Arca — Web novel

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Commentaires

  • TU RESPECTE MEME PAS TA PROPRE REGLE è_é

    Tss
  • septembre 2017 modifié
    Bon, bah à partir de là, les changements du 23/09/2017 se voient moins ! :) Mais je les fait quand même !
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    I - 8 - « Derrière les ténèbres »
    Seule Teeli s’était réveillée suite à cet appel. Elle avait l’air d’être à moitié zombifiée à cause du sommeil, et peinait à se déplacer vers les autres, pour les réveiller. Shem, lui, ne réfléchit même pas, il prit juste un bout de bois assez large et robuste utilisé pour le feu, et commença à le jeter au sol. Il arrêta presque immédiatement son mouvement.

    « Merde ! Pas une bonne idée de laisser la toile par terre, Sylvia... »

    La seule chose qui lui passa par l’esprit fut de foncer vers la masse noire, avec le bâton enflammé dans la main droite. Il courra quelques mètres à l’intérieur de la grotte malgré le plafond qui était atrocement bas. Arrivé juste devant le nuisible qui bougeait très légèrement, comme soufflé par le vent, Shem donna un coup de toutes ses forces vers la tête de la chose.

    « Allez ! Faut que ça le touche ! »

    Mais cela ne fit rien. Le bâton passa juste à travers elle, ou plutôt, comme-ci à cause du feu sur le bâton, toutes les particules de son crâne s’était éparpillés tout autour d’elle, comme une sorte de nuée d’insectes, pour ensuite revenir précipitamment reformer sa tête.
    Une fois son crâne entièrement reconstitué, la masse sombre s’avança doucement vers Shem, puis d’un mouvement brusque lui prit le bras avec lequel il tenait le bois enflammé. Shem se retrouva contre un des murs de la grotte, le bâton tomba au sol avec un bruit sourd et la flamme s’éteignit.

    « Putain de... où sont ses yeux ?!! »

    Shem chercha les yeux du monstre avec sa main gauche, mais celle-ci s’enfonçait juste dans l’ombre, comme si tout simplement, la chose qui était là, devant lui, n’était pas matérielle et n'était juste que de l'air .
    Le sourire de l'ombre, était maintenant bien plus visible et était presque horrifique tant il était tordu, la noirceur de son corps accentuait encore plus cette horreur.
    La seule chose qui put contraster avec son corps, était ce fameux sourire.
    Shem ne voyait pas ces yeux, mais il était sûr d’une chose, le nuisible en face de lui le fixait.
    La deuxième main du nuisible alla directement vers son cou, et celui-ci commença à l’étrangler.

    — AAAaaggh-lâche... moi !

    Un bruit aigu fendit l’air et vint couper le silence qui régnait. La main du nuisible qui tenait Shem tomba lourdement au sol et s’évapora. La masse sombre garda son sourire et se retourna vers Sylvia qui avait apparemment utilisé la magie.
    Il commença à s’avancer, mais il se prit une boule de lumière en plein tête, celle-ci s’évapora dès la fraction de seconde qui suivit. L'abomination marcha un peu avant de tomber au sol comme une plume. Son corps commença à « couler » comme une flaque, cependant, seul le sourire restait encore là, comme une lumière qui s’éteignait doucement, puis lui aussi finit par disparaître.
    Shem était pétrifié, son échine ne lui permettait plus aucun mouvement, il tomba juste lourdement sur son fessier, adossé à la paroi rocheuse. Grimm vint tout de suite à côté de lui.

    — Hey ! Tu es blessé ?!
    — Aaah... euh... je... non, désolé juste un peu chamboulé.
    — C’est pas grave, merci à toi de nous avoir défendus !
    — Pas de quoi. la phrase de Shem était ponctuée d’un léger sourire.
    « Peut-être vont-il me faire un peu plus confiance maintenant ? »

    Myriam semblait un peu embêtée, Livia était en train de discuter avec elle, mais le bruit des braises empêchait clairement d’entendre leurs conversations. Teeli et Grimm, eux aussi semblaient discuter, et cette fois-ci, ils discutaient sérieusement. Du gammalaya, et de ces fameuses « Ombres écarlates ». Sylvia était la seule à s’être un peu écartée du groupe, n’ayant probablement aucune envie de s’immiscer dans leurs conversations. Tout comme Shem.
    Le jeune homme se leva avec difficulté et se tapa la tête sur une petite stalactite qui débutait pile à la jonction du plafond et de la paroi. Après s’être frotté la tête et avoir regardé le plafond pour être sûr qu’il ne se fera pas mal en avançant, il alla s’asseoir à côté de Sylvia.

    — Yo ! Merci de m’avoir aidé.
    — Hé ? Pourquoi ? répondit la petite.
    — C’est bien toi, qui as utilisé... euh...
    « Ça pourrait être quoi comme magie ? ... L’air je pense, mais ça pourrait être l’eau aussi... »

    Sylvia semblait se questionner intérieurement sur ce que à quoi pensait Shem, en même temps qu’elle faisait cela, elle penchait légèrement la tête, en se rongeant l’ongle du pouce de la main droite. Shem le vit, mais ne fit aucun commentaire à haute voix.

    « On dirait un tic. C’en est presque mignon. »
    — Oui, donc, c’est bien toi qui m’as aidé en utilisant la magie de l’air ? continua t-il.
    — Ouais ! T’as vu ma maîtrise !? Tout le monde me dit que c’est rare pour quelqu’un d’aussi jeune que moi !
    « Elle a l’air d’être emballée par le sujet de conversation ! »
    — Ahah ! le rire de Shem sortit naturellement contrairement à tous les autres précédents. Il s’en surprit lui-même.
    — Oooh, il est beau ton rire en fait, héhé !
    — Merci à toi, jeune maîtresse de l’air !
    — Sinon, Shé, pourquoi le monstre noir a disparu ? demanda Sylvia en essayant de se recoiffer.
    — Shé ?
    — Hmm hmm. C’ton surnom !
    — Aaaah, ça me va. Sinon, pour l’autre machin qui m’a attaqué...

    Shem regarda les autres discuter, en même temps qu’il continuait de parler. Le bruit du feu camouflait à moitié leurs voix, et le vent, lui, s'était remis à souffler, créant de petits sifflements.

    — Quand j’ai voulu la frapper, j’ai eu l’impression de taper dans du vide. Comme si la bestiole n’était pas faite de chair comme toi et moi. expliqua t-il.

    Sylvia écoutait attentivement, les yeux grands ouverts en étant allongée sur le ventre, les coudes posés sur le sol, et les mains sur ses joues, tout en balançant ses jambes d’avant en arrière. Comme quand on lit un livre allongé sur son lit.

    — Et pourtant quand elle m’a saisi, le poignet, puis le cou, j’ai très bien senti que ce « monstre noir » était fait de quelque chose de solide. On aurait dit que ses mains étaient uniquement faites d’os, rien de ce... nuisible lâchait de la chaleur... À part sa bouche...
    — Effrayant. ce seul mot, pourtant anodin, montrait qu’elle était complètement plongée dans ce que racontait Shem. À cause de ce monstre, je ne vais pas pouvoir dormir...
    — Tu n’as qu’à demander à ta sœur si tu peux dormir près d’elle-
    — Je ne peux pas, tu travailles avec elle. le coupa Sylvia. Myriam est tout aussi gentille... mais... elle fait peur.
    — Ah bon ?
    — Quand elle dort, elle dit des choses bizarres... dit-elle en baissant la tête et en ayant le regard fuyant.
    — Comme quoi-
    — Shem, tu saignes de la tête. le coupa Livia qui était apparu de nul part.

    Livia était assise juste à côté de Shem. À sa droite, alors que Sylvia était à sa gauche. Elle était arrivée tellement discrètement que Shem sursauta.

    — Ah ! Euh... je saigne ?
    — Yep, un peu au-dessus du front, là.

    Elle lui toucha la tête à l’endroit où il semblait saigner. Shem toucha lui aussi sa tête, avec sa main gauche.

    « Foutue stalactite ! »
    — Comment tu t’es fait ça ?
    — Je me suis fait agresser par un caillou.
    — Ta nonchalance est sans limites ! s'exclama Livia en ayant un regard charmeur. Allez, rigole un peu, et ait plus d’entrain, on dirait que t’es une loque humaine. Allez répète après moi ! « Je ne suis pas une loque !! »
    — ...

    Elle lui secoua le bras dans tous les sens, pendant qu’elle continuait à hurler, « Je ne suis pas une loque ! ».

    « Mon Dieu... cette fille est... envahissante... »
    — Allez !
    — Je ne suis pas une loque !! s'écrièrent Livia suivit de Shem, avec... beaucoup d'entrain.
    — Je ne suis pas une loque !! Sylvia finit aussi par rejoindre le chant.
    — Je ne suis pas une loque !!
    — Je ne suis pas une loque !!

    Ils se regardèrent tous les trois, et pour la deuxième fois, Shem eut un sourire naturel.

    — WO ! Quel joli sourire ! s'écria Livia avec une expression de surprise sur le visage.
    — T'as vu ?! demanda Sylvia avec un grand sourire.
    — Alors voilà ton vrai sourire. Eheh, je m’en rappellerai.
    — Ouais, ouais... répondit Shem avec voix embêté.
    — Vous pouvez tous venir s’il vous plaît ? Teeli parla assez fort pour que même Myriam, qui était la plus loin puisse l'entendre avec les nombreux bruits ambiants.

    Tout le monde se rapprocha de Teeli, et de Grimm, qui n’avait pas bougé depuis qu’ils avaient commencé à parler.

    — OK. Je laisse Grimm vous expliquer.

    Grimm s’avança de quelques centimètres, et prit la parole en commençant par se racler la gorge.

    — Bien, on a décidé d’aller couper l’arbre immédiatement, même si l’on manque de sommeil, à six, ça peut très vite être fini. Le gammalaya doit avoir plusieurs siècles. expliqua t-il. Quand ces arbres sont jeunes, ils ne sont pas capables d’appeler et d’attirer si facilement de si gros nuisibles. De plus, si cette « Ombre écarlate » a réussi à passer à travers les feux sacrés, ça veut dire qu’ils étaient tellement nombreux, que Myriam n’a pas pu faire la différence entre eux et l’air ambiant.
    — Hum... excusez-moi Monsieur, mais, il va être compliqué d’aller jusqu’au gammalaya, il se trouve en dehors du champ d’action de mes feux.
    — Oui, effectivement. Mais si toi, et Sylvia vous vous concentrez sur une seule et en gardant le reste des flambeaux allumés, ça serait bon ? demanda Grimm en étant pensif.
    — Probablement, mais la flamme n’aurait pas un grand effet contre un « Jasmin ». continua Myriam qui clignait frénétiquement des yeux.
    — Ça m’étonnerait de trouver un si gros nuisible dans le coin. répliqua Teeli en se rongeant l'ongle de l’index.
    — Oui, mais nous ne sommes jamais trop prudents, je pense.

    Une pause coupa la discussion, Livia prit la parole après s’être levée.

    — Tout est prêt, j’ai pris toutes les haches et les autres choses dont nous avons besoin. On peut y aller, j’ai aussi pris une ration de nourriture pour chaque personne.
    « C’est une kunoichi cette fille ! »

    Tout le monde prit les affaires dont ils avaient besoin et se dirigèrent vers la sortie sauf Shem, qui lui était parti dans le fond de la grotte chercher quelque chose.

    — Shé, tu fais quoi ?

    Sylvia et Grimm s’étaient retournés pour voir ce qu’il faisait. Myriam, Livia et Teeli, continuèrent à avancer sans lui prêter attention.

    — Rien, rien. Je prends juste mon sac, je n’aime pas laisser mes affaires sans surveillance.
    — Ce fameux bouquin hein ? demanda Grimm en se grattant la tête. Le Liber machin-truc ?
    — Le Liber Vitae, oui c’est ça.
    — Il est important pour toi ! Ça se voit.
    — Hmm... Oui, disons que je dois le garder à tout prix.
    — Voilà qui pique ma curiosité ! avoua Grimm en se frottant les mains. Pourquoi à tout prix ?
    — Je dirais que... c’est pour mon... but personnel. expliqua Shem en baissant les yeux comme pour se souvenir d'un temps maintenant lointain.

    Grimm sembla réfléchir à l’idée que Shem ait un but dans la vie, puis son visage fut traversé par un éclair de questionnement qui éblouit son visage.

    — Quand on t’a vu pour la première fois, tout sur toi était trempé, et pourtant le livre que tu m’as montré n’a aucune trace de détérioration due à l’eau, c’est... bizarre ?
    « Donc le Liber Vitae n’était pas mouillé… cela dit, si il croit pouvoir me faire passer un interrogatoire de manière amicale, il se trompe. »

    Shem réfléchit deux secondes, puis il sourit naturellement, en ouvrant et en fouillant dans son sac, tout en commençant à avancer vers l’extérieur de la grotte pour tous les rejoindre. Une fois arrivé à proximité de Grimm et Sylvia, il sortit une sorte de feuille blanche transparente arquée vers l’intérieur, qui faisait un petit bruit de froissement quand le vent soufflait dessus.

    — Chez moi, on appelle ça un sac plastique ! Puisque l’eau ne peut pas passer à travers, j’avais mis le livre dedans pour le protéger.
    — Je n’ai jamais vu ce genre de sac.

    Sylvia arracha des mains de Shem le sac et le retourna dans tous les sens pour l’examiner, en lâchant des petits bruits de concentrations en même temps. Puis elle le lui redonna avec un mouvement brusque. Shem le reprit et le rangea, puis il posa son sac à dos au sol.

    Il sortit et enfila son bonnet qu’il avait rangé auparavant. Celui-ci était gris, et dessus sur une étiquette blanche située à l’arrière du bonnet était écrit, « De C ». Grimm vit les trois lettres écrites en petit et qui semblaient être cousues à la main, mais il ne dit rien, ne voulant probablement pas être indiscret, ou pour ne pas éveiller de soupçon.

    — Allez, allons-y. Heureusement que les feux nous protègent ! après un bref silence il reprit, Elles ne nous ont même pas attendues...
    — Quelles bandes d’horribles femmes ! ironisa Shem en mettant son bonnet bien droit.

    Sylvia pouffa, puis ils partirent tous trois en direction du gammalaya, pour rejoindre les trois autres déjà arrivées. Les feux et les lignes au sol ne semblaient protégés de rien, aucune autre présence que l’équipe ne semblait être là. Aucun nuisible.

    — Vous êtes lents ! Allez on se bouge !! cria Teeli.
    — Oui madame la matriarche. répondit Grimm avec un sourire provocateur.
    — Ghhh... Fffff ! Dites quand vous êtes prêt.
    — Moi c’est bon. affirma Shem.
    — Pareil ! Yay !! répondit la petite.
    — Parfait.

    Grimm déposa un sac d’équipement de survie, et il prit directement une hache sans traîner, et concentra autour de lui, des boules de lumière de différentes teintes et valeurs, principalement verte/blanche et bleue/blanche, qui semblait être de la magie. Les boules lumineuses se répartirent dans un rayon d’environ vingt mètres formant une sorte d’ovale autour du gammalaya. Puis elles tombèrent au sol de la même manière que la neige tombe quand il n’y a pas de vent.

    — Voilà ! Normalement tout le monde devrait être revigoré maintenant ! dit Grimm avec un ton enjoué.
    « Oh... C’est comme si la joie et la bonne humeur de Grimm entraient en moi... »
    — Trop bien ! s'exclama Sylvia. C’est comme si j’étais connectée à Grigri !
    — Ton humeur est toujours comme ça Grimm ? demanda Livia.
    — Merci de vos réflexions intelligentes.
    — Grimm ! s'écria Shem.
    — Euh... Oui ?...
    — Avec ce sort tu transmets ta force, ton humeur, et ton courage ?
    — Et bah c’est pas exactement ça, ce pouvoir s’appelle « Ma-hi », il permet de transmettre tous les atouts de la personne qui l’utilise dans un petit rayon, et en gros, dans ce rayon, je peux tout vous transmettre, comme le Verum par exemple, je peux vous en donner. expliqua Grimm en regardant bizarrement Shem.
    — TROP FORT !
    — Wôw. Ton sort fonctionne bien Grimm, il arrive même à avoir de l’effet sur Shem ! J’en suis impressionnée ! continua Livia en train de retenir un rire.
    — Faut vraiment que j’apprenne la magie, et l’écriture du pays, et les différents métiers, ainsi que toutes les informations sur les pays du continent ; c’est l’Amasis c’est ça le continent, hein ? Oui, c’est ça. Merci. Je commence par où ? Le Sud me paraît être une bonne idée—

    Toute l’équipe regardait Shem avec insistance, en éprouvant une certaine stupeur et une sorte de choc.

