[Skyfire Avenue] Proposition de trad

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Commentaires

  • Bonjour tout le monde !

    J'espère que vous avez tous passé un bon WE.

    Je rentre en France pour les vacances jeudi. Donc je ne sais pas trop comment ça va impacter la régularité des sorties. Si ça se trouve ça va rien changer ^^ mais en vrai j'en ai aucune idée. Donc ne soyez pas surpris si je publie un peu moins (ou un peu plus on sait jamais) fréquemment.

    S'il vous plait, pas taper, je suis gentil et j'ai des cookies o:)

    En tous cas, il y a un bien un chapitre aujourd'hui ;)

    Bonne lecture !

    Arpak

    PS : sisi, le Comptable est vachement important je vous jure !

    PSS : J'ai changé la traduction initiale du Vinicole Gothique à la Cave Gothique, perso je préfère, et vous ? L'anglais c'est : Gothic Winery. Qui je trouve fait plus cave à vin, mais je suis preneur de vos avis.




    Chapitre 65 : La Boutique du Gourmet

    Veste de dîner élégante, jupe blanche jusqu'aux genoux, tout dans la même teinte, le tout de très haute qualité. Son joli visage était surligné par ses soyeux cheveux noirs, et ses yeux bleus – la couleur de la mer – brillaient. Elle ressemblait à une peinture, belle et émouvante.

    « Pas mal. » Lan Jue hocha en signe d'appréciation.

    Le visage de Zhou Qianlin rougit. Aucune jeune femme ne pouvait résister à de beaux habits. « Merci. »

    « Tu es jeune. Il ne faut pas ajouter d'accessoires comme des bijoux, ce serait trop fantaisiste. Un simple collier suffira. » Lan Jue sourit doucement.

    Elle secoua la tête. « Les bijoux ne m'intéressent pas. »

    « Les bijoux sont les meilleurs amis d'une femme. En porter ne fait pas juste montre de richesse et de luxe, mais déclenche ta propre beauté naturelle. Tu porte un décolleté en V. Il n'est pas profond, mais il requiert un collier. Cela surlignera ton teint, et augmentera d'autant plus le caractère que tu émanes. »

    « Je suppose que je peux en mettre un alors. » Zhou Qianlin fouilla dans son sac pour sortir une petite poche. Elle l'ouvrit et en sortit la gemme d'Appel d'Esprit que Lan Jue lui avait donné précédemment.

    Lan Jue parut surpris. « Moi qui t'avais préparé un joli collier en saphir. »

    « Pas besoin, je vais mettre ça, » insista-t-elle.

    « Très bien. »

    « Aide-moi à le mettre. »

    Lan Jue prit le collier et se positionna derrière Zhou Qianlin. Il passa le collier autour de son cou et le referma.

    Il était simple, sans ornements ni en métal ni en pierres précieuses. La gemme d'appel d'esprit elle-même émettait une douce lumière jaune, mais elle ne choquait pas. Elle ajoutait la touche finale, surlignant le tempérament simple et pur de Zhou Qinalin.

    « Allons-y. » Lan Jue offrit son bras droit, et Zhou Qianlin répondit en passant sa main autour de son coude. Ils poussèrent la porte et sortirent.

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    « Je ne savais vraiment pas qu'Héra avait une petite sœur, » disait Ke'er. Elle tourna la tête quand Xiuxiu n'offrit aucune réponse.

    La mince forme de Xiuxiu, penchée sur le comptoir, sursauta.

    « Xiuxiu, qu'est-ce qu'il y a ? » Ke'er se dépêcha à son côté.

    « Je vais bien, » répondit-elle, même si sa voix était rauque.

    La compréhension traversa Ke'er quand elle regarda sa collègue. « Tu t'inquiètes pour le boss et mademoiselle Zhou. Elle n'est pas Héra ! N'y penses pas trop. »

    Xiuxiu secoua doucement la tête, s'asseyant un peu plus droit. Elle frotta une larme qui avait commencé à couler le long de sa joue. Mais ça ne cacha pas ses yeux qui devenaient rouges.

    « Mais elle est exactement pareille. »

    Ke'er lui parla doucement. « Mais ça n'en fait pas Héra pour autant. Penses-y. Sa voix, son caractère, ses manières sont tous différents. Sans parler du fait qu'elle est plus jeune. Mais je ne sais pas pourquoi le boss l'a trouvée. »

    Xiuxiu secoua la tête bêtement. « Je suis désolée Ke'er. Je pense trop. »

    Ke'er enroula ses bras autour de Xiuxiu et lui fit un câlin. Elle soupira en continuant. « Xiuxiu, je voulais te dire … quand le boss nous regarde, on peut voir à chaque fois à quel point on compte pour lui ! »

    Xiuxiu releva la tête, et la tendre lumière habituelle de ses yeux fut amoindrie par un torrent de détermination.

