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Mother of Learning, chapitre 21


Traducteur : Mithestral


Chapitre 21 : La Roue de la Fortune.

Zorian se trouvait dans les tunnels sous Cyoria, assis en tailleur et les yeux fermés, essayant de sentir avec son esprit celui des aranéas à côté de lui. Il s’agissait de l’exercice que lui avait donné la matriarche pour sa première leçon, et ça lui rappelait de manière inconfortable l’exercice de Xvim où il devait sentir les billes chargées de mana.

Il n’y arrivait pas très bien. Une autre ressemblance avec les leçons débiles de Xvim.

[Ça ne fait que 3 jours,] le gronda la voix désincarnée de la matriarche. [Tu viens à peine de commencer. Ne sois pas si impatient.]

« Il doit y avoir une meilleure façon d’apprendre ça, » se plaint Zorian. Ce genre de méthode d’apprentissage par l’erreur était quelque chose qu’il aurait pu faire sans son aide. Il avait l’impression que l’araignée ne lui servait actuellement que d’un support, prête à intervenir si quelque chose se passait mal. Ce qui, maintenant qu’il y réfléchissait, était plutôt important quand on s’entraînait avec quelque chose d’aussi potentiellement dangereux que la magie de l’esprit. Enfin, ça valait pour tous les types de magie.

[Ça, et il y a aussi le fait qu’il est plus facile de sentir et de contacter des esprits Ouverts que ceux des… non-Ouverts,] fit remarquer la matriarche, hésitant légèrement à la fin. [Je doute sérieusement que tu arriverais à trouver à la surface autant d’individus Ouverts pour t’entraîner. Et encore moins qui te laisseraient te connecter à eux. Bref, je comprends que les étapes initiales sont ennuyeuses et pénibles, mais elles sont nécessaires. Et si je n’ai pas expliqué les choses de manière satisfaisante, je suis désolée, mais je ne sais pas comment mieux faire. Cette capacité n’est pas quelque chose que j’ai appris, c’est quelque chose que je fais. Les aranéas apprennent comment le faire quand elles sont très jeunes, comme lorsque les enfants humains apprennent à marcher et à parler. Peux-tu expliquer à quelqu’un qui a été paralysé toute sa vie comment bouger ses jambes pour marcher ?]

Zorian fronça les sourcils. Comme ça, il n’était même pas capable de maîtriser des talents télépathiques de bébé ? Super. Franchement, super. Il prit une profonde inspiration pour se calmer et essaya de reconsidérer la tâche qu’il devait accomplir, et comment il allait la résoudre. Oui, oui, la matriarche insistait pour qu’il essaye encore et encore jusqu’à ce qu’il y arrive par chance, mais il était un mage, bordel ! Les mages faisaient les choses de manière plus intelligente, pas plus compliquée.

Être Ouvert voulait dire être un mage de l’esprit inné. Malgré toute la spiritualité étrange que la matriarche essayait de lui donner, c’était ainsi que l’on pouvait le résumer. Un individu Ouvert pouvait lire les pensées et les émotions, fouiller à travers les souvenirs d’une personne, détourner ses sens et son contrôle moteur, communiquer avec eux télépathiquement et les dieux savaient quoi encore, mais c’était relié à l’esprit. Même la matriarche avait admis que les aranéas utilisaient des magies humaines modifiées pour des choses comme son sort de parole et le reste de leur arsenal magique non mental.

Il avait l’intuition que les divinations étaient la clef. Si les pouvoirs psychiques étaient basés sur l’esprit, pourquoi amélioraient-ils également les divinations ?

[Pas toutes les divinations,] intervint la matriarche, suivant apparemment le fil de ses pensées. [Seulement celles qui te rendent les informations directement dans ton esprit. Le Don t’aide à interpréter les résultats de ces sorts bien plus facilement, et comme la plupart des divinations de haut niveau déversent au moins une partie des informations dans ton esprit… eh bien, tu peux comprendre à quel point c’est utile.]

Soudain, Zorian comprit quelque chose. D’après les livres qu’il avait lus à la bibliothèque sur les arts de l’esprit, les sorts qui avaient pour objectif de lire les pensées des gens n’étaient pas fondamentalement compliqués. Le problème était que le résultat était parfaitement incompréhensible pour la plupart des utilisateurs, à moins qu’ils ne passent des années à s’entraîner à l’interpréter. Les sorts utilisés pour établir une communication télépathique souffraient du même problème, dans une moindre mesure. Tant que les deux personnes parlaient la même langue, elles pouvaient au moins échanger quelques mots par ce biais. En d’autres termes, les sorts d’esprit humains étaient vraiment comparables à une divination qui essayait de déverser l’intégralité de ses résultats dans l’esprit du lanceur… ce que peu de mages pouvaient gérer.

En prenant tout ça en compte, il était évident pour Zorian que l’un des pouvoirs caractéristiques d’un individu Ouvert était sa capacité de comprendre les informations entrant dans son esprit, que ça soit les pensées d’autres gens ou des résultats de divinations. L’aspect le plus immédiat était très intéressant : il s’agissait d’un pouvoir passif. Il n’avait pas besoin de spécifiquement l’activer pour l’utiliser, donc s’il voulait sentir les esprits des aranéas autour de lui, il devrait peut-être essayer de pousser ce pouvoir vers l’extérieur et se concentrer sur son intérieur. Il prit une profonde respiration, visualisa les résultats comme des grains de lumière autour de lui et puis il… ouvrit simplement son esprit.

De nombreux soleils éblouissants firent éruption tout autour de lui, notamment dans plusieurs endroits où il ne s’attendait pas à voir des aranéas. La matriarche avait apparemment amené bien plus de gardes avec elle qu’elle ne lui avait initialement dévoilé.

[Ton premier succès,] remarqua la matriarche. Son irruption soudaine dans son esprit brisa sa concentration, et la vision s’évapora, comme un rêve. [Beau travail. À partir de maintenant, tout ira beaucoup plus vite. Je te féliciterais bien pour tes progrès rapides, mais je dois être honnête et admettre que je n’ai aucune idée de la vitesse à laquelle les humains progresse habituellement dans ce domaine.]

« Peut-être aurais-je réussi plus rapidement si vous m’aviez dit que je m’y prenais mal, » dit Zorian avec agacement. « Pourquoi ne m’avez-vous pas dit de me concentrer sur l’intérieur plutôt que l’extérieur ? »

[Je l’ai fait ; ce n’est pas ma faute si tu as ignoré ce conseil en supposant qu’il ne s’agissait que d’une superstition aranéenne inutile,] dit légèrement la matriarche. [Et puis, je ne savais pas vraiment que le problème se trouvait là-dessus. Je suppose que ma tendance à répondre à tes pensées t’as fait croire que je peux les comprendre totalement, pas vrai ? La vérité est bien moins impressionnante, j’en ai bien peur. Les télépathes comme toi et moi travaillent sous beaucoup des limitations qui affectent la magie de l’esprit humaine, c’est juste que nous avançons beaucoup plus vite dans le domaine et que nous n’avons pas besoin d’un sort structuré pour utiliser nos capacités. Si tu ne structures pas tes pensées en véritable parole, le plus gros de ce que je peux lire est une image très floue de ton état émotionnel actuel et une vague impression de tes intentions. Cela est sans doute dû au fait que tu es humain et que je suis une aranéa, deux espèces radicalement différentes qui ne partagent même pas la même structure corporelle, et encore moins nos mentalités.]

