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Mother of Learning, chapitre 15


Traducteur : Mithestral


Chapitre 15 : Un vendredi chargé

Zorian sentit la bille chargée en mana s’approcher de lui, mais il ne bougea pas d’un pouce. Il ne savait toujours pas dire si elle allait passer sur sa gauche ou sur sa droite, mais il savait qu’elle ne visait pas son front. Il savait toujours lorsque la bille visait son front. Il ne savait d’où lui venait cette certitude, alors qu’il n’arrivait jamais à sentir la direction exacte de la bille, mais il était heureux de l’avoir. Si seulement il pouvait répliquer ce succès quand la bille ne lui arrivait pas dessus…

Il sentit la bille passer à côté de lui, sans qu’il ne parvienne à détecter sa position.

« Gauche, » dit-il.

« Faux, » répondit Xvim d’un ton désintéressé. « Encore. »

Une autre bille fusa vers lui. Celle-là ne visait pas non plus son front. Pas très étonnant, car Xvim avait arrêté de le faire lorsqu’il réalisa que Zorian pouvait identifier ceux-là avec une précision parfaite. Il n’allait pas donner gratuitement des points à Zorian, quand même.

« Droite, » essaya-t-il.

« Faux, » répondit Xvim du tac-au-tac. « Encore. »

Zorian fronça les sourcils sous son bandeau. Était-ce une impression, ou il devenait de plus en plus nul avec le temps à cet exercice ? Quelque chose clochait. Au début de la séance, il arrivait à en identifier plus de la moitié, mais maintenant il accumulait les erreurs. Il pensait qu’il en aurait quelques-uns de justes, au moins de temps en temps, ne serait-ce que pour une raison statistique. Il n’y avait que deux possibilités !

C’est pourquoi, quand Xvim lança la bille suivante, Zorian arracha rapidement son bandeau pour comprendre le problème.

La bille passa directement au-dessus de sa tête.

Le fils de pute !

« Je n’ai pas dit que vous pouviez retirer votre bandeau, » dit calmement Xvim, comme si Zorian ne venait pas de le prendre la main dans le sac.

« C’est de la triche ! » protesta Zorian, ignorant la remarque de Xvim. « Pas surprenant que je n’arrive à deviner correctement si vous ne suivez même pas vos propres règles ! »

« Vous n’êtes pas censé deviner, Zorian Kazinski, » dit Xvim qui n’éprouvait pas le moindre remords. « Vous êtes censé sentir. »

« Mais j’étais en train de sentir ! » rétorqua Zorian.

« Si vous étiez vraiment en train de sentir, vous auriez réalisé ce qu’il se passait bien plus tôt, et vous n’auriez pas eu besoin de retirer le bandeau pour identifier le problème, » répondit Xvim. « Maintenant, arrêtez de perdre du temps, remettez le bandeau pour qu’on puisse continuer. »

Zorian jura intérieurement contre Xvim, mais obtempéra. Il détestait l’admettre, mais ce que venait de dire son mentor avait une part de vérité. Zorian avait essentiellement deviné au-dessus de quelle épaule passaient les billes, se reposant sur son instinct plutôt qu’une perception claire de leurs positions. Mais ce n’était pas vraiment sa faute s’il ne pouvait pas détecter de manière fiable des faibles émissions provenant de mana de petits objets très rapides ! D’après certains livres, c’était une compétence de très haut rang qui demandait plusieurs années pour une maîtrise totale ! Honnêtement, demander à un étudiant de maîtriser ce genre de choses pendant leur troisième année d’étude n’était absolument pas raisonnable. Mais bon, il s’agissait de Xvim après tout. Au moins, il n’avait plus à craindre de recevoir les billes sur le front.

Le reste de la session fut parfaitement classique, c’est-à-dire répétitive et ennuyeuse. Mais bon, pour Zorian, il ne restait guère de cours dans lequel il ne s’ennuyait plus. Il était coincé dans la boucle temporelle depuis plus d’un an maintenant, et faire semblant de faire attention aux cours commençait à être difficile. Il fut tenté d’imiter Zach et de se rendre dans un autre endroit pendant quelques recommencements, mais il n’y arrivait pas pour plusieurs raisons. Déjà, il trouvait que faire cela était irresponsable alors qu’il pourrait travailler sur les compétences dont il avait besoin pour résoudre le mystère dans lequel il était plongé. De plus, il ne voulait pas attirer l’attention. Complètement quitter l’académie contrasterait trop avec sa personnalité d’avant la boucle, et les gens se poseraient beaucoup de questions. Et puis, il s’écartait déjà beaucoup de la normale, ayant pris Kirielle avec lui et en séchant un quart des classes pour s’entraîner de son côté, même si ces changements étaient raisonnablement justifiables. Si sa façon de faire actuelle ne produisait pas suffisamment de résultats, il allait devoir faire tomber le masque pour préserver sa santé mentale. Il ne s’agissait cependant pas encore d’un souci immédiat. Il avait d’autres problèmes plus pressants, donc il allait remettre cette question à plus tard, si jamais elle devenait pertinente.

