Arca — Web novel

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Commentaires

  • Bonjour, je me remet donc à poster ici, la nostalgie m'as prit... Désolé Soreyawari XD Je voulais juste vous mettre au courant :)
  • Vous remarquerez les dialogues, la narration et mon style à changer, et heureusement xD Ce serait triste si je n'avais pas évolué !
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    I - 17 - « Mission »
    Toujours debout, Shem réfléchissait à ce qu’il pouvait dire de lui. Ne pas trop en raconter. Son père lui avait dit un nombre incalculable de fois. Ne pas divulguer son nom, une règle d’or. Ne pas divulguer le véritable but de sa mission… enfin si seulement son père lui avait expliqué plus longtemps à l’avance, cela aurait été bien mieux, Shem doit accomplir une mission dont le but n’est même pas défini. Il décida de lâcher prise, et de parler un peu de lui.

    — Je ne suis pas d’ici, et à vrai dire je ne sais pas vraiment d’où je viens, et où je vais. Je suis né dans un pays appelé l’Égypte.
    — L’Égypte ?
    — Je me doutais bien que tu ne connaîtrais pas… il réfléchit à ce qu’il pourrait dire. En gros, c’est un pays chaud, près de l’équateur, et comme je l’ai dit à Grimm, je viens d’un autre continent. Je ne sais pas non plus, comment j’ai pu parcourir autant de kilomètres sans me rappeler de rien.

    « Je dois quand même mentir un peu… »

    — Tu comprends bien que c’est difficile à croire. dit Teeli avec fermeté.
    — Oui… je sais.

    Il y eut un silence, et Shem regarda autour de lui, et finit par regarder un arbre.

    — J’ai un grand frère, mais il est parti alors que j’avais six ans, et je ne l’ai jamais revu. Ni moi ni mes parents. il s’arrêta, confronté à ses souvenirs, et à la promesse de ne pas trop en dire.
    — Je ne t’ai pas obligé à parler de choses qui te sont douloureuses, tu sais. dit-elle en avec un regard plus compréhensif que d’habitude.
    — Ce n’est rien. répondit-il nonchalamment. J’ai un autre frère, et une petite sœur, on rigolait beaucoup ensemble, on jouait à tout et à rien. Mais maintenant, je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. L’un a fui, l’autre a disparu avec ma mère. Et depuis, plus de nouvelles. Je suis seul.

    Le vent soufflait de nouveau, créant avec les épines des arbres, une mélodie semblable au chant des sirènes. Teeli se redressa, et s’avança vers Shem.

    — L’un a fui ?

    « Je ne peux pas aller plus loin… Désolé Teeli. »

    — Oui… Une fugue. Je ne sais toujours pas pourquoi. dit-il en grimaçant à cause de son propre mensonge. Mon père m’as dit qu’il lui avait refusé quelque chose.

    « Merde… »

    — Ton père, tu sais où il est lui ? demanda telle d’une voix interrogative. Je peux t’aider à le retrouver, si tu veux.
    — Euh… mon père est probablement mort… dit-il avec un sourire amer.
    — Aaah… Merci pour cette discussion. Je pense pouvoir comprendre le sentiment d’être seul, n’hésite pas à m’en parler.

    Elle se retourna, et commença sa marche vers la grotte, mal à l’aise de la tournure de la discussion. Shem baissa la tête, repensant à ces jours de pluie, où lui, ses frères et sœur, ses parents, ses grands-parents se rejoignaient dans le chalet, et s’amusaient tous ensemble. Il releva la tête.

    — Je vous apprécie, parce que sans même être une famille, vous me rappelez mon chez-moi.

    Livia se retourna et fixa Shem d’un regard doux, tout en lui souriant de manière sincère. Shem crut voir une illusion du passé en cette femme. Il crut voir sa mère, juste un instant. Puis, il se ressaisit et accompagna Teeli vers la grotte.

    Ils croisèrent Myriam en chemin, Shem en profita pour s’excuser. Elle les accepta, et fit une courbette pour montrer son « respect ».

    Shem regarda vers l’intérieur de la grotte, Grimm piquait Livia dans la nuque avec une seringue. Elle semblait plus souffrir qu’autre chose. Les yeux de la jeune fille, grands ouverts, vacillaient et ses pupilles étaient devenues bien plus petites qu'à la normale. Elle respirait assez fort, comme après une longue course. En dehors de cela, il regarda Sylvia qui paraissait inquiète pour sa sœur, et lui tenait la main.
    Une seringue. C’était ce avec quoi la piqûre était faite, montrant un brillant signe de technologie médicale dans ce monde.

    Shem s’approcha de Grimm et Livia.

    — Euh… ça n’a pas vraiment l’air d’aller…
    — N-Non, tu crois ? répondit Livia agressivement.

    « … »

    — Eheh… commença Sylvia gênée. Quand elle est comme ça, vaut mieux pas lui parler...

    « Madame Livia a donc une faiblesse ! »

    — Voilà, le produit devrait faire effet d’ici dix minutes. continua Grimm. Reste tranquille.

    Grimm se leva doucement, et Shem ne put s’empêcher de zieuter la cicatrice qu’il avait dans le cou. Elle semblait descendre sous ses vêtements.
    Une fois debout Grimm nettoya la seringue et la rangea dans sa sacoche. Il regarda Shem et Teeli, comme s’ils étaient des extraterrestres.

    — Euh… Quoi ? dit-il sur un ton neutre.
    — Ce serait plutôt à nous de dire ça ! répondit Shem en haussant un peu la voix.
    — Ahah, je me demandai juste comment s’était passée votre petite discussion. dit-il en regardant Shem, d'un air suspicieux.
    — Cela ne te regarde pas. continua Teeli d’une voix sévère.

    Grimm se contenta de fixer Teeli, et se gratta la tête, pour finir par hausser les épaules. Il n’avait pas vraiment l’air de se méfier. Mais parmi toute l’équipe, c’était lui qui jouait le mieux le bon samaritain, à tel point qu’un Oscar aurait pu lui être remit. Shem l’avait remarqué depuis longtemps. Depuis le début en fait ; dès que Grimm est venu lui parler pour la première fois, il a juste posé des questions pour se débarrasser de sa méfiance, mais par ses réponses approximatives, Shem a créé l’effet inverse. Depuis, il ne s’est pas confié une seule fois. Pareille pour tous les autres, hormis Sylvia.

    Shem se concentra sur Livia qui tremblait à cause de la douleur. Mais quelle douleur ? Shem ne savait pas, mais ça semblait difficilement supportable ; Sylvia tenait toujours sa main. Il décida de retenter une approche.

    — Tu as besoin de quelque chose ? demanda-t-il en essayant de ne pas paraître envahissant.
    — Oui, j’ai besoin d’air ! Alors, dégage !
    — Sylvia, ta sœur, elle a ses règles ?

    « Humour, humour ! »

    Sylvia lâcha la main de Livia surprise par la question, puis se mit à rire. Grimm qui avait entendu esquissait un sourire et Teeli semblait attendre avec impatience la réaction de Livia.

    — Toi !… répondit-elle avec hargne.
    — Tu vas me jeter des cailloux ?
    — Toi ! répéta Livia.
    — Oui. Effectivement. Je suis moi.
    — Ta gueu- … Chut !
    — Ta faillit dire un gros mot ! fit remarquer Sylvia.

    Livia se renfrogna, puis se tourna, dos à tout le monde. Shem en profita, pour se glisser derrière son oreille.

    — Hey ! Ta faillit dire un gros mot.
    — TU FAIS CHIER !

    Shem se prit un coup de poing qui le fit voltiger, il eut du mal à s’en remettre.

    ◊ ◊ ◊ ◊ ◊


    « Elle a tapé dans le menton… »

    — Ça t’avançait à quoi de la chercher ? demanda Teeli les mains sur les hanches.
    — Instauré la confiance par l’humour et l’ironie.
    — Je ne sais pas si ça a bien fonctionné… souffla-t-elle.

    Après cette ellipse, Grimm, Teeli et Shem s’expliquèrent, sur l’observation qu’il endurait. Ils se mirent d’accord sur certains points.
    Derrière, Myriam réparait la cabane abîmée par la bête.

    — Et bien, tu comprends bien qu’on doit te surveiller, même si on te fait confiance, l’Ordre nous le demande. commença Grimm en parlant calmement. Nous sommes contraints de pratiquer certaines choses, comme cette observation. Bien sûr, on va moins te coller, mais on fera toujours attention à tes faits et gestes.
    — Oui, pas de soucis. De toute manière je n’ai rien à me reprocher. répliqua Shem.
    — Oh ? Tu sais, même si tu n’as rien fait… Les juges du Carser ont l’esprit fermé. À Crylla, le racisme existe peu, mais le clergé, et les nobles... expliqua Grimm en regardant si Myriam arrivait à réparer la cabane. Et comme ta peau est plutôt mate… Ils ne vont pas faire preuve de gentillesse.

