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Chapitre 32 : L’union des forces

Source : version anglaise

Traducteur Français : Zareik
 Éditeurs : Kayorko & Miss X
Checkeuse : MissZareik

Livre 10 Chapitre 32 : L'union des forces

        Le plus grand gisement de gemmes magyques de toute l’histoire du continent Yulan venait d’être découvert par le Royaume Baruch, alors qu’il avait été fondé tout juste une douzaine d’années plus tôt.

– Les Terres Chaotiques ont connu des guerres constantes depuis des milliers d’années. Et durant tout ce temps, pas un seul pouvoir n’a pu prendre le temps de fouiller le sol. Je ne m’attendais pas à ce que dans la zone que j’ai unifiée, nous trouverions immédiatement un gisement aussi grand. Linley ne pouvait s’empêcher de soupirer d’admiration.

Mais en même temps, Linley était assez curieux.

Les gisements de magycites1 se formaient lorsqu’une grande quantité d’essence élémentaire se faisait lentement comprimer jusqu’à prendre une forme solide de gemme. Pour créer un gisement aussi énorme, cela avait dû requérir une quantité colossale d’essence élémentaire naturelle. Comment se faisait-il qu’il y ait tant d’essence élémentaire à cet endroit ?

Mais lorsque Linley avait scanné la zone avec son énergie spirituelle, il n’avait rien trouvé d’unique dans le sol sous ses pieds.

– C’est pas bon, ça. Le visage de Wharton changea.

– Qu’y a-t-il ? Linley regarda Wharton avec surprise, et Bébé fit de même.

– Petit Wharton, on vient juste de trouver un énorme gisement de magycites. Pourquoi dis-tu que « c’est pas bon » ?

Wharton secoua la tête. Avec un air grave, il dit,

– Grand frère, tu viens de dire que ce gisement doit valoir des centaines de milliards de pièces d’or. Mis à part son aspect financier, l’aspect le plus important d’une mine de gemmes magyques… c’est qu’elles peuvent être utilisées pour la guerre. Tu devrais le savoir, non ?

Linley acquiesça.

– Tu veux parler des canons à magycites ? demanda Linley.

Les canons à magycites étaient créés en utilisant un mélange d’alchimie et de ferronnerie. Ils permettaient d’utiliser de la magie à grande échelle sans avoir besoin de Mages de haut niveau. Dans le passé, la Capitale Sainte de Fenlai avait possédé des canons à magycites, mais hélas, lors du Jour de l’Apocalypse, même des créatures magiques de niveau Saint étaient descendues, ainsi qu’un grand nombre de créatures volantes… par conséquent les canons n’avaient pas pu être préparés à temps pour être utilisés.

En réalité, les canons à magycites étaient extrêmement efficaces lors des guerres.

Par exemple, des canons à magycites d’excellente qualité pouvaient, à chaque coup, libérer une puissance équivalente à celle d’un sort du septième ou huitième rang, fauchant facilement des centaines de personnes. Sur un champ de bataille, si un des camps pouvait placer dix grands canons à magycites et tirer quelques coups…

Les forces ennemies se retrouveraient immédiatement diminuées de dix mille soldats. Cela avait donc un impact primordial sur l’issue du combat qui suivait.

Mais les canons à magycites étaient aussi des puits sans fond. La quantité de gemmes magyques qu’ils consommaient était tout simplement terrifiante. Auparavant, lorsque le Royaume Baruch avait unifié ce territoire, leurs ennemis n’avaient pas utilisé de canon à magycites, car des régions comme celles-là ne pouvaient tout simplement pas se permettre d’en utiliser.

À chaque coup de canon, des gemmes magyques étaient consommées. Et ces choses-là étaient plus précieuses que de l’or !

– Une petite quantité de magycites peut être achetée avec de l’or, expliqua Wharton avec un visage grave. – Mais une grande quantité est généralement contrôlée et restreinte par les Empires. Ils ne permettent pas aux étrangers de les acheter. Et même si des personnes font un peu de contrebande, ils ne peuvent arriver à de grandes sommes.

Linley acquiesça. Comment une nation pouvait-elle autoriser une nation ennemie à acheter des provisions militaires en grande quantité venant de chez eux ?

Wharton continua avec sérieux,

– Il est assez facile d’acheter des canons à magycites, et en vérité, avec la puissance de notre Royaume, si nous dépensons un peu d’argent, nous pourrions en fabriquer nous-même. Avec un telle mine de gemmes magyques et des canons à magycites… notre puissance militaire deviendrait vraiment stupéfiante.