Une fois sa session avec Xvim terminée, il se rendit à la bibliothèque pour faire savoir à Kirithishli qu’il était disponible pour travailler. Il ne se rendait normalement pas au travail le vendredi, car l’entretien avec Xvim avait tendance à le mettre dans une humeur exécrable. Mais il se sentait bien aujourd’hui, il commençait à se faire à l’attitude énervante de Xvim.

« Zorian ! » le salua Kirithishli. « Quel timing ! On a reçu une nouvelle livraison et Ibery est partie un peu plus tôt. »

« Heu, ok, » dit-il lentement. Il fut sur le point de demander quel genre de livraison était arrivée quand il réalisa que c’était une question idiote. Une livraison de livres, bien sûr. « Qu’est-ce que je peux faire ? »

« Contentez-vous de sortir les livres des cartons, et séparez-les grossièrement en différentes catégories, » répondit Kirithishli, pointant en direction de la petite montagne de cartons. « Je les inspecterai en détail plus tard, pour voir ce qu’on va en faire. »

« Vous ne savez pas quoi en faire ? » demanda Zorian, surpris. « Pourquoi les avoir commandés alors ? »

« Je ne les ai pas commandés, » répondit Kirithishli en secouant la tête.  « Quelqu’un a fait don à la bibliothèque de leur collection personnelle dans leur testament, ou quelqu’un qui en a hérité et ne veut pas la vendre. Ce genre de vieux livres ne sont intéressants qu’en tant que curiosités historiques, mais des fois même pas. La plupart des livres dans ces cartons seront détruits, pour être honnête. »

« Oh ? » demanda Zorian, ouvrant l’un des cartons pour sortir l’un des livres entassés à l’intérieur. Il s’agissait d’un manuel sur la culture de prunes. La couverture indiquait qu’il avait été publié il y a 20 ans. « Je suis surpris de l’apprendre. Je me rappelle distinctement vous avoir entendu dire que les bibliothécaires devraient conserver tout ce qu’ils peuvent plutôt que de ne prendre que ce qu’ils pensent est ‘bon’ ou ‘utile’. »

« Oh, la ferme, » ronchonna Kirithishli, faisant semblant de vouloir le baffer. « C’est un idéal que l’on devrait poursuivre, pas une loi inviolable. Il y a un espace de stockage limité au sein de la bibliothèque, même si elle semble immense. En plus, la plupart de ces livres sont des doublons de livres que nous possédons déjà. Arrêtez de faire le malin et mettez-vous au boulot. »

Zorian se lança dans son travail, déballant carton après carton. Kirithishli lui donna un énorme grimoire dans lequel étaient inscrites de nombreuses listes des livres les plus souvent donnés à la bibliothèque. Utiliser manuellement cet index serait évidemment un cauchemar, d’autant plus que les lettres étaient vraiment très petites afin de caser le maximum de mots par page, mais Zorian savait qu’il était conçu avec un autre idée en tête. L’un des sorts qu’il avait appris auprès d’Ibery lors d’une boucle précédente consistait à créer une liste de termes que l’on souhaitait rechercher avant de connecter cette liste à un livre que l’on souhaitait examiner par un sort de divination. À l’époque, ça lui avait semblé assez inutile, mais il comprit maintenant que ça avait été imaginé avec ce cas très précis à l’esprit. Et de son côté, l’énorme grimoire rempli de référence avait probablement été écrit avec cette divination précise en tête.

Après deux heures et une vingtaine de listes rapidement écrites, il avait séparé les doublons du reste des livres et commençait à feuilleter l’un des livres de sort qu’il avait trouvé dans un carton lorsque Kirithishli revint vers lui. Elle fut surprise de voir qu’il avait bien avancé dans sa tâche, car elle ne savait absolument pas qu’il maîtrisait bien la ‘magie de bibliothèque’. Elle semblait du coup légèrement déçue.

« Vous n’êtes pas marrant, » soupira-t-elle théâtralement. « Je voulais vous montrer cette astuce en revenant vers vous, après que vous ayez perdu 2 heures à chercher des correspondances dans ce livre monstrueux. J’aurais voulu voir votre tête ! »

Zorian se contenta de hausser un sourcil, restant silencieux. Kirithishli démontra une fois de plus sa maturité en lui tirant la langue comme si elle avait 5 ans, avant de regarder le livre qu’il était en train de parcourir.

« Vous avez trouvé quelque chose d’intéressant ? » demanda-t-elle.