    « Les douces joies de l’humanité… »

    — Je vois on est obligé de passé par se… Carser ?
    — Oui, malheureusement. C’est la partie religieuse de l’Ordre, et on doit leur faire un rapport oral à chaque fin de mission.
    — Sans oublier le rapport écrit, que l’on donne à nos supérieurs. fit remarquer Teeli.
    — C’est du boulot ! s’exclama Shem.
    — Ahah, je ne te le fais pas dire ! répondit Teeli avec un petit sourire.

    Shem se retourna vers Myriam qui venait de finir de réparer la cabane. Pas bien compliqué. Juste des planches clouées au mur.
    En y pensant, Shem se rendit compte que la création de planches n’est pas aisée. Il faut tout un tas d’outillage et de machine pour pouvoir en réaliser une. Shem avait jeté un œil à un caisson rempli de planche, mais Myriam lui avait dit que c’était eux qui les avaient fabriqués, probablement grâce à l’utilisation de la magie. La magie de vent, déduisit Shem.

    Après avoir expliqué à tout le monde les nouvelles règles à adopter par rapport à Shem, ils regardèrent vers le ciel. Le soleil se couchait de nouveau derrière les montagnes. Préparation mentale à une nouvelle nuit dans la peur.

    — Demain il faudra qu’on aille voir le cadavre du Jasmin… commença Shem, pensif.
    — Pourquoi ? questionna Teeli, intriguée.
    — Si la bête le chassait pour se nourrir, le corps ne doit plus être là, et comme ça on pourrait savoir quelle théorie est la meilleure.
    — Effectivement…

    Un silence reprit place. Et Teeli fut la première à le rompre.

    — Hmm… Tu m’as dit que ton père t’a envoyé ici… Pourquoi faire ? demanda-t-elle hésitante.

    Tout le monde se retourna vers Shem, intrigué.

    — J’ai une mission…


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    Voilà ! J'espère que ce chapitre vous aura plu :) N'hésitez pas à me faire part de vos avis ! Bon, je m'imagine pas avoir des tonnes de retours puisque ça fait plusieurs mois que je n’ai pas postés, mais bon, il faut toujours espérer !

    Sur ce, je vous laisse :)
  • MAN WITH A MISSIOn
  • Voilà le chapitre 18 '-' J'espère qu'il vous plaira :) J'ai un peu hésité avant de le poster, mais bon, j'avais déjà une avance depuis longtemps par rapport au site où je poste... donc autant continuer dans ma lancée.
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    I — 18 — « L’ombre »
    Après la discussion, il y eut un blanc. Pas un blanc gêné. Un blanc… absent, triste. Celui que personne n’essaye de combler. Un simple silence, ou les regards parlent bien plus que les mots.

    ◊ ◊ ◊ ◊ ◊


    Shem se leva, pour aller voir la cabane que Myriam avait réparée. De loin ça ressemblait un peu à des toilettes de jardin. Sur le coup, Shem s’arrêta.

    « Aaaaah, en fait c’est des toilettes ! »

    Il se gratta la tête, et se retourna pour revenir sur ses pas, mais Myriam était déjà derrière lui.

    — Peux-tu te pousser ? demanda-t-elle sur un ton agacé et gêné.
    « La grosse commission, hein. »
    — Bien sûr. Je te laisse déféquer en paix.

    Myriam regarda Shem avec mépris, puis s’éclipsa dans la petite cabane.
    Après cet interlude d’une grande maturité, Shem, revint dans la grotte et alla saisir une hache, pour faire le travail que ce fameux seigneur leur avait demandé. Couper du bois.

    — Attend, je t’accompagne, intervint Grimm. Quatre bras c’est mieux que deux.

    Teeli prit à son tour la parole, tout en se dirigeant vers la grotte.

    — OK, je vais solliciter Livia si elle peut elle aussi m’accompagner pour voir le corps du Jasmin.
    « Ouaaa, elle a décidé de m’écouter ! »

    Shem et Grimm partirent en direction du gammalaya, là-bas, les arbres attendaient sagement de se faire couper, une fois arriver sur place nos deux amis allèrent d’abord vérifier l’état du gammalaya. Celui-ci n’était plus qu’un pauvre amas de moisissure et de champignon. La vitesse de décomposition de l’arbre impressionna Shem. En bref, il ne restait presque plus rien de lui.

    — C’est un mystère, même pour les druides. commença Grimm le regard vide.
    — De quoi ? L’arbre ?
    — Ouais, de nombreux botanistes, druides, scientifiques, et théologiens se sont penchés sur le gammalaya, Grimm marqua une pause, pendant laquelle il sortit une hache de son sac. Mais personne n’a réussi à déterminer sa provenance, ni ses véritables particularités, finit-il en entaillant l’arbre qui se trouvait juste devant lui.

    Shem fit de même, tout en réfléchissant à ce que Grimm venait de dire. Cela dit, qu’il y est des scientifiques dans ce monde l’étonna. Il pensait que tout allait être expliqué par un sort, ou par une divinité.
    Après avoir entaillé l’arbre — après plusieurs essais — Shem reprit la parole.

    — On ne sait pas depuis combien de temps il est apparu? demanda-t-il après une courte réflexion.
    — Faudrait demander à Teeli, elle s’y connaît surtout… sur ça. répondit Grimm un peu perdu.
    — Elle est botaniste, scientifique ?

    Grimm arrêta de couper l’arbre devant lui, et se mit à sourire.

    — Teeli… une scientifique… une botaniste ? Non, ahahah. Elle a reçu l’enseignement d’un druide.
    « Les druides ont l’air d’assurer pas mal de choses dans le coin. Peut-être que s’y je m’en faisais un en ami, ça m’aiderait... »

    Shem se tut, et continua à couper son arbre en silence.

    ◊ ◊ ◊ ◊ ◊


    Après avoir fait s’abattre une dizaine d’arbres sur le plancher des vaches, Grimm partit chercher le traîneau qui lui servait à transporter le bois. Shem était maintenant seul. Il tourna plusieurs fois autour de l’arbre pour réajuster la direction vers laquelle il allait tomber.

    Un détail lui accrocha l’œil.

    Au loin, entre plusieurs arbres, Shem pouvait apercevoir une ombre. Qui d’un œil rond et fourbe le regardait avec insistance.
    L’ombre ailée. Juste là. À une cinquantaine de mètres.
    Shem lâcha sa hache sous la stupeur, il essaya de sortir la dague de Grimm, mais il se souvint qu’il le lui avait rendu. Sa tête bourdonnait, et sa vue devenait trouble. C’était bizarre… ces symptômes n’étaient pas dus à la peur. Il était dû à l’ombre, Shem le savait.

    — Hé, ça va ?!

    Shem était à genoux en train de gémir. La voix de Grimm le ramena à lui. Shem montra du doigt en tremblant l’ombre qui avait déjà un peu avancé. Grimm le vit et eut le réflexe de sortir une de ses lames explosives, et de la jeter vers le corps sombre. Elle se planta sur un arbre à proximité de la chose, et explosa. Faisant voltiger des milliers d’échardes et de copeaux de bois dans tous les sens. Le reste de l’arbre s’écrasa à côté du tronc. L’ombre avait une nouvelle fois disparu.
    Grimm en profita pour aider Shem à se relever.

    — On ramène le bois, et on en discute. Tu peux marcher ?
    — Ouais…

    Malgré sa réponse Shem, avait une légère nausée ainsi que le tournis.
    Une fois revenu, ils déposèrent les bûches dans le bac rempli d’eau, le reste ne pouvant pas y être stocké, fut placé dans les autres espaces de stockage. Puis, ils allèrent tous deux dans la grotte pour voir si Teeli et Livia étaient rentrés pour faire un point sur le gammalaya. Myriam était dedans, préparant à manger, et Sylvia raccommodait des vêtements. Mais Livia et Teeli n’étaient toujours pas rentrées.

    — Vous avez ramené beaucoup de bois pour une si petite excursion. les interpella Myriam.
    — Bah attend, on est des rapides nous deux ! s’exclama Grimm en regardant Shem. Aaah… désolé, ça va mieux que tout à l’heure ?
    — Bah… Euh, j’ai toujours la tête qui bourdonne.
    — Hein ? s’exclama Myriam.
    — Il y avait un démon dans la forêt, il a eu le temps de pomper l’énergie de Shem. Grimm se gratta la tête, et regarda le plafond de la grotte. Il a eu le temps de le parasiter.

