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LOOG – Chapitre 9

Traducteur Français : DrizztDoUrden
 Éditrice : Sehri
Check : Sehri

Chapitre 9 : Sous l'oreiller

Au début, les bandits suivaient Bao à travers la ville, mais Mao Yun et Sous-Chef Wang avaient finalement pris la tête de la course. Bao envisagea de se cacher dans une petite rue pour les semer, mais elle prit finalement une autre décision. Bien que cela semblait fou pour elle de se joindre soudainement à ceux qui l’avaient kidnappée et menacée, elle se sentait en sécurité pour une raison quelconque avec Mao Yun. Ceci associé à son désir de s’enfuir de Yu Zhing, ainsi que de tous ses souvenirs horribles, la stimulait énormément.

Mao Yun et Sous-Chef Wang n’hésitèrent pas à diriger le groupe en dehors de la ville. Ils utilisèrent un tronçon du mur nord, qui était en ruine, pour s’enfuir dans la nuit.

Dès le moment où ils se retrouvèrent en dehors de la cité, ils prirent la direction du nord et marchèrent pendant environ une heure sous la lumière de la lune avant d’atteindre un réseau souterrain de grottes, une base très utilisée et un dépôt de ravitaillement que ce groupe avait utilisé à diverses fins délictueuses.

Les membres du groupe étaient épuisés et se déployèrent rapidement dans les diverses cavernes, où ils s’endormirent tout de suite. Mai Yun amena Bao vers une petite cavité latérale où un petit lit était placé dans un coin.

« Dors dessus. » dit-il tout en mettant le lit en place. « Je vais surveiller la porte. Je fais pas confiance au Sous-Chef Wang. » Après ça, il s’assit le dos contre la porte, ce qui rendait impossible pour n’importe qui de rentrer sans avoir à le bousculer sur le côté.

Bao hocha sa tête. Si quelqu’un lui avait dit quelques jours auparavant qu’elle allait dormir seule avec un garçon étrange dans une grotte, elle aurait eu du mal à le croire et pourtant, c’est ce qu’elle était en train de faire.

Le lendemain, pendant que le groupe prenait son repas à base de riz, le Sous-Chef Wang se leva, se racla lla gorge et dit, « Écoutez-moi tous. »

« Notre Chef est mort et notre groupe appartient au passé. Dorénavant, je suis Chef Wang et c’est moi qui commande. Quelqu’un a un problème avec cela ? » Son regard se tourna vers Mao Yun, qui ne semblait pas être très content, mais ce dernier ne dit rien.

Chef Wang fit un signe de la tête et continua, « Nous allons nous diriger vers le nord. Les choses seront trop compliquées à la cité. Plus on se dirige au nord, moins l’Empereur Démoniaque sera présent. Nous nous dirigerons vers la ville de Fan, ou peut-être le Mont Dao. Nous devrions être capables de faire quelques affaires là-bas. Êtes-vous d’accord avec cela ? »

Personne ne contesta son choix, donc la question fut tout de suite réglée. Après le repas, le groupe fouilla le repaire pour des vivres avant de partir vers le nord. Ils restèrent éloignés des voies publiques en voyageant à travers la campagne, en campant la nuit et en mangeant la majorité du temps des aliments fournis par la terre. Pour Bao, c’était une vie bien différente de celle à laquelle elle avait été habituée, et cela lui était vivifiant.

Elle commença à s’entraîner au combat avec Mao Yun. Il était plus grand et fort qu’elle, mais c’était une bonne chose. Elle devait pouvoir combattre des adversaires de cette façon et elle commença au fil des jours à être plus à même de se défendre toute seule.

Après environ une semaine de voyage, la silhouette d’une montagne apparut au loin. D’après Mao Yun, cette montagne était le Mont Jing, là où était localisé le Gor Shan, l’un des cinq sommets les plus connus de Qi Xien.

Curieusement, bien que Bao ne se soit jamais aventurée en dehors de Yu Zhing, elle en savait plus sur Gor Shan que Mao Yun, qui ne connaissait pas les légendes de ce lieu alors qu’il était déjà venu à cet endroit.