« Pas vraiment, » répondit Zorian, refermant le livre. Il ne possédait aucune information utile, de toute façon. « J’espérais en quelque sorte tomber sur un livre avec de la magie ancienne et puissante… mais pas de chance. »

Kirithishli gloussa. « Même si vous trouviez un livre pareil, ça ne vous servirait à rien ; Contrairement à ce que des romans d’aventures peuvent vous faire croire, les magies anciennes sont presque toujours inférieures à celles disponibles aujourd’hui. Ces sorts oubliés le sont généralement pour une bonne raison. Trop peu pratiques, besoin d’ingrédients ou de conditions qui n’existent plus, ou juste parce qu’ils sont considérés comme peu éthiques dans l’ère moderne. Par exemple, vous auriez beaucoup de mal à trouver des participants pour un rituel d’orgie magique ces jours-ci, et les sorts volcaniques d’Heruan se reposent sur la présence d’un volcan en particulier qui n’est plus actif depuis plus de 200 ans. »

Zorian cligna des yeux. « Eh bien, c’est décevant. »

« Oui, plutôt, » approuva Kirithishli. « Et même pour les sorts qui peuvent être lancés sans ce genre de problèmes, ils ont tendance à être très peu flexibles, et long à incanter. Les mages d’autrefois n’avaient pas le même talent pour le façonnage que les mages modernes, ils compensaient donc en rendant leurs sorts très longs et hyper spécialisés. Il y avait des centaines de sorts pour changer de couleur, mais la plupart ne différaient qu’au niveau de la couleur finale que devait prendre l’objet. Plus récemment, c’est devenu une mode de généraliser les sorts, car les techniques d’entraînement très développées disponibles aux mages d’aujourd’hui leur permettent de compenser le manque de précision par le contrôle absolu qu’ils ont sur leur magie. »

« Ce qui rend tout un tas de vieux sorts obsolète à un mage bien entraîné, » termina Zorian. Il savait depuis toujours que la plupart des livres d’histoires présentaient une version largement idéalisée de leurs ancêtres. Leur interprétation de la désertification du nord de Miasina (ils refusaient de l’appeler ‘Cataclysme’, comme s’il s’agissait d’un événement naturel, et hors de tout influence ikosienne) et l’exode vers Altazia résultant était une preuve suffisante qu’on leur présentait une version embellie et falsifiée de la vérité. Mais il n’avait pas réalisé que les Ikosiens étaient également des mages médiocres en plus d’être des enfoirés sans vision à long terme. « Et il faut en être un pour recevoir la certification. Vous savez, je me suis toujours demandé pourquoi tant de sorts si faciles sont classifiés comme des sorts du premier cercle. Je pensais qu’il s’agissait d’une politique délibérée de la Guilde pour encourager la certification, mais je pense que nombre d’entre eux n’étaient en fait pas si évidents lors de leurs évaluations initiales. »

« C’est vrai, mais il faut aussi voir les choses du point de vue du créateur du sort, » dit Kirithishli. « C’est bien plus prestigieux et rentable de créer un sort du 1er cercle qu’un sort de cercle 0. C’est pourquoi ils ne classifient quasiment aucun sort en dessous du 1er cercle, et la Guilde les autorise à faire ça, probablement pour la raison que tu viens de donner. Une personne déterminée pourrait probablement pousser la guilde à réviser la classification de nombreux sorts, mais elle s’attirerait les foudres de nombreuses personnes, notamment du cercle des créateurs de sorts. Ce serait un travail ingrat, et il faudrait constamment faire attention aux gens voulant annuler les changements. »

Zorian digéra cette information en silence. Il n’avait absolument pas l’intention de s’impliquer dans des politiques de si haut niveau, bien sûr, que ce soit dans la boucle temporelle ou en dehors. S’il y avait quoique ce soit que lui avaient gravé dans la tête ses parents avec leurs interminables sermons, c’était que ses forces ne reposaient dans ce domaine-là. Bien sûr, ce n’avait pas été l’objectif premier de ces sermons, mais ce n’était pas son problème. Mais quand même, c’était utile de savoir ce genre de choses. Il allait devoir pousser Kirithishli à lui raconter plus d’histoires du genre à l’avenir.

Quand Kirithishli lui dit de rentrer chez lui, Zorian fut ravi d’obtempérer. Cela avait été une longue (et ennuyeuse) journée. Entre les cours, la session de Xvim et le travail à la bibliothèque, tout ce qu’il voulait était de retourner chez Imaya pour se relaxer. Malheureusement, il n’allait pas en avoir la possibilité, car lorsqu’il posa le pied hors de la bibliothèque, il fut accosté par un homme à l’apparence douteuse qui l’attendait juste à l’extérieur de l’entrée.

Enfin, peut-être qu’accoster était un terme un peu fort. Techniquement, l’homme en question était juste adossé contre un poteau devant l’entrée, ne lui bloquant pas le passage ni lui adressant la parole. Néanmoins, lorsque l’homme tourna la tête et que leurs regards se croisèrent, Zorian sut que l’homme l’attendait, et lui seul. D’âge mur, vêtu d’un costume froissé, mal rasé, l’homme ressemblait presque à n’importe lequel des nombreux sans-abris de Cyoria, à l’exception de la confiance dans sa posture qui ne collait pas vraiment à cette image.