    ζ

    Si quelqu'un voulait chercher la construction la moins impressionnante de Skyfire Avenue, ce serait probablement la vieille boutique chinoise avec ses portes sculptées violettes.

    On ne pouvait pas vraiment la qualifier de boutique. Seule un petite minorité des habitants de Skyfire savaient que ce bâtiment-là possédait les meilleurs plats de la planète. C'était, après tout, la boutique personnelle du Gourmet, interdite au public.

    Le magasin ici sur l'Avenue et son homologue sur les Sous-Sols de Skyfire se ressemblaient autant que des pommes et des huîtres. Alors que celle-ci était petite et étroite, celle du Sous-Sol n'était pas moins grande que la pharmacie du Gardien – qui elle servait la quasi-totalité des visiteurs de Skyfire. Cet endroit servait simplement au Gourmet à entretenir ses amis.

    Lan Jue tira sur la porte et fit signe à Zhou Qianlin d'entrer.

    En entrant, Qianlin fut assaillie par un parfum particulier. Il était âcre, mais unique. Il lui fit presque tourner la tête.

    Une grande et simple table en bois s'étendait le long de la pièce, cinq personnes y étaient assis. Alors qu'elle entrait, toutes les paires d'yeux se tournèrent vers elle.

    Zhou Qianlin se sentit pauvre sous leur regard, mais chacun se leva poliment pour la saluer. Ils hochèrent et saluèrent gentiment et respectueusement.

    Lan Jue entra à ce moment-là, et se tint à côté d'elle. « Quand il y a de la bonne nourriture, aucun de vous ne perd de temps ! Les introductions, voici mon amie Zhou Qianlin. »

    « Bonjour à tous, » salua-t-elle avec un petit sourire, acquiesçant à ceux qui étaient là.

    Lan Jue montra le plus éloigné, habillé méticuleusement avec une tête aux cheveux d'argent. « Voici le Maître des Vins, qui tient la Cave Gothique sur l'Avenue. »

    « Enchantée, » dit-elle à nouveau poliment.

    « Bienvenue, jolie demoiselle. » Le Maître des Vins s'avança, et conformément à la coutume noble, il se pencha pour déposer un baiser sur sa main.

    Lan Jue continua, indiquant un homme grand et bien bâti dans la quarantaine. Il se tenait une bonne tête au-dessus de tout le monde, et sa chemise blanche était étirée autour de son corps bien bâti. Il avait un visage buriné, une peau bronzée, et une barbe bien sculptée.

    « Voici notre Mécanicien. On l'appelle aussi le Forgeron. »

    « Bonjour, » dit-elle gracieusement.

    Le Forgeron bouillonna de rire. « C'est la première fois que le Maître des Joyaux ramène quelqu'un, bienvenue ! » Il ne s'avança pas, mais à la place fit un aimable signe de tête.

    « Voici notre Maître des cafés. »

    « Et notre Couturière. » Lan Jue indiqua l'autre femme présente à part Zhou Qianlin.

    La Couturière était elle-même une belle femme, de taille moyenne avec de longs cheveux bruns. Elle portait un simple chemisier blanc, les manches roulées jusqu'aux coudes et une jupe noire serrée.

    Ses yeux se mirent à briller aux introductions. « Qianlin, tu es vraiment superbe. Je dois te faire des habits. »

    Zhou Qianlin ria joliment. « Merci beaucoup, mademoiselle Couturière. »

    « Si tu veux bien t'asseoir, » dit Lan Jue, lui tirant une chaise libre.

    Zhou Qianlin hésita. « Mais tu n'as pas présenté quelqu'un. »

    « Celui-là n'a pas besoin d'être présenté, » dit Lan Jue normalement, « afin de nous éviter le raffut. »

    « Maître des Joyaux ! Mon meilleur ami ! » Une voix agitée bouillonna de l'autre bout de la table, un homme pâle avec une expression indignée. Sa voix était étouffée par la sucette collée dans sa bouche.