    — Ton sort fait peur Grimm. commença Teeli en remettant ses cheveux en arrière.
    — Vraiment efficace ! continua Sylvia qui rigolait.
    — Hmmm... Dépêchons-nous hein... lança Grimm. Héhé. Allez, Shem, on coupe l’arbre maintenant.
    — Hein ? Ah ! Euh... Oui ! Désolé.

    Shem ainsi que tous les autres hormis Sylvia et Myriam qui entretenaient le feu sacré, avaient pris une hache, et avaient commencé à les abattre sur le tronc.
    Sur les quelques mètres qu’il faisait au début, il ne faisait plus qu’une soixantaine de centimètres avant que celui-ci ne tombe à cause de son propre poids.
    Les heures passèrent et la Lune cachée derrière quelques nuages réussissait à éclairer toute la taïga. Le peu de vent qu’il y avait faisait bouger les feuilles des arbres, et créait un bruit reposant, presque comme une berceuse.
    Les feuilles brillantes du gammalaya, s’étaient flétries à cause de la coupe du tronc, de la sève translucide coulait, mais personne n’y prêtait attention.
    Puis, l’arbre tomba avec des bruits de casse, de feuilles qui se frottent, et un léger tremblement du sol juste après que l’arbre soit tombé.
    Shem n’eut pas le temps de bien voir, mais juste après que le tronc ait chuté, il vit deux grands yeux blancs, les fixant derrière les ténèbres.
  • septembre 2017 modifié
    Puisque le chapitre 8 a été long a écrire le 9 est cadeau :p
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    I - 9 - « Triste »
    — Derrière ! cria Myriam.

    Tout le monde se retourna précipitamment, Teeli sortit une épée du fourreau qu’elle portait sur elle, et que Shem n’avait alors jusque-là, jamais remarqué, Grimm avait fait une boule blanche et bleu entre ses deux mains. Les autres étaient en retrait quelques pas derrière.
    Les yeux étaient toujours là, et maintenant, toute l’équipe les vit, ces deux grands yeux ronds et blancs qui n’avaient que pour pupilles de tout petits points noirs. Bien que Myriam ait criée et que tout le monde ait bougé, les yeux, eux n’avaient pas oscillé d’un millimètre. Ils étaient là, toujours immobile, fixant quelque chose, ou plutôt quelqu’un.

    « C’est moi ou ce truc me regarde !? »

    Shem était vraisemblablement observé par cette chose, enfin... pas vraiment observé. On aurait dit que le créature cachée, jaugeait Shem, peut-être même qu’elle réfléchissait. Une masse étrange sortit de là où était caché le monstre, comme une sorte de main difforme entourée d’un voile brumeux vert et noir qui s’avança avec vitesse vers Shem. Grimm lâcha un grand « Yaaaaa ! », et une petite lame courbée ressemblant à une dague s’abattit sur la main de la chose, qui n’était déjà plus qu’à une dizaine de centimètres du visage de Shem. La dague coupa la main avec netteté, mais elle ne tomba pas au sol, au lieu de cela, c’est comme ci, celle-ci s’évapora dans l’air, de la même manière que quand on met du lait dans un café.
    Teeli sauta vers la chose, mais à l’instant où elle allait la toucher avec l’épée — qui était d’ailleurs une rapière — les yeux devinrent légèrement rouges, et disparurent d’un coup. Teeli fit une roulade pour se rattraper. La lumière du feu sacré, ne pouvait éclairer jusque-là où se trouvait le monstre, personne ne vit vraiment à quoi ressemblait la chose.
    Teeli revint près du gammalaya maintenant coupé, et dit juste ces quelques mots, «Rentrons au plus vite.».
    Tout le monde s’exécuta sans dire un mot, Shem prit sa hache et son sac qu’il avait laissé tomber un peu avant. Il rejoignit le groupe très vite, poussé par la peur.
    L’arbre maintenant au sol, était bien moins beau, ses feuilles commençaient déjà à pourrir, mais un petit bruit attira son attention, il se retourna pour voir s’il y avait quelque chose.
    Et encore une fois, derrière les ténèbres, deux grands yeux blancs étaient là et le fixaient ; un frisson parcourra tout son corps.
    Ils coururent pour revenir à la grotte, les flambeaux au loin, éclairaient encore moins qu’avant ; la pénombre de la nuit avait englouti toutes les formes distinctes d’arbres et de pierre, ne laissant plus qu’un vaste champ noir s’éloignant à perte de vue. Une fois tous dans la grotte Myriam prit un morceau de tissu qu’elle accrocha à deux stalactites en forme de crochet situé au plafond, et bloqua le bas avec deux gros cailloux. Le morceau de tissu tendu bougeait à chaque fois que le vent soufflait un peu. Grimm se gratta la tête et commença à parler.

    — C’est la merde-là... Un jasmin quoi !! Un jasmin !
    — Depuis quand ces merdes là, ont migré vers le Nord ? continua Teeli en ayant de la hargne dans ses mots. Des Ombres écarlates, une bête, Shem et maintenant un Jasmin !
    — Un jasmin ? demanda Shem intrigué.
    — Une Ombre écarlate plus grosse que les autres, et qui mange les autres Ombres écarlates, en gros un Jasmin, peut regrouper une centaine de monstres comme celui qui t’a attaqué tout à l’heure. lui expliqua Grimm.
    — Excusez-moi. dit Myriam. Maintenant qu’on sait tout ça, et que l’on a abattu l’arbre, que faisons-nous ?

    La question amena un silence, et ce silence lui-même faisait comprendre que chaque personne dans la grotte réfléchissait. Grimm sembla se rappeler d’un truc.

    — Ta jambe !! Ta blessure ! La morsure, je n’ai pas changé les bandages depuis quatre jours !
    — Oh merde, c’est vrai !
    — Ça te fait pas mal ?!
    — Je ne sais pas trop...

    Shem enleva le bandage caché sous son jean, montrant maintenant, une cicatrice complètement ouverte où du pus suintait.

    — Moi avoir douleur.

    Grimm le regarda avec insistance comme s’il cherchait à comprendre le fonctionnement du cerveau de Shem, mais il ne réussit visiblement pas.

    — On va faire de la suture, maintenant la blessure est encore plus ouverte qu’avant.
    — Sans moi ! La peau de chameau, ça me suffit. le coupa Sylvia.
    — Shem, tu ne ressentais rien avant d’enlever le bandage ? demanda Teeli.
    — Non, rien.
    — ...
    — Bon, je vais endormir ta jambe, alors bouge pas trop après, cale-toi contre un mur et on pourra commencer. annonça Grimm sur un ton calme et serein.

    Shem acquiesça et se mit contre le mur gauche de la grotte, il s’assit et Grimm sortit une aiguille assez large et un fil bleu, il fit un nœud entre les deux, puis dit quelques mots avec la main vers sa jambe blessée, que Shem ne put comprendre. Sa jambe tomba lourdement. Shem détourna le regard pour ne pas voir l’aiguille traverser sa peau.
    Grimm fit cela, comme s’il l’avait fait toute sa vie, faire une suture en plein milieu de nulle part dans une grotte avec des monstres qui rôdent dehors ne le déstabilisait même pas, pas une seule fois ses mains ne tremblèrent. Shem, lui, sifflait pour oublier ce qui se passait au niveau de sa jambe, Myriam était dos à eux à l’autre bout de la grotte, et semblait respirer fort.

    — J’ai horreur des aiguilles... gémit Livia.
    — C’est dommage pour toi, tu vas recevoir ta piqûre ce soir.
    — Je sais bien...
    — C’est une dose moyenne ce soir non ? il discutait tout en restant parfaitement concentré sur ce qu’il faisait.
    — Oui. elle semblait en même temps qu’elle parlait, se perdre dans un tas de souvenirs.

    Shem bougea un peu pour redresser son dos, puis après quelques secondes de silence, il prit la parole.

    — Si ce n’est pas trop indiscret, quelles sont vos motivations ? Vous êtes chevaliers, mais pour quelles raisons ?

    La discussion se mit en pause, comme si la question n'était pas la bienvenue.

    — Moi personnellement, c’est pour apporter la sécurité à ma famille, ainsi qu’une source de revenue stable... mais bon, plus ça va, et moins les chevaliers sont payés. se plaignit Teeli en regardant Grimm.
    — Oui, mais le Seigneur ne peut pas tout faire en même temps. répondit Grimm.
    — Cet enfoiré, il ne paie pas ses subordonnés comme il le faut...

    Livia se racla un peu la gorge et prit la parole à son tour.

    — Il n’y a que toi qui te plains de lui. Il y a une raison à ça. On manque de tout, tu le sais très bien, de métaux, de pierre, et même de bois, c'est même d'ailleurs pour ça qu'on est là.
    — Tu as juste un talent pour râler... je ne sais pas comment ton mari arrive à survivre. se moqua Grimm en souriant.
    — Pourriez-vous fermer vos bouches succinctement s’il vous plaît ? elle dit cela d’une voix agacée.
    « Prenez-moi pour un blaireau, allez-y ! Ils ont esquivé la question avec autant d’aisance qu’une huître sur un paillasson. Bon, c’est pas grave, ils n’avaient pas envie de répondre. »

    Shem fut arraché de ses pensées par Sylvia, qui lui tirait la manche de son pull. Grimm avait aussi fini de faire la suture et avait fait un petit nœud pour que cela tienne. Il décida de lancer la conversation.

    — Oui, qu’est-ce qu’il y a ? dit-il en souriant.
    — Moi je ne fais que suivre ma grande sœur. Mais toi, pourquoi tu es là ?
    — Et bien, tu vois, parfois, les parents donnent de grandes responsabilités à leurs enfants, et ceux-ci doivent accomplir des choses qui ne leur étaient pas destinées. répondit Shem en ayant le regard remplit de souvenirs lointains.
    — Tu es un de ces enfants-là ?

    Shem réfléchit au moins plusieurs secondes avant de répondre. Teeli, Grimm et Livia discutaient toujours ; Shem répondit avec une boule dans la gorge.

    — Ce n’est pas à moi de le savoir.

    Sylvia se redressa, et regarda Shem en se rapprochant de lui, presque assez pour le coller.

    — Shé, tu es triste ? le visage de la petite montrait une expression inquiète et triste.
    — Hein ? Nan, ne t’inquiète pas. un faux sourire de plus s’ajouta au compteur.
    — Mais... tes yeux, ils sont toujours tristes.
    — Aaah...

    Shem regarda le côté de la grotte, où le tissu avait été posé pour créer une porte de fortune. Le vent la faisait bouger dans tous les sens, en même temps qu’elle s’écartait des flancs de la grotte, on pouvait apercevoir les étoiles. Shem les fixaient, le regard triste.

    « La constellation du cygne... »
    — Tu as sûrement raison.
  • Ouaiiiii, Merci =p
  • L'ambiance du roman quoi !!!(du bon côté)
  • septembre 2017 modifié
    Le voila le chapitre 10 ! Il m'aura prit un peu de temps, mais j'ai essayer de le faire le mieux possible, dites moi ce que vous en pensez :)
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    I — 10 — « L’heure »
    Shem s’était à nouveau perdu dans ses pensées, le regard dans le vide. L’écho des mots de chacun résonnait dans la grotte. Malgré le bruit qu’il y avait autour de lui, Shem se trouvait dans le plus grand des néants et dans le plus grand des silences. Il ne prêtait aucune attention à tout ce qui l’entourait–

    — Sois pas triste Shé ! s’exclama Sylvia. Attends, je vais te donner un présent !
    — Hein ? Nan, c’est bon t’inquiète pas pour moi. Je pensais juste à un vieux frère.

    Elle se dirigea quand même vers un petit sac orange, dans le coin gauche de la grotte, le sac se camouflait bien avec la roche. Elle l’ouvrit et revint, avec un origami dans les mains, vu la forme, il représentait un oiseau, probablement une colombe ou une grue.

    — Tiens ! T’es obligé de l’accepter.
    — Merci… Mais pourquoi un origami ? demanda Shem d’une voix un peu perdue.
    — Eheh ! C’est pas un simple origami ! répondit Sylvia avec une voix et un regard enjoués.

    Elle prit précautionneusement l’oiseau de papier, et souffla doucement dessus, les ailes de l’origami commencèrent à bouger puis, en battant des ailes, il s’envola. Il virevoltait et tanguait, faisant des zigzags entre les têtes de tout le monde, entre les pierres et les stalactites, et passa juste au-dessus du feu sacré, pour revenir dans la main de Sylvia.

    — Pas mal, pas mal. Je dois avouer que je ne m’attendais pas à ça ! dit-il en lui tapotant la tête.
    — Ça te plaît !? s’écria t-elle surprise. Je ne m’attendais pas à ça ! En plus de voler, tu peux l’envoyer là où tu le souhaites, grâce à la longitude et à la latitude ! Ou même par le biais de la pensée, mais c’est plus dur... Et tu peux aussi écrire dessus bien sûr.
    — Tu en sais des choses pour ton âge. Eh bien… comment je peux te remercier ? sa voix fut à la fois pleine d’entrain, et d’hésitation.
    — Aide-moi à finir de coudre !

    Shem acquiesça, il était prêt à commencer la couture, mais la fatigue commençait déjà à l’emporter. Bien qu’il eut beaucoup de mal à lutter contre son sommeil, il commença à coudre avec Sylvia, sans envie. Elle était étrangement silencieuse et la vitesse à laquelle elle cousait la dernière fois, avait considérablement réduit.

    Shem cousait à sa vitesse, c’est-à-dire lentement, il ne peut dire lui-même s’il était vraiment une aide pour Sylvia et pas plutôt une gêne. En même temps qu’il cousait, il lâchait des regards furtifs au groupe Livia, Teeli, Grimm.

    Livia somnolait tout en essayant de prononcer des mots, mais apparemment seul un grognement sortit de sa bouche ; Grimm, lui, avait l’air de péter la forme comme s’il avait bu une centaine de cafés, et trois mille boissons énergisantes, il discutait tellement fort, que Shem aurait pu l’entendre à une centaine de mètres, mais Shem trouvait toujours qu’il dégageait une certaine méfiance voire une hostilité. Grimm sortit un récipient de sa sacoche, il était rempli d’une mixture... verte, et en proposait à Livia. Elle remarqua vite la substance qu’elle était sur le point de manger.

    — Putain t’es dégueulasse ! Merde !
    — Je t’avais dit que je te ferais bouffer mon vomi ! Mais c’est pas grave ! Toute façon, tu l’as remarqué, hein.

    Livia était à côté, adossée contre le mur de la grotte. Elle regardait Grimm d’un air désespéré. Puis Shem se retourna vers Myriam, qui toujours dos à eux, dormait visiblement en position du lotus, respirant doucement.

    « Je devrais juste finir de faire ça, et me reposer ensuite. »

    Avec l’aide de Sylvia, ils eurent presque fini, après un petit quart d’heure. Puis une question lui vint à l’esprit.

    — Vous les avez trouvés où toutes vos peaux de chameaux ?
    — Je crois que c’est Lili qui a négocié avec un marchand. Une dizaine d’armes contre son chariot et il était rempli de peau. marmonna Sylvia.
    « Euh... Lili c’est... Livia ou Teeli ? Teeli, étant donné que Sylvia appelle toujours sa sœur par son nom complet. »
    — Mais elle s’est fait arnaquer !
    — Oui, mais maintenant ça nous sert à quelque chose ! s’exclama t-elle en regardant Teeli.

    Shem fit un petit mouvement de tête d’avant en arrière comme pour dire « Effectivement ». Puis se dirigea vers le feu, et se coucha à la place de Livia.

    Il remarqua que c’était presque moins confortable que de dormir assis contre un des murs de la grotte, les cailloux répartis sur le sol piquaient son dos, et les bosses que formait le sol déformaient toute sa colonne vertébrale. Même en se mettant sur le côté, rien n’y faisait, et aucun moyen de trouver une bonne position pour se reposer.

