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LOOG – Chapitre 11

Traducteur Français : DrizztDoUrden
 Éditrice : Sehri
Check : Sehri

Chapitre 11 : Chats et Rats

Sunan se souviendra toujours de ce que ça faisait de se réveiller avec un voile dans les yeux tout en ayant des douleurs musculaires à s’en contorsionner de douleur et de voir son ami tête la première dans une flaque de sang.

Par chance, l’homme moustachu n’avait pas vraiment coupé la gorge de Sun Mai. Il avait passé lentement le couteau sur la surface de sa peau, ce qui lui avait fait perdre un peu de sang mais sans que ce soit une blessure mortelle. L’homme moustachu avait ensuite ordonné dans un éclat de rire que Sunan et Sun Mai devaient être battus jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent.

Sunan fut le premier à se réveiller. Il ne savait pas vraiment combien de temps s’était écoulé depuis qu’il s’était évanoui. Cela semblait se compter en jours voire semaines, mais devait probablement plus se compter en heures. Cela pourrait même être en minutes.

La première chose qu’il fit fut de ramper jusqu’à Sun Mai et de le décoller du sol en le levant.

« Sun Mai ! » cria-t-il, au bord des larmes. Ne meurs pas. S’il te plaît, reste en vie !

Il sentait le poignet de Sun Mai et il poussa un soupir de soulagement après qu’il lui ait pris son pouls. Tenant Sun Mai dans ses mains, Sunan réussit à se relever avant de tituber dans la rue. Il avait tout d’abord pensé à trouver un médecin, mais il se rendit compte après qu’il était tard dans la nuit et que de tels endroits seraient très certainement fermés. La porte principale de ces endroits devrait être barrée et bien fermée. Toutefois, il n’était pas encore l’heure du couvre-feu, donc Sunan réussit à retourner jusqu’à l’auberge sans aucun problème.

Un employé les laissa entrer, choqué, puis l’aida à porter Sun Mai à travers les escaliers et jusqu’à leur chambre. Après l’avoir allongé dans son lit, Sunan prit un peu d’eau ainsi que de chiffons avant de commencer à nettoyer son ami et à l’examiner.

Hormis la blessure ouverte sur son cou ainsi que de quelques autres ecchymoses et écorchures, Sun Mai semblait être dans de bonnes conditions.

À ce moment-là, il vint à l’esprit de Sunan qu’il devait s’examiner lui aussi. C’est ce qu’il fit et le résultat fut qu’il ne trouva aucune trace d’une blessure grave.

Finalement, il s’adossa contre le bord du lit de Sun Mai et s’endormit.

Il eut encore plus de rêves cette nuit-là. Il vit un étrange symbole ressemblant à un dragon et un phénix entrelacés qui commencèrent par la suite à briller d’une lumière dorée. Ce symbole lui semblait quelque peu familier, bien qu’il soit sûr qu’il ne l’avait jamais vu auparavant.

Il se réveilla le lendemain matin pour voir des rayons de soleil passer à travers la vitre et arriver jusqu’à ses genoux. Il tourna sa tête pour voir Sun Mai assis en tailleur et méditant sur le lit.

Sunan croisa aussi ses jambes et commença à méditer, envoyant son Qi à travers son corps. Il était étonné de voir qu’il se sentait bien mieux après avoir dormi quelques heures, au point où c’était presque comme si rien ne s’était passé la nuit dernière.

Lorsqu’il ouvrit les yeux et qu’il examina de nouveau son corps de la même façon que la veille, il se rendit compte que nombres de ses ecchymoses avaient complètement disparu et que même ses entailles étaient presque toutes guéries. Il pouvait affirmer qu’il serait totalement guéri le lendemain.

Choqué, il se leva et regarda Sun Mai, dont ses paupières venaient de s’ouvrir.

Il fut stupéfait de voir que la grande entaille sur le cou de Sun Mai était à moitié guérie !

« Es-tu aussi surpris que moi ? » demanda Sun Mai.

Sunan regarda une nouvelle fois son corps. Il tendit son cou et secoua ses bras et ses jambes. S’il n’avait pas été sûr que l’incident de la nuit s’était passé, il aurait pensé qu’il était sujet à une hallucination.