    Il se leva et se dirigea vers Zhou Qianlin, son expression adoptant un grand sourire. Il se mit à parler assez rapidement pour étourdir Zhou Qianlin. « Bonjour jolie demoiselle, je suis universellement le plus populaire et le plus sage parmi nous. Tu peux m'appeler le Comptable ! As-tu un petit ami ? Ce ne peut être ce Maître des Joyaux, si ? Ne te fait pas avoir par sa finesse, à l'intérieur, il est tout pourri. Un plébéien normal. Mais moi, je suis le jeune avec plein de potentiel ! »

  • merci pour le chapitre
  • merci pour le chapitre
  • Merci pour le Chap ! Argh! Un Comptable... Faites comme si il n'était pas là XD
  • Je préfère ton choix ;)
    Pas de problème on essaiera de ne pas de créer une émeute x)
    Merci pour le chapitre et bonne période de fête =)
  • Bonjour tout le monde !

    Désolé @thelordgio, mais on ne pourra pas faire sans le Comptable ... (ça compte comme du spoil ça ou pas ?)

    Merci @Koroji, j'apprécie ta clémence ;)

    Et merci à tous de me suivre, ça fait toujours autant plaisir de savoir que je ne fais pas ça pour rien ;)

    Au fait, c'est le 20e chapitre que je traduis !

    Bonne lecture,

    Arpak



    Chapitre 66 : Le Thon Rouge

    « Ralentissez, rien ne presse, » dit Zhou Qianlin de bonne nature.

    « Tais-toi, où je te défonce la gueule ! » La voix grondante du Mécanicien résonna à travers la salle alors qu'il agitait son poing sous le nez du Comptable.

    « Seuls les couards ont recourt à la violence ! » Répliqua le Comptable.

    « Appelle-moi couard et tu le regretteras. Tout ce que je sais c'est que, si tu continues à laisser libre cours à ton discours, je te réduirai en bouillie, puis je te raclerai par la porte ! » Menaça la dure voix du Mécanicien.

    Le visage du comptable pâli. « S-s'abaisser face à un physique supérieur est la décision la plus sage. Je le tolérerai, pour l'instant ! »

    Zhou Qianlin lutta pour repousser un rire à la vue de cet homme étrange. C'était une sorte de clown.

    La dispute fut ponctuée quand le rideau de derrière fut tiré. Le Gourmet apparut portant un long plateau, sur lequel étaient disposées huit délicates assiettes carrées. Chacune tenait un grand rouleau d'algue, mais le contenu était incertain.

    « Voici la bonne nourriture ! Qu'est-ce que c'est ? Qu'est ce que c'est ? » Le Comptable sauta presque de joie.

    « La ferme ! »

    Le Gourmet plaça le plateau sur la table. « Notre amuse-bouche est un rouleau émincé. Servez-vous. Ils sont faits avec les restes de la découpe du Thon Rouge, enroulés dans de l'algue. Il n'y a pas d'assaisonnement, juste les délicieuses saveurs originales de la viande elle-même combinée à la faible addition du contour. Un par personne. » En parlant, il en prit un pour lui. Une bouchée, deux, et c'était fini. Puis ses yeux tombèrent sur Zhou Qianlin, et il sourit amicalement.

    « Voici le Gourmet, » présenta Lan Jue.

    « Bonjour, merci de tenir ce merveilleux dîner, » dit-elle en se tournant vers lui.

    Le gourmet ricana. « Pas besoin d'être aussi polie. Bienvenue, bienvenue, mange, je t'en prie. » Il lui fit signe de choisir un roulé, puis se retourna et sortit.

    Le Comptable fut le premier à tendre la main pour prendre un roulé, mais elle fut déviée par une claque du Mécanicien.

    « Quoi maintenant ?! Je ne peux pas utiliser de nourriture pour boucher ma bouche, ce n'est pas ce que tu voulais ? » Fulmina le Comptable.

    Le Mécanicien montra le Maître des Vins, qui s'était levé et s'était déplacé à l'écart. Il s'arrêta devant une boite.

    Les yeux de Lan Jue brillèrent, et il se leva en suivant le Maître des Vins du regard.

    La boite métallique argentée s'ouvrit, et une faible odeur de vin s'en dégagea.

    « Xérès*, » commenta Lan Jue, un sourire gravé sur son visage.

