Honzuki no Gekokujou

Bonsoir, bonsoir

Il y avait ce light novel que j'apprécis mais dont je n'ai pas trouvé une traduction française. Comme je voulais m'essayer à traduire, je me retrouve ici!

Il s'agit d'un light novel japonais, traduit en anglais par la team blastron (http://blastron01.tumblr.com).

Novice en la matière, je compte sur vos remarques. Merci de votre compréhension, et bonne lecture!



Honzuki no Gekokujou
Le pouvoir d'un rat de bibliothèque - Je deviendrai bibliothécaire à tout prix




Synopsis

Urano, un rat de bibliothécaire qui était enfin parvenue à obtenir en travail en tant que documentaliste à l’université, est tristement décédée peu après son diplôme. Elle s’est réincarnée en fille de soldat, dans un monde où le taux d’alphabétisation est très faible et où les livres sont rares. Peu importe à quel point elle a envie de lire, il n’y a aucun livre aux alentours. Son rêve est de devenir bibliothécaire ! Ainsi, pour pouvoir à nouveau vivre entourée de livre, elle doit commencer par en fabriquer elle-même.



Prologue


Mon nom est Urano Motosu, et j’ai 22 ans. J’aime les livres. J’aime vraiment les livres. J’aime encore plus les livres que de manger à ma faim.

J’aime comme les mots imprimés me permettent d’entrer en contact avec les idées, les rêves fantastiques d’une autre personne. Quand mon cœur danse, tout au long du chemin des pensées qu’établi l’auteur, et que je ne peux m’empêcher de sourire. Absorber les vastes connaissances contenues dans un simple volume me laisse toujours le sentiment d’avoir grandie en tant que personne. Le monde entier, que je n’ai jamais vu de mes propres yeux, devient à portée de main, soigneusement rangé sur les étagères des libraires et des bibliothèque. N’est-ce pas grisant ? Les contes de fées de terres étrangères, les aperçus de la vie de temps et contrées lointaines. Quand je me plonge dans un livre, le temps n’existe plus autour de moi.

Psychologie, religion, histoire, géographie, éducation, folklore, mathématiques, physique, géologie, chimie, biologie, art, fitness, langues, fiction… Toutes les connaissances et les idées accumulées par l’homme sont étroitement empaquetées dans ces livres, et j’aime chacun d’entre eux du fond du cœur.

Les encyclopédies, qui s’étirent pour remplir une étagère entière ; le collection de littérature, où chaque volume est à sa place ; les magazines spécialisés qui semblent si simple de par leur couverture, mais au contenu si avancé ; les périodiques colorés, remplis de photos ; les innombrables romans, écrits avec de méticuleuses proses ; les light novels qui manquent de profondeur mais qui se vendent encore fabuleusement ; les imposants livres d’images, destinés aux enfants ; les mangas, ces BD qui font la fierté du Japon ; les BD et magazines publiées pour et par des fans… le froissement d’une page qui se tourne est plus enivrant que le meilleur des vins.

J’aime également l’odeur du coin le plu sombre d’une archive où la poussière, ainsi qu’une légère odeur de renfermé, remplies l’atmosphère. Le simple fait de respirer délicatement l’odeur de vieux livres provoque des vagues d’extases qui se répercutent dans tout mon corps. Quant à L’odeur de livres neufs, elle est tout aussi irrésistible ! L’odeur de l’encre fraîche sur du papier neuf me dit qu’il y a quelque chose de nouveau entre ces pages qui n’attend qu’à être découvert, et cette simple pensée me rend toute excitée.

Je veux vivre ma vie entière entourée de livres. Si possible, je voudrais passer le reste de ma vie dans une sombre mais bien ventilée archive, où les livres sont protégés des rayons du soleil. Je passerais chaque seconde à lire, inséparable de mes livres, jusqu’à ce que ma peau devienne pâle, fantomatique, que mon corps faiblisse par manque d’exercice, que je manque tant de repas qu’il faille me traîner dehors par force. Je veux mourir enterrée par des livres. Je refuses de trépasser paisiblement dans mon lit ! Être étouffé jusqu’à la mort par une montagne de livres me rendrait incroyablement heureuse.

… Heu.. Je devrais utiliser le temps passé ici.

Parce que, il y a peu… Il y eut un énorme tremblement de terre, et je fut écrasée sous un tas de livres ! Sérieusement, de tous les souhaits que j’ai formulé, pourquoi celui-ci ?

Je le voulais vraiment, mais je n’ai pas l’impression que Dieu me fit une faveur. Je venais juste d’obtenir mon certificat de bibliothécaire et, en ces temps de chômage, j’étais même parvenue à obtenir un poste à la bibliothèque universitaire !

Dieu, S’il-vous-plaît. Si possible, j’aimerais être réincarnée. Il y a encore tant à lire. Même dans ma prochaine vie, je veux lire.

Donc, faîtes de moi un bibliothécaire. Laissez moi passer chaque jour entourée de livres. Bien sur, je sais que travailler comme bibliothécaire ne me permettra pas de lire tout le temps. C’est un travail, et je serai occupée, je sais bien cela. Mais tant bien même, d’autres travails ne me laisseraient pas passer la journée entière entourée de livres. Juste être parmi les livres me rend heureuse. L’enivrante odeur de l’encre et du papier… Qui d’autre pourrait apprécier ces choses ? Qui d’autre peut ressentir ces battements de cœur qui surviennent dès que je me trouve à regarder parmi toute cette histoire amassée, parmi ces mots écrits afin de préserver la connaissance humaine, parmi cet exceptionnel travail de la pensée humaine qui est aussi vieux que l’écriture elle-même ?

Pouvoir simplement lire me suffirait. S’il-vous-plaît, mon Dieu. Si vous entendez mon souhait, veuillez me laisser être réincarnée. Quand je suis, je peux lire à nouveau.




Chapitre 2

Bang ! Bang ! Un bruit, comme une personne frappant au sol ou sur une table, me réveilla en sursaut. Ma tête, encore endormie, commença à osciller d’avant en arrière. A chaque oscillation, une douleur se propageait, telle une onde de choc à travers mon crâne, comme si on me frappait à la tête. Je laissai échapper un léger gémissement.

« Fermez-la… Par pitié… fermez-la... »

Ces agaçants bruits et vibrations ne s’arrêtèrent pas. Au contraire, ils continuèrent de plus belle, avec un rythme toujours soutenu, et ne me laissèrent pas fermer l’œil.

J’étais tenu éveillée, douloureusement consciente des vibrations qui résonnaient dans ma tête. J’avais la tête qui tournait. Je me bouchais les oreille, espérant en finir. Bouger semblait étrange, comme si mon corps ne réagissait pas exactement comme je le lui disais. Toutes mes articulations me faisaient mal, et je me sentais fiévreuse dans tout le corps, comme si la grippe allait m’emporter.

« Ugh…J’ai besoin de mes lunettes si je veux comprendre ce qui ce passe »

Tout en gardant les yeux fermés, je cherchais à tâtons mes lunettes que je gardais toujours près de mon oreiller. Mon corps entier était un peu engourdi, et les mouvements de mes bras étaient mous. Alors que je me tortillais, quelqu’un en-dessous de moi fit du bruit avec un son d’herbe ou de papier.

« ...Qu’est-ce qui peut bien faire ce bruit ? »

La voix qui sortit de ma bouche semblait trop aiguë, presque enfantine. « Ce doit être parce que je suis malade », mais ce n’était pas du tout la voix que j’avais l’habitude d’entendre. Même si je ne voulais faire rien d’autre que me rendormir pour faire passer cette fièvre, je ne pouvais juste pas ignorer toutes ces anormalités autour de moi. J’ouvrai lentement les yeux. Mon champs de vision était voilé par la très forte fièvre. Je ne savais pas si les larmes dans mes yeux m’aidaient à voir, agissant comme des lunettes, mais tout était bien plus clair que d’ordinaire.

« Eh ? »

La première chose que je notai était un plafond qui, alors qu’il aurait du être blanc, était tâché de suie. Un certain nombre d’épaisses et noires poutres le soutenait à travers desquelles une araignée avait construit une énorme toile. Cela n’avait rien à voir avec la chambre de mes souvenirs.

« .. Où suis-je ? »

Je regardai toute la pièce en gardant ma tête parfaitement immobile afin de ne pas secouer les larmes dans mes yeux. Il était évident, d’après ce que je voyais, que tout ce qui se trouvait autour de moi était totalement différent du Japon dans lequel j’étais née et avais été élevée. Simplement par le style architectural du plafond, il ne s’agissait pas d’un bâtiment de style japonnais mais occidental. De plus, ce n’était pas une moderne charpente en acier, sinon quelque chose de plus vieux. Le lit sur lequel je me trouvais était dur, et ne comprenait pas de matelas. A la place, il semblait que j’étais allongée sur une sorte de coussin fait de matériaux piquants. A travers les vêtements sales que je portais, je sentis une odeur étrange. Et en plus de cela, mon corps me grattait ici et là comme si je me faisais piquer par des puces ou des mouches.

« Attends… une seconde ... »

Mon plus récent souvenir était de m’être faîte écrasée sous le poids d’innombrables livres, et je ne me rappelais pas avoir été secourue. Enfin, aucun hôpital au Japon ne mettrait un patient sur un lit aussi sale. Timidement, je levai ma main au niveau de ma tête afin de l’examiner. Ce que je vis était la petite et fine main d’un enfant. Je vivais une vie dans laquelle je m’enfermais avec des livres toute la journée. Ainsi j’avais la peau pâle. Me voir presque livide n’était pas une surprise mais à 22 ans mes mains étaient, évidemment, celles d’un adulte ! Complètement différentes de ces petites mains qui semblaient souffrir de sous-nutrition et qui se trouvaient devant moi maintenant. Ces petites et enfantines mains que j’ouvrais et fermais à volonté. Alors que je me mouvai, mon corps ne réagissait pas comme j’en avais l’habitude. Suite à cette choquante réalisation, ma gorge se noua.

« …Qu’est-ce qui se passe ? »

Il était possible que je sois réincarnée. Dieu avait dû entendre mon souhait de mourante et m’avait ainsi donné une nouvelle vie, pour que je puisse lire à nouveau. C’était incompréhensible. Je voulais en savoir d’avantage sur le monde qui m’entourait. Ainsi, je soulevai ma lourde tête et leva délicatement mon corps toujours fiévreux. Mes cheveux couverts de sueur collaient sur le côté de ma tête mais je n’y prêtai pas attention et examinai la pièce dans laquelle je me trouvais. Je vis d’autres lits-planches comme celui sur lequel j’étais. Des habits sales posés dessus et quelques boîtes pleines d’objets divers… mais aucune étagère contenant des livres.

« Il n’y a aucun livre… »

L’unique porte de la pièce s’ouvra. D’un seul coup, le martellement sonore qui résonnait dans ma tête partit pour donner place au bruit de pas de quelqu’un à l’extérieur qui se dépêchait. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait. Compte tenu des poutres à travers le plafond, de l’état des murs et du genres d’objets qui se trouvaient dans cette pièce, il devait s’agir d’une ancienne bâtisse européenne. Rien ne m’indiquait une civilisation moderne. j'étais dans un pays extrêmement reculé ou est-ce que j'avais voyagé à travers le temps pour atterrir dans le passé ? Si seulement je le savais, il m’aurait été plus simple d’anticiper comment agir.

« … Suis-je en train d’halluciner dans mes derniers instants ? »

Alors que les inquiétudes tombaient sur ma tête fiévreuse, une femme apparut dans l’embrasure de la porte après m’avoir entendu bouger et parler toute seule. Elle portait un bandana en triangle serré autour de sa tête. Elle était en fin de vingtaine à en juger par la beauté, jadis magnifique, de son faciès. Les traits de son visage étaient, dans l’ensemble, assez jolis mais étaient ruiné par toute cette saleté. Si elle se lavait le visage (ainsi que les vêtements), elle serait déjà presque convenable mais c’était une honte de la voir dans un tel état. En général, je ne me serais pas autant inquiétée de l’apparence d’une autre personne (ou même de la mienne en fait) si elle avait été propre ; si elle avait été sale, cependant, je aurait souhaité qu’elle y mette d’avantage d’effort autrement sa beauté aurait juste été gâchée.

« Maine,%&$#+@*+# %? » dit la femme dans une langue que je ne comprenais pas.

Au son de sa voie, la mémoire de quelqu’un d’autre m’apparut tout à coup à l’esprit et je laissai échapper un léger cri. En un clin d’œil, plusieurs années de mémoire s’amassèrent dans ma tête. Cette simple pression me faisait comme si on m’écrasait le cerveau, et j’agrippai ma tête de douleur.