« Huh, donc le langage et l’espèce sont importants pour un individu Ouvert, » nota Zorian. « C’est vrai que je me posais la question. »

[Ce n’est pas souvent un gros problème, car la plupart des créatures ont tendance à penser en mots quand elles réfléchissent consciemment,] dit la matriarche. [Donc tant que deux créatures parlent le même langage, elles peuvent s’engager librement dans une discussion télépathique, peu importe les différences de leurs pensées sous-jacentes. Mais si elles ne parlent pas la même langue… eh bien, tout n’est pas perdu. Les Ouverts peuvent potentiellement communiquer avec des esprits parfaitement étrangers. Cela implique de structurer tes pensées en des concepts généraux qui sont assez larges pour être compris par la cible, mais pas trop larges, au risque d’être vides de sens. Malheureusement, cette méthode est assez grossière, et a tendance à être douloureuse et déroutante pour la cible. Je crois savoir que tu as déjà vécu une telle expérience lorsque tu as rencontré l’une des aranéas s’y connaissant le moins sur les humains lors d’un de tes recommencements précédents.]

« Donc ce n’est pas juste parce que vous êtes plus puissante que vous pouvez me parler si facilement ? » demanda Zorian.

[Non. J’ai pris le temps d’apprendre le langage humain, leur mentalité et leur culture. D’autres aranéas qui interagissent occasionnellement avec les humains ont fait de même. Mais notre toile est assez étendue pour que la plupart des aranéas puissent demeurer assez largement ignorante des habitudes des humains pendant qu’elles s’occupent de leurs affaires. C’est pourquoi la plupart de mes gardes sont silencieux quand tu es là. Crois-moi, ils ne sont d’habitude pas aussi effacés, mais s’ils essayaient de communiquer avec toi, ils te donneraient très mal à la tête.]

« Est-ce que ça veut dire que les attaques mentales sont plus faciles que la communication ? » demanda Zorian avec intérêt. « Enfin, si une communication télépathie bâclée est pratiquement une attaque mentale, il n’en faudrait probablement pas beaucoup plus pour griller le cerveau d’une créature et s’en débarrasser. »

[On la nomme ‘Explosion Mentale’, et il s’agit de l’attaque télépathique la plus simple qu’il existe,] dit la matriarche. [Mais c’est également la plus simple à contrer. Tu devrais vraiment arrêter de t’inquiéter d’une potentielle attaque de ma part. Les explosifs que tu portes constamment sur toi ne suffisent pas à te rassurer ?]

« Ils aident, » dit Zorian. « Mais en fait, dans ce cas en particulier je ne faisais pas allusion à la possibilité d’hostilités entre nous. J’étais juste curieux. »

[Eh bien, ça marche. Dans tous les cas, nous devrions retourner à développer ton sens mental avant que l’on s’écarte de trop,] dit la matriarche. [Tu as réalisé ton premier contact avec la toile, mais c’est bien trop bancal pour t’être utile pour le moment. Tu dois être capable de sentir les esprits autour de toi instantanément, sans avoir à rester immobile et les yeux fermés. Tu devrais pouvoir faire quelque chose d’autre en même temps.]

Zorian soupira. Il recevait vraiment des flash-back des exercices de Xvim.

Il ne se passa rien de remarquable pendant le reste du mois, et Zorian passa le plus gros de son temps à essayer de juger l’intensité de sources magiques traversant son nuage de mana. Même si la matriarche refusait de lui enseigner quoique ce soit d’autre jusqu’à ce qu’il maîtrise (relativement bien) son sens mental, il avait déjà remarqué que ses leçons lui donnaient un contrôle rudimentaire de son empathie. En tout cas, c’était assez pour qu’il puisse l’atténuer significativement en se concentrant s’il le souhaitait, mais pas suffisant pour la concentrer sur une personne en particulier ou obtenir des impressions plus détaillées. Rien que ça suffisait à rendre les leçons utiles, car cela rendrait les rassemblements sociaux bien plus supportables pour lui.

En parlant de rassemblements sociaux, Zach s’était montré de plus en plus insistant pour que Zorian vienne à sa fête personnelle le soir du festival. Son camarade lui avait demandé plusieurs fois, et il avait cédé. Oui, cela le rapprocherait de façon très inconfortable de l’autre voyageur temporel durant une soirée, mais il était curieux de découvrir comment sa méthode pour refouler son empathie allait marcher en situation réelle. Cela serait également une bonne occasion de voir à quoi ressemblait le manoir de Zach de l’intérieur, ainsi que d’apprendre à connaître le reste de ses camarades, car il pourrait discuter avec eux sans que cela semble étrange.

« T’es vraiment sûr que je peux venir avec toi ? » demanda Taiven qui marchait à ses côtés.

« Pour la dernière fois Taiven, oui. Zach a répété plusieurs fois que plus on amène de personnes, mieux c’est, » répondit Zorian. Pas étonnant quand on savait ce que voulait faire Zach. « Écoute, si tu ne voulais pas venir –»

« Si ! Je veux vraiment venir. On a pas tous les jours la chance de se rendre à une fête au manoir Noveda. C’est juste que je trouve ça un peu étrange, c’est tout. Je suis en fait un peu surprise que tu aies accepté de venir. Je croyais que ce genre d’évènement te repoussait. »

« C’est ça, ou participer au bal organisé par l’académie, » dit Zorian. « Ça revient à choisir mon poison. »

« Ah, je vois, » acquiesça Taiven. « Je peux comprendre que dans ce cas ça puisse paraître comme une meilleure option. »

Zorian regarda Taiven du coin de l’œil, se sentant un peu coupable. La véritable raison pour laquelle il l’avait invité était pour voir comment elle allait se débrouiller face aux envahisseurs. Il savait qu’elle était bien plus douée que lui en magie de combat, mais son niveau n’était probablement pas exceptionnel. Il voulait un point de comparaison qui n’était pas aussi abusé que Zach ou un mage de combat expérimenté comme Kyron.

Mais bon, c’était Taiven. Elle se battait probablement contre les envahisseurs à chaque recommencement, dans un endroit où il n’avait jamais pu la voir. Au moins cette fois-ci elle aurait l’avantage de se battre aux côtés d’un combattant du calibre de Zach.

Ils venaient à peine de frapper sur la porte que Zach l’ouvrit et leur fit signe de rentrer. Il avait probablement su qu’ils étaient arrivés depuis qu’ils avaient franchi le portail extérieur. Il était logique qu’il y avait un champ de détection dans le système de protection du manoir.

« Je suis heureux que tu aies décidé de venir, » lui dit Zach en les guidant vers la salle à manger, où la fête devait apparemment se dérouler. « Vu comment tu te comportais avec moi ces derniers temps, j’avais peur que tu ne rompes ta promesse et reste dans ta chambre. »

« Je ne sais pas de quoi tu parles, » dit Zorian brusquement. Zach n’avait même pas tellement essayé de lui parler lors de cette boucle. Essayait-il de le démasquer, ou est-ce Zach avait passé tellement de temps dans la boucle temporelle qu’il avait du mal à se rappeler de quelles actions il avait fait dans quels recommencements ?