    Zhou Qianlin regarda Lan Jue curieusement. « Comment sais-tu que c'est du xérès? »

    « Température et grade, » dit-il. « Des alcools différents ont une température adéquate différente à laquelle on peut les boire. Pour le vin rouge, c'est quinze degrés. L'incubateur n'aurait pas laissé échapper de vapeur comme tu as pu le voir à cette température. Le vin blanc, en revanche, est meilleur à cinq degrés. Qui, bien entendu, provoquerait ce genre de vapeur. Le champagne se consomme aussi aux mêmes températures, mais ne serait pas adapté à ce genre de repas, évidemment. Et donc, ça doit être du xérès. Il n'y a que du vin blanc qui puisse mettre en avant les saveurs des fruits de mer. »

    Le Maître des vins sortit huit verres de la boîte, suivi d'une bouteille de vin. Elle était significativement plus grande que les bouteilles moyennes – à peu près trois litres. Cependant, le visage de Lan Jue tomba quand il vit l'étiquette. « Un vin commun. »


    Le Maître des Vins lui lança un regard triste. « Pour du Thon Rouge, le mieux c'est un xérès frais et sec. Que préfères-tu ? »

    Lan Jue eut un sourire en coin. « C'est bon. Et pas n'importe quelle bouteille. La qualité devrait aller. »

    Le Maître des Vins poussa légèrement la bouteille, et elle glissa jusqu'à Lan Jue. Il lui lança un tire-bouchon.

    Lan Jue ouvrit expertement la bouteille et la souleva. Il plaça son pouce dans la piqûre de la bouteille et enroula ses doigts autour du fond avant de se diriger vers le Maître des Vins et de lui verser deux doigts.

    Le Maître des Vins leva le verre et le fit tournoyer avant de le porter à son nez. Il prit une profonde inspiration, une petite gorgée, et en appréciant l'arrière-goût, fit un petit signe de tête à Lan Jue. « C'est un vin de ville relativement ordinaire, mais de bon statut. Les avantages d'une plus grande bouteille. »

    « Une grande bouteille peut être aussi bonne ? » Demanda le Comptable.

    Le Maître des Vins lui lança un regard condescendant. « Vous laisser de ce vin est un gâchis. »

    Le comptable prit un air douteux, mais n'osa rien dire devant le Maître des Vins.

    Lan Jue ria malgré lui. « Dans une grande bouteille, le volume total est plus grand. Il retient plus longtemps sa saveur lors de la préservation. Si on suppose qu'une bouteille moyenne contient sept cent cinquante millilitres, et peut se conserver environ trente ans, alors un litre cinq devrait se conserver quarante. Cette bouteille de trois litres peut se conserver encore plus longtemps. En ce qui concerne le goût, puisque c'est le même vin en plus gros volume, il peut mieux résister l'exposition à l'oxygène. Le goût changera au cours du temps. Et donc, les bouteilles de plus grands volumes de vin sont tenues en haute estime, elles sont de meilleures qualités. C'est particulièrement vrai pour les vins plus vieux. »

    En parlant, il arriva devant la Couturière. Il lui versa environ deux doigts avant de se diriger vers Zhou Qianlin, puis le Maître des Vins, Mécanicien, Maître des Cafés, Comptable puis lui-même.

    Sa méthode de versement semblait simple, mais suivait les règles d'étiquette ; les femmes d'abord, puis dans l'ordre d'ancienneté.

    Zhou Qinalin fit tournoyer le vin dans son verre, et la faible odeur de xérès remonta à ses narines. Elle prit une gorgée, et fut immédiatement emportée par une douce brûlure alors qu''il descendait le long de sa gorge. Elle le sentit lui chatouiller tout le corps. Ses jolis yeux étincelèrent.

    Les roulés étaient remplis de viande rose, ça n'était pas très appétissant. Il n'y avait pas d'odeur particulière non plus. Zhou Qianlin tourna sa tête pour regarder Lan Jue. C'était la première fois qu'elle essayait quelque chose de semblable.

    Lan Jue lui sourit. « Vas-y essaie. On n'a cette chance qu'une fois par an. »

    Le Comptable ne put s'empêcher d'intervenir. « Maître des Joyaux, qu'il y a-t-il de si bien avec ce poisson-là ? C'est aussi la première fois pour moi. »

    Le Maître des Cafés roula des yeux. « Te laisser te frayer un chemin ici était une erreur. Mais pour nos deux jolies invitées, je vais te le dire. »

    « Le Thon Rouge vit dans la profondeur de l'océan, et est considéré comme mature quand il atteint cinquante livres. En vérité, ce n'est pas tout juste pêché qu'il est le meilleur. Après cinq jours sur la glace c'est le bon moment. Ça lui donne le temps de relâcher ses acides aminés. Après cinq jours de rejet d'acide il atteint son meilleur point gustatif – qui est le point où nous sommes maintenant. Pour ce qui est de la partie la plus riche du thon, ce sont les parties autour de son ventre. Réduite en bouillie, comme dans les roulés, ce n'est pas aussi savoureux que le ventre, mais c'est certainement quelque chose de spécial à manger. »

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    Nd2T : Le Xérès est un vin blanc d'Andalousie, en Anglais c'est Sherry, je vous met le lien vers la page wikipedia pour ceux que ça intéresse.
  • merci pour le chapitre
  • Merci pour chap ! Et à la vôtre mes amis, dégustons ce bon vin blanc et ce thon rouge ensemble !
  • décembre 2016 modifié
    De rien ! 20ème chapitre, *paf* on fait péter le champagne les amies ;)
    Merci pour le chapitre et bon courage pour la suite =)
    Les émeutiers n'ont pas finit de s’organiser, on a de la chance ^^
  • merci pour le chapitre
  • merci pour le chat-pitre
  • Bonjour tout le monde !

