Sayonara Ryuusei Konnichiwa Jinsei

Bonjour, bonsoir.

Petite nouvelle dans la région des LN et WN en français, je vous propose de découvrir Sayonara Ryuusei Konnichiwa Jinsei (je ne l'ai pas trouvé en français, mais si jamais il est déjà traduit n'hésite pas à me le signaler). Je débute dans la traduction, aussi lance moi toutes les remarques (constructives de préférence) que vous aurez ! Bref, j'espère que ça vous plaira.

Ah, et si quelqu'un veut se proposer pour la relecture, je suis pas contre. Je dis ça, je dis rien...



Sayonara Ryuusei Konnichiwa Jinsei

Auteur : Hiroaki Nagashima

Résumé


Le plus ancien et plus puissant dragon est fatigué de vivre et décide de mourir lorsque le Héros vient le tuer. Tandis que l’âme du dragon attend d’être emportée vers la Mer des Âmes, il s’aperçoit qu’il s’est réincarné en un bébé humain. Le dragon décide alors de vivre à fond en tant qu’être humain et reprend goût à la vie. Né au sein d’une famille de fermiers située à la frontière, il possède un énorme pouvoir car son âme est restée celle d’un dragon. Il rencontrera un démon de la race des lamias, des fées, la Rose Noire et intégrera plus tard l’Académie de Magie. L’homme à l’âme draconienne vivra joyeusement en allant à l’Académie de Magie, passant du temps avec une vieille amie, la Déesse de la Terre, rencontrant de jolies filles, camarades de classe puissants, le Roi Dragon et la Reine des Vampires.



Chapitre 1

-Mort et vie-


L’histoire de la vie et de la mort d’un dragon.

Le ciel est beau cette nuit. Pensais-je en regardant le ciel empli d’étoiles. En y repensant, ça fait un long moment que je ne me suis pas senti aussi calme en regardant le ciel. En baissant mon regard, je vois l’ombre de sept humains qui pénètrent avec insolence mon territoire. Sept ombres, sept héros. Chacun d’entre eux possède le pouvoir et la sagesse capables de glacer le sang à de nombreux démons et monstres. Derrière eux, environ 1 000 soldats sont prêts à pourfendre le monstre qui leur fait face, moi. Ils émettent, plutôt faiblement, la volonté de me tuer.

J’ouvre ma gueule pour parler tout en regardant le jeune homme qui les dirige. D’un seul coup, la douleur se propage à travers moi. Au même moment, une flaque de sang, de mon sang, se forme sous moi. Ça me rend un petit peu heureux. Quand ai-je été blessé pour la dernière fois ?

« Autant que je puisse m’en souvenir, je n’ai commis aucune mauvaise action envers l’Humanité. En fait, je me considère comme l’un des vos alliés, à vous autres humains. Alors répondez-moi, pourquoi ? »

Aucune réponse.

Ce héro, avec dans sa main l’épée qui vient juste de percer mon cœur, ce héro dont le nom est le plus connu à travers le monde, Héro-san ; sur son visage flotte un air de tristesse. Je comprends qu’il n’a jamais voulu me vaincre avec juste ça. Il s’était néanmoins préparé. Incrédules, les forces « en renfort » affichent des expressions de surprise. Après tout il est impossible de me vaincre même pour héros du point de vue des humains.

« En arriver à ce point pour me tuer. Héro, combien de trésors et de temps ont été nécessaires pour forger l’épée dans ta main ? Le travail et les ressources qui ont été utilisés, combien de personnes penses-tu avoir sauvées au juste ? »

À nouveau, aucune réponse.

En tant qu’ancien camarade, je sais que ce jeune héro et les six derrière l’accompagnant sont de jeunes nobles au cœur tendre. Ils ont de recevoir l’ordre d’agir ainsi. Dans tous les cas, on peut dire que je viens juste de me suicider. Eh bien, est-ce que ça va devenir une blague pour l’ensemble de la race des dragons ?


Mes paupières deviennent lourdes pendant que je pense. Ça doit être l’effet du sort créé pour absorber la force vitale d’un dragon en le poignardant dans le cœur. Éh bien, ce n’est pas trop mal : des préparations doivent être faites pour tuer cette ancienne créature après tout. Ou je devrais plutôt dire que je suis surpris que ça fonctionne.

« Fumu .»

« Écoutez bien, humains. Vos esprits sont précieux et beaux. Vos cœurs, par contre, sont faibles et emplis de désir. Vous n’êtes que des hommes à peine différents de bêtes. Tous ceux d’entre vous qui ne sont pas utiles peuvent très bien être éliminés comme moi ce soir. Que ma mort soit une leçon pour vous ! C’est le dernier conseil qui je veux donne, mes petits amis. »

Peu fières de ce qu’ils ont fait, ils baissent tout de même la tête et essaient d’absorber ces paroles pleines d’une sagesse éternelle, les inscrivant dans leur cœur. Je me fiche qu’ils se moquent de moi, ou plutôt, pourquoi pas ? J’insiste. Vivre aussi longtemps est ennuyant, ma race a même diminué le nombre de ses descendants à cause de ça. Ce n’est pas si mal de mourir sous une aussi beau clair de lune. Du fond du coeur, ça me fait partir calmement.

« Fumu… »

Je pousse mon dernier soupir et je ferme mes yeux fatigués. Pour être honnête, c’est une façon ennuyeuse de mettre un terme à sa vie pour un dragon dont la force rivalise celle des dieux et seigneurs démoniques. J’ai vécu très longtemps. Mes semblables avec lesquels j’ai parcouru le monde il y a des éons de cela n’ont sûrement pas péri. Je me sens paisible et prêt pour la fin. C’est une étrange sensation que peu de dragons ressentent envers la mort. Oh, Dieu de la Mort, puisses-tu guider mon âme vers la Mer des Âmes et m’accorder le sommeil éternel. Autrement prépare-toi, toi et ton Enfer, à être engloutis par mes ardentes flammes déchaînées ! Pensais-je.

« Hmm… Hmm. »

Et je me mets à fredonner. En réalité, je n’étais pas censé murmurer et ça n’aurait pas dû se produire puisque la langue des dragons ne permet pas de faire un tel son. Nous ne pouvons pas communiquer en parlant, mais nous le faisons en utilisant notre esprit. C’est quoi ce bordel ?

Je vois une paire de jambes devant moi. Elles sont petites et nues. Il me faut quelques minutes pour réaliser qu’il s’agit des miennes. Moi, qui suis supposé dériver sur la Mer des Âmes pour l’éternité, je viens juste de renaître en tant qu’être humain on dirait. C’est la conclusion que je tire.


Pourquoi… pourquoi… pourquoi suis-je encore en vie ?

J’entends le son boum-boum boum-boum boum-boum. Il me faut une autre minute pour comprendre qu’il s’agit du son de mon cœur. Mais j’entends également un autre cœur ? Il y a quelqu’un d’autre ici ? Mes frères et sœurs peut-être ? Non, ça doit être celui de ma mère. Il n’y a ni place ni concurrence dans ce ventre. Je suis soudainement fatigué. Ça doit probablement être parce que j’ai récolté trop d’informations, un travail tellement difficile pour un nourrisson.