« C’est incroyable ! » dit Sunan.

« Je sais, » répondit Sun Mai. « J’ai eu vraiment du mal à le croire lorsque j’ai découvert la vérité. »

« Comment ça se fait ? Que s’est-il passé ? De la magie ? »

« Je ne pense pas que la magie ait quelque chose à voir la dedans. Tout ça est à propos des chats et des rats ! »

« Cela doit être le Qi. En plus de nous rendre plus forts et rapides, il peut probablement nous guérir – attends. Que viens-tu de dire ? Des chats ? »

« Oui. Ce sont les chats et les rats. Ou peut être les deux. Ne t’es tu jamais rendu compte qu’il semble y avoir une abondance de chats dans la ville, alors qu’il n’y a pas beaucoup de rats ? Je pense que nous savons tout deux la raison derrière cela maintenant. »

« De quoi parles-tu, Sun Mai ? »

« Sunan, je viens tout juste de te demander si tu étais aussi surpris que moi à propos du fait que le Palace aux Viandes Célestes donne de la fausse viande. Tu as dis oui. C’est pas vraiment étonnant que l’on puisse avoir autant de viande pour un prix aussi bas. Je viens tout juste de comprendre pourquoi. C’est parce que ce n’est pas réellement de la viande d’agneau et de porc. La ville a énormément de chats et très peu de rats. C’est quelque chose que je me suis toujours demandé ces dernières années. Le nombre de ces deux-là fluctut souvent à Daolu. Pendant plusieurs années, on peut voir que le nombre de chats monte en flèche. Puis un jour les chats disparaissent et laissent place aux rats. Et vice-versa. Je comprends tout maintenant. Maintenant, la question qui se pose principalement est ce qu’est ce vin jaune… »

Sunan secoua sa tête. « Sun Mai, on a failli se faire tuer cette nuit ! Nos blessures sont presque totalement guéries après à peine quelques heures. Ne trouves-tu pas cela…extraordinaire ? »

« Ah, ça ? Eh bien, c’est évidemment grâce au Qi. La vitesse de récupération de notre corps est plus élevée qu’à la normale. Pour moi, ce n’est pas si impressionnant que ça. En fait, d’après mes calculs, mon bras cassé devrait être rétablit dans la semaine voire deux dans le pire des cas. »

Sunan se frotta le cou et s’assit par terre. « Bon, que faisons-nous maintenant ? »

Sun Mai toucha son menton. « Il est évident qu’ils nous ont transmis un avertissement. Ils vont probablement se dire que nous allons mettre quelques semaines à guérir, puis retourner à l’arène tout en suivant leurs règles afin qu’ils puissent gagner de l’argent. »

« Correct. Du coup, nous ne pouvons pas sortir dehors comme si de rien n’était. Qu’allons-nous faire ? Nous cloîtrer ici ? »

« C’est ce que j’étais en train de me dire. On peut utiliser ce temps pour nous entraîner loin des regards. Par hasard, j’avais déjà commencé à préparer cela pour que tu puisses t’entraîner avant ton prochain match. Comme quoi le hasard fait bien les choses. J’avais même recherché des informations en plus de faire quelques achats. Regarde l’armoire qui se trouve là. »

Sunan ouvrit l’armoire que Sun Mai était en train de pointer du doigt et découvrit une pile de parchemins en bambou ainsi que quelques livres en papiers. Il en attrapa un et se mis à lire son titre.

« Les Neufs Chapitres du Combat en Corps à Corps. » Il en prit un autre. « Les Techniques de Lutte du Bassin Kushen. » Il prit cette fois-ci un livre papier. « Les Assassins Suk. »

« Celui-là est assez rare, » dit Sun Mai, « comme tu peux t’en douter, étant donné qu’il est fait à partir de papier. »

« Des manuels de combat, » murmura Sunan. Il s’assit en tailleur et déroula le parchemin dont le titre était Les Neuf Chapitres du Combat en Corps à Corps et commença à l’étudier.

