant tout le reste. Les archers de la compagnie de mercenaires se mirent immédiatement à bander leurs arcs. Les yeux fixés froidement sur le dos des fuyards, les flèches étaient décochées, les unes après les autres. *Swish.* *Swish.* Six bandits furent touchés par des flèches et tombèrent au sol.

En un clin d’œil, les soixante-dix bandits restants disparurent dans l’obscurité.

La compagnie de mercenaires ne s’engagea pas à leur poursuite longtemps, ne les chassant que sur une centaine de mètres avant de revenir vers les chariots. Leur responsabilité première était, avant tout, de protéger la caravane.

– Tout le monde, vous pouvez retourner vous coucher maintenant, dit Malone, d’une voix forte.

Un certain nombre de mercenaires étaient blessés et ils allèrent donc soit se reposer, soit se faire soigner. Les centaines de personnes de la caravane se calmèrent avant de retourner à leurs places. Ils étaient tous des voyageurs endurcis et avaient déjà fait l’expérience de ce type d’événements. Ils n’étaient donc pas trop choqués ou concernés maintenant que c’était fini.

.

Des feux de camp furent rallumés et la dizaine de corps de mercenaires fut enterrée dans la terre désolée, sur le bord de la route. Les mercenaires vivaient de leur épée, et savaient donc que la possibilité de mourir à tout instant faisait partie des risques de leur métier. Lorsqu’ils mourraient, leur corps était enterré et les autres mercenaires collectaient leurs biens pour les rendre à leur famille en rentrant.

Adossé à un arbre, Linley regardait silencieusement les événements.

– Seigneur Ley. De nombreux marchands de la caravane vinrent le trouver pour lui exprimer leur gratitude. Nombre d’entre eux voulaient donner des pièces d’or à Linley en cadeau mais Linley les déclinait tous respectueusement.

– Frères, un bon voyage à vous ! Rugit Malone.

Tous les mercenaires se tenaient debout face aux tombes. Ils s’inclinèrent profondément à l’unisson devant la demeure éternelle de leurs camarades de combat. Dans leur vie de mercenaire, la mort était une amie quotidienne. Après avoir rendu hommage, tous retournèrent à leurs positions respectives.

Le capitaine de la compagnie de mercenaires, Malone Longue Barbe, se dirigea vers Linley avec Luther et Lowndes à ses côtés. Très reconnaissant, il dit,

– Seigneur Ley, merci à vous. Si ce n’était pour vous, notre compagnie de mercenaires… Malone devint silencieux et secoua la tête en silence.

– Ley, merci beaucoup pour avoir sauvé notre compagnie de mercenaires, dit le jeune Luther avec reconnaissance.

L’avertissement initial de Linley ainsi que son assistance à la fin avaient tous les deux été inestimables pour la survie de la compagnie de mercenaires.

– Pas besoin, dit Linley avec un rire calme.

– Seigneur Ley, voici dix mille pièces d’or. Malone sortit une magycarte de sa poche. Cette magycarte n’est pas liée et a dix mille pièces d’or dessus. Seigneur Ley, vous devez l’accepter. Si vous n’aviez pas été là, non seulement notre compagnie de mercenaires n’aurait pas pu remplir sa mission, mais nous serions probablement tous morts aussi.

Linley secoua la tête avec un sourire.

– Ley, s’il te plaît, accepte la carte, l’enjoignit immédiatement Lowndes. Les mercenaires étaient, de manière générale, assez magnanimes. C’était des personnes qui vivaient du fil de leur lame et ils respectaient tous grandement le code des valeurs, de l’amitié et des frères d’armes.

– Est-ce que je ressemble à quelqu’un qui a besoin d’argent d’après vous ? Linley les regarda tous les trois.

À l’intérieur de son anneau inter-spatial, Linley avait vingt-deux magycartes contenant chacune 100 millions de pièces d’or. 2,2 milliards de pièces d’or ! Même le Conglomérat Dawson ne sortirait pas une telle somme aussi facilement de leurs poches en une seule fois.