Comment réagirais-tu si tu étais à ma place ? Pas bien mieux je suppose.
Revenons-en à nos moutons : pourquoi vis-je en tant que nourrisson abrité dans le ventre d’une femme alors que je suis supposé mort ? Juste pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ?J’ai même fait exprès d’être tué par ceux pour lesquels j’ai de la sympathie, alors pourquoi je n’ai pas accès au repos éternel ? Et pour couronner le tout, être réincarné en l’âme d’un nourrisson humain. Évidemment il n’y a personne pour répondre à mes questions. Alors, il n’y a rien que je puisse u faire jusqu’à ce que je sois libéré de la matrice maternelle, ce qui va prendre un peu de temps. Je ne peux rien y faire. Rien ! Mais j’y pense tout de suite après. Je me pose une question après être redevenu conscient. Y-a-t-il véritablement un sens à vivre de nouveau ? Mes parents humains vont sûrement être heureux de ma naissance.

Tout en réfléchissant je me rends compte, à travers le liquide de la matrice de ma mère et les couches de muscles et de peau, que j’ai peut-être un grand frère. La famille semble parler de ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Mon frère a-t-il hâte de me voir naitre ? Je vais certainement lui voler sa place au centre de l’attention de la famille. Je suis déjà venu au monde en tant que dragon, cette fois ce sera en tant qu’humain. Si je née humain et vis en tant que tel, briserai-je les espoirs que ma famille a pour moi ? Même si je suis vieux, ancien, j’avoue ne pas être sûr de moi en ce qui concerne la famille. La raison principale étant probablement que je n’en ai jamais eue.

Fumu.

D’après la conversation à l’extérieur, j’ai été réincarné dans un monde où la magie et la science ne sont pas totalement développées pour l’instant. Être dans un espace si confiné est inconfortable et il m’est difficile de bouger. Comment les bébés font-ils pour vivre comme ça durant neuf mois ? Ma forme physique n’est rien d’autre qu’un fœtus flottant dans du liquide amniotique mais mon esprit est celui d’un puissant dragon en ce moment-même.

Il n’y a rien que je puisse faire en tant que fœtus normal. Mais je ne suis pas un fœtus normal, j’ai déjà fait l’impossible en était dans un tel état : penser. Bien que je me sois réincarné, j’ai senti qu’une partie de mon âme est abîmée sans l’ombre d’un doute. Ce n’est pas au point où ma vie est en danger, loin de là. Cependant, on le remarque certainement.

N’ayant rien de mieux affaire pendant que j’écoute ma famille parler, je décide d’utiliser les lignes telluriques pour manipuler la terre et augmenter la fertilité du sol ce qui devrait améliorer les cultures et permettre de meilleures récoltes que ce à quoi s’attend le village. Une fois que c’est fait, ça prendra du temps mais la prochaine moisson sera la meilleure que le village ait jamais eue. J’ai épuisé toute la magie dont je dispose pour l’instant pour faire ça. Maintenant que c’est dit, la terre va être fertile durant les prochaines années également.

Ça fait plusieurs mois que j’ai réalisé que je suis un fœtus dans le ventre d’une femme humaine. Je vais naître en tant que bébé humain d’ici quelques jours. La vie aura-t-elle un sens ? Les pensées décadentes et résignées de ma précédente vie continue à remplir mon esprit. Je me demande si mon esprit sera libéré de ces pensées négatives. Je continue de réfléchir depuis l’intérieur de la femme qui est ma maman en devenir.

Ma mère accouche enfin de moi, un bébé humain fort et en bonne santé, quelque temps après.

Je me force à ouvrir les yeux et je regarde autour de moi avec mon regard trouble tandis que l’on essuie l’eau qui les recouvre. Lorsque ma vue devient nette, je perçois un homme et une femme aux sourires doux. Je suis tenu sur le côté de la femme et je regarde droit dans les yeux de l’homme. Ils ont tout les deux un sourire doux sur le visage. Je suppose qu’ils sont mes parents. Étant petit, ils sont des géants depuis ma perspective. Et bien sûr, me plaçant encore dans la perspective d’un dragon, j’ai cru pendant un moment qu’ils étaient des titans. La raison est venu à mon secours : je n’ai certainement pas la forme d’un dragon, alors ils sont définitivement des êtres humains. Je crois. Je vois clairement le sourire de ma mère tandis qu’elle est remplie de joie.

« Grâce aux Dieux ! Mon enfant à ouvert les yeux. Fufufu. Bonjour, mon bébé. »

Tandis que mes parents me regardent, je me sens à l’aise, libre de tout souci. Je ressens un calme profond lorsque ma mère me touche doucement.

« Il n’a pas l’air de beaucoup pleurer. Ce serait bien qu’il pleure un peu plus, ça me donnerait envie de le câliner encore plus. »

Ma mère caresse ma joue en disant cela. Il n’y a pas grand chose que je puisse faire pour le moment, aussi je vais profiter d’être porté par ma mère.

« Mon enfant, tu t’appelleras Dran. Je suis ta maman. Maintenant, dis bonjour à papa. »

Ma mère me lève en faisant attention jusqu’au côté du visage de mon père et frotte ma joue contre la sienne. Aïe, rase toi Père. Je ne sais pas si c’est parce qu’on est lié par le sang, mais à ce moment précis je ressent un étrange sentiment que je n’avais jamais ressenti avant. C’est ce que les humaines appellent les « liens familiaux ».*

Je suis le plus vieux des dragons. Je n’ai ni mère ni père. Personne n’était en position d’être considéré comme un parent de ma part. Il y avait ceux que j’appelais frères et sœurs, mais ce n’était que d’une certaine façon. Aussi. Pour moi qui suis né à nouveau en tant qu’humain. J’ai reçu de la chaleur de mes parents actuels et je ne me suis jamais senti aussi en paix que maintenant. J’étais d’une longue vie, et j’ai choisi de mourir de la main d’hommes courageux. Au lieu de m’accorder le repos éternel, cela m’a amené à découvrir la chaleur d’une famille. Je ne peux pas dire que je suis plein de gratitude envers mes bourreaux, mais… merci. Bref, qu’est-ce qui peut être si terrible ? Vivre sa vie comme en tant qu’humain, et affronter ses difficultés et ses luttes. Ça devrait être intéressant.

« Regarde chéri ! Dran sourit ! »

« Un garçon fort, en bonne santé et joyeux. Je suis heureux que tu sois venu au monde Dran. »

Je suis en train de rire ? Haha, depuis quand n’ai-je pas ri ? Vivre en tant qu’humain vaut peut-être le coup après tout.

*Le traducteur anglais précise qu’il s’agit de l’amour au sein de la famille, et même de l’amour de façon générale.

Commentaires

  • merci pour le chapitre
  • merci pour le chapitre
    il existe en version manga traduit par Monster no Scantrad
  • merci je l'est commencer en manga l'histoire est interessente
  • Merci Nini pour le chapitre ! Quelques fautes d'étourderie de temps en temps, mais rien de grave. Et puis la lecture est suffisamment fluide pour la rendre agréable, donc bravo à toi ! ^^
  • Bienvenu à toi Nini sur le forum et bon courage pour cette traduction ! Ce début est prometteur :)
  • Merci pour le chapitre.
  • Bonjour bonsoir !

    Merci pour les messages !

    Le chapitre 2 est... étonnement long. Du coup, au lieu d'attendre trois mois pour pouvoir le poster en une seule fois, j'ai décidé de le traduire en plusieurs fois. Désolée si ça nuit au confort de lecture ! Bref, voici la première partie du 2ème chapitre. J'espère que ça vous plaira, et bonne lecture.


