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🌀 JSLC Chapitre 58 🌀


Traducteur : Daolateur
Editrice : Miss X
Checkeur : Lwienlin


Chapitre 58 : Ceci n’est pas son monde

Pendant deux mois, Meng Hao fut assis jambes croisées dans la Caverne Immortelle cachée profondément dans les montagnes. Tout à coup, un bruit tonitruant résonna, poussant tous les animaux proches à s’enfuir. La grande dalle en pierre qu’il avait utilisée pour fermer la caverne éclata subitement en morceaux.

Une pluie de pierre explosa dans toutes les directions au moment où Meng Hao émergea de la Caverne Immortelle. Ses cheveux couvraient ses épaules comme une cape autour de ses robes d’érudit. Ses yeux scintillaient comme des éclairs, et une aura choquante se dégageait de lui, ainsi qu’un agréable parfum.

Un regard joyeux était dessiné sur son visage. Après avoir été en méditation pendant tout ce temps, il poussa un rire répercutant, qui poussa toutes les bêtes sauvages à déguerpir.

« Le huitième niveau de la Condensation de Qi! » s’exclama-t-il, les poings serrés. Ses yeux rayonnaient vivement, et aurait été plus évident si c’était la nuit.

Les deux mois de méditation avaient commencé avec des sentiments d’anxiété et de danger imminent. Ces sentiments avaient disparu au fur et à mesure qu’il cultivait. Il avait utilisé plus de dix milles Pierres Spirituelles pour reproduire des pilules médicinales, qu’il avait utilisé durant sa méditation.

Il ne voulait plus jamais être dans une telle situation de danger. Il avait besoin de devenir fort, pour qu’il puisse surpasser les gens qui le menaçaient.

« Il faut que je devienne puissant. Il n’y a pas autre choix. Je dois devenir puissant! »

Il se tenait devant la Caverne Immortelle, respirant l’air frais de la montagne, les yeux remplis de détermination.

Bien qu’il avait été un simple érudit, un savant de confucianisme, ces trois dernières années l’avaient rendu plus introverti. Après tout ce qu’il avait vécu, sa personnalité était très différente de celle d’auparavant. Son obstination était désormais bien plus évidente.

Il s’était montré obstiné dans son refus d’abandonner après avoir échoué aux examens impériaux. Il s’était montré obstiné dans ses luttes dans la Secte Reliance. Il s’était montré obstiné lorsqu’il avait affronté Wang Tengfei. Et il était maintenant obstiné dans ses attentes pour l’avenir.

Devenir puissant était comme devenir riche. C’était un rêve qui n’exigeait pas une raison. Si une raison était exigée, cela serait alors la peur d’être pauvre ou faible. C’était ce que Meng Hao croyait.

« La vie est comme une flamme éternelle, remplie d’exubérance. Dans la vie, on doit se montrer fort, et ne jamais baisser la tête. » Il leva les yeux au ciel, songeant à son temps dans la Secte Reliance. Il réfléchit à l’arrogance des experts de l’État de Zhao. Il pensa à la froideur des gens qui avaient essayé de le tuer. Il pensa au regard de ce Dao Protecteur qui était à côté de Wang Tengfei cette nuit-là.

« Ma mère et mon père ont disparu quand j’étais jeune. Si je n’avais pas lutté pour m’améliorer, je n’aurais jamais vécu jusqu’à ce jour. Au lieu de cela, je me serais laissé emporter par le désespoir. Si je n’avais pas lutté pour devenir plus fort durant mon temps dans la Secte Reliance, je ne serais jamais devenu un membre de la Secte Intérieure. L’entêtement pour s’améliorer. Ceci est mon chemin vers l’avenir. » Il poussa un long soupir. Puis, il leva la main avec un mouvement rapide. Un faisceau noir apparut pour se matérialiser en une pointe noire. Dégageant une lueur noire, elle tira sur un rocher à côté.

Une explosion résonna, et le rocher, qui faisait plus de dix-huit mètres de haut, s’effondra en morceaux, entrecoupé avec des morceaux de glace noire. Ils tombèrent au sol, dégageant une froideur intense.

Avec un regard de satisfaction, Meng Hao brandit sa main, et la pointe noire s’envola vers lui. Il bougea de nouveau sa main, et cette fois-ci un faisceau multi couleur tourbillonna autour de lui. L’éventail de seize plumes apparut, volant en des va-et-vient suivant les mouvements de ses doigts. Soudain, il y eut un fracas alors que les plumes se séparaient.