    Il se remit sur le dos et observa le plafond, rien n’était humide, pas une goutte d’eau ne coulait des stalactites.
    Rien n’était humide à cause du froid qui était de plus en plus présent. Enfin, c’est comme ça que Shem le ressentait, probablement à cause de la fatigue et de ses blessures.

    Il s’assit, la tête ailleurs, fixant un point quelque part dans la grotte. Puis, il fit attention à Livia qui était partie s’asseoir à côté de sa sœur. Elle se retourna vers Shem avec un long et large morceau de laine enroulé sur lui-même dans les mains.

    — Tiens Monsieur le sauveur ! s’enquit Livia. Je t’accorde ma place pour ce soir.
    — Ahah ! Merci, merci. Mais sinon, à quoi sert ce truc ?
    — Sac de couchage. répondit-elle d’une voix enfantine.

    Shem dit tout bas un « Merci », qu’il pensait que personne n’aurait entendu, mais Livia lui répondit clairement un « Eheh. De rien. ». Shem s’enroula dans le sac de couchage en laine, ou plutôt dans le morceau de laine qui lui servait de sac de couchage, et s‘allongea au même endroit qu’auparavant.
    Tout en gardant les yeux ouverts, il repensa à ces premières minutes dans ce Nouveau Monde.
    Il lui était encore complètement inconnu, rien qu’entendre un bruit l’apeurait, puis au bout de plusieurs heures, il s’y habitua, et commença à chercher une trace de vie humaine, en vain. Chacun de ces cris avait pour réponse son propre écho. Et donc, personne ne l’a jamais entendu, malgré toutes ses tentatives de SOS.

    En y repensant, il en déduisit qu’il n’avait survécu que grâce à la chance et grâce à Dieu. Survivre à une nuit, seul, en hypothermie est même au-delà de la chance et de la foi, il le savait très bien, et la découverte de son corps dans la neige par Sylvia n’était qu’un simple hasard.
    Il n’a pas survécu grâce à sa force, mais grâce au hasard, à sa chance, et à la bonté des autres.

    « Pathétique... Bien sûr que si, je suis une loque… »

    Puis il ferma les yeux doucement en essayant d’enlever toutes ses pensées noires de sa tête, lui plombant le moral. Il bougea un peu ses jambes, pour se mettre dans la position qu’il lui semblait la plus confortable. Il rouvrit les yeux quelques secondes, et vit que le feu sacré se trouvant à sa gauche semblait vaciller de temps à autre.

    Puis, ses paupières se fermèrent d’un coup et un sommeil lourd l’emporta.

    ◊ ◊ ◊ ◊ ◊


    Quelques particules blanches et noires passèrent devant ses yeux, puis un mur de particules noir se forma devant lui­–

    ◊ ◊ ◊ ◊ ◊

    Il ouvrit ses paupières difficilement, la lumière du petit matin l’empêchait de complètement ouvrir les yeux, il mit sa main droite devant son visage. Shem se sentait beaucoup mieux, comme libéré de quelque chose.
    Il trouva bizarre que le soleil arrive à autant éclairer alors qu’ils se trouvaient dans une grotte. Il s’assit en regardant autour de lui. Tout le monde dormait à part Myriam qui avait dû être réveillée pour garder les feux allumés ; cette fois Livia dormait près du feu, dans le même sac de couchage que Sylvia, ce qui le fit sourire.

    — Réveiller de bonne heure Monsi­­­– Shem ?

    Shem tourna vivement la tête, en se tapotant deux fois les joues pour se désengourdir. Il mit quelques secondes à répondre.

    — Oh salut, Myriam. Mouais… Le soleil m’a pas respecté... Tu as fini la toile ?
    — Oui, je n’avais rien à faire cette nuit, donc je l’ai finie.

    Shem inclina la tête en avant en guise de remerciement et se leva pour chercher les fantastiques barres de céréales de Grimm, qui étaient toujours dans son sac personnel. Il en prit deux, une pour lui, et l’autre pour Myriam. « T’en veux ? », la réponse de Myriam fut une simple négation de la tête.

    Le jeune homme sortit de la grotte, le soleil était seul dans le ciel matinal et effleurait encore l’horizon. L’air était frais, mais il ne faisait pas spécialement froid et seule une petite brise brisait le silence. Il commença à manger sa barre dehors et fut rejoint par Myriam, qui se posa contre une sorte de charrette en bois, qu’ils avaient dû créer pour plus facilement transporter les rondins. Elle prit la parole, les yeux comme remplis d’étoiles.

    — J’ai toujours trouvée les levers de soleil magnifiques, je trouve qu’ils expriment… un sentiment particulier, comme celui qu’on a quand on réussit quelque chose. On a vécu un jour de plus et ce jour servira un autre jour à quelque chose. Aucun jour et aucun moment de notre vie n’est inutile, ils ne le deviennent que si nous pensons qu’ils le sont. Je le vois comme ça, le lever de soleil.
    — Tu as une belle vision philosophique d’un simple lever de soleil. Moi, il me rend nostalgique… Il me rappelle l’endroit dans lequel j’habitais. C’est comme si ce soleil, qui m’a réveillé ce matin m’avait appelé pour me rappeler ce pourquoi je suis là.

    Le regard de Shem se perdit dans le paysage, le visage éclairé par les doux rayons du soleil, et la brise matinale secouant ses cheveux ébouriffés, avec en fond, le calme de la taïga.
    Myriam le fixa, puis afficha un beau sourire, comme si quelque chose la rendait contente. Puis en le regardant, elle reprit la parole, tout en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.

    — Vous voyez Monsieur, c’est quand vous êtes nostalgique que vous êtes le plus beau.

    Shem rougit un peu à la phrase, mais n’essaya pas de se cacher son embarras.

    — Merci… Et je t’ai déjà dit de m’appeler Shem !
    — Ahahah. Désolé, désolé. C’est une habitude, ça va prendre du temps avant que j’y arrive sans difficulté.

    Le silence reprit sa place, tandis que tous deux regardaient le lever du soleil avec une magnifique lueur dans le regard.
    Myriam se retourna une seconde fois pour regarder Shem, celui-ci semblait encore plus dans ses pensées, mais cette fois-ci, on aurait dit que derrière son regard impassible, ses yeux cachaient une lueur… de colère ? Myriam détourna le regard pour essayer de ne pas montrer qu’elle le regardait.
    Shem finit sa barre de céréales sans s’en rendre compte et fit quelques échauffements, pour se dégourdir les membres.
    Il repartit en direction de la grotte, suivie de Myriam. Une fois dans la grotte, Shem remarqua qu’il y faisait plus froid que dehors, même avec le feu, le froid dominait le lieu depuis la nuit où l’Ombre écarlate était entrée.
    Ils mirent peu de temps avant de tous se réveiller, et commencèrent à manger directement pour commencer les préparatifs de la nuit suivante.

    Shem, Grimm et Myriam, partirent chercher les flambeaux pour les rapprocher de la base de manière à ce que Myriam et Sylvia utilisent moins de Verum tout au long de la journée. Les trois autres installèrent la toile pour la cuve, dans lequel sera stocké une petite partie du bois.
    Une fois tout cela fait, ils prirent tous de la neige à la pelle pour la mettre dans le bac, de manière à la faire fondre par la suite avec le feu sacré de Myriam. Mais cette tâche… fut plus longue que prévu.

    — C’est long… se plaignit Teeli.
    — Arrête de râler, ça ne va pas nous faire avancer plus vite. répondit Grimm tout en étant concentré sur sa tâche.

    Teeli ne prit pas la peine de répondre et ignora juste la phrase de Grimm, Shem réfléchissait en même temps à la discussion qu’il avait eue avec Sylvia.

    Les deux sœurs étaient en train de chantonner « Je ne suis pas une loque ». Myriam agissait comme une machine, avec des grands mouvements amples et répétitifs. Une fois remplis – après deux heures – ce fut au tour de Myriam d’utiliser la magie.
    Elle posa sa main sur la neige qui avait déjà commencé à fondre et sortit une phrase que Shem n’arriva pas à entendre à cause de Teeli qui se plaignait de son mal de dos.
    La neige fut traversée par de petites braises qui restèrent même après qu’elle est enlevée sa main. La neige fondait à vue d’œil. Une fois que tout fut fondu, chacun prit un des troncs - coupé en deux - à part Sylvia, et le tira vers le bassin improvisé. Malgré le fait que tous les troncs furent mis dans la cuve, celui-ci n’était pas encore plein, il restait de quoi mettre encore une dizaine de troncs, sachant qu’il y en avait déjà une quinzaine dedans, on pourrait placer entre 20 et 35 troncs à l’intérieur. Cependant, le volume d’eau réduisait au fur et à mesure, à cause de la place que prenait chaque rondin.

    — J’ai mal au dos… Alala, je veux une indemnité.
    — Tu parles comme Mère… répondit Livia à Teeli. C’est assez énervant…
    — Nan, mais laisse tomber, c’est l’ancienne génération, on peut rien n’y faire. continua Grimm en guettant la réaction de Teeli.

    Teeli se gratte la nuque et reprit avec un sourire forcé.

    — Merci de bien vouloir fermer ta bouche, mon petit enfoiré préféré.
    — Oh ! Tu vas me faire rougir !

    Shem ricana un peu à les revoir s’embrouiller une énième fois. Puis il entama la conversation.

    — Livia, si j’ai bien compris, vous avez des arcs et des flèches ?
    — Hmmm... elle pensa en mettant son index sur sa lèvre inférieure. Oui, on en a un, mais on a peu de flèches, une quinzaine, je pense.
    — Cool alors, j’me débrouille pas trop mal à l’arc, je pourrais vous couvrir.

    Livia se leva pour rentrer dans la grotte – elle se gratta la tête et dit en marmonnant « Cool ? » –, puis revint avec un arc et un carquois. Elle les lui tendit.

    — Une petite démonstration ? dit-elle avec un regard provocateur.

    Shem hésita à les prendre. Mais suite à cette gentille provocation, il décida de les prendre.

    « Maintenant, ils vont arrêter de me prendre pour une huître ! »
    — Pas de problème, en plus le public est charmant.

    Myriam et Sylvia sourirent à la remarque.
    Livia remit une mèche de cheveux derrière son oreille gauche et reprit la parole.

    — Et bien, Don Quichotte, on attend maintenant ! Eheh ! Vise, l’oiseau là-bas sur l’arbre, on manque de viande ici.
    « Don Quichotte... euh... ça existe aussi ici ? »

    Grimm et Teeli s’étaient retournés pour voir ce qu’il se passait. Shem regarda l’arbre en question, il était à, à peu près trente mètres.
    Il prit son temps pour armer l’arc et visa avec son index de la main droite en respirant calmement avec de grandes inspirations. Le temps pour lui c’était presque comme ralenti, il eut un petit coup de vent, et c’est à ce moment qu’il sentit que l’oiseau n’allait plus bouger.
    Il décocha sa flèche immédiatement, celle-ci fila avec vitesse et robustesse vers l’oiseau, qui se la prit en plein dans le ventre. L’oiseau tomba au sol comme un sac de sable.

    — Voilà. dit-il d’une voix neutre.

    Tout le monde le regardait avec de grands yeux, comme s’ils étaient choqués d’un tel exploit. Ou plutôt que Shem ait réalisé une telle prouesse.
    Il alla chercher l’oiseau, suivi de Livia.

    — Tiens, je te rends la flèche.
    — Tu m’impressionnes ! répondit Livia sur un ton joyeux. Atteindre une perdrix de la où tu étais, c’est fort !
    — Oui, la prochaine fois, tu n’essaiera pas trop de me provoquer, hein ?
    — Roooh, je n’oserai pas faire ça voyons ! continua t-elle, elle lui faisant un clin d’œil.

    Shem lui sourit et donna l’oiseau à Livia, qui le mit dans un caisson en bois, dans lequel quelques lapins morts étaient stockés. Ils étaient dedans et ne se décomposaient pas. De ce qu’a compris Shem, ils utilisent un mélange de neige et de sel pour garder la viande intacte.

    — Prends l’arc, Shem. ordonna Grimm.
    — T’es sûr ?
    — Si ce n’est pas toi qui le prends, personne ne va le prendre, et tu es celui qui tire le mieux.
    — Des mauvais réflexes ?

    Tout le monde répondit avec un hochement de tête.
    Le sourire de Shem fut vite remplacé par une nouvelle expression d’impassibilité.

    — Allez, on va parler du plan de ce soir, il est déjà seize heures. annonça Teeli.

    Ils se mirent tous en rond dans la grotte, chacun ayant maintenant une arme à sa disposition.
    Teeli semblait avoir une rapière ; Grimm des dagues ; Livia une épée courte ; Myriam une hache ; Sylvia une… flûte. Sans oublier Shem et son arc.
    Teeli reprit une nouvelle fois la parole.

    — Bon alors, commençons, pour ce soir, tout va se passer dans un périmètre de trente mètres autour de l’entrée de la grotte, pour éviter que nous nous dispersions trop.
    — J’avais pensé à ce que Livia fasse un cercle runique de niveau six ou sept, qui ait un effet anti-magie. Ça empêcherait les nuisibles de nous approcher. dit Grimm en bougeant ses mains.
    — Oui, effectivement... ça nous ferait une bonne défense.
    — OK, mais le cercle risque d’affecter tout le monde. mit en garde Livia.
    — Mon manteau de magie, me permet de capturer les mauvaises ondes et de les détruire, pas de soucis sur ce point-là. continua Grimm avec un sourire. Personne ne sera affecté.
    — Je ne pourrais couvrir qu’une seule personne. Il faudrait tout de suite qu’on choisisse qui. dit Shem en regardant Grimm.

    Teeli et Grimm eurent l’air de réfléchir ensemble.

    — Tu couvriras Myriam, c’est grâce à elle qu’on pourra réellement les tenir à distance. répondit Grimm en montrant Myriam du doigt. Après si possible, couvre Teeli. Elle attaquera de front avec moi, mais je ne pourrais pas la couvrir. Myriam pourra le faire aussi, mais elle devra couvrir Livia en même temps.

    — Et Sylvia ? s’inquiéta Livia.
    — Sa capacité à contrôler l’air est incroyable… Elle sera au milieu de la formation, protégée par tout le monde. Tu sais découper du méchant nan ? demanda Teeli sur un ton amusé.
    — Ouais ! Mais ils font peur, ces trucs-là…
    — On va tous être là, tu n’as pas à t’inquiéter. le rassura Shem.

    Livia regarda Sylvia avec un regard tendre comme pour lui dire de ne pas s’en faire.

    ◊ ◊ ◊ ◊ ◊


    Tout le monde attendait à sa manière le coucher du soleil qui se faisait presque attendre, les premiers rayons du soleil commencèrent à disparaître.
    Le soleil tombait progressivement vers l’Ouest en laissant l’obscurité de la nuit s’installer. Dans cette obscurité, Shem crut apercevoir une ombre. Mais juste après s’être dit que c’était surement son imagination, un cri inhumain, suivi de plein d’autres du même genre vinrent couper le silence.
    Grimm se leva avec un regard déterminé.

    — C’est l’heure.
  • moi j'aime bien =p mais vu qu'il s'agit d'un autre monde "Don Quichotte" c'est pour tous les mondes ? xD
  • octobre 2016 modifié
    tanarel a dit :

    moi j'aime bien =p mais vu qu'il s'agit d'un autre monde "Don Quichotte" c'est pour tous les mondes ? xD

    Alors x) la question m'a déjà été posé sur un autre site x) C'est un peu compliqué a expliqué sans spoil, mais en gros, au tout début le monde était en un seul paquet, puis il c'est séparé en 2 paquets différent. Mais bon, c'est vrai que Shem n'a absolument pas réagit. Alors dans plusieurs chapitres je le ferait rebondir la dessus.
  • intéressant =p
  • avril 2017 modifié
    Désolé 'x' j'ai carrément oublier de poster ici !
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    I - 11 - « Mur d'ombres »
    Tout le monde se leva, sauf Shem qui ne savait pas ce qui l'attendait, la peur se lisait sur son visage, les cris qu'il entendait formaient une sorte de chant dissonant qui lui perçait les tympans. Et aux vues, du nombre de cris qu'il pouvait discerner, ces « Ombres écarlates » devaient être au moins une cinquantaine si ce n'est plus.
    Avec du courage, il réussit à se lever bien que ses mains et ses jambes tremblaient. Le groupe entier sortit de la grotte, en regardant tout autour d'eux. On pouvait apercevoir... des corps sombres se mouvoir assez loin des flammes, elles bougeaient avec une grande vivacité, un peu comme des serpents.
    Livia était en train de faire au milieu des quatre torches, un cercle runique.