« Maine, est-ce que ça va ? Tu ne t’es pas réveillée depuis un moment ! Je commençais à m’inquiéter. »
« ...Maman ? »

Des brins de mémoires refirent surface. La femme qui était venue vérifier mon état et qui caressait maintenant gentiment ma tête était ma mère, et mon nom était Maine. Je ne savais pas comment j’avais soudainement commencé à comprendre ce qu’elle disait ; ce déluge d’informations avait laissé mes idées en pagaille. Honnêtement, je souhaitais que cela ait attendu que j’aille un peu mieux. Bien sur, J’avais voulu être réincarnée afin de pouvoir continuer à lire, et bien sur il semblait que j’avais, en effet, été réincarnée. Mais ce n’était pas comme si j’allais juste tranquillement accepter que cette femme en face de moi était soudainement ma mère.

« Comment tu te sens? Il semble que tu ais mal à la tête. » dit-elle

Les doigts qu’elle plaça sur mon front étaient teintés par des tâches vertes et jaunes. Son travail impliquait-il de manipuler des teintures ? Je me souvenais qu’au Japon, les ouvrier qui travaillaient avec des colorants indigo avaient des marques similaires sur les mains. Je ne voulais pas laisser cette soit-disant mère, dont à la fois je ne savais rien et pourtant connaissais, me touche. Ainsi, j’esquivai sa main tendue, m’enfonçai dans mon lit nauséabond, et fermai les yeux.

« … Ma tête… me fais encore mal. Je voudrais dormir. »dis-je
« Oh, repose-toi bien. »

Alors que ma mère quitta la chambre à coucher, Je commençai à penser profondément. Entre les vertiges causés par la fièvre et le désordre dans ma tête, il n’y avait aucun moyen pour que je retourne tranquillement me coucher.

« Je ne fais pas erreur… Je suis morte n’est-ce pas ? »

Tout à coup, une image de ma propre mère me vint à l’esprit et je m’excusai, silencieusement, de ne plus jamais la revoir. Elle aurait probablement été furieuse, criant « Combien de fois t’ai-je dit que tu avais bien trop de livres ?! » tout en essayant de garder ses larmes de chagrin. Je levai mon bras encore engourdi et essuyai une larme de mon œil.

« Je suis désolé Maman... »murmurai-je. Une excuse qui ne l’atteindrait jamais.

A contre cœur, je laissai aller cette image et commençai à trier soigneusement la mémoire de cette enfant, Maine, dont j’avais atterri dans la tête. Son dernier souvenir avait été de connaître une très douloureuse fièvre, si douloureuse qu’elle ne put le supporter. Il me semblai que, d’une certaine manière, la Maine qui avait utilisé ce corps mourut, et que je le possédai à la place. Oh, ou peut être que j’étais naît dans ce monde, et que le délire du à la fièvre ait fait ressurgir ma vie antérieure ?

« Cela ne change rien, de toute façon. Je vais vivre en tant que Maine à partir de maintenant, il n’y a pas moyen que je change quoi que ce soit... »

Dans tous les cas, je devais fouiller dans la mémoire de Maine afin d’en apprendre d’avantage sur la situation dans laquelle je me trouvais. Autrement, ma famille allait commençait à être suspicieuse. Néanmoins, peu importe comment j’y pensai, la mémoire de Maine était celle d’une petite fille qui était encore en train d’apprendre à parler, et elle ne comprenait pas en grande partie ce que ses parents lui disaient. Il lui manquait beaucoup de vocabulaire utile, ainsi la plupart de ce dont elle se souvenait était crypté et ambigu.

« Whoa… Que devrais-je faire ? »

Depuis la petite mémoire enfantine de Maine, je compris comment je devais agir. Sa famille était composée de quatre personnes. Sa mère était la femme qui s’était assise juste ici. Elle avait une grande sœur, Tory. Son père avait un travail qui semblait être quelque chose comme soldat.

Et, plus important, ce n’était pas la Terre. D’après les images de Maine, sous le bandana que sa mère portait, se cachaient des cheveux verts vifs, comme des jades. Tu pourrais croire qu’elle les avait teints pour obtenir cette couleur mais ils étaient réellement naturellement verts. C’était une couleur si peu naturelle que que j’avais presque envie de vérifier si il s’agissait d’une perruque. Il semblait peu probable, cependant, qu’elle ait porté quelque déguisement de cosplayers qui mettent souvent des perruques vertes et des vêtements sales. Il était plus réaliste de penser que je me trouvais dans une sorte de dimension parallèle.

Soit dit en passant, les cheveux de la sœur de Maine étaient bleus-verts, et ceux de son père étaient bleus. Les cheveux de Maine étaient d’un profond bleu marine. Devais-je être reconnaissante que mes cheveux soient proche du noir, ou devais-je être envieuse de ma famille cosplayeuse ? Quoi qu’il en soit, cette maison ne semblait pas avoir de miroir et peu importe combien je la fouillais, je ne parvenais pas à trouver une claire image de ce à quoi je pouvais bien ressembler, excepté pour la couleur de mes cheveux. Cela dit, D’après ce que je savais de l’apparence de mon père, de ma mère et de ma sœur, je devinais que je ne devais pas être trop mal. J’étais également, sans aucun doute, sale.

« Ughh, j’ai vraiment besoin d’un bon bain… Est-ce qu’on en a au moins un ? »

Pour être réaliste, mon apparence n’était pas mon plus gros problème en ce moment même. C’était ma condition de vie. Il semblait que la famille dans laquelle j’avais été réincarnée était d’une pauvreté époustouflante. Un simple coup d’œil autour de moi montrait que ça allait assez mal. Les habits que moi, un enfant malade, portait étaient extrêmement usés et dépassés. Même en temps que vieux vêtement de ma sœur c’était trop cruel. Je pensai brièvement qu’il pouvait s’agir d’une sorte d'abus, mais d’après la mémoire de Maine, même les habits de sa mère étaient des guenilles tout comme ceux de sa sœur. Voilà quel était le standard de ma nouvelle famille. Les habits de travail de mon père étaient relativement solide, avec seulement quelques patchs, mais même si on lui fournissait l’uniforme, il n’en avait qu’un seul qui lui avait été donné il y a de cela des années.

Et en plus, cette maison ne semblait pas être une exception. Le mur le plus proche de moi était fait d’une sorte de brique à travers duquel j’entendais des bruits de pas qui montaient et descendaient les escaliers ainsi que des voix de gens. Il devait s’agir de mes voisins. Peut-être s’agissait-il d’un genre de résidence ou d’immeuble ?

Donc, à propos de cette réincarnation… Est-ce que je n’étais pas supposée renaître comme noble pour n’avoir aucune inquiétude en ce qui concerne les difficultés de la vie ?

Je poussai un lourd soupir. J’ai dû avoir une vie tout à fait ordinaire dans ma vie de japonaise, mais cela avait été totalement différent de ce face à quoi je me trouvais actuellement. Je ne savais pas dans quel siècle ou dans quel pays j’étais née. Le Japon avait été un bel endroit où vivre, rempli de merveilleuses choses : des tissus confortables, des lits douillets, des livres, des livres et encore des livres…

« Aaaah, Je veux lire un livre. Lire m’a toujours aidé à faire tomber la fièvre. »

Peu importait les circonstance, J’étais capable de tout endurer pour autant que j’avais des livres. Je plaçai un doigt sur ma tempe et me concentrai. Je cherchai dans ma mémoire des livres. Où, dans cette maison, pouvait se trouver une étagère avec des livres ?

« Maine, tu es réveillée ? » Une voix brisa soudainement ma concentration. Une fille, aux alentours des 7 ou 8 ans, était en train de marcher vers moi d’un pas léger. D’après ma mémoire, c’était Tory. Ses cheveux bleus-verts étaient délicatement tressés en une simple natte, mais je pouvais dire en les regardant qu’ils étaient extrêmement secs et dans un grands besoin d’être lavés. Comme ma mère, elle était sale un peu partout et je voulais vraiment la nettoyer. Elle gâchait son adorable visage.

Peut être que cette pensée n’était que l’opinion d’un étranger qui venait du Japon, un pays avec un haut standard d’hygiène personnel. Même en étant pauvre tu voulais garder un lieu de vie sain ; autrement tu tombais malade, allait ensuite voir un docteur et dépensais l’argent que tu n’avais pas.

Je ne me souciais plus trop de ce genre de chose à présent cependant. Il y avait exactement une chose dans mon esprit.

« Tory », demandai-je, « tu m’apporterais un livre ? »

En se basant sur l’âge de Tory, il devait y avoir une dizaine de livres d’images dans cette maison. Je devais rester couché pour faire passer la maladie, mais je pouvais encore lire. Lire un livre d’une autre dimension était ma plus haute priorité.

« Tory, s’il-te-plaît! »

Tory me regarda d’un air ahuri. Moi, son adorable petite sœur, avec sa tête penchée sur le côté.
« Huh ? Qu’est-ce qu’un ‘livre’ ?
-Qu...uhh, c’est quelque chose où il y a des ‘mots’ et des ‘images’ qui ont été ‘écrites’…
-Maine, de quoi tu parles ? Je ne comprend pas, qu’est-ce que tu as dit ?
-Je t’ai dit, un ‘livre’ ! Je veux un ‘livre d’images’ !
-Qu’est-ce que c’est ? Je ne comprends vraiment pas... »

Il semblait que j’avais accidentellement utilisé des mots japonnais à la place des mots que Maine ne connaissait pas. Peu importe combien j’essayais de l’expliquer à Tory, elle restait simplement là, avec sa tête inclinée sur le côté, et une expression idiote sur le visage. Même si je disais simplement « donne moi un livre » en japonais, il n’y avait aucun moyen qu’elle comprenne. Je devais approfondir mon vocabulaire, et rapidement.

« Ugh, bien ! ‘fonction de traduction, engagéééééée !, criai-je.
- Maine ! Pourquoi tu es si furieuse?!
-Je ne suis pas furieuse, j’ai juste une migraine. »

M’énerver contre Tory pour ne pas me comprendre aurait été d’un grande infantilité… C’était cependant ce que j’avais fait.

Tout d’abord, je devais écouter attentivement tout ce que disaient les gens autour de moi et, petit à petit, j’allais commencer à mémoriser les mots que j’entendrais. Avec la flexibilité du jeune cerveau de Maine d’une part, et ma propre intuition acquise par 22 années d’étude d’autre part, mémoriser du vocabulaire allait être une chose facile… en théorie. Au pire, Si je repensais à ce que j’avais traversé quand j’avais étudié une nouvelle langue afin de pouvoir lire un livre étranger, ce n’était pas quelque chose d’insurmontable. Le zèle et l’amour avec lequel je me dédiais aux livres suffisaient pour faire fuir les gens.

« … Tu es en colère parce que tu as encore de la fièvre ? » me demanda Tory. Elle tendit sa main vers mon front, probablement pour sentir ma température. Sans réfléchir, j'agrippai sa main sale avant qu’elle ne me toucha.

« Je suis encore malade, tu ne vas pas tomber malade également ? » demandai-je. Bien que je prétendis être concernée pour ma sœur, en réalité je ne faisais qu’essayer de l’empêcher de faire quelque chose de dégoûtant. Je ne voulais vraiment pas être touchée par Tory avec des mains sales. Ainsi, j’employais cette technique d’adulte pour l’éviter.

« Oh, tu dois avoir raison. Prends soin de toi ! »

Sauvée. Si elle avait été propre, elle aurait été une formidable grande sœur mais à présent je ne voulais pas être touchée du tout. Si il s’agissait de la situation dans laquelle je me trouvais, j’allais devoir faire rentrer le concept d’hygiène dans leur crâne. Si je ne commençais pas à améliorer les choses ici, je ne pensais pas être capable de survivre. D’après cette mémoire, Maine avait toujours été une enfant fragile. Elle avait bien trop souvent été malade et alitée. J’avais beaucoup trop de mémoires de ce lit.

Si j’allais pouvoir lire tant que je le voulais, je devais d’abord m’assurer d’être en bonne santé, et que mon environnement soit sain. Cette famille était bien trop pauvre, ainsi si je tombais malade, personne ne pouvait appeler un médecin. Et même si quelqu’un le faisait, étant donné ce à quoi cet endroit ressemblait, je ne pouvais pas imaginer que cela ne soit quoi que ce soit de bon. Définitivement, je ne voulais pas devoir être à leur soin.

Maman m’appela depuis l’autre pièce.
« Tory, Tu peux m’aider avec le dîner ?!
-Oui, maman, »répondis Tory, et elle s’en alla en courant.

A en juger par l’angle des rayons du soleil qui se diffusaient à travers ma fenêtre, il était probablement l’heure de commencer à préparer le dîner. Tory avait l’air d’être encore en maternelle, mais elle aidait déjà énormément aux tâches domestiques. Quel état de pauvreté était-ce pour qu’on compte sur les enfants pour effectuer du travail manuel.

