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Mother of Learning, chapitre 4


Traducteur : Mithestral


Chapitre 4 : Et les étoiles tombèrent

« J’arrive, j’arrive, » grogna Zorian en traînant les pieds jusqu’à la porte. Sérieusement, quel était l’intérêt de taper à ce point sur sa porte ? Qui était si désespéré de rentrer dans sa chambre ? Il ouvrit brusquement la porte pour faire face à l’expression agacée d’Akoja. « Ako ? Qu’est-ce que tu fiches ici ? »

« C’est moi qui devrais te poser la question, » répondit-elle. « Pourquoi t’es encore dans ta chambre ? Le bal -« 

« Le bal commence dans deux heures, » l’interrompit Zorian. « Je peux me rendre au hall en dix minutes. »

« Honnêtement Zorian, pourquoi faut-il toujours que tu attendes le dernier moment pour faire quelque chose ? Ne vois-tu pas que tu instaures de mauvais précédents ? »

« Le temps est précieux, » dit Zorian. « Et je vais répéter ma question : qu’est-ce que tu fais là ? Je ne pensais pas que c’était dans tes habitudes d’aller chercher directement les gens quand elles ne sont pas assez à l’heure à ton goût. »

« C’est madame Zileti m’a demandé de te chercher, » admit Akoja.

Zorian cligna des yeux. Il semblerait qu’Ilsa voulait être certaine qu’il ‘n’oublie pas’ de se rendre au bal. Haha. Même s’il en avait bien eu l’idée, il savait qu’il ne pouvait pas y échapper.

« Elle m’a également dit que tu n’avais réussi à trouver quelqu’un pour ce soir, donc je serais ta partenaire de danse, » continua Akoja d’un ton plus apaisé, trouvant soudainement le cadre de la porte incroyablement intéressant.

Zorian fit la grimace. Comment est-ce que ‘refuser d’amener quelqu’un’ s’était transformé en ‘ne pas réussir à trouver quelqu’un ‘? C’était comme si Ilsa, tout comme sa propre mère d’ailleurs, interprétait ses propos de la manière qu’elle voulait. Zorian se dit d’ailleurs que les deux s’entendraient bien ensemble.

« Bref, va t’habiller, pour qu’on puisse y aller, » dit-elle, regagnant subitement confiance. « Peut-être que toi ça ne te dérange pas de t’y rendre au dernier moment, mais moi si. »

Zorian la regarda pendant un long moment, ne sachant pas trop comment réagir. Il était quand même bien tenté de lui claquer la porte au nez, et de refuser de participer à cette vaste blague, mais il se dit que ce n’était pas vraiment la faute d’Akoja d’avoir été placée dans cette situation. Elle avait probablement eu d’autres idées en tête pour cette soirée que d’accompagner un garçon grincheux qui détestait ce genre d’événements. Il l’invita à rentrer, et se dirigea dans la salle de bain pour s’habiller.

Il devait cependant admettre les talents de manipulation d’Ilsa. S’il avait eu la possibilité de se rendre seul au bal, il aurait mis des vêtements simples, aurait passé le minimum de temps possible avant de s’en aller, et aurait évité le maximum de gens pendant qu’il se trouvait là-bas. Maintenant ? Il ne voulait pas vraiment ruiner la soirée d’Akoja, donc il se devait de faire au moins un effort. Ouaip, Ilsa et sa mère s’entendraient comme larrons en foire.

Ils marchèrent en silence jusqu’au hall du bal. Zorian refusa de démarrer une conversation, même s’il sentait bien qu’Akoja trouvait le silence assez gênant. Mais il voulait profiter de ces derniers instants de calme, car il savait qu’il passerait une mauvaise soirée.

Le calme ne dura pas très longtemps, puisque le hall n’était effectivement qu’à une dizaine de minutes de sa résidence. En arrivant sur place, ils purent constater qu’une foule importante s’était déjà amassée devant l’entrée du hall, et que les étudiants semblaient très excités pour le bal.

Zorian pâlit à la vue de la foule; il avait déjà mal à la tête juste en les regardant.

Malheureusement, malgré ses supplications auprès d’Akoja, elle refusait d’attendre à la périphérie du rassemblement jusqu’à l’ouverture du hall. En réponse, Zorian fut ‘accidentellement’ séparé d’Akoja lorsqu’ils se mêlèrent aux autres au moment de rentrer et se perdit dans la foule. Il rit intérieurement, se demandant combien de temps cela lui demanderait pour qu’elle le retrouve. Il serait choqué de ne gagner qu’une demi-heure, car il était plutôt doué à échapper à l’attention d’une personne en particulier, sans attirer le regard d’autres participants.

L’événement était supposément un simple bal dansant étudiant, mais la décoration était surprenamment somptueuse. Les tables débordaient de nourriture; la plupart des plats semblaient si exotiques que Zorian n’avait aucune idée de quoi il s’agissait. Le hall était décoré de peintures magnifiques et de gravures animées qui se déplaçaient de façon préprogrammée. Même les nappes étaient en dentelles, et étaient si douces que le matériau de base devait être incroyablement cher. Beaucoup d’étudiants furent bouches bées en entrant dans le hall, et même Zorian, qui avait l’habitude de ce genre de fête, devait avouer qu’il était un peu choqué. Puis il haussa les épaules et fit de son mieux pour se fondre dans la masse pour qu’Akoja ne le retrouve pas.