Certains clans des quatre Grands Empires étaient très puissants et très riches, mais quelle que soit leur puissance, comment auraient-ils pu se comparer à la richesse d’un clan royal ?

Après tout, tous ces extrêmement larges clans des quatre Grands Empires devaient quand même payer d’énormes taxes à leur Empereur.

En comparaison, le dirigeant du Royaume de Fenlai avait plus de pouvoir dans son domaine que même ces clans majeurs. Leur richesse s’était construite sur des milliers d’années et s’était accumulée jusqu’à atteindre un niveau effrayant.

Après avoir entendu les mots de Linley, Malone fut brièvement surpris et il n’en rajouta pas plus. Il n’osait pas continuer à débattre avec un combattant aussi puissant que Linley. Et, en plus de cela, ce n’était réellement pas facile pour sa compagnie de mercenaire d’avoir suffisamment d’argent pour vivre non plus. Il n’était donc pas réellement mécontent de garder cet argent pour eux.

– Capitaine Malone, allez vous occuper de vos mercenaires. Je vois qu’un certain nombre d’entre eux ont souffert de blessures sérieuses, dit Linley.

– Dans ce cas, je vous laisse vous reposer Seigneur Ley. Je m’en vais maintenant, dit respectueusement Malone. Les puissants combattants étaient traités avec respect, quel que soit l’endroit où ils allaient.

.

Les feux de camps crépitaient. De nombreuses personnes de la caravane n’arrivaient pas à trouver le sommeil. Ils étaient voûtés autour des feux. Hormis pour une minorité qui avait réussi à se rendormir, la plupart parlaient de ce qui venait juste de se passer. Souvent, des coups d’œil étaient jetés à la dérobée vers Linley. Il était clairement le sujet central de leurs discussions.

À cet instant, ce dernier était assis en tailleur, en communion avec la terre infinie et le vent qui tourbillonnait dans le ciel.

Après avoir passé trois ans d’entraînement dans la Chaîne de Montagnes des Créatures Magiques, Linley avait appris pas mal de chose sur la manière de s’entraîner proprement. Que ce soit les mages ou les guerriers, à la fin, les deux devaient comprendre et devenir un avec la nature.

Par exemple, plus tôt, Linley et McKinley étaient tous les deux des guerriers du huitième rang.

Mais, en termes de compréhension, McKinley était encore au niveau d’attaque le plus basique tandis que Linley avait déjà atteint le troisième niveau, ‘impose’, en combat. Lorsqu’il avait frappé avec son épée lourde, il avait contraint tout l’espace autour de lui.

La différence de compréhension entre les deux avait été trop grande. Et le résultat fut que McKinley mourut en un seul coup d’épée.

– Si je ne m’étais pas entraîné à l’intérieur de la Chaîne de Montagnes des Créatures Magiques et tout oublié hormis mon entraînement pendant ces trois ans, j’aurai probablement été incapable d’atteindre un tel niveau de compréhension, quel que soit le temps que j’aurais passé à Hess, murmura Linley pour lui-même.

De nombreuses personnes de la caravane parlaient de lui, mais il ne leur prêtait pas attention tandis qu’il méditait en silence.

– Ley, Seigneur Ley ? Une voix nerveuse retentit à côté de Linley.

En entendant cette voix, Linley se tourna. C’était le jeune noble qui avait essayé de caresser Haeru. Keane. Il se tenait droit comme un piquet. Une pointe de sourire apparut sur le visage de Linley.

– Keane. C’est bien ça ? Qu’y a-t-il ?

En entendant Linley l’appeler par son prénom, Keane se sentit fier. Il dit d’une voix faible,

– Seigneur Ley, j’ai une requête.

– Assieds-toi d’abord et dis-moi.