Zorian stoppa instantanément, et un silence gênant s’imposa lorsque les deux se dévisagèrent. Zorian n’avait aucune idée de qui était cet homme et qu’est-ce qu’il lui voulait, et il ne comptait pas se montrer charitable. Il n’avait pas oublié la façon dont il avait été assassiné lors de l’un de ses tout premiers recommencements, et n’avait aucunement l’intention de revivre l’expérience.

« Zorian Kazinski ? » demanda finalement l’homme.

« C’est bien moi, » confirma Zorian. Il ne pensait pas que mentir fonctionnerait, et il valait mieux avoir une confrontation proche de la bibliothèque plutôt que de se tomber dans une embuscade dans l’une des allées désertes sur le chemin du retour.

« Détective Haslush Ikzeteri. Service de police de Cyoria, » se présenta l’homme. « Ilsa m’a envoyé pour être votre instructeur en divination. »

Zorian ne savait pas quoi dire. Ilsa avait choisi un détective pour devenir son instructeur ? Et lui qui comptait parler à son nouvel instructeur pour lui enseigner des sorts de divination à utilisation restreinte dont il avait besoin pour enquêter sur les mystères de la boucle temporelle…. Pourquoi fallait-il qu’il travaille dans les forces de l’ordre ?

« Génial, » dit Zorian platement. « Je me demandais quand est-ce qu’Ilsa trouverait quelqu’un. »

L’homme ne montra pas le moindre signe d’agacement devant le manque d’enthousiasme de Zorian. Il tourna les talons et commença à marcher, faisant signe à Zorian de le suivre.

« Viens, gamin. Allons trouver une taverne, » dit-il, plongeant ses mains dans les poches de sa veste.

Oh oui, une taverne. Un lieu parfait pour l’apprentissage. Bon sang, non seulement le gars était un détective, mais il était également très peu professionnel. Son apparence négligée le laissait penser dès le départ, mais Zorian essayait constamment de ne pas juger trop rapidement les gens sur leur apparence. De trop nombreuses personnes l’avaient fait avec lui, et il détestait ça.

Ses pensées se reflétaient probablement de manière plus flagrante dans son attitude qu’il ne le pensait, car l’homme essaya rapidement de se justifier.

« Oh, vas-y, me regarde pas comme ça, » dit-il. « Ce n’est pas comme si on allait accomplir quoique ce soit de sérieux aujourd’hui. Ç’a été une longue journée pour nous deux, je pense. Je suis crevé, t’es crevé, on ne se connaît pas, et on n’arrivera à rien si on se lance comme ça dans les leçons. Merde, peut-être qu’on va même décider qu’on ne s’aime pas et annuler tout ça. Donc, aujourd’hui, on va boire un coup ensemble et discuter. »

Ok, peut-être que Haslush était plus intelligent et plus capable que Zorian ne l’avait initialement pensé. Il fallait vraiment qu’il arrête de juger si rapidement les personnes. Même si…

« Je ne bois pas d’alcool, » prévint Zorian.

Haslush le regarda d’un air curieux. « Tabou religieux ? »

Zorian secoua la tête. Il n’avait jamais été très religieux. Les dieux s’étaient tus il y a des centaines d’années, et pour Zorian, cela voulait simplement dire que soit ils s’étaient entretués ou avaient abandonné leurs créations. Sérieusement, en entendant certaines histoires de l’âge des dieux, il ne pouvait pas s’empêcher de se dire que l’humanité se portait bien mieux sans eux. Ils avaient la tendance désagréable de démarrer des épidémies ou de maudire des villes entières pour la plus insignifiante des raisons. Il ne pensait pas qu’il s’agissait d’une coïncidence que l’humanité ne commença réellement à progresser, socialement et technologiquement, qu‘après que les dieux ne se turent.

« Mauvaises expériences, » dit-il simplement, ne voulant pas discuter davantage du sujet.

« Ah, » dit Haslush, satisfait de la réponse. « C’est pas grave, tu peux te commander un jus de fruit ou quelque chose. En fait, je peux même te montrer un sort que j’utilise lorsque je suis de service et que je ne veux pas vexer les gens lorsqu’ils m’offrent un verre. »

Voilà qui semblait utile ! Zorian regarda Haslush qui l’interpréta correctement comme une permission de continuer.