    — Ki-Ryan. prononça Myriam.

    Les torches autour d'eux se mirent à s'enflammer avec une grande ardeur, les flammes éclairaient maintenant jusqu'à la forêt. Laissant apparaître des dizaines et des dizaines de masses sombres, translucides et épaisses, se rapprochant de plus en plus.

    — Ils sont plus nombreux que ce que j'avais prévu... Teeli parla assez fort, pour qu'on l'entende à travers les cris.
    —Attaquer de front risque d'être dangereux, mais on garde le même plan, on ne change rien comprit ?! ordonna Grimm.

    Tout le monde répondit « Compris », et quelques secondes après ça, un dôme transparent vint se mettre tout autour d'eux. Livia prit la parole.

    — La barrière est levée.

    Shem sortit son arc sans attendre, et décocha une flèche vers un nuisible qui semblait un peu moins agressif que les autres, il se la prit en plein dans la tête, son corps noir tomba doucement au sol comme une plume, mais contrairement à ce que pensait Shem, celui-ci ne poussa pas les autres. Son corps traversa les corps des autres « Ombres écarlates ». Le trou que Shem créa, fut presque immédiatement, prit par Teeli, qui sortit sa rapière et commença à donner des coups dans tous les sens d'une manière subtile, on reconnaissait la une escrimeuse hors pair. Suivi de Grimm qui de ces deux dagues, tournoyaient sur lui-même. Les actions de ces deux la combinés, étaient parfait, les nuisibles tombaient un par un, comme de vulgaires perdrix que Shem aurait abattues de son arc.

    — Derrière nous, ça a l'air de pas mal s'agiter. commenta Myriam.
    — Si tu veux attaquer, vas-y ! Je te couvre! répondit Shem un peu affolé.

    Malgré sa phrase remplie de détermination, ces mains tremblaient. Malheureusement, le peu de flèches qu'il avait, le forçait à être extrêmement précis, et de bien choisir quelle cible abattre.
    Myriam se concentra sur quelques choses d'interminable, puis un des deux feux sacrés disposés sur les flambeaux s'embrassa comme si de l'alcool avait été versé dessus. La flamme de ce flambeau s'envola dans les airs, en éclairant bien plus qu'avant, faisait fuir une petite partie des nuisibles. Elle fit s'abattre le feu sur les « Ombres écarlates », les bestioles lâchaient des cris à glacer le sang, et Shem fut surpris que ces choses ressentent la douleur.
    Livia était toujours concentrée au maximum sur la barrière, posée à sa droite. Sylvia commença une technique.

    — Myriam, pousse-toi, je vais tenter une nouvelle... Euh... Téchnique...

    La petite erreur dans la phrase fit sourire Shem, puis son attention fut capturée par ce que faisait Sylvia, elle créait une sorte de nuage long de plusieurs mètres de hauteur, et très fin. Elle les fit monter dans les airs probablement par le biais de la pensée. Et se mirent à tournoyer sur elles-mêmes à trois mètres du sol environ, faisant le même bruit et le même vent que produit un hélicoptère au décollage.
    Elle jeta ces deux bras en avant avec quelques secondes d'écart, et les nuages fins qu'elles avaient créés suivirent ces mouvements, puis s'abattirent sur les nuisibles les découpant assez vite pour que l'on ne comprenne plus ce qu'il se passe. Leurs corps s'envolaient en de multiples petits morceaux noirâtres se dissipant dans l'air. Les nuages tournoyants continuèrent leurs dérives, découpant sur leurs passages des arbres, ainsi qu'un rocher. Ils finirent par se dissiper d'eux-mêmes à une cinquantaine de mètres.

    — Une petite... téchnique hein ? ricana Shem.

    Le sort de Sylvia a laissé un grand trou où il n'y avait plus rien, Myriam en profita pour y jeter une marre de feu pour empêcher les nuisibles de si remettre. Leurs nombres ne semblaient qu'augmenter au fur et à mesure, les deux bourrins les tuaient à coups d'épée et de dagues, mais une fois dissipés dans l'air, c'est comme si deux autres réapparaissaient.
    Les « Ombres écarlates » avaient une manière dérangeante de se déplacer. Ont auraient dit que leurs mouvements étaient saccadés, comme s'il y avait un arrêt sur image, puis une fois qu'on eut cligné des yeux, ils eurent changées de place. Leurs jambes ne semblaient même pas toucher le sol, et on n'arrivait pas à savoir s'ils marchaient ou flottaient. Chaque mouvements aussi minime soit-il était accompagné d'un bruit, comme celui d'une vieille télé qu'on aurait mise sur un mauvais canal, or, c'est bruit ne sortait pas d'une télé, mais de ce qu'ils leur servaient de bouche.
    Leurs nombres, leurs déplacements, leurs cris ; ont auraient dit une danse macabre. Shem sentit un frisson traverser tout son corps. De la simple peur.

    — Je tire où en priorité ?!! demanda Shem débordé.
    — Concentre-toi sur ta flèche, inspire un bon coup et oublie tout ce qu'il y a autour de toi, d'accord? commença Livia calmement.
    — Oui ... Mais euh...
    — Chut ! Fais-le, c'est tout.
    — …

    Shem s'exécuta, mais le vide dans sa tête mit du temps à s'installer, entre les cris, le bruit des feux, Grimm et Teeli qui tuaient sans distinction, cela prit du temps. Peut-être une minute.

    — Ça a l'air d'être bon. Maintenant, imagine que cette flèche est le prolongement de ton bras, et que tu va le lancer sur une cible en particulier, du genre... euh... hum... quelqu'un que t'aimes pas.
    — OK, et ?
    —Une fois que ces faits, attends de sentir comme une vibration dans ton bras et décoche ta flèche.

    Shem encore une fois fit ce qu'il lui avait été dit de faire. Aussi stupide que cela puisse paraître, imaginer qu'une flèche soit le prolongement de son propre bras n'est pas si simple qu'il n'y paraît. À force de laisser son bras en l'air avec la corde de l'arc tendu, son bras droit tremblait. Malheureusement, il ne fit pas la différence entre tremblement et vibration. Il lâcha la flèche qui fonça vers un nuisible, celle-ci atterrit en plein milieu de sa tête, et tomba au sol, mais rien de particulier ne se passa..
    Il dut une seconde fois essayer, mais il fit la même erreur.
    Grimm et Teeli commençaient à s'essouffler et dûment revenir dans le cercle runique. Le nombre de nuisible devenu trop conséquent, Myriam choisit d'avoir recours à une technique appelée :

    — Ki-Ria.

    Les quatre flambeaux éclairèrent d'un coup, au moins trois fois plus qu'avant, et une grande sphère de flamme entoura la première sphère de protection installée par Livia. Les flammes entourèrent tout autour d'eux dans un rayon d'une dizaine de mètres. Myriam dit quelque chose en chuchotant, suite à quoi, les flammes engloutirent tout à l'intérieur de la sphère, hormis, l'équipe grâce à la première sphère de protection. Puis elle dit de nouveau quelque chose, et la sphère de feu explosa, carbonisant tout les nuisibles à proximité.
    Shem décocha une flèche sans réfléchir sur le premier nuisible qui s'approcha. Malgré le feu qui restait encore au sol, un nombre incalculable de ces ombres folles revinrent. La neige au sol était complètement fondue, et l'herbe qui était encore en vie il y a quelques minutes avait laissé place à une terre nue.
    Les flammes éclairaient bien moins qu'avant, laissant les nuisibles se rapprocher considérablement de la seule barrière de protection qui subsistait. Puis un son, doux et calme vint aux oreilles de Shem.
    Sylvia avait pris sa flûte et en jouait sereinement, cela semblait calmer les nuisibles, puis dans cette douce musique, elle accéléra le tempo, ce qui perturba tout le monde, rendant à la musique un air bien plus stressant.

    — Bouchez-vous les oreilles, ça pourrait vous percer les tympans. dit la petite avec une légère peur sur le visage.

    Tout le monde s'exécuta, puis elle continua à jouer de son instrument, les « Ombres écarlates » se mirent à crier en chœur, ce qui fit vriller les tympans de tout monde, malgré que chacun ait les oreilles bouchées.
    Puis certaines des ombres folles commencèrent à s'agiter dans tous les sens comme pris de douleur. Leurs têtes explosèrent. Comme de millier de confettis. Shem fut choqué et impressionné, et enleva ses doigts des oreilles pour parler.

    — Sylvia, t'es huit fois plus efficace que moi !
    — À ça ouais... Je ne te le fais pas dire. rigola Teeli.
    — Gnagnagna.

    Grimm ricana un peu et se concentra.

    — Myriam, viens, je vais te donner un peu de Ki.
    — Bien, Monsieur, elle se mit devant lui, en inclinant un peu la tête, tandis que la main droite de Grimm était au niveau de sa poitrine.
    « La donation de Ki doit surement se faire par le coeur. »

    Shem voulut dire quelque chose, mais avant qu'il ne le puisse, une main noire et squelettique le saisit fermement par l'épaule, et le tira en arrière. Shem fit face à un nuisible à l'allure d'un squelette dont les yeux étaient rouges et les pupilles blanches, il n'avait pas de bouche, et semblait avoir un nombre excessif de côtes, ce qui ne correspondait pas à un humain, celui-ci avait l'air de principalement ramper, puisqu'il était au sol, et avait une jambe trois fois plus grande que l'autre. La taille de ces bras était complètement inhumaine. Peut-être deux mètres.
    Shem essaya de se débattre pour enlever l'emprise du nuisible, mais celui-ci resserra sa poigne. Il entendit sa clavicule casser sous la pression, la douleur le fit tressaillir et il tomba à genoux.
    Le nuisible qui lui écrasait l'épaule, s'approcha un peu de lui, et parmi les nombreux bruits de vieille télévision que Shem arrivait à distinguer, il entendit clairement une « Faute ». Le mot était prononcé avec une sorte de petit cri, comme si le nuisible souffrait de dire ce mot. Puis la main qui écrasait l'épaule de Shem disparut en tombant au sol.
    Teeli était juste à côté de Shem, et planta sa rapière dans la tête du nuisible qui essaya de se lever, pour attaquer à son tour. Grimm n'était pas loin derrière, et essayait de faire le ménage.
    Elle le releva, et regarda assez rapidement son épaule.

    — Il t’as bien eu celui-là.
    — Ouais désolé.

    Un nuisible survolait le groupe, il avait des sortes de toute petite aile, à se demander comment celui-ci pouvait voler. Cette « Ombre écarlate » les regardait attentivement, ses yeux blancs, grands ouverts, avec de toutes petites pupilles noires, à la limite du visible, sa bouche fermée. Il n'avait pas l'air d'avoir envie d'attaquer comme s'il n'était là, que comme spectateur. Shem tenta de lui décocher une flèche, que le nuisible évita sans même la regarder. Or, aucun des autres nuisibles n’avait essayé d'éviter une de ces flèches.
    Le nuisible se retourna vers lui avec des mouvements ressemblant à ceux d'une marionnette, ses pupilles avaient grossi, comme si elle s'était dilatée. L'ombre écarlate s'arrêta de bouger dans une position horrible, les bras désarticulés, les jambes retournées. Et fixa Shem plusieurs secondes.
    Shem fut comme paralysé par les yeux qui le fixaient.
    Le nuisible bougea d'un coup, et vola vers Shem, avec une telle rapidité, que personne ne put le distinguer. Et en un clin d'œil, la chose se retrouva devant lui. Shem sentit sa main frapper avec force sur son cou, et le nuisible traîna Shem sur plusieurs dizaines de mètres tout en volant.
    L'ombre ailée le jeta assez fort pour qu'il continue son chemin sur une vingtaine de mètres, pour finir à la lisière de la forêt. L'ombre se posa au sol calmement, avec comme un... agacement... ou une sorte d'énervement sur son visage. Ses yeux étaient légèrement plissés, sa bouche un peu ouverte formait un début d'arc de cercle, et sa tête était un peu penchée vers la droite. Aucune des autres ombres ne les avait suivis.
    La chose avança d'un pas et ouvrit la bouche comme pour parler, et un petit grésillement sortit de sa bouche. Il agita ses ailes.

    — Crr ... Est-crrre... ta frrraaaaute?

    Le message... fut clair.
    Shem fut complètement abasourdi par la question. Il recula de trois pas, son corps tremblait. Il s'écoula probablement une quinzaine de secondes.

    « Putain... je fous quoi là moi !!? Je vais juste crever ! Faut que je me barre de là !! »

    — T...t-ta frraaaaaaauuute?!

    Shem fut traversé d'un frisson d'effroi. Les yeux du nuisible était redevenu complètement ronds, avec des pupilles rouges minuscules, sa bouche maintenant un peu plus ouverte, laissait apparaître des dents blanches en forme de pointe, comme si elles avaient été taillées. Il inclinait sa tête vers la droite encore plus qu'avant, et presque chaque seconde, sa tête revenait à la normale, puis d'un coup elle se réinclinait vers la droite. Son corps était brumeux et comme parcouru de petits soubresauts. Et le ton de sa voix était... comme plus pressé.

    —Eeeh.... Euh... Comment ça... ma faute ? Je...

    L'ombre essaya de dire quelques choses, mais sa réponse fut incompréhensible. Un mélange entre un gargouillis et un grésillement.
    Shem commença à courir vers ses alliés, mais quelques choses à ses pieds lui saisit la jambe. Et l'empêcha d'avancer. Une main à six doigts sortait du sol, il força sur sa jambe pour se débarrasser de l'emprise de la chose, mais avant qu'ils ne puissent faire une chose de plus, l'ombre ailée, lui prit la tête et la plaqua au sol enneigé. La main arrêta alors de le retenir.

    — Crrr... Nous souffrrrroo-ooo-ns...

    Shem ne pouvait plus bouger, il fut comme paralysé par le nuisible. Il vit derrière lui, l'ombre écarlate qu'il lui avait saisi la jambe. Une sorte de grand homme, à deux tête. Complètement horrifique et inhumain.

    — Et no-ouus aussi-i, nous so-ommes nombreux.

    Un peu plus loin à sa droite, Shem aperçut comme un océan noir qui s'approchait. En le voyant de plus près, grâce à la lumière que produisaient ses alliés, il aperçut comme une immense vague noir.

    Comme un immense mur d'ombres.
  • avril 2017 modifié
    I - 12 - « Au pied du mur »
    Le grand mur noir commença à ralentir sa course, et finit par s’arrêter à une centaine de mètres de là où se trouvait Shem et l’équipe Fiserconn. La vague noire faisait au moins une trentaine de mètres, et dépassait donc largement la plupart des pins et des sapins de la taïga, Shem pouvait apercevoir des corps sombres agitant les bras en avant, essayant de s’échapper du mur, en vain. Toujours plaqué au sol, il ne pouvait plus faire grand-chose à part regarder le spectacle qui se déroulait sous ces yeux, les nombreux nuisibles entassés autour du cercle de protection de Livia formait une grosse boule noire, on n'apercevait presque plus les personnes à l’intérieur, mais Shem put voir Grimm et Teeli, qui fonçaient dans le tas, essayant de localiser Shem. Mais bien sûr, étant dans l’ombre et loin d’eux, ils ne le localisèrent pas. Et même s’il criait la cacophonie horrifique cacherait sa voix.
    Shem commença à voir le cercle runique se fissurer sous les coups, malgré que Sylvia les découpe sans cesse, que Teeli utilise sa rapière à une vitesse ahurissante, que Grimm donne ses forces à tout le monde, Livia n’arrivait plus à se concentrer et Myriam semblait désemparée avec les petites flammes qu’il lui restait sur chaque flambeau.

    — Bordel ! Laisse-moi partir !! se débattit Shem.

    En se débattant un peu, il réussit à se détacher de l’emprise de l’ombre ailée, mais celui-ci ne le poursuivit pas. Shem courut vers le cercle runique, mais juste avant qu’il ne se brise complètement, des mots sortirent de sa bouche malgré lui.