« Heu, qu’est-ce qu’il se passe ici ? » demanda Taiven, les regardant tous les deux avec hésitation. « Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir ou… »

Zach la regarda avant de se tourner à nouveau vers Zorian et lui leva un pouce. « Encore une nouvelle fille, hein ? Mec, t’en as une nouvelle à chaque fois que je te vois. Je ne t’aurais pas pris pour ce genre de gars ! »

« Quoi ? » s’exclamèrent Zorian et Taiven simultanément.

Zorian fut honnêtement abasourdi pendant un moment, avant de réaliser que Zach confondait à nouveau les différents recommencements. Akoja, Ibery et Taiven : Zach les avait vues toutes les trois avec lui dans différents recommencements. Mais… c’était complètement différent ! Aucune d’entre elles n’était intéressée par lui !

« Zorian est un homme à femmes ? » demanda Taiven d’une voix si calme que c’était inquiétant.

« Non ! Absolument pas ! » nia Zorian avant de concentrer sa colère sur Zach, qui semblait très amusé. « Et toi ! Arrête de propager des rumeurs stupides sur moi ! Je sais que tu ne m’as jamais vu avec une fille jusqu’à ce soir ! Et tu te demandes pourquoi je t’ai évité depuis la rentrée… »

Zach fit une grimace. « Désolé ! Désolé, je plaisantais juste. Ne t’inquiètes pas, je suis sûr que ta petite-amie ne va pas te quitter à cause de quelques remarques stupides de ma part. Et si elle te quitte, c’est qu’elle n’en valait jamais vraiment la peine. »

« Oh, vraiment ? » dit Taiven. « Tu ne crois pas qu’il serait absolument dévasté de perdre une petite amie aussi puissante, intelligente et sexy que –»

« Taiven, ne commence pas toi aussi, » soupira Zorian. « Zach, ce n’est pas ma petite amie. Juste une amie. »

« Une amie fille, » dit Zach, tortillant ses sourcils d’une manière très suggestive.

« Oui, » dit Zorian, serrant les dents d’agacement.

« Ah, peu importe. Au moins tu auras quelqu’un avec qui danser, » dit Zach d’un ton léger.

Zorian en doutait. Taiven était une fille très attractive, dotée d’une silhouette athlétique et d’un visage angélique, et elle aimait les hommes qui étaient tout aussi attirants physiquement. Il était très probable que Taiven trouverait quelqu’un d’autre avec qui danser dès qu’ils seraient dans la foule. Peut-être bien Zach, si la façon dont elle regardait son derrière donnait une indication.

« Tu sais, cet endroit est plutôt vide, » murmura-t-elle a Zorian pendant qu’ils marchaient vers le hall. « Je sais que c’est le dernier de sa Maison et tout, mais je ne vois même aucun servant. »

« La plupart des servants ont été limogés par mon gardien quand j’étais encore un petit enfant, » dit Zach. Cela ne surprit absolument pas Zorian qu’il l’avait entendu ; Taiven n’était vraiment pas douée pour murmurer. « Comme mes parents sont morts quand j’étais encore un bébé, il avait carte blanche pour faire ce qu’il pensait nécessaire pour maintenir à flots la Maison Noveda jusqu’à ce que je sois en âge de prendre la main. C’est pourquoi le personnel de maintenance et de nombreux contractuels ont été jugés non nécessaires et ont été licenciés. »

« Et tu n’es pas d’accord avec ce qu’il a fait ? » devina Zorian. Il pouvait clairement déceler de l’hostilité lorsque Zach avait parlé de son gardien, ce qui collait avec le fait qu’il l’avait régulièrement brutalisé au début de nombreux recommencements.

Zach le regarda d’un air curieux avant de soupirer.

« Disons que lui et moi avons nos désaccords, » dit Zach.

« Tu sais, je n’ai jamais su ce qu’il était arrivé à ta famille, » dit Taiven. « Comment ça se fait que tu sois devenu le dernier de ta Maison ? »

Zorian frappa du poing l’épaule de Taiven pour avoir posé une question pareille à leur hôte, et lui lança un regard noir lorsqu’elle le regarda d’un air scandalisé. Il n’était pas certain de pourquoi elle était scandalisée. Ne comprenait-elle vraiment pas à quel point sa question était inappropriée, ou était-elle simplement surprise que lui l’ait frappée pour une fois, au lieu de l’habituelle violence Taiven-sur-Zorian ?

« Oh, laisse la tranquille, elle est franche avec sa curiosité, » dit Zach. Il savait visiblement ce qu’il s’était passé, alors qu’il avait le dos tourné pendant tout l’échange. « J’aime bien son attitude, pour être honnête. »

« Va comprendre, » grommela Zorian. C’était vrai que Zach et Taiven avait le même genre d’attitude très désinvolte sur de nombreux sujets, donc peut-être que ça n’avait pas été la meilleure idée de les faire se rencontrer…

Zach se lança ensuite dans une explication à rallonge de la chute de la Maison Noveda. Zorian en ignora la plus grosse partie, étudiant plutôt plusieurs peintures sur le chemin. En effet, il s’était déjà renseigné en détail sur Zach et la Maison Noveda, et il y avait peu de nouvelles informations dans ce que racontait Zach.

Il s’agissait d’une histoire tragique, mais absolument pas unique. Elle pouvait se résumer à deux grandes causes : les Guerres de Fractionnement, et la Grande Pestilence.

La Vieille Alliance avait été une construction compliquée, un genre d’empire patchwork formé d’une multitude d’États semi-indépendants chamailleurs, qui n’avaient pas toujours écouté les ordres provenant d’Eldemar. Mais malgré ses défauts, il fallait admettre qu’elle avait réussi à réprimer toute guerre entre ses États membres. Les conflits armés avaient été rares, et très limités en termes de taille, surtout depuis que l’Alliance n’avait eu aucun ennemi extérieur majeur contre qui elle devait se défendre. C’est pourquoi, quand la Vieille Alliance avait volé en éclats et que les différents états mobilisèrent leurs forces, ça avait été la première fois en presque 100 ans qu’une guerre se préparait dans la région. Une guerre qui avait agi comme un sceau d’eau froide jeté au visage de chaque mage de combat d’Altazia, parce que pour la première fois les armes à feu avaient été utilisées à grande échelle.

Les armes a feu étaient une technologie connue en Altazia depuis plusieurs centaines d’années, mais elles n’avaient pas beaucoup de valeur aux yeux des généraux et des autorités d’Eldemar et des autres puissances. Les premières tentatives pour les utiliser avaient démontré qu’elles étaient peu maniables, et presque aussi dangereuses pour son utilisateur que pour la cible. Les mages d’artillerie étaient bien plus mobiles et efficaces que n’importe quels cannons, et moins on parlait des armes de poing mieux c’était. Pourtant, la technologie avait continué d’intéresser plusieurs personnes et n’avait jamais complètement disparu. Au contraire, elle s’était améliorée petit à petit. Mais même quand certaines puissances navales commencèrent à armer leurs bateaux de canons, même quand quelques groupes de mercenaires commencèrent à utiliser des fusils avec succès, les armes à feu tenues à la main étaient quand même considérées comme sans avenir. Il n’y avait rien qu’un fusilier ne puisse faire qu’un archer proprement entraîné ne puisse pas faire mieux, sachant en plus que les arcs et les flèches étaient plus facilement améliorables magiquement que les fusils et leurs munitions. Le seul avantage des fusils étaient qu’ils n’avaient besoin de presque aucun entraînement avant d’être efficaces, et que les pays de la Vieille Alliance n’avaient aucune utilité de conscrits à peine entraînés.