« C’est un petit sort d’altération sympa qui convertit l’alcool en sucre, » dit Haslush, levant sa main droite pour montrer un anneau anodin en métal sur son majeur. « Je l’ai gravé sur cet anneau pour que je n’ai pas à l’incanter visiblement, parce que si tu caches pas quand tu lances un sort sur ta boisson, c’est encore pire que de refuser le verre, crois-moi. Mais avec l’anneau, je n’ai qu’à toucher le verre et ding ! C’est fait. »

« Pratique, » dit Zorian admirativement. Ce sort lui aurait évité de nombreux problèmes au fil des années. « Mais je pensais que les matières organiques ne pouvaient pas être restructurées par des sorts d’altération ? »

« En général, c’est vrai, mais c’est parce que la plupart d’entre eux sont vraiment très complexes et mal compris, et non pas parce que les composés organiques sont impossibles à répliquer, » expliqua Haslush, étudiant plusieurs enseignes de tavernes pendant qu’ils marchaient. Il n’allait visiblement pas se contenter de la plus proche… « L’éthanol et le glucose sont toutes les deux des molécules plutôt simples et bien comprises, il n’y a donc aucune difficulté à convertir l’une en l’autre. » Il s’arrêta soudainement devant l’une des enseignes, l’étudiant un moment avant de se tourner vers Zorian. « Je pense que cet endroit est pas mal, t’en penses quoi ? »

L’expérience de Zorian en termes de taverne était très limitée et en général pas très plaisante, donc il acquiesça avant de le suivre à l’intérieur.

Ce n’était pas aussi mal que le redoutait Zorian : l’intérieur était un peu sombre et ça sentait un peu le renfermé, mais les tables étaient propres et le niveau sonore était supportable. Haslush choisit une table dans un coin de la pièce, et lança un sort long et compliqué autour d’eux après qu’ils avaient commandé. Probablement une protection pour pouvoir discuter en privé.

Zorian s’attendait à ce que l’homme commence à l’interroger dès qu’il eut fini de lancer le sort, mais ça ne se passa pas de cette façon. Si Haslush était en train de l’interroger, il le faisait de manière bien trop subtile pour Zorian. Il ne lui demanda même rien au sujet de Daimen, ce qui était toujours un bon point. Au fur et à mesure, Zorian se sentit davantage à l’aise et posa des questions à son tour, comme ‘pourquoi un détective a-t-il le temps et l’envie de devenir le tuteur en divination pour un étudiant en troisième année ?’

« Hah, » rit Haslush. « Bonne question. C’est vrai que généralement, un truc pareil serait tout en bas de ma liste de préoccupations. Mais hier, mon commandant m’a refilé un cas vraiment stupide. Il y a apparemment une rumeur qui circule dans la ville au sujet d’araignées mentalistes qui traîneraient dans les égouts, et je suis censé aller vérifier ça. » Il leva les yeux au ciel. « Des araignées mentalistes… sérieusement… » marmonna-t-il.

Zorian lutta pour ne pas montrer sa surprise, et réussit seulement parce que Haslush faisait plus attention à son verre qu’à lui à ce moment-là. Il avait commencé une rumeur sans même le réaliser ? Il ne devrait pas être si surpris, puisqu’il avait informé Taiven des araignées juste devant Imaya et sa sœur, et grâce à elles, au moins une douzaine d’autres personnes avaient été mises au courant.

« Bref, après le boulot je vais voir ma très bonne amie Ilsa afin que l’on se plaigne l’un et l’autre de nos problèmes respectifs autour d’un verre, quand elle me dit qu’elle avait du mal à trouver un tuteur de divinations pour toi. Et à ce moment-là, je réalise que j’ai la solution parfaite à mon problème. J’ai l’occasion de refourguer cette histoire idiote à un autre pauvre imbécile, aider une amie dans le besoin, et régler une dispute qui dure depuis longtemps avec mon commandant d’un seul coup ! Tu vois, il y a quelques années, les bureaucrates d’Eldemar ont décidé de lancer une initiative pour motiver les jeunes mages à une carrière dans les forces de l’ordre. Seulement, au lieu de faire quelque chose de concret pour attirer des nouveaux talents, ils ont demandé à des mages travaillant déjà pour les forces de police de présenter eux-mêmes leur profession à des mages en formation. »

« Ah, » s’exclama Zorian. « Donc vous êtes supposé faire ce genre de choses de toute façon ? »

« Ouais, mais j’ai un peu procrastiné à ce niveau-là, donc mon commandant me fait toujours chier sur mon quota. Mais est-ce qu’on peut vraiment m’en vouloir ? Ok on est payé plus, mais c’est rien en comparaison de la prise de tête que ça représente. »

« Vous en savez plus que moi, » dit Zorian, en haussant les épaules. « Donc, heu, comment est-ce que me ‘présenter la profession’ vous aide à vous soustraire du cas des araignées ? »

« J’ai pas le temps de faire les deux, » dit Haslush. Il fronça les sourcils pendant une seconde, avant de secouer la tête, comme pour remettre de l’ordre dans ses idées. « Ouaip, c’est mon excuse et je m’y tiendrais. »

La discussion s’essouffla peu après, et Haslush lui promit de le revoir lundi. Zorian était perdu dans ses pensées en marchant vers la maison d’Imaya, se demandant ce qu’il allait advenir de l’enquête sur les araignées mentalistes. Probablement pas grand-chose, vu le sérieux avec lequel Haslush prenait ce cas. Mais il allait quand même devoir lui poser une question à ce sujet d’ici une semaine.