    Myriam et Sylvia firent une tête un peu effrayée. Elles s’avancèrent toutes deux pour être complètement dans la conversation.

    — On devrait pratiquer un exorcisme ? demanda Myriam avant d’éternuer.
    — Non, le démon n’a pas réussi à rentrer dans son esprit. expliqua Grimm calmement. D’où le mal de crâne qu’il a.
    — Hein ? Mais il n’a même pas d’antivoûtement, c’est impossible de résister face à une entité sans en avoir ! s’exclama Myriam en se retournant vers Shem, un air songeur sur le visage.

    Shem était un peu gêné. Le mot « exorcisme » lui restait dans la tête, ça ne lui disait rien qui vaille. Il s’empressa de poser une question.

    — Livia m’a aussi parlé d’antivoûtement, mais elle m’a dit que c’était impossible après la puberté, parce que le corps ne fabrique plus assez d’hormones, ou un truc comme ça…
    — Yep, c’est ça. L’antivoûtement s’apprend à l’âge de onze ou douze ans, au tout début de la puberté quoi. continua Grimm en effectuant des mouvements amples avec ses bras. Quand le taux de Méria est au plus haut.
    — J’ai déjà réussi à le faire moi… C’était pas si dur que ça ! s’exclama bruyamment Sylvia.
    « Mes tympans… »
    — Les Mérias ? demanda Shem dans ses pensées.
    — En gros, c’est une sorte d’hormone magique. expliqua Myriam en même temps qu’elle cuisinait. Le corps en produit uniquement pendant l’adolescence.

    À partir de ce moment, il y eut un blanc dans la conversation. On entendait plus que le vent. Grimm vint à côté de lui, et demanda à Shem d’enlever son bandage à la jambe, pour le remplacer. Comme attendu, Grimm fit cela à une vitesse inhumaine. Une vraie machine.
    Livia et Teeli n’étaient toujours pas revenus depuis plusieurs heures. En les attendant, le reste du groupe fabriqua des planches — principalement Sylvia —, tandis que Myriam et Grimm s’occupaient de dresser des troncs taillés en pointe de chaque côté, pour construire une muraille. Cela semblait simple à faire, mais sans la force de Myriam, Grimm n’aurait rien pu faire. Puis, ils les attachaient entre elles avec des cordages épais pour que le vent ne les fasse pas chuter. Au pied, ils appliquaient une sorte de mixture, probablement un équivalent du ciment.
    De son côté Shem, devait placer cinq nouveaux flambeaux tout autour de la grotte. Les flammes n’étaient pas les mêmes. Myriam lui avait expliqué que pour des bêtes, un feu sacré ne servait à rien. Alors elle y a appliqué un sort, plus puissant, et capable de blesser un être fait de chair. Elle avait utilisé le terme : Flamme de sang, pour désigner ce nouveau sort. Il devait les disposer en cercle à une trentaine de mètres de la grotte. Elle lui avait expliqué que cette distance maximiserait l’efficacité de ses flammes. Contrairement au feu sacré, rien qu’une toute petite flamme créait une épaisse fumée rouge-noirâtre qui s’envolait loin dans le ciel. Shem trouva ça ressemblant aux grosses usines qu’il y avait près de chez lui.

    Une fois tous les flambeaux placés, il revint auprès du groupe, mais juste avant d’arriver auprès d’eux, il vit Livia et Teeli arrivé du sens opposé d’où elle était partit. Elles s’avancèrent assez vite vers la grotte, et arrivèrent en même temps que Shem. Teeli semblait agacé et Livia un peu honteuse.

    — Bah, vous faisiez quoi ?! les interrogea Sylvia.
    — Demande à ta sœur ma grande, c’est elle qui à la réponse. répondit Teeli sans aucune once de sympathie.
    — Ah ! Livia ! Tu t’es encore perdu ! Et Teeli a dû te chercher pour te retrouver ! continua Sylvia en rigolant.
    — Hmm, je… C’est pas exactement ça —
    — Si, c’est exactement ça ! s’écria Teeli en semblant être à deux doigts de l’effondrement psychologique.
    — Je t’ai déjà dit que j’ai cru voir une forme noire entre les arbres ! s’exclama-t-elle, gênée.
    « Une forme noire entre les arbres. Le démon ? »
    — T’étais pas obligé de partir à sa poursuite ! s’énerva Teeli.
    — Ah… Pour ça… C’est comme si on m’y avait obligée. répliqua Livia en regardant tout le monde avec un air abattu. Je l’ai suivi, comme si mon corps répondait plus.

    Grimm et Shem se regardèrent, cette ombre était probablement la même que celle que Shem avait vue. Mais elle semblait avoir eu plus d’effet sur Livia.
  • Ma femme devient folle de voir que je peux lire quatre livres "en même temps". Mais alors écrire plusieurs histoires "en même temps" à mon sens c'est encore bien plus fou !

    Pour ce qui est du chapitre, j’apprécie particulièrement l'humour très présent dans ce récit. Et c'est toujours très bien écrit bien sûr.
  • Je pense pas mettre des tonnes de chapitre ici '-' un par mois, à moins que ça plaise :smile: En tout cas, enjoy !
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    I - 19 - « Tout est près »
    Après y avoir prêté plus attention, Shem vit que Livia avait le visage pâle, et que ses mains tremblaient. Elle essayait de le cacher, mais quelqu’un qui essayait de prêter un peu attention le voyait facilement. Shem compatit, et décida d’aller l’aider un peu. Il lui demanda si elle avait besoin d’aide pour marcher, mais elle refusa, bien qu’elle titubait à certains moments. Shem la fit s’asseoir à côté de l’entré de la grotte, sur une des planches que Sylvia avait découpée. Il eut un réflexe de « grand frère » qu’il ne put refréner, enlever la neige qu’elle avait sur ses cheveux. Elle fut un peu surprise, mais pas gênée. Puis, il risqua une question.

    — L’ombre que tu as vue… il marqua une courte pause, pendant laquelle Livia s’inclina vers lui, pour lui montrer qu’elle avait toute son attention. Il avait un truc de spécial ? Genre… trois yeux ?
    — Euh… bah… non pas vraiment. Livia marqua une pause à son tour. Tu as une piste ?
    — À vrai dire je pense que moi Shem on a pensé à la même chose. le coupa Grimm sans se préoccuper de Shem. Alors peux-tu essayer de te rappeler.
    « Comme d’habitude il coupe la parole à tout le monde ! »
    — Hmm… commença-t-elle hésitante. Non, désolé.

    Shem remercia Livia, contrairement à Grimm qui se retira, sans dire un mot. Livia lui lança un regard agacé, mais elle abandonna l’idée de réprimander Grimm. Après une dizaine de minutes à ranger les planches que Sylvia avait créée, Teeli, commença à parler du Jasmin.

    — Il n’était plus là. Il a été traîné, mais on n’a pas réussi à remonter entièrement la piste.
    — Juste après un cours d’eau, il n’y avait plus aucune trace, et c’est à ce moment-là que j’ai vu la forme sombre. continua Livia en mettant les mains sur ses hanches.

    La théorie de Shem paraissait de plus en plus plausible pour tout le monde. Shem parla alors dans sa barbe.

    — Hmm… Et si la bête arrivait facilement à nager, cela pourrait expliquer l’absence de traces, il aurait jeté le Jasmin dans le cours d’eau pour que celui descende jusqu’au terrier sans laisser trace. Ça démontrerai aussi pourquoi la bête qui est tombée avec moi dans le lac n’est pas morte non plus. commenta-t-il, sa main soutenant sa tête.

    Cette explication était la dernière de Shem, elle bouclait toutes ses idées, après celle-ci, il n’en avait plus. Il était vidé de toutes solutions et de toute théorie. Mais il avait foi en celle-ci, c’était la solution la plus plausible. La bête était lourde, Shem était le mieux placé pour l’affirmer, elle aurait dû couler comme un caillou, et se noyer, mais si elle savait nager aussi bien que les hommes, cela concorderait parfaitement avec la théorie. Cela prouverait aussi que la bête est intelligente. Pour ce qui est du nombre, Shem pensait toujours à un couple de bêtes, et à un petit.