    Chapitre 2, première partie

    Lamia


    Du temps a passé depuis que je suis mort en tant que dragon et que je suis né à nouveau en tant qu’humain. Je me tiens debout dans une plaine dégagée : un tel paysage est banal dans ce monde. Une bourrasque de vent froid souffle sur mon visage. Il y a encore des traces de l’hiver ici et là étant donné que nous ne sommes qu’au début du printemps. Mes jambes trembles en réaction au froid tandis que je continue à me tenir debout dans ce champ ouvert. On y voit du vert en abondance, signe de fraîcheur. Le vent transporte aussi une légère odeur de fleur.

    Je tiens dans ma main un panier à mailles. Il contient plusieurs sortes d’herbes médicinales.

    Fumu. La récolte d’aujourd’hui est satisfaisante, si je puis le dire.

    Je ressens de la fierté et de la satisfaction personnelle tandis que je pense par habitude à l’une des phrases préférées des dragons. À ce moment-là, j’entends quelqu’un derrière-moi m’appeler.

    « Dran-san, rentrons vite »
    « Ah, d’accord. C’est l’heure : la journée est sur le point de se terminer après tout. »

    La silhouette d’une fille aux longs cheveux bouclés volant au vent se reflète dans mes pupilles lorsque je me retourne. Elle est habillée d’une chemise au tissu usé et d’une jupe longue. De plus, elle porte sur le dos un panier semblable au mien. C’est l’apparence habituelle de ceux qui vivent dans un village reculé, d’autant plus à la frontière. Néanmoins, son sourire est aussi rayonnant que le soleil et ses les tâches de rousseur sur ses joues ne la rendent que plus charmante. Son nom est Airi. Quatre enfants humains joue joyeusement autour d’elle, dans la plaine d’herbe.

    Airi et moi faisons partis d’un petit village appelé Bern et situé au bord du continent. Ils ne sont pas seulement des enfants en train de jouer. Ils sont des enfants d’humains, de l’Homme. Les Trois Déesses régnant sur le Destin doivent être à la source de ma vie en tant qu’humain. Moi, le plus fort des dragons n’ayant jamais existés, celui qui détenait un pouvoir inégalé, Le PLUS Puissant, me suis réincarnée en un humain. Lorsque je suis mort des mains du H éros, mes souvenirs et mon âme ont transmigré dans un nouveau corps grâce à l’utilisation d’un are interdit tout en me permettant de conserver ma force. J’ai toutefois terminé par accepter que c’est bien ce qu’il s’est passé et j’ai appris à vivre avec.

    Toutes les théories que j’ai échafaudées depuis que je suis en bambin ne sont que des conjectures. Je n’ai toujours aucune preuve tangible expliquant pourquoi je me suis réincarné en un humain. Il se pourrait que l’on m’ait jeté un genre de sortilège lorsque j’étais en train de mourir en tant que dragon. Je suis certain que mon enveloppe physique a disparu. Cependant mon âme, l’âme du plus fort des dragons, est puissante et indestructible. Les héros ou ceux qui leur ont ordonné de me tuer devaient le savoir et ont préféré essayer d’affaiblir mon âme à travers la réincarnation.
    Ainsi mon âme serait obliger de transmigrer encore et encore au lieu de rejoindre la Mer des Âmes, destinée à s’affaiblir tout en oubliant mes souvenirs et perdant ma force draconienne d’antan. En ce qui concerne les êtres possédant un pouvoir spirituel élevé, leurs âmes conservent leurs savoirs même lorsque leurs corps sont détruits. Ils peuvent reconstruire ou recréer leurs corps à partir de rien grâce à ces informations. Pour moi un corps n’est rien d’autre qu’un récipient et tant que mon âme est intacte je peux créer et régénérer autant de chairs de que je le souhaite. C’est juste que je désirais mourir quand le Héros m’a frappé avec l’épée anti-dragon et en d’une façon mon vœux a été exaucé. Ce qu’il s’est passé à ce moment n’est qu’une exception.

    Par peur de mon retour, ceux qui voulaient ma mort m’ont fait quelque chose pour forcer mon âme à faire l’expérience de leur sort spécialement créer pour interférer dans ma transmigration au moment de mon décès. Dans les faits, je me suis rendu compte peu après ma naissance que mon âme a été excessivement affaiblie. Ça m’a terriblement impressionné. La qualité et la quantité de pouvoir magique que mon âme produit sont différentes comparées à avant ma réincarnation.

    La production de mon pouvoir magique dans son état actuel est comme un paysage totalement différent comparé à avant. Elle était similaire à une pluie battante et maintenant elle est semblable à un brouillard condensé en des gouttes d’eau tombant de feuilles une à une. Même comme ça, le volume de magie produit par mon âme de dragon est bien, bien, bien supérieur à celui dicté par le bon sens humain. Heureusement pour moi je n’ai pas oublié comment gérer une telle quantité. Je ne vais pas mourir tout de suite et je ne vais pas non plus voir de-ci de-là des personnes à moitié vivantes à moitié mortes résultant de mes pouvoirs magiques devenant incontrôlables. De plus, le corps humain est comme n’importe quel autre corps : on peut régénérer autant de chair que l’on veut avec assez de magie tout en conservant celle qui est en trop. J’ai décidé de me limiter et d’imiter juste la capacité de production de pouvoir d’un humain moyen, prenant soin de ne pas abuser de mon pouvoir si possible et de me confiner à ce qui ne paraît pas trop absurde aux autres humains.

    Les enfants jouent joyeusement devant Airi tandis que je la suis jusqu’au village. Il est entouré d’un mur de pierres. Ce n’est qu’un hameau au bord du continent avec une population d’environ 300 habitants. Le village est souvent attaqué par des démons et des bandits dû à son emplacement. Le mur sert ainsi de ligne de défense. Il est possible d’y entrer par deux routes. Il y a la Porte Nord et la Porte Sud. Chaque porte est composée de deux grands battants en bois renforcés par du fer. Au moins deux gardes y sont toujours stationnés. Ils sont chacun armés d’une lance et d’une épée, ainsi que d’un arc et de flèches.

    Pas loin du village on peut apercevoir des goblins de la taille d’un enfant, des kobolds avec des têtes ressemblant celle d’un chien, et des lézards armés à l’apparence de lézard marchant sur deux jambes. Bien que les deux premières races sont moins fortes que les humains ils se reproduisent très vite et murissent rapidement. Ils peuvent augmenter leur nombre à une vitesse étonnante. Certains d’entre eux peuvent utiliser le pouvoir des esprits : les shamans. Il ne faut pas les sous-estimer. D’un autre côté les lézards ont un taux de natalité bien inférieur comparés aux deux autres races mais leurs capacités individuelles au combat sont bien plus importantes. Les villageois de ma bourgade s’entrainent avec les lézards en partie et tout le monde a beaucoup de mal à gagner en un-contre-un. Surtout lorsqu’il s’agit des officiers en charge de la tribu des lézards. Ils sont très, très durs à affronter. Même un soldat qualifié ou un chevalier très entraîné doit s’attendre à être épuisé après avoir croisé le fer avec eux.

    Je ne trouvais pas important de faire attention aux caractéristiques de ces trois races lorsque j’étais en corps un dragon, mais j’ai remis en question cette façon de penser après avoir passé quelque temps en tant qu’humain. Heureusement les relations entre les humains et les lézards, ainsi qu’avec les goblins et les kobolds sont très bonnes. Les gens de Bern ont aidé les reptiliens en temps de besoin et réciproquement, ce qui leur a permis de forger une bonne relation. Ce n’est pas commun que les humains et les lézards soient en bons termes.