« Ugh, c’est pas bon... »

La pensée de ce à quoi ressemblerait ma vie quand j’aurais grandi était vraiment déprimant. Peu importe comment j’y pensais, j’allais me retrouver à devoir travailler à la maison pour toujours. Je n’allais pas avoir beaucoup de temps pour lire. Les tâches ménagères étaient déjà une véritable corvée quand j’étais encore au Japon, même avec tous ces appareils bien pratiques. Une femme inutile comme moi qui aimait passer son temps à lire était-elle seulement capable de s’adapter à une telle vie ?

« Bang! Bang ! »

Un bruit vif et intermittent résonna à travers la pièce. Maman avait dit qu’il était temps de préparer le repas. Ainsi il devait s’agir du bruit de la cuisine, mais qu’est-ce qui pouvait bien se passer là-bas ? Je ne pouvais rien voir de là où je me trouvais, mais en même temps, je ne voulais pas vraiment le savoir.

Je devais rester positive ! Je n’allais pas gâcher cette réincarnation. Il y avait des livres, ici, à lire sur lesquels je n’aurais jamais pu poser les yeux sur Terre ! Ma première priorité était de prendre soin de ma condition physique. Ceci étant décidé, je fermai lentement les yeux.

« Je suis rentré ! »
« Salut Papa ! »

J’entendis un bruit métallique, comme des assiettes en métal qui se heurtaient. Mon père était de retour à la maison, juste à temps pour le dîner. Maine était encore trop fiévreuse pour manger, ainsi je m’assoupis avec le son du joyeux repas de famille qui se déroulait dans l’autre pièce. Alors que mes idées s’obscurcissaient, je n’avais qu’une pensée en tête.

Ah, je n’en avais que faire, je voulais juste lire un livre.
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Commentaires

  • merci pour ce nouveau novel
  • Bienvenue à toi NisS !

    Voilà un LN qui a le mérite d'être original ! :sunglasses:
    Ça fait du bien de varier un peu avec les power-up (wuxia/xianxia) et les LN de gaming. Je suis bien tenté par la trad en anglais pour voir ce que ça donne sur le long terme.

    Sur ta traduction pas grand chose à dire ! Belle trad et une ortho/écriture soignée (quelques petits ratés mais dans l'ensemble c'est bien --> "-Oui, maman, »répondis Tory, et elle s’en alla en courant." --> répondiT). :)
    Ça manque aussi légèrement de fluidité et de naturel sur certaines tournures de phrase mais c'est tout à fait normal pour une première trad donc pas d'inquiétude. Ça s’acquiert à force :blush:

    Bonne continuation à toi ! :)
  • Merci NisS pour ce LN ! J'ai franchement adoré le chapitre 1 !! ^^
    En même temps, ça parle d'amour des livres, donc comment ne pas être d'accord ! :smiley:

    Sinon, comme le disais Kayorko, la traduction est bonne ! Après, il y a quelques fautes que tu fais plusieurs fois, genre mettre un imparfait à la place d'un passé composé (ex: ma famille allait commençait -> commencé). Il manque quelques accords par-ci par là, mais franchement, rien qu'un checkeur ne saurait corriger. ;)
    Après, plutôt que de dire à chaque fois "Peu importe combien/comment", tu peux utiliser "Peu importe à quel point" ou "quelque soit la manière dont" pour varier un peu.
    Et j'aurais écrit "il me semblait" ou "il semblerait" plutôt que "il semblait".

    Mais bon, c'est juste mon avis personnel ! ^^
    En tout cas, merci beaucoup pour la découverte !!
  • merci bon concept j'attends la suite
  • Honzuki no Gekokujou

    Chapitre 3 – Exploration de la maison

    Après 3 jours, ma fièvre était enfin tombée et j’avais suffisamment récupéré pour pouvoir manger. Ce que j’avalais était une fade soupe dans laquelle flottait une julienne de légumes. D’accord tant que j’étais malade, mais je ne pensais pas être capable de l’endurer à nouveau une fois remise. Aussi, j’avais pris l’habitude d’être appelée Maine. J’allais vivre le reste de ma vie en tant que Maine, donc je devais m’y habituer assez rapidement.

    « Maine, tu as fini ? Demanda Tory alors qu’elle était venue vérifier mon état.
    « Oui. »

    Je lui tendis mon assiette vide et me recouchai immédiatement.

    « Repose-toi bien Maine. »

    Ces trois derniers jours, je n’avais même pas pu quitter la chambre ! Si je m’étais levée, c’était pour utiliser les toilettes, après quoi on me ramenait tout droit au lit. N’était-ce pas un peu dur ? En outre, Je dis ‘toilettes’, mais ce n’était en réalité qu’un pot de chambre qui se trouvait dans la pièce. C’était si embarrassant ! Qui plus est, non seulement le reste de la famille utilisait également ce même pot de chambre, mais quand ils avaient fini, ils envoyaient juste le contenu voler par la fenêtre ! Ah, et bien sur il n’y avait pas de baignoire non plus ! Je n’avais pas pu résister après quelques temps et avais essayé de me laver moi-même. Tout le monde m’avait regardé comme si j’étais devenue folle. Ce style de vie… Je n’en peux plus !!

    Ce n’était pas comme si je pouvais y faire quoi que ce soit. Étant une très jeune enfant malade, même si je fuyais, il n’y avait pas moyen de vivre comme je l’entendais. J’avais encore l’esprit d’un adulte, donc j’étais bien consciente du problème, de l’impasse dans laquelle je me trouvais. Je n’allais pas m’enfuir en courant sans réfléchir, même si je détestais cette situation. À en juger par ce que j’avais vu jusqu’à présent, le monde extérieur n’avait pas l’air d’être un meilleur endroit. Je n’avais aucune idée quant à l’existence de services de protection de l’enfance, ou de refuges, ou encore de quoi que ce soit qui y ressemblerait. Et quand bien même une telle place existerait, rien ne me disait que j’y aurais connu une meilleure situation.

    Si je m’enfuyais de ce taudis, tout ce qui allait m’arriver était que je passerais quelques jours à courir dans les ruelles, puis serais recouverte par les déchets qui me tomberaient dessus, pour finalement mourir sur le bord de la route. Je devais plutôt me concentrer sur mon rétablissement pour ensuite améliorer la condition dans laquelle cette maison se trouvait.

    Mon premier objectif était bien sur d’être suffisamment guérie pour pouvoir sortir de ce lit sans que quelqu’un ne s’énerve contre moi.
    … Bien, c’était un début.

    Mais avant toute chose : des livres. Le premier pas dans l’amélioration de ma situation était bien sur de trouver des livres. Si j’avais un livre, alors j’allais être capable de m’occuper de tous ces problèmes. J’allais persévérer ! Ainsi, j’avais décidé que la journée serait consacrée à l’exploration de la maison. Je n’avais pas lu un livre depuis bien trop longtemps, et je commençais à me sentir en manque.

    « Donnez-moi un livre ! Raaagh ! Je vais crier ! Une femme mûre va éclater en sanglot en public ! »

    Puisque j’avais une grande sœur, j’allais bien être capable de trouver un livre d’images quelque part. À moins que je ne fasses erreur, je ne pensais pas être capable de lire le langage de ce monde. Mais je pouvais au moins regarder les images et tenter de déchiffrer quelques mots.

    La porte s’ouvrit lentement, et la tête de Tory se glissa au travers. « Maine, tu dors ? » chuchota-t-elle. Je me faufilai doucement dans mon lit et elle sortit satisfaite. À chaque fois que je me réveillais, je sortais de mon lit à la recherche d’un livre, seulement pour m’effondrer peu après. Ainsi, Tory avait pris sur elle de me surveiller. Quand ce matin, notre mère partit au travail, elle laissa Tory en charge de ma garde. Tory essayait désespérément de me garder au lit alors que moi, avec mon petit corps, j’essayais de courir mais ne parvenais jamais à me libérer de sa prise.

    « Je parviendrai à te ‘dominer’ ,bafouillai-je. 
    -qu’est-ce que c’était ? demanda Tory.
    -...Hmm ? Oh, je voudrais tant être plus grande »

    Sans vraiment comprendre le sens de ma phrase, Tory me donna un sourire troublé. « Si tu te soignes, tu deviendra plus grande ! Comme tu es tout le temps malade, tu ne manges pas. Donc même si tu as 5 ans, les gens pensent que tu en as 3. »

    Oh, j’avais donc 5 ans ? J’avais une si frêle constitution. C’était la première fois que j’entendais mon âge. Je ne me rappelais d’aucune fête d’anniversaire, aussi je ne pouvais pas m’en rendre compte moi-même. Ou peut-être qu’il y avait eu des fêtes d’anniversaires mais que je ne les avais pas reconnu comme tels puisque je comprenais mal ce qu’on me disait.

    « Tory , demandai-je, es-tu grande ?
    -J’ai six ans, mais tout le monde pense que j’en ai 7 ou 8, donc je dois être un peu grande.
    -Ahh. »

    Nous avions seulement un an d’écart mais quelle différence de physique ! La surpasser allait être difficile, mais je ne pouvais pas abandonner. J’allais prendre soin de mon hygiène et manger équilibré.

    « Maman va au travail, dis Tory. Donc je dois laver la vaisselle. N’en profite pas pour te glisser hors du lit ! Si tu ne dors pas, tu ne guériras pas. Et si tu ne guéris pas, tu ne deviendras pas plus grande ! Compris ? »

    Afin de pouvoir sortir en douce, j’avais joué la gentille fille depuis la nuit dernière. Ainsi, Tory allait baisser sa garde . J’avais patiemment attendu qu’elle me laisse finalement seule et s’en aille.

    « Bien, j’y vais maintenant. Sois sage et reste ici, d’accord?
    -Ouiiiiiiiii ! »répondis-je, sage comme une image.

    J’attendis tranquillement qu’elle prenne la bassine de vaisselle sale et s’en aille. Tory sortit en claquant la porte. Je ne savais pas où elle allait pour laver la vaisselle mais elle en avait toujours pour 20 à 30 minutes. Il semblait que les maisons, ici, n’avaient pas leur propre ressource d’eau, donc il y avait probablement un puits ou une fontaine publique.

    Heh heh heh… Je pouvais enfin sortir !

    De ce qui devait être l’entrée, j’entendis le bruit d’une serrure qui s’ouvrit, suivit du son de plus en plus faible des pas de Tory dans l’escalier. J’attendis jusqu’à ce que je ne l’entende plus et quittai ensuite doucement mon lit. Je grimaçai en sentant la poussière du sol mordre dans mes pieds nus. Marcher pied nu dans une maison où tout le monde portait des chaussures était profondément dégoûtant. Mais je n’avais pas la choix car Tory, dans le but de m’empêcher de vagabonder dans la maison, avait caché mes chaussures. La recherche d’un livre était ma première priorité. Je n’avais pas le temps de me soucier de l’état de mes pieds.

    « Si il y avait un livre dans cette pièce, je m’en serais déjà rendu compte... »

    Dans cette chambre où j’avais été enfermée avec ma fièvre se trouvaient deux lits et trois caisses de bois pleines de vêtements et d’objets divers. Il y avait quelques jouets en bois ou en paille mais aucun livre. Si cette maison avait une étagère avec des livres, cela devait être dans le salon.

    « Yyyuck... »

    A chaque pas, la poussière au sol se collait à mes pieds. Il était coutume ici de marcher dans la maison en chaussure, donc je savais que même si je me plaignais, rien n’allait changer. Mais les habitudes japonaises étaient si profondément ancrées en moi qu’il m’était pratiquement impossible de m’adapter. Si je devais vivre en tant que Maine, il y avait beaucoup de choses auxquelles j’allais devoir m’habituer.

    « Grrr, trop haut... »

    Je venais de rencontrer le premier véritable obstacle de mon exploration : la porte de la chambre. Ce n’était pas comme si je ne pouvais pas atteindre la poignée du tout. Si je me tenais sur le bout des pieds et m’étirais autant que possible, je parvenais tout juste à toucher le bas de la poignée du bout des doigts. La tourner, cependant, était une autre histoire. Je regardai dans la pièce, cherchant quelque chose qui pourrait me servir de tabouret. Mes yeux se posèrent sur la caisse en bois qui contenait mes vêtements.

    « Hnnnngh ! »

    Si j’avais été un adulte, j’aurais bougé cette caisse les doigts dans le nez, mais quand bien même je m’efforçai de pousser et tirer, mes petits bras ne parvenaient pas à la bouger. Je pouvais peut-être retourner le panier qui contenait mes jouets mais il n’avait pas l’air de pouvoir supporter mon poids.

    « Je dois rapidement devenir plus grande ! Il y a tant de choses que je ne peux pas faire pour l’instant. »

    Après avoir regardé à nouveau dans la chambre et pensé à d’autres options, je décidai d’essayer de plier les draps de mes parents pour ensuite monter dessus. Il n’y avait aucun moyen pour que je laisse mes propres draps toucher ce sol poussiéreux sur lequel les gens marchaient avec des bottes. Mais mes parents étaient habitués à vivre dans de telles conditions, donc il n’y avait aucun problème à utiliser le leur. Si c’est pour le bien de le découverte d’un livre, énerver un peu mes parents n’était pas si grave après tout.