Il serpenta entre les tables débordantes de nourritures, essayant de temps en temps certains plats qui lui semblaient intéressants. Il observait attentivement les autres étudiants, essayant d’éviter d’attirer l’attention de quiconque serait susceptible de commencer une discussion avec lui. Il pouvait maintenant comprendre pourquoi Ilsa essayait de préparer au mieux la danse : même en mettant de côté les dépenses visiblement faramineuses qui avaient été faites, il n’y avait pas que des étudiants présents. Il y avait également des représentants de plusieurs guildes, Maisons, sociétés et organisations. Et pas non plus juste de l’Alliance, mais aussi de l’étranger, même d’autres continents. Il pouvait voir au moins un homme portant l’uniforme militaire bleu clair caractéristique d’Abnasia, une petite délégation de Hsan et une femme à la peau sombre dans un costume si flamboyant qu’il ne doutait pas un instant que tout le monde l’avait maintenant remarquée. Il se demandait vraiment à quoi rimait ce bal. Il était peu probable que toutes ces personnes se déplacent juste pour un simple bal dansant étudiant, mais décida finalement que la raison ne l’intéressait pas vraiment. Ce genre de personnes vivait dans leur propre monde, et ils avaient une notion des choses ‘importantes’ différente de simples mortels comme lui.

Une heure plus tard, la première danse allait commencer et Zorian se rendit auprès d’Akoja. Elle était en rage, et ne semblait pas vouloir le croire quand il proclamait qu’il s’était vraiment perdu et qu’il n’avait pas réussi à la trouver jusqu’à maintenant. Elle réussit cependant à ne pas perdre complètement son calme. Il la conduisit sur la piste de danse, et ne riposta pas lorsqu’elle marcha ‘accidentellement’ sur son pied plusieurs fois.

« Des gens te cherchaient, » dit-elle finalement, visiblement fatiguée de torturer ses orteils pour le moment.

« Eh bien, j’étais dans le coin, » dit-il, le sourire aux lèvres. « Tout ce qu’ils avaient à faire était de me chercher. »

« Tu n’as aucune excuse de ne pas les rencontrer maintenant, » remarqua Akoja.

« Mais Ako, nous sommes en train de danser. Pas moyen que j’abandonne une fille aussi magnifique que toi, quelle que soit la raison. Je t’ai laissée seule bien assez longtemps, » dit Zorian, camouflant toute trace de dérision dans sa voix. Il s’agissait d’un talent qu’il avait travaillé.

Elle lui jeta un regard noir, mais Zorian sentit quand même qu’elle avait apprécié le compliment.

Malheureusement, cela ne l’empêcha pas de le traîner pour rencontrer un groupe de personne après l’autre peu après la fin de la première danse. Zorian détestait être mis en avant de la sorte, mais il devina qu’Akoja ne faisait que suivre les ordres d’Ilsa, donc il ne haussa pas la voix avec elle. Il était déjà assez surpris que sa tactique dilatoire avait aussi bien fonctionné. Zorian se surprit à mémoriser plusieurs visages, noms et titres de noblesse, même si ça ne l’intéressait pas vraiment. Il y allait à l’instinct pour l’instant; un instinct qu’il devait à ses parents quand ils avaient essayé de le transformer en une personne mondaine.

« Kazinski ? Oh, est-ce que par hasard vous avez un lien avec -« 

« Daimen et Fortov Kazinski, oui, » dit Zorian, faisant de son mieux pour dissimuler son agacement.

« Oh ! Quelle chance, » dit-elle. « Je dois dire que votre frère est vraiment doué avec un violon. » Elle fit un signe vers la scène, où le conservatoire de l’académie jouait une chanson calme et douce. Fortov était officiellement un membre ordinaire de l’orchestre, mais avait évidemment été le musicien le plus mis en avant sur la scène. Sa présence attirait l’attention de beaucoup, comme d’habitude. « De quel instrument jouez-vous ? »

« D’aucun, » répondit-il d’un air impassible. Sa famille avait bien essayé de lui apprendre un instrument puisqu’il s’agissait d’une mode dans le cercle des gens riches (et de ceux qui prétendaient être riches), mais leurs plans furent contrecarrés par le fait que Zorian n’avait absolument pas l’oreille musicale. Il n’avait absolument aucun talent pour la musique. Pour être honnête, ça ne l’intéressait pas trop de toute façon, même s’il s’arrangeait pour simuler un intérêt quand la situation le demandait. Il s’agissait de l’une des plus grosses déceptions pour sa mère, puisque Daimen et Fortov étaient tous les deux plutôt doués, Daimen au piano et Fortov au violon. Ils n’étaient en aucun cas des prodiges, mais ils avaient suffisamment de talent pour impressionner le genre de personnes qui participait à des événements comme celui-ci. « Je n’ai pas vraiment l’oreille musicale, contrairement à mes frères. Personnellement, je m’intéresse davantage à comment le son de l’orchestre peut emplir de manière équilibrée tout le hall, de sorte que tout le monde l’entende au même volume, indépendemment de la distance à la scène. »