L’attitude de Linley détendit légèrement Keane et il s’assit. Les yeux remplis de vénération, il dit à Linley,

– Seigneur Ley, plus tôt, votre coup d’épée était si puissant. J’ai été persécuté depuis tout petit. Je veux être un puissant guerrier moi aussi. Pouvez-vous m’apprendre ?

Linley était stupéfait.

L’entraînement de guerrier n’était pas une question de quelques jours. Cela demandait des années de dur entraînement accumulé ainsi qu’un talent naturel décent. Cela demandait évidemment aussi de bons instructeurs. Ce n’est qu’une fois ces trois critères remplis qu’un puissant combattant pouvait être produit.

– C’est un peu difficile et je n’ai pas assez de temps pour t’entraîner, rit Linley.

Keane hocha précipitamment la tête avant d’agiter frénétiquement sa main.

– Non, Seigneur Ley, je n’ai pas besoin d’apprendre beaucoup. Je n’ai pas besoin d’être très puissant. Je veux juste apprendre le coup d’épée que vous avez utilisé plus tôt. Juste celui-ci. Tandis qu’il parlait, Keane se mit même à imiter le coup d’épée.

– Juste celui-ci ? Linley ne savait pas s’il devait en rire ou en pleurer.

Bien que son coup d’épée ait pu sembler simple, il lui avait demandé plus de dix années d’entraînement ainsi que d’innombrables changements dans son corps et dans son esprit. Ce n’est qu’à ce moment qu’il avait été capable de comprendre le niveau ‘impose’. Pas même la plupart des guerriers du neuvième rang n’étaient capables d’entrevoir le niveau ‘impose’, encore moins ceux du huitième rang.

D’après les archives du clan Baruch, son ancêtre qui avait manié un marteau de guerre n’avait été capable d’atteindre que le niveau de manier ‘quelque chose de lourd aussi facilement que si c’était léger’, même après avoir atteint le niveau Saint. Ce n’est qu’après avoir passé plus de dix ans au niveau Saint qu’il avait commencé à comprendre les bases du niveau ‘impose’.

À l’opposé, les mages trouvaient naturellement cela plus facile que les guerriers d’entrer en communion avec la nature.

C’est pourquoi il était bien plus difficile de comprendre le niveau ‘impose’ pour un guerrier pur que pour un combattant double classe tel que Linley qui était guerrier et mage.

– Est-ce vraiment… vraiment très dur ? demanda Keane.

– Keane. Une voix douce l’appela et Jenne arriva en courant avec des vêtements dans les bras. Elle dit à Keane avec inquiétude : Keane, la nuit se rafraîchit. Couvre-toi plus.

Keane croisa les bras et secoua la tête.

– Non.

Jenne ne put s’empêcher de froncer les sourcils, mais il n’y avait rien qu’elle puisse faire.

Keane continua,

– Grande sœur, regarde, Seigneur Ley ne porte qu’un haut léger. Je porte déjà beaucoup de couches et tu veux m’en faire porter encore plus ?

Linley ne put s’empêcher de laisser échapper un léger rire. Ce Keane était en train de se comparer à lui ? Même dans le plus glacé des hivers, il ne sentirait pas le froid, alors encore moins maintenant.

– Keane, couvre-toi, dit Linley.

Les mots de Linley semblèrent avoir plus d’effets que ceux de Jenne. « Oh. » Keane accepta les vêtements avant de les enfiler.

Jenne eut un regard reconnaissant envers Linley.

– Je vous remercie Seigneur Ley.

Linley sourit et acquiesça.

Lorsque leurs regards se croisèrent, Jenne se mit à rougir légèrement.

À ce moment, Linley remarqua par accident les mains de Jenne. Lorsqu’il les vit, il fut très surpris. D’après ce qu’il pouvait voir, Jenne était sans l’ombre d’un doute une jeune femme noble mais ses mains semblaient calleuses.

