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LMDAM Chapitre 24

Traduction : Vilipendeur
 Édition : à pourvoir
Révision : Khârn, Albo, Noxvae

Perspectives

« Les arts martiaux sont divisés en deux parties majeures. Il s’agit premièrement de cultiver la voie des arts martiaux, puis d’embrasser les principes qui mènent à l’éveil de l’esprit. Cultiver la voie des arts martiaux revient à cultiver le corps physique. L’éveil de l’esprit vise à cultiver l’âme. Maître dit souvent que la vie est une mer sans fin d’amertume et que la cultivation est le parcours qui consiste à la franchir. La cultivation du corps sert à construire un bateau capable de traverser les eaux, quant à la cultivation de l’âme, elle apporte les rames pour mouvoir ce bateau, » dit Lin Ming.

« Le bateau de celui qui ne cultiverait pas le corps ne pourrait pas être stable ou solide ; une tempête le ferait aisément chavirer. Quant à ceux qui ne cultiveraient pas l’âme, leur motivation et leur volonté seraient lacunaires, ils n’auraient aucune chance d’atteindre les rivages éloignés, quand bien même le feu de leur vie approcherait de sa propre fin. »

« Cette différence entre la cultivation du corps et de l’âme marque la distinction entre les étapes Houtian et Xiantian. Avant le Houtian, l’artiste martial va cultiver le corps, après le Xiantian, il va cultiver l’âme. »

« Après le Xiantian, la cultivation de l’âme ! » Muyi resta bouche bée, il se sentait défaillir. Ce n’était pas étonnant qu’il n’ait pas réussi à faire ce tout petit pas dans sa cultivation au cours de ses dernières années de pratique. Il venait de réaliser qu’il avait suivi la mauvaise direction pendant tout ce temps. Il n’avait jamais imaginé l’étape Xiantian de la sorte. « Et quelle est la signification de Xiantian ? » murmura-t-il.

« Maître m’a un jour dit que la réponse se trouvait dans la manière dont un bébé respirait dans le ventre de sa mère. Il m’a dit que « lorsque les humains sont encore dans le ventre de leur mère, ils sont incapables de respirer par le nez ou la bouche, ils dépendent de la connexion qui les relie à leur mère pour obtenir leur subsistance. C’est ainsi qu’ils respirent. C’est la caractéristique du Xiantian. Après la naissance, ils peuvent respirer par le nez ou par la bouche. Cet air terrestre est plein d’impuretés qui s’accumulent au fur et à mesure du temps. C’est la caractéristique du Houtian. Un fois entrée dans l’étape Xiantian, l’âme atteint une incomparable forme de paix et de tranquillité. Le corps change la manière dont on interagit avec ce qui nous entoure et l’âme s’éveille au monde, devenant ainsi capable de communiquer avec la nature, et même de déclencher le pouvoir du ciel et de la terre par le biais de la force d’âme. C’est ce qu’est véritablement le Xiantian. Mais, pour passer du Houtian au Xiantian, il faut être capable de se désolidariser de toutes les racines qui nous relient à ce monde terrestre, afin de retourner à cet état où nous étions lorsque nous nous trouvions encore dans le ventre de notre mère », » dit Lin Ming.

« Hum… je vois… c’est donc cela… » murmura Muyi entre deux respirations. Ses yeux étaient à la fois chargés d’admiration et de consternation. Ce jeune garçon venait de prononcer négligemment quelques mots qui étaient semblables à d’anciens éclaircissements. S’il possédait de tels conseils et qu’il était guidé par un manuel de technique Xiantian de niveau supérieur, alors ça n’était qu’une question de temps avant que ce garçon ne devienne un maître des arts martiaux.

Les sectes et les clans pouvaient s’appuyer sur leur patrimoine et leurs héritages ; un artiste martial qui tenterait de chercher maladroitement son chemin par lui-même serait incapable d’avoir ce genre de choses. « Tellement ridicule ! S’imaginer que j’ai atteint la Condensation de l’Impulsion à trente-six ans, la Houtian à cinquante, et que depuis j’ai passé soixante années à dépenser tous mes efforts pour prendre pied dans le domaine Xiantian… Et ce en ayant emprunté la mauvaise direction depuis le début. J’ai gaspillé soixante ans… Déplorable ! Vraiment déplorable ! » se lamenta Muyi.