Malheureusement, ni la femme ni aucune autre des personnes rassemblées autour de lui n’avaient la réponse à cette question. Apparemment, personne n’avait remarqué ce détail avant qu’il en fasse la remarque. En fait, Zorian eut la sensation que les gens trouvaient cet anecdote inintéressante, et qu’il était assez étrange de l’évoquer. Bah, visiblement ces personnes n’avaient aucun intérêt pour la magie. Pourquoi s’étaient-ils alors rendus à un bal dans une académie de magie alors ?

Heureusement pour lui, Akoja eut enfin pitié de lui à ce moment-là et le conduisit à une table à proximité afin qu’ils aient un vrai repas. Quelques autres étudiants de leur classe les rejoignirent et une conversation détendue s’installa. Zorian n’y participa pas vraiment, puisque la conversation ressemblait surtout à du radotage inutile qui ne l’intéressait absolument pas. Il se contentait d’acquiescer ou d’avoir un petit rire de temps en temps, et de faire signe qu’il comprenait lorsqu’on lui faisait la remarque qu’il était un peu trop silencieux et qu’il devait montrer un peu plus d’enthousiasme.

Il s’apprêtait à avaler le morceau de gâteau devant lui lorsque Akoja lui donna un petit coup de genou. Il la regarda d’un air interrogateur.

« Mauvaise fourchette, » murmura-t-elle.

Zorian observa donc le couvert dans sa main, et réalisa qu’il était censé utiliser la petite fourchette réservée aux desserts. Il haussa les épaules et enfourcha quand même le morceau de gâteau avec la grosse fourchette.

« Je sais, » murmura-t-il en réponse.

Cela sembla être la goutte d’eau faisant déborder le vase.

« Zorian, » explosa-t-elle, une once de supplication dans la voix. « Pourquoi tu fais tellement le difficile ? C’est juste une soirée. Je sais que je ne suis pas celle que tu voulais comme partenaire… »

« C’est pas ça, » l’interrompit Zorian. « Je ne voulais pas de partenaire du tout, point. Je m’apprêtais à venir seul ici. »

Elle le regarda d’un air ahuri, comme si elle venait d’être extrêmement froissée, sans que Zorian ne sache pourquoi.

« T-tu aurais préféré venir seul plutôt qu’avec m-moi ? » demanda-t-elle.

Oh-oh. Merde.

Pendant tout ce temps, il pensait qu’Akoja avait été forcée de garder un œil sur lui, mais il ne s’était jamais dit qu’elle voulait peut-être bien être sa partenaire…

Elle s’enfuit avant qu’il ne puisse formuler une réponse.

Il jura intérieurement et se cacha la tête dans ses mains. Voilà pourquoi il détestait ce genre de fêtes.

Une heure plus tard, il était certain qu’Akoja ne se trouvait plus dans le hall de danse, et qu’elle n’allait probablement pas revenir. Il ne voulait pas vraiment lui courir après dans les rues au milieu de la nuit, donc il se retint de la suivre à l’extérieur. En plus, qu’était-il supposé lui dire ? Il ne saurait même pas par où commencer. Il pensa à rentrer seul à sa résidence, mais au final il décida de monter sur le toit du bâtiment pour regarder les étoiles. Il n’allait pas dormir beaucoup cette nuit de toute façon.

Dans le but de garder son esprit occupé, il commença à nommer toutes les étoiles et les constellations qu’il pouvait voir. Il avait pas mal de connaissances sur le sujet grâce à son intérêt sur la question lorsqu’il était enfant, et au cours d’astronomie qu’ils avaient eu lors de la première année à l’académie. Il se passa une heure avant qu’il ne tomba à court d’étoiles à nommer.

Lundi allait être super bizarre. Zorian était certain que sa dispute avec Akoja allait être le sujet de discussion pour les prochaines semaines. En plus, en sachant qu’Akoja était en quelque sorte le laquais préféré de la majorité des professeurs, même les enseignants pouvaient décider de lui rendre la vie difficile dans les prochains jours.

Fait chier.

Il fut extirpé de ses rêveries lorsque les premiers feux d’artifices furent tirés. Il était apparemment minuit, et le festival avait officiellement commencé. Zorian se détendit un peu en regardant les feux d’artifices exploser dans le ciel étoilé, chacun explosant d’une manière différente. C’était vraiment splendide. La plupart d’entre eux se dissipaient rapidement après l’explosion, mais quelques-uns semblaient rester entier et particulièrement brillants, comme s’il s’agissait davantage de fusées éclairantes que de feux d’artifices. Ils décrivaient un arc dans le ciel, avant de plonger vers le sol comme des étoiles filantes. Il fronça les sourcils. Bizarre. Ne devraient-ils pas déjà avoir explosé maintenant ? Les fusées les plus proches de lui frappèrent un bâtiment résidentiel de l’académie à proximité et explosa. L’explosion fut si forte et brillante que Zorian fut momentanément ébloui et assourdi. Il trébucha en arrière et tomba à genoux alors que le bâtiment trembla sous ses pieds.