    Voici le chapitre du jour. Quand on y pense, le Comptable, avec un titre pareil, ça ne peut être qu'une victime, non ?

    Bonne lecture !

    Arpak



    Chapitre 67 : Festin Glouton

    Ce goût ! C'était la première chose qui frappa Zhou Qianlin quand elle mit le roulé dans sa bouche. Elle ne pouvait pas imaginer comment elle avait fait pour ne pas avoir mangé quelque chose d'aussi délicieux avant. Elle prit une petite gorgée de ce vin doux et épicé, qui éleva le goût à d'encore plus hauts sommets.

    Pendant un long moment, Zhou Qianlin essaya de se contenir, mais rapidement, elle ne put s'empêcher de se pencher vers Lan Jue. « Incroyable, » dit-elle doucement.

    « Le meilleur est encore à venir, » chuchota-t-il dans son oreille.

    Son souffle dans son oreille fit rougir son visage un tout petit peu. Elle s'éloigna.

    Peu de temps après que les roulés ne soient finis, le deuxième plat arriva. On servit à chacun un petit pot en cuivre avec un brûloir à alcool dessous pour chauffer l'assiette. A l'intérieur du 'pot chaud' frémissait une simple soupe aux herbes.

    Ensuite, on apporta des assiettes sur lesquelles se trouvaient de longs morceaux de poisson. Ils étaient légèrement plus foncés que ceux utilisés dans les roulés.

    « Viande du milieu de l'abdomen. Placez les morceaux dans l'eau. Une fois bouillie et que la viande devient blanche, elle est prête à être mangée. Mais ne la laissez pas trop longtemps. » Le Gourmet s'assit pour rejoindre ses invités. Lan Jue lui servit un verre de vin.

    Il se retourna ensuite vers Zhou Qianlin. « C'est aussi une partie du ventre du poisson, mais pas aussi riche. On peut la manger crue ou bouillie. Pour l'équilibre on veut éviter la sensation huileuse de quand on la mange crue, alors on la mangera bouillie. »

    Après avoir servi tous les invités en sauce, le Gourmet prit une gorgée du xérès. Il lança un regard rapide au Maître des Vins.

    Le Maître des Vins répondit avec une indifférence tranquille. « Ne me regarde pas comme ça. On est trop. » Plus de gens, impliquait plus de consommation en vin. Et chaque bouteille appréciée était une bouteille de moins en stock. C'était particulièrement vrai pour son stock de vins rares.

    Les soupes se mirent à bouillir, et le poisson fut placé dedans. En quelques instants, le rose devint blanc, et le poisson fut sorti de l'eau chaude pour être mangé. Il était recouvert d'une sauce vinaigrée, rehaussée d'ingrédients secrets avant d'être avalé. L'extérieur était bouilli à blanc alors que l'intérieur restait rouge comme un cupcake de cenelles.

    La viande n'avait pas le goût des morceaux d'abdomen supérieurs d'avant, mais couplée avec la sauce, c'était incomparable.

    Des plats de légumes marinés furent ensuite éparpillés sur la table afin d'accompagner le repas.

    Les pots chauds furent débarrassés, et des tranches de sashimi de poisson furent préparés, de toutes les parties du poisson. Rose clair, rouge clair, rouge foncé – ils étaient apportés par vagues, petites et grandes pièces. C'était présenté avec du radis et du wasabi, et tous se turent en appréciant la nourriture.

    Même à huit c'était difficile de terminer cinquante-deux livres de poisson. Cependant, le Gourmet avait déjà prévu cela et prévoyait d'apporter les restes au Sous-Sol de Skyfire pour entretenir d'autres hôtes de marque.

    « Le dernier plat. Tête et cou de poisson frits. » Le Gourmet revint avec un énorme plateau sur lequel se trouvaient la tête et le cou bien dorés. Il le déposa sous le regard de ses invités.

    Le visage lui-même était féroce, et semblait un peu moins appétissant comparé à ce qui avait précédé.