Il y avait toujours très peu de mages après tout. La procédure de test qu’avait subie Linley dans le passé en témoignait.

Et après être devenu un mage, atteindre le septième rang, voire au-delà ? Cela était encore moins probable. Sur tout le continent, seuls les grands Empires, l’Union Sacrée, et l’Alliance Sombre étaient capables de former un seul bataillon complet de mages.

Le Royaume Baruch de Linley n’avait pas les capacités pour former un bataillon de ce type.

Mais des canons à magycites… dix grands canons, avec une quantité suffisante de magycites, pourraient tout à fait être équivalent à un bataillon de mages.

– Grand frère, dit Wharton en regardant Linley. – Tu devrais savoir que sur le continent, les quatre Empires et les autres Royaumes, dans tous leurs combats, n’utilisent pas des Saints, à moins que ce ne soit un combat à mort. Et si les Saints ne participent pas aux combats… alors les canons à magycites peuvent changer le cours des guerres. Si l’Église de Lumière et le Culte des Ombres découvrent que nous possédons maintenant le plus grand gisement de gemmes magyques de tout le continent, alors…

L’expression de Linley se fit grave à son tour.

Son temps passé à s’entraîner lui avait fait oublier les combats qui faisaient rage dans ce monde.

– Tu as raison. Lorsque l’Église de Lumière et le Culte des Ombres découvriront ça, ils pourraient même s’allier pour attaquer notre Royaume. Linley ressentait le danger maintenant. Par le passé, ils avaient accepté que lors des combats normaux, les Saints soient interdits de participation.

Alors…

Comment le Royaume Baruch, avec une population de seulement cent millions de citoyens, pourrait-il vaincre les forces combinées de l’Église de Lumière et du Culte des Ombres, qui contrôlaient tous deux des populations bien plus grandes ?

Les deux dominaient un territoire autrement plus vaste que celui de Linley, et ces régions étaient plus riches, avec une population plus dense. La population que l’Église de Lumière et le Culte des Ombres contrôlait devait atteindre quatre ou cinq cents millions de citoyens.

– Grand frère, que devrions-nous faire ? Demanda Wharton en regardant Linley.

Les yeux de celui-ci brillèrent d’une lumière froide.

– Pas besoin de trop y penser. Pour l’instant, nous devons trouver un moyen d’acheter des canons à magycites. Je vais demander au Conglomérat Dawson de nous aider ! Et ensuite, nous devons commencer à miner dans le plus grand secret. Si l’Église de Lumière et le Culte des Ombres viennent vraiment frapper à notre porte, nous devrons compter sur les canons à magycites pour supporter notre petite armée.

– D’accord grand frère. Les yeux de Wharton s’étaient eux aussi mis à briller.

Linley avait déjà pris la décision que quoi qu’il arrive, ils ne se cacheraient pas ni ne se rendraient.

Rapidement, un grand nombre de personnes furent envoyées dans la région pour commencer à miner des gemmes. Au même moment, un grand nombre de soldats restèrent sur place pour garder le périmètre. Une fois qu’ils étaient engagés, les mineurs n’avaient plus le droit de s’occuper d’une autre activité extérieure. Naturellement, leurs salaires étaient, en contrepartie, extrêmement élevés.

Au reste du monde, tout ce qu’ils annoncèrent fut qu’ils avaient découvert un gisement de minerai assez précieux.

Le code de silence du Royaume Baruch fut assez efficace. Un mois complet passa sans que l’information ne fuite. Cependant, l’Église de Lumière et le Culte des Ombres possédaient tous deux quelques espions implantés dans le Royaume Baruch. De temps à autre, des informations fuitaient. Finalement, l’Église de Lumière découvrit la vérité par un membre de la famille d’un des mineurs.

À l’intérieur d’un manoir noble et gracieux.

– Le plus grand gisement de magycites de tout le continent Yulan ? Au moins dix kilomètres de large ? Un jeune homme aux cheveux argentés lisait la lettre qui se trouvait entre ses mains. L’expression de son visage changea instantanément, et plus il continuait à lire, plus son visage devenait grave.

Le jeune homme aux cheveux argentés semblait assez jeune, mais en réalité, même Heidens ou Osenno étaient plus jeunes que lui.

Car… c’était un Ange de niveau Saint de l’Église de Lumière. Trois mille ans auparavant, il était descendu sur le continent Yulan. Bien que sa puissance en tant qu’Ange n’ait pas augmentée, et que son potentiel ne puisse se comparer à celui d’un humain, le temps qu’il avait passé ici avait fini par élever son intelligence et sa sagesse jusqu’à atteindre le niveau de n’importe quel humain.