– Keane, n’embête pas le Seigneur Ley trop longtemps, il doit aussi se reposer. Jenne fit un sourire d’excuse à Linley avant de retourner à son propre chariot, le visage légèrement rouge.

Linley regarda Keane.

– Keane, est-ce que ta sœur fait souvent les corvées à la maison ? Linley était curieux. La plupart des mains des jeunes filles nobles étaient extrêmement tendres et douces. D’après ses vêtements et son attitude, Jenne était définitivement une jeune noble mais ses mains…

Keane hocha la tête.

– En effet. Seigneur Ley, vous ne pouvez probablement pas deviner d’après la manière dont je suis habillé, mais je me sens très bizarre dans ces vêtements. Cela fait bien longtemps que je ne m’étais pas habillé de manière aussi formelle. Keane tira sur son col. En réalité, ma sœur et moi habitions dans un petit village ordinaire de montagne. Il n’y avait que notre Papy Lambert pour s’occuper de nous et Grande-sœur faisait habituellement toutes les corvées.

– Oh ? Linley commençait à devenir réellement curieux. Mais d’après l’attitude de ta sœur, elle ne semble pas être une fille de village ordinaire.

Keane acquiesça.

– Évidemment. Notre père était le gouverneur d’une ville préfectorale et avait un excellent statut social. Quand nous étions jeunes, nous vivions dans la demeure de notre père. Mais lorsque j’ai eu six ans, ma mère, ma sœur et moi-même fûmes éjectés par notre tante. C’est la raison pour laquelle ma mère prit ma sœur et moi jusqu’à chez elle. Ma grande sœur a donc reçu toute l’éducation d’une jeune noble lorsqu’elle était enfant et lorsque nous avons quitté la maison de notre père, elle avait déjà dix ans. Elle a donc naturellement gardé les coutumes et postures nobles qui lui avaient été inculquées durant son enfance. Mais comme j’étais jeune et que notre mère n’était jamais en bonne santé, grande sœur devait souvent faire les corvées vu que Papy Lambert ne pouvait pas tout faire lui-même. Grande sœur sait tout faire !

– Je me rappelle d’un hiver où les mains de grande sœur s’étaient ouvertes sous le froid, mais elle continuait quand même de cuisiner pour moi. Je voulais l’aider, mais pas une fois elle ne m’a laissé faire. Keane mordit sa lèvre inférieure, ses yeux commençant à rougir. Cette fois, lorsque je deviendrais gouverneur, je ne laisserai définitivement plus ma grande sœur faire le moindre travail manuel. Je lui donnerai plein de serviteur pour s’occuper d’elle.

En entendant cette histoire, Linley ne put s’empêcher d’admirer Jenne qui semblait en extérieur si fragile et si timide.

– Tu vas devenir gouverneur de la ville ? Ne vous êtes-vous pas déjà fait expulser par votre tante pourtant ? demanda Linley.

Keane ne cacha rien.

– Au début, ma tante a utilisé tout ce qu’elle pouvait pour nous faire partir afin de garantir que son fils deviendrait le prochain gouverneur. Malheureusement… son déchet de fils ne faisait rien d’autre que de boire et s’amuser. Lorsque notre père mourut, il devint gouverneur et devint ivre de son pouvoir. Il devint encore plus insoutenable et se mit à faire encore plus n’importe quoi. Mais d’après ce que j’ai entendu, il est mort de manière inattendu dans les bras d’une femme il y a peu. À sa mort, la position de gouverneur est donc maintenant naturellement mienne.

Keane regarda Linley avec excitation.

– Seigneur Ley, je vous en prie, apprenez-moi. Une fois que je serai gouverneur, je vous donnerai définitivement une très haute position !


Cet article comporte 14 commentaires
    1. C’est clair qu’il est drôle en tout cas, son : »Je veux juste apprendre le coup d’épée que vous avez utilisé plus tôt. » m’avait bien fait rire quand je l’avais traduis ce chap ^^

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