    « Ça ne paraît pas très bon. Est-ce que c'est vraiment bon ? » Le Comptable regarda le plateau, peu convaincu.

    A peine avait-il fini sa phrase que deux invités s'étaient précipités dessus. Deux paires de vieilles baguettes chinoises dorées avaient pris les yeux, et revinrent quelques instants plus tard pour prendre la viande qui restait.

    « Wow, même le visage. » Le Comptable regardait encore le poisson indécis. En revanche, il savait que les autres étaient de fins gourmets, surtout les deux premiers à s'être servi – le Maître des Joyaux Lan Jue et le Maître des Vins d'ordinaire plus restreint. Avec ces preuves, la tête devait être délicieuse.

    Les autres se dépêchèrent aussi, et il ne fallut que peu de temps à la tête pour être réduite à presque rien.

    Zhou Qianlin regardait Lan Jue alors que ses doigts filaient comme l'éclair pour attraper du poisson, et même si ses papilles étaient encore pleines du goût d'avant, elle faisait confiance au choix de Lan Jue.

    « Les yeux de poisson, ils clarifient la vision et nourrissent les yeux. Les rendent comme du cristal. Prends-en. » Lan Jue plaça l’œil qu'il avait pris sur l'assiette de Zhou Qinalin.

    Son visage se referma de dégoût, et elle repoussa le petit morceau sur son assiette à lui. « Je te le laisse. »

    Lan Jue la regarda platement. « Tu n'as pas peur dis-moi ? » L’œil fut renvoyé comme une balle de ping-pong.

    Le visage de Zhou Qianlin devint rouge, mais elle ne dit rien.

    « Très bien, essaie ça alors. » Il échangea l’œil pour un morceau de visage.

    Le Gourmet ricana sur le côté. « Les gloutons savent reconnaître la bonne nourriture. La plupart des gens n'auraient pas envie d'essayer la tête ou le cou du poisson. Ce sont habituellement les chefs avares qui gardent cette part pour eux. Le Thon Rouge, en tant que poisson des mers profondes, n'a pas beaucoup de viande sur le visage. A la place, il est composé de colloïdes, la partie la plus goûteuse. La crème de la crème. »

    Évidemment, alors que le morceau passa ses lèvres, Zhou Qianlin fut envahie des fortes saveurs de la viande et de la texture reconnaissable du colloïde. L'explosion de goûts serait à jamais gravé dans sa mémoire.

    Le Comptable s'était mis à participer, mais était incapable de s'en procurer beaucoup. Sa force et dextérité était bien inférieure comparé aux autres assis autour de la table. C'était un défaut de ses gènes que, s'il n'était pas considéré comme lent, ses talents naturels étaient moindre en comparaison. Rajoutez le fait que le Mécanicien n'arrêtait pas de le pousser, cela ne laissait au Comptable que de la peau croquante et brune à apprécier. La peau était délicieuse en elle-même, mais ne contenait aucun colloïde que les autres étaient en train de déguster.

    Le merveilleux festin vint à son terme, et s'il y avait de l'amertume évidente dans les yeux du Comptable, personne ne lui prêtait attention.

    « Merci Gourmet. Je vais y aller. » La Couturière se leva, fit un signe de tête poli au Gourmet et s'en retourna. Elle s'arrêta, cependant, devant Zhou Qianlin. « Qianlin, rappelle à Lan Jue de t'amener à mon magasin une fois. Tu as une excellente silhouette, tu as besoin d'une belle garde-robe pour l'accompagner. J'y réfléchirai, et quand tu passeras, on te prendra tes mesures. »

    « Je te raccompagne. » Le Maître des Cafés se leva et rejoignit la Couturière. Elle lui lança un regard désobligeant mais ne dit rien. Elle fit ses au revoirs et partit.

    Lan Jue se leva aussi. « Il est temps pour nous de partir aussi. » Il n'avait pas besoin de remercier, sa relation avec le Gourmet ne le requérait pas.

    « Si tu croises quelque chose de particulièrement goûteux pendant ton voyage, tu penseras à moi, » dit leur hôte.

    « Hm ? » Lan Jue cligna des yeux, regardant le Gourmet suspicieusement. « Comment as-tu su que je partais en voyage ? »

    Le Gourmet se tourna vers le Comptable. « Avec la grande gueule de celui-là, comment aurais-je pu ne pas savoir ? »

    Le visage de Lan Jue s'assombrit en regardant le Comptable, le faisant frissonner.