Il se remit rapidement sur pieds, mais il avait encore des taches blanches imprimées sur les rétines, et ses oreilles sifflaient toujours. Il regarda l’endroit où la résidence se tenait encore quelques secondes plus tôt. Le bâtiment avait été littéralement rasé par l’explosion, et tout ce qui pouvait brûler aux alentours était en feu. D’étranges formes enflammées étaient visibles au niveau de l’épicentre de destruction.

Attendez une seconde… il s’agissait de sa résidence !

Il tomba à genoux en comprenant enfin les implications de ce qui venait de se passer. S’il avait choisi de rester dans sa chambre, comme il l’avait initialement prévu, il serait mort maintenant. Il s’agissait d’une perspective effrayante. Mais que se passait-il donc ici ?? Il ne s’agissait pas de feux d’artifices, ça c’était clair ! Cela ressemblait davantage à un sort d’artillerie de très haut niveau.

Il était difficile de dire s’il s’agissait d’une conséquence de ses blessures, mais il remarqua que le brouhaha distant de fête s’était arrêté. Il regarda en direction de la ville, et remarqua que la situation de sa résidence n’était pas du tout un cas isolé. À chaque endroit où les fusées éclairantes frappaient, elles ne laissaient que mort et dévastation. Il n’eut que quelques secondes pour remarquer ce qu’il se passait avant d’apercevoir une seconde volée de fusée monter dans le ciel à l’horizon. Ce barrage de sorts en particulier n’était pas camouflé par des feux d’artifices, donc il était plutôt évident qu’il s’agissait bien de sorts d’artillerie. L’académie était sous le feu d’une attaque.

Alors que les fusées commençaient leur descente, Zorian commença à paniquer. Qu’était-il sensé faire ? S’enfuir serait inutile, car il ne savait pas quels bâtiments seraient les cibles des fusées. Il pourrait très bien courir droit dans l’une d’elles s’il ne faisait pas attention. Attendez une minute, pourquoi devrait-il faire quoique ce soit ? Il y avait après tout quelques mages très capables dans le bâtiment, il devait juste les avertir et les laisser s’en occuper. Il descendit précipitamment dans le hall de danse.

Il venait à peine de mettre le pied sur l’escalier qu’il fit face à face avec Ilsa et Kyron.

« Zorian ! Qu’est-ce que vous faites ici ? » demanda Ilsa.

« Heu, j’étais juste sorti prendre l’air, » bredouilla-t-il. « Mais ce n’est pas important maintenant ! »

« Je suis d’accord, » dit Kyron. « Garçon, c’était quoi cette explosion ? Ne me dis pas que tu en es responsable ? »

 » Comment pourrais-je en être responsable ? Des genres de fusées sont en train de tomber sur toute la ville, détruisant absolument tout ce qu’elles rencontrent. Ça a l’air d’un sort d’artillerie très puissant. « 

Ilsa et Kyron se regardèrent avant de porter leurs regards sur lui.

« Va rejoindre Akoja et les autres dans le hall de danse, » lui dit Ilsa. « On va voir ce qu’il se passe, et téléporter tout le monde dans les abris si nécessaire. »

Ils le poussèrent sur le côté pour atteindre le toit, laissant Zorian redescendre dans le hall dans un état de confusion. Akoja… Akoja n’était plus dans le bâtiment. Elle était partie. A cause de lui. Peut-être était-elle là-dehors, peut-être déjà morte…

Il secoua la tête pour s’empêcher d’avoir de telles pensées. Il sortit sa boussole divinatoire et lança un sort de divination pour la localiser. Il n’était pas certain que ça allait fonctionnait, puisque le sort ne pouvait trouver que des personnes avec lesquelles le lanceur était ‘familier’, c’est-à-dire les amis et la famille. Heureusement, il semblait que d’avoir été son camarade de classe pendant plusieurs années était une connexion suffisante pour que le sort fonctionne.

Il prit une profonde respiration pour se calmer. S’il était responsable de sa propre mort, eh bien… c’était ainsi. Mais il ne pouvait pas s’imaginer continuer à vivre s’il avait causé la mort d’Akoja, même indirectement.

Il se déplaça entre les étudiants agités et les représentants étrangers comme un fantôme, sans entrave et ignoré de tous, jusqu’à ce qu’il rejoigne la sortie. Il s’échappa du bâtiment et commença une course effrénée dans la direction de l’aiguille de sa boussole divinatoire.