Il avait une mine enthousiaste mais ses émotions étaient complexes. Lin Ming se tenait à côté, observateur, son cœur languissant. Ce vieil homme avait essayé d’atteindre la frontière du Xiantian alors même qu’il n’avait reçu aucun legs ; c’était naturellement sans espoir. L’héritage et les perspectives d’une secte étaient nécessaires à n’importe qui souhaitant atteindre ces domaines. Mais quelle secte ne contrôlait pas opiniâtrement ses secrets pour éviter qu’ils se dispersent ?

Sans compter que, pour passer du Houtian au Xiantian, il fallait être capable d’atteindre cet état de « retour dans le ventre de la mère ». Cela nécessitait les traitements les plus rares et les plus précieux. Ces méthodes médicinales de production et ces matériaux rares étaient soigneusement contrôlés par les sectes. Sans même parler des gens ordinaires, la famille royale ne pouvait pas non plus les acheter.

Lin Ming avait beau avoir partagé ces mémoires avec Muyi, celui-ci resterait incapable de les utiliser pour avancer vers l’étape du Xiantian à cause de tout cela.

« Aîné, je vais vous dire très sincèrement que mon maître m’a déjà répété qu’il était impossible d’entrer dans l’étape Xiantian sans le support d’un clan, quand bien même l’on possédait un manuel de technique de ce niveau, » dit Lin Ming, à cet effet.

« Je sais… je sais… c’est simplement que j’ai longtemps lutté pour atteindre cette étape du Xiantian. C’est le vœu de toute ma vie. Mais désormais, même si je ne suis plus capable de réaliser ce vœu, je peux au moins mourir en paix et sans regret car j’ai pu en apercevoir la direction et découvrir où est-ce que je m’étais trompé, »  dit Muyi.

Muyi avait beau avoir prononcé facilement ces mots, ils cachaient une certaine solitude. Lin Ming ne put s’empêcher de pousser un soupir d’émotion. Peut-être qu’il se serait retrouvé comme Muyi s’il n’avait pas obtenu ce mystérieux cube magique. Une fois l’étape Houtian atteinte, peut-être qu’il n’aurait eu de cesse de traquer ce rêve illusoire qu’était le domaine Xiantian ; finissant par mourir, avec le risque d’être plombé par les regrets.

« Jeune ami, j’ai l’impression que nous sommes de vieux amis, bien que nous venions de nous rencontrer. Si ce jeune ami n’est pas rebuté par mon âge avancé, j’aimerais que nous devenions de bons amis, » dit finalement Muyi, après avoir longuement réfléchi.

Lin Ming avait également une impression favorable à l’égard de ce Muyi, qui avait honnêtement poursuivi les arts martiaux tout au long de son existence. « Lin Ming souhaiterait également devenir votre ami, » dit-il alors.

« Haha ! Alors aucun autre jour n’est plus chanceux qu’aujourd’hui ! Descendons et allons festoyer au Pavillon de la Grande Clarté. Nous boirons du vin et discuterons en toute quiétude. Qu’en penses-tu mon bon ami ? »

Lin Ming hésita légèrement, puis il acquiesça. « Aîné, à propos de la technique d’inscription, j’aimerais vous demander de garder ça pour vous, » ajouta-t-il.

Il avait beau s’être inventé un maître imaginaire, Lin Ming souhaitait éviter d’attirer des individus aveuglés par l’avidité, qui risquaient de lui causer des troubles sans se soucier des risques. C’était par conséquent, plus judicieux de faire profil bas au sujet des techniques d’inscription.

« Que petit frère Lin soit rassuré. Je garantis ton absolue sécurité aussi longtemps que les Quartiers du Maréchal de la Ville du grand Avenir existeront. Petit frère n’aura qu’à m’envoyer un talisman de transmission sonore dès lors qu’il rencontre un ennui, je m’en occuperai personnellement, peu importe de quoi il s’agit. A ce sujet, je peux peut-être tout savoir dorénavant, mais… pourquoi est-ce que petit frère Lin a besoin de vendre le symbole d’inscription et de travailler au pavillon de la Grande Clarté… est-ce que c’est pour s’exercer?

Lin Ming fit un sourire forcé en entendant Muyi lui demander cela, « Simplement pour des raisons financières, maître m’a enseigné mais ne m’a jamais donné d’argent. Ma famille est ordinaire, ce n’est donc pas suffisant pour ma cultivation martiale, » dit-il.

