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LOOG – Chapitre 8

Traducteur Français : DrizztDoUrden
 Éditrice : Sehri
Check : Sehri

Chapitre 8 : Pluie de Flèches

Rien ne se passa le lendemain. Bao s’allongeait parfois sur le lit et s’asseyait d’autres fois. Elle restait parfois debout et faisait parfois les cents pas. Elle pensait à beaucoup de chose à la fois mais parfois à rien. Elle essaya d’élaborer quelques plans d’évasions mais toutes les choses auxquelles elle pensait semblaient débiles après quelques minutes.

Malgré l’intrépidité qu’elle avait montré en face de tous ces criminels, une terreur s’installa quand même au plus profond de son cœur.

Je ne suis qu’une fille. Je ne peux pas combattre. Je n’ai pas de magie. Que puis-je faire ?

Ce qu’elle avait dit plutôt par rapport à l’attitude de son clan était vrai, bien qu’elle commençât maintenant à regretter d’avoir prononcé ces mots à voix haute.

Elle importait peu pour son clan ; sa seule valeur était qu’elle pouvait être mariée à un homme d’un autre clan pour renforcer les liens entre les deux clans ou pour former une alliance. Il y avait cependant beaucoup d’autres jeunes femmes pouvant faire la même chose. Bien que les chefs du clan ne soient pas joyeux de l’abandonner à une mort certaine, elle avait peur qu’ils ne fournissent pas la rançon demandée par les criminels.

Elle fut plongée toute la journée dans ses pensées, afin de finalement s’endormir.

Tard dans la nuit, elle se réveilla en sursaut.

La lumière d’une bougie brilla devant elle, ce qui la fit légèrement loucher. La bougie était tenue par nul autre que l’homme basané qui s’était tenu à côté du chef du gang. Bao se souvenait qu’il était surnommé Sous-Chef Wang.

Il était en train de la regarder, un rictus sur le visage, tout en s’adossant contre les barres de fer.

Elle se mit rapidement en position assise, les bras autour de ses genoux.

Manifestement, il attendait qu’elle parle en premier et elle refusa de le faire en ne disant rien.

Après un long moment, les lèvres du Sous-Chef Wang formèrent un rictus et il dit, « Les choses n’augurent rien de bon pour toi, jeune fille. »

Elle ne dit rien une fois de plus et détourna même son regard de lui pour regarder le coin le plus éloigné de la pièce, dans l’obscurité.

Il ricana. « Joue à ça si tu veux. Si ton clan ne paye pas la rançon, de mauvaises choses vont t’arriver. » Il gloussa. « Peut-être plus qu’un doigt en moins. »

Lorsqu’il fut clair qu’elle n’allait pas parler, il commença à taper sur les barres de fer de la cage avec une matraque en fer qu’il avait gardé dans sa main libre, derrière son dos.

« Alors, dis-moi. Comment est l’Empereur Démoniaque ? » demanda-t-il, « Comment est-il avec, tu sais… les femmes ? »

Bao bougea lentement la tête jusqu’à voir le Sous-Chef Wang dans les yeux, puis cracha sur le sol de la cage.

Il rit. « Oh, voyons. Tous le monde sait que la noblesse couche avec l’Empereur Démoniaque. Au sens figuré mais aussi au sens propre. Des filles comme toi saisissent la chance d’écarter leurs jambes pour lui durant la nuit. Combien de fois avez-vous laissez sa Majesté fourrer sa – »

« Ferme ta putain de gueule ! » cria Bao. « Je préfère me suicider plutôt que de laisser l’Empereur Démoniaque me toucher. »

« Oh ? Vraiment ? J’ai entendu dire qu’il changeait chaque nuit de fille noble, à l’exception de celles qu’il aime, à qui il demande un second tour. »

« C’est un mensonge et tu le sais très bien. »

le Sous-Chef Wang ricana une fois de plus puis pointa la matraque en fer vers elle, à travers les barreaux. « Je dis que tu es la putain de l’Empereur Démoniaque. Et c’est une bonne chose pour moi. Ah ah. Tu vas être toute détendue et prête quand je- »

Bao se jeta du lit et se dirigea vers la matraque en fer, mais elle fut trop lente. Le Sous-Chef Wang fit un bond en arrière tout en riant.

Bao serra les barreaux de fer tellement fort que ses phalanges craquèrent. « Je hais l’Empereur Démoniaque ! » dit-elle, sa voix chevrotante, « Tu m’entends ? Je le HAIS ! Je voudrais arracher ses bras et ses jambes et le frapper à mort avec ! »

« Quelle fougue ! » dit le Sous-Chef Wang, se léchant les lèvres. « Je devrais juste te ligoter quand le temps viendra. »

« Si tu oses me toucher, tu es MORT ! » dit Bao, sa voix s’élevant.