    — Nagez, oui… mais de là à maîtriser sa respiration, ça me paraît compliqué. dit Grimm en se grattant l’avant-bras. Mais, si comme tu le penses, les bêtes sont douées d’une intelligence alors, oui, tout concorderait…
    — Oui, mais il y avait des traces de lutte, donc le Jasmin ne devait pas être complètement mort. poursuivit Teeli.
    « Probablement une régénération rapide de ses cellules. »

    Après avoir un peu aidé Myriam et Grimm pour la construction de la muraille, Shem reprit son monologue intérieur. L’ombre animale qu’il avait rencontrée dans le mur, pourquoi lui avait-il demandé de tuer la bête ? Tout ça n’avait pas de sens. Surtout que le Pacificateur que Shem rencontra après, leur parla bien de seulement une bête, or la théorie de Shem était contradictoire…

    « Je me suis trompé ? Non… Mais les deux pacificateurs n’avaient pas l’air de mentir… Peut-être… Que la bête s’est accouplée avec une autre race, pour créer un animal hybride ? »

    Le visage de Shem se décomposa sous la réflexion, Livia fut la seule à le voir. Elle s’avança vers lui, et lui donna un coup de coude.

    — Hey ! Réveille-toi, j’en ai marre de voir ton visage de dépressif, alors souris un peu ! dit-elle en tirant les joues de Shem.
    — Livia… Mes joues. dit-il alors qu’une larme lui remontait aux yeux, à cause de la douleur.

    Elle cessa de le pincer et un doux silence prit place. Myriam et Grimm avaient continué d’avancer la muraille en bois, elle était déjà bien avancée, et cela en à peine six heures. Les flammes de sang, vacillaient au grès du vent, sans pour autant s’éteindre et la grotte de dehors ressemblait à l’entre d’un ours. Personne ne pourrait deviner, sans le feu sacré se trouvant au fond, qu’elle était habitée par des hommes.
    Il mit un peu de temps, avant de voir que Livia faisait une moue.

    — Arrête de faire cette tête, tu ressembles à ta sœur de onze ans. dis Shem sur un ton ironique.
    — Mouais mouais, je viens te parler et j’ai le droit à un manque d’attention ! Aucun respect !
    — J’é-tait-dans-mes-pen-sées. finit-il par répondre en la regardant droit dans les yeux.
    — C’est-pas-une-rai-son ! commença-t-elle, en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Je voulais te parler de la forme noire que j’ai aperçut.
    — Aaah… Bien, je t’écoute.

    Elle répondit par un sourire, puis se creusa la tête pour formuler sa phrase.

    — Quand j’ai vu la forme noire, j’ai cru voir des yeux, comme ceux des nuisibles. Quand j’ai remarqué qu’il me fixait moi, j’ai compris que mon antivoûtement avait été brisé. Et ça presque instantanément. expliqua-t-elle dubitative.
    — C’est quelque chose d’anormal ?
    — Oui, disons que briser un antivoûtement de mon niveau n’est pas une chose facile. En gros quelqu’un comme toi, sans antivoûtement serait mort.
    « Ah, bah va falloir m’expliquer pourquoi je suis toujours en vie. »
    — Et donc ?

    Livia fit une nouvelle fois une moue, et souffla. Elle regarda derrière elle, épousseta ses vêtements et reprit.

    — Qu’est-ce que tu peux être froid ! s’exclama-t-elle avec un sourire amer. Bon ! Je crois me souvenir qu’il avait des ailes, et avant ça, j’ai entendu comme des chuchotements.
    — Quoi comme chuchotement ?
    — Je ne suis pas sur… commença-t-elle en se creusant la tête. Mais j’ai cru entendre : c’est de sa faute.

    Un frisson traversa Shem. Pendant un instant, il fut déstabilisé et une grimace apparut sur son visage. Ces quatre mots lui rappelait l’ombre ailée, or, il n’avait pas besoin de ça pour se sentir mal. Livia remarqua sa réaction, mais décida de ne pas en parler. Après cette courte pause, Shem reprit la parole.

    — Merci pour ces infos ! il marqua une pause et plongea dans ses pensées. Pourquoi… tu n’es pas allez directement dire ça à Grimm, plutôt qu’à moi ?
    — Hmm… commença-t-elle en mettant son index sur ses lèvres. Comme je t’ai beaucoup « espionné », j’ai décidé que maintenant je devais te faire confiance !

    Shem fixa Livia dans les yeux sans s’en rendre compte. Elle fut un peu gênée par cela, et se leva pour éviter un rougissement. Une fois debout, elle se racla la gorge.

    — Tu préfères que j’évite de faire ce genre de chose ? demanda-t-elle visiblement déçut.
    — Ah ! Non, non ! Merci de me faire confiance ! s’écria-t-il en serrant la main de Livia. Ça me fait vraiment plaisir. finit-il avec un sourire sur les lèvres.
    — Hum… Pourrais-tu lâcher ma main, s’il te plaît ?
    — Ah oui, désolé, c’est une manière de remercier quelqu’un dans mon pays. expliqua t-il en souriant à Livia.

    Il y eu un blanc, mais Livia le rompit alors qu’il venait à peine de s’installer.

    — Je te préfère quand tu souris, tu devrais arrêter de penser à ton chez-toi, ça te donne l’air triste.
    — Aaah… Toi et ta sœur vous êtes le genre de personne qui vous faite du soucis pour les autres plus que pour vous même, hein ? dit-il en pensant à toutes les actions égoïstes qu’il a faites dans le passé.
    — Hmm… Je ne sais pas, mais en tout cas ça fait plaisir à entendre ! T’as encore l’air triste, bordel !

    Elle s’approcha un peu de lui, et lui caressa la tête. Surpris, Shem leva les yeux, et la regarda volontairement amèrement.

    — C’est plutôt à moi de faire ce genre de chose. dit-il en ricanant. Je suis pas Sylvia, tu sais !

    Elle lui sourit, ce qui fit craquer Shem une fois pour toutes. Quelque chose l’attira chez cette fille. Non pas ses formes ou son visage, bien qu’elle soit très attirante, mais son caractère. Celui d’une personne mature, qui a traversé de nombreuses choses.
    Pour lui c’était rare de trouver quelqu’un de vivant, quelqu’un qui change des autres filles qui se maquillaient et faisaient des selfies. Quelqu’un qui n’est pas creux. En additionnant cela à ses attributs féminins, Shem ne pouvait résister. De plus elle avait des petits gestes qui en dehors de son allure stricte la rendaient mignonne. Bref, elle dégageait un charme qui ne laisse pas indifférent, sauf les hommes comme Grimm…

    « Va falloir que j’attaque un de ces jours... » se dit-il sans arrière pensé.
    — Bon… si cette forme noire avait des ailes, c’est sûrement l’Ombre qui m’a aussi attaqué. reprit Shem plus sérieusement.
    — L’Ombre ? Une écarlate ?
    — Non, selon Grimm il s’agit d’un démon.

    Livia eut l’air d’être un peu choquée, mais se reprit vite. Son visage s’était transformé de la même manière que quand Grimm lui avait fait une piqûre. Un visage ressemblant à ceux des Ombres écarlates, mais en bien plus humain bien sûr. Elle posa une question.

    — Un démon ailé, c’est bien ça ?
    — Oui, le même qui m’a jeté pendant qu’on combattait les Ombres écarlates. expliqua Shem juste avant d’éternuer.
    « Mon hypothermie de la dernière fois est toujours en train de me tuer… »

    Sylvia qui écoutait la conversation discrètement, vint apporter un mouchoir à Shem, puis prit la parole.

    — Livia, tu penses à un Krakedager ?
    — Oui… répondit-elle avec de la douleur sur le visage. Parmi les démons, rares sont ceux qui ont la capacité de voler…
    — Hum… en parlant de ça. l’interrompit Shem. Si vous pouviez m'expliquer les différents types de nuisible, et qu’est-ce qu’un Krakedager, ça serait sympa.

    Livia lui sourit, et commença à lui expliquer. Les nuisibles sont des êtres ayant besoin de magie et d’obscurité pour pouvoir se mouvoir et interagir avec le monde des vivants. Ils se catégorisent en cinq types différents : les Gilameras, qui vivent sous la forme de petits animaux, et qui sont pacifistes. Mais ils sont responsables de la destruction de nombreux champs.

    Les Ombres écarlates qui on forme humanoïde, et qui sont agressive. Eux ont provoqué l’extinction de petit village par annihilation de l’âme — une éviacepro —, cela dit, il est rare d’en croiser un seul. Ils peuvent former des sièges, dans lesquelles ils sont attachés par une substance nommée Nova.
    Les Jasmins sont informes, et très agressifs envers l’homme. Ils se formeraient quand un nombre extrêmement élevé d’Ombres écarlates serait au même endroit. Formant un siège. Suite à ce siège, dans le centre de celui-ci, un tellement au niveau de magie noire serait concentré sur seul un point que les Ombres écarlates fusionneraient, formant un Jasmin. Ils sont aussi munis d’une grande intelligence. Fait, selon Livia, avéré par les druides et le Carser. Les Jasmins auraient tous des capacités spécifiques, mais il y en a deux qui sont communes. L’élimination de l’existence et les mains volantes.