« Gor Shan est lié au Dragon Shui Long ainsi qu’au Phénix Li Huang. » expliqua Bao à Mao Yun pendant qu’ils étaient assis sur un rocher ensoleillé et qu’ils mangeaient leur déjeuner à base de riz et de légumes sauvages. « D’après la plupart des histoires, le Dragon Shui Long rencontra le Phénix Li Huang lorsque ce dernier regardait de haut une grande et vide vallée. Lorsqu’il dit que cette désolation présente dans cette vallée le rendait triste, le dragon rugit et la vallée devint une rivière. Et c’est de là que vient la Rivière Chezhou. »

Mao Yun haussa ses épaules, « C’est une belle histoire. »

« Il y a plus… »

Ils passèrent bientôt à travers le Mont Jing et se dirigèrent dans la direction de Fan.

Un matin, Bao se leva pour trouver le groupe animé par des conversations. Chef Wang avait envoyé quelques uns de ses hommes en éclaireurs et l’un d’entre eux était revenu pour dire qu’ils avaient repéré un marchand ambulant.

Chef Wang affirma immédiatement que c’était un cadeau qui leur était délivré par les Cieux. Il choisit rapidement dix hommes, dont Mao Yun, qu’il prit avec lui pour « soulager le marchand d’une partie de ses biens. »

Ils revinrent une heure plus tard avec des coffres ainsi que des sacs remplis de viandes séchées, de soie et d’autres biens.

Plus tard, lorsqu’elle prit son dîner avec Mao Yun, ce dernier grogna, « Nous sommes devenus des bandits. »

Bao avala une bouchée d’épaule de porc puis dit, « Et alors ? »

Il renifla. « Je n’ai juste jamais pensé devenir un simple bandit. »

« Qu’est-ce que tu étais avant, dans ce cas ? »

Il haussa les épaules. « Je n’étais pas un bandit. »

Elle décida de ne pas aller plus loin dans cette discussion.

Ils arrivèrent enfin à la rivière Fei et leurs avancée ralentit parce que le Chef Wang commença à plus se concentrer sur le fait de chercher des marchands plutôt que celui de voyager. Ils volèrent bientôt des individus pratiquement tous les jours, et Bao se rendit enfin compte que Mao Yun était totalement dans le vrai. Ils étaient des bandits et elle était l’une d’entre eux.

Les tâches de Bao étaient plutôt ménagères ; elle nettoyait, préparait les bagages, soignait les équipements et cuisinait même. Bien qu’elle n’ait jamais fait une seule de ces tâches auparavant, ces actions lui semblèrent naturelles.

Quelques uns des hommes, en particulier Chef Wang, jetèrent des regards inappropriés dans sa direction mais rien ne s’était jamais passé grâce à Mao Yun.

Ils arrivèrent un jour à un avant-poste commercial situé sur la berge. C’est à cet endroit que le Chef Wang accepta de passer quelques jours de repos et de détente dans une auberge. Ils avaient accumulé un bon nombre de richesses durant ces semaines de banditisme et c’était la première fois qu’ils pouvaient se conduire comme des individus civilisés.

La première nuit, Mao Yun et Bao décidèrent d’acheter de la nourriture et du vin et de profiter de cela ensemble, loin des autres bandits. Chef Wang avait accepté d’une manière extravagante de fournir des appartements privés pour tout le monde, donc Mao Yun rejoignit Bao dans sa chambre pour boire et manger.

Le vin se retrouva sous peu dans les veines de Bao et elle chanta et rit. Mao Yun fit de même et la nuit passa en un clin d’œil.

Lorsque la douloureuse lumière du jour vint la réveiller le lendemain, Mao Yun était avachi sur la table tandis qu’elle était allongée entièrement vêtue sur le lit. Sa tête lui faisait mal et sa langue était sèche.