« Tu sais, j’ai travaillé à Xuanlu et j’ai rencontré une fille te ressemblant énormément. Elle riposta au début mais à la fin c’est elle qui en demandait. Je parie que tu vas faire la même chose. »

« Crois-moi » dit Bao, sa voix devenant d’un coup glaciale. « Si tu oses me toucher avec ta main, je te la couperai ! Je t’arracherai les intestins et je t’étoufferai avec, bâtard ! Je t’arracherai les yeux avec tes propres doigts ! Tu es aussi mauvais que l’Empereur Démoniaque. Va te faire foutre ! Allez vous faire foutre, toi et l’Empereur Démoniaque. Allez tous vous faire foutre ! »

À peu près au même instant que celui où Bao hurla ces mots à plein poumons, le sol vibra et un boom étouffé put être entendu. On aurait dit que quelque chose avait explosé pas loin de là.

Le Sous-Chef Wang marcha immédiatement à grand pas vers la porte et passa à travers, sans même se soucier des hurlements derrière lui.

Bao se tenait,ses mains serrant les barres de fers et sa respiration était irrégulière. Elle grinça finalement des dents, se retourna et frappa le lit d’un coup de pied, aussi fort qu’elle le pouvait. Mais le lit resta dans le même état.

Elle n’avait jamais perdu contrôle de cette façon et n’avait jamais prononcé de tels mots. Cependant, personne ne lui avait non parlé d’une façon si malhonnête de sa vie. Elle s’assit sur le lit et mit sa tête dans ses mains.

Elle n’eut pas trop le temps de réfléchir à cela car les bruits d’un vacarme retentirent. En se basant sur la structure de l’installation dans laquelle elle était emprisonné, elle détermina que le vacarme semblait venir du hall de réception où elle avait brièvement rencontré le chef du gang.

Bao réalisa rapidement que le vacarme ressemblait à un combat. Elle pouvait entre le son que font le métal quand il s’entrechoque. Elle entendit des personnes crier et hurler et l’odeur de la fumée arriva bientôt jusqu’à ses narines. Bao se releva et marcha en avant, essayant d’avoir une meilleure vue sur le couloir.

Les sons de combats se firent plus intenses mais s’arrêtèrent soudainement. Elle put ensuite entre des personnes courir. Une, puis deux et enfin trois silhouettes passèrent devant la porte. Elle reconnu au moins l’un d’entre eux parce qu’elle l’avait vu dans le hall principal. Ils semblaient être en train de s’enfuir, courant pour sauver leurs vies.

Le clan est venu me sauver ? pensa-t-elle. Cela semblait peu probable

Une autre silhouette courut devant elle, un jeune homme costaud qu’elle reconnut comme étant Mao Yun. Presque au même moment où il passa devant la porte en courant, elle put l’entendre s’arrêter et revenir en arrière. Quelques instants après, son visage apparut à l’embrasure de la porte et il la regarda.

Puis il jeta un coup d’œil au couloir dans lequel il venait de courir mais se dépêcha au final d’arriver au niveau de sa cage. Ne perdant pas de temps, il dégaina une hache de bronze qui était accrochée à sa ceinture et commença à frapper sur le verrou.

Il lui fallut quelques coups avant que le verrou se casse et que la porte de la cage ne s’ouvre.

« Je te conseille de me suivre, » dit-il.

« Pourquoi devrais-je le faire ? »

« Les personnes dehors… ce ne sont pas des membres de ton clan et ils ne sont pas venus pour te sauver. C’est le Général Osseux et ses Désosseurs. »

Le visage de Bao se vida de son sang. « Le Général Osseux ? »

« Ils sont en train de torturer le chef en ce moment, et lorsqu’ils auront fini, ils vont brûler cet endroit. Le Chef s’est fourré dans des affaires qu’il n’aurait pas dû. Suis-moi, on n’a pas le temps de discuter. Allons-y. » Sans même attendre sa réponse, Mao Yun se retourna et se dirigea vers le couloir.

Bao n’avait pas besoin de réfléchir ; elle le suivit immédiatement.

Le Général Osseux était l’un des Ogres Généraux Démoniaque, des serviteurs fidèles à l’Empereur Démoniaque. Tous les habitants des villes occupées par l’Empereur Démoniaque savaient qu’ils n’étaient même pas humains, mais plutôt des monstres que les gens disaient être invoqués de l’Enfer d’Emo Cheng. Ils étaient même détenteurs de pouvoirs magiques. Chacun des Ogres Généraux Démoniaques aidait différemment l’Empereur Démoniaque. Le Général Osseux, lui, servait de marteau contre les menaces, et il les écrasait toujours d’une façon rapide et sauvage. Les Désosseurs étaient ses meilleurs combattants. D’après de nombreuses histoires, ils ont été surnommés de cette façon parce qu’ils arrachaient des os de leurs victimes et les utilisaient pour les torturer encore plus.