Les trolls étaient des monstres dégoûtants. Il y avait de nombreuses de sous-espèces de trolls, mais toutes étaient des créatures humanoïdes énormes de plus de trois mètres de haut, avec une peau dure comme du cuir. Ils avaient des capacités de régénération si surnaturelles qu’ils étaient capables de rattacher des membres arrachés en les maintenant simplement sur les moignons correspondants pendant quelques secondes. L’espèce la plus nombreuse et fameuse était le troll des forêts, qui avait une peau d’un vert très vif, dont le territoire s’étendait dans tous les territoires boisés du nord. Zorian regarda passer une troupe de troll pavaner dans les rues en brisant les fenêtres et en braillant dans un langage incompréhensible, il réalisa la chance qu’il avait que la fumée provenant des bâtiments en feu à proximité masque son odeur. Tous ses manuels précisaient que l’odorat d’un troll était incroyablement développé.

Normalement, il se serait demandé pourquoi il y avait un tel rassemblement de trolls des forêts au milieu d’une ville humaine, relativement éloignée de leurs terres d’origines, mais les massues et les lames qu’ils avaient dans les mains lui expliquaient tout ce qu’il avait besoin de savoir. Ces armes étaient bien trop avancées pour avoir été produites par les trolls eux-mêmes, qui étaient des créatures très primitives et n’avaient pas les compétences pour forger ce genre de métal. Ils étaient des trolls de guerre, c’est-à-dire que quelqu’un les avait armé et les avait menés dans la ville.

Une fois le groupe de troll passé, Zorian se détendit un peu et réfléchit à ce qu’il devait faire. Il était vraiment un idiot. Pourquoi ? Pourquoi était-il parti sans prévenir un professeur avant pour avoir de l’aide ? Enfin, il pensait initialement que les fusées étaient le seul danger immédiat, et que trouver Akoja ne serait pas forcément un gros problème tant qu’il ne se trouvait pas sur la trajectoire d’un de ces tirs d’artillerie magique. Mais il fut surpris de constater que la ville avait été envahie par des monstres. Il ne s’agissait pas d’une attaque terroriste comme il l’avait supposé dans un premier temps, mais bien d’une invasion à grande échelle ! Malheureusement, il ne pouvait maintenant plus retourner au hall du bal puisque beaucoup des forces envahissantes convergeaient vers l’académie, lui bloquant donc le passage. Il décida alors de poursuivre sa route à la recherche d’Akoja. Il resta à l’abri des ombres, se disant que les monstres remarqueraient rapidement quelqu’un se déplaçant à découvert, comme ce garçon… qui se tenait… là-bas…

Attendez, ne serait-ce pas Zach ?

« Ici ! » cria Zach, agitant ses bras au-dessus de sa tête. « Je suis là, bande d’animaux stupides ! Venez me chercher ! »

Zorian regarda bouche bée la démonstration de stupidité de Zach. Qu’est-ce que cet idiot était en train de faire ? Il importait peu à quel point il était doué en cours, Zach n’avait aucun moyen de se mesurer à ces monstruosités qui traquaient les habitants de la ville. Mais il était trop tard pour réagir. Attirés par les cris de Zach, les trolls revinrent en courant, lançant un cri de guerre collectif avant de charger l’idiot qui avait été assez stupide pour attirer leur attention. Zorian constata que Zach s’apprêtait à combattre les trolls, et il pensa que c’était complètement insensé. Que pouvait-il bien faire contre une créature qui pouvait guérir en quelques secondes de n’importe quelle blessure ? Seul le feu ou de l’acide pouvaient les blesser de manière permanente, et ils n’avaient jamais –

Zach agrippa son bâton fermement, une de ces mains tendues dans la direction des trolls qui lui chargeaient dessus. Une boule de feu vrombissante fit éruption de sa main et explosa en plein milieu de la formation de trolls. Quand les flammes se dispersèrent peu à peu, il n’y avait plus que des cadavres carbonisés.

Zorian était profondément choqué. Une boule de feu comme celle-ci était un sort au moins du 3ᵉ cercle, qui demandait une quantité importante de mana, bien plus que ce qu’un étudiant de l’académie pouvait fournir. Même Daimen n’aurait pas pu lancer ce sort à l’âge de Zach. Mais non seulement Zach l’avait parfaitement incanté, il ne paraissait même pas fatigué. En effet, lorsqu’une volée de becs-de-fer l’attaqua peu après, envoyant leurs plumes meurtrières sur lui, Zach érigea simplement une égide protectrice – une putain d’égide ! – autour de lui, et cribla les oiseaux de trous à l’aide de boules de feu à tête chercheuse. Zorian était tétanisé par ce qu’il voyait. Son camarade de classe affrontait seul et sans efforts des hordes et des hordes de monstres. Il était à tel point subjugué qu’il ne remarqua presque pas que l’un des loups hivernaux attaquant Zach s’était discrètement séparé de la meute et avançait doucement vers lui. Presque. Heureusement, un genre d’instinct primaire lui avait fait prendre conscience du danger, et il se jeta sur le côté au dernier moment pour éviter le monstre qui se jetait sur lui.