Sun Mai bondit du lit, marcha dans sa direction jusqu’à s’asseoir à côté de Sunan. Il attrapa le parchemin intitulé Les Techniques de Lutte du Bassin Kushen. « C’est exact. Comme nous avons pu le découvrir à nos dépens cette nuit, nous ne savons pas du tout combattre. Nous avons un avantage grâce au Qi, mais la puissance et la vitesse de quelqu’un ne comptent des fois pas en face d’un adversaire compétent et chevronné. Ou encore contre beaucoup d’armes. » Les yeux de Sun Mai s’écarquillèrent. « Attends, c’est une bonne chose pour mon Classique ! »

Il laissa tomber immédiatement le parchemin et se rua vers une autre armoire, à la recherche de matériel d’écriture.

Le temps suivit son cours.

Sun Mai et Sunan passèrent la grande partie des deux semaines suivantes dans leur chambre à étudier, méditer et à s’entraîner.

Sunan avait atteint un point culminant dans sa méditation qui lui permit de réaliser qu’il était sur le point d’avancer au niveau suivant. Il comprenait plus les choses qu’avant. Du moment où il commença à développer son Qi, au moment où il se trouvait dans les Montagnes Huang, jusqu’à l’instant où il combattit pour la première fois dans l’arène, c’était comme si une piscine vide à l’intérieur de lui se remplissait lentement d’eau.

Quelque chose se produisit lors de son premier combat. Une sorte de percée dans sa cultivation qui lui permit d’atteindre un plus haut niveau. Il y eut, pour lui, une grande différence dans sa vitesse, sa force et ses autres aptitudes. Après ce moment-là, son Qi continua à se développer et on pouvait maintenant dire qu’il était une fois de plus sur le point d’atteindre un niveau plus élevé.

Après avoir discuté de cela avec Sun Mai, il se rendit compte que Sun Mai était sur le point d’atteindre le second niveau.

« Niveau de Qi, » dit un jour Sun Mai.

Sunan ouvrit ses yeux, s’arrêtant de méditer. « Pardon ? »

« Nous l’appellerons niveau de Qi. Après tes combats ainsi que tout tes entraînements, ce nom semble assez évident. Je suis au premier niveau de Qi tandis que tu es au second niveau. Il est possible d’accéder à un niveau supérieur en accumulant du Qi dans son corps et de l’utiliser après. Cela te rend plus rapide, plus fort et plus résistant. Tu dois maintenant comprendre comment surmonter l’obstacle qui se dresse contre toi afin de monter au troisième niveau. »

Sunan hocha sa tête. « Je me demande s’il y a un quatrième niveau… »

Après que deux semaines se soient écoulées, Sunan et Sun Mai étaient tout deux sur le point d’accéder à leurs niveaux supérieurs respectifs. Ils avaient étudié les diverses facettes des quelques manuels d’art martiaux en leur possession et avaient retenu les choses qui les intéressaient avant de les adapter de diverses manières.

Sunan s’intéressait surtout sur la façon de ne pas être en danger pendant les combats, mais tout en étant capable de les gagner. De ce fait, il concentra plus son attention à transformer son corps en une arme. Il réfléchit aux mouvements qu’il faisait avec ses bras et ses jambes, il réfléchit aussi à une façon d’utiliser son poids comme avantage et sur une façon d’occasionner des dommages le plus rapidement et le plus efficacement possible.

Sun Mai s’intéressait plus aux mystères entourant le Qi, sur comment le Qi collaborait avec le corps et devenait en fait plus habile que Sunan sur la manipulation du Qi. Il était à un niveau plus bas que Leylin et avait moins d’expériences que lui, mais étant donné qu’il était érudit, utiliser le Qi comme cela était plus adaptée à sa personnalité et ses aspirations.

Un après-midi, après une longue séance de méditation, Sunan constata soudainement que Sun Mai lui secouait l’épaule d’excitation.

« Sunan ! Viens voir ! Regarde la lampe ! » Une simple lampe à huile était placée sur la table du coin de la pièce.