Arfan [A’fang], un Ange à Quatre-Ailes, était le chef actuel des forces de l’Église de Lumière dans les Terres Chaotiques.

– Bonnes nouvelles. Le visage d’Arfan se fendit d’un très léger sourire, et il ordonna immédiatement à la personne qui venait de lui délivrer la lettre, – Va immédiatement transmettre discrètement cette information au Culte des Ombres. Et observe leur réponse.

– Bien, monseigneur, dit respectueusement l’homme d’âge moyen qui lui faisait face.

Arfan hocha très légèrement la tête pour le congédier.

Si le Culte des Ombres était intéressé par l’idée d’attaquer le Royaume Baruch, cela serait naturellement une excellente nouvelle. Et même s’ils n’attaquaient pas, les informer n’apporterait aucun désagrément à l’Église de Lumière.

– Et envoie immédiatement cette information à l’Île Sacrée. Demande-leur de nous donner des ordres pour la suite ! ordonna Arfan. Il savait… que la décision d’une affaire aussi importante que celle-là dans les Terres Chaotiques devait provenir de l’Île Sacrée.

Bientôt…

L’ordre revint de l’Île Sacrée.

Arfan lut la missive. C’était exactement tel qu’il l’avait anticipé.

– Joignez vos forces au Culte des Ombres et attaquez le Royaume Baruch. Nous devons récupérer au moins un tiers de la production de la mine. C’est notre limite.

L’ordre était très simple. Après tout, de nombreuses choses n’avaient pas besoin d’être dites ouvertement. En tant que superviseur de cette région, Arfan n’était naturellement pas le dernier des imbéciles. Par exemple, il ferait de son mieux pour que le Culte des Ombres dépense le plus d’énergie et de puissance possible, tout en conservant au maximum les forces de l’Église de Lumière.

Arfan sourit. Il se dit intérieurement, – Il semblerait qu’il soit temps de répondre au Culte des Ombres.

Quelque temps auparavant, lorsqu’il avait envoyé quelqu’un transmettre l’information au Culte des Ombres, ceux-ci avaient répondu assez rapidement… ils avaient immédiatement invité Arfan à venir discuter de l’affaire. Ce dernier ne leur avait pas immédiatement répondu, et leur avait au contraire demandé d’attendre. Et maintenant, il avait reçu les ordres de l’Île Sacrée.

Tout pouvait commencer à présent.

Dans une ordinaire petite ville. Une petite cour ordinaire. L’Ange à Quatre-Ailes de niveau Saint, Arfan, et le Juge Aîné du Culte des Ombres, O’Casey. Ils étaient tous les deux assis l’un en face de l’autre, à boire du vin.

– Pas mauvais. Le goût et la texture sont exquis. Cela devrait venir des vignes du CourtBleu de l’Empire Yulan, n’est-ce pas ? demanda O’Casey en riant.

– M. O’Casey connaît vraiment bien ses vins, répondit Arfan en riant doucement. – Ne tournons pas autour du pot. Aujourd’hui, vous m’avez invité ici, M. O’Casey, pour discuter de l’affaire de la mine de magycites du Royaume Baruch. Que voulez-vous me dire, M. O’Casey ?

Ce dernier fit un clin d’œil à Arfan, puis prit une gorgée de vin avec satisfaction.

– M. Arfan, est-ce que cela vous dérangerait si j’emportais un peu de ce vin avec moi en partant ? Je pense… que j’en suis tombé amoureux.

Arfan fronça les sourcils. Il ressentait un soupçon de frustration.

Mais comme il s’agissait de négociations, il devait endurer.

– M. O’Casey, se peut-il que vous vouliez discuter de vin avec moi jusqu’à la tombée de la nuit ? demanda Arfan avec tout le sérieux du monde.

O’Casey le regarda, et se mit à rire fortement.

– M. Arfan, je plaisantais simplement avec vous. Bon. Le Culte des Ombres possède en effet quelques intentions à propos de la mine de gemmes du Royaume Baruch. Cependant… nous ne voulons pas nous engager dans un combat ouvert contre le Royaume Baruch.

– Vous ne voulez pas ? Arfan regarda attentivement O’Casey.

Que préparait cet homme ? Il ne voulait pas s’engager dans une guerre contre le Royaume Baruch ? Mais alors, quel était le but de ce rendez-vous ?

– M. O’Casey, que voulez-vous dire ? Le visage d’Arfan devint grave.