Après avoir descendu difficilement les escaliers pour chercher de l’eau et de la nourriture, elle retourna dans sa chambre pour voir un Mao Yun éveillé et qui se frottait les tempes.

« C’était bien sympa, » dit-il en gloussant.

Bao s’assit à côté de lui et lui tendit un peu de nourriture. C’est à ce moment qu’elle remarqua un parchemin accroché sur le mur, à côté de la fenêtre, qui contenait quelques lignes d’un poème. Elle ne se souvenait pas de l’avoir vu la veille, donc elle dit, « Qu’est-ce que c’est ? »

Mao Yun y jeta un coup d’œil puis rit. « Tu ne t’en souviens pas ? Juste avant de t’endormir, tu t’es levée d’un coup et as écris ce poème. On aurait presque cru que tu étais dans un état de transe ou un truc du genre. »

Bao loucha des yeux et regarda le poème. « Quel est le troisième caractère ? Je ne le reconnais pas. »

Mao Yun rit une fois de plus. « Je ne l’ai jamais vu non plus. Tu as dis cette nuit que ça se lisait ‘Wyrm’, quel que puisse être le sens de ce caractère. »

Bao récita à voix haute le poème.

Le brillant Wyrm marche à grands pas vers le Nord infini
L’élégant Oiseau prend son envol vers le Sud

Bao secoua sa tête et y réfléchit un peu plus. C’était après tout la première fois qu’elle était vraiment saoule.

Lorsque Mao Yun et Bao sortirent à la lumière du jour, ils constatèrent que l’avant-poste commercial était animé par des informations à propos d’un combat qui s’était produit pendant la nuit et qui avait conduit à la mort d’un des gardes. D’après les rumeurs, la tête de l’homme avait littéralement explosé pendant le combat, un spectacle choquant qui fut décrit par un autre garde, ce dernier ayant annoncé qu’il avait assisté à tout le combat.

« C’était un fantôme gris, une femme avec une épée jian ! » dit il. Peu de personnes le crurent.

Les jours passèrent à l’auberge, et Bao commença à s’ennuyer. Cependant, la raison pour laquelle Chef Wang avait accepté de s’arrêter à cet endroit devint bientôt claire. Ce n’était pas seulement pour se reposer et se relaxer, mais c’était plutôt un des endroits où les bandits locaux avaient tendances à se regrouper. Chef Wang était donc en train de recruter.

Lorsque le dernier jour arriva, le groupe comptait un total de 30 individus, ce qui était bien plus grand qu’avant. Chef Wang avait aussi acheté des provisions et des armes, garantissant que le groupe de bandits était mieux équipé qu’avant. À la grande surprise de Bao, il lui avait même acheté une paire de long et légers couteaux. Ils n’étaient pas aussi grossiers que les couteaux qu’elle avait auparavant utilisé, mais ils étaient en acier fin, aiguisés et mortels.

Elle voulait refuser mais elle accepta finalement.

Le groupe n’atteignit jamais Fan. Chef Wang trouva quelques cavernes à côté d’un affluent principal de la rivière Fan où ils commencèrent à construire une forteresse servant de quartier général pour le groupe. À partir de ce moment-là, le groupe de bandits commença à exercer son autorité sur cette région.

Chef Wang émit des consignes ordonnant que tous les membres étaient obligés de participer aux raids. Bao n’était pas contente de cela, mais elle ne pouvait pas y échapper. Le premier raid auquel elle participa était plus une arnaque qu’un raid, et il n’y eut même pas un seul combat. Le deuxième raid aboutit à un combat, bien que Bao ait réussit à éviter d’y participer.

Les mois passèrent.

Au final, l’amitié entre Bao et Mao Yun s’approfondit. Ils buvaient souvent ensemble tard dans la nuit, bien que ce ne soit jamais autant que la première fois. Bao apprit bientôt que le père de Mao Yun avait été un homme important. Bien que Mao Yun n’ait jamais expliqué les détails, elle eut la sensation qu’il était un haut fonctionnaire, peut être même un général qui avait défié l’Empereur Démoniaque et en avait payé le prix. Elle sut aussi que Mao Yun avait une sœur, Mao Mei, bien qu’ils soient séparés depuis plusieurs années, et qu’il n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait dans ce vaste territoire que représentait Qi Xien.