Seize faisceaux de lumière tourbillonnèrent autour. Les seize plumes étaient comme des épées volantes. Elles suivaient les mouvements de sa main, tourbillonnant rapidement autour de lui, élaborant un bouclier impénétrable, alimenté pas son pouvoir spirituel.

Puis les plumes se retransformèrent en un éventail et se posèrent sur sa main.

« C’est dommage que je n’ai pas suffisamment de Pierres Spirituelles. Le miroir en cuivre est vraiment comme un trou sans fond. Reproduire une Pilule Spirituelle Terrestre a requis cent Pierres Spirituelles. Pas un mauvais prix. La pilule Spirituelle Céleste, adaptée pour le huitième niveau de la Condensation de Qui, a requis cinq cents. Un peu cher… » Il fronça les sourcils alors qu’il pensait aux Pierres Spirituelles. Des dix milles Pierres Spirituelles qu’il avait au début, il en restait très peu. Durant les deux mois où il avait percé le septième niveau pour entrer dans le huitième, il avait consommé plus de quatre-vingt Pilules Spirituelles Terrestres. C’était presque deux par jour avant qu’il ne puisse entrer dans le huitième niveau de la Condensation de Qi.

« À l’avenir, » se marmonna-il. « J’aurais besoin d’encore plus de pouvoir spirituel pour pratiquer la Cultivation. » Un simple coup d’œil dans sa sacoche spirituelle suffisait pour confirmer qu’il ne lui restait plus que cinq Pilules Spirituelles Terrestres. Il en avait déjà consommé une, et avait estimé que pour atteindre le neuvième niveau de la Condensation de Qi, il en aurait besoin de près de cent cinquante.

« Je sais qu’il me faut beaucoup de pouvoir spirituel. Néanmoins, est-ce qu’il se pourrait que mes consommations excessives de Noyaux Démoniaques ait poussé mon corps à développer un rejet des pilules médicinales? » Il hésitait, incertain de comment prouver sa théorie. S’il avait raison, il se pourrait qu’il ait besoin alors d’encore plus de Pilules Spirituelles Terrestres, voire un autre genre de pilule médicinale.

« Cent cinquante Pilules Spirituelles Célestes… c’est équivalant à soixante-dix milles Pierres Spirituelles… Sans elles, ça me prendrait très longtemps pour accumuler autant d’énergie spirituelle. De plus, mon talent latent est très moyen, ce qui signifie, que ça pourrait prendre encore plus longtemps… » Il soupira alors qu’il pensait au fait que sa sacoche spirituelle était aussi vide.

Bien qu’il lui reste encore trois de ces énormes Pierres Spirituelles, il n’osait pas les utiliser. Plus il avançait dans sa Cultivation, plus il se rendait compte à quel point il avait été irréfléchi de reproduire l’épée en bois autrefois. Les Pierres Spirituelles étaient visiblement extraordinairement spéciales, sinon, comment aurait-il pu reproduire les Cristaux de Jades Vorpalines.

« Je n’utiliserai ces grandes Pierres Spirituelles qu’en cas de besoin absolu, » dit-il fermement. « Il se peut qu’elles aient une autre utilité à l’avenir. » L’éventail sous ses pieds se mit à briller vivement, et son corps se transforma en un rayon de lumière alors qu’il se précipitait au loin.

Il voyageait silencieusement, tournant continuellement son énergie spirituelle. Finalement, l’éventail-trésor se mit à s’effacer et prendre une apparence plus ordinaire. Au fur et à mesure qu’il s’éloignait, il commença à se sentir plus à l’aise.

« Après tous ces mois, les disciples de la Secte Sort Violet sont sûrement partis. » Il voyageait prudemment, quittant finalement les montagnes. Il tourna son regard au loin. S’il ne s’était pas trompé, il était près de la capitale de l’État de Zhao.

Il y avait eu une époque, où il avait soupiré jour et nuit pour aller à la ville capitale. Ce rêve n’était inférieur qu’à son rêve de visiter le Grand Tang dans les Terres de l’Est. Il soupira avec émotion alors qu’il pensait à ses trois années d’examens, et ses trois années d’échecs. Il n’avait jamais pu atteindre l’examen final dans la capitale. Et désormais, après encore trois ans passés, il était finalement arrivé, mais pas en tant qu’érudit, en tant que Cultivateur.