Bao savait que c’était vrai. Elle avait vu de nombreuses horreurs pendant la purge de Yu Zhing, un événement dans lequel le Général Osseux avait joué un rôle important.

Même lorsqu’il y eut un hurlements à glacer le sang venant du hall principal, Bao se précipita en dehors de sa cellule et suivit Mao Yun.

La première chose qu’elle remarqua fut une table à côté de la porte, sur laquelle ses couteaux et son étui en cuir étaient placés. Elle les attrapa rapidement et poursuivit Mao Yun, tout les mettant à ses poignets.

Après avoir couru à travers quelques couloirs, Mao Yun et elle arrivèrent dans une assez grande cavité avec une grande porte verrouillée par des barres. Un groupe de 20 à 30 personnes à l’air grossiers était regroupé là. L’homme s’appelant Sous-Chef Wang et un autre jeune homme se tenait entre la porte et ce groupe. Ces deux-là semblaient se défendre.

« Que se passe-t-il, Zhou, Troisième du nom ?! » dit Mao Yun avec une voix puissante.

Le jeune homme se retourna. « Grand frère Yun, le Sous-Chef Wang ne veut pas ouvrir la porte ! »

Mai Yun s’avança pour se retrouver en face du Sous-Chef Wang. « Qu’est-ce que cela veut dire ? Tu vas tous nous faire tuer ! »

« Rien n’indique que cela va nous sauver la vie ! » répondit le Sous-Chef Wang. « Ils ont sûrement bloqué les sorties. Nous allons probablement recevoir une pluie de flèche perçant notre cuir lorsque nous ouvriront cette porte ! »

« Le Général Osseux est juste derrière nous, Sous-Chef. Si nous ne sortons pas d’ici, nous allons être pénétrés par plus de choses que des flèches ! »

Pendant que les deux hommes se disputaient, Bao regarda nerveusement le couloir se trouvant derrière elle et dont elle venait de sortir. Son esprit était rempli de scènes d’horreur et de brutalité qu’elle avait vu il y a quelques années, perpétrées par le Général Osseux et ses Désosseurs.

Le temps s’écoulait et la dispute entre le Sous-Chef Wang et Mao Yun devint plus animée. Aucun des deux ne semblait vouloir abandonner sa cause.

Bao commença à mordiller ses lèvres et tapa du pied. Elle en avait finalement assez.

Serrant les poings, elle marcha directement entre le Sous-Chef Wang et Mao Yun, droit vers la porte. Avant que quelqu’un ne puisse réagir, elle plaça son épaule sous la barre verrouillant la porte et la leva, la jetant sur le côté.

« Hé, qu’est ce que tu fo- » Avant que le Sous-Chef Wang n’ait fini sa phrase, elle poussa la porte grande ouverte.

Pendant que la porte claquait contre le mur extérieur, Bao bondit dans un large couloir où un filet d’eau coulait au centre. Il pleuvait visiblement à l’extérieur.

Elle regarda prudemment les alentours, mais aucune flèches ne fut tirée dans sa direction. Le couloir semblait en fait désert. Elle se souvint du début de la purge de Yu Zhing et donc de tout ce que les gens racontaient sur le Général Osseux. Elle se souvint qu’il était décrit comme le marteau écrasant toute résistance. Il n’était pas un stratège et un fin penseur comme le Général Écorcheur ou encore le Général Haineux.

Il n’était pas connu pour ses secrets et ses machinations; il avait plus tendance à tuer ou torturer le plus de personnes qu’il pouvait et brûler les installations.

À cause de cela, Bao était plutôt sûre qu’il n’y aurait pas d’embuscade l’attendant à la sortie. Sans attendre que quelqu’un ne franchisse la porte derrière elle, elle sprinta à travers le couloir. Lorsqu’elle atteignit la sortie, elle savait instantanément dans quelle partie de la ville elle se trouvait. Elle était sur le point de se tourner dans la direction du domaine appartenant à son clan quand elle s’arrêta soudainement.

Il n’y a rien pour moi là-bas, pensa-t-elle. Grinçant des dents, elle se tourna plutôt dans la direction opposée, en direction du mur nord de la ville. Utilisant tout ce qu’elle avait appris sur de la ville au cours de l’année passée à vagabonder la nuit, elle commença à courir aussi vite que ses jambes pouvaient le supporter.

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