Une nuit après que Bao ait bu dans les appartements de Mao Yun, elle traversa le hall jusqu’à sa propre chambre. Après avoir verrouillée la porte avec une barre, elle marcha jusqu’à son lit et était en train de commencer à déboutonner son haut lorsqu’elle remarqua qu’elle n’était pas toute seule.

Chef Wang était avachi contre le mur de la porte, la regardant avec des yeux aux paupières tombantes. Il était clairement saoul.

« Bonsoir Bao. » dit-il tout en gloussant.

Elle essaya de revenir vers la porte pour la déverrouiller mais il se redressa et la bloqua.

« Que voulez-vous, Chef » dit-elle prudemment, tout en essayant d’éclaircir sa tête qui tournait. Ses yeux se fixèrent sur une étagère en bois sur laquelle étaient posés les deux couteaux que le Chef Wang lui avait donnés. Elle ne les avait pas pris lorsqu’elle s’était rendue chez Mao Yun pour boire et ce fut une décision qu’elle regretta immédiatement.

Chef Wang se lécha les lèvres, ses yeux regardant son corps de haut en bas. « Oh, je pense que tu sais ce que je veux. N’étais-tu pas en train de retirer tes vêtements ? Pourquoi t’es-tu arrêtée ? »

Elle recula jusqu’à son lit pendant qu’il marchait en sa direction en chancelant.

« Chef, vous êtes saoul. Laissez-moi vous ramener à votre chambre. »

« Ma chambre ? Oh, ta chambre me convient. » Ses lèvres formèrent un rictus. « Maintenant, retire tes vêtements, ou souhaites-tu que je te les arrache ? »

Il se mouva en avant, réussit à attraper ses poignets et la poussa sur le lit. Elle grogna pendant que le genou de Wang tapait son côté. Elle pouvait sentir l’odeur de l’alcool à partir de son haleine, ainsi que les odeurs d’ail et de mouton.

« J’ai souhaité cela pendant très longtemps, » dit-il, relâchant ses poignets pour empoigner le col de sa chemise.

C’était toute la chance qu’elle avait besoin.

Même pendant qu’il arrachait sa chemise, sa main gauche se glissa en dessous de son oreiller et s’approcha du manche d’un couteau. C’était l’un de ses couteaux d’origine, un couteau de cuisine qu’elle avait dérobé dans l’atelier de son clan.

Avant que Chef Wang ne sache ce qui se passait, sa main jaillit de l’oreiller et elle le poignarda au cou. Du sang gicla tout de suite et les yeux de Wang s’écarquillèrent. Sans attendre une réaction de sa part, Bao retira le couteau de sa blessure et le dirigea à travers sa gorge, laissant surgir une grosse quantité de sang sur le visage de Bao. Il gargouilla un gémissement et lorsque la pression exercée sur sa main droite se relâcha, elle le poussa loin d’elle. Il se renversa sur le lit et elle le chevaucha avant de le poignarder au ventre. Une fois, deux fois, trois fois. Cinq fois. Dix fois. Et elle ne s’arrêta pas.

Du sang se trouvait partout, mouillant les draps et collant ses cheveux sur son visage. Cela sentait à la fois bon et âcre. Bao respirait très fortement pendant qu’elle enfonçait le couteau encore et encore dans le Chef Wang. C’était comme si elle ne contrôlait pas son corps, comme si une force puissante se déchaînait à l’intérieur d’elle et l’amenait à être consumée par la rage.

Elle s’arrêta enfin pour reprendre son souffle. Regardant le cadavre sanguinolent et mutilé, elle grinça des dents et enfonça lentement son couteau dans l’œil droit de ce cadavre jusqu’au manche. Puis elle le tourna.

« Allez vous faire foutre, vous et l’Empereur Démoniaque, » rugit-elle.

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