    « Tu oses fourrer ton nez dans mes affaires ? »

    « Eh … M-Maître des Joyaux, écoute. Je n'ai pas fait exprès. Je suis juste tombé sur l'information. Je sais juste que toi et tes jolies travailleuses vous vous préparez à quelque chose de peu conventionnel, hehe, au-aucune idée de ce que vous voulez faire précisément ! »

  • merci pour le chapitre
  • Merci pour le Chap ! ça me rappel le sushi de thon rouge, c'est toujours bon ^^
  • merci pour le chapitre
  • Un comptable qui joue avec sa vie ^^
    Merci pour le chapitre =)
  • Salut tout le monde !

    J'espère que vous n'avez pas trop attendus,
    Je suis désolé, mais c'est le début des vacances, je me suis levé à 5h du mat ce matin pour prendre l'avion, tout ça tout ça.

    Enfin bon, voici le chapitre d'aujourd'hui

    Bonne lecture,

    Arpak



    Chapitre 68 : La Fin ?

    Pour Zhou Qianlin, Lan Jue paraissait passif et doux. Il ne réagit pas à la malfaisance du Comptable. Cependant, alors qu'ils se retournaient pour sortir du petit appartement du Gourmet, un filin d'électricité serpenta silencieusement le long du sol jusqu'aux pieds du Comptable. Tous les cheveux de son corps se redressèrent.

    « Ça n'arrivera plus. Sinon, je t'expulserai moi-même de l'Avenue. » Le Maître des Vins s'était aussi levé, fusillant le fautif du regard. Il sortit sur les talons de Lan Jue.

    Le Comptable ouvrit sa bouche, des traces de fumée sortirent de derrière ses lèvres. Les muscles de son visage se crispèrent hors de son contrôle. « Vous devez me croire, je ne faisais que m'amuser ! Je ne voulais rien en faire. »

    Le Mécanicien tendit la main et attrapa le Comptable par la gorge. « C'est par ce que je te crois que je veux encore plus te taper. »

    Le Gourmet intervint doucement. « Si ce n'était pas un gâchis de ma nourriture, je te tabasserais moi-même jusqu'à ce que tu vomisses tout. Tu ferais bien de trouver un moyen de réparer ce que tu as fait au Maître des Joyaux. »

    Le ciel s'était assombri pendant ce temps. L'Avenue n'était éclairée que par les lumières des magasins qui la bordaient, et même si elle n'était pas forte, elle ajoutait au charme rustique des constructions antiques de l'Avenue.

    Lan Jue marchait en silence, Zhou Qianlin le suivant un pas derrière.

    « Tu es énervé ? »

    Lan Jue secoua la tête. « Il est juste comme ça, il ne l'a pas fait pour me faire du mal spécifiquement. Ça ne vaut pas vraiment la peine de s'énerver avec lui là-dessus. Je pense juste à autre chose. »

    « Oh ? » Zhou Qianlin le regarda attentivement.

    Lan Jue s'arrêta et se retourna pour regarder Zhou Qianlin attentivement. « Je suis désolé, » marmonna-t-il.

    « Quoi ? » Elle était de plus en plus confuse.

    « Tu lui ressembles tellement que dans ma tête, il m'arrive d'oublier que tu n'es pas elle. C'est mal. Héra est la seule dans mon cœur. Tu n'es pas sa copie, pas son remplacement. Et donc, je te demande pardon. A l'avenir je serai ton garde du corps. Après ces trois ans, quand mon contrat sera terminé, on partira chacun de notre côté et on n'aura plus de contact. »

    La voix de Lan Jue était distante, détachée. En parlant, même lui trouvait qu'il allait trop loin.

    Mais il n'avait pas le choix. Les mots de Ke'er l'avaient réveillé. Si Zhou Qianlin n'avait pas commencé à remplacer Héra, au moins dans sa tête, aurait-il accepté d'être garde du corps ? Serait-il devenu professeur à l'université ? Et il l'avait même amené à l'Avenue, pour participer à ce repas spécial. Tout ça ensemble ne pouvait dire qu'une seule chose : elle commençait à compter pour lui.

    Les merveilleux relents du repas dominaient encore ses papilles, mais malgré leurs vaillants efforts, il n'arrivait pas à enlever ces pensées. Zhou Qianlin n'était pas Héra. Son Héra était partie. La logique lui dictait de ne pas continuer, ou sinon Zhou Qianlin remplacerait Héra comme être le plus chéri.

    Il valait mieux s'en occuper dès le début. Plus il le laissait traîner, plus ce serait dur de faire ce qu'il fallait.

    Il n'avait donc pas d'autre recours que la parole.