    J’ai une discussion amusante à propos de ce qu’il s’est passé aujourd’hui avec les autres sur le chemin du retour, bien que certains moments drôles dont ils parlent me laissent perplexe. D’autre part, les enfants continuent de courir devant nous. Les rejetons humains sont vraiment énergiques. Le continent est sûr de prospérer avec cette vigueur. Comparé à ça, regarder un bébé dragon sortir de son œuf est vraiment ennuyant.

    Je me sépare des enfants à la première intersection une fois dans le village. Je retourne à la maison typique que j’ai construite. Les murs sont faits de bois avec de la boue. Le toit est fait de paille mélangée à de l’herbe.

    On est considéré adulte à l’âge de 15 ans dans ce pays et ce village. Dans une famille dont l’aîné est un garçon, l’enfant commence à travailler à 15 ans dans la ferme que ses parents ou la bourgade lui donnent. La tradition veut qu’après un an il construise sa propre maison au lieu de continuer à vivre dans celle de ses parents et devienne totalement indépendant.

    J’ai 16 ans cette année. J’ai quitté mes parents il y a quelque temps et je profite de ma vie de célibataire. Je décide de rendre visite à mes parents en passant devant chez moi puisque nous avons eu une bonne récolte aujourd’hui et que j’ai du temps. Leur maison n’est pas très loin car j’ai construit la mienne dans le même quartier. La porte grince lorsque je l’ouvre puis la ferme une fois entré.

    « Bonjour maman ! La récolte d’aujourd’hui est abondante. Je suis allé au magasin et je l’ai échangée contre des plantes et du pain, mais j’en ai un peu trop. »

    Je dis à ma mère la raison de ma venue et je lui donne les herbes.

    « Tu es là ! Ces plantes sont de très bonnes qualités. Je vais pouvoir en faire des médicaments très efficaces. »

    « Je vois que tu vas bien. »

    Ma mère Aracena me salue tandis que j’entre dans la maison. Elle est la seule à la maison, et on dirait que mon père et mon frère sont encore au champ. Ses cheveux d’un blond doré sont attachés en une queue de cheval. Elle porte un tablier aux couleurs passées avec un foulard blanc. Elle est un peu sale en dessous de sa taille. Telle est l’apparence de la mère que j’ai toujours connue.

    LA vie est dure dans cette région. Elle est pleine de problèmes, de dangers, de malheurs et de situations injustes mais si l’on peut le supporter, on peut y trouver une sorte de bonheur. Avec son dos tourné vers moi, elle tourne sa tête et m’adresse un sourire rayonnant. Les femmes de ce village ont une volonté de fer, un cœur fort, mais elles sont douces envers leur famille.

    Moi qui possède mes souvenirs intacts du temps où j’étais un dragon, je trouve risible la différence de traitement que fait ma mère entre mon frère et moi. Après tout, la façon dont j’agis n’est pas celle de quelqu’un de mon âge, alors elle m’a traité en adulte plus tôt que mon petit frère.

    S’occuper d’un enfant demande beaucoup de travail et la personne en portant toute la responsabilité n’est autre que l’épouse. Je trouve que les femmes sont dignes d’être respectées et je porte un profond respect envers ma mère. Bien sûr, tous les humains n’en valent pas la peine. On doit gagner le respect. Mes parents ont acquis le mien, mais dans ce village la plupart des gens sont juste trop faible psychologiquement. Ça ne veut pas pour autant dire qu’ils n’ont aucune valeur, mais c’est une faiblesse individuelle.

    De plus, les dieux sont vénérés par les humains qui cherchent leur aide. En un sens, je les vénère également. Une fois je me suis ri des dieux et j’ai brisé de nombreux rêves. Je dois aussi me souvenir que derrière chacun de ces êtres divins se cachent une laideur qu’ils ne veulent révéler à personne.

    Je retourne chez moi après avoir donné les herbes et le pain en trop à m mère.

    Mon dîner est simple. Je cuisine des légumes et mange le pain que j’ai eu au magasin. C’est mon repas habituel, mais le goût de la nourriture humaine se mélangeant au sens d’un dragon me donne à chaque fois une saveur rafraîchissante qui n’a pas maqué une seule fois de me remonter le moral durant les seize années de ma vie en tant qu’humain.

    De temps en temps, mes sens de dragon interfèrent avec mes sens d’être humain. Par exemple, je trouve toujours qu’il manque quelque chose quand je mange. Apparemment, c’est parce que je ne peux pas voir ma bouche pendant que je mâche ce qui me dérange pas. Le champ de vision est totalement différent à celui d’un dragon. J’ai eu beaucoup de problèmes avec ma vision depuis que je suis né, mais je m’y suis habitué. Je me demande s’il y a d’autres dragons réincarnés ayant le même problème. Mon sens du goût et de l’odorat de mon âme connecté à mon corps humain ne sont pas totalement synchronisés, je me demande s’ils ne le seront jamais. Mais grâce à ça, je fais l’expérience de beaucoup de choses intéressantes.

    Il n’y a aucun signe d’attaque de démons ce soir, alors je donne mes remerciements à travers une prière pour cette journée tranquille. J’investis du temps et des efforts dans la confection de lances et de flèches pour ma défense à partir des arbres que j’ai coupé pour construire ma maison. J’utilise tout ce que les arbres ont à offrir, des branches aux racines.

    Ma maison est composée de trois pièces en tout : une salle à manger, une chambre et un débarras. Au moment de me coucher, je me fais un endroit en dormir en étalent une épaisse couche de paille recouverte de fourrure. Ma vie est plutôt simple.

    Le climat est dur ici. En été, c’est suffocant. En hiver, on peut accidentellement mourir gelé. Mère Nature ne plaisante pas. Je prends des précautions en ajoutant quelques couches de fourrure en plus l’hiver et en mettant moins en été. Mais même comme ça il est parfois difficile de dormir.

    Après avoir travaillé un an je crois que l’environnement de ce monde est beau et voir ce que les humains ont fait autour d’eux m’attriste. En particulier en ce qui concerne les conditions l’intérieur du village. À ma naissance dans ce monde il faisait chaud et à chaque fois que ma mère me donnait un bain de lumière tôt le matin, je fredonnais et je chantais ou du moins j’essayais. Les gens connaissant mon secret : j’aime prendre des bains de soleil, se comptent sur les doigts de la main.

    Les villageois commencent à se réveiller et à se préparer pour le travail lorsque le soleil se lèvre et teinte le ciel d’une lumière dorée. Je me lève plus tôt que les autres et je réchauffe les restes de mon dîner de la veille. Je retourne aux champs travailler après le petit-déjeuner.

    J’ai toujours été curieux, et ce depuis que je sus un bébé, de savoir comment mes parents ont gagné le droit de travailler le champ proche de la bordure du village à un si jeune âge : on n’a pas besoin de beaucoup marcher pour y aller ce qui est plus pratique. À chaque fois que j’ai du temps libre durant mon travail, je me promène dans le voisinage par habitude et j’observe les autres s’appliquer avec effort à leurs tâches. C’est grâce à mon âme qui produit beaucoup d’énergie magique que j’ai du temps libre : je l’utilise occasionnellement pour m’aider à finir mon travail. Ce n’est qu’une spéculation mais on dirait que mon âme de dragon renforce aussi l’ensemble de mes sens et ma force physique.