    « Hup »

    Je me tenais sur les draps posés par terre ,sur le bout de mes orteils, et j’attrapai la poignée de la porte. Je me tordis sur toute la longueur de mon corps et la poignée tourna. La porte s’ouvrit dans un grincement… sur moi.

    « Qu ?!

    « La porte s’ouvrit sur ma tête avec grande force. Je lâchai désespérément la poignée et trébuchai en arrière »

    « Quo-o-o-oi ! »

    Dans un fracas, je tombai de la pile de draps et me cognai la tête.

    « Outch... »

    J’agrippai ma tête en me relevant. Je remarquai que la porte était toujours légèrement ouverte ! Ma tête n’était qu’un autre sacrifice pour la bonne cause.

    « Je l’ai fait ! Elle est ouverte ! »

    Je bondis en avant, plaçai mes doigts dans la fente et ouvris la porte en grand. Je vis que les draps de mes parents avaient glissé et qu’ils avaient laissé sur le sol une trace propre derrière eux… mais j’allais prétendre ne rien avoir remarqué pour le moment.

    « Aha ! La cuisine ! »

    Je quittai la chambre et me retrouvai dans la cuisine. ‘Cuisine’, pris dans le sens moderne du terme, devait être un peu trop généreux. Dans le coin, je voyais une cuisinière, sur laquelle était posée une marmite en fonte. Sur le mur à côté, pendait quelque chose qui ressemblait à une poêle à frire. Une corde à linge traversait la piège où était étendus des torchons à l’aspect crasseux. Quiconque essayerait de nettoyer quelque chose avec ces torchons était sûr de ne faire rien d’autre que de tout empirer.

    « Pas de doute que je me retrouve avec une si faible constitution avec une hygiène pareille... »

    Au centre de la pièce, se trouvait une sorte de petite table, deux tabourets à trois pieds et une caisse qui semblait être être utilisée comme autre tabouret. Sur la droite se trouvait un meuble en bois, qui devait servir de placard. Dans le coin opposé à la cuisinière, une large corbeille était remplie de légumes crus qui ressemblaient presque à des pommes de terre et à des oignons. Il y avait également un évier avec une grande carafe d’eau à côté. L’évier s’utilisait probablement en versant l’eau depuis la carafe. Il ne devait pas y avoir l’eau courante.

    Alors que je finissais ma fouille de la pièce, je remarquai deux autres portes à côté de celle qui menait à la chambre.

    « Ohoho, laquelle vais-je choisir ?

    La cuisine ne ressemblait pas vraiment au genre d’endroit où j’allais trouver des livres, j’ouvris alors une de ces portes qui me menai hors de la cuisine.

    « Hm, un débarras ? »

    Derrière la porte se trouvait une pièce pleine à craquer d’objets que je n’avais jamais vu auparavant. Tout était sur des étagères, mais était empilé de manière si aléatoire qu’il ne semblait pas qu’une étagère soit d’une quelconque utilité.

    « Mauvaise porte, huh... »

    J’abandonnai cette pièce et me dirigeai vers la seconde porte. Je m’étirai pour tirer sur la poignée mais la porte ne fit que bouger mollement. Je tirai encore en encore mais la porte ne semblait pas vouloir s’ouvrir.

    « Ne me dis pas que c’est par cette porte que Tory est sortie… ? Eh ? Les deux portes étaient les mauvaises ? Aucune n’était la bonne ?

    Soudainement perplexe, je marmonnais toute seule. C’était un appartement avec deux chambres et une cuisine… mais sans baignoire, ni toilette, ni eau courant, et surtout sans livres. Même en regardant attentivement, je ne voyais aucune autre pièce.

    « Oh Dieu, es-tu si rancunier ?! »

    Dans toutes les light novels qui traitaient de réincarnation, la vaste majorité plongeaient le protagoniste parmi les riches et la noblesse. Et parmi ceux restants, peu le plaçait dans une abjecte pauvreté. J’avais la mémoire et la sensibilité d’une citoyenne japonaise moderne ; il était impensable que je sois capable de vivre sans baignoire, ni toilette, ni eau courante.

    Mais ce qui m’inquiétait le plus était que je ne parvenais pas à trouver le moindre livre. J’avais vérifié tout ce qui était dans le débarras et n’avais pu trouver quoi que ce soit qui aurait seulement ressemblé à un livre.

    « ...Impossible, les livres coûteraient-ils très cher ? »

    Sur Terre, avant l’invention de l’imprimerie, les livres étaient quelque chose de ridiculement cher. Si tu n’étais pas parmi la haute société, les opportunités de pouvoir lire un livre étaient rares.

    « Je n’ai pas le choix. Si c’est comme ça, je vais trouver des mots. »

    Même si je n’avais aucun livre, il était toujours possible que je commence mon apprentissage de la lecture. Il pouvait y avoir des journaux, des pamphlets, des magazines, des calendriers ou même des publicités ! Il devait sûrement y avoir quelque chose avec au moins un mot dessus quelque part.

    Tout du moins, cela aurait été vrai au Japon.

    « … Rien ! Absolument rien ! Même pas un mot ! Dans quel genre de maison ai-je bien pu tomber ?! »

    J’avais vérifié tout ce qui se trouvait sur l’étagère, dans le débarras et dans le placard. Non seulement je n’avais, bien évidemment, trouvé aucun livre mais il n’y avait pas non plus la moindre lettre écrite. Rien du tout. Lettre à part, je n’avais pas pu trouver le moindre petit bout de papier !

    « Mais qu’est-ce que.... »

    Une douleur aveugle se propagea dans ma tête, comme si ma fièvre faisait un retour rugissant. Mon cœur battait dans ma poitrine, et j’étais assourdie par un brusque sifflement dans les oreilles. Je m’effondrai sur le sol, comme si les fils qui me gardaient debout étaient soudainement coupés. Mes yeux étaient si chaud.

    Mourir, écrasée par des livres, avait été mon rêve. Être réincarné, ça allait aussi. Mais comment j’étais supposée vivre ainsi ? Dans quel but ? Je n’avais même pas pensé pouvoir être réincarnée dans un monde sans livres. Pourquoi étais-je seulement naît ?!

    Des larmes coulèrent sur mon visage alors que je m’efforçai de trouver une raison de continuer à vivre.

    « Maine !! Qu’est-ce que tu fais debout ?! Tu n’aurais pas du sortir de ton lit sans tes chaussures ! » cria Tory, traversant la cuisine pour me trouver effondré sur le sol.

    « ...Tory… il n’y a pas de ‘livres’... »

    Alors même que je voulais tant lire, il n’y avait aucun livres. Je ne savais pas pourquoi, ni même comment j’allais continuer à vivre.

    « Quel est le problème ? Tu es blessée ? » demanda Tory, inquiète, alors que j’étais couchée, là, mes larmes ne cessant de couler. Je n’avais aucun moyen de m’expliquer. Elle ne réalisait même pas qu’il n’était pas normal de ne pas avoir de livres. Comment aurait-elle pu comprendre mes sentiments ?

    Je voulais un livre.

    Je voulais lire.

    _____________________

    Hé ! y-aurait-il quelqu’un ici qui me comprenne ?

    Où est-ce que je peux trouver un livre ?

    S’il-vous-plaît, quelqu’un, dites le moi.

    *******************************************************
    Merci pour vos conseils et encouragement!!

    Traduis depuis la team blastron01(http://blastron01.tumblr.com)
  • merci pour le chapitre
  • Merci et vivement la suite :)
  • Navré d'avoir été si peu présent ces derniers temps, j'ai été pas mal occupé pendant un moment. Je reviens aujourd'hui avec un nouveau chapitre, le prochain sortira demain. En attendant, bonne lecture!

    Honzuki no Gekokujou

    Chapitre 4 – Exploration de la ville

    La veille, j’avais pleuré, pleuré et pleuré. Quand mes parents
    m’appelèrent pour le dîner, et même quand ils s’étaient énervé contre moi pour avoir sali leur lit, la seule réaction que j’avais pu exprimer avait été de fondre en larme. Le matin, mes yeux étaient rouges et gonflés d’avoir autant pleuré. Ma tête était si lourde. Néanmoins, ma fièvre était complètement parti et mon corps n’était plus aussi lourd et engourdi. Tous ces pleurs semblaient également avoir éclairci ma mauvaise humeur.

    Après le petit-déjeuner en famille, ma mère se dirigea vers mon visage bouffi.

    « Ah, ta fièvre est partie. »

    Les mains nettoyés et encore froide, elle toucha mon front et massa le coin de mes yeux. La fraîcheur de son touché était si apaisante.

    « Dis-moi, Maine, me demanda ma mère, maintenant que tu te sens mieux, aimerais-tu m’aider à faire les courses aujourd’hui ? 
    -Hmm ? Maman, et ton travail alors ? Ma fièvre est tombée à présent, donc ne devrais-tu pas aller travailler ? »

    N’avait-elle pas dit un peu plus tôt quelque chose comme… « Je suis incroyable occupée à travailler chez le teinturier en ce moment, donc même si Maine a de la fièvre je ne peux prendre aucune pause. » ? C’est une femme active ! Est-ce que ça va aller?

    Elle me regarda. J’avais la tête penchée sur le côté, un air de curiosité sur le visage. Puis elle sembla triste.

    « Tory s’est occupée de pratiquement tout afin que tu ailles mieux, et je pensais que c’était une honte qu’elle ne puisse pas sortir, même un peu… mais hier, tu pleurais, encore et encore, et Tory se sentait si mal. Elle a dit qu’elle pensait que tu avais commencé à pleurer parce que tu te sentais seule. Donc j’ai fais le tour des voisins et les ai prié de m’aider pour prendre une pause. »

    A ces mots, ma respiration se bloqua. Moi, une femme avec la maturité mentale d’une personne de 22 ans, avais passé la journée entière à pleurer, sans même se soucier des sentiments de ceux qui se trouvaient autour de moi. J’étais si honteuse que je voulais creuser un grand trou dans lequel m’enterrer. Une fois finalement calme, mes actions semblaient incroyablement embarrassantes.

    « Je… Je suis désolée… Bégayai-je.
    - Tu n’as pas besoin de t’excuser. Maine. Être malade rend tout le monde dépendant. »

    Ma mère me tapota gentiment la tête pour me réconforter. Sa gentillesse ne faisait qu’accroître mon sentiment de culpabilité.

    J’étais si désolée. J’avais pleuré de désespoir quand j’avais réalisé qu’il n’y avait aucun livres, et non parce que je me sentais seule ou parce que ma mère était partie. Aller chercher des livres dès que Tory avait quitté la maison… Je ne savais pas ce à quoi j’avais pensé. J’étais vraiment, vraiment désolée.

    « Tory va à la forêt à côté avec tout le monde, dit ma mère, mais je ne veux pas que tu te surmènes alors que tu commences à peine à aller mieux. Que penses-tu de venir avec moi faire quelques courses ? 
    -Oui ! Répliquai-je.
    -Oh ! Tu retrouves vite le sourire. »

    Ma mère me sourit à nouveau, pensant probablement que j’étais remplie de joie à l’idée de passer du temps avec elle.

    Je lui renvoyai son sourire. « ça va être amusant ! »

    Ma mère paraissait si heureuse que je n’allais pas lui dire la véritable raison de mon changement d’humeur. Que si j’allais dehors, j’allais probablement être capable de trouver quelque chose à lire. Si j’allais faire les courses, j’allais même pouvoir demander à ma mère de m’acheter un livre ! Je n’avais pas besoin d’un épais bouquin. Pour l’instant, tout ce que je voulais était quelque chose qui me permettrait d’apprendre le système d’écriture. Un livre d’apprentissage ou quelque chose dans ce genre là, destiné aux enfants, aurait été parfait. Même une simple carte avec des lettres dessus !

    Je me disais que si je lui faisais ma petite moue en lui disant quelque chose comme, « Je ne serai plus seule si j’ai un livre ! Je serai une gentille fille et resterai à la maison, aidant aux tâches ménagères, ». Ma mère le prendrait alors comme la prière de son adorable et frêle petite fille et m’achèterait un livre d’images. Eh heh heh. En fait, cela allait être amusant.

    « Maman, je sors ! » dit Tory, lançant un coup d’œil dans la chambre avec un large sourire sur son visage. Puisque ma mère ne travaillait pas aujourd’hui, Tory, qui d’ordinaire était coinçait à me surveiller, avait également la journée de libre.