Enfin, tout ça avait été vrai jusqu’aux Guerres de Fractionnement. Suite à la dissolution de la Vieille Alliance, tous les états s’étaient hâtés de construire une armée pour le conflit à venir. Posséder une armée passable immédiatement était bien plus important que d’en avoir une correcte dix ans plus tard. Les plus petits pays, incapables de rivaliser avec les plus grands comme Eldemar en termes de force de frappe magique, avaient décidé d’investir très lourdement dans des armes à feu comme une alternative à la magie de combat. Eldemar, l’un des rares pays avec une armée classique fonctionnelle, n’avait pas trouvé nécessaire d’utiliser ‘ces jouets pour roturiers’.

Personne ne s’était vraiment attendu à ce que les armes à feu fussent aussi effroyablement efficaces qu’elles l’avaient été. Même les pays qui les avaient utilisées en masse pensaient qu’elles leur permettraient tout au plus de ralentir l’avancée des armées classiques, pour les inciter à rechercher des proies plus faciles. Cependant, les armées de fusiliers avaient littéralement massacré les armées traditionnelles, prenant complètement par surprise les plus grandes puissances. Au lieu de les voir annexer toutes les puissances mineures et cités-états autour d’eux, avant de s’affronter les unes les autres, les plus grandes nations n’avaient réussi qu’à s’affaiblir, se disloquant souvent en plusieurs nouveaux pays quand leurs ennemis internes avaient profité de ce moment de faiblesse. Même si les états avaient fini par adapter leurs forces et leurs stratégies de combat à la présence des armes à feu, le mal avait été fait. Chaque Guerre de Fractionnement suivante n’avait servi qu’à empirer le morcellement politique d’Altazia.

C’était particulièrement vrai puisque les Guerres de Fractionnement avaient très lourdement affaibli les Maisons de mage, qui étaient les élites intellectuelles et politiques des nations d’Altazia. La raison était simple : un mage de combat était une profession très prestigieuse, et de nombreuses Maisons avaient utilisé leurs implications dans les guerres pour gagner en influence et en réputation, dont ils avaient ensuite pu profiter à des fins politiques et mercantiles. À la veille des Guerres de Fractionnement, les besoins en mages de combat pour peupler les armées avaient été immenses, et de nombreux mages s’engagèrent, en quête de gloire et de fortune. Évidemment, cela avait très mal tourné, et les victimes s’étaient accumulées. Peu familiers avec les forces et limitations des armes à feu, et les sous-estimant bien trop souvent, énormément de mages furent tués par des snipers, des frappes d’artillerie ou de simples commandos armés. De nombreuses Nobles Maisons furent lourdement handicapées par leurs pertes, la Maison Noveda étant l’une d’elles.

La Maison Noveda avait toujours été une maison militaire, même s’ils étaient actifs dans de nombreux autres domaines. D’après Zach, les dirigeants de la maison trouvaient que le service militaire servait à forger le caractère, et tous les membres mâles devaient servir dans l’armée au moins quelques années pendant leur jeunesse. De nombreuses femmes s’étaient également engagées. Les Noveda avaient été très étroitement liés à la famille royale d’Eldemar et avaient une attitude très traditionaliste. C’est pourquoi les Noveda avaient pleinement supporté les ambitions militaires d’Eldemar, et avaient envoyé au combat littéralement tous leurs membres capables de se battre. Ce qui voulait dire que lorsque Eldemar commença les Guerres de Fractionnement en lançant un assaut massif sur plusieurs fronts sur ses voisins les plus faibles, les membres de la maison Noveda étaient à l’avant-garde de toutes les offensives.

Et ils l’avaient payé très, très cher.

Mais tout de même, même si la Maison Noveda avait été lourdement handicapée à la suite des Guerres de Fractionnement, ils n’avaient pas encore été complètement anéantis. Ils auraient pu s’en remettre et récupérer leur influence et gloire d’antan en quelques dizaines d’années. Malheureusement, c’est à ce moment-là qu’arriva la Grande Pestilence qui détruisit tous leurs efforts.

Personne ne savait d’où était venue la Grande Pestilence. Elle avait simplement commencé un jour à se propager parmi les soldats. Il s’agissait d’une maladie mortelle, incurable, qui tuait quiconque était infecté, indépendamment de l’âge, de l’état de santé ou même de la magie. Un infecté était condamné à mourir. Il développerait d’abord une fièvre très élevée qui le ferait halluciner, deviendrait ensuite aveugle avant d’avoir du sang s’échappant de ses yeux et de mourir. Les guérisseurs classiques s’étaient montré totalement impuissants, aucune magie n’avait su guérir la maladie, et même l’église, malgré ses mystères obtenus des dieux avant leur départ, avaient échoué à contenir l’infection. Au final, personne n’avait pu faire quoique ce soit à part attendre que la maladie disparaisse d’elle-même, ce qu’elle fit au bout d’un moment. La Grande Pestilence avait disparu aussi mystérieusement qu’elle était apparue, mais pas avant d’avoir dévasté le continent entier.

Le nombre exact de morts causés par cette maladie était toujours sujet à débats, mais la plupart des experts s’accordaient à dire qu’entre 8 et 10 % de la population d’Altazia avait péri dans l’épidémie. Certains groupes avaient souffert d’avantages, d’autres en avait réchappé sans la moindre victime, sans aucune raison apparente. Par exemple, la famille de Zorian avait été complètement épargnée. Ses deux parents et ses frères avaient survécu à l’épidémie, ils avaient été très chanceux. À l’inverse, Zach avait perdu absolument tout le monde. Les quelques Noveda qui avaient survécu aux Guerres de Fractionnement avaient tous contracté la maladie, laissant à leurs morts une coquille vide de Maison dont le survivant était un petit enfant, trop jeune pour s’occuper de lui-même.

« … et c’est ainsi que toute cette histoire très triste prend fin, » termina Zach. « Au moins, la Grande Pestilence aura permis de mettre fin aux Guerres de Fractionnement. Mais assez parlé de choses déprimantes. On est arrivé ! »

Effectivement, ils étaient arrivés, et bon sang, Zorian était heureux de son contrôle rudimentaire sur son empathie. Le hall que Zach avait choisi pour sa fête était bien plus petit que le hall de danse de l’académie, et l’ambiance était bien plus détendue et moins formelle, ce qui rendait la foule bien plus bruyante. Dans son état normal, ça aurait été l’enfer.

Alors qu’il se demandait la meilleure façon d’approcher les autres étudiants (ce qui lui donnerait une occasion d’enquêter sur des informations personnelles en discutant), Taiven lui déroba ce choix. Elle voulait également se mêler aux autres, même si ses raisons étaient bien plus simples que les siennes, et avait décidé que la meilleure façon de faire ça était que Zorian la présente aux autres. Pratique.