    Zhou Qianlin le regarda sans voix. Il n'y avait pas de changement d'expression sur son joli visage. Mais ses yeux ne pouvaient pas tout cacher, et des secrets y étaient enfouis.

    Elle lui lança un long et perçant regard. Ses yeux verts étaient profonds, comme capables d'engloutir son âme. Sous ce lourd regard, le cœur de Lan Jue s'accéléra. Il sentait un pincement dans sa poitrine, même si ce n'était pas seulement dû à son regard.

    « Qianlin, tu es une gentille fille. Je sais que ce que je t'ai dit t'a blessé, mais ... »

    « Très bien. » Dit-elle doucement.

    Elle enchaîna avec un bel éclat de rire tintinnabulant.

    « Est-ce ... » Lan Jue la regarda, abasourdi. « Est-ce que ça va ? »

    Zhou Qianlin secoua la tête. « Vous les hommes. Vous pensez que toutes les femmes de la terre vous aiment. Tu ne pensais quand même pas que j'avais des sentiments pour toi ? »

    « ... »

    Zhou Qianlin le cloua du regard. « Si tu penses que oui, ou si tu as peur que je ressente quelque chose pour toi dans le futur, alors tu n'as rien à craindre. Tu as pris mon corps, ce qui veut dire que je vais devoir me souvenir de toi le restant de ma vie, mais quand je le ferais, ce sera avec regret. Tu l'as dit, tu es mon garde du corps, rien de plus. Je n'ai jamais pensé rien de plus. Ne te prends pas pour quelqu'un de spécial, d'accord ? Ce dîner était bien, maintenant raccompagne moi à la maison. »

    Les mots résonnaient encore tandis qu'elle s'en retournait, un petit sourire aux lèvres.

    Lan Jue restait sur place, gelé pour quelques bonnes secondes. Finalement, il se mit à la suivre.

    Son visage à elle était calme, ne révélant rien. Mais profond dans ses yeux vivait quelque chose d'étrange, de fluctuant. Il y avait de la gratitude, du regret, de la douleur, et quelque chose d’inexplicable qui la traversait.

    La totalité du retour à sa maison sur la montagne fut passée en silence.

    « Ici ça ira. » Zhou Qianlin s'arrêta et sourit à Lan Jue.

    « D'accord. » Dit-il en hochant la tête.

    « Tu t'en vas demain, sois prudent ! Oh, au fait, pour que tu comprennes bien, laisse-moi clarifier ceci, je dis ça pour que tu reviennes prêt à faire ton travail de garde du corps efficacement. »

    « Je le ferais. » Il hocha à nouveau.

    « Au revoir. » Elle fit un signe de la main, et s'en alla sans rien dire.

    Lan Jue la regarda s'en aller sans bouger. Au bout d'un moment il renifla, et s'en alla.

    Il mit l'expérience de côté comme si de rien était. Pourtant, pour des raisons inconnues, une douleur sourde demeurait dans sa poitrine.

    Zhou Qianlin alla directement dans sa chambre et s’assit sur son lit. Son visage ne trahissait aucune émotion, mais après un bon moment, l'amertume apparut, et des larmes se mirent à couler toutes seules du coin de ses yeux. Elle ne fit aucun bruit, et les larmes coulèrent sans résistance le long de sa lisse peau blanche.

    ζ

    Skyfire Avenue était aussi silencieuse que d'habitude. La nuit, il n'y avait jamais vraiment de traînards dans la rue. La pénombre avait grandi, mais l'humeur de Lan Jue s'était améliorée en descendant la rue froide.

    « Viens me voir, » une voix grave lui parvint à l'oreille. Il sursauta un peu au son inattendu, puis se dirigea vers l'Antique Cave Gothique.

    « Vous ne m'appelez pas pour vous excuser à la place du Comptable, n'est-ce pas ? » Lan Jue s'assit à côté du Maître des Vins, un rictus aux lèvres.

    Le visage du Maître des Vins trahit un rare sourire. « Ton humeur actuelle n'est pas due à ce qu'il a fait. Il n'y a aucune raison pour qu'il ne te dérange. L'homme est un clown. Non, c'est à cause de la fille que tu as amenée ce soir. Me trompe-je ? »

    Lan Jue regarda son vieil ami. « C'est fait. »

    Le Maître des Vins eut un rire sardonique. « Si c'est fait, tu n'as pas besoin de me le dire. Tu es un adulte. Je ne suis pas ton père. »

    Le visage de Lan Jue se durcit. « Pourquoi m'as-tu appelé. »

    Le Maître des Vins sourit. « Vérification de dégustation à l'aveugle. Voyons si tu es toujours aussi précis que tu l'étais. »

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