    « Bien, va retrouver tous les autres. Fais attention là-bas !  dit notre mère.
    -Oui maman ! »

    Tory lança une grande panière en osier sur son dos comme un sac-à-dos, puis partit le pas léger. Elle paraissait aller jouer avec ses amis mais en réalité, il s’agissait encore d’une autre corvée. Elle allait ramasser du feu de bois ! Tant qu’elle y était, elle allait également chercher des noix, des baies et des champignons qu’elle ramènerait. Que nos prochains repas soient bons ou non dépendait entièrement de Tory.

    « Tu peux le faire, Tory ! Épice ma vie ! »

    Les enfants de ce monde semblaient être contraints à participer aux corvées très jeunes. En plus de tout ce que j’avais relevée qu’il manquait dans cette vie, il ne semblait pas y avoir d’école. Même en fouillant dans la mémoire de Maine, je n’avais pas le souvenir de quoi que ce soit qui ressemble à une école. Tory avait commencé à grandir un peu, ainsi, il semblait qu’elle allait devoir travailler comme apprentie.

    Si possible, j’aurais aimé faire mon apprentissage comme bibliothécaire, ou même dans une librairie. Aujourd’hui allait être le jour parfait pour obtenir quelques informations de l’extérieur. J’allais voir où se trouve la librairie, devenir amis avec le vendeur, puis éventuellement son apprentie. Hé, il était normal d’être impressionné par l’ingéniosité de cette petite fille, heh heh.

    « Maintenant Maine, on devrait également y aller. »

    Cela allait être ma première fois en dehors de cette maison depuis que j’étais devenue Maine ! Ainsi que la première fois que j’allais porter d’autres vêtements qu’un pyjamas. Ces habits étaient tout aussi rapiécés, de vieilles récupérations mais ils étaient plus épais et je me retrouvai empaquetée dans les nombreuses couches. J’étais si enveloppée qu’il m’était difficile de bouger ! Il semblait qu’il allait faire froid dehors.

    Je m’étirai pour prendre la main de ma mère et je la suivis, pour la première fois, dehors.

    Froid !
    Étroit !
    Puant !

    Les bâtiments étaient faits de pierre, et semblaient absorber le peu de chaleur qui se trouvait dans l’air. Malgré tous les vêtements qui m’emmitouflaient, un froid frigide me pénétra immédiatement et je frissonnai jusqu’à l’os.

    J’aurais tout donné pour quelque technologie isolante qui me tienne chaud, ou pour un polaire, ou même un de ces réchauffeurs chimiques. Tant qu’à être dans les souhaits, j’aurais aussi voulu un masque ! Quelque chose pour bloquer cette puanteur afin de ne pas tomber à nouveau malade.

    De suite en sortant de la maison se trouvait un escalier. Il était si raide et si étroit que moi, avec l’habilité athlétique d’un enfant de 3 ans, était effrayée à l’idée de prendre ne serait-ce que la première marche. Ma mère me prit par la main et nous descendîmes. les planches tordus craquaient sous nos pieds alors que nous tournâmes et tournâmes dans cet escalier. Après environ 2 étages, l’escalier de bois était remplacé par de la pierre robuste et bien entretenue.

    Il s’agissait du même immeuble… Pourquoi y-avait-il une telle différence ?

    Mon visage était peut être déformé par le froid et la puanteur, mais j’étais finalement dehors. De par mes estimations, ma maison devait se trouver au quatrième étage d’un immeuble qui en comprenait six. Honnêtement, avec mon petit corps, ma faible constitution et mon manque global de force, aller seulement dehors était un défi en soit. Je compris qu’il soit naturel que la majorité des souvenirs de Maine se passaient à l’intérieur.

    « Haaaahhh, haaaaahhh… Maman, Je ne peux plus… respirer… ralentis ! »

    Nous étions seulement parties et je me retrouvai complètement à bout de souffle. J’étais si faible et je n’avais aucune idée si j’allais être capable de me traîner jusqu’à notre destination sans m’effondrer dans la rue.

    « Nous avons seulement quitté la maison ! Est-ce que ça va ?
    - Oui, ça va. Allons-y »

    Plus que tout, je voulais savoir où se trouvait la librairie. Pendant que je me reposai pour reprendre mon souffle, je regardai autour de moi. À droite de notre immeuble se trouvait comme une petite place avec un puits en son centre. La zone autour du puits était pavée de pierre et peuplée de vielles femmes qui discutaient en frottant leur lessive. Il devait s’agir de la place où se rendait Tory pour faire la vaisselle et où nos grandes carafes étaient remplies tous les matins.

    « Maman, as-tu fais la lessive ? Demandai-je.
    -Je l’ai faite ! J’ai déjà terminé. »

    Ces vêtements semblaient encore un peu sale, mais apparemment ils avaient été lavés. Le détergent d’ici ne devait pas être très bon… J’allais devoir penser à faire du savon.

    La place était entourée de tous les côtés par d’autres grands immeubles. Une seule route menait en dehors de la ville. Nous longeâmes cette étroite route, tournâmes au coin puis nous retrouvâmes sur une immense allée principale.

    Whoa, les rues d’un pays étranger...

    Un inconnu paysage urbain se dessinait devant moi. Des charrues tirées par des animaux, qui ressemblaient vaguement à des chevaux ou à des ânes, faisaient résonner leurs sabots sur les pavés, passant les étales des marchants qui remplissaient les deux côtés de la rue.

    « Maman, demandai-je, dans quel magasin allons-nous ? 
    -Hmmm, Maine, de quoi tu parles ? Nous allons au marché, tu sais ? Nous n’allons généralement pas dans les magasins. »

    Les magasins bien entretenus établis au rez-de-chaussé de ces bâtiments semblaient être habituellement fréquentés par des gens qui avaient de l’argent. Les roturiers comme nous n’avaient pas la nécessité de fréquenter ce genre d’endroit. À la place, les courses quotidiennes avaient l’air de se faire au marché du village.

    … donc, cela signifiait-il que la librairie était dans un de ces bâtiment ?

    Alors que je regardais autour de moi, cherchant tout signe qui correspondrait à une librairie, je vis un immeuble si impressionnant de par sa taille qu’il devait s’agir d’un monument local. La construction était simple mais ses pierres blanc cassé irradiaient magistralement et attiraient le regard.

    « Oh, un château ? , demandai-je en montrant le bâtiment du doigt.
    -C’est le temple, tu sais ? Quand tu auras sept ans, c’est ici que tu seras baptisée. »

    Ah, une église. Une église, hmmm. Je n’aimais vraiment pas les obligations religieuses. J’aurais vraiment apprécié d’éviter au possible de me retrouver près de là.

    De par ma sensibilité de Japonaise moderne, je souhaitais garder mes distances de la religion. Je n’étais pas sûre de savoir dans quelle mesure il était acceptable de rejeter la religion dans ce monde, ainsi j’avalai mes objections et les gardai pour moi. À la place, je tournai mon attention vers le murs qui se trouvait au-delà du temple.

    « Maman, et ces murs là ?
    -C’est les remparts du château, dit-elle. Le seigneur des terres a construit sa maison ici, tout comme l’a fait le reste de la noblesse. Nous n’avons pas vraiment d’affaires vers là-bas.
    -Hmmm... »

    Je ne voyais rien de ce qui se trouvait derrière ce grand murs de pierres blanches. D’ici, il ressemblait moins à un château qu’à une prison. Peut-être était-il ainsi fortifié contre toute attaque extérieure ? Pour de quelconques raison, quand je pensais à un château de style européen, j’imaginais quelque chose de luxueux. Ah, quoique, Je devinais qu’un château se devait aussi d’être fortifié.

    « Et donc, quel est ce mur ?
    -C’est le mur extérieur, Il protège la ville du monde extérieur. Si tu suis cette route, tu trouveras un portail qui mène vers dehors. Ton père est probablement actuellement en train d’y travailler.
    -...Papa ? »

    De par la mémoire de Maine, je savais que mon père était une sorte de soldat, mais je n’avais aucune idée quand au fait qu’il était garde de portail. Plus important, le château du seigneur était construit comme une forteresse et était entouré par des remparts et un mur extérieur. Basé sur cela, je me demandais si je devais considérer cet endroit comme une ville ? À en juger par la taille des murs qui entouraient ce district et par la ruée des gens qui remplissent cette rue, il ne semblait pas s’agir d’un très large quartier, mais j’avais comme moyen de comparaison Tokyo ou Yokohama. Je ne savais pas si cette comparaison était véritablement valable.

    Aaaaargh, la taille des librairies dépendait de celui de la ville, et je n’avais même pas un moyen de comparaison ! Était-ce une grande ville ? Était-elle petite ? S’il vous-plaît, répondez-moi, O grand maître !

    « Maine, continuons à avancer, dis ma mère, si on n’arrive pas bientôt au marché, toutes les bonnes choses seront déjà parties ! »
    Je hochai la tête. « D’accord »

    Alors que nous marchions, je gardais les yeux grand ouverts à la recherche d’un quelconque signe d’une librairie. Aussi étrange que cela puisse paraître, je remarquai que les devantures des magasins qui s’alignaient dans la rue étaient toutes illustrées. Il y avait des panneaux de bois avec des images peintes et d’autres de métal comportant des gravures mais je n’en avais pas encore vu une avec ce qui pourrait ressembler à des mots. Ces panneaux étaient tous destinaient à ce que même quelqu’un comme moi, qui ne pouvait pas lire du tout, puisse les comprendre aisément. C’était ce qui avait rendu ma recherche d’une librairie relativement facile mais… J’eus soudainement une pensée terrible.

    Huh ? N’y-avait-il aucun mot écrit du tout ? Non seulement dans ma maison, mais dans tout le quartier également ? Peut être que le taux d’alphabétisation était très faible ? ...Peut être même que l’écriture n’avait pas encore été inventée ?!

    Je pâlis à la réalisation de l’implication de cette idée. Je n’avais jamais envisagé que l’écriture elle-même pouvait n’avoir jamais existé. Si les mots écrits n’avaient pas été découverts, les livres n’allais, après tout, pouvoir exister.

    « Maine, il y a beaucoup de monde ici. Ne reste pas derrière ! dit ma mère sur un ton maternel.
    -… Oui » répondis-je d’une petite voix.

    J’étais vaguement consciente du mouvement de mes pieds tant je luttais pour tenir ma terreur éloignée. Ainsi, nous arrivâmes au marché avant que je ne m’en rende compte. La chahut d’une foule inattendue assaillit mes tympans, et je levai la tête pour voir un parc animé, rempli de charrettes et d’étals. D’une certaine manière, cette scène me rappela la foule lors des festivals japonnais. Pendant une seconde, je me sentis nostalgique.

    Soudainement, je remarquai quelque chose sur un étal de fruits dont j’avais déjà abandonné tout espoir de trouver l’objet de mon désir. Mes yeux s’écarquillèrent et je commençai à sourire. Je tirai sur la jupe de ma mère pour attirer son attention.

    « Maman, regarde ! Il y a quelque chose ‘d’écrit’ ici ! »

    Des pancartes en bois avaient été fixés sur chaque panier de marchandise, et des sortes de glyphes étaient écrites dessus. Je ne pouvais pas les lire, donc je ne savais pas si il s’agissait de nombres ou de lettres, mais une chose était sûre : l’écriture avait bien été inventée ici aussi. Par la simple vue de cette unique chose, du sang me monta à la tête, et je me rendis vivement compte à quel point j’avais fait d’écriture.

    « Oh, C’est le prix. C’est là pour que tu saches combien tu dois payer si tu l’achètes.
    -Mais c’est écrits ! »M’exclamai-je.

    Me voir soudainement si énergique avait du rendre ma mère confuse mais ce n’était pas important. Alors que nous marchions, je lui fis lire tous les nombres que je pouvais trouver, et je me concentrai autant que possible à faire correspondre les nombres avec les symboles.

    Bien, bien ! Aller les synapses !

    « Donc, celui là est à trente lions ? »demandai-je.

    Après avoir passé un certain temps à me lire des nombres, je coupai ma mère et en lus un par moi-même. Ensuite, je levai la tête pour examiner sa réaction. Il semblait que j’avais vu juste. Ma mère me fixa, clignant des yeux d’étonnement.

    « C’est impressionnant, Maine, tu as pris le coup si vite !
    -Heh heh... »

    Il y avait dix chiffres, donc ce système ressemblait au système de comptage en base 10. J’étais vraiment heureuse qu’il ne s’agisse pas d’un système en base 2, ou en base 60, ou quoi que ce soit dans ce genre là. Maintenant que je savais que tel symbole correspondait à tel nombre, réaliser des calculs était une partie de plaisir.

    Ah, j’étais peut être passé par inadvertance pour un génie ? Bien qu’il s’agisse du genre de génie qui est un prodige à dix ans, à peine talentueux à quinze ans, et juste ordinaire une fois les vingt ans atteints...
  • merci pour le chapitre
  • Bon retour !
    Et merci pour le chapitre =)
    Et bonne période de fête :D
  • Je suis dans les temps pour ce nouveau chapitre :) !!
    Bonne lecture, et à dans 3 jours!