    Les Pacificateurs, eux ont forme humaine, mais ont parfois des parties animales, ils sont généralement pacifistes, et sont très intelligents. On ne connaît que très peu d’eux, pour les pacifistes en tout cas. On dit qu’ils vivent dans les mûrs. Par contre, les Pacificateurs se divisent en deux genres. Les pacifistes : Pacificateurs et les agressifs : Krakedager. Les agressifs ont souvent le pouvoir de voler, grâce à la force qu’il obtienne après avoir mangé beaucoup d’âmes. Ils sont capables manipuler les gens à distance, ou même pour les plus forts d’entre eux, d’altérer la réalité.

    — Ils ne rigolent pas, eux ! Tu penses que c’est ça qui nous traque ? demanda Shem abasourdi.
    — Ouais… répondit Livia en époussetant ses vêtements.
    « C’est une manie chez elle. »
    — Tu m’as aussi dit qu’il y avait encore plus puissant chez les nuisibles, non ?
    — Oui. Les Titans, mais ils ont disparu il y a un siècle, suite à la battue des druides. Selon eux, ils pouvaient faire une centaine de Carle de haut.

    Shem se souvenu d’une conversation avec Grimm, il lui avait expliqué les unités de l’Amasis, et le Carle était l’équivalent du mètre. Un mètre vingt exactement. Donc les Titans pouvaient faire jusqu’à cent vingt mètres de haut.

    — Comment des trucs aussi énormes pouvait se cacher ?! s’exclama Shem en s’imaginant un cache-cache entre Titans.
    — Le Carser et les druides disent qu’ils se cachaient dans l’ombre des nuages.
    — Ah ouais, quand même…

    Après cet interlude, ils en parlèrent au reste de l’équipe qui approuva leur raisonnement. Shem put voir à quelle vitesse, Myriam et Grimm — avec l’aide de Teeli — ont réussi à construire la muraille. Une journée pour environ quinze mètres de longueur tout autour de la grotte. De plus, ils ont Sylvia a construit une petite estrade pour que la personne qui garde la muraille soit une vue « aérienne ». Il avait pris en compte, le fait que la bête ne puisse pas passer par le dessus de la caverne à cause des arbres, mais à cause du manque de protection, la première Ombre écarlate aperçut, à réussit à rentrer.

    Pour éviter tout autre incident, Livia avait placé des pièges à loups. Une dizaine, juste au-dessus de la grotte. Simple mesure de sécurité.
    Tout le monde était penché sur la protection, au vu de la force de la bête, renversé des troncs d’arbre planté sous cinquante centimètres dans la terre, attaché et cimenté entre eux, ne serait pas compliqué pour elle. C’est pour ça que maintenant Livia et Grimm, préparait un sort de fortification. Ils plaçaient tous deux des pastilles rouges sur chaque tronc. Une fois cela fini, ils commencèrent à se concentrer, et récitèrent une brève formule magique. À vue d’œil, la muraille n’avait pas changé.
    Le soleil avait déjà bien avancé sur la route du crépuscule, et tout le monde commençait à sentir le poids de la fatigue. Mais ils continuèrent tous jusqu’à ce que la petite s’endorme.

    La muraille semblait recouverte de bitume, comme si elle avait été enduite. Probablement le sort qu’il y avait été appliqué. Un grand feu extérieur avait été fait à une dizaine de mètres de la muraille. Un feu normal, mais qui grâce à des matériaux spécifiques et à un tour de passe-passe de Myriam, pouvait durée quatre, à cinq fois plus longtemps. Les flammes de ce feu montaient à environ trois mètres du sol. Une sorte de brasier miniature.
    Les derniers pièges à loups furent mis en place. Teeli quant à elle, disait utilisé la magie des sceaux. Les pièges qu’elle a positionnés un peu partout sont : Mavré, un piège qui assomme l’adversaire, et un autre nommé : Sangui, qui empêche la circulation sanguine.
    Flamme de sang, grand feu, piège normal et magique, une muraille, un archer, deux chevaliers, trois magiciennes.

    Tout était près.
  • toujours aussi bien
  • décembre 2017 modifié
    Deux mois sans chapitre... ça fait pas tant que ça :) En tout cas, je vous laisse lire tranquillement î_î En espérant que des gens passent encore ici...
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    I - 20 - « Elle est là »
    Après avoir tout préparés, ils mangèrent et allèrent tous se coucher. Comme Myriam et Sylvia n’avaient pas dormi le soir d’avant, l’équipe dut faire des rondes, ce qui malheureusement abaissait considérablement leurs défenses.
    Shem eut du mal à s’endormir, ses souvenirs le tourmentant. Une fois endormi, il refaisait ce même rêve, où il était plongé dans un liquide noir et blanc, ou il voyait des formes se mouvoir. Et une fois de plus, il se réveilla en sursaut.
    Comme cela avait été dit, la petite avait dormi toute la nuit, et Myriam était la dernière à faire son tour de garde.
    Elle était assise sur les planches que Sylvia avait découpées, et mangeait une barre de céréale. Shem sortit de la grotte pour aller la saluer.

    — Alors, bien dormi ?
    — Très bien, Monsieur et vous ?
    — C’est toujours Shem. dit-il en s’asseyant à côté d’elle en lui souriant. Comme d’habitude, je dors mal.
    — Toutes les nuits, Sylvia et moi, on te voit cauchemarder. répondit Myriam avec un regard inquiet. Et certaines nuits pendant ton sommeil, tu pleures…

    Sa voix contrairement à d’autres fois, semblait vraiment inquiète. Shem ne pouvait pas vraiment fuir la question, de plus les yeux roses de la jeune fille, était plein de curiosité.

    — Tu as déjà vu la mort ?… demanda-t-il avec appréhension.
    — Je… je ne l’ai pas vu, je l’ai entendu. répondit-elle en s’enfonçant dans ses pensées.
    — Il s’appelait Yam, mon petit frère.
    — Il est mort c’est ça ? le questionna Myriam en se rendant compte qu’elle parlait probablement d’un sujet tabou.
    — Oui, à cause de moi… je—
    — Pas besoin d’aller plus loin, Shem ! s’écria Myriam, surprise par la confiance qu’il lui accordait. Je vois bien que ça te fait mal, alors… arrête.
    — Ne t’inquiète pas pour ça, je pleure peut-être pendant mon sommeil, mais pas quand je suis réveillé ! continua t-il en mettant sa main sur l’épaule de Myriam tout en ayant un léger sourire.

    Elle acquiesça et pencha la tête en avant avec un petit sourire, ses cheveux couleurs corbeaux flottant au gré du vent. Elle regarda la main de Shem sur son épaule, et changea de regard. Celui-ci était provocateur.

    — Si tu laisses ta main ici trop longtemps, ça va finir par m’exciter.
    — Ah ! Shem enleva sa main d’un coup et glissa des planches dans un mouvement brusque. Aie…
    « Je me suis niqué le dos… »
    — Les épaules sont des zones érogènes, tu devrais le savoir. dit-elle avec un air sourire malicieux.
    — Si tu te calmes pas, je vais t’en toucher d’autres des zones érogènes, moi ! s’exclama t-il un peu agressivement.

    Un bruit venant de la grotte détourna leur attention. Grimm les regardait avec des yeux confus.

    — Je vous laisse. dit-il en retournant dans la grotte.
    — Nan, attends ! C’est pas ce que tu crois. s’écria Shem en le rattrapant.
    — Je déconne, je sais que Myriam te taquine, t’inquiètes. Bref, va falloir réveiller tout le monde.

    Après que tout le monde ait déjeuné, ils rediscutèrent du plan prévu, et se mirent d’accord. Ils commencèrent à se préparer et se séparèrent en deux équipes.
    Shem se retrouvait avec Grimm et Myriam pour retourner sur le lac. Le reste du groupe, s’occupait de finir les préparatifs pour le combat et ainsi que de couper du bois.
    Shem était plus détendu depuis la discussion avec Myriam, ses cauchemars lui avaient sapé le moral, alors elle avait été une aide précieuse. Enfin… des cauchemars, c’étaient plutôt des souvenirs douloureux. Ça le hantait déjà depuis tant d’années, et il avait fini par ne plus montrer ses sentiments. Harceler, insulter, blâmer, Ana et Maxime étaient les seuls à l’aider. Sa famille, elle, n’était pas au courant de ce qu’il se passait ailleurs qu’à la maison… Il avait appris à se taire sur certains sujets, comme celui de Yam, mais Myriam lui avait fait oublier ces choses-là. Au fond de lui, il l’a remercia.
    Une fois parti vers le lac, Grimm posa une question à Shem.