    — C’EST MOI !! C’EST MA FAUTE !

    Un silence prit place dans la taïga. Plus aucun cri. Plus aucun grésillement ni grognement. Il n'y avait plus que le vent polaire qui soufflait dans les branchages.
    Puis, toutes les têtes, de tous les nuisible, se retournèrent vers Shem. Leurs yeux grands ouverts. Le fixant avec comme... de la haine dans le regard. De longs cris retentirent de toute la forêt, des cris à glacer le sang, des cris qui pourraient, même peut-être, qui sait, réveiller les dieux.
    Chaque « Ombres écarlates » qui était autour du cercle runique, ou encore dans la forêt, se ruèrent vers lui, avec de grands cris et des mouvements identiques à ceux de l’ombre ailée. Shem ne réfléchit pas et courut le plus vite qu’il put dans le sens inverse, mais la neige le ralentissait. Et en un instant, il se fit encore une fois traîner par l’ombre ailée. Il le traîna au sol le tirant par les cheveux, et de la neige se faufila sous ses vêtements, Shem commençait à être totalement gelé en plus d’être complètement terrorisé.
    Puis, il s’envola à une quinzaine de mètres du sol, et une fois stabilisée dans les airs, l’ombre le fixa avec un sourire mesquin, et avec ces yeux, grands ouverts. L’ombre ressemblait maintenant plus à... un démon qu’à un autre des nuisibles quinze mètres en dessous.

    — Crrr... Prrras d’inquiiéiéiéitude ! Ta souffrrrrrance viendra...

    Sur ces mots, le nuisible le jeta vers le cercle runique. D’un coup, son corps disparut. Sans laisser de traces.
    La chute de Shem fut brève, et il finit par tomber dans les bras de Livia qui l’avait vu se faire jeter.

    — Comme c’est romantique. commença t-elle avec ironie.
    — Merci de la réception ! Par contre... euh... je crois que je les aie est mis un peu colère.
    — Merci ! On n’avait pas du tout remarqué ! continua Livia en le posant par terre.
    — Au moins ça nous a permis de ne pas utiliser des techniques trop coûteuses en Ki. affirma Teeli sur un ton satisfait.
    — Oui effectivement. approuva Livia. Sinon comment t’as fait pour te retrouver dans les airs ?!
    — Un nuisible.

    Grimm utilisait ses dagues pour faire reculer les ombres enragées. Sylvia à côté jouait de la flûte, ce qui semblait calmer les ombres écarlate, leurs mouvements étaient moins saccadés et ils se mouvaient moins vite qu’avant.

    — Bon... ils commencent à me faire chier ces petites merdes noirâtres...
    — Euh... nan calme My-

    Avant que Grimm puisse finir sa phrase, elle cria le nom d’un sort que Shem ne put vraiment distinguer.
    Un feu blanc, étincelant jaillit de chaque flambeau, et commença à former une grosse boule de feu incandescente. Qui finit par s’abattre sur le sol comme une grosse météorite à une quinzaine de mètres devant eux. Le choc fit trembler le sol pendant plusieurs secondes, et tout fut éclairé comme en plein jour pendant quelques secondes, une fois cela finit, Shem put voir les désastres que cela avait produits, chaque arbre qui se trouvait à une cinquantaine de mètres avait commencé à brûler, déclenchant un feu de forêt ; la neige au sol était complètement fondue, rien à part les quelques constructions en bois ne tenait encore debout. Presque tous les nuisibles avaient été réduits en cendres, mais malgré ça, certains rampaient, avec une jambe, ou un bras en moins. Mais malgré cela, les nuisibles continuaient de revenir vers le cercle runique.
    Shem fut choqué et impressionné par la force de Myriam.

    — Bon... ça, c’est fait… dit Grimm d’une voix montrant un signe d’agacement.
    — Myriam ! Utilise ton Ki intelligemment ! s’écria Teeli.
    — Désolé... désolé.

    Le ton qu’elle prit montrait clairement de l’énervement et du je-m’en-foutisme à l’état pur.
    Shem regarda en direction des arbres en feu, le mur noir était à une trentaine de mètres des premiers arbres enflammés.

    — On dirait que le mur essaye de s’écarter des flammes.
    — C’est-à-dire ? demanda Livia.
    — Le feu de forêt que Myriam a déclenché, on dirait que ça les fait fuir. Ou en tout cas reculer.
    — Oui, mais la nature de mon feu change, une fois que mon sort est fini, il redevient un feu « normal ». Je ne crois pas qu’un simple feu fasse fuir un truc aussi énorme.répondit sèchement Myria.
    — Elle a raison… commenta Livia.

    Grimm vint s’immiscer dans la conversation, avec une expression frustrée sur le visage.

    — On ne perd pas de temps ; tous les nuisibles sont à terre, alors on les arrache. Tiens Shem.

    Grimm lui tendit une de ces dagues, Shem la prit en le regardant dans les yeux.

    — Il y a un truc qui te saoule ?
    — ... Depuis quand on est assez proche pour parler de sujets qui fâchent ?

    Le jeune homme aux dagues partit d’un pas sûr vers un des nuisibles rampants.

    «...»

    Shem observa le canif qu’il avait dans sa main droite, il était dentelé d’un côté, et de l’autre aiguisé.

    «Il a quoi cet abruti ? ... Bref.»

    Myriam et Teeli tuaient sans vraiment réfléchir, d’un coup sec ; Grimm lui, les plantait à la tête. Même Livia avait arrêté de se concentrer sur la barrière magique, se levant pour aller asséner le coup final aux ombres rampantes. Seule Sylvia qui semblait exténuée s’était cachée dans l’entrée de la grotte, avec des yeux remplis de peur.
    Shem décida qu’il allait faire sa part du travail, il se dirigea vers une des ombres, qui hurlait comme si on la torturait. Quelques gazouillis sortaient de ce qui lui servait de bouche, une sorte de rond blanc se situant sur le sommet de son crâne. Son bras gauche, et ses deux jambes manquaient, il avançait vers Shem en utilisant son bras droit qui se finissait par trois grands crochets ressemblant à de grosses lames de sécateur.
    Shem abattit la dague en plein dans son œil gauche, le nuisible cessa juste de bouger. Il se dissipa dans l’air de la même manière que ces autres congénères.
    Il répéta la même chose sur quatre autres Ombres écarlates avant que toute l’équipe ait annihilé les autres nuisibles.

    — Finis ! s’exclama Teeli, soulagée.
    — Madame, si je puis me permettre, ils nous restent le problème de cette vague noire. la démoralisa Myriam.
    — Moui, mais laisse-moi rêver, alala.
    — Faut arrêter ce feu ! On est là pour le bois ! s’énerva Grimm. Pas pour cramer des forêts entières !
    «On a tous nos mauvais côtés.»

    Myriam tourna la tête comme gênée et se mit derrière le groupe.

    — Oui, merci, je sais. Sylvia, est-ce que tu as encore assez de force pour venir couper tout ça ? la questionna Teeli.
    — Nion... j’pense pas. répondit-elle fatiguée.
    — Hmm, je vois. Bon bah, je vais devoir utiliser plus de mana que prévu. Füngaalm !

    Elle tendit son bras gauche, et tourna la paume de sa main vers le haut. Elle avait un tatouage d’œil dessiné dessus et celui-ci se mit à briller d’une lumière blanche. Puis une silhouette noire et en même temps transparente apparut dans sa main. Après quelques secondes, la silhouette laissa apparaître un corps.
    Celui d’un petit singe ressemblant à un ouistiti, mais en plus grand... Il avait de grands bras, ses pupilles étaient jaunes, et la sclère de son œil était grise. Il avait un museau pointu, et un sourire mesquin montrant de petites dents pointues.

    «Un... un esprit ou un truc du genre ?!»
    — C’est bien rare que tu m’appelles Teelipa. Tu as pris quelques rides depuis la dernière fois. Kékéké !
    — Je vois que tu n’as pas perdu ton sens de l’humour... Et évite de m’appeler par mon nom complet.
    — Oui, oui, ne t’inquiète pas ! J’écoute toujours ce qu’on me dit Teelipa ! dit-il d’un air mesquin.
    — ... Füng, on aurait besoin de toi pour couper tout ça. Teeli montra du doigt le brasier.
    — Huuum ! OK. Sans soucis. Prépare-toi ! son sourire s’élargit encore plus.

    Teeli tandis ces bras, les deux, cette fois-ci, Füng monta sur son bras droit et concentra son Ki vers les mains de Teeli, il leva à son tour ces longs bras en avant et prononçât en chœur avec Teeli, « Mo-Venga ».
    Une pression écrasa Shem vers le sol, pas assez forte pour le mettre à terre, mais assez forte pour le faire un peu tressaillir.

    — Oh ! C’est quoi ça !?
    — Quand beaucoup de magie se concentre sur un seul et même point, cela créer ce qu’on appelle un « Vortex ». expliqua Livia. Ça crée... une sorte de pression due aux Kéryons.
    — Kéryon ? il leva son sourcil droit.
    — Oui, ce sont les particules qui véhiculent la magie.
    — Intéressant… se dit Shem à lui-même.
    — Mé-Vanga ! s’écrièrent Teeli et Füng.

    Shem se retourna d’un coup vers Teeli. Le sort, une fois lancé, créa une onde de choc qui fit reculer tout le monde, et un nuage fin ressemblant à ceux que Sylvia avait créé partirent à toute vitesse en direction des arbres. Le bruit qui produisait le nuage était juste similaire à une craie qu’on aurait fait criser longuement sur un tableau.
    Après quelques secondes, les arbres tombèrent, coupé par le nuage fin, le feu que Myriam avait créé fut complètement soufflé par la puissance du sort. Le nuage fin continua sa route jusqu’à atteindre le mur d’ombre. Il s’écrasa sur le bas du mur.
    Le mur pencha un peu en avant, les Ombres écarlates qui formaient le mur et qui s’étaient prises la lame de vent, tombaient les uns après les autres. Chaque nuisible qui formait cette muraille noirâtre, essayait de se détacher, mais ils semblaient tous collés par quelque chose d’invisible.

    — Et bien et bien ! La dernière fois que j’ai vu un siège de nuisible, aucun de vous ne devait être né ! Kékéké ! dit le singe.
    — C’est bien ce que je me disais... Comment on peut faire pour abattre ça ? demanda Grimm en réfléchissant.
    — Et bien... Vous n’êtes pas assez pour abattre «ça».
    — Hein !? Vous êtes là pour aider nan ?
    — Je ne suis qu’un esprit de seconde zone.
    —Tsss !
    — Arrête de faire ton gamin Grimm... ordonna Teeli en se retournant vers l’esprit. Füng, tu nous conseillerais quoi ?
    — Et bien, vous devriez essayer de trouver le chef de «meute». Ce siège est petit.
    «Il est petit ? J’ose même pas imaginer à quoi ressemble un grand...»
    — Il doit être dirigé par un Jasmin. continua Füng.
    — Ah ! On en a croisé un quand on faisait une balade en forêt. finit Shem ironiquement.

    Le singe lâcha un ricanement pas très rassurant, et tourna tout son corps vers Shem, alors qu’il lévitait dans les airs. Son sourire se fit bien plus large, et ces yeux gris et jaune devinrent... ronds comme ceux des nuisibles.

    — Excuse-moi... mais... connaîtrais-tu un certain Lamech ? demanda le petit singe.
    — Hein ? Euh... c’était le nom de mon grand-père... pourquoi ?
    — Et bien et bien... fort étrange, ton aura est la même que la sienne...

    Il se mit à tourner doucement autour de Shem tout en volant.

    — D’où viens-tu ?
    — Euh... D’un pays appelé la France...
    — Très bien ! Ton aura est vraiment spéciale, alors je me posais de simples questions. expliqua Füng avec un sourire un peu plus décontracté.
    — C’est-à-dire spéciale ? demanda Livia intéressée.
    — Je dirai qu’elle est... très rouge.
    — Ça m’avance beaucoup ça !

    Shem et les autres se mirent à tous manger une barre de céréale de Grimm avant de s’attaquer au Jasmin. La lune était encore haute dans le ciel, et malgré les quelques nuages présents, on pouvait voir quelques étoiles.
    Quelques minutes passèrent, puis chacun prit ses armes.

    — Moi, Myriam, Sylvia, et pour l’autre groupe, Teeli, Livia, Shem. dicta Grimm.
    — J’avais envie d’être avec Livia moi… se plaignit Sylvia avec un air triste, tout en s’accrochant à sa soeur.
    — Fait pas de caprice, éhéh ! Sinon pas de gousse de vanille.
    — Tu m’attrapes par les sentiments là...

    Livia rigola avec son charme naturel, et se retourna vers Teeli et Shem.

    — Allez-on y va ? demanda Livia avec un petite sourire charmeur.
    «Son charme naturel est en train de me faire craquer... Faut que je résiste !»

    Chaque groupe partit de chaque côté du mur, le groupe de Grimm à gauche, celui de Livia à droite. Maintenant que Füng et Teeli ont coupé une grande partie des arbres, la visibilité est accrue. Füng restait silencieux et volait au-dessus du groupe avec toujours le même sourire dérangeant sur le visage.
    Le groupe passa bien une heure à chercher sans rien trouver, puis une fois arriver dans une grande clairière, ils virent clairement le bas du mur. Ainsi que le haut. Le mur de là où ils étaient placés paraissait gigantesque.

    — Comme je l’ai déjà dit, celui-là, c’est un petit siège. affirma Füng.

    Shem s’avança un peu dans la clairière suivie du reste du groupe. À cet endroit précis, le vent ne soufflait plus.

    — Au-dessus ! cria Livia avec sérieux.

    Shem et Livia eurent le même réflexe, ils levèrent la tête. Plusieurs nuisibles semblaient avoir sauté du haut du mur.
    Avec un bruit horrible de cassage d’os, le premier tomba directement sur Livia. Puis le second sur Shem. Deux tombèrent sur Teeli. Malgré leurs chutes, ceux-ci vivaient encore. En levant la tête, tout en essayant de se débarrasser de l’Ombre écarlate, il vit comme un déluge de pluie noir tombée vers eux.

    — On est dans la merde !!! s’écria Shem en reculant.
    — Depuis quand ils sautent !!? s’exclama Füng.

    Shem réussit à repousser l’atrocité qui se trouvait sur lui, et prit la dague que Grimm lui avait passée avant de le planter dans la tête du nuisible.
    Füng balançait des nuages fins vers les airs pour abattre chaque nuisibles tombant du ciel. Une fois mort de cette manière ils disparaissaient complètement avant de toucher le sol.
    Livia arrivait à lutter contre le nuisible qui était sur elle, mais Teeli n’arrivait pas à se débattre à cause des deux ombres folles qu’elle avait sur elle.

    — Teeli, j’arrive !!

    Avant de pouvoir faire un pas de plus, le nuisible que Shem avait planté, le prit par l’épaule qui avait déjà été broyée dans la soirée, Shem sentit une douleur aiguë lui traversé tout le coup, et lâcha un cri de douleur. Le nuisible hurla comme un fou, et jeta Shem vers le vague noire.
    Il essaya de se relever, mais les mains des nuisibles qui formaient le mur le tiraient de plus en plus.

    «Trouve quelque chose ! Trouve quelque chose !»

    Avant qu’ils ne puissent réfléchir plus, Shem se retrouva, au pied du mur.
  • décembre 2016 modifié
    merci pour le chapitre j'adore ton humour :D
  • Merci pour le chapitre, ça faisait longtemps, j'ai eu peur qu'il soit en pause, bon retour et vivement le prochain!!!!
  • a oui merci hum je veu la suite xD merci ^^
  • Merci pour les chapitres et bonne continuation =)
  • Merci pour le chapitre et vivement le prochain chapitre !
  • janvier 2017 modifié
    Oranf a dit :

    Merci pour le chapitre et vivement le prochain chapitre !