    Honzuki no Gekokujou

    Chapitre 5 – Des livres : Impossible à acquérir.

    « Bien... ensuite... La dernière chose qui reste sur la liste est la viande. Nous allons en prendre beaucoup et puis nous allons aussi avoir besoin de sel, ou peut être que nous allons la fumer… »

    Ma mère, après avoir acheté des fruits et des légumes, se dirigea vers le centre du marché. Là-bas, les bouchers semblaient alignés contre le mur extérieur.

    « Pourquoi achète-t-on autant ? Demandai-je.
    -Nous devons nous préparer pour l’hiver, tu sais ? Répliqua ma mère. À cette période de l’année, les paysans doivent tous apporter leurs provisions. Tout ce qui ne passerait pas l’hiver est abattu, donc cette période de l’année est celle où le plus de viande est vendue. Les animaux on également beaucoup mangés pour préparer l’hiver, donc leur viande est très grasse et délicieuse. 
    -...Ummm, en hivers, le marché s’en va ?
    -Bien sûr qu’il s’en va ! Il n’y a pas beaucoup de légumes qui poussent en hivers, donc le marché n’est que rarement ouvert. »

    En y repensant, c’était assez évident. Mais cette idée ne m’avais absolument pas traversée. Au Japon, avant que les serres ne deviennent quelque chose de commun, les légumes étaient vendus de saison. Et avant que les moyens de distributions ne se développent, ils étaient tous cultivés localement. On pouvait garder des aliments frais pendant de longues périodes en les mettant au réfrigérateur ou au congélateur mais avant que de telles machines n’existent, il fallait préserver la nourriture à la maison.

    « …Je n’ai jamais préparé l’hiver, murmurai-je.
    -Tu as dis quelque chose ? Demanda ma mère.
    -Nuh-uh. »

    Conserver la nourriture à la maison, huh… Où est-ce que dans ce petit appartement allons-nous pouvoir conserver quoi que ce soit ? Cette salle de stockage n’était pas assez grande, n’est-ce pas ? J’étais contente de n’être qu’une petite fille ; j’étais si petite que je n’aurais fais que gêner si j’avais essayé de me rendre utile. Ainsi, je ne me faisais pas gronder même si je ne faisais rien.

    « …Erk, ça pue !
    -C’est l’odeur de la viande ! »

    La puanteur augmenta de manière incroyable alors que nous nous approchions de la boucherie. Je pinçai mon nez pour arrêter l’odeur, mais ma mère continuait de marcher devant, comme si de rien n’était.

    La viande était-elle supposé sentir ainsi ? Ughhh, j’avais un mauvais pressentiment à ce propos…

    Même avec le nez bouché, l’air était si infect que quand nous arrivâmes finalement dans les rangs des bouchers, l’odeur qui me parvenait avait finit de couvrir mes yeux de larmes. Sur les comptoirs, à la place des morceaux de bacon et de jambons que j’espérais, se trouvaient des jambes de viande alignées où était encore attaché les pieds et était reconnaissable comme des membres d’animaux. Dans la boutiques, des bêtes mortes, drainées de leur sang, se balançaient sur les chevrons. Des lapins et des oiseaux, alignés sur les étagères, les yeux grands ouverts et la langue sortant de leur bouche.

    « Gyaaaaaaah !! criai-je
    -Qu’est-ce qui ne va pas, Maine ?! »

    Pour être honnête, pour quelqu’un comme moi qui n’avait vu de sa vie que de la viande qui avait été déjà désassemblée, coupée en petits morceaux et empaquetée, la boucherie de ce monde était un peu trop stimulante. Tous mes cheveux se dressèrent sur ma tête et des larmes coulèrent sur mes joues. Je fermai les yeux pour bloquer la vue de cette horrible scène. Ce simple coup d’œil restait fixé dans ma mémoire et ne voulait pas partir quant bien même je voulais l’oublier.

    « Maine ? Maine ?! »

    Ma mère me secouait dans tous les sens. À cet instant, un cochon se mit à crier quand sa dissection commença, et mes yeux s’ouvrirent d’un seul coup. Des gens tout sourire s’étaient regroupés autour de moi, regardant et attendant avec impatience de voir un animal assassiné juste en face d’eux.

    Pourquoi semblaient-ils trouver cela amusant ? Pourquoi souriaient-ils autant ? Ne pouvaient-ils s’arrêter ? C’était terrifiant !

    « Urkh…... »

    Le cochon poussa son dernier crie alors que le couteau le pénétra. Mon propre cri le joignit, et je m’évanouis sur place.


    Je sentis quelque chose se déverser dans ma bouche. C’était un liquide fort, astringent, extrêmement stimulant qui sentait comme de l’alcool fort. Comme je n’étais pas assez réveillée pour boire proprement, il coula directement dans ma trachée. Je bondis sur mes pieds, les yeux grands ouverts, et fut prise d’une énorme toux.

    « Cough ! Cough ! Cough ! »

    C’était bien de l’alcool ?! Quel incroyable idiot aurait pu oser faire boire un alcool aussi fort à une si faible et innocente jeune fille ?! Qu’aurait-il fait si j’avais été empoisonné à cause de l’alcool ?!

    Ma mère, à côté de moi, tenait une bouteille d’alcool.

    « Maine, tu es réveillée ? Ahh, quel soulagement, je suis si contente d’avoir pu te réveiller.
    -Cough !… Maman ?! »

    Avec un grand air de soulagement, ma mère me serra dans ses bras. Je n’étais certes pas très douée pour mettre les choses en mots en ce moments, mais je pouvais tout de même dire ce que j’en pensais, non ? De ne pas fourrer un si fort alcool dans la gorge d’un si petit enfant !! Et plus particulièrement à un enfant qui n’a pas seulement une faible constitution, mais qui venait juste de se remettre finalement d’une fièvre si forte qu’elle pensait qu’il allait mourir !! était-ce une tentative de meurtre ? Ma mère était-elle une idiote ? Voulait-elle me tuer ?!

    « Bien, Maine. Maintenant que tu es réveillée, retournons prendre de la viande.
    -Quoi ?! »

    un frisson me parcourra. Cet horrifiant spectacle était déjà incrusté dans mon esprit. Des images surgissaient devant mes yeux comme un rêve et la simple pensée me donnait la nausée. Je ne voulais pas y retourner. Cette femme, elle avait utilisé de l’alcool fort pour faire revivre une jeune fille, et à présent, elle voulait prendre cette fille qui s’était littéralement évanouie à la vue de la boucherie et la ramener devant le boucher… Se pourrait-il qu’elle soit une brute ?

    « ...Ummmm, je ne me sens pas bien, dis-je. Je crois que je vais rester ici. Maman, vas-y toute seule !
    -Eh ?Mais... »

    Je donnai à mon hésitante mère un coup d’œil de côté, puis me tournai pour faire face à la dame qui gérait le magasin. Je devais sécuriser ma position avant qu’elle ne m’emporte.

    « Excusez-moi, mais pourrais-je attendre ici ? Demandai-je à la vendeuse. Je ne vais pas vous causer le moindre problème, je vais juste m’asseoir là.
    -Oh, tu es très mature pour une si petite fille, répliqua-t-elle avec un rire sec et claquant. Ta mère vient de nous acheter de la liqueur, donc tu peux rester un peu ici. Ce serait terrible si je jetais une petite fille qui ne se sent pas bien et qu’elle a un autre accident n’est-ce pas ? Allez faire vos courses madame, je m’occupe d’elle à votre place. »

    Il semblait que cette femme soit le propriétaire de cet étal de liqueur où ma mère venait d’acheter l’alcool qu’elle avait utilisé pour me faire revivre. Le vieil homme du magasin général (*) voisin semblait avoir aussi pris pitié de moi, et il me fit signe de venir.

    « Viens et attend ici, mademoiselle, ainsi personne ne vas venir pour essayer de te t’enlever... »

    Il me guida vers une place située derrière et entre les deux étals, puis m’aida à m’asseoir. Il semblait que la liqueur qui avait été mise dans ma gorge faisait son chemin à l’intérieur de moi. À présent, trop bouger aurait été dangereux. Si, par exemple, j’étais venu à m’effondrer pour empoisonnement aigu à l’alcool, personne n’aurait pu savoir pourquoi.

    Alors que je m’asseyais, je regardai négligemment le contenu des deux magasins. Le stand de liqueur semblait avoir reçu un nouvel arrivage de cidre, juste à temps pour le moment le plus populaire de la saison, et les clients venaient les un après les autres pour en acheter des tonneaux. Le magasin général, de l’autre côté, était loin d’avoir autant de clients.

    Que pouvait bien vendre un magasin général dans ce monde-ci ?

    Je regardais les diverses choses qui étaient alignés pour la vente, mais pour la plupart je n’avais aucune idée de ce dont il pouvait s’agir.

    « Monsieur, c’est quoiiiii ? Demandai-je en montrant du doigt quelque chose au hasard sur une étagère à côté.
    -Oh, n’as-tu pas utilisé une de ces choses avant, jeune mademoiselle ? C’est ce que tu utilises afin de tisser des vêtements. Oh, et celui-là est pour la chasse. »

    Comme il n’avait aucun client en ce moment, le vieil homme était content de m’expliquer à quoi servaient toutes les choses que je pointais les unes après les autres. Il y avait tant de choses ici qui était utilisé dans la vie de tout les jours, ici, et dont je ne savais rien. Je creusai dans la mémoire de Maine, mais soit elle ne s’était jamais vraiment intéressée à ce genre de chose, soit, elle n’en avait réellement jamais entendue parler.

    En regardant les objets en vrac sur l’étagère avec admiration, je remarquai quelque chose dans le coin. Il pouvait s’agir d’un simple objet volumineux, mais je voyais définitivement la tranche d’un massif, et encombrant tome. C’était le genre de reliure que l’on ne voyait en général que derrière la glace d’une librairie, avec un couverture en cuir et de fins caractères en lettres capitales dorées dans les coins. Il était si imposant que je ne pensais pas être capable de le soulever.

    … C’était un livre ! C’était bien un livre non ?

    À l’instant où je posai mes yeux sur le tranche du libre, des couleurs revinrent d’un coup dans mon monde. Les lourds nuages qui pesaient sur mes pensées avaient été instantanément soufflés au loin, et mon esprit s’illumina un moment.

    « M...monsieur !! Qu’est-ce que c’est ?! Comment vous l’appelez ?!
    -Ahh, c’est un livre ! »

    Ouiiiii ! J’en avais enfin trouvé un ! Les livres, ils existaient ! Il n’y en avait peut être qu’un seul, mais ils existaient !

    Ce livre avait envoyé volé mes relents de dépression que j’avais d’avoir été réincarnée dans un monde sans aucun livre. Je tremblais d’émotion en regardant longuement sa tranche. Il était catégoriquement bien trop lourd pour que je puisse le bouger. Il n’aurait pu me servir qu’en tant qu’ornement. D’après son aspect, il n’y avait aucun moyen pour qu’il ne soit pas incroyablement cher, et il allait m’être parfaitement impossible de le faire acheter par ma mère, même en étant une véritable peste. Néanmoins, si les livres existaient, il devait y en avoir de plus petits, des livres de poches. Je me tournai pour faire face au vieil homme, les yeux grands ouverts, une faim dévorante.

    « Hey, monsieur, où puis-je trouver un magasin qui vendrait des livres ?
    -Un magasin de livres ? Il n’y a pas de magasins dans ce genre là. Il me regarda avec un air de mais-mon-dieu-de-quoi-peut-bien-parler-ce-gamin, et mon excitation descendit de plusieurs crans. Il y avait des livres, donc pourquoi n’y avait-il pas de librairies ?
    -...Huh ? Pourquoi ? Vous en vendez bien un ici.
    -Les livres sont seulement fabriqués quand des gens veulent transcrire le travail original d’un auteur. Ils sont bien trop rares et chers pour le marché. Même celui-ci n’est pas à vendre, il est là en gage de caution pour un aristocrate. Bien, si il ne reviens pas bientôt, je penses que je vais devoir le vendre, mais l’acheteur sera probablement un autre aristocrate. »

    Des aristocrates ! Si j’avais suivi la règle universelle de la réincarnation dans un univers parallèle, j’aurais du renaître comme membre de la noblesse ! Et j’aurais été en mesure de lire ! Pourquoi étais-je une simple roturière ?!

    La pensée de massacrer l’aristocratie traversa mon esprit. Ils étaient entourés de livres dès le moment de leur naissance. Qu’avaient-ils fait pour mériter une telle bénédiction ?

    « Jeune demoiselle, est-ce la première fois que vous voyez un livre ? »

    J’arrachai mes yeux de la vue du livre, puis fis oui vigoureusement de la tête en réponse à la question du vieil homme. Oui, c’était bien le premier livre que je voyais dans ce monde. En plus de cela, les livres n’étaient en général pas à vendre, il n’y avait pas de librairies, et il y avait une grande probabilité pour que la chance de voir un livre ne revienne jamais… !!