Après avoir parlé aux quelques personnes avec lesquelles il savait qu’il pouvait discuter, notamment Kael et Benisek, Zorian se dirigea vers les gens qui ne serait probablement pas dérangés s’il les interrompait. Bien sûr, avec une foule pareille, il serait idiot de penser que ça serait toujours à lui d’approcher les autres.

« Ok, qui d’autres tu connais ici ? » demanda Taiven.

« Eh bien, cette grande fille aux cheveux verts qui se dispute avec ces deux mecs est Kopriva Reid. »

« Attends, cette Reid ? » s’exclama Taiven. « L’une de ces gangsters est dans ta classe ? »

« Pourquoi Taiven ? Suggérerais-tu que la Maison Reid a quelque chose à voir avec le crime organisé ? » demanda Zorian avec un sourire. « C’est une lourde accusation, tu sais. Rien n’a jamais été prouvé. »

« Peu importe. Le truc c’est que je ne m’approcherai pas de la princesse gangster. Quelqu’un d’autre ? »

Zorian parcourut à nouveau la foule du regard. Pour être honnête, il avait toujours pensé que Kopriva était une personne plaisante, enfin du moins lors des quelques fois où il avait discuté avec elle. Elle était un peu trop directe, et jurait un peu trop souvent si quelque chose ne se passait pas comme elle le souhaitait, mais elle n’avait jamais rien fait de typiquement gangster. Un petit groupe de filles regardant vers lui attira soudain son regard.

« Tu vois ce groupe de cinq filles là-bas ? » dit-il à Taiven. « Il s’agit de Jade, Neolu, Maya, Kiana et Elsie. »

« Elles ont l’air… du genre à rire bêtement, » dit-elle d’un ton acerbe. « Je passe. »

« Oh, c’est trop tard pour ça, » dit Zorian. « Regarde, tu vois qu’elles nous regardent ? Elles nous ont déjà remarqué, et sont en train de décider quelle est la meilleure façon de nous approcher et de nous interroger. »

« Zorian, ne force pas la chance, » le prévint Taiven.

« Je ne force pas la chance, je connais mon ennemi. Elles ont simplement vu l’un de leurs camarades accompagner une fille sur laquelle elles ne savent rien. Il est impossible pour elles de laisser tomber cette histoire sans investiguer, » dit Zorian, et le groupe de filles dont il parlait venait de se mettre en route vers eux. « Tu vois ? Qu’est-ce que je t’avais dit ? Elles sont en train de venir. »

Taiven poussa un grognement de mécontentement, mais elle corrigea rapidement son expression en une façade accueillante envers les filles qui arrivaient. Zorian la comprenait parfaitement. Lui non plus n’avait pas hâte d’avoir cette discussion, mais il avait su que c’était inévitable depuis qu’il avait mis le pied dans la pièce et s’était donc préparé. Et même s’il ne pensait pas vraiment que l’une de ces 5 filles était le troisième voyageur temporel, il s’était promis de ne zapper aucun candidat potentiel sans au moins enquêter un minimum sur eux.

La soirée allait être longue.

Conformément à ses prédictions, une fois qu’ils avaient fini les présentations et que la fête avait commencé, Taiven se trouva rapidement un étudiant grand et très attirant avec qui danser, laissant Zorian se trouver lui-même une partenaire. Peu importe, il n’aimait pas danser de toute façon. Il utilisa ses talents secrets pour éviter l’attention et se replier à l’arrière de la foule qui dansait, cherchant un coin reculé dans lequel personne ne viendrait l’embêter. Il remarqua rapidement qu’il n’avait pas été le seul avec cette idée. Tinami Aope semblait déjà avoir trouvé un coin pareil et… avait une expression assez gênée en fait. Oh oh. Avec une expression pareille, il doutait qu’elle veuille vraiment être laissée tranquille.

« Salut, Tinami, » la salua-t-il, la faisant sursauter.

« Heu… » bredouilla-t-elle. « Zorian, c’est ça ? »

« C’est exact, » confirma Zorian. « Intéressée par une danse ? »

« Oh. Oh ! Mais tu n’es pas déjà venu avec ta copine ? Ça ne la dérange pas ? » demanda Tinami.

Zorian montra du doigt Taiven qui dansait avec son partenaire. « Et puis, Taiven est juste une amie, pas ma petite amie. »

« Ah, » dit-elle, gigotant inconfortablement. Zorian lui offrit sa main, sans un mot. « Heu… ok alors, » dit-elle, attrapant avec énergie sa main et le suivant jusqu’à la piste de danse.

Durant les 30 minutes suivantes, Zorian essaya de débuter une conversation avec Tinami avec un succès mitigé. Il soupçonnait que c’était uniquement grâce à ces circonstances très spécifiques qu’elle s’efforçait un minimum de lui répondre. Elle était une fille vraiment très timide, et il doutait fortement qu’elle soit le troisième voyageur temporel. Sa gêne semblait vraiment réelle, alors qu’un voyageur temporel aussi âgé que Zach s’en serait sûrement débarrassé, non ?

« Donc, ton passe-temps c’est d’élever des… araignées ? » demanda Zorian avec curiosité.

« Des tarentules, » corrigea-t-elle avec insistance. « Mais, heu, j’aime toutes les espèces d’araignée. Je sais que c’est bizarre, mais… »

« Balivernes, » dit-il avec bienveillance. Que pouvait-il y avoir d’étrange à propos d’une timide jeune femme réservée qui élevait des grosses araignées poilues de la taille d’un poing ? « Les araignées sont vraiment des créatures incroyables, même si je préfère personnellement les araignées sauteuses. Ces deux yeux géants sur le devant de leur tête leur donne un aspect plus humain et me permet de mieux les comprendre. »

Tinami le regarda d’un air incrédule avant de froncer les sourcils. « Tu te moques de moi, » l’accusa-t-elle.

« Pas du tout, » dit-il avec un sourire. « En fait, il y a une grande colonie d’araignées sauteuses à qui je rends visite régulièrement. C’est incroyable ce que l’on peut apprendre en observant le monde naturel. »

Tinami plissa des yeux et commença à lui poser tout un tas de questions ésotériques sur les araignées. Comme Zorian avait passé beaucoup de temps à étudier plusieurs espèces d’araignées lors de ses recherches sur les aranéas, il savait en fait répondre à la plupart de ses questions. Il essaya ensuite de lui rendre la pareille en l’interrogeant sur plusieurs espèces magiques d’araignées, bien plus grosses, tablant sur le fait que son intérêt se portait essentiellement sur les petites espèces. Pari manqué. Non seulement elle en savait bien plus sur les variétés monstrueuses d’araignées, elle en connaissait également un paquet sur les espèces de monstres qui ne faisaient que ressembler à des araignées (comme plusieurs genres de démons araignées), et sur les monstres avec des caractéristiques arachnéennes.

Il se demandait ce qu’il se passerait s’il la présentait à l’aranéa, et décida qu’il devait vraiment le faire lors d’un recommencement futur. À défaut d’être utile, ça devrait être marrant.