Zorian jura intérieurement en voyant le loup hivernal se réorienter facilement, ce qui était choquant pour une créature de cette taille. Elle se préparait à un second assaut. Il aurait vraiment dû s’attendre à être visé par l’une ou l’autre créature, considérant à quel point Zach attirait les monstres sur lui. Il aurait dû profiter de la distraction pour s’enfuir pendant qu’il était encore temps. Mais maintenant, il était trop tard. Zorian savait qu’il n’était pas assez rapide pour distancer un loup hivernal, et il n’avait aucun sort de combat qu’il pouvait utiliser pour se défendre. Enfin, il n’avait pas de baguette de sorts ou autre. S’il survivait, il se promit d’apprendre de nouvelles invocations de combat, aussi obsolètes soient-elles. Mais c’était un gros ‘si’.

Un éclair brillant frappa la tête du loup hivernal, qui explosa immédiatement. Zorian fut arrosé par un mélange de sang, d’os et de matière cérébrale, et n’était pas sûr s’il devait en être dégoûté ou soulagé de savoir qu’il allait pouvoir vivre un peu plus longtemps. Il remarqua également que les effets de l’éclair étaient un peu trop forts pour être un simple missile magique. Il rajouta ça à la liste des exemples de l’incroyable efficacité de la magie de combat de Zach.

« Zorian ? Qu’est-ce que tu fiches ici ? »

Zorian regarda Zach d’un air interrogteur. Il remarqua la pile de cadavres dans le sillon du garçon. Il regarda ensuite le bâton dans sa main droite, et sa ceinture remplie de baguettes de sorts. Malgré son apparente imprudence, Zach était vraiment venu préparé. Zorian était tenté de lui poser la même question, mais décida que ça serait sûrement trop antagonique. Zach venait de lui sauver la vie, après tout. Il décida de répondre honnêtement, peut être que Zach voudrait bien l’aider à trouver Akoja grâce à ses capacités incroyables au combat.

« Je cherche Akoja. Elle a quitté le bal avant l’attaque, et c’est en quelque sorte ma faute. »

Zach grogna. « Putain mec, et je me suis en plus embêté pour être certain que tu te rendes au bal… On dirait vraiment que tu veux te faire tuer ! »

« Toi ? » demanda Zorian, incrédule. « C’est toi qui a dit à Ilsa que je n’allais pas y aller ? Pendant tout ce temps, je pensais que c’était Benisek ! Comment est-ce que t’étais au courant ? »

« A chaque fois tu restes dans ta chambre, et tu te fais tuer pendant la première vague d’artillerie si je ne fais rien. Et je dois te dire que te convaincre de ne pas rester dans ta chambre sans recourir à la violence ou faire intervenir Ilsa est une véritable corvée. Tu peux vraiment être têtu comme une mule quand tu veux, » soupira Zach.

Zorian le regarda d’un air hébété. La façon dont il parlait laissait pensait que ce genre d’événements arrivait tous les jours !

« Bref, peu importe, » dit Zach d’un ton plus enjoué. « Allons chercher Akoja avant que quelque chose ne la dévore. Tu connais le chemin ? »

C’est ainsi qu’ils partirent ensemble à la recherche d’Akoja. Ils marchèrent dans les rues embrasées de la ville, laissant derrière eux dans chaque ruelle des cadavres d’envahisseurs. Zach n’essayait même pas d’éviter les monstres, mais les détruisait par paquets comme un dieu en colère. A un moment, ils furent même attaqués par une légion de squelettes et un mage ennemi, mais Zach ouvrit simplement la terre sous leurs pieds pour les enterrer. Zorian s’efforça de se taire et ne demanda jamais Zach d’où provenait sa réserve de mana inexorable, ou ses connaissances en magies avancées qui devaient être bien au-delà de son niveau étudiant. Il était bien trop heureux de profiter de sa protection. Il ne serait jamais arrivé là sans son aide. Zach pouvait garder ses secrets pour lui, quels qu’ils soient.

Ils trouvèrent finalement Akoja barricadée à l’étage d’une des maisons. Apparemment, elle avait été pourchassée par une meute de loup hivernaux, et refusait de quitter le bâtiment de peur que les monstres l’attendent. Sage décision, vraiment. Bien plus sage que la décision de Zorian, ça c’était sûr. Heureusement, il n’y avait aucune trace de loups hivernaux autour de la maison pour le moment, mais ce n’était pas comme si Zach allait avoir la moindre difficulté s’il y en avait. Ils devaient par contre accomplir la difficile tâche de convaincre Akoja qu’elle était en sécurité avec eux et qu’elle pouvait ouvrir la porte. Son expérience avec les loups l’avait visiblement beaucoup troublée.

Zorian était certain qu’elle l’accuserait de lui avoir fait quitté la sécurité du hall de danse, mais fut plutôt surpris quand Akoja se jeta immédiatement sur lui après avoir ouvert la porte, l’embrassant et pleurnichant sur son épaule.

« Je pensais que j’allais mourir ! » pleura-t-elle. « Il y avait ces énormes oiseaux lançant des plumes de fer partout, et les loup hivernaux et… »

Zorian ouvrit la bouche de confusion, n’étant pas sûr de comment gérer un accès émotionnel pareil. Il lança un regard à Zach pour qu’il l’aide, mais ce dernier le regarda simplement en souriant, visiblement amusé par la situation.