    « M… Monsieur !! S’il-vous-plaît, écoutez-moi ! »

    Les poings fermement serrés l’un contre l’autre, je me levai puis tombai sur les genoux devant le vendeur. « Qu’est-ce qui se passe maintenant ? » dit-il, les yeux écarquillés de surprise alors que je m’agenouillai devant lui.

    Ce n’était pas juste un souhait désintéressé. Ce que je voulais démontrer à cet homme était la fondation de mes émotions et la plus sincère démonstration dans ce monde se faisait en priant sur ses mains et ses genoux. J’inclinai vivement la tête, et fis de mon mieux pour expliquer mes sentiments aussi clairement que faire se pouvait.

    « Il doit vous paraître évident que je n’ai pas les moyens d’acheter ce livre mais, au moins, laissez-moi le toucher ! Laissez-moi y frotter mon visage ! Ou laissez-moi seulement le renifler, respirer l’odeur de l’encre ! Oui, ce serait suffisant pour moi !! »

    … Le silence qui remplit l’air après sincère requête était presque trop pénible à supporter. Le vendeur n’avait pas encore donné la moindre réponse. Timidement, je levai ma tête pour le regarder. Pour une certaine raison, il avait l’air de quelqu’un qui venait juste d’avaler un insecte, ou qui venait de remarquer un pervers incroyablement dégoûtant. Choc et dégoût se lisaient sur son visage alors que son regard se posa sur moi.

    Huh ? Ma sincérité avait-elle faillit à briller ?

    « Je… ne suis pas vraiment sûr de comprendre ce que tu essaies de me dire, mais… Je pense qu’il serait dangereux pour moi de te laisser toucher ce livre. 
    -M… Mais ?! »

    Je commençai à réitérer ma requête passionnée, mais mon temps était apparemment écoulé.

    « Maine, j’ai fini ! Lança me mère. Retournons à la maison.
    -Maman… »

    Des larmes commencèrent à couler sur mes joues en entendant sa voix. Le livre était juste là mais je n’allais jamais pouvoir le toucher. Je n’allais jamais le sentir.

    « Qu’est-ce qui ne va pas Maine ? Me demanda-t-elle, concernée. Un air de danger passa sur son visage, et elle se tourna pour faire face au vendeur.
    -Que lui avez-vous fait ?! »
    Je sautai entre eux, secouant vigoureusement la tête.
    « R… Rien ! » Si je n’éclaircissait pas le malentendu immédiatement, alors j’allais juste créer tout un tas de problème à ce gentil vieil homme qui m’avait laissé me réfugier dans son magasin et m’avait appris l’existence des livres. Ce n’était pas une manière de retourner une faveur.

    « Je ne me sens pas très bien maman. Qu’est-ce que tu m’as fais boire ? Je me sens toute joyeuse depuis que je me suis réveillée.
    -… Ahhh, peut être que la liqueur que j’ai utilisé pour te réveiller était un peu trop efficace. Rentrons à la maison, tu prendras un peu d’eau, et te reposeras. Tu iras mieux ensuite. »

    Ma mère hocha la tête en signe de compréhension, mais elle ne semblait pas penser que dans un premier temps, cela avait été une mauvaise idée de donner de l’alcool à un enfant. Elle me prit par la main, puis me tira en dehors du magasin, en direction de la maison. Je regardai derrière moi alors que je marchai. Je donnai mon plus grand sourire aux deux vendeurs.

    « Merci de m’avoir permis de m’asseoir ici ! »

    Je ne m’inclinai pas, comme j’avais l’habitude de le faire. Non pas parce que j’étais émotionnellement compromise, mais parce que je n’avais pas souvenir d’avoir vu qui que ce soit incliner sa tête. Donc je pensais que ce ne devait pas être dans les coutumes locales. Pour le moment, j’allais me contenter de continuer à sourire. Un grand sourire est indispensable pour faire des affaires avec les gens. Et d’après la manière dont ils me souriaient et me faisaient de grands signes en retour, je devinai que j’avais vu juste.

    « Maine, te sens-tu toujours mal ? Demanda ma mère.
    -… Oui »

    Nous ne parlâmes que peu alors que nous marchions péniblement sur le chemin de la maison, main dans la main. J’observai les magasins sur la route du retour et, bien sur, il n’y avait aucune libraire. Mon objectif du jour qui était de contraindre ma mère à m’acheter un livre pour enfant afin que je puisse lire quelques lettres s’était terminé en cuisant échec. Même si cette cité était la maison du seigneur des terres, que nous étions entourés de si spectaculaires murs, il n’y avait aucune librairie. Si les livres n’étaient réellement pas en vente, même ici, alors il ne devait y avoir aucune librairie dans ce monde.

    J’étais désespérée. Je n’avais jamais pensé que Dieu puisse être si cruel que me forcer, moi Urano Motosu, la lectrice enthousiaste qui pouvait passer un jour ou deux sans manger tant qu’elle avait un livre à lire, à vivre une vie démunie de livres.

    Et au pire, pourquoi n’étais-je pas née dans la noblesse… Sniff ! Être réincarnée en tant que paysanne… Mon Dieu… Qu’avais-je fait pour mériter tant de haine ?

    Même si je disais que je voulais que mes parents deviennent des nobles afin que je puisse m’acheter des livres, ce n’était que des enfantillages. Je n’allais pas dire que je n’aurais voulu être naît dans cette famille mais vraiment, je voulais être une aristocrate. Si je ne pouvais pas être une aristocrate, au moins, je voulais avoir assez d’argent pour être capable d’acheter tous les livres d’un aristocrate en faillite.

    J’étais peut être bloquée dans cet affreux environnement, mais je savais que peu importait à quel point je pleurais fort, cela n’allait pas m’apporter de livre. Si il n’y avait pas de librairies, je n’allais pas être capable de m’acheter un livre.

    Et donc, comment allais-je être capable d’en obtenir un ?
    J’allais juste devoir en fabriquer un moi-même, non ?

    Ce que je voulais vraiment dans ce monde était des livres, mais ils étaient déraisonnablement luxueux. Afin de satisfaire mon plus urgent désir, j’allais devoir reporter mon apprentissage de la langue locale. À la place, j’allais fabriquer un livre en japonais, langue que je connaissais déjà.

    Je ne savais pas encore comment j’allais faire cela, mais ce n’était pas ce qui importait pour le moment. J’allais définitivement obtenir un livre !

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    (*) magasin général  : Un magasin général est un commerce de détail situé dans une petite ville, un village ou dans une zone rurale. Il propose à sa clientèle, une large sélection de marchandises dans un espace de taille moyenne. (wikipédia)
  • merci pour le chapitre
  • Merci pour le chapitre =)
    Et repose toi bien ;)
  • a quand la suite ?
    j'attend de voir l'influence qu'elle aura sur ce monde
  • le départ du novel commence lentement mais j'ai très envie de savoir la suite ! merci pour la trad ^^
  • alleeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeez sil vous plaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit
  • J'ai moi-même hâte de traduire la suite, mais je suis en plein partiels, c'est vraiment la galère :/
    Mais je serai libre dès ce week-end :)
  • merci pour ces chapitres.
    bon courage pour tes partiels.
    Et a ce weekend :smile:
  • bon courage ^^
  • Hop, enfin le chapitre 6 qui sort, voilà voilà

    Honzuki no Gekokujou

    Chapitre 6 – Interlude : Ma sœur est devenue bizarre

    Mon nom est Tory. J’ai six ans. J’ai une petite sœur, Maine. Elle a cinq ans.

    Maine avait des cheveux lisses, bleus sombres, comme la couleur du ciel nocturne, et des yeux qui brillaient comme la lune. Je pensais qu’elle était vraiment adorable. Mais en tant que sa grande sœur, je n’étais pas très objective.

    Elle était souvent malade et avait fréquemment de la fièvre. Donc elle ne mangeait pas beaucoup ce qui faisait qu’elle ne grandissait pas beaucoup non plus. Elle ne pouvait pas non plus aller souvent dehors donc sa peau était d’un blanc très pâle. Elle était vraiment adorable, mais je ne pouvais que rarement jouer avec elle, ce qui m’ennuyait un peu. Les autres enfants s’amusaient avec leurs frères et sœurs, et j’en étais en quelque sorte jalouse.

    L’autre jour, Maine avait eu une très vilaine fièvre. Si méchant que toute la famille était inquiète, se demandant si elle allait vivre ou mourir. Pendant trois jours, elle n’avait rien mangé, et elle était devenue si faible qu’elle ne pouvait même plus boire d’eau.

    La fièvre l’avait rendue un peu dérangée.

    Quand elle était malade, elle avait commencé à utiliser des mots que je ne comprenais vraiment pas et s’énervait d’un seul coup. Elle faisait toujours ce qu’on lui disait, mais à peine j’avais le dos tourné pour laver la vaisselle qu’elle se glissait en dehors de son lit. Je l’avais retrouvée en train de pleurer sans savoir pourquoi. Elle avait passé la journée entière à pleurer…

    Je pensais que peut être Maine souffrait encore à cause de la fièvre mais quand cette dernière tomba, elle devint encore plus bizarre.

    Sérieusement, elle avait commencé à dire qu’elle se sentait sale et elle s’était mise à se laver avec un torchon. Quand on bouillit l’eau pour la cuisine, elle demanda si elle pouvait avoir un peu d’eau chaude pour un bain... Tous les jours !

    Tous les jours, elle mouillait ses habits et se nettoyait. « Aide moi avec les parties que je ne peux pas atteindre » disait-elle. Alors je l’aidais. Le premier jour, l’eau du bain devint vraiment sale, mais le troisième jour, elle était encore assez propre.

    « Tu n’es pas vraiment sale, donc n’est-ce pas du gâchis que de prendre un bain ? Demandai-je, mais elle me répondit simplement :
    -Ce n’est pas du gâchis, je suis sale ! »

    Chaque jour, elle était obsédée par le fait d’être bien propre. Avant que je ne m’en rendis compte, un des coins de la chambre s’était transformé en son coin baignoire.

    Ensuite, pour une certaine raison alors que je l’aidais, elle décida que je devais commencer à me laver également. « Bien sûr, pourquoi pas. Dis-je, et je commençai à me frotter le visage.
    -Tu es souvent dehors, dit-elle. Donc tu te salis plus que moi. »

    Quand je me lavai, l’eau que Maine avait laissé claire devint très sale et boueuse. Quand je fixai toute la saleté qui était sur moi, je me sentis un peu dégoûtante. Maine, en revanche, était rayonnante. « Si on est deux à se laver, ça ne sera plus du gâchis, n’est-ce pas ? » Dit-elle.

    Qu’est-ce qui pourra bien lui montrer que c’est bel est bien du gâchis ? Je dois lui apporter toute cette eau du puits et c’est vraiment difficile ! Ne s’en rend-elle pas compte ?

    Après ça, elle se mit à attacher ses cheveux. Comme ces derniers étaient très lisses, même en les serrant très forts, ils se défaisaient et retombaient immédiatement. C’est pour cela qu’on ne les avait jamais vraiment attachés. Après avoir essayé et faillit à les attacher plusieurs fois, Maine commença à bouder. Soudainement, elle se leva et se mit à fouiller dans la corbeille à jouer. Elle sortit une poupée que papa avait taillée dans du bois et que maman avait habillée… C’était ma plus précieuse possession.

    « Tory, c’est bon si je la casse ?  Demanda-t-elle
    - C’est la jambe de ma poupée ! Maine, c’est horrible ! »

    C’était terrifiant de voir que ma petite sœur pouvait demander sur un ton si calme la permission de casser la jambe de ma poupée. C’était trop cruel. Quand je m’énervai, elle prit sa tête entre ses mains et marmonna « Pardon ». Elle parcourut ses cheveux avec ses doigts en soupirant, coiffant sa frange en arrière. Voir une fille de cinq ans faire quelque chose de si étrangement sensuel me coupa le souffle.

    « Tory, si je voulais une tige comme celle-ci, qu’est-ce que je devrais faire ? »

    Ce que Maine voulait n’était pas réellement la jambe de ma poupée, c’était une tige de bois. Je pris alors un bâton de la pile de petit bois et, au lieu laisser Maine casser ma poupée, j’utilisai un couteau pour tailler le bâton en une petite tige. Elle avait de nombreuses requêtes comme « fais ce bout là plus fin » ou « pourrais-tu adoucir les coins pour les rendre moins piquants », mais elle fut finalement satisfaite.

    « Merci, Tory ! »

    Avec un grand sourire, Maine me prit la tige de bois, puis l’inséra tout à coup dans ses propres cheveux.

    « Maine ?! » criai-je, stupéfaite.