    Comment te dire ca, la suite est déja publiée @Oranf :smile:
    Vymarel a dit :

    [Arca] - Web novel / Light novel de Shinoera
    Nota: www.lewattpadien.fr/forum/viewtopic.php?f=13&t=422
    MAJ: 20 décembre 2016 Chapitre 14 et 15
    Je préviens l'auteur n'a pas prévenu qu'il publiait sur d'autres site (Vymarel 13 janvier 2016)

    Et si y'a du nouveau Oranf je le mettrait dans la discussion "état des lieux des projets d'écriture"
  • avril 2017 modifié
    Désolé pour cette inactivité a longue échelle XD Je me reprend ! De plus j'ai enlevé mon histoire de Wattpad, donc maintenant ce sera ici :)
  • Voila, je vais tout poster, dés maintenant x) j'espère que ça vous plaira ! (J'ai aussi changer mes dialogues, je vais devoir tout mettre à jour :x )
    _________________________________________________________________________________________________________
    I - 13 - « Le Jasmin »

    Shem essaya de se débattre de toutes ses forces pour s’enlever de l’emprise des nombreuses mains qui le tenaient, mais il ne put faire grand-chose. Avant qu’il ne s’en rende compte, qu'il était dans le mur.

    « Hein !!? C’est quoi ce bordel !? »

    L’intérieur du mur était rempli de noir, avec plein de taches blanches répandues partout. On n’arrivait pas à distinguer le bas du haut, et la gauche de la droite. Shem était plongé dans une sorte de monde parallèle, mais le trou par lequel il était entré, était encore ouvert. Il se leva sur un sol... qui n’existait pas, et courut vers la sortie.

    Avant d’y arriver, quatre Ombres écarlates lui barraient la route, ils semblaient être plutôt calmes. Arrivé devant eux, il leva son poing, mais un des nuisibles se téléporta – où se déplaça trop vite pour qu’on le voie – devant Shem. Il esquiva l'attaque de Shem sans aucune difficulté, et lui donna un coup de coude dans le ventre. Shem vacilla, et recula pour reprendre son souffle.
    En les regardant mieux, Shem vit que les Ombres écarlates devant lui étaient différentes des autres. Il avait une allure beaucoup plus « humaine » mais avait des parties animales. Celui qui l’avait attaqué semblait avoir des oreilles de chat, et avait des yeux jaunes et fins, au lieu de rond et blanc. Cette ombre parla.

    — Shem... Ton nom me dit vaguement quelque chose...

    Shem fut surpris et s’empressa de se relever pour se mettre sur la défensive.

    — Z'êtes qui !? Ou plutôt quoi ?!
    — Même pour nous ce que tu viens de dire peut-être vexant. Il marqua une pause. Nous ne sommes rien, ou plutôt, nous étions, mais nous ne sommes plus.
    — Quoi ?
    — Si nous te laissons partir, tu pourrais faire quelques choses pour nous ?

    « Il se fou de moi ou quoi ? »

    — J’écoute...
    — Tue la bête. dit l’ombre d’une voix calme.
    — Comment vous-
    — On le sait. C’est tout. Alors ?

    Shem réfléchit un instant et donna sa réponse.

    — Sans problème.
    — Bien. Allez maintenant dépêche-toi, tu commences déjà nécroser.

    L’ombre animale s’écarta de la brèche ramenant au « vrai monde ». Shem courut directement pour sortir de cet endroit. À peine sortit des mains le ressaisirent à nouveau, mais cette fois-ci, il réussit à s’en débarrasser.
    Livia avait abattu le nuisible qui était sur elle, mais se battait contre d’autres que Füng n’avait probablement pas réussi à tuer à temps.

    Teeli était par terre, et ne bougeait plus, ces yeux étaient devenus aussi noire que ceux des nuisibles. Les deux ombres écarlates sur elle étaient en train de lui ôter la vie. Shem fonça vers l’une des deux Ombres écarlates, prit la dague de Grimm, et donna un grand coup dans la tête du nuisible. Puis il l’arracha d’un coup, ce qui produisit un bruit immonde. Pour la première ombre, c’était fini. Shem lança son poing sur l’autre immondice qui fut propulsée à un mètre en arrière. Il prit un gros caillou à gauche de lui, puis se mit sur l’ombre pour lui empêcher tout mouvement, et lui explosa la tête à coup de caillou. Le crâne du nuisible finit par ne plus ressembler à rien, juste à de la bouillie.

    « Crève ! »

    Une fois sûr qu’il ne bougeait plus Shem leva la tête vers le petit singe. Füng bombardait le mur à grand coup de lame « d’air ». Le mur tremblait, et celui-ci était même peut-être sur le point de s’effondrer.

    — Teeli !

    Aucune réponse. Rien. Pourtant elle avait les yeux ouverts, grands ouverts , comme ceux des Ombres écarlates. Elle respirait, mais semblait complètement ailleurs, perdue dans un autre monde.

    — Faut dégagez d’ici ! cria Livia. Füng tu nous suis ?!
    — Oui.

    Shem porta Teeli tout en courant. Ils prirent du recul par rapport au mur, et virent que celui-ci avançait doucement. Des ombres tombaient encore du mur, puis, une fois au sol, elles se mettaient en chasse.

    — On est dans la merde !
    — Je te le fais pas dire... affirma Livia. Teeli ! Oh ! Tu nous reçois ?
    — Elle a quoi là en fait ?!
    — Une éviacepro. En gros, une annihilation de l’âme. Faut qu’elle se repose. Il y a que comme ça qu’elle peut récupérer.

    Chaque bruit ambiant faisait frémir tout le groupe. Au loin on apercevait une lueur, probablement l’équipe de Grimm qui se battait elle aussi.

    — Ils sont trop nombreux je l’avais dit... Mais le Jasmin doit se trouver au pied du mur. continua Füng.
    — On devrait rejoindre l’autre groupe, maintenant que Teeli est inconsciente, on est deux fois plus vulnérable. expliqua Livia inquiète.
    — OK... Shem repensa à l’ombre animale et préféra se taire pour le moment. Mais... euh... non rien.

    Ils se relevèrent tous, Shem reprit Teeli dans ses bras, l’inconvénient de cela, c’est qu’il ne pouvait pas utiliser son arc, ce qui faisait que le groupe était maintenant trois fois plus vulnérable. En marchant vers la lueur au loin, ils croisèrent la route de plusieurs petits animaux, faits uniquement d'un noir identique à ceux des Ombres écarlates. Des sortes de rats, mais aussi des petits oiseaux.

    — Des « Gimaleras ». dis Livia. Ils sont pacifistes rien à craindr-

    Devant eux, debout, étaient assis sur un rocher, une grande ombre d’une noirceur infinie, à l’allure d’un homme. Celui-ci n’avait rien de monstrueux ou d’horrifique, il était juste « humain ». Livia recula d’un pas sous la surprise, mais se reconcentra vite, elle mit sa main le manche de son épée, prête à la sortir à tout moment. Füng l’arrêta.

    — Attend.
    — Hein ?!
    — Ne t’inquiète pas.

    L’ombre leva la tête doucement, comme si leurs présences ne le dérangeaient pas, et qu’il était... le bienvenu. L’homme d'ombre ne se leva pas, mais il fit un signe de la main, comme pour leur indiquer de partir.

    — Sais-tu où est le Jasmin ? demanda Füng à l’ombre.

    Il n’y eut aucune réponse de la part de l’ombre, mais ses pupilles noires montèrent pour regarder le singe qui flottait dans les airs. Il y eut un silence.

    — Non. La bête le chasse.
    — La dernière bête ?
    — Oui. Elle est là. Elle peut encore se reproduire. L’homme ne l’a pas totalement tué.
    — Elle avait donc fui... il fallait s’y attendre. Merci à toi.

    Livia s’était un peu détendue, et avait enlevé la main du manche de son épée. Le groupe se remit en marche, Shem avec Teeli dans les bras, regardait encore cette ombre étrange qui assît sur un rocher, semblait regarder le ciel.

    — Pourquoi il ne nous a pas attaqués ? demanda Shem d’une voix stressée.
    — Ce n’est pas une Ombre écarlate. répondit Füng.
    — Hein ?
    — Il y a plusieurs types de nuisible. Le mot « nuisible » est un archétype de monstres, de spectres, voire même parfois de démons, ayant besoin d’obscurité et de magie pour pouvoir se mouvoir.
    — Aaaaaaah. Tout d’un coup je comprends mieux. Et donc les différents types sont ?
    — Livia explique lui s’il te plait. ordonna Füng. Moi je vais surveiller en allant en hauteur.
    — Il serait peut-être plus judicieux de trouver l'autre groupe avant, non ? lui répondit Livia.
    — Oui, j'imagine qu'on ferait mieux de faire ça.

    Ils continuèrent de marcher silencieusement pendant quelques temps, quand un bruit à leurs droites attira leur attention.

    — Ombres écarlates à droite !! cria Shem en étant paniqué.

    Shem ayant Teeli dans les bras ne put faire grand-chose contre l’Ombre écarlate qui fonçait sur lui. Il tomba dans un fracas violent, et Teeli roula au sol. Derrière le nuisible on pouvait apercevoir deux autres formes noires, qui courait pour venir voler l’âme de tout un chacun. Shem se releva aussitôt en prenant la dague de Grimm et donna des coups dans le vide vers l’Ombre folle. Une vague translucide fit s’envoler la chose à quelques mètres, l’ombre tomba sur un de ses congénères.

    Les deux monstres noirâtres se crièrent dessus. Leurs cris étant juste déments... il était impossible de décrire cela. Le nuisible qui avait attaqué Shem, commença à arracher les membres de l’autre Ombre écarlate. Des bruits de déchirements et de casses se firent entendre, mélangés à des cris de douleurs infâmes.

    Shem observait cela avec dégoût, peur, et admiration, son regard était comme celui de toute l’équipe inquiet, mais les autres, eux semblaient comprendre quelques choses. Quelques choses qui les faisaient frémir.
    L’ombre folle continua son massacre, et prit les deux autres nuisibles à côté de lui, et commença eux aussi à les démembrer sans retenue, pour enfin finir par ouvrir ce qui lui servait de bouche. Des dents en pointes formaient sa dentition, et il finit par manger bestialement ses congénères, encore vivants.

    — Reculez doucement... chuchota Füng.
    — Mais... Et Teeli !? commenta Shem avec une voix basse.
    — On va trouver un moyen de distrai-

    Füng s’arrêta de parler, et se retourna vers là où était l’ombre cannibale.

    — Ne fuyez pas. Ça ne sert à rien contre ça.

    Shem se retourna en même temps que Livia. Le nuisible fou était debout, il avait maintenant plus de bras, cinq au total. Ces yeux étaient au nombre de trois, le troisième lui était différent, il était de couleur rouge, comme l’ombre écarlate sur lequel il était tombé à cause de la vague translucide.
    Ces trois grands yeux fixaient celle qui avait lancé le sort. Livia. Elle eut un haut-le-cœur quand elle comprit la nature de cette chose.

    — C’est un Jasmin en formation !!!

    Avant de dire autre chose, le nuisible fonça vers l’équipe. Et en à peine deux secondes, il était déjà rendu au corps de Teeli.

    — Toi mon vieux tu peux toujours courir ! s’écria avec colère Füng. VANGÄL !

    Un vent violent commença à jaillir des mains du petit singe, qui souriait encore. L’ombre se prit son sort en pleine face, il s’envola sur une dizaine de mètres, les épines des arbres furent soufflées elles aussi, et certaines branches cassèrent.
    Shem sortit son arc en essayant de voir où était atterrit le nuisible, mais celui-ci avait vraisemblablement déjà bouger.

    — À gauche !! cria Livia. Sinisis !!

    L’ombre était là, à deux mètres environ de Livia, la chose leva deux de ses bras et essaya de frapper Livia, mais une barrière invisible semblait brûler les mains du monstre. Il perdit deux bras ; en se déplaçant rapidement sur la gauche de Livia, Shem vit qu’il lui en manquait un troisième, probablement soufflé par le sort de Füng. Il décocha une flèche dans la jambe droite du nuisible.
    La chose s’écroula au sol. Füng s’avança en volant au-dessus de la chose.

    — Laisser. Je vais l’abattre. Livia recule.

    Elle s’exécuta aussitôt, et Füng prononça ce mot : « Väng ». Un mur de vent s’écrasa au sens propre du terme sur le nuisible, il fut complètement écrasé, aplatit. Mais, on pouvait encore voir un de ses bras bougés. Livia prit une petite bille rouge, qu’elle jeta sur le Jasmin en formation, celui-ci prit feu, et devint cendre.

    — Un simple Jasmin en formation... se plaignit Livia déconcertée.
    — Oui et là, on a eu de la chance. continua Füng.
    « Heureusement que j’ai bien visé... sinon on allait en baver. »
    — Bien jouer à toi, Shem.

    Il acquiesça de la tête et reprit Teeli dans ses bras. Tous se remirent à marcher vers la lueur lointaine. En continuant leur chemin, ils virent plusieurs Pacificateurs, et enfin ils finirent par entendre des bruits de métal.

    — Ils sont là ! Dépêchons-nous. dit Füng en volant à environ deux mètres au-dessus des arbres.

    Ils arrivèrent sur une clairière, ou plutôt sur un grand lac gelé, où semblait se battre Grimm. Seulement Grimm. Il combattait à la lisière de la forêt.

    « C’est le lac où je me suis fait attaquer par la bête... »

    L’équipe de Shem arriva en soutien après avoir traversé le lac. Grimm ne faisait qu’esquiver et couper des mains brumeuses et noires qui sortaient de la forêt. Il semblait essoufflé et épuisé.

    — Grimm !! Où sont Sylvia et Myriam !!? dit Livia avec de la peur dans la voix.
    — Je sais pas ! Il a réussi à nous isoler !
    — Qui ça ? continua Füng.
    — Le Jasmin !
  • Ça s’accélère à partir de là ! Bonne lecture :hushed:
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    I - 14 - « Mort »

    Le visage de Livia se décomposa sous l’angoisse, elle se crispa aussitôt.

    — Bah faut y aller !! Tu fous quoi là !?
    — J’essaye de résister contre tous ces bras ! répondit Grimm en haussant le ton, et en pointant du doigt les mains noires qui sortaient de la forêt.

    Ils eurent à peine le temps de rajouter un mot que les mains étaient déjà à proximité du groupe. Livia sortit son épée et en trancha plusieurs, Grimm fit de même avec sa dague. Une dizaine de bras en tout, fonçait sur eux, en à peine deux secondes les mains étaient proche de Shem et Teeli.
    Füng se précipita pour secourir Shem, mais il s’arrêta dès qu’il comprit que lancer une lame de vent pourrait les blesser.
    Les mains arrivèrent à grande vitesse vers Shem, il recula d’un pas, et une fois celle-ci à quelques centimètres de lui, il se courba, et fit un bon de côté.

    « Depuis quand j’ai ces réflexes !? »

    Shem se mit directement à courir vers ses alliés, et posa Teeli au sol. Il sortit la dague qu’il avait mise dans sa poche — qui maintenant était percée — et lança une offensive contre les bras noirs. Il eut le temps d’en couper deux avant qu’une main ne le saisisse par la gorge, et l’entraîne à plusieurs mètres. La dague qu’il avait sur lui, tomba au sol, et dans un mouvement due à la peur, il réussit à se libérer de l’étreinte, avant que trois autres mains ne viennent l’attraper. Il se fit traîner au sol par les jambes, comme Teeli. Füng lança un sort qui coupa toutes les mains du Jasmin.

    — Allez on y va ! Pas de temps à perdre !!! se pressa Livia en courant.
    — Nan attend !! Tu-

    Avant que Grimm puisse prévenir Livia du danger, deux grands yeux blancs apparurent entre les arbres, Livia les vit trop tard, et deux bras diffèrent de ceux qui les attaquaient il y a quelques secondes s’élancèrent vers Livia avec brutalité. Elle eut le temps de reculer et se mit en garde.
    Les deux bras du Jasmin foncèrent vers Livia, elle eut le réflexe de se pencher pour éviter le premier, mais le deuxième s’abattit sur son ventre, et elle s’envola sur plusieurs mètres. Les mains noires fusèrent vers Livia.

    — Livia !! Merde ! cria Grimm. Füng, tu peux-
    — Non. Je manque de Ki. Je ne vais pas pouvoir encore vous être utile bien longtemps...
    — Grimm fonce ! continua Shem après avoir récupéré Teeli, toujours inconsciente. Je te couvre !