« Ainsi, c’est une véritable voie de l’artiste martial. Ni colère ni extravagance, ni paresse ni avidité, et une véritable adversité dans la privation afin de forger l’esprit et le caractère. Ton maître a dû consciemment faire ce choix éclairé et expérimenté, il doit naturellement avoir ses propres raisons et sa vérité. Dans ce cas-là, bien que je ne sache pas si ça va à l’encontre de l’opinion de ton maître, je peux acheter ses symboles d’inscription à petit frère Lin, au prix du marché et à condition qu’il souhaite toujours les vendre. Est-ce que 3.000 liangs d’or suffiraient si c’est le symbole d’inscription avec la gravure des flammes ? » demanda Muyi.

Le cœur de Lin Ming failli sortir de sa poitrine en entendant ce prix, 3.000 liangs d’or !

Trois mille liangs d’or, comme il avait trois symboles, ça faisait 9.000 liangs d’or ! Bien qu’il s’attendait à ce que que le prix de ses symboles d’inscription augmente, Lin Ming ne s’était jamais imaginé qu’il pourrait obtenir 9.000 liangs d’or.

Quel concept était-ce que 9.000 liangs d’or ! Le restaurant de la famille de Lin Ming en valait trois mille. Ses parents n’auraient plus à travailler aussi durement s’il pouvait le racheter.

Il lui resterait alors 6.000 liangs d’or avec lesquels il pourrait acheter des traitements. Il pourrait acheter n’importe quelle pilule de la transformation du corps ou des muscles, et les manger comme du riz.

Quant au ginseng de sang et ce genre de traitements, il pourrait en utiliser un pour en jeter un autre ; car, pour Lin Ming, recréer un autre symbole d’inscription était une tâche facile.

Il apaisa le sentiment d’excitation qui grandissait dans son cœur, « Merci beaucoup, aîné, » dit-il à Muyi.

Muyi qui vit naturellement la joie de Lin Ming. Il se dit que ce garçon avait dû vivre une vie de simplicité et de pauvreté avec son maître, à l’opposé de l’atmosphère animée de cette capitale. Un jeune garçon de quinze ans trouverait forcément cela difficile de résister à tous les miracles ainsi que les surprises et les trésors que le monde avait à offrir.

« Le symbole d’inscription de petit frère Lin est naturellement à ce prix. Par ailleurs, ne m’appelle plus aîné, s’il te plaît. Je m’appelle Muyi, Muyi Zhuo, mais tu peux juste m’appeler Muyi, » dit Muyi.

« Cela… » Lin Ming hésita légèrement. Il avait beau ne pas savoir qui était ce vieil homme, son statut était inévitablement élevé à en juger par l’attitude respectueuse de Qin Xingxuan à son égard. Mais Lin Ming n’était pas quelqu’un de trop attaché aux convenances, puisque Muyi le lui avait dit, qu’il en soit ainsi. Il acquiesça simplement en signe d’approbation.

Muyi sourit, « Xingxuan, laissons le Pavillon de la Grande Clarté préparer une pièce pour un banquet. J’aimerais prendre un verre avec petit frère Lin, » dit-il.

Qin Xingxuan était resté silencieuse. Elle avait écouté les explications de Lin Ming sur la signification du Xiantian avec attention. « Oui maître, » dit-elle avec excitation en entendant Muyi.

L’équipe du Pavillon de la Grande Clarté blêmit en apprenant que Muyi souhaitait arranger un banquet et qu’il avait demandé à Lin Ming de boire avec lui. Quel genre d’individu Muyi était-il ? C’était l’officiel d’honneur des Quartiers du Maréchal qui avait été invité à servir à la cour. Le maître de Qin Xingxuan était également le mentor du prince héritier. Prince héritier qui était destiné à monter sur le trône dans le futur, ce qui ferait de Muyi le professeur du Roi. Sans compter que sa cultivation était incommensurablement profonde, qu’il était doué dans les techniques d’inscription et qu’il avait des connaissances en astronomie, géographie, et dans l’art ancien de la divination. C’était vraiment quelqu’un d’exceptionnel. Le Roi lui-même se devait de lui manifester quelques marques de respect.

Pourtant, il venait d’inviter Lin Ming, le garçon désosseur, à déjeuner. Qui plus est, alors qu’ils quittaient la cuisine, il apparaissait que ces deux-là discutaient familièrement, comme s’ils étaient des contemporains. De quelle sorte de personnes Lin Ming était-il entouré ?

S’il n’avait pas des origines familiales modestes, alors pourquoi serait-il venu au Pavillon de la Grande Fortune pour un travail de désosseur, et de son plein gré ? De manière générale, les gentilshommes restaient à l’écart des cuisines ; des cuisines et plus particulièrement du travail de boucher, qui avait toujours été méprisé et regardé de haut par les artistes martiaux et les intellectuels.