Sun Mai prit une profonde respiration puis plaça sa main devant lui. Son index et son majeur étaient tendus. Il fit ensuite un geste compliqué avec sa main et Sunan pouvait sentir que le Qi circuler à travers lui. Sun Mai finit le geste avec un mouvement court et saccadé, à la suite de quoi une lumière opaque fut envoyée de sa main jusqu’à la lampe. Cette lumière éteignit instantanément la lampe à huile.

– Whoosh –

La mâchoire de Sunan faillit se décrocher.

Sun Mai le regarda avec un sourire triomphant.

« C’était incroyable ! » s’exclama Sunan. « Comment as-tu fait ? »

Sun Mai passa le reste de la soirée à introduire et expliquer la technique qu’il venait tout juste de créer à Sunan.

Quelques jours de plus s’écoulèrent. Deux semaines entières s’étaient écoulées depuis l’accident qui s’était passé dans le Palace aux Viandes Célestes et Sunan commençait à devenir nerveux et frustré. Rester enfermé dans la même chambre que Sun Mai était en soi un test. Ils avaient fort heureusement des choses à faire pour passer le temps, mais même avec cela, Sunan sentait de plus en plus le besoin d’aller dehors, de marcher dans la ville.

« Sun Mai, j’en ai assez. Ne nous cachons plus. »

« Se cacher ? » répondit Sun Mai avec indignation. « Nous ne nous cachons pas ! »

« Ok, alors qu’appelles-tu ça ? Nous sommes enfermés, nous ne voyons ni parlons avec personne. Tout ce qu’on fait, c’est méditer et nous entraîner pendant que nos ennemies errent dans la ville et se demandent ce qu’ils vont faire de nous s’ils nous tuent pas. »

Sun Mai se caressa le menton. « Hum, c’est pas faux. Bref, je pense quand même encore que le mot ‘cacher’ n’est pas le bon terme pour décrire cela. Nous nous maintenons juste à l’écart du monde extérieur, nous nous isolons pour ainsi dire. Nous passons la plupart de notre temps à méditer, à nous améliorer et à nous purifier. Avoir un bon état d’esprit est la clé pour s’autoaméliorer, tu sais ? Nous sommes donc isolés pour méditer. C’est de la retraite spirituelle ! C’est ce que nous sommes en train de faire ! »

Sunan fit la moue. « D’accord. Une retraite spirituelle. Bref, j’en ai assez de cette retraite spirituelle. Je veux sortir d’ici. Je suis prêt à combattre de nouveau au point où j’en ai même des démangeaisons. Tous ces mouvements et positions sur lesquels j’ai travaillé sont excellents, mais je ne pourrai jamais connaître leur efficacité si je ne peux pas les utiliser dans un vrai combat. »

Sun Mai soupira. « Mais Sunan, tu as dis toi même que tu étais sur le point d’atteindre le prochain niveau de cultivation. Ne penses-tu pas que ce serait meilleur d’atteindre ce troisième niveau avant de concourir de nouveau dans l’arène ? »

Sunan haussa ses épaules. « Peut-être, mais je ne sais pas comment passer outre l’obstacle qui se dresse contre moi et qui m’empêche d’atteindre le prochain niveau. Je suis bloqué, bloqué au second niveau. »

« Pourquoi ne ferais-tu – »

Sun Mai fut interrompu par quelqu’un qui frappa sur la porte. Un message qui leur était adressé était arrivé. Ce message était une enveloppe en toile qui était scellée par de la cire sur laquelle on pouvait voir la marque d’un hibou en fer brut.

Lorsque Sun Mai et Sunan virent le poinçon d’acier, ils se regardèrent tous deux dans les yeux, et purent voir l’anxiété se trouvant dans les yeux de l’autre.

Sunan laissa Sun Mai ouvrir l’enveloppe. Ce qui se trouvait à l’intérieur était un bout de papier avec un simple message écrit dessus, un message que Sun Mai lit à voix haute.

« Tes blessures doivent être guéries. Viens combattre ce soir. Et cette fois, gagne. » Sun Mai regarda Sunan.

« Bon, on dirait que la question est réglée. »

Sunan hocha la tête.

 

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