Alors qu’il approchait de la capitale, il s’arrêta de planer et se mit à marcher le long de la route publique. Il attacha ses cheveux et ça, couplé avec sa robe d’érudit, le fit ressembler au bon vieil érudit qu’il avait autrefois été. Même si, à l’époque il était plus petit, après des années de Cultivation, il était devenu grand et élancé. Bien que sa peau soit toujours foncée, il dégageait tout de même une puissante aura, pleine de vigueur.

Il marcha l’air léger. C’était maintenant le mois de mars, qui était souvent la saison de neige dans l’État de Zhao. Alors que Meng Hao marchait, l’obscurité de la nuit commença à s’installer autour de lui, et des flocons de neige se mirent à légèrement tomber.

Rapidement, le sol fut recouvert avec une nappe de blancheur, comme une courtepointe à plume.

Le vent souffla de la neige dans les cheveux de Meng Hao. Au lieu de fondre, elle se mit à s’accumuler.

Tout était calme et silencieux. Alors qu’il s’approchait de plus en plus près de la capitale, une calèche approcha de derrière lui à toute allure. Il semblait que quiconque à l’intérieur avait peur que les portes de la ville se ferment bientôt.

Elle passa Meng Hao, soulevant un tourbillon des flocons de neiges dans son sillage. Alors qu’elle passait, le vent souffla et ouvrit légèrement les rideaux de la calèche, révélant un jeune érudit lisant des textes.

Meng Hao le regarda calmement, se rappelant de sa propre apparence d’autrefois. À présent, Meng Hao avait vingt ans. Cependant, intérieurement, il se sentait beaucoup plus vieux.

Il poussa un léger soupir. Devant, la calèche s’arrêta, et les rideaux se soulevèrent. Le jeune érudit le regarda, puis il descendit de la calèche et salua Meng Hao avec les poings serrés.

« Mon frère, est-ce que tu vas à la ville capitale pour les examen impériaux? »

Meng Hao le salua rapidement à son tour. « Autrefois, j’en ai rêvé, mes ces rêves ont depuis longtemps disparu. Maintenant j’aimerais juste aller voir la Tour de Tang. »

« C’est bien dommage, mon frère, » dit-il avec un air de regret. « La façon dont tu te comportes est très raffinée, J’ai pensé que nous serions des collègues candidats. Es-tu sûr de vouloir renoncer à tes aspirations pour devenir un officiel? » Le jeune homme semblait avoir le même âge que Meng Hao.

Meng Hao acquiesça silencieusement.

« Eh bien, peu importe, » répondit le jeune érudit. Il observa l’apparence savante de Meng Hao et sourit chaleureusement. « Ça commence à bien neiger, et ça sera de plus en plus difficile de voyager le long de la route. S’il se fait trop tard, tu ne pourras pas entrer dans la ville. Mon Frère, pourquoi donc ne pas te joindre à moi dans ma calèche? Nous devrions avoir toujours le temps d’atteindre la ville. »

Meng Hao leva les yeux au ciel, puis les retourna sur l’érudit. Il s’inclina respectueusement, puis monta dans la calèche.

Un feu crépitait dans un petit fourneau à l’intérieur, dispersant le froid mordant. Cela, couplé avec le fait qu’un vieux domestique conduise la calèche, indiquait clairement que l’érudit venait d’une famille aisée.

Le vieux conducteur portait un large chapeau de bambou et les phalanges de ses mains étaient larges. Il semblait qu’il pratiquait une sorte de Kung Fu.

« Je m’appelle Zheng Yong, » dit le jeune érudit avec un sourire tout en chauffant ses mains. « Mon Frère, il n’y a pas besoin d’être timide. Nous sommes tous les deux des érudits, et des érudits devraient s’entre-aider quand l’occasion se présente. »

« Je m’appelle Meng Hao, » dit-il avec un sourire modeste. « Je te remercie, Frère Zheng. » Son regard tomba sur le livre posé à côté de Zheng Yong. C’était le livre Classique de Rites. Il avait l’air très vieux, et ce n’était clairement pas une copie, mais plutôt un ancien texte de l’original.