« Je vois qu’il ne t’a pas fallu longtemps pour trouver une nouvelle fille après que ta charmante amie t’as laissé tombé, » souffla Zach derrière lui, faisant sursauter Zorian de surprise. Il lança un regard noir à Zach, se demandant pourquoi il ne l’avait pas senti arrivé. D’habitude, il savait toujours… oh, c’était vrai, il avait coupé son empathie pour la soirée pour ne pas être inondé par les émotions de la foule. Le fait qu’il avait réussi à la garder sous contrôle sans effort conscient alors qu’il était absorbé par sa conversation avec Tinami était un signe encourageant du développement de ses facultés mentales.

« Qu’est-ce que tu fais là, Zach ? » soupira Zorian.

« Je suis l’hôte, » dit Zach. « C’est mon boulot de m’assurer du confort de mes invités et de savoir s’ils ont le moindre problème. Mais en fait je voulais savoir si tu voulais regarder les feux d’artifices ou non. »

Oh oui, Zorian voulait définitivement voir les feux d’artifices, et accepta immédiatement la proposition de Zach. Ainsi, Zorian et Tinami rejoignirent un petit groupe de personne dans le jardin où ils auraient une vue parfaite du ciel. Zorian concentra davantage son attention sur Zach que sur le ciel, par contre. Si le plan de la matriarche fonctionnait comme prévu, Zach allait avoir une réaction intéressante.

Zorian avait longuement hésité à agir contre les envahisseurs, et pas juste parce qu’il était trop faible pour faire quoique ce soit. Essayer de saboter l’invasion était voué à attirer l’attention du troisième voyageur temporel, et Zorian ne voulait pas l’informer de son existence. C’est pourquoi il s’était limité à rassembler des informations sur les envahisseurs et avait attendu jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour survivre à une attention hostile. Mais les aranéas n’avaient cependant absolument pas l’intention de faire de même. Les envahisseurs semblaient passer le plus gros du mois précédent l’invasion à tuer des aranéas pour les éliminer en tant que menace, et la matriarche n’avait pas l’intention d’ignorer des informations critiques juste pour maintenir les apparences. Heureusement, les dirigeants de l’invasion ne devraient avoir aucun moyen de relier les aranéas à Zorian, et la matriarche était d’accord avec lui, il ne devrait pas s’impliquer dans l’invasion. Il était bien trop utile en tant que sentinelle et transporteur de souvenirs pour qu’il se risque à se dévoiler aux yeux de l’ennemi.

C’est ainsi que trois jours plus tôt, Zorian et la matriarche discutèrent d’un plan d’action. Zorian avait observé l’avancée de l’invasion depuis plusieurs points de vue dans la ville, et il était convaincu que la meilleure façon (et la plus facile) de la faire dérailler était d’empêcher le tir d’artillerie qui précédait l’invasion proprement dite. Il savait exactement d’où provenaient les tirs ; il était vraiment trivial de trianguler une position lorsqu’il s’agissait de traquer des projectiles brillants qui se déplaçaient relativement lentement dans le ciel. Malheureusement, il ne s’était jamais approché de l’une de ces positions de tir pour voir quels genres de défenses ils avaient, car il avait été tué les deux fois qu’il avait essayé d’accomplir cette mission. La matriarche s’accorda à dire que de lancer un assaut sur ces positions avant qu’ils ne puissent tirer était probablement la meilleure façon d’infliger un coup sérieux aux envahisseurs, et le plan fut lancé.

Les feux d’artifices commencèrent et… pas un seul tir d’artillerie ne les accompagna. La confusion croissante sur le visage de Zach était vraiment désopilante pour Zorian.

« Qu’est-ce qu’il y a Zach ? » demanda Zorian d’un ton innocent. « On dirait que tu n’as jamais vu de feux d’artifices avant. »

« Heu, non, enfin, oui, j’en ai déjà vu, c’est juste que… ce n’est pas grave, » soupira Zach.

Zorian haussa les épaules et se retourna vers Tinami, lui offrant sa main. « Que dirais-tu de retourner à l’intérieur pour une autre danse ? »

« Heu, oui ! » accepta-t-elle avec enthousiasme. « Allons-y ! »

Lentement, les gens se lassèrent des explosions colorées dans le ciel et retournèrent à l’intérieur, laissant Zach seul, en train de froncer les sourcils en regardant le ciel.

La bonne humeur de Zorian ne dura pas longtemps. Les envahisseurs avaient encaissé un coup très dur, certes, mais l’invasion ne fut pas annulée, et apparemment ils avaient décidé de faire du manoir de Zach l’une des cibles principales, probablement parce que c’était là que Zach se trouvait et qu’ils le visaient spécifiquement. Peut-être que si les étudiants avaient observé les sorts d’artillerie frapper la ville, Zach aurait utilisé ça pour prendre le contrôle et organiser un genre de défense, mais quand l’attaque commença, ils furent tous pris par surprise. Même Zach, avec sa magie surpuissante, n’avait réussi à empêcher les envahisseurs de pénétrer dans le manoir, après quoi plusieurs groupes d’étudiants furent isolés du groupe principal contenant Zach. Zorian était dans l’un d’eux.

Lui, Tinami, Taiven, Briam et quatre autres étudiants qu’il ne connaissait pas s’étaient barricadés dans l’une des pièces intactes du manoir, essayant de garder à distances les forces de l’invasion. Les quatre étudiants inconnus étaient quasiment inutiles, mais les trois autres valaient leur pesant d’or. Briam avait invoqué son fidèle drake de feu à ses côtés quand il réalisa qu’ils étaient attaqués, Taiven savait lancer un genre de vortex de feu incroyablement destructeur qui avait convaincu les envahisseurs de ne pas attaquer pendant dix minutes, et Tinami… eh bien, ce n’était visiblement pas la première fois qu’elle se battait, et elle se comportait de façon totalement différente pendant un combat. Elle ne connaissait aucun sort de feu, mais elle savait lancer des genres de rayons violets qui mettaient à terre même les plus gros des trolls de guerre, gémissant de douleur. Les rayons ne faisaient aucun dégât flagrant, donc il supposa qu’il ne s’agissait que de sorts de douleur, mais cela était suffisamment utile. Tinami ne lançait pas ces sorts sans réfléchir, et les utilisait au bon moment pour briser les charges des trolls et interrompre les lanceurs de sorts ennemis.

« Zorian, j’espère vraiment que tu as bientôt fini, car cette position sera rapidement intenable, » cria Taiven.

Zorian l’ignora, gravant soigneusement le dernier lot de runes explosives sur le mur du corridor derrière eux. Il ne pouvait pas bâcler ce genre de tâches, à moins qu’il ne veuille se faire exploser avant même que les ennemis n’arrivent sur lui. Il termina une minute plus tard, et se remit sur pied. Ses genoux craquèrent douloureusement à cause de la période prolongée qu’il avait passé accroupi.