    Je dédie beaucoup de mon temps au travail des champs et je vise un succès agricole encore plus important. Je vais bien évidemment limiter mon utilisation de la magie au minimum et utiliser une force humaine seulement. Bien que tout le monde soit occupé, mon habitude n’agace personne car elle est bien connue des villageois.

    Je pourrais produire une récolte valant les efforts cumulés de cent adultes en utilisant de la magie dans mon champ. Cependant, je ne peux pas le faire devant les autres. Il n’est pas inhabituel de trouver des personnes manipulant la magie dans les endroits plus peuplés, mais il est rare que quelqu’un capable de l’utiliser naisse à la frontière du continent. Heureusement pour moi une famille de magiciens habite dans le village. Je vais donc naturellement chez eux pour apprendre la magie humaine. Mais la plupart de leurs sorts sont simples et je m’en lasse rapidement.

    Ainsi, après avoir pris mon petit-déjeuner, je vais travailler et gagner ma vie à la sueur de mon front.

    J’aperçois quelqu’un à la tête d’un groupe d’enfant alors que j’entre dans la plaine dégagée en direction de la forêt. Quelques idées me viennent à l’esprit mais ils vont probablement juste aider à la chasse. Je continue en direction de mon champ tout en y réfléchissant.

    Ce jour là, je prends la décision d’aller dans la région au nord-est du hameau, là où se trouvait l’ancien village de la tribu des Lézards. La relation amicale entre la tribu reptilienne et les villageois est bien connue dans la région et lorsqu’un désastre s’est abattu sur les lézards les humains les ont aidés à se construire un nouveau foyer près du lac situé dans les environs. Ça s’est passé il y a une dizaine d’années. Mais avant de partir pour l’ancien village des lézards, je prépare des rations pour quelques jours car je compte y passer un peu de temps afin de découvrir ce qu’il s’y est passé.

    Toutes les préparations sont terminées quelques jours plus tard et je suis sur le point de partir. Je vois mon frère Marco devant ma maison et derrière lui deux femmes se font face. Elles affichent des expressions faciales délicates et elles ont certainement vécu des expériences similaires à celles de ma mère L’atmosphère autour de ces deux là porte un air de danger. Une volonté de tuer capable d’effrayer un ou deux goblins émane d’elles. La raison de la venue de Marco est que je lui ai demandé de s’occuper de ma maison et de mon champs durant mon absence. Ça devrait être une bonne expérience pour qu’il puisse commencer à vivre seul dans un an environ.

    « Je vais aller au marécage. Je rentrerais demain soir au plus tard. Je te laisse ma maison et mon champ. »

    « Oui, frangin, tu peux compter sur moi. Après tout, tu t’occupes bien de ta maison et de ton champ. Au lieu de ça, tu ferais mieux de te préoccupes de là où tu vas. Fais attention, ça peut être dangereux là-bas. »

    Le désastre s’est abattu sur la tribu des lézards il y a environ dix ans et des démons pourraient très bien rôder dans le coin. Ni les humains ni les lézards s’y sont rendus depuis. Mes parents et mon frère étaient absolument contre le fait que j’y aille lorsque j’en ai parlé la première fois. Ça fait plus de bruit que nécessaire. J’ai réussi à les convaincre à la fin, et aujourd’hui est le jour de mon départ.

    « Je te ramènerai un souvenir du marécage si tu fais du bon boulot. »

    « Contente-toi de rentrer en une pièce, sans aucune égratignure ce sera déjà bien. »

    Je finis de dire au-revoir à Marco et je pars. Je porte un sac en cuire contenant de l’eau et de la nourriture pour deux jours. J’apporte avec moi une épée et une dague au cas où les choses prendraient une mauvaise tournure. La route en direction du nord-est menant à l’ancien camp est encore praticable bien que dix ans soient passés depuis le désastre. Des histoires racontent que des gens l’emprunteraient et disparaissent mystérieusement.
  • Merci pour le chapitre :)
    Vivement la suite =)
  • Yeah ! Me revoilà ! Et j'ai toujours pas terminé ce chapitre, mais je crois que je me suis arrêtée à un bon moment pour ménager le suspens mouahahahahahah ! Bon, je vais essayé d'être régulière dans mes traductions et de poster toutes les deux semaines, mais... on verra si je tiens le rythme ! Souhaitez-moi bonne chance !
    Bonne lecture.

    Chapitre 2, deuxième partie.


    De plus en plus de goblins et de kobolds sont présents tandis que je me dirige vers le nord, ce qui n’est pas étonnant étant donné que c’est là qu’ils vivent. Mais ça reste étrange de voir autant de goblins. Je vois de temps en temps un ou deux loups séparés de leur meute. Je suis prêt à les tuer s’ils m’approchent mais ils sont assez intelligents pour m’éviter. Je suis déjà arrivé à ma destination lorsque le soleil se couche. J’installe mon camp non loin du site. Je me dis que Marco se fait du souci pour rien vu que j’ai survécu au premier jour.

    Les membres de la tribu des lézards évitent de parler de ce qui y est arrivé à leur village bien qu’il sachent que ce n’était pas normal. Par contre du côté des humains, personne ne sait vraiment ce qui a provoqué ce désastre. La tribu des lézards vivait dans ce marécage. Pourtant, ils l’ont quitté pour une raison inconnue et n’y sont jamais retournés. Les humains ne devraient rien avoir à faire ici. Faire mon enquête ne devrait pas prendre trop de temps, au maximum une demi-journée.

    Je décide de jeter un œil au marécage avant que le soleil ne disparaisse complètement. La végétation est luxuriante par ici. L’herbe est très haute et le sol boueux. L’air est saturé d’eau et une sensation désagréable me saisit lorsqu’elle se condense sur ma joue. Ce n’est pas une question d’humidité car dans les faits l’atmosphère est humide, mais quelque chose cloche.

    Depuis le bord du marais je sens une mauvaise odeur s’élever. Il n’y a aucune trace de vie dans les alentours. Les ruines du village des lézards se trouvent en plein milieu. Les toits des maisons se sont effondrés et les murs en terre sont réduits à l’état de tas boueux après dix ans passés à la merci des éléments. Les armes abandonnées sur le sol par la tribu des lézards sont tellement couvertes de rouille qu’on ne peut même plus deviner ce qu’elles sont. La nature a pratiquement totalement pris le pouvoir ici.

    « Humm… »

    Debout à l’extrémité du marécage, je soupire doucement. Je détecte des traces d’une magie de Terre.

    Les lézards ont probablement utilisé de la magie pour construire leurs maisons, sinon elles n’auraient pas tenues le coup dans ce genre d’environnement.

    La tribu des lézards est plutôt douée pour arriver à utiliser le pouvoir des esprits et à manipuler les éléments. En tant que dragon, je peux changer les éléments quasiment sans effort. Cela ne m’est pas caractéristique, tous les dragons peuvent le faire.

    Les phénomènes naturels de ce monde, le Monde Physique, sont grandement impactés par les esprits vivant dans le Monde Spirituel. Les deux sont interconnectés. Cette dimension ne m’intéresse pas. La scène en face de moi les effets qu’ont les actions des esprits sur ce monde. L’attribut de l’Eau s’est affaibli par ici alors que celui de la Terre s’est renforcé. Du coup, l’harmonie du marécage a été rompue et ça a pour conséquence de rendre les alentours boueux. Je me souviens que mon père m’a dit qu’un tremblement de terre violant a eu lieu ici tandis que je continue à observer. Est-ce que ça aurait pu changer le paysage à ce point ?