Zorian tapota du pied impatiemment en attendant qu’Imaya ouvre la porte. Il avait la clef pour la porte d’entrée, mais elle ne lui servait à rien car Imaya avait la fâcheuse habitude de laisser sa clef dans la serrure, et aujourd’hui n’échappait pas à la règle. Il ne pouvait pas rentrer sans son aide.

Il se doutait qu’elle préfère quand ça se passe comme ça, de toute façon.

Quand il entendit la serrure se déverrouiller, il porta à nouveau son attention sur la porte, qui s’ouvrit brusquement, révélant le visage inquiet d’Imaya qui le dévisageait.

« Heu… Il s’est passé quelque chose ? » demanda-t-il. Kirielle avait-elle fait une bêtise en son absence ?

« C’est moi qui devrais poser cette question ! » dit-elle. « Où étais-tu ? Tu étais censé rentrer il y a de ça plusieurs heures. »

« Heu… » balbutia Zorian. « Pourquoi ? C’est quoi le souci ? Ce n’est pas comme si je rentrais au milieu de la nuit ou quoi… »

Le regard agacé avec lequel elle l’observait lui signifiat qu’il n’aurait pas dû dire ça. Mais il ne comprenait honnêtement pas. Ce n’était pas comme s’il y avait une règle lui disant qu’il devait rentrer immédiatement après les cours. À Cirin, ses parents ne se souciaient jamais de ce qu’il faisait pendant son temps libre, tant qu’il ne négligeait pas ses devoirs ou qu’il ne les embarrassait pas. Avoir quelqu’un qui s’inquiétait de ne pas le voir rentrer à l’heure était un sentiment dont il n’avait vraiment pas l’habitude.

« Écoutez, je suis désolé, mais j’ai dû rencontrer mon instructeur en divinations après les cours, et le rendez-vous a un peu traîné en longueur. Mais vraiment, Miss Kuroshka, je pense que vous allez perdre votre sang froid si vous vous inquiétez à chaque fois que je rentre tard de l’académie. Ce n’est pas la première fois que j’ai été retenu après les cours, et ça ne sera certainement pas la dernière. »

Elle soupira et lui fit un geste pour qu’il se dépêche de rentrer, visiblement partiellement convaincue par son argument.

« À l’avenir, essaye de me prévenir si tu vas avoir du retard, ok ? » dit Imaya. « Il y a sans doute des sorts magiques qui te permettent de transférer de la magie à travers la ville, oui ? »

Zorian devait admettre qu’il s’agissait d’une bonne idée. « Je vais voir ce que je peux faire, » promit-il.

« Bien, » dit Imaya. « Ta sœur te réclame depuis un moment, tu sais ? »

Zorian grogna. « Elle n’a pas été trop insupportable, j’espère ? »

« Non, c’est un petit ange, » dit Imaya, dissipant ses peurs d’un geste de la main. Zorian eut envie de lever les yeux au ciel à l’idée que Kirielle puisse être un ange. Si Kirielle se montrait si adorable, pourquoi Imaya voulait-elle à ce point qu’il rentre tôt à la maison ? « Elle a passé le plus gros de la journée à dessiner, jouer avec le cube magique que tu lui as donné, et à parler avec Kana. Ou devrais-je dire, parler à Kana ? Je trouve que cette enfant est bien trop calme. Il va falloir que je parle à Kael un de ces jours. Ce n’est pas normal pour une enfant d’être à ce point renfermée sur elle-même… »

Zorian acquiesça sans rien dire, heureux de savoir que son cube avait rencontré le succès. Il n’avait rien de spécial, c’était juste un cube en pierre avec quelques sceaux émetteurs de lumières qui formaient un puzzle pour enfant.  Il avait trouvé le patron dans l’un des livres que Nora lui avait recommandé à l’époque où elle le tutorait sur les formules de sorts, et il avait décidé que d’en créer un servirait une double utilité : il s’entraînerait sur les formules de sort et ça ferait un jouet sympa pour Kirielle.

« On dirait qu’elle s’est bien amusée aujourd’hui, » remarqua Zorian. « Pourquoi voulait-elle me voir, alors ? »

Imaya le regarda d’un air étrange. « Tu es son grand frère. Elle n’a pas besoin d’une raison spécifique pour que tu lui manques. »

« Et la vraie raison ? » insista Zorian.

« Kana s’est endormie et ton jouet est tombé à court de mana avant de s’éteindre, » admit finalement Imaya après une seconde de silence gêné.