« Fini ! » cria-t-il. « Tout le monde se replie dans le corridor ! »

Comme lorsque Briam, Taiven et Tinami l’avait couvert pendant qu’il préparait les runes explosives, il se concentrait maintenant à les couvrir pendant qu’ils fuyaient plus profondément dans le manoir. Techniquement, l’un des deux garçons inconnus l’aida, mais il n’était pas très bon. Son seul sort offensif était le missile magique, et il les lançait sur les trolls de guerre (qui pouvaient facilement encaisser ce genre de tir et continuer à avancer) au lieu des mages en robes qui les aidaient (qui étaient bien plus vulnérables et devaient se concentrer pour lancer des sorts). Zorian, conscient qu’il n’avait pas les réserves de mana pour retenir une armée entière à lui seul, décida de se débarrasser d’abord des mages. Il leva donc la baguette de sort qu’il avait fait rentrer en douce dans le manoir et tira un faible rayon de désintégration vers eux. Il ne visa pas directement les mages, car cela n’aurait pas accompli grand-chose, mais le sol sous leurs pieds qui n’avait pas de résistance aux sorts pour le protéger. Le rayon forma une ligne irrégulière dans le sort, propulsant un nuage de poussière dans l’air. Cela devrait au moins les empêcher de viser.

Il porta ensuite son attention sur les trolls de guerre s’approchant rapidement. Il y avait peu de choses qu’il puisse faire pour arrêter la charge d’un troll de guerre, et aucune des solutions qu’il avait ne pouvait être utilisée sur demande. Il décida de simplement sacrifier une grosse portion de ses réserves de mana, et les frappa avec un lance-flammes surchargé.

Cela ne les tua pas, le lance-flammes de Zorian n’étant pas puissant. En plus, ces trolls de guerre semblaient particulièrement résistants, probablement amenés pour s’occuper d’eux après que Taiven ait lancé son sort de vortex de feu. Mais au moins, cela brisa leur charge, et Zorian en profita pour lancer un nouveau nuage de sort avec sa baguette de sort avant de s’enfuir dans le corridor avec le reste des étudiants. L’autre garçon avait abandonné sa position et fuit il y a bien longtemps, le sale lâche inutile, donc il espérait qu’il en avait fait assez pour pouvoir les distancer. Il n’était pas assez rapide pour semer un troll de guerre.

Un cri strident et furieux se fit entendre autour de lui, et il pouvait soudainement entendre l’un des trolls se rapprocher très rapidement de lui. Bordel, il détestait mourir.

Un rayon violet sinistre passa soudainement juste à côté de sa tête, frappant le troll de guerre derrière lui. Le monstre rugit à nouveau, mais cette fois de douleur, et s’effondra à terre. Zorian fit une nouvelle ligne sur le sol avec sa baguette, envoyant un autre nuage de poussière dans le corridor avant de rentrer dans leur nouveau sanctuaire.

« Merci, » dit-il, respirant fortement.

« Heu, y a pas de quoi, » dit Tinami, jouant avec l’amulette en argent qu’elle portait et regardant le nuage de poussière dans le corridor pour guetter des signes de mouvement. L’amulette devait être la formule de sort qu’elle utilisait pour tirer les rayons violets.

« Ils arrivent, » dit Briam.

« Rappelle-toi du plan, » lui dit Taiven. « Laisse les avancer tous dans le corridor avant de déclencher les runes explosives. »

« Et s’ils remarquent le piège ? » demanda l’une des filles inconnues.

« Alors au moins ils hésiteront à avancer aussi rapidement, » dit Taiven.

Ils ne s’embêtèrent pas à fermer la porte, cela servirait juste à se prendre des débris de bois et des shrapnels quand les mages enfonceraient la porte. Ils avaient perdu deux étudiants avant d’apprendre cette leçon.

Comme prévu, il y eut un barrage de sorts précédent la charge des trolls. Après que Briam et Taiven repoussèrent le premier assaut d’une défense fébrile, les mages avancèrent dans le corridor pour appuyer les trolls, sentant que la victoire était proche. C’est alors que Zorian envoya une impulsion de mana vers le tas de runes explosives le plus proche, et le corridor entier s’effondra dans une explosion assourdissante. Un énorme panache de débris et de poussière pénétra dans la petite pièce qu’ils occupaient, mais Taiven était prête et créa instantanément une grosse bulle d’air autour d’eux pour qu’ils ne suffoquent pas.

« Eh bien, » toussa Taiven, ayant été un poil trop lente pour les protéger entièrement du nuage de poussière qui obscurcissait la pièce. « Cela devrait stopper les attaques pendant un moment. Mais on a un problème. Cette pièce est une impasse. La seule sortie est ce corridor et la fenêtre vers l’extérieur. »

« Il y a beaucoup trop d’ennemis dehors, » dit Zorian.

« On a pas trop le choix, si ? » demanda Briam de manière rhétorique. « On peut pas rester ici. »

« Comment on va descendre ? » demanda l’une des filles inconnues. « On est au second étage, et on ne peut pas juste sauter de la fenêtre. »

« Hmm, ok, combien d’entre vous savent lancer le sort du disque flottant ? » demanda Taiven en levant sa propre main.

Zorian fut le seul à faire de même.

« Ugh, ok, on va faire suffire. Ok Zorian, je vais descendre en premier avec ces quatre poids morts et tu me suis ensuite avec ces deux-là. »

« Hé ! » se plaignit l’un des poids morts.

« Désolée, mais je dis ce que je pense, » répondit Taiven sans pitié. « Allons-y, avant que d’autres de ces enfoirés ne viennent voir d’où provenait l’explosion. »

Zorian créa donc un large disque flottant de force à l’extérieur de la fenêtre et sauta dessus, suivi de près par Briam et Tinami. Au départ, il pensait que tout allait se passer sans soucis ; il n’y avait pas d’ennemis les attendant en bas, Taiven avait touché terre, et son disque ne donnait aucune indication qu’il allait craquer sous le poids cumulé des personnes s’y trouvant. C’est alors qu’une volée de becs-de-fer apparut au coin du bâtiment, et Zorian jura de colère.

Il n’y avait vraiment rien qu’il ne puisse faire contre les becs-de-fer, et Tinami et Briam n’étaient pas d’une grande aide non plus. Il y en avait environ 50, donc même s’il arrivait à en tuer l’un ou l’autre ça n’aurait pas d’impact majeur. Tinami n’arrivait probablement pas à rendre ses rayons tête chercheuses et les becs-de-fer volaient de manière très agile. Quant à Briam, ses options offensives semblaient strictement limités à son drake de feu, et il n’y avait aucune raison pour les oiseaux de s’approcher suffisamment pour être touchés par son souffle de feu alors qu’ils pouvaient faire pleuvoir leurs plumes de fer depuis les airs.

Zorian tira quand même un perceur à tête chercheuse, et vit du coin de l’œil que Taiven avait lancé un barrage de 7 missiles magiques à tête chercheuse également. Huit becs-de-fer tombèrent au sol, mais c’était une goutte d’eau dans l’océan. C’était maintenant au tour des becs-de-fer d’attaquer. L’air devant eux devint flou, et un nuage de plumes scintillante se dirigea vers eux.

Zorian avait le choix entre essayer d’encaisser plusieurs centaines de plumes de fer magiques ou tenter de survivre une chute assez dangereuse. La décision fut vite prise, et il dissipa immédiatement le disque flottant, et ils tombèrent tous les trois à grande vitesse vers le sol.

Cette boucle se terminerait probablement là pour Zorian. Connaissant sa chance, il allait probablement se briser le cou quand il toucherait terre, mais au moins il avait réussi à éviter les plumes mortelles ! Pendant sa chute, ses yeux rencontrèrent brièvement ceux du drake de feu de Briam, et il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il lui lançait un regard noir. C’était difficile de dire quand est-ce que cette chose était en colère, car pour Zorian, elle avait toujours l’air énervée.