    On ne peut plus vraiment appeler cet endroit un marais. On dirait plutôt un champ boueux, oui, c’est un champ de boue. Si j’utilisais mon pouvoir, ce champ de boue se transformerait en un marécage regorgeant de vie à nouveau. Mais est-ce que les gens seront heureux de revenir ? Pour autant que je le sache, la vie actuelle des lézards va pour le mieux.

    Bon, est-ce que je devrais aller pêche à la rivière quand ce sera le matin ? Je pourrai restaurer cet endroit pour qu’il soit comme avant après.

    Ce qui me pousse à me poser la question : de quoi vivait la tribu des lézards ici ? De poissons ? Je suppose que c’est ça mais une fois la saison de la pêche finie ils devaient trouver une autre source de nourriture. Je me dis : La vie est dure dans le nord.

    Je ne dois pas baisser ma garde et préparer des contre-mesures aux attaques de démons, même si je n’en ai pas subi sur mon chemin. La nourriture et la sécurité : autant de choses que l’on peut abandonner si l’on a décidé de mourir. Mais cette vie est amusante : il est hors de question que j’y renonce en plein milieu.

    Je croise les bras et je continue à réfléchir à ce que je dois faire lorsque j’entends un gros serpent glisser à côté de moi. Il s’arrête juste devant le champ de boue. Je regarde le serpent qui s’est stoppé aux pieds des ruines de la tribu lézard.

    « Ho ? »

    Je pousse un petit soupir d’admiration inconsciemment.

    Elle a de longs cheveux blonds et droits qui sont encore plus beaux dans le soleil couchant. La disposition de ses yeux et de son nez est pratiquement parfaite. Quiconque posant les yeux sur elle serait convaincu qu’elle est l’œuvre d’un artiste de talent. Avec des yeux bleus brillant comme des saphirs. Elle porte une cape à capuche blanche et une robe bleue pâle à la coupe simple tout en portant un sac avec la bandoulière en diagonal posée sur son épaule gauche. Avec un air perplexe sur le visage, on dirait une jeune fille innocente approchant la fin de l’adolescence. Sa langue de serpent sort et rentre d’entre ses lèvres rouges.

    Je marmonne « Lamia » en me rappelant qu’elle est appartient à une race démoniaque, mais il est impossible qu’un démon possède un aussi beau visage. Le chef du village m’a raconté qu’il y a très longtemps, un démon a maudit la princesse du Royaume et elle a été exilée car son apparence changea. Les lamias sont ses descendantes. Je ne pensais pas qu’une Lamia vivrait dans les environs. Mais qu’est qui fait que quelqu’un est un démon ? Son apparence ? Sa force ? Ou ce qu’il pense ? Si c’est le cas, je dois être le pire d’entre eux.

    Mais dans le cas des lamias, ce serait à cause de leur impressionnante capacité à manipuler la magie en plus de leur moitié reptilienne puissante capable de briser avec facilité les os d’un adulte. Les humains les considèrent comme des montres. D’après les rumeurs, la partie supérieure des lamias est généralement celle d’une très belle femme. La fille en face de moi colle parfaitement à cette description.

    En plus, une atmosphère de femme mature se dégage d’elle. Plus précisément : de la couleur de la partie inférieure de son corps, ses écaillent vertes exsudent un charme certain. Je la trouve très attirante est j’ai du mal à détacher mon regard d’elle. Il semble que mes préférences sont encore basées sur celles d’un reptile. Je peux exactement dire quel est son état grâce à mon expérience en observant l’éclat, les courbes lisses et la souplesse de ses écailles. Des écailles qui ondulent sont tellement attirantes. Cette fille possède tant la beauté humaine que la beauté reptilienne. Les lamias forment la seule race à laquelle je peux donner un 10/10 tant en tant qu’humain que dragon.

    Après un moment passé à se fixés l’un l’autre dans une ambiance inconfortable, la lamia sourit et se lèche les lèvres de sa longue langue tout en ayant l’air mal à l’aise. Elle est encore plus attirante qu’avant avec ses lèvres humides. N’importe quel homme mortel et ce sans exception, serait sous son charme. Personnellement, la façon dont elle me regarde me donne l’impression d’être une proie. En réalité, les lamias ne se nourrissent que de force vitale, en particulier celle des animaux. Elle garde leurs proies en captivité et s’en nourrissent. Toutefois, elles ont une préférence pour les humains. La plupart des hommes qui en rencontrent une deviennent probablement leur quatre-heures. Je ne suis certainement pas différent des autres aux yeux de cette lamia.

    Si c’est ma vie qu’elle vise, je vais lui donner du fil à retordre.

    « C’est totalement idiot de venir seul ici de la part d’un humain. Je me demande s’il y a quelqu’un d’autre avec toi ? »

    C’est une voix incroyablement douce. On dirait une mélodie chantée par la meilleure des vocalistes, aussi douce que du miel, un ton ravi. La propriétaire de cette voix n’est autre que la jeune fille encore en pleine puberté en face de moi. Elle a utilisé un peu de magie pour charmer en me posant cette question. Ce tour de passe-passe est censé l’aider à capturer sa proie, qu’elle soit humaine ou animale. Mais on dirait une phrase un peu trop générale. C’est comme si elle récitait un texte. En plus, son jeu d’actrice n’est pas mauvais mais il mériterait d’être perfectionné, les mouvements de sa langues nécessitent un peu plus travaillés. Néanmoins, sa comédie est gâchée si elle ne s’en sert que pour se trouver à manger.

    Je lui réponds calmement.

    « Il n’y a personne d’autre que moi. »

    « Vraiment. C’est une bonne chose. »

    Elle pose ses mains sur sa large poitrine et pousse un soupir de soulagement en entendant ma réponse.

    En tant qu’humain se trouvant dans cette situation, je devrais être terrorisé. La jeune fille doit se dire que quelque chose cloche vu mon calme. A mon grand soulagement elle vient de détruire l’image que je m’étais faite des lamias. Merci beaucoup.

    Elle me demande alors la raison de ma présence en ces lieux.

    Je lui résume rapidement mon voyage, et je lui explique que je suis venu jeter un œil au marécage et que je compte installer mon cap pour la nuit dans les environs. Elle reste sur ses gardes tout en continuant à m’observer, ou je devrais plutôt dire qu’elle est effrayée par moi.

    J’ai l’air calme, parfaitement calme, bien qu’il soit de notoriété publique que les lamias sont dangereuses pour les humains ; tandis que je tends ma main droite vers le pommeau de mon épée et que je l’y pose lentement. La fille a une expression terrifiée lorsqu’elle s’en rend compte et s’éloigne légèrement de moi en reculant. On dirait qu’elle a une personnalité assez faible et qu’elle déteste se battre. J’en apprends de plus en plus sur cette lamia.

    « Attends, je veux dire… »

    Je sors mon épée de son fourreau et je tranche un bras boueux relié à la terre derrière moi sans lui laisser le temps de finir sa phrase. Le bras tombe sur le sol et s’immobilise.

    « … ne m’attaque pas. Hé ? »

    Il lui faut un peu de temps pour comprendre ce qu’il vient de se passer. Je remets mon épée dans son fourreau pour lui montrer que je ne lui veux pas de mal. Je lui explique alors en détail ce qui est arrivé au marécage et que les éléments ont perdu leur harmonie dans cette zone.