« Ah, » dit Zorian. Il avait remarqué que le cube n’avait prévu que peu de place en termes de stockage de mana, mais il ne s’était pas encore senti assez confiant pour revoir le design quand il avait recopié le patron. Il y avait une raison pour laquelle le cube avait des réserves de mana aussi rudimentaires : des larges concentrations de mana avaient tendance à exploser si manipulées maladroitement, et le cube s’adressait à des débutants. Des débutants qui pouvaient tout à fait bâcler certaines choses lors de leurs premiers essais. Vu le nombre de problèmes qu’il avait rencontré simplement en recopiant le patron initial, il se dit qu’il avait eu raison de ne pas toucher au design. Si Kirielle en voulait d’autres, il se contenterait d’en refaire. C’était de l’entraînement utile en plus. « Elle est dans sa chambre, je suppose ? »

« Non, dans la tienne, en train de lire tes livres, » dit Imaya nonchalamment.

Zorian tiqua, et résista l’envie de se ruer à l’étage pour expulser Kirielle de sa chambre. Mais en vérité, il avait de la chance d’avoir une chambre pour lui. Imaya n’avait toujours trouvé personne d’autre pour louer la dernière pièce. Cela voulait dire que Zorian pouvait l’occuper, et il en était très heureux. Malheureusement, il n’arrivait pas à garder Kirielle hors de sa chambre. Elle ne démontrait d’aucune inhibition à y rentrer quand elle le voulait, et Imaya semblait encore moins encline à l’en empêcher que ne l’était Mère à Cirin. Elle trouvait le comportement de Kirielle parfaitement ‘naturel’.

Et le petit démon le savait ! Elle savait qu’elle s’en sortirait presque toujours, surtout parce qu’Imaya l’aimait plus qu’elle n’appréciait Zorian, et elle en abusait. C’est pourquoi, quand Zorian entra dans la chambre avec fracas, elle l’ignora complètement. Elle était couchée sur le lit, un livre posé devant elle et les pieds reposant confortablement sur son coussin. Zorian la vit tendre le bras vers l’assiette remplie de biscuits qu’Imaya lui avait apporté, prévoyant sûrement de mettre encore plus de miette sur ses draps.

« Hé! » protesta-t-elle. « C’est les miens ! Va chercher tes propres biscuits ! »

Zorian l’ignora et étudia l’assiette de biscuit qu’il avait pris des mains de sa petite sœur démoniaque. « Tu sais, au départ je voulais juste attirer ton attention et t’empêcher de faire encore plus de bordel que tu ne l’as déjà fait, mais c’est vrai qu’ils ont l’air appétissants… »

« Noooooon ! » pleura Kirielle alors qu’il ouvrit la bouche pour engloutir une poignée de biscuits. Elle semblait cependant hésitante à quitter son lit. Elle savait probablement qu’il ne la laisserait pas retourner à sa place une fois qu’elle l’aurait quittée. Malin, le sale petit démon.

« Tu sais quoi ? » dit-il, fermant la bouche et reposant les biscuits dans l’assiette.  « Je te rendrais tes biscuits si tu nettoies toutes les miettes que tu as mises sur le lit. »

Kirielle passa immédiatement quelques fois ses mains sur les draps pour pousser les miettes par terre. Une fois sa tâche accomplie, elle le regarda avec un grand sourire coquin.

« Ha ha, » rit Zorian. « Maintenant, va chercher un balai pour le faire proprement. Pour chaque minute qui s’écoule, je mangerai un biscuit supplémentaire. »

Il fit immédiatement la démonstration en engloutissant immédiatement l’un des biscuits. Ils étaient vraiment bons en fait.

Kirielle poussa un cri de protestation, et sauta rapidement hors du lit. Elle essaya sans succès de récupérer son assiette de biscuits, mais quand elle réalisa qu’elle n’y arriverait pas (et qu’il en mangea un second), elle sortit en toute hâte de la chambre pour aller récupérer un balai et une pelle à poussière. Apparemment, elle s’était plainte également auprès d’Imaya, car cette dernière arriva dans la chambre quelques minutes plus tard avec une nouvelle assiette de biscuit, ‘pour qu’il n’ait pas à voler sa petite sœur’. Bref.

Malheureusement, même après avoir récupéré son lit des griffes de Kirielle, elle revint quand même dans sa chambre. Elle était actuellement étendue sur son torse, lui ayant sauté dessus quelques secondes à peine après qu’il eut fermé les yeux.

« Qu’est-ce que tu fais encore là, Kiri ? » soupira Zorian.

Kirielle ne répondit pas de suite, trop occupée à grimper sur le corps de Zorian comme s’il s’agissait d’un objet inanimé qui ne ressentait pas la douleur ou l’inconfort. Seulement après s’être confortablement installée sur le lit avec lui daigna-t-elle répondre.