« Ah, les amourettes de jeunesse, » dit-il en acquiesçant. « Mais j’ai bien peur que vous allez devoir continuer votre réunion émouvante après avoir rejoins les abris. »

« Oui ! » cria Akoja immédiatement, levant enfin son visage de l’épaule de Zorian. Elle ignora totalement la remarque de Zach sur le fait qu’ils étaient amoureux l’un de l’autre, même si Zorian soupçonna que c’était parce qu’elle ne l’avait pas entendu. Elle était encore fermement accrochée à son torse, comme si elle avait peur qu’il ne disparaisse si elle le lâchait. C’était plutôt douloureux, mais il se retint de lui faire remarquer. « Les abris ! Nous serons en sécurité dans les abris ! »

Zach tressaillit de façon presque imperceptible avant de se reprendre. Akoja ne semblait pas avoir remarqué, mais Zorian oui. Donc les abris n’étaient pas non plus des lieux sûrs ? Mais ils étaient certainement plus sûrs que l’endroit où ils se trouvaient maintenant, car Zach semblait s’être décidé à s’y rendre.

« Parfait ! » dit Zorian d’un ton enjoué, se frappant les mains de satisfaction. Il prit l’une des baguettes à sa ceinture et la donna à Akoja. « Tiens-la aussi Zorian. »

« C’est quoi ? » demanda Zorian, suspicieux. La baguette n’avait aucun symbole lui permettant de l’identifier, ce qui le rendit peu enclin à l’utiliser. Utiliser des objets magiques sans connaître leur fonction était une très, très mauvaise idée si l’on souhaitait rester en bonne santé et vivre vieux.

« C’est une baguette de téléportation, » expliqua Zach. « Elle est programmée pour téléporter jusqu’aux abris la personne qui la tenant. Je lui ai donné un délai de 30 secondes, donc dépêche-toi de la maintenir ou tu vas rester ici. »

« Mais, et toi ? » demanda Akoja. « Tu dois aussi la tenir avant qu’elle ne s’active ! »

« Ah, non, » dit Zach. « J’ai encore des choses à faire ici. »

« Encore des choses à faire ?? » protesta Ajoka. « Zach, ce n’est pas un jeu ! Ces choses vont te tuer ! »

« Je suis parfaitement capable-« 

Zorian n’était pas certain de comment il avait remarqué, mais il eut la sensation d’un danger imminent et qu’il devait agir immédiatement, un peu comme lorsque le loup hivernal l’avait attaqué un peu plus tôt. Il se libéra brusquement de l’emprise d’Akoja, et poussa Zach hors de la trajectoire d’un sort qui lui arrivait droit dessus. Un rayon rouge malveillant apparut dans l’air devant eux, passant directement à l’endroit où s’était trouvée la tête de Zach à peine quelques instants plus tôt, avant de frapper le mur derrière eux. Le rayon de lumière rouge taillada le mur, creusant un énorme trou et enveloppant la pièce dans un nuage de poussière.

« Merde, » dit Zach. « Il m’a trouvé, dépêche-toi de t’accrocher à la baguette avant qu-« 

Akoja disparu soudainement lorsque la baguette s’activa pour la téléporter en sécurité

« qu’elle ne s’active, » termina Zach d’un ton dépité. « Bordel, Zorian, pourquoi tu ne l’as pas tenue ?? »

« Tu serais mort ! » protesta Zorian. Il n’allait pas laisser une personne qui l’avait autant aidé ce soir mourir d’un sort perdu s’il pouvait l’empêcher. En plus, la personne qui avait lancé le sort allait sûrement être annihilée par Zach de toute façon, comme le reste des créatures et des mages qu’ils avaient rencontrés jusqu’à maintenant. Le lanceur du sort ne pouvait pas être plus fort que Zach, pas vrai ?

Une soudaine bourrasque dispersa le nuage de poussière et une silhouette humanoïde décharnée fit son apparition. Zorian eut le souffle coupé de surprise quand il réalisa l’apparence de la créature en face d’eux. Il s’agissait d’un squelette enrobé d’une pâle aura verte. Ses os étaient noirs avec un étrange reflet métallique, comme s’il ne s’agissait pas du tout d’os, mais plutôt comme s’il était une reproduction de squelette faite d’un métal noir. Il était protégé d’une armure dorée, tenait fermement un sceptre dans l’une de ses mains et avait une couronne pleine de pierres précieuses violettes. La créature ressemblait à un ancien roi, mort depuis longtemps, qui venait de revenir d’entre les morts.

Il s’agissait d’une liche. D’une putain de liche ! Oh ! Ils étaient tellement certains de mourir…

La liche dirigea ses orbites vides dans leur direction. Quand le regard de Zorian rencontra ces deux abysses, il eut une sensation très désagréable envahir son corps, comme si la liche observait directement son âme. Après moins d’une seconde, la liche porta son attention sur Zach, visiblement considérant Zorian comme sans importance.