« Tu es dénommé Meng? » s’exclama Zheng Yong, son expression s’éclaircissant. Bien que l’intérieur de la calèche soit étroit, il réussit tout de même à se lever pour saluer respectueusement Meng Hao. « Quel nom de famille honorable! Vous êtes donc un descendant de Qingfu! Je vous ai manqué de respect ; veuillez me pardonner, Frère Meng. »

Meng Hao se leva et retourna le salut. « Il n’y a pas besoin de réagir ainsi, Frère Zheng. Ce n’est qu’un nom de famille. Bien que mes ancêtres fussent certainement resplendissants, quant à moi, j’ai échoué plusieurs fois aux examens impériaux, ce qui me fait sentir très honteux. » Ils se rassirent.

« Frère Meng, ce que tu viens dire est incorrect, » dit Zheng Yong solennellement. « Ton nom de famille va t’amener de la bonne fortune. Il t’a été légué depuis les temps anciens. En tant que descendant de Qingfu, même si tu n’as pas réussi les examens impériaux, tant que tu as de la bonté et de la vertu dans ton cœur, tu peux toujours mener une vie sur les valeurs de Confucius. « 

Meng Hao resta pensif un moment, puis leva les yeux et regarda l’érudit assis en face de lui. « Frère Zheng, » dit-il doucement, « Quel est le vrai sens de Confucianisme? »

« La courtoisie, la bienveillance, la loyauté et le juste milieu, » répondit-il sans hésitation. « Ceci est la Confucianisme. »

Meng Hao ne répondit pas. Il regardait à travers les rideaux aux flocons de neiges tourbillonnants dans l’air. Après un moment, il posa une autre question avec une voix calme : « Quel est le sens de la vie? »

« La vie? » demanda Zheng Yong, l’air surpris. Il hésita un moment, sans dire quoi que ce soit.

L’intérieur de la calèche devint calme, seul le bruit de l’enneigement pouvait être entendu  par la fenêtre. Meng Hao leva sa main et l’entendit par la fenêtre. Rapidement, des flocons de neiges s’accumulèrent sur sa main.

« La neige n’apparaîtra que pendant l’hiver, » dit-il doucement, « et ne peut exister que dans les vents froids. Par conséquent, sa vie ne peut exister qu’en plein hiver. » Il rentra sa main dans la calèche et la tendit à côté du four en cuivre. La neige se mit à fondre en de l’eau, qui coula au travers des plis de sa paume.

« La neige peut seulement vivre en hiver. Lorsqu’elle approche un feu, elle meurt. Ceci est la vie. Elle peut aspirer à l’été, toutefois… elle ne peut que le désirer. Dans ma main, la neige se transforme en de l’eau, car… ceci n’est pas son monde… » il souleva sa main et brossa l’eau par la fenêtre. Là, au-delà de la vue du jeune érudit, elle devint de nouveau de la neige.

Zheng Yong regarda sans voix, un regard profond apparaissant dans ses yeux. Finalement, la calèche entra dans la ville.

« Merci de m’avoir laissé t’accompagner, Frère Zheng, » dit Meng Hao nonchalamment. « Je devrais y aller. » Il salua poliment, et quitta la calèche, puis partit le long de la rue remplie de neige.

« Aspirant pour été, » se marmonna Zheng Yong, » Mais seulement capable d’exister dans les froids de l’hiver. Seulement capable de regarder au loin… ceci est la neige. » Il observa Meng Hao disparaître au loin. Après un moment, il sortit de la calèche et fit une profonde inclination en direction de Meng Hao.

La neige se mit à le couvrir, mais il savait que dès qu’il retournerait dans la calèche, elle mourrait. Il n’oubliera jamais ce qui venait de se passer, et ce qu’il venait de voir et entendre. Des années plus tard, quand il devint un Confucianiste célèbre dans l’État de Zhao, il repensera à cette nuit d’hiver venteux, lorsque la neige fondit lentement en de l’eau. Et il repensera à cet érudit dénommé Meng Hao.

 


 

Cet article comporte 18 commentaires
  1. Que de poésie ! Meng Hao nous fait tellement réfléchir. Je serai pas te dire laquelle des histoires entre la vie de ce flocon de neige et l’appellation du lac  »mer du Nord » m’aura donné le plus d’inspiration.
    Sinon, merci pour tous ces chap’s et passes de bonnes fêtes ! 😉

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