    — Donc, de ce que tout nous a dit, c’est là-bas que tu t’es fait attaquer ?
    — Exact et la bête est tombée avec moi. Si elle a réussi à remonter à la surface, il devrait y avoir des traces de griffes sur la glace.

    Myriam et Grimm acquiescèrent et ils continuèrent d’avancer pendant une demi-heure, quand il arrivèrent devant une immense étendue glacée. Le lac. Shem et Grimm marchèrent dessus sans problème, bien qu’elle soit un peu glissante.

    — Hum… euh… Vous êtes sure que la glace est assez résistante ?… demanda Myriam avec grande inquiétude.
    — Boh alors comme ça Madame Je Veux Me Faire Toucher Les Zones Érogènes a peur d’un petit lac ?

    Grimm se mit à rire tandis que Myriam avançait avec appréhension sur la glace.

    — Tait-toi, je déteste l’eau… C’est probablement la pire chose pour moi…
    — Oh, pourquoi ça ? demanda t-il curieux.
    — Les vampires n’aiment pas l’eau, tu ne sais pas ça ? répondit Myriam ahurit.
    — Hein !? T’es une vampire ?!
    — Tu ne savais pas ?! Grimm, devait te le dire pourtant… sa voix baissa d’un ton, comme si elle avait peur de quelque chose.
    — Je pensais que ça valait mieux de ne pas le dire, les vampires inspirent la peur je te rappelle. intervint Grimm.

    Myriam semblait attendre une réponse de Shem, avec appréhension, une nouvelle fois. Ses yeux roses l’imploraient presque.

    — Tant que tu ne m’arraches pas la carotide, ça devrait aller. dit-il en lui souriant pour essayer de la rassurer.

    Myriam ne semblait pas satisfaite de sa réponse, mais elle ne rajouta rien et avança doucement sur la glace. Shem était le seul qui n’avait pas des chaussures adaptées. Il se baladait depuis le début, avec des chaussures en toile. Il s’était déjà habitué à ne plus sentir ses pieds, bien que cela était handicapant, ça ne l’empêchait pas de vaquer aux occupations du groupe.
    Le reste du l’équipe avait deux paires de chaussures, une pour les travaux, et l’autre avec des crampons pour l’exploration. Et malheureusement aucune autre personne que lui n’a une pointure de quarante-deux. Donc il devait faire avec.

    — Tu penses être tombé par où ? demanda Grimm en scrutant la glace.
    — Plus vers le fond du lac, au total opposé d’ici.

    Myriam insista pour faire le tour du lac, mais Grimm et Shem décidèrent de faire la traverser à pied pour ne pas perdre de temps. Enfin arrivés sur les lieux, ils se penchèrent sur les traces que la bête avait laissées.

    — C’est un sacré trou, pourtant à cet endroit la glace est plutôt épaisse. déclara Grimm en regardant avec attention les rebords du trou.
    — Si je puis me permettre Monsieur, les traces de griffures ne sont pas les mêmes que sur les parois de la grotte. commenta Myriam en regardant de loin.

    Grimm regarda Shem en se grattant la tête et sourit.

    — On dirait bien que t’avais raison ! Deux bêtes.
    — Oui, mais si elles n’ont pas les mêmes griffes ce sont deux espèces différentes, donc ils nourrissent leur petit, qui est probablement un hybride…
    — Hmm… Mademoiselle Livia m’a dit que les griffures près de la grotte sont celles d’un Chiste.
    « Chiste ?»
    — La bête de Gévaudan qui s’accouple avec un Chiste ?… Le petit risque d’être un monstre.

    Myriam expliqua à Shem, qu’un Chiste était un chien ayant muté à cause d’une trop grande exposition à la magie. Leur taille varie, mais il double, voir triple de taille après une mutation complète. Mais à cause de leur modification corporelle, ils sont bien moins résistants.
    Grimm se mit en caleçon, et plongea dans l’eau pour voir s’il voyait quelque chose, sa barrière magique le protégeant du froid. Après être remonté plusieurs fois pour reprendre sa respiration, ne voyant rien au fond du lac, il décida de s’arrêter. Il se sécha avec une serviette qu’il avait dans son sac et se rhabilla.

    — Que dalle ! Rien au fond ! Donc la bête sait bien nager… Par contre même avec ma protection… j’ai eu froid. dit Grimm en grelottant.
    — Nan ! Tu m’étonnes, l’eau doit-être à moins vingt dégrée ! s’exclama Shem ironiquement.

    Après une courte marche, Myriam s’arrêta et commença à respirer fort. Elle était en train de renifler l’air, comme à l’affût de quelque chose.

    — Qu’est-ce qu’il y a Myriam ? demanda Grimm en se grattant le bras.
    — Ça sent l’odeur du sang.
    — Du sang humain ?!
    — Non Monsieur, du sang d’animal.
    — Par où exactement s’il te plaît ?

    Elle pointa du doigt le nord, et nos trois amis y allèrent sans vraiment réfléchir. À peu près une heure les séparait du camp maintenant. Ils arrivèrent devant un ruisseau et suivirent le fil de l’eau, jusqu’à arriver dans une clairière. Étalé au sol, on pouvait voir un énorme chien, avec à côté une forme noire immonde, le Jasmin. Encore en vie, tentant de ramper vainement.
    Le chien, au sol, était un Chiste, Shem le comprit instantanément, ce n’était pas la bête qui avait traîné le Jasmin, mais le Chiste. Le Jasmin encore vivant à profiter de la faiblesse du Chiste pour le tuer. L’équipe se cacha au plus vite.
    Tout était clair maintenant, d’autant plus que la bête, maintenant et juste à côté, était là.
  • Je reviens après une courte pause de 7 mois :wink: c'est pas grand chose, je sais pas si quelqu'un me lira, enfin... de toute façon je suis en train de réécrire l'histoire pour qu'elle sois encore mieux :) donc je vais faire ça sur un nouveau sujet, mais il y a encore du temps !
    Sur ce je vous laisse lire î.î
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    I - 21 - « Bataille de proximité »

    Shem eut un mouvement de recul qui le fit tomber en arrière. La bête était un mélange entre le chien et le loup, mais en bien plus gros. Son corps était musclé et élancé, elle avait une petite crinière noire qui empêchait de voir où se trouvait sa nuque. Ses pattes étaient larges et armées de cinq griffes acérées, sans aucun doute celle qui a blessé la jambe de Shem. Cela dit, ses pattes arrière semblaient deux à trois fois plus puissantes que celle de devant, ce qui laissait imaginer que la bête pouvait bondir à des hauteurs phénoménales. Sa queue était longue et épaisse et se finissait par des plumes ressemblant étrangement à celle des corbeaux. Son pelage était tellement dense qu’elle ressemblait à une cotte de mailles, il était principalement noir, mais à certains endroits des rayures écarlates apparaissaient.
    Ses yeux étaient jaunes et semblaient briller d’une lueur de doute. Sa gueule était similaire à celle d’un loup, sauf qu’elle était plus grande et avait deux rangées de canines l’une derrière l’autre.

    Une machine à tuer.
    Elle avança doucement vers le Jasmin en la regardant, la forme noire tenta d’attraper la bête, mais celle-ci recula d’un coup en se dressant sur ses pattes arrière, pour ensuite se jeter sur le Jasmin en lui mordant ce qui lui servait de tête. L'immondice fut soulevé du sol tant la puissance de l’animal était monstrueuse. Le Jasmin poussa un cri anormalement aigu et tenta d’enlever sa mâchoire, mais en vain, plus elle se débattait plus la pression qu’exerçait la bête augmentait. Elle donna un coup de patte qui arracha une partie du corps de l’immondice, elle cessa immédiatement de crier.
    La bête commença à traîner la chose vers un monticule de terre qui se trouvait à deux cents mètres cachés derrière quelques arbres. Son terrier était juste un peu plus loin, caché par les rares feuillages épineux.
    Certains bras du Jasmin tombaient au fur et à mesure du chemin. La bête lâchait de petits gémissements animaux, mais elle ne semblait pas du tout en difficulté pour tirer quelque chose d’aussi lourd.

    « Juste un coup… il a fallu juste d’un coup pour qu’elle tue le Jasmin… »

    Eux, y étaient allés à sept et n’avais même pas réussi à le tuer. Après qu’il soit parti, le Jasmin avait dû se cacher sous les arbres pour éviter de se faire dissoudre par le soleil, puis il s’est fait trouver par le Chiste. Bien qu’il était très affaibli, il avait réussi à se défendre et de plus, cela montrait à tout le monde que l’équipe avait tort, encore plus pour Füng.