O’Casey, lui, continuait de sourire.

– En fait, Arfan, vous devez comprendre. Tout ce que nous avons à faire est d’envoyer des gens dans le Royaume Baruch et de dire… « L’Église de Lumière se prépare à attaquer le Royaume Baruch, et a invité le Culte des Ombres à se joindre à eux. » Tant que le Royaume Baruch est prêt à nous céder quelques gemmes, alors nous sommes prêts à rester en dehors de toute l’affaire et de n’aider aucun des deux camps. Et s’ils sont prêts à donner un peu plus, nous pouvons même les aider à s’occuper de l’Église de Lumière.

O’Casey regarda Arfan, qui avait maintenant un rictus déformant son visage.

– Dites-moi, Arfan. Que choisiraient Linley et Wharton ?

Arfan resta silencieux.

– La rancœur que Linley a avec l’Église de Lumière n’est pas négligeable, lança O’Casey sur le ton de la conversation.

En effet. Les mots d’O’Casey étaient justes. Le groupe de Linley choisirait très probablement de donner quelques gemmes au Culte des Ombres, voire une quantité généreuse pour qu’ils les aident à s’occuper ensemble de l’Église de Lumière.

L’Église de Lumière et le Culte des Ombres étaient opposés après tout.

Arfan savait qu’à cet instant, la situation leur était très défavorable.

– M. O’Casey, dit Arfan en le regardant avec sérieux. – Savez-vous exactement tout ce que contient réellement ce gisement de magycites ?

– Je ne sais pas, mais cela devrait être plusieurs fois supérieur à la précédente plus grande mine de gemmes magyques, dit O’Casey. Très peu de personnes connaissaient la taille exacte du gisement. Après tout, il n’avait pas encore été entièrement exploité. Seul quelqu’un comme Linley qui pouvait scanner la zone avec son énergie spirituelle pouvait avoir une idée claire de la taille du gisement.

Mais comment l’Église de Lumière ou le Culte des Ombres auraient-ils pu oser envoyer un expert de niveau Saint au risque de froisser Linley ?

Peut-être que Linley tuerait immédiatement ce Saint.

Après tout, dans leur précédent accord, ils avaient seulement précisé que les Saints ne participeraient pas aux combats. Mais Linley pouvait toujours tuer d’autres Saints.

Arfan hocha la tête.

– Vu que vous ne connaissez pas la taille exacte de la mine, même si Linley vous offre une grande quantité de gemmes magyques, vous ne saurez pas réellement le pourcentage total de la mine qu’il vous a offert.

– Il est vrai, admis O’Casey.

Linley pouvait simplement déclarer que la mine ne faisait qu’une fraction de sa taille réelle et prétendre qu’elle ne valait que quelques centaines de milliards de pièces d’or, alors qu’elle pouvait en valoir jusqu’à dix fois plus. Après tout, personne ne savait exactement la taille qu’elle faisait… il serait simple pour Linley de leur mentir.

– Tant que nous joignons nos forces contre le Royaume Baruch, nous partagerons les gains de la mine en cinquante-cinquante, quelle que soit sa taille, proposa Arfan.

– La moitié ? O’Casey secoua la tête. – Soixante-dix-trente. Nous soixante-dix, vous trente.

Arfan dit froidement,

– O’Casey, n’allez pas trop loin. Si nous séparons en deux moitiés égales, nous pourrons mieux travailler ensemble et mieux nous coordonner à l’avenir.

O’Casey lui fit un clin d’œil, puis se mit à rire.

– Vu que c’est comme ça… alors je vais aller aider Linley. Nous n’aurons rien à risquer, et nous récupérons une grande quantité de gemmes magyques.

Arfan fronça les sourcils.

– Soixante pour vous. Quarante pour nous. Une réponse : Oui, ou Non ?

Le visage d’Arfan était on ne peut plus sérieux.

O’Casey le regarda, puis leva son verre de vin. En souriant, il dit,

– M. Arfan, venez. Portons un toast à l’union de nos forces !

Le visage d’Arfan se fendit d’un sourire.

– Santé. Il leva lui aussi son verre.

L’Église de Lumière et le Culte des Ombres avaient uni leurs forces pour les énormes richesses contenues dans ce gisement de magycites. C’était la preuve qu’il n’existait pas d’« alliés éternels », ou de « perpétuels ennemis » ; seulement des intérêts éternels et perpétuels. Et ces intérêts pouvaient quelques fois être l’argent, quelques fois le pouvoir, et quelques fois l’affection.

  1. Autre nom des gemmes magyques
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