    Maine commença à tourner la tige qu’elle avait déjà placée dans ses cheveux, les enroulant solidement autour. Puis elle les leva. Le tout tenait avec ce simple petit bout de bois. J’étais surprise de voir à quel point l’ensemble restait fermement en place. C’était comme la magie que la noblesse utilisait ! Cependant, son style de coupe de cheveux faisait très adulte.

    « Maine, dis-je, tu ne peux pas relever tes cheveux ! Seul les adultes font ça.
    -… Oh, vraiment ? »

    Les yeux écarquillés, comme si elle venait vraiment de l’apprendre, elle tendit le bras et enleva la tige de ses cheveux. Immédiatement, ses cheveux retombèrent sur ses épaules. Ensuite, elle prit seulement le haut de ses cheveux, et les attacha comme elle l’avait fait auparavant.

    « C’est bon là ? Demanda-t-elle.
    -Je pense que oui ! »

    Après ça, Maine commença à toujours porter ses cheveux relevés. En la regardant de face, on aurait dit qu’elle avait un bout de bois qui lui traversait la tête mais elle semblait heureuse ainsi.


    Quelques temps plus tard, Maman pu prendre un jour de congé et je fus finalement capable d’aller à la forêt avec tous les autres. Je rassemblai plein de petit bois, et je réussis à trouver de nombreux champignons dans la forêt, ainsi que des herbes que nous pourrions utiliser pour assaisonner la viande. Nous avions besoin de nous préparer pour l’hiver, de fait tous les enfants travaillaient dur à rassembler des choses.

    « Je suis rentré ! annonçai-je en passant par la porte.
    -Bon retour, Tory , répondit ma mère.
    -Qu’est-ce que tu as trouvé ? Montre-moi, montre-moi ! s’agitait Maine, en fouillant dans mon panier comme s’il s’agissait de quelque chose de rare. J’étais allée à la forêt il y avait pas si longtemps, mais Maine… oui, quand j’y repensais, Maine était étrange ces derniers temps.
    -Aha, voilà ! Je peux prendre ceci ! 

    Les yeux étincelants, elle prit un des fruits, un mélia, de mon panier. Maine n’avait pas pour habitude de demander des choses, donc je pensais qu’il n’y avait aucun problème à lui en donner deux.

    -Merci, Tory ! Dit-elle, radiante comme un ange. Elle courut vers la salle de stockage, puis revint, comme si de rien n’était.
    -Maine, pourquoi tu... » 

    A peine avais-je commencé de parler que Maine donna un soudain coup de marteau et, dans un bruit sourd, écrasa le mélia. Il se coupa dans un bruit de succion, et le jus qui était à l’intérieur gicla droit sur mon visage.

    « ….
    -…. »

    En frappant avec un marteau, il était évident que du jus allait gicler partout. Qui ne sait pas ça ? Elle le savait probablement même sans à y penser non ?

    « Donc, Maine. Qu’est-ce que tu fais ? Demandai-je, en essayant de garder le sourire alors que j’essuyais les éclaboussures sur mon visage. Avec un drôle de bruit du genre « whee ! », elle se mit à bondir partout.

    « … Ummmmm, donc, oui. Je voulais de l’huile », dit-elle, Elle leva les yeux vers moi, comme si elle voulait me demander de l’aide. C’était définitivement le visage d’une fille qui ne réalisait absolument pas qu’écraser quelque chose avec un marteau enverrait des morceaux voler un peu partout.

    « Si tu voulais de l’huile, tu sais qu’il y a un meilleur moyen d’en obtenir, pas vrai ?! Qu-est-ce que tu es en train de faire ?! 
    - Oh, je vois... »Dit-elle, découragée.

    Allait-elle réellement bien ? Ne se rappelait-elle pas quand nous extrayions de l’huile ensemble ? Oh non, peut être avait-elle eu de la fièvre depuis trop longtemps à présent et était devenue folle ! … Je devais en parler à ma Mère… N’est-ce pas ?

    Après cela, alors que nous étions en train de nettoyer, ma mère rentra en portant de l’eau du puits pour le dîner. Évidemment, elle s’énerva. C’était entièrement de la faute de Maine, mais elle s’énerva contre nous deux car je n’étais pas une très bonne grande sœur. À cet instant, Maine ne semblait plus adorable du tout.

    « Tory, Tory, demanda-elle, comment extrais-tu l’huile ? Tu m’apprends ? »

    Comme Maman était à présent énervée, Maine se rapprocha furtivement de moi pour me poser sa question. Son déplacement était complètement visible, et Maman nous regardait.

    « Maman, Je peux lui apprendre ? 
    -Si on ne lui apprend pas, elle va probablement faire encore quelque chose de terrible à nouveau. Ma mère acquiesça. S’il-te-plaît, montre lui comment faire. »

    Tous les outils dont nous avions besoin pour extraire l’huile se trouvaient dans la salle de stockage. Ainsi, je pris un linge et amenai Maine avec moi.

    « … Une table en bois comme celle de la cuisine va être mouillée par l’huile et le jus donc on ne peut pas l’utiliser. Une table en métal comme celle-ci est bien mieux. Tout d’abord, on doit étendre ce linge sur la table. Ensuite, on doit enrouler le fruit dans un autre linge pour pas que des morceaux volent partout. »

    Le mélia était un fruit comestible, donc on en extrayait d’habitude l’huile des graines après avoir finit de manger. Maine, cependant, était très insistante sur le fait d’extraire l’huile du fruit également.

    Elle frappa joyeusement avec le marteau encore et encore, mais sa visée n’était pas très juste, elle n’était pas très forte,. En plus sa posture était mauvaise. Elle écrasa bien le fruit mais ne fut pas capable d’écraser la moindre graine. Pire, quand nous avions terminé d’écraser les graines, il fallait retirer le linge mais Maine n’avait plus la force pour cela.

    « Maine, ça ne marche pas, tu n’écrases pas les graines, tu sais ?
    -Ooh… ...Tooooryyyyyyy... »

    Elle me regarda avec un air si pitoyable que je décidai de l’aider. Je lui pris le marteau mais il était si gluant et glissant à cause du jus qu’il faillit me glisser des mains. Je poussai un soupir. J’essuyai le mange puis l’agrippai fermement.

    « Voilà comment il faut faire... »

    Si ça avait été Papa, il n’aurait même pas utilisé de marteau. Il aurait pris quelque chose de vraiment lourd pour le mettre dessus et aurait ensuite appuyé pour extraire l’huile sans tout ce travail. Les garçons sont destinés à faire du travail manuel quand ils grandissent, donc ils peuvent soulever de lourdes charges. Je ne le pouvais pas, donc je devais frapper à l’aide d’un marteau.

    « Et maintenant, on presse le linge…
    -Whoa ! Tory, tu es formidable ! »

    L’huile dégoulina dans une petit bol alors que je pressai le linge. Maine qui regardait montrait de la pure joie sur son visage. Elle était extrêmement adorable. Mes bras, en revanche, me faisaient extrêmement mal.

    « Merci, Tory ! Dit-elle.
    -Hey, ne t’en-vas pas, aide moi à nettoyer ! »

    Maine sembla confuse comme si elle ne savait pas ce qu’elle devait faire pour aider. Je lui montrai alors comment nettoyer les outils que nous avions utilisé.

    Maine était de faible constitution et était bien plus petite que les autres enfants de son âge, donc il était aisé d’oublier qu’elle avait déjà cinq ans. Quand elle en aurait sept, elle devrait être baptisée au temple, puis trouver un endroit où commencer son apprentissage.

    Qui plus est, l’année suivante, j’allais également avoir sept ans et allais commencer mon apprentissage. Donc Maine devrait être capable de faire la moitié des tâches ménagères d’ici là. Elle ne savait même pas où ranger les outils ni comment les nettoyer. Donc je ne savais pas si elle allait s’en sortir.

    Nous garderions un œil sur sa santé, mais elle allait devoir se mettre à aider à faire les corvée. Autrement, Maine comme elle était en ce moment, ne serait pas en mesure de se trouver du travail. Maman allait devoir arrêter de la chouchouter et moi, sa grande sœur, allait devoir lui enseigner tout ce qu’elle devrait connaître.

    « Tory, dit Maine, pourrais-je avoir aussi des herbes ?
    -Juste quelques une ?
    -Ouiii ! »

    Avec un regard sérieux, Maine prit les herbes de mon panier, renifla chacune, et en ajouta certaines dans son huile. Elle essayait probablement d’en changer l’odeur mais certaines herbes qu’elle avait ajoutées étaient actuellement utilisée pour garder les insectes éloignés. Elle allaient rendre l’huile trop odorante pour pouvoir la manger.

    Whoa… ne devrais-je pas l’utiliser pour notre repas avant qu’elle ne termine ?

    Je commençai immédiatement à essayer d’ajouter l’huile dans le pot, mais Maine me coupa dans mon élan avec une expression ahurie.

    « Tory, non ! Mais qu’est-ce que tu fais ?!
    -Si on ne le mange pas bientôt, nous ne serons pas capable de l’utiliser du tout ! Ces herbes vont tellement changer le goût que nous n’allons pas pouvoir en manger du tout, tu comprends ?
    -Non, ne mange pas ça ! »

    Quoi que je disais, Maine continuait de secouer la tête et d’essayer de cacher le bol d’huile. On finit enfin par ennuyer suffisamment Maman pour qu’elle regarde ce que nous étions en train de faire, et elle s’énerva à son tour.

    « Maine, cria-t-elle, ce sont des choses que Tory est allée ramasser ! Ne soit pas égoïste !
    -Je ne suis pas égoïste ! Tory me les a donnés ! »

    Maman avait beau s’énerver, Maine ne voulait rien entendre. Comme aucune de nous deux ne parvînmes à lui faire changer d’avis, nous abandonnâmes et Maine alla se laver comme à son habitude.

    Puis, soudainement, elle versa la moitié de l’huile dans l’eau du bain et commença à la mélanger ! Maintenant, nous ne pouvions vraiment plus la manger. J’avais passé temps de temps pour trouver cette huile !

    « Maine, mais qu’est-ce que tu fais !
    -Eh ? Je me laves tu le vois bien ? »

    Je ne comprenais pas ce que Maine faisait, même après qu’elle me l’ait expliqué. Dernièrement, cela arrivait de plus en plus souvent. Alors que je regardai, abasourdie, Maine trempa ses cheveux dans le seau et commença à les laver. Elle éclaboussa la partie qui était au-dessus du seau, puis se mit à se frotter frénétiquement la tête. Quand elle fut satisfaite, elle essora fermement ses cheveux pour en retirer l’excès d’eau, puis utilisa un linge pour se sécher. Quand elle eut fini, elle se peigna les cheveux.

    Ses cheveux bleu marine étaient soudainement devenus si doux et soyeux qu’ils radiaient véritablement.

    « … Qu...’est-ce que c’est ? Demandai-je.
    -Ummm, un simple ‘shampoing 2 en 1’.
    -Huh ?
    -Tu veux essayer Tory ? Si on est deux à s’en servir, ça ne sera pas du gâchis ! »

    Après avoir vu comme Maine était devenue tout à coup magnifique, d’une certaine manière je voulais l’essayer. Je voulais essayer d’être belle.

    Cependant, j’avais été si en colère contre elle peu de temps auparavant que je me sentais embarrassée de l’utiliser. Néanmoins, Quand Maine me rappela que c’était moi qui avait trouvé le mélia et qui avait pressé l’huile, l’embarras disparut.

    En y repensant, n’avais-je pas fait absolument tout le travail de préparation ?

    Hésitante, je défis ma tresse, puis descendis mes cheveux dans le seau pour les laver comme Maine l’avait fait auparavant. Maine m’aida également ses petites mains lavant les endroits que je manquais.

    « Je pense que c’est bon maintenant ? »

    Après avoir les avoir séchés, puis peignés, mes cheveux étaient aussi brillant que ceux de Maine. Alors qu’ils avaient toujours étés en désordre et crépus, les rendant impossible à peigner, ils étaient à présent doux et ondulés. C’était comme de la magie.

    « Tu es si jolie ! dit Maine. Tory, tu sens bon. »

    Pendant qu’elle me peignait les cheveux, elle semblait étrangement satisfaite sans que je ne sache pourquoi. J’étais ravie d’être devenue si jolie… mais comment Maine avait-elle appris à faire ça ?

    Maine était vraiment devenue bizarre. Si elle devenait de plus en plus bizarre à chaque fois qu’elle avait de la fièvre… Quelle pensée terrifiante.

    … Même si Maman crisa quand elle nous vit nettoyer le seau de Maine, je me demandais ce que Maine allait inventer la prochaine fois. J’étais impatiente de voir la suite... juste un peu.
  • merci ^^ on te soutient !!!
  • merci l'attente fus longue mais le plaisir de lire et au rendez vous
  • Oh chouette ! Ah quand le beauté blog de maine :D
  • merci vivement la suite
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