« Il vient de quel milieu ce Lin, le découpeur de côtelettes ? »

« Je ne sais pas vraiment… »

Les deux serveurs qui étaient en train de servir les invités ne purent s’empêcher de discuter entre eux pendant qu’ils faisaient le service. Ils étaient tous les deux membres d’une équipe dédiée aux invités de hauts rangs et avaient tous les deux aux alentours de vingt ans. Ils avaient des apparences remarquables et étaient doués dans les arts délicats de la poésie et de la peinture. Ils virent d’abord Muyi et Qin Xingxuan entrer dans le Pavillon de la Grande Clarté et furent choqués. Après tout, c’était rare que des invités aussi honorables fassent leur apparition, et quand ça arrivait ça signifiait qu’il y avait une récompense de dix liangs d’or en cas de bons services. Pourboire qui équivalait à deux mois de salaires. Mais ils étaient loin de s’imaginer que ces invités de marque étaient venus pour Lin Ming.

Les mets qui composaient le banquet étaient simples, mais d’un goût et d’une texture des plus raffinés. La boisson valait plusieurs centaines de liangs d’or, c’était de la liqueur de dragon rouge ; préparée selon une recette secrète et mélangée à une grande variété d’herbes rares. Un artiste martial qui en buvait pouvait guérir ses blessures internes, aider son corps à devenir plus solide et à atteindre une meilleure forme physique, avec un degré de cultivation plus élevé1. Cependant, la méthode de préparation était complexe et les matériaux utilisés étaient précieux. Sans parler de Lin Ming, les jeunes de l’aristocratie ne pouvaient pas se payer le luxe d’en apprécier la saveur.

Muyi avait proposé à Lin Ming de venir s’installer aux Quartiers du Maréchal au cours du banquet, mais celui-ci avait répondu que ça lui paraissait compliqué de continuer à pratiquer les arts martiaux là-bas tout en évitant qu’on découvre ses secrets, il avait donc poliment refusé.

Muyi n’insista pas d’avantage, mais son opinion de Lin Ming n’en fut que renforcée. Il laissa 9.000 liangs d’or derrière lui avant de partir, ainsi qu’une carte VIP d’une couleur violacée avec des nuances dorées. Il était possible d’obtenir, par le biais de cette carte, une réduction de 10% dans tous les commerces qui étaient sous la juridiction de la chambre du commerce ; dans la Ville du Grand Avenir, tous les commerces suffisamment importants l’étaient.

Lin Ming était finalement parvenu à obtenir 9.000 liangs d’or. Il fut pris d’enthousiasme en regardant les larges billets de banque en or. Son sang bouillait et il releva fièrement la tête.

Il comptait en donner 3.000 à ses parents. Il lui en resterait bien assez pour acheter les remèdes pour facilement atteindre la deuxième étape de l’Entraînement Physique. S’il obtenait des remèdes précieux et qu’il parvenait à en accroître les effets grâce aux techniques d’inscription, alors il n’aurait aucun mal à avancer jusqu’à l’étape de la Condensation de l’Impulsion dans le futur.

Il était voué à aller loin le long de la voie des arts martiaux. Si Zhu Yan représentait précédemment une montagne quasi infranchissable, montagne qui aurait coûté des efforts immenses de la part de Lin Ming, désormais, Zhu Yan n’était plus qu’une pierre qui viendrait paver sa voie des arts martiaux. Lin Ming s’en servirait simplement comme d’un marchepied pour atteindre un sommet plus élevé.

Il était d’excellente humeur. Il utilisa un talisman de transmission sonore pour prévenir Lin Xiaodong. « Dongdong, allons-y, aujourd’hui je te paie tes achats. On se retrouve à l’entrée de la Salle des Cents Trésors. »

Lin Xiaodong avait aidé Lin Ming à de nombreuses reprises. Ce genre de fidélité était d’une valeur inestimable. Lin Ming allait naturellement l’aider en retour maintenant qu’il avait obtenu des richesses et qu’il était dans une position favorable. Un homme se doit de rendre les faveurs qui lui sont faites !

« Aller faire les commerces ? Ce malade a suffisamment d’argent pour utiliser des talismans de transmission sonore ? » Se dit Lin Xiaodong après avoir vu le talisman de transmission sonore.

  1. Comme quoi, le coup du verre de rouge quotidien…^^
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