« Je m’ennuie, » dit-elle. « Ton puzzle s’est cassé, d’ailleurs. »

« Il ne s’est pas cassé, » expliqua Zorian. « Il est juste tombé à court de mana. Je pourrais t’en refaire un demain, si tu veux. »

« Ok. »

Il y eu quelques secondes de silence, et Zorian ferma les yeux dans l’espoir de faire une petite sieste.

« Zorian ? » demanda soudainement Kirielle.

« Oui ? »

« C’est quoi un morlock ?

Zorian ouvrit les yeux et regarda Kirielle à ses côtés d’un air étrange.

« Tu ne sais pas ce qu’est un morlock ? » demanda-t-il d’un ton incrédule.

« Je sais juste que ce sont des gens aux cheveux blancs et aux yeux bleus, » expliqua Kirielle. « Et que les gens ne les aiment pas trop. Et que Kael en est un. Mais mère n’a jamais voulu me dire quel était le problème avec eux. »

« Vraiment ? » marmonna Zorian.

« Oui, » confirma Kirielle. « Elle a dit qu’une jeune demoiselle comme moi ne devrait pas parler de ces choses-là. »

Afin d’éviter une dispute, Zorian s’empêcha de remarquer que Kirielle ne méritait pas vraiment d’être qualifiée de demoiselle. Même pas un gloussement railleur. Quelqu’un devrait lui donner une médaille pour sa retenue.

« Concrètement, » commença Zorian, « ils sont une race d’humains vivant sous terre. Même si la plupart d’entre eux vivent à la surface maintenant. La disparition des dieux a eu un impact majeur sur leur civilisation, et les autres habitants du Donjon les ont poussés à la surface. Les colons Ikosien ont aidé le processus en les frappant alors qu’ils étaient à terre en mettant le feu aux plus grosses colonies. »

« Oh, » dit Kirielle. « Mais ça n’explique pas pourquoi les gens ne les aime pas. On dirait que c’est plutôt eux qui devraient être fâchés contre nous. Et Kael n’a pas l’air de nous détester. »

« Kael ne connaît peut-être pas sa culture ancestrale. Je crois que beaucoup de morlocks sont dans cette situation. Et la raison pour laquelle les gens ne les aiment pas est parce que les morlocks d’autrefois avaient des coutumes vraiment barbares. Ils aimaient sacrifier des gens à leurs dieux, et apparemment ils étaient cannibales, » expliqua Zorian.

« Des cannibales ? » cria Kirielle. « Ils mangeaient des gens ?! Pourquoi ?! »

« C’est difficile à dire, » dit Zorian nonchalamment. « Les colons Ikosiens étaient plus intéressés pour les condamner de leurs pratiques que de comprendre pourquoi ils faisaient ce qu’ils faisaient. »

« Eh bien, oui, ils mangeaient des gens, » dit Kirielle. « C’est mal et dégoûtant ! Ne me dit pas qu’ils font toujours ça ? »

« Ne sois pas ridicule, » se moqua Zorian. « Les autorités ne les laisseraient jamais faire quelque chose du genre. »

« Oh, » dit Kirielle. « C’est bien. C’est à cause de ça que les gens ne les aiment pas ? Parce qu’ils ont peur de se faire manger ? »

« Ça en fait partie, » soupira Zorian. « J’ai perdu le compte du nombre de rumeurs que j’ai entendu sur des morlocks kidnappant apparemment des enfants dans les rues pour les manger ou un truc du genre. Mais il y a autre chose. Les morlocks avaient leur propre magie, qui est bannie partout dans le monde, mais bon nombre de morlocks la pratiquent encore. La guilde l’appelle ‘la magie du sang’. »

« Ça a l’air sinistre, » remarqua Kirielle.

« Pas vrai, hein ? » approuva Zorian. « Il n’y a pas d’information officielle sur la nature de la magie du sang, mais la plupart des personnes que ça a quelque chose à voir avec des sacrifices. Les rumeurs disent que les morlocks utilisent un rituel en tuant une personne ou un animal pour renforcer leurs sorts. Les morlocks d’aujourd’hui ne peuvent plus vraiment tuer un groupe de personnes parce qu’ils en ont envie, mais apparemment ils font toujours des sacrifices d’animaux, pour des raisons magiques et religieuses. »

Kirielle se pelotonna contre lui, tremblante.

« Je suis heureuse que Kael et Kana ne sont pas comme ça, » dit-elle.

« Moi aussi, Kiri, » dit Zorian en lui caressant la tête. « Moi aussi. »

 


Cet article comporte 10 commentaires
  1. J’ai commencé la lecture hier soir et franchement, waouh ! J’aime beaucoup ! J’ai tellement aimé que j’ai passé la quasi-totalité de ma nuit à cette lecture. ^^
    Merci pour la trad’ !

  2. Merci mistral:D ahhh tu t’attendais sûrement pas à ce commentaire de moi hahaha … en effet c’est trop bien et now I want MORE!!! Mais je vais me retenir … et attendre tranquillement pour tes chapitres en français 😀

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