    « Peut-être qu’ils se régénèrent tout doucement quand ils sont à l’ombre ? »
    — Je pense qu’on devrait se rapprocher un peu. chuchota Grimm peu sûr de lui.
    — Attendez Monsieur, c’est trop risqué ! On ne sait même pas si elle a une bonne ouïe.
    — Je sais… mais… on n’est là en tant qu’éclaireur. Donc on doit le faire.
    — C’est un argument assez bancal Grimm, moi je n’y vais pas comme ça, sans plan. J’ai pas envie de finir en chair à saucisse.

    Grimm sembla un peu agacé par la double contradiction, mais il ne rajouta rien. En regardant la bête avancée vers son terrier, il réfléchit à un plan.
    Une fois la bête rentrée dans son terrier, Grimm décida d’entrer en action, il avança en essayant de faire le moins de bruit possible, tandis que Myriam, à cinq mètres derrière, tenait une boule de feu. Shem lui s’était posté sur une branche d’un sapin pour avoir une vue globale et ainsi pouvoir les couvrir.
    Après plusieurs minutes Grimm arriva devant le dernier arbre avant d’arriver au terrier, les deux étaient séparés par une vingtaine de mètres. Après l’avoir un peu dépassé, Grimm posa le pied sur une neige friable, sa jambe entière s’enfonça dedans.
    Une crevasse.

    À l’intérieur de celle-ci, des cailloux que Grimm avait probablement déplacés tombèrent. Une sueur froide coula sur son front, Myriam était prête à faire feu et Shem avait déjà encoché une de ses flèches.
    Ils attendirent trente secondes, Grimm commença à enlever son pied, puis un bruit vint du terrier. Il s’arrêta aussitôt.

    — Elle est sortie ! Enlève ton pied ! cria Shem de là où il se tenait.

    Avant que Grimm puisse bouger, une masse sombre aux yeux jaunes scintillants fonça vers lui, en une seconde Grimm fut soulevé du sol. Il glissa par terre sur plusieurs mètres, la jambe blessée. Shem décocha sa flèche au plus vite, mais la bête se déplaçant trop vite, celle-ci frappa le sol. Myriam lança sa boule de feu, mais l’animal esquiva une nouvelle fois sans grande difficulté.
    Elle fonça vers Myriam en se concentrant sur une de ses jambes. Elle voulait paralyser chaque membre du groupe pour que ce soit plus simple par la suite. La bête montrait déjà plusieurs signes d’intelligence.

    « Merde ! Merde !! »

    Shem décocha une nouvelle flèche qui fonça vers l’animal. Celle-ci se planta dans ses côtes. Non, en fait elle ne se planta pas, elle fut simplement arrêtée par son pelage.

    « Quoi !? C’est une blague !? »

    La bête ne remarqua même pas la flèche de Shem, elle continua sa route vers Myriam, qui semblait désemparée. En une seconde l’animal se trouvait devant Myriam qui se prit un coup de tête dans le ventre. Elle vola à son tour sur plusieurs mètres. Shem était le seul à être en hauteur, mais il se demanda si c’était vraiment une bonne idée. La bête se retourna dans sa direction et fila vers l’arbre. Celui-ci vacilla, puis la bête donna un coup de patte arrière qui fit bouger le sapin, au deuxième coup, l’arbre tomba.

    « Sérieusement !!? »

    Shem sauta de la branche juste avant que l’arbre ne s’écrase. La bête se trouvait à quelques mètres seulement, le jeune homme ne comprit pas trop ce qu’il se passait, mais ce dont il était sûr, c’est qu’il allait se prendre un coup de patte, mais par un réflexe qu’il ne put expliquer, il arriva à esquiver au millième de seconde près.
    Avant que la bête charge une nouvelle fois, Myriam qui s’était relevée jeta une boule de feu incandescente en sa direction, l’animal se la prit de plein fouet, mais elle ne bougea même pas. Quelques-uns de ses poils brûlaient, mais sans plus. Elle ne semblait absolument pas affectée par le sort, alors que les Ombres écarlates, elles, s’étaient fait cramer d’un seul coup.
    Shem fila vers Grimm pour le relever. Il était blessé à la jambe et un hématome apparaissait sur son épaule gauche.

    — Vient Grimm ! Faut se barrer !
    — Ça ne sert à rien, t’as vu sa vitesse ?


    Shem l’avait vu. Aucun homme ne peut atteindre une telle vitesse — sans magie —, avant même d’avoir commencé à s’enfuir, un d’eux se serait déjà fait arracher un membre. Myriam, les entraînèrent pour se cacher dans un buisson, peut-être que la bête avait un odorat peu développé, ce qui semblait être le cas.

    — Faut trouver un endroit où on serait à l’abri. s’exclama Grimm sous le stress et la douleur.
    — Chut ! Tu parles trop fort… On ne peut pas jeter un signal d’alarme ? demanda Shem à messe basse.
    — Non, on est trop loin, elles ne le verront pas. Ah… vite, bouge !

    La bête avait chargé vers eux à une vitesse impressionnante, Grimm se jeta au sol vers la droite. Shem resta pétrifié, une douleur à la tête l’empêchait de bouger. Un bourdonnement grave, puis une voix, ressemblant à celle de l’ombre ailée, lui résonnèrent dans la tête.

    [J’armerai contre vous les dents des bêtes farouches.]
    « Qu’est-ce que !... »


    Avant de pouvoir se remettre en mouvement, Shem se prit un coup de tête de la bête qui lui coupa le souffle, il parcourut trois mètres dans les airs avant de retomber au sol et de se recevoir un coup de patte sur sa jambe déjà blessé. La douleur le fit crier et se tordre ; une détonation sur une des pattes arrière de la bête se fit entendre, Grimm avait jeté une de ses dagues feux-follets.
    Shem se leva aussitôt, en titubant.

    « Elle s’attaque les jambes, elle n’est pas conne... »

    Grimm jeta deux autres dagues feu-follet sur les pattes antérieur de l’animal et couru au plus vite en direction du lac, qui se trouvait un peu plus bas, Shem le suivait.
    Avant que la bête ne puisse foncer vers eux, Grimm fit exploser les couteaux.

    — Myriam, ramène-toi ! Vite !

    Sur ces mots, Myriam traça au plus vite vers nos deux amis, ses pupilles étaient rouges. Probablement son instinct de vampire qui reprenait le dessus. Elle sprintait trois fois plus vite que la normale. Puis calma le pas devant Grimm.

    — On fonce vers le lac, si on arrive à la faire tomber dans l’eau, on aura peut-être une chance de s’en sortir ! Je reste avec Shem, toi, Myriam fonce prévenir les autres !
    — Bien !


    Myriam disparut en quelques secondes de leurs champs de vision, sa vitesse était juste ridicule.
    Ils couraient maintenant le plus vite possible vers le lac, Shem avait du mal à suivre le rythme de Grimm, l’entraînement des chevaliers devait être éreintant. Il réussit quand même à se tenir à quelques mètres de lui, quand un grand cri les fit encore plus accélérer, la bête remise sur pieds les pourchassait.
    Le lac était devant eux à cent mètres, les arbres empêchaient que la bête puisse courir vite. Ils avaient donc un avantage. Mais cependant, la neige encore au sol rendait pénibles leurs courses.
    Cinquante mètres avant le lac, la peur les envahissait.
    La bête se rapprochait.
    Trente mètres devant le lac, les arbres disparaissaient.
    La bête accélérait.
    Dix mètres devant le lac, le sol glissait.
    La bête criait.
    Le lac.

    La solution selon Grimm, en tout cas, au moins pour gagner du temps. Après avoir couru dix mètres sur la glace, la bête sprinta vers Grimm, probablement par vengeance. Il réussit à esquiver le coup en glissant sur la gauche. La glace devait être épaisse pour pouvoir supporter autant de poids. Sans quoi elle aurait déjà cédé depuis longtemps.
    Shem sortit une flèche du carquois qu’on lui avait donné, concentra son Verum dedans. Puis la décocha en direction de la tête de l’animal. Elle eut le temps de légèrement se décaler avant que la flèche ne frappe dans sa crinière. La flèche fit une nouvelle fois une lumière blanche avant de provoquer une explosion et de se planter dans la nuque de l’animal. Pendant quelques instants elle sembla sonnée. Grimm se releva sans tarder et jeta une dague feu-follet au pied de la bête, après s’être assez écarté, il la fit exploser. La glace fut projetée dans tous les sens créant un trou béant juste sous la bête. Celle-ci tomba dedans avant d’avoir pu se remettre de la flèche de Shem.