    « La tribu des lézards vivait ici il y a longtemps, mais ils ont été obligé de partir lorsqu’un désastre s’est abattu sur leur village. L’élément Terre est anormalement puissant ici, du coup les esprits deviennent complétement fous et causent des catastrophe dans le Monde Physique. La situation risque d’empirer. Les lézards ont fait le bon choix en quittant le marécage. »

    D’autres bras sortent de Terre et je les coupe au fur et à mesure qu’ils apparaissent tout en racontant cette histoire à la jeune femme. On dirait que les bras sont attirés par une source de pouvoir magique puissante. Je cherche une indice expliquant le déchaînement des esprits grâce à mes sens accrus. J’essaie aussi de repérer des esprits pris de folie en me concentrant sur le réseau magique sillonnant la terre. Je sens soudainement que le sol sous mes pieds est sur le point de se transformer en bourbier et je saute instinctivement à la gauche de la lamia.

    « Hu, oh, attends ! »

    La lamia est tout à coup confuse.

    Fumu. Tellement mignon.

    « Dis-moi, les lamias peuvent utiliser quelle sorte de magie ? »

    Je fixe la fille en lui posant cette question. Elle commence à réfléchir en oubliant d’un coup son embarras.

    « Humm. Les gens de ma tribu ont surtout des affinités avec l’Eau, alors affronter un esprit de la Terre est… »

    Chaque affinité par élément ou attribut magique à sa propre forme d’interaction avec les autres. En général l’attribut de la Terre est efficace contre celui de l’Eau, ce qui veut dire que la jeune fille va avoir du mal à utiliser sa magie contre l’esprit en question. On utilise normalement la magie du Vent pour affronter la magie de la Terre.

    « Tu parles à une lamia comme si on était égaux. Ça ne va pas être compliqué pour toi qui es humain de te battre avec l’esprit de la Terre ? Fumu. »

    On dirait que l’on me sous-estime grandement. Dire qu’un être humain fait de chair et d’os de 16 ans n’a aucune chance de vaincre un esprit n’est pas mentir.

    Enfin bon. Est ce que je me dis alors que je me tourne et vois son air découragé. Sorti du sol il y a un, deux, trois… Je me rends compte qu’il est inutile de compter alors que je tranche les bras de terre.

    « Ma tribu possède une magie spécialisée pour lutter contre les esprits, mais il me faut du temps pour la déclencher. »

    « Je vois. Très bien, voici le plan : je vais aller en première ligne et te protéger, pendant ce temps tu te prépares à lancer ta magie. J’excelle au combat en solo, tu ne feras que me gêner si tu te joins à moi durant la bataille.»

    Elle hoche la tête.

    Je lui propose un plan imprudent pour affronter un aussi terrible ennemi alors que l’on vient juste de se rencontrer. Nous avons à peine eu le temps de discuter, mais je suis persuadé que cette fille est l’élément clé pour résoudre la situation. Tout du moins, nous ne sommes pas hostiles l’un envers l’autre.

    Pour être tout à fait honnête, je n’attendais qu’à moitié une réponse de sa part.

    « Maintenant que ça c’est dit, je t’offre ma gratitude en avance. »

    « Ces mots ne doivent être prononcés que lorsqu’on se marie. »

    « Hé ? Ha, ho, désolée »

    Je me dis qu’elle est amusante tandis que je me rue sur la masse de bras sortant du sol.
  • bon courage à toi pour la suite dans ce cas ^^
  • Bon courage pour la suite =)
    Merci pour le chapitre et bonne continuation ;)
  • Bonjour Bonsoir ! Bon, je vais décidément devoir travailler sur mon rythme... Ahem ahem...

    Chapitre 2, dernière partie

    Les bras de boue ne sont qu’une partie de ce que l’esprit de la Terre contrôle. Ils n’en sont qu’un morceau. Je les coupe un à un sans hésiter afin de gagner du temps pour la jeune femme. Il y a plusieurs méthodes pour purifier l’esprit terrestre de sa folie. Mais dans le cas présent nous avons décidé de le vaincre et de le renvoyer dans le Monde Spirituel.

    J’avais prévu d’injecter de force mon énergie magique dans la terre afin d’attirer l’esprit jusqu’à ce que la fille fasse son apparition. Une fois qu’il aurait mordu à l’appât, j’allais affronter sa forme physique puis le relâcher dans le Monde Spirituel. Cela m’aurait demandé énormément de pouvoir magique, une quantité que seul le plus entraîné et le plus talentueux des mages peut mobiliser. Ou bien l’un des Sept Héros, capable d’en faire autant. Ce n’est pas comme si un être humain normal ne peut pas produire de l’énergie magique car ils le peuvent car leur essence est une âme et les âmes en produisent. Mais très lentement.

    J’utilise une petite quantité de pouvoir magique de la classe des dragons et je tranche les bars dès qu’ils font surface pour les empêcher d’atteindre la fille. Quelque part, j’ai l’impression que c’est un jeu. Mais peu importe la vitesse à laquelle je les découpe, ces bras apparaissent encore et encore puisqu’ils sont alimentés par l’esprit en magie. Il est de plus en plus difficile de faire face à autant de puissance de combat.

    Je m’aperçois durant le combat, grâce à mes sens supérieurs, qu’un bras approche la jeune femme dans mon angle mort. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter : de base je n’en ai pas réellement.

    Je dance sur le champ de bataille et je tranche tous les bras, tant ceux que je vois que ce que je ne vois pas. Sans m’arrêter, je continue à avancer et je fais de mon mieux pour garder les assaillants loin de la jeune femme. Fatalement je commence à fatiguer. Il fallait s’y attendre, avec les limites de ce corps humain. Mais les bras ne cessent pas d’apparaitre et tant qu’ils sont là, je dois remplir ma mission.

    Malgré ma condition physique améliorée grâce à la magie, l’endurance est devenu le facteur décisif de cette bataille. Dans le passé, quelqu’un possédant une force illimitée m’a affronté et il était facile de lui répondre avec toute ma puissance. Mais cette fois, je dois me limiter un petit peu. L’incantation commence à rendre les esprits frénétiques car la vitesse à laquelle les bras apparaissent après avoir été détruits reste stable. Le combat ne commence réellement que maintenant.

    « Moi, descendante de la Princesse du Royaume, appelle le grand Dieu Serpent. Le temps est maintenant venu, accorde moi tes pouvoirs afin d’abattre mes ennemis. »

    Il y a très longtemps, le Dieu Serpent maudit une certaine jeune femme. La partie inférieure de son corps se changea en celle d’un serpent et, de ce fait, elle fut exilée. La silhouette d’un serpent se forme sur le sol boueux tandis que la fille continue de réciter son sort. Les bras reconnaissent rapidement le serpent comme étant un ennemi et commence à détourner leur attention de moi vers lui. Le serpent est tellement immense qu’il pourrait avaler deux ou trois hommes adultes en une seule fois. Les brase ne font pas le poids face à lui. En plus de ça, ils sont détruits et ne réapparaissent pas lorsque le serpent les touches.

    « Fumu. »

    Un petit soupir m’échappe.

    Maintenir ce genre de pouvoir a dû être très compliqué, sans parler de le contrôler. La magie que cette lamia a à sa disposition est plus puissante que ce à quoi je m’attendais. Malgré ça, cette fille ne fait pas que la maintenir invoquée mais en plus elle la contrôle avec précision. Elle a définitivement le potentiel d’une grande sorcière.