Soudain, juste avant qu’ils ne touchent le sol, leur chute fut stoppée et ils atterrirent aussi doucement que des plumes. Avant que Zorian ne puisse demander ce qu’il venait de se passer, un énorme barrage de missile magiques fit éruption de derrière lui, annihilant la volée de becs-de-fer dans sa totalité.

« Tu sais, Zorian, » dit Zach derrière lui, « des fois je me demande si tu n’as pas de pulsions suicidaires. Comment tu arrives toujours à te mettre dans ce genre de situations ? Tu es presque aussi mauvais que moi ! »

« Je ne sais pas de quoi tu parles, » marmonna Zorian, se remettant sur pied et aidant Briam et Tinami à se relever. Étrangement, ces deux-là ne semblaient pas fâché avec lui pour ce qu’il avait fait. Perturbés par l’expérience, oui, mais pas en colère. Peut-être ne savaient-ils pas qu’il avait délibérément dissipé le disque ?

« En tout cas, je suis heureux de voir un autre groupe de survivant, mais il faut vraiment qu’on y aille, » dit Zach. « Nous ne sommes pas en sécurité si nous restons à découvert comme ça. Venez, je connais un endroit qui sera raisonnablement sûr. »

Zorian regarda autour de lui. Un nombre étonnamment élevé d’étudiant avait survécu l’attaque et suivaient scrupuleusement Zach. En fait, ils avaient probablement survécu justement parce qu’ils avaient suivi Zach. En tout cas, Zorian et son groupe décidèrent qu’ils n’avaient rien à perdre à les rejoindre, ce n’est pas comme s’ils avaient une meilleure idée.

Il ne se passa pas longtemps avant que les attaquants revinrent en force. Zorian entendit Zach jurer quelque chose à propos de sa malchance, et eut un petit rire. Ce n’était pas de la malchance, les attaquants étaient clairement en train de traquer ses déplacements et le visaient lui directement. Est-ce que Zach avait pris ses précautions pour être sûr qu’il fallait plus que quelques divinations faciles pour le pister ? Connaissant Zach, probablement pas.

Mais Zorian avait d’autres sources d’inquiétude. Alors que Zach était occupé avec une autre volée de becs-de-fer, un ver brun géant sortit du sol et commença à semer le chaos au milieu de la foule d’étudiant. Zorian n’avait rencontré ces choses que quatre fois au total, et il les détestait déjà. Elles pouvaient se déplacer dans le sol comme s’il s’agissait de l’eau, et leur peau était parfaitement imperméable aux attaques physiques. Les vers n’étaient pas non plus particulièrement vulnérables au feu. Zorian regarda impuissant pendant que le ver détruisait tout seul des formations d’étudiants, les faisant fuir de panique en se séparant, afin qu’ils puissent être éliminés un par un par les loups hivernaux encerclant la foule.

Visiblement, Tinami ne voulait pas simplement regarder. Elle tira l’un de ses rayons violet sur le ver et réussit à obtenir des résultats. C’est-à-dire que le ver hurla de douleur avant de diriger sa mâchoire pleine de dents vers elle, son attention meurtrière fermement concentrée sur elle. Oh oh.

Avec un rugissement qui promettait sa vengeance, le ver plongea à nouveau sous terre. Zorian ferma immédiatement les yeux, essaya de filtrer les bruits de la bataille, se concentrant sur son sens mental, essayant de traquer les mouvements du ver. Ce n’était pas très difficile, car même si le ver n’était pas Ouvert, il s’agissait du seul esprit présent sous terre, et donc facile à distinguer des autres. Il ouvrit son esprit, pistant l’esprit du ver pendant que ce dernier nageait sous terre. Tinami semblait figée sur place, sachant parfaitement qu’elle ne pouvait pas se séparer trop loin du groupe au risque d’être éliminée comme le reste des étudiants qui avaient commis cette erreur… mais qu’elle ne pouvait pas non plus échapper au ver.

Juste au moment où le ver s’apprêtait à refaire surface, Zorian tira violemment Tinami sur le côté et lâcha l’un de ses cubes explosifs à l’endroit où elle se tenait une fraction de seconde plus tôt. Le ver fit éruption à cet endroit un instant plus tard, sa mâchoire se refermant sur le lopin de terre… ainsi que le cube explosif. Alors que le ver tourna la tête vers lui, Zorian activa le cube et le ver trembla et commença à hurler et se frapper violemment par terre avant de vomir une partie de ses entrailles violettes. Tinami fut touchée par sa queue pendant qu’il s’agitait et fut envoyé dans les airs jusqu’à l’extrémité du champ de bataille, où elle gisait sans bouger. Zorian courut sur elle et fut rassuré de voir qu’elle respirait encore et n’avait pas de blessures apparentes. Il porta à nouveau son attention sur le ver, espérant qu’il ait enfin succombé à ses blessures pendant qu’il avait le dos tourné.

Le ver chancela dans les airs, comme s’il était ivre, et pendant un petit moment Zorian crut qu’il avait gagné… mais c’est alors que le ver dirigea sa mâchoire directement vers lui et rugit, comme par défi. Cette fois-ci, il ne prit pas la peine de plonger dans le sol, et fonça sur lui à une vitesse bien plus rapide qu’une créature de cette taille aurait dû être capable.

Mais Zorian n’était pas mort. Le ver s’était arrêté à un cheveu de son visage, comme si retenu par des liens invisibles avant de mordre le loup hivernal qui avait essayé de s’approcher pendant qu’il était distrait.

[Je vois que j’arrive juste à temps,] dit la voix de la matriarche dans son esprit, avant d’apparaître physiquement en sautant hors de l’ombre d’un arbre à côté, comme s’il s’agissait de la chose la plus normale du monde.

« Merci, » dit Zorian. « Mais pourquoi êtes vous là ? Je pensais qu’on s’était mis d’accord sur le fait de limiter le plus possible nos contacts pendant l’invasion. »

[J’ai décidé que de mettre à jour ton paquet de mémoire avec les informations qu’on a découvertes aujourd’hui était plus important.]

Zorian soupira et jeta un regard autour de lui. Tout le monde était trop occupé à se battre pour survivre pour faire attention à eux, et ce n’était pas comme si l’aranéa était facile à repérer dans l’obscurité de la nuit.

« Faites vite, » dit Zorian, et la matriarche se mit immédiatement au travail. Toute créature qui avait essayé de s’approcher d’eux avait été dévorée par le ver géant, qui était visiblement toujours sous le contrôle de la matriarche.

Elle partit cinq minutes plus tard. Zorian ramassa Tinami et essaya de rejoindre à nouveau Zach, mais il eut à peine le temps de faire cinq pas avant qu’un rayon rouge irrégulier envahisse sa vision, et que tout devienne noir.


Cet article comporte 14 commentaires
  1. Même si il est un peu plus long que d’habitude j’espère tout de même que le chapitre entier est beaucoup plus long !
    Dimanche !
    Jour des ration !
    *marmonnement incompréhensible*… Et aussi de la trahison … *marmonnement incompréhensible*

  2. Je suis d’accord avec Kimiko, je trouve que l’histoire est vraiment bien ficelée, c’est très cohérent et tu rend ça agréable à lire, bref continue

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