    Grimm acquiesça et fila le plus vite possible vers Livia qui se faisait traîner. Il leva son bras et lança sa dague sur une des mains noires, elle fut plantée au sol. Grimm sortit huit petits couteaux de sa sacoche de secours, et il en mit un entre chaque doigt, et les lança successivement sur chaque bras qui fonçait vers lui et Livia. Jusqu’à ce qu’il ne lui en reste plus qu’un.
    Une fois cela fait, il alla le plus vite possible vers Livia qui était sonnée, mais toujours consciente. Il essaya de la relever en vain, Grimm décida alors, de la porter, mais de pouvoir le faire le « vrai » bras du Jasmin s’écrasa sur eux. Grimm roula au sol assez loin pour qu’il ne puisse plus atteindre Livia.
    Shem décocha une flèche sur les mains qui fonçait vers Livia, mais il ne pouvait pas allez l’aider au risque que ce soit Teeli qui se fasse enlevée. Il essaya de faire comme lui avait dit Livia, et de se concentrer sur sa flèche.

    « Aller… Concentre-toi sur ta flèche jusqu’à sentir des vibrations dans ton bras… Maintenant ! »


    La flèche traça son chemin, et une légère lueur se fit, quand elle toucha une des nombreuses mains. Un petit flash lumineux suivit cette lueur laissant un cratère d’une dizaine de centimètres au sol. Les mains disparurent presque immédiatement.

    — Je… J’y suis arrivé !

    Grimm sprinta vers Livia, mais de nouveau le Jasmin le stoppa d’un coup de son bras. Et avant qu’il ne puisse se relever une vingtaine de bras arrivèrent sur Livia et l’emportèrent dans la forêt. Grimm s’affola.

    — Livia ! On est plus que dans la merde !
    — Désolé je t’ai pas bien couvert…
    — Nan t’inquiètes… répondit Grimm, en revenant vers le corps de Teeli. On va devoir lui foncer dessus. C’est la dernière solution.
    — Hein !? Comment tu veux qu’on gagne ? C’est pas un plan ça !

    Il y eut un silence, pendant lequel personne n’osa parler. Puis Füng le rompit.

    — Les Jasmins ont une intelligence. Il sait très bien que nous allons, allez les chercher. Il n’attend plus qu'à ce que l’on vienne, pour nous avaler tous en même temps.
    — Oui c’est bien le problème. Grimaça Grimm. Sans Teeli c’est déjà beaucoup plus compliqué…

    Grimm se gratta la tête et se pencha vers Teeli avec un air angoissé.

    — Oh ! Maman réveille toi !!
    « Hein ? »
    — Grimm. Shem marqua une pause. C’est ta…
    — Quoi ? Je… Grimm sembla réfléchir à ce qu’il pouvait répondre. Faut y allez tout de suite !
    — Oui…
    « Ça aussi c’est secret défense, hein, Grimm ? »

    Füng ne parlait même plus, il essayait juste d’apercevoir en vain quelqu’un entre les pins de la forêt. Shem reprit Teeli dans ces bras et rejoignit Grimm, qui ramassait à la va-vite tout ses couteaux ainsi que les flèches. Ils se rejoignirent à la lisière de la forêt, mais les yeux blancs avaient disparu. Les cris provenant du mur alourdissaient encore plus l’ambiance.

    — Allez on y va. annonça Grimm.

    Ils entrèrent tous deux dans la sombre forêt. Shem jeta un dernier coup d’œil au lac qui se trouvait maintenant derrière eux.

    « Oui c’est bien le lac où je me suis fait attaquer… la bête devrait être noyée au fond du lac. »

    Une fois plongé entièrement dans la forêt, il se concentra aussitôt. Ils avancèrent, mais rien. Le silence le plus total les accompagnait, pas même un bruit de feuille ne venait déranger le calme qui s’était installé. Shem et Grimm se regardèrent, et acquiescèrent tous deux pour dire qu’il s’était compris. Ils entamèrent une course entre les arbres, et se firent fouetter par les branches, mais ils ne s’en soucièrent guère. Shem commençait à être essoufflé de porter Teeli en même temps de courir.

    — Passe-la-moi, je vais la porter. dis Grimm en regardant autour de lui.

    Ils continuèrent leur chemin, jusqu’à ce que Shem marche sur une chose visqueuse et collante. Grimm s’arrêta lui aussi après l’avoir remarqué.
    Shem se retourna doucement vers la droite, c’est la dont semblait venir le liquide noirâtre. Une énorme masse noire se tenait à côté de Shem, apparemment dos à lui. « Attrape » lui chuchota Grimm, en lui lançant une sorte de bille rouge. La même qu’avait utilisée Livia pour abattre le Jasmin en formation. « Pose-la au sol, et viens vers moi. » chuchota à nouveau Grimm. Shem s’exécuta. Une fois revenu à côté de Grimm, il entama une conversation.

    — C’est le Jasmin ? demanda-t-il en chuchotant.
    — Oui, tu vois la bille rouge, essaye de tirer dessus avec ton arc. Après je fonce vers lui pendant que Füng me couvre, compris ?
    — Mes sorts vont bien moins faire mal. continua le singe.
    — Je sais, mais faut essayer.

    Shem prit son arc, il prit bien le temps de viser, mais au moment de décocher la flèche, le Jasmin se retourna d’un coup, ces yeux blancs fixant Shem. La flèche s’écrasa à côté de la bille.

    — Merde ! Vite tire !
    — Ou-Ouais !

    Shem en retira une deuxième le plus vite possible qui tapa dans la bille. Celle-ci explosa dans un grand bruit. Grimm se leva et fonça vers la chose. Un cri inhumain se fit entendre, on aurait dit un crissement de pneu mélangé à un rugissement de lion. Une fois toute la fumée dispersée, on put voir le corps du Jasmin, ce n’était qu’un amas de noir, une grosse masque visqueuse, avec deux énormes yeux blancs et une dizaine d’yeux plus petits. À qui il manquait maintenant une partie du dos. De cette partie, on pouvait apercevoir à l’intérieur des Ombres écarlates, qui se débattaient de la même manière que ceux du mur.

    — Listiria ! cria Grimm à proximité du Jasmin.

    Une aura bleu l’entoura, puis se concentra sur sa dague. Il la jeta sur la chose. Une fois le couteau planté dans l’immondice, un halo de lumière sortit du couteau. Puis le Jasmin s’arrêta de bouger d’un coup.

    — Voilà ! Il est paralysé tant que la dague reste comme ça.
    — Génial ! s’écria Shem. Mainte-

    Les mêmes mains noires qu’auparavant sortait du corps du Jasmin et fonçait loin dans la forêt. Après quelques secondes, des cris provenant de la où était allez la mains, se firent entendre.

    — C’est Sylvia !!
    — Oui j’entends ça.

    Füng prit de la hauteur.

    — Oui effectivement je la vois. Myriam et Livia sont à sa poursuite !
    — Elles sont dans la même position que nous… dis Grimm en réfléchissant.
    — Mais ça arrange le Jasmin. Il veut juste que nous soyons rassemblés ! continua Füng en lançant une lame de vent dans le dos du Jasmin.

    Le sort de Füng ne l’affecta presque pas, et les mains noires ne furent même pas coupées. Avant d’avoir le temps d’établir un nouveau plan contre ces nombreuses mains, Sylvia arriva traîner au sol par le Jasmin. Ce qui servait de visage au Jasmin devint… comme plus… content ?
    Ces deux grands yeux blancs devinrent rond comme ceux des Ombres écarlates, et sa bouche jusqu’alors invisible apparut. D’abord un léger sourire, puis un grand.

    « On dirait le chat d’Alice au Pays des Merveilles… »

    Puis, les deux côtés de son sourire se rejoignirent au-dessus de ses yeux. Son sourire dessinait un rond. C’est comme si une partie de son corps avait disparu pour laisser place à sa bouche.
    Oui, les Ombres écarlates à l’intérieur de son « corps » avaient dévoré cette partie de lui. Il n’avait pas de dents, mais des Ombres écarlates tentaient de sortir de sa bouche en rampant, en vain. On aurait dit la porte des enfers.
    Grimm sauta sur Sylvia pour la retenir.

    — Shem ! Prends la dague que je t’ai donnée et coupe les mains !
    — Oui ! répondit Shem paniqué.

    Shem se précipita et coupa avec difficulté les mains. Il se retourna et tenta de lancer une flèche dans la bouche du Jasmin pour voir ce que cela faisait. La flèche fut réceptionnée par une Ombre écarlate qui l'a déchiqueta avec d’autres de ses congénères, et elle finit par avaler ce qui restait de la flèche.

    — C’est bon… C’est fini Sylvia… dit Grimm à Sylvia qui pleurait complètement terrorisé.

    Elle ne répondit pas ; elle sanglotait juste en s’agrippant à Grimm avec fermeté. Myriam et Livia arrivèrent justes après. Myriam aidait Livia à marcher en la portant d’une épaule.

    — Oh… Merci vous deux… dis Livia d’une voix nouée et stressée, en allant auprès de sa sœur toujours agrippée à Grimm. Allez vient.

    Shem lui sourit comme pour lui dire qu’elle était hors de danger, Grimm fit de même.

    — Grimm. Faut pas se faire attraper une seule fois par les Ombres écarlates qui sortent de sa bouche… on va finir en miettes.
    — Oui, j’ai vu ça…

    Grimm se retourna vers Myriam et Sylvia.

    — Une de vous nous aide ?
    — Oui, Monsieur pas de soucis. répondit Myriam d’une voix déterminée.
    — Je reste avec ‘Via et Teeli. continua Livia.

    Myriam vint rejoindre Shem et Grimm. Ils expliquèrent tous les deux la situation très rapidement à Myriam. Et établirent un plan.

    — T’es sûr que tu as assez de Ki pour ça Myriam ? demanda Grimm en reprenant la dague qu’il avait prêtée à Shem.
    — Oui.
    — Très bien, alors, allons-y !

    Grimm s’élança vers le Jasmin avec sa dague à la main, il prononça cela : « Li Ma » et donna un coup dans le vide. Une sorte vague bleue alla vers le Jasmin, une fois qu’elle le toucha, elle cria à la mort.

    — Amplification des douleurs. se dit Grimm à lui même.

    Des mains sortirent immédiatement du corps du Jasmin, et foncèrent vers Grimm. Myriam jeta une grosse boule de feu jaune vers ces mains, et une seconde sur la chose elle-même. Les mains devinrent cendres, et le Jasmin en train de brûler se mit à crier encore plus fort.
    Ce fut au tour de Shem, il essaya de toucher les yeux de la chose pour la priver de vue et facilité le combat. Il réussit à en crever six.
    Grimm s’élança une seconde fois vers le Jasmin, il prit tout ces petits couteaux et les lanças un par un sur tout le corps de l'immondice. Une fois cela fait, Myriam prononça à son tour une incantation : « Ki-Pa », une fois qu’elle dit cela, chacun des huit couteaux explosèrent en même temps. Le Jasmin était explosé de partout, mais était encore en vie.

    — Utile ces couteaux feux follet que vous m’avez confectionnés. dis Grimm avec un léger sourire.

    Le Jasmin cria plus doucement qu’avant comme s’il semblait agoniser. Mais contre toutes attentes il se remit à bouger, à se déplacer.

    « Les explosions ont expulsé la dague qui permettait de l’immobiliser ! »
    — Faites gaffe !! cria Shem un peu trop tard.

    Les deux « vrais » bras du Jasmin fauchèrent Grimm, qui fut envoyé à une dizaine de mètres. Shem se prit un coup, lui aussi, et réussit à esquiver le deuxième avec encore une fois, des réflexes qu’il ne pensait pas avoir. Shem aperçut alors que le Jasmin approchait, qu’il avait un œil rouge, comme le Jasmin en formation.

    — Myriam !
    — Ah ! Euh, oui qu’il y a-t-il Shem !?
    — Tu peux mettre le feu à ma flèche ?

    Shem avait entouré le bout de sa flèche avec un morceau de torchon qu’il avait dans son sac, il l’avait fait au préalable, quand ils étaient près du lac.

    — Oui, pas de problème.

    Derrière Teeli s’était réveillée et semblait essayer de parler avec Livia, mais, elle était complètement dans les vapes.
    Myriam y mit le feu et Shem prit le temps de bien localiser l’œil rouge. Avant de tirer, il appela Füng.

    — Füng ! Maintenant !
    — Oui !

    Le petit singe jeta le dernier sort qu’il lui était possible de lancer, le Jasmin s’écrasa au sol, et peina à se relever.

    « Voilà, la je vois parfaitement ton foutu œil ! »

    Il concentra son Ki dans la flèche de la même manière que Livia lui avait dit de le faire, et décocha sa flèche. Celle-ci fila jusqu’à l’œil rouge, et se planta dedans. Un flash lumineux bien plus puissant que la dernière fois, éclata de l’œil dans un bruit d’explosion. Une fois le flash dissipé, on put voir les dégâts causés par la flèche.
    Une crevasse d’environ quarante centimètres, et qui, de plus, brûlait à cause du feu qu’il y avait dessus.
    Tout le monde regardait Shem avec un air content, peut-être fier.
    Füng s’avança vers le Jasmin en volant, et se mit au-dessus de lui.

    — Il est mort.
  • avril 2017 modifié
    I - 15 - « Elle »

    Füng volait avec prudence au-dessus du Jasmin. Puis son sourire s’élargit encore plus, mais il ne dit rien.

    — Il est vraiment mort ? demanda Livia d’une voix ébranlée.
    — Sûr. répondit le singe, suivi d’un petit ricanement, assez glauque. Shem lui a fait sauter l’œil écarlate, et vous l’avait fait exploser de partout.

    Teeli fatiguée de ce qui lui était arrivé, se leva avec l’aide de Myriam, et prit la parole.

    — On a surtout eu de la chance de l’avoir par surprise.
    — Dis celle qui n’a rien fait. ajouta Grimm sur un ton narquois. Une éviacepro, hein ? C’est ça ?

    Teeli ne répondit pas, mais elle lui envoya un regard méprisant tout en faisant grincer ses dents et en serrant ses points assez forts pour en faire craquer ses doigts.

    — Non, Madame, vous êtes encore trop fébrile pour cela… l’interrompit Myriam, tout en la retenant d’avancer.
    — Oui, tu as raison… Mais sache qu’un jour tu vas finir empaillé Grimm.
    « Même après s’être battu, et être passé près de la mort, ils se cherchent… Des vrais gamins. »

    Le vent s’était doucement remis à souffler dans les verts arbres épineux, créant une mélodie dissonante. Les cris des nuisibles venant du mur était toujours présent, rendant l’ambiance, spéciale. Pas effrayante, juste spéciale.
    Shem se souvint de quelque chose.

    — Il a beau se moquer de toi Teeli, mais quand t’étais par terre, inconsciente, il avait peur pour toi. continua Shem en regardant Grimm d’un œil malin.
    — C’est vrai ? demanda Teeli.
    — Non ! C’est faux ! répondit hâtivement Grimm, en dévisageant le sol. C’est…

    Teeli remarqua que Grimm ne la regardait pas dans les yeux comme d’habitude.

    — Donc c’est vrai ! Comme c’est mignon, mon petit puceau préféré vient-là ! dit-elle en courant vers Grimm alors qu’elle avait encore du mal à se tenir debout.
    — Dégage !
    — Rooooh, si je ne peux plus faire de câlins à personne, je vais être triste moi… continua-t-elle sur un ton boudeur et ironique.

    Grimm la repoussa, embarrassé, puis il donna une petite claque derrière la tête de Shem. Une fois que tout le monde eut bien repris ces esprits, ils analysèrent le corps du Jasmin. Livia se pencha vers les restes de la chose.

    — J’en avais jamais vu un d’aussi près, impressionnant. Elle se gratta la tête et sortit une paire de lunettes — abîmée — de ses poches, et les mit sur son nez.
    « Petit problème de vue, peut-être de la myopie. »

    Livia examina le corps de l’immondice avec précision, comme si c’était quelque chose d’inestimable. Elle essaya de toucher une partie de son corps, mais se fit attraper la main par une sorte de masse gluante, qui essayait de s’extirper du Jasmin. Elle réussit à se débarrasser de la chose, et se retourna vers les autres, en essuyant ses vêtements. Elle rangea ces lunettes.

    — Bon. C’était un Jasmin sans pouvoir particulier.
    — C’est à dire ? Ce truc est « normal » ? demanda Shem dépité.

    Livia épousseta de nouveau ses habits, et répondit à Shem.