    — Allez Shem ! On se barre !

    Il acquiesça et suivit le capitaine de l’équipe. Chaque pas qu’ils faisaient résonnait sous la glace, Shem en profita pour regarder derrière eux.

    — La bête n’est plus à la surface !
    — Elle doit nager !

    Avant de pouvoir dire autre chose, la glace devant eux se brisa, et de cet endroit, la bête sortit. Elle était maintenant trempée. Un avantage une fois de plus, elle devait maintenant être plus lourde, Shem et Grimm espérait que cela allait la ralentir. Ils étaient face à elle. Ses yeux jaunes luisants les fixant.

    — Shem, fonce ! Je te rattrape !
    — Hein !? Mais—

    Après un bref moment d’hésitation, Shem abandonna le chef d’équipe face à l’animal. Mais contre toute attente, elle détourna son attention de Grimm de façon volontaire et se mit à la poursuite de Shem.

    « Elle me poursuit moi ?! Et je ne vois pas comment je pourrais la piéger… Le mieux est de faire gagner du temps à Myriam et aux autres ! »
    — Grimm, j’essaye de lui caler une flèche dans les yeux, toi fais la sauter !
    — Bien !

    Après ces quelques échanges, la bête eut une réaction anormale, elle partit sur le côté comme pour esquiver la flèche que Shem pouvait lui envoyer.

    « Elle comprend notre langue !? C’est mauvais ! Très mauvais ! Je fonce vers la forêt et je vais zigzaguer entre les arbres, c’est la meilleure chose à faire, même si son corps est robuste elle ne pourra pas détruire tous les arbres sur son passage ! »

    — C’est mort ! Je vous rejoins !

    Shem détala vers la taïga survit de près pas la bête qui ralentit la course. Grimm essaya de lui jeter plusieurs couteaux feu-follet, mais elle ne se décidait pas à le prendre en chasse. Seul Shem l’intéressait, probablement car elle savait que c’était celui qui risquait de lui privé de la vue.

    Shem ne prenait pas la peine de se retourner, quand il l’avait fait sur le lac, il s’était juste fait mordre la jambe et lacérer le mollet. Il savait où se trouvait la base, mais il décida de faire un détour pour laisser plus de temps à tout le monde. Grimm prit l’occasion de se faufiler derrière la bête et cria à Shem de les rejoindre au plus vite. L’animal le poursuivait toujours, elle accéléra sa course, cependant Shem devait conserver cette distance, si elle se rapprochait juste un peu plus, il serait à sa portée. Une seule morsure lui avait suffi. Encore un peu de temps avant de rejoindre l’équipe. Le temps que tout le monde soit près pour le plan.
    Enfin… le plan prévoyait que ce soit Grimm qui soit poursuivi par la bête pour que Shem puisse utiliser l’arc du haut de la muraille ; la stratégie était de jouer autour de l’archer, mais cela faisait partie des risques et avait été pris en compte, donc ils devaient tous se référer au plan B.
    Shem ramène la bête et utilise un des pièges de Teeli pour se propulser dans les airs.

    Après, tout se joue avec Myriam et Livia. Teeli jouant le rôle de la roue de secours et la petite quant à elle devait rester planquée dans la grotte pour que rien ne lui arrive.
    Shem courait de plus en plus lentement, il était assez endurant, mais devoir zigzaguer pendant longtemps l’avait fatigué. Maintenant, il fonçait en direction de la grotte, il essayait de trouver quelque chose au sol, et au bout de quelque temps, il vit une ligne de neige fondue qui lui redonna espoir. Il continua sa course et sortit un petit pistolet de son pull. Grimm lui avait donné, il permettait d’envoyer un signal de fumée, cela se faisait grâce à une poudre noire dont il ne se rappelait plus le nom. Il tira en l’air, jeta le pistolet au sol et sprinta vers la base. Après quelques minutes il put enfin apercevoir la clairière. La première personne qu’il vit fut, Füng volant au-dessus des pièges ; tout le monde semblait près.
    Shem courut vers un des pièges de Teeli. Un piège qui permettait de propulser un poids défini dans une direction elle aussi définit. Il avait été calibré pour un poids entre quarante et soixante-dix kilogrammes. Shem traça le plus vite possible vers le piège, la bête derrière lui se rapprochait dangereusement, elle bondit pour donner un coup de patte à Shem, mais celui-ci réussit à poser le pied avant. Le piège émit une très faible lueur ; une seconde plus tard, Shem fit projeter en avant jusqu’à l’entrée de la grotte par une force invisible, il se fit rattraper par Teeli.

    — Bon travail Shem. le félicita Teeli. Alors c’est à ça que ressemble la dernière bête… ? Un peu différente de ce que j’imaginais. Bref ! Préparez-vous !
    — Oui ! Tout le monde prend sa place ! cria Grimm en pleine concentration.

    Le plan consistait à tenir à distance la bête le plus longtemps possible, les pièges, Myriam, Shem, Füng étaient là pour ça. Grimm, Teeli et Livia étaient là, pour la force brute, au cas ou l’animal arrivait à se rapprocher.
    Shem monta sur la muraille, il pouvait voir toute la clairière, la bête semblait hésiter à avancer et le grand feu au centre semblait presque éteint. Les flammes de sang émettaient de plus en plus de fumée.

    Myriam commença à attaquer, deux des flambeaux devinrent noirs tellement la fumée était épaisse, puis deux toutes petites flammèches foncèrent vers la bête. Elles s’écrasèrent sur ses côtes ; la bête ne vacilla pas, seul le sang qui coulait pouvait montrer qu’elle avait été frappée. Elle recommença trois fois. La bête recula un peu, puis poussa un cri. L’animal fonçait maintenant vers les pièges, les premiers étaient de simples pièges à loups qui se refermèrent sur ses pattes avant. Mais, elle ne semblait rien ressentir et les pièges se décrochaient de ses pattes au bout d’un moment. Sa course continua jusqu’à arriver devant un Mavré — un des pièges à Teeli, ayant le don d’assommer —, la bête tomba la tête la première au sol. Elle se releva vite, mais Shem eu le temps de décocher une flèche qu’il réussit à lui mettre dans la carotide, par chance Myriam avait brûlé une petite partie de sa crinière.

    La bête semblait avoir du mal à se lever, Teeli avait sans doute activé ses autres pièges : Sangui, ils empêchaient la circulation sanguine. Malgré ça, l’animal se releva après quelques secondes, ignorant le déluge de flammèches.

    Füng envoya une lame de vent qui s’abattit sur le corps de la chose avec violence. Elle ne semblait l’avoir blessé que superficiellement. Il continua d’envoyer d’autre lame de vent. Malheureusement, il ne pouvait pas utiliser d’autre technique sous peine d’activer les autres pièges. Tout le monde devait limiter ses capacités sous peine de tous les activer en même temps. De plus le piège central, qui se trouvait sous le grand feu était un piège explosif assez puissant pour souffler la muraille, si jamais elle venait à exploser sans que personne ne se soit préalablement protégé, les conséquences seraient graves.
    La bête fonça vers les pièges, ceux-ci s’activaient, elle finit par s’arrêter à côté du feu central.

    — Que tout le monde se met à l’abri ! ordonna Teeli sous pression.

    Le groupe entier se réfugia derrière la muraille prête pour l’explosion.
    Teeli prononça un mot: Exper.
    Celui-ci activa en un instant le piège central.
    Une lumière jaune, plus forte que celle du feu commença à éclairer la clairière. Le feu était de plus en plus difficile à distinguer. L’animal eut le réflexe de s’écarter, mais elle n’eut pas assez de temps. Dans un bruit surréaliste, le piège explosa soufflant les épines de tous les arbres à proximité et cramant les arbres les plus proches. La muraille tenait toujours debout, mais les troncs s’étaient écartés laissant apparaître un grand signe de faiblesse.
    Au centre de la clairière, le trou créé par l’explosion faisait plusieurs mètres. Il n’y avait plus ne neige jusqu’à la lisière de la forêt. Par le plus grand des miracles, la petite cabane tenait toujours debout, tout comme la bête. Elle saignait, ses poils avaient été en grande partie brûlés.
    Elle fit un grand bond qui la propulsa vers la muraille.

    « Je suis vraiment obligé de faire ce que cette ombre m’a demandé… ? » se demanda Shem en repensant à l’ombre animale, dans le mur.
    — Reculez !! s’écria Grimm.
    — Préparez-vous pour la bataille de proximité. continua Teeli en sortant son épée de son fourreau.
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