« Donc… » dit la liche, la voix résonnant de puissance. « Tu es celui qui a tué mes serviteurs. »

« Zorian, fuis pendant que je m’occupe de ce mec, » dit Zach, agrippant le bâton dans sa main.

Sans attendre une réponse, Zach lança un barrage de missiles magiques en direction de la liche, qui riposta avec trois rayons violets tout en érigeant une égide autour d’elle d’un seul geste de sa main. Deux d’entre eux visaient Zach, mais malheureusement la liche pensa à en lancer un en direction de Zorian qui voulait s’échapper. Même si le rayon manqua de frapper directement Zorian, l’impact dans le sol sous ses pieds créa une explosion, et ses jambes furent criblés d’éclats de pierre. La douleur était immense, et Zorian s’effondra au sol en un instant, incapable d’avancer d’un pas de plus.

Pendant les cinq minutes suivantes, Zorian se traîna misérablement derrière une charrette à proximité, espérant qu’elle le protège au moins un peu de la puissance destructrice développée par la bataille. Zach maintenait la liche suffisamment occupée pour qu’elle ne lance plus de sorts sur Zorian. Ce dernier n’était en effet plus en état de pouvoir les éviter. Il regarda la bataille avec une inquiétude grandissante. Zach et la liche échangeaient des sorts destructeurs qu’il ne pouvait même pas identifier. Il remarqua avec terreur que sa prédiction de mort imminente était exacte : peu importe le talent surnaturel de Zach, il n’était même pas dans la même ligue que la liche. La créature ne faisait que jouer avec lui, et allait arrêter le jeu tôt ou-

Son visage se crispa lorsqu’une sorte d’éclair rouge en forme de lance traversa directement l’égide de Zorian et empala le garçon dans le flanc. Zorian soupçonna que la liche avait évité les organes vitaux afin de pouvoir jubiler un peu plus longtemps. Ses soupçons furent confirmés lorsque la créature n’acheva pas Zach avec un sort, mais décida plutôt de jeter Zach dans les airs d’un simple geste de la main. Zach s’effondra sur un mur proche de la position de Zorian, et grogna de douleur.

La liche s’approcha lentement, visiblement pas pressée. Elle ne semblait pas s’inquiéter de voir Zach se remettre sur pieds de manière tremblante, une baguette de sort dans sa main gauche. Zorian put voir que sa main droite était fermement pressée contre sa blessure sur son flanc.

« Tu t’es bien battu, gamin, » dit la liche. « Vraiment impressionnant pour quelqu’un qui est censé n’être qu’un simple étudiant de l’académie. »

« Pas… assez impressionnant, » souffla Zach, qui semblait manquer d’air. La baguette qu’il tenait tomba à terre, et il pressa ensuite sa blessure avec ses deux mains, visiblement dans une grande souffrance. « Il faut croire… que je vais devoir…faire mieux… la prochaine fois. »

La liche gloussa. Il s’agissait d’un son étrange provenant d’une telle créature. « La prochaine fois ? Stupide gamin, il n’y aura pas de prochaine fois. Tu sais qu’en aucun cas je ne te laisserais vivre, pas vrai ? »

« Bah, » cracha Zach, se remettant debout avec une grimace. « Arrête de parler, finissons-en. »

« Tu sembles anormalement calme, sachant que tu es sur le point de mourir, » remarqua la liche.

« Pff, peu importe, » dit Zach en levant les yeux au ciel. « C’est pas comme si j’allais mourir pour de bon. »

Zorian regarda Zach d’un air incrédule, ne comprenant pas pourquoi il disait ce genre de chose. La liche sembla comprendre, par contre.

« Haha, je vois, » dit-elle. « Tu dois être débutant avec la magie de l’âme, si tu penses qu’elle te rend invulnérable. Je pourrais juste placer ton âme dans une jarre d’âme, mais j’ai une bien meilleure idée. »

La liche fit un geste nonchalant vers Zorian qui sentit son corps entier devenir rigide, comme s’il était recouvert par une force étrange. D’un second geste, Zorian fut envoyé avec une grande vitesse vers Zach, et il rentra en collision avec l’autre garçon qui était dans un état de choc. Ils s’effondrèrent tous les deux à terre, mais Zorian fut au moins soulagé de sentir que la force le paralysant était enfin partie.

« Ça ne sert à rien de savoir que ton âme peut être réincarnée quelque part si quelqu’un la mutile et la déforme totalement avant qu’elle n’y arrive, » expliqua la liche. « Après tout, l’âme est effectivement immortelle, mais personne n’a dit qu’elle ne pouvait pas être altérée. »

Zorian pouvait vaguement entendre la liche psalmodier dans un étrange langage, qui n’était clairement pas de l’Ikosien utilisé dans les invocations traditionnelles, mais la moindre once de curiosité qu’il aurait pu avoir fut balayée par une vague de douleur et par le sentiment que quelque chose de profondément anormal se passait avec son corps. Il ouvrit la bouche pour crier, mais soudainement, il ne vit plus qu’une lumière blanche éblouissante avant le noir absolu.


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