    — Oui. Ce truc est « normal », certains Jasmins… ont des capacités comme… elle se gratta la tête, et la baissa, faisant mine de réfléchir.
    — Altérer le temps. l’aida Füng.
    — Ah oui, ça rigole plus ! s’exclama Shem.

    Tout le monde se leva, et partit en direction de la grotte, laissant le cadavre du Jasmin au sol. Füng s’était dématérialisé disant que le manque de Ki, commençait à le fatigué, mais il avait indiqué le chemin. Teeli était aidée à marcher par Myriam. Livia et Sylvia se tenaient la main, la petite sanglotant toujours, mais étaient déjà bien rétablies. Grimm, en éclaireur, sifflotait doucement, poussant et coupant les branches pouvant gêner le passage. Shem quant à lui, clôturait la marche. Il se déplaçait plus lentement qu’auparavant ; Sylvia le remarqua.

    — Hé ? Shé, ça va. demanda t-elle.

    Livia se retourna elle aussi, en regardant Shem avec un air songeur. Myriam tourna juste un peu la tête pour voir ce qu’il se passait tout en continuant de marcher.

    — Je… pense que ça va… répondit-il en se tenant la tête, en même temps qu’il traînait des pieds.

    Livia n’y crut pas vraiment et commença à s’avancer vers lui.

    — T’es sûr de toi ? lui dit-elle en ayant un regard légèrement perturbé. Besoin d’aide pour marcher ?
    — Non, c’est bon. T’inquiètes pas. répondit Shem en lui montrant un sourire crispé.

    Shem essaya de se remettre à marcher, mais une douleur omniprésente le troublait. D’abord sa tête bourdonnait, créant des sortes de vibrations dans tout son corps, mais de plus, il avait cette impression de danger imminent, voire de mort imminente, qui le hantait. Tout ça était mélangé à une douleur croissante qui lui venait directement du cœur et qui se faufilait rapidement dans chacun de ses membres. Il commença à tituber, avant qu’une violente souffrance traverse tout son corps le faisant vibrer telle une personne ayant des convulsions. Il eut l’impression que son cœur allait exploser, et chacun de ses membres ne lui répondait plus.
    Il s’écroula en direction du sol, mais fut vite rattrapé par Livia. Les autres arrêtèrent leurs marches et vinrent au plus vite auprès de Shem.
    La douleur était déjà passée, elle n’avait duré que quelque secondes, qui paressait des centaines aux yeux de Shem. Il avait du mal à revenir à lui.

    — Hey ! Ça va mieux ?! s’écria Livia, qui avait posé Shem au sol.

    Shem voyait flou, comme si ces yeux étaient recouverts de buée, mais sa vue normale, revint vite. À côté Grimm préparait une sorte de médicament avec des herbes, ressemblant à du seigle, et une patte grise.

    — Ou-Oui… c’est passé… dis Shem encore chamboulé.
    — Tu m’as fait peur à tomber comme ça. continua Livia. On aurait dit que t’étais une statue.
    « Gentille comparaison. »

    Derrière, Sylvia regardait Shem avec inquiétude, Teeli et Myriam c’étaient accroupi pour aider Shem à se relever.

    — Merci à vous, c’est bon je vais mieux.

    Myriam s’inclina, et Teeli se contenta d’un « De rien ». Grimm vint à côté de Shem et lui donna une sorte de bille grise. En repartant en marche, il lui expliqua que cette bille rendait le corps plus résistant aux attaques extérieure et moins vulnérable aux maladies, tout en permettant un rétablissement plus rapide. Selon Grimm, c’est un des médicaments de base, que l’on apprend en chevalerie médicinale, car elle à un effet immédiat.
    Ils repassèrent sur le lac gelé. Shem maintenant suivit de près par Sylvia qui le forçait a lui tenir la main, prit la parole.

    — Ce lac.
    — Oui ? demanda Teeli.
    — C’est là que j’ai reçu ma lacération à la jambe. continua t-il en montrant le lac du doigt.
    — … Tu en es sur ? demanda Grimm en se rongeant l’ongle du pouce.
    — Oui, c’est là où un gros monstre m’a attaqué, la glace s’est cassée et je suis tombé dans l’eau avec elle.
    — Hmm, je vois… il échangea un regard inquiet à Teeli. Ça explique pourquoi tu étais en hypothermie. Nous reviendrons ici plus tard.

    La marche dura encore un petit temps, jusqu’à arrivé aux flambeaux. Une fois de plus, quelque chose n’allait pas, le quatrième flambeau manquait. Teeli, Grimm et Shem se regardèrent inquiets.
    Le soleil commençait à se montrer. L’aube n’était toujours pas la, mais le sombre ciel, s’éclaircissait lentement. Le mur, maintenant lointain, semblait se fondre à la voûte céleste. Les cris agonisants des Ombres écarlates n’étaient plus assez audibles, et se fondaient au vent de la taïga.
    Arrivé au troisième flambeau, tout le monde commença à se douter de quelque chose. Il n’était pas là non plus. Le fil de fer chaud, était seul, et indiquait un endroit, ou le vide prenait place. Personne ne dit rien, comme s’ils risquaient de réveiller quelques choses. Alors ils marchèrent en silence. Le silence prit place même dans la forêt, le vent faisait bouger les branches, mais aucun son n’en ressortait. Voilà… Le deuxième flambeau, lui aussi, manquait... à son tour. Ils accélérèrent le pas, craignant une attaque-surprise, malgré que rien ne puisse les alerter d’une chose pareille.
    Tout le monde s’arrêta. Les deux premiers flambeaux au-dessus de la grotte n’avaient pas bougé. Mais tous les autres étaient au sol éparpillé autour du campement. Des animaux morts jonchaient le sol, cette fois-ci, aucun n’était vivant. Leurs sangs étaient étalés partout sur la neige, tandis que des oiseaux ressemblant à de gros corbeaux mangeaient les restes des animaux. Une fois l’équipe trop près d’eux, ils prirent leurs envols. Sylvia s’était cachée derrière Shem, apeuré par tous les corps sans vie.
    Teeli s’approcha de la grotte. Rien n’avait changé à cet endroit-là. Elle se retourna, et employa le ton le plus effrayé que Shem ait entendu d’elle.

    — Elle est venue.

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    La suite si vous êtes sage è_é J'espère en tout cas que ça vous plaît autant qu'avant :smile:
  • merci :)
  • Bon voilà la suite, n'hésiter pas à me donner vos retours, ça me fera plaisir :) Bonne lecture !
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    I - 16 - « Méfiance »
    Tout le monde regardait le champ d’animal mort, avec peur et incompréhension. Grimm rejoignit Teeli près de la grotte. Il commença par regarder l’entrée, puis inspecta une des parois, où il aperçut plusieurs stries parallèles. La pierre était marquée de près de deux centimètres de profondeur.

    — Elle a laissé de sacrés coups de griffe… dit Grimm en se grattant l’avant-bras par angoisse.
    — Oui, elle est venue en croyant que l’on serait là. continua Teeli.

    Malgré le carnage au sol, seule une des constructions du groupe avait été abîmée, une petite cabane où était probablement rangé des outils. Certaines planches avaient été complètement explosées, laissant un trou béant à la place du mur.

    « Une bête… étrange agissement pour une ‘bête’. »
    — Elle agit bizarrement pour un animal sauvage, votre « bête ». dit Shem en inclinant sa tête. Dont je ne sais d’ailleurs toujours rien.
    « Bien que j’ai ma petite idée de ce qu’elle est... »
    — Oui, mais si c’est bien celle que l’on appelle « la dernière bête », je pense qu’elle n’est effectivement pas un simple animal. affirma Teeli un peu tracassée.
    — Tu veux parler de la Bête de Gévaudan ? demanda Sylvia.

    Teeli se retourna vers la petite, et la regarda en souriant, et tapota sa tête. Puis elle lui répondit simplement que c’était bien de la Bête de Gévaudan dont elle parlait. Puis, elle se mit debout, les mains sur les hanches, et fixa Grimm, attendant un ordre de sa part.

    — Ah ! Euh… Déjà on va commencer par nettoyer ce capharnaüm. Et on prend les animaux qui sont les moins blessés.

    Tout le monde répondit : « Oui Capitaine », même Shem, mais cette fois-ci, il le fit juste pour l’agacer. Grimm souffla, exaspéré par cette appellation.
    Tout le monde se mit au travail, ce n’était pas vraiment plaisant de voir des tripes au sol, mais tout le monde arrivait à faire abstraction de cela. Parfois en voulant ramasser un des corps, Shem marchait sur un autre, et un bruit visqueux et claquant se faisait entendre. Il rapportait les corps à Myriam, qui les mettait dans le bac à viande, cela faisait un peu cruel. Bac à viande. C’est comme ça qu’ils appelaient l’endroit où ils mettaient les animaux morts, pour les conserver et pouvoir les manger plus tard. Tout était organisé de manière à ce que chaque élément soit à sa place, et rangé en économisant le plus de place.
    Il y avait plusieurs bacs différents tout le long de la grotte mit les uns à côté des autres, Shem se demanda à quoi pouvait-il tous servir, mais il décida de remettre cette question à plus tard, en voyant la somme de travail devant lui, même à douze bras, ils n’auraient probablement pas fini avant que le soleil atteignent le zénith.
    Une fois qu’ils eurent fini de tout nettoyer, le soleil était déjà à la moitié de sa descente vers l’horizon, Shem en déduisit qu’il devait au moins être quinze heures. Après avoir tous pris une pause près du feu, Grimm se leva — en se cogna la tête contre le plafond — et rejoignit Shem qui était dans ses pensées.

    — Hey ! Je dois vérifier ta blessure.
    — Ah ! Oui, pas de problème. répondit-il en sortant de ses pensées.

    Shem releva son jeans laissant apparaître la plaie. Elle avait bien cicatrisé, Grimm décida d’enlever les sutures. Shem grimaça et une fois les files enlevées ; Grimm mit ses mains vers sa jambe blessée et utilisa sa magie. Il expliqua à Shem, que soigné directement une blessure avec la magie n’est pas une bonne idée, cela peut laisser des bactéries et autres microbes dans l’entaille, causant, après cicatrisation de la blessure, un problème de motricité, de grosses douleurs, une maladie, forçant parfois les médecins à devoir amputer la personne. Shem eut l’image de lui sur un lit d’hôpital, avec sa jambe en moins, il chassa au plus vite cette vision.

    — Sympathique comme traitement ! pensa Shem à haute voix.

    Grimm rigola en se grattant la tête, puis reprit.

    — Comme tu dis ! Mais presque tous les médecins et magiciens d’assistance le savent, cette méthode est seulement utilisée sur les champs de bataille… il grimaça un peu après ces mots. Sachant que les soldats vont mourir, nous les soignons de cette manière…
    — T’as pas vraiment l’air d’accord avec cette manière de faire.
    — Je n’ai encore jamais eu à l’utiliser… Mais, le but est de ramener le plus de monde en vie, en faisant ça, on ne fait que les enterrer prématurément.

    Teeli vint s’incruster dans la conversation.

    — Je te rappelle que les hommes et femmes qui sont victimes de ce traitement ont tous signé un accord par rapport à ça. rajouta-t-elle sur un ton intrusif.

    Grimm hocha la tête pour dire qu’il le savait déjà, et dans ses yeux on pouvait voir la lueur de ses souvenirs briller. Ses souvenirs maintenant lointains qui le hantaient. Chaque fois qu’il y repensait, son humeur se dégradait, le rendant agressif. Le sang. Il en avait déjà assez vu pour toute sa vie, mais il savait pertinemment qu’en choisissant la voix de magicien d’assistance, il ne serait pas au bout de ses peines. Mais peu lui importait, il avait juré qu’il sauverait des vies.
    Teeli le sortit de sa torpeur en lui tapotant l’épaule. Elle le regardait avec un regard conciliant.

    — Pas besoin de penser à ça ! lui dit-elle en lui donnant une tape derrière la tête.

    Il acquiesça juste, et reprit son sourire décontracté, bien que Shem voyait bien que celui-ci était forcé.
    Tout le monde était concentré sur Grimm maintenant, mais il ne semblait pas vraiment avoir voulu toute cette attention. Il fit un signe de la main comme pour indiquer que tout allait bien.

    — Euh… Bien. J’avais idée de commencer à construire une muraille tout autour du campement. commença Grimm en se grattant la tête.
    — Nous avons intérêt à la faire solide. La bête à l’air d’avoir pas mal de force. ajouta Myriam en se mordant la lèvre.

    Shem réfléchit un instant, et éternua avant de parler.

    — Avec des troncs d’arbres, je pense que ça pourrait aller.
    — Mouais, ça va prendre trop de temps. répondit Teeli en regardant Shem d’un air moqueur.
    — Non, je ne pense pas, de plus la bête est venue il y a peu de temps, ça m’étonnerait qu’elle revienne de si tôt. continua Livia.
    — C’est à dire ?

    Shem y avait déjà pensé, et Livia, elle aussi semblait avoir pensé la même chose. Il prit son temps avant de formuler une phrase compréhensible pour tout le monde.

    — Je pense que ce que Livia veut dire, c’est que si la bête est venue hier c’était pour une raison. Quand on regarde les animaux morts, on voit qu’il y a des morsures plus anciennes. Il marqua une courte pause, pour voir s’il avait bien l’attention de tout le monde. Les morsures plus anciennes sont aussi plus petites, mais elles ont la même forme, elles conviennent donc à la mâchoire d’une autre bête. Une bête plus petite ; probablement le « bébé » de la bête.
    — OK… je vois, continue. répliqua Grimm en écoutant attentivement.

    Après avoir réfléchi à la suite de sa phrase, il se gratta l’épaule et continua.

    — En imaginant que cette bête ai un petit, peut-être que ce petit ne mange ni de renard, ni de lapin, et que du coup, la mère ou le père, cherche désespérément de la nourriture que le petit serait capable de manger. Il éternua de nouveau, le coupant dans sa phrase. Et là, alors que la nourriture est déjà rare en plein hiver, six humains apparaissent tout près d’eux. Et le petit n’y a jamais goûté, alors les parents du petit mettent en garde les humains, en leur apportant tout ce qu’ils ont chassé. Ou bien, ces bêtes sont munies d’une intelligence, et souhaiteraient échanger leur nourriture contre… un peu de la nôtre.

    L’équipe resta sans voix pendant quelques instants avant que Livia rompe le silence.

    — J’avais pensé à la première partie… mais pas à la deuxième, t’en as dans la tête.
    « Comme c’est agréable de recevoir les éloges d’une belle femme. »
    — T’es trop intelligent, Shé ! s’exclama la petite.
    — Ce n’est pas de l’intelligence, c’est de l’observation ! lui répondit-il en lui tapotant la tête.

    Shem repensa un instant à tout ce qu’il s’était passé depuis son arrivée. Les cris de bête, l’attaque d’un monstre inconnu sur le lac, les nuisibles. Tout cela s’est succédé très rapidement, à vrai dire, trop rapidement. Il pouvait sentir que son arrivée avait déclenché quelque chose. Enfin... même lui n’arrivait pas à dire depuis combien de temps il se trouvait ici. Il se rappelait juste s’être réveillé dans le creux d’un grand arbre, qui ressemblait d’ailleurs beaucoup à un gamalaya, et encore même ça, il n’en était pas sûr, tellement ses souvenirs étaient flous. Passons. De plus, après les nuisibles, il y a eu l’Ombre ailé, lui accordant presque trop d’importance, avec sa phrase : « Ta souffrance viendra. », suivit d’une Ombre animale lui demandant de tué la bête dont tout le monde parle et qui connaissait apparemment son prénom. Là-dessus, Shem n’a toujours aucune explication. L’intérieur de ce mur, rempli de noir avec des taches blanches, ressemblait à l’endroit où il se trouvait lors de ses cauchemars...
    Il continua sa réflexion, tandis que Grimm était parti préparé des barres ultra-vitaminées avec Teeli et Livia, Sylvia c’était assise dos au mur, à côté de Shem, et Myriam le regardait avec intérêt, comme intriguée par ce qu’il pensait.
    Shem n’y prêta que très peu d’attention, et se replongea complètement dans ses pensées et se frotta le menton, à la recherche d’un nouvel élément du puzzle.

    « Il y a eu le Jasmin ça oui... Mais il y a forcément un truc