    Tous les bras ayant attaqués le serpent ont été détruits après un petit moment : ils se sont transformés en boue et sont retombés sur le sol. Coopérer a été la bonne décision puisque j’aurais eu du mal à exterminer les bras avec mes compétences actuelles à l’épée. Je vois du coin de l’œil la lamia laisser ses épaules se détendre. Avant de me relâcher, je veux au moins examiner une dernière fois la zone.

    « Ne baisse pas ta garde tout de suite. J’ai le pressentiment que l’esprit va nous montrer sa véritable forme. »

    « Ah, oui. »

    La boue se concentre et monte lentement au milieu du terrain vaseux tandis que j’admire l’œuvre de la lamia. La surface de la terre est totalement noire et elle continue à s’amonceler jusqu’à avoir la taille du sommet d’une colline. L’esprit de la Terre devenu fou furieux décide enfin de se montrer. Il est probablement à l’origine du tremblement de terre d’il y a dix ans et du manque de vie de ce marécage. Il est certainement devenu aussi imposant et puissant après avoir absorbé le pouvoir contenu dans l’eau et le sol alentours durant plus d’une décennie.

    On dirait que j’avais raison de croire que les bras d’il y a un instant n’étaient qu’un corps temporaire. Sa forma actuelle est la partie supérieure tremblante d’un corps humain fait de vase et mesurant environ deux étages. Il y a deux trous vers le haut, je pense que ça doit être ses yeux.

    La silhouette de boue noire s’avance vers nous à une vitesse surprenante. La pression émise par l’esprit est assez intimidante. Surtout pour la lamia qui commence à en ressentir les effets. N’importe qui deviendrait peu à peu fou si l’on reste exposer à une telle chose durant une longue période. Même si la fille appelle le serpent de tout à l’heure, il est peu probable que cela suffise à battre cette chose. Je m’arrête quelques instants et je prends soin de ne pas me fatiguer inutilement, puis je cours vers la jeune femme pour la retenir tandis qu’elle hurle des stupidités.

    « Lâche-moi, ce truc ne fait pas le poids face à mon invocation. »

    « Ah, mais c’est dangereux. »

    Le sol est particulièrement boueux et glissant ce qui rend difficile de courir, mais je redouble d’efforts. L’esprit déchaîné approche les bords du marais et commence à nous lancer des balles de vase. Elles sont saturées de magie et se faire toucher par l’un d’entre elles sera loin d’être plaisant. Je les évite avec aise vu qu’elles sont quelque peu lentes.

    L’esprit continue de me jeter des balles de boues et je les esquive toutes. Certaines d’entre elles ont failli me toucher. Les yeux de la créature sont focalisés sur moi. J’en déduis que je sui sa cible principale. À chaque fois qu’une balle de terre touche le sol, un trou relativement important apparaît. Si on continue comme ça, la zone dans laquelle on est risque de devenir un terrain à découvert. La façon le plus rapide de stopper cette chose est de détruire sa manifestation physique.

    « Le venin du Dieu Serpent coule dans mes veines. Que je puisse déchaîner son pouvoir sur mon ennemi. »

    Un chant familier vient de la fille derrière moi. Peu après, l’habituel serpent transparent se manifeste une fois de plus dans le Monde Physique. Il attaque l’esprit fou sans attendre et tente de lui arracher des morceaux. J’aperçois un liquide pourpre suinter des crochets du serpent durant leur combat. Il doit s’agir du poison maudit. Il a l’air de forcer l’esprit rageur à se transformer en une masse magique dense qui commence à trembler sous mes yeux.

    Il est imprudent de ma part de croire que le serpent peut gagner grâce à son poison uniquement. Le bon côté est que les mouvements de l’esprit enragé sont beaucoup plus lents. Je me rapproche de lui lorsqu’il lève son bras empoisonné et l’écrase dans ma direction. Un tel coup aurait facilement détruire une maison, alors que dire d’un corps humain. Néanmoins, je profite de sa lenteur pour l’esquiver en sautant sur le côté.

    La lamia pousse un petit cri, pensant que j’ai été écrasé.

    Je tranche son bras gauche d’un seul coup de mon épée imprégnée de magie. L’épée, gorgée de pouvoir magique équivalent à celui du Dieu Dragon, devient la meilleure épée ayant jamais existée. Le bras tranché tombe sur le sol et se transforme en boue tout en perdant sa couleur noire. Je frappe le sol de mon pied et je saute jusqu’à la hauteur des yeux de ce tas de vase encore debout. Je sais que, bien que vide, ces yeux me fixent avec attention.

    Ton esprit est corrompu. L’environnement autours souffre à cause de toi. J’ai pris la décision de te renvoyer dans le Monde Spirituel où est ta place. C’est ce que je me dis une fois décidé à abattre cette chose.

    L’esprit devenu fou furieux modifie une partie de son corps vaseux en une lance et tente de m’embrocher. Cependant, je suis plus rapide que lui même dans les airs. Mon épée commence à briller alors que j’y verse plus de magie, et d’une autre taillade je tranche l’esprit en deux.

    « Tu l’as fait ! »

    La lamia m’acclame une fois que je me réceptionne à terre. Après l’avoir entendue, je ds ma phrase fièrement tout en faisant preuve d’un peu de pitié pour l’esprit.

    « Fumu. »

    Maintenant que ça c’est fait, j’ai découvert et éliminé avec succès l’origine du désastre d’il y a dix ans. Quant à l’équilibre naturel des alentours, il lui faudra un peu de temps pour se restaurer. Je vais juste laisser le cours naturel des choses reprendre. La manifestation physique de l’esprit est maintenant séparé en deux tas de boue. Lorsque son corps vaseux est tombé dans le marais, une vague de boue s’est formée et s’est déversée sur la fille. Quant à moi, je me suis recouvert de magie pour que la terre ne tâche ni mon visage ni mes vêtements. Les vagues se déversent durant 7 secondes environ. Mes chaussures se remplissent de boue et d’eau tandis que je marche vers la berge où se trouve la jeune femme.

    « Uuh… Beuah, j’ai de la boue dans la bouche et mes vêtements en sont recouverts. »

    Contrairement à moi, elle est couverte de beau et ses cheveux blonds comme ses vêtements sont trempés. Je prends une gourde en cuir de mon sac en cuir et je la lui tends.

    « Tiens, tu devrais te rincer la bouche avec un peu d’eau. »

    « Oh, merci. »

    « Je t’en prie. Ou c’est plutôt moi qui devrait te remercier. Tu m’as épargné pas mal de problèmes. Au fait, je m’appelle Dran et je viens d’un village au sud ouest. Je serais ravi de connaître ton nom. »

    Elle tortille le bas de son corps tout en tenant la garde que je lui ai donné pour que je puisse le voir entièrement et se présente en s’inclinant.

    « Je suis Sélia. Comme tu peux le voir, j’appartiens à la tribu des lamias. »

    « Fumu, Sélia. Tes parents t’ont donné un nom bien. »

    Sélia sourit timidement à ces mots. Elle a l’air tr ès contente d’entendre ses parents être complimentés, leurs liens doivent être très étroits. C’est une bonne chose que les parents et l’enfant soient proches. J’ai au moins compris ça après avoir vécu seize ans en tant qu’humain. Il est normal que je me présente après tous les efforts que nous avons fourni pour résoudre la situation. Une partie de moi trouve ça problématique car, après tout, elle fait partie d’une race détestée des humains.


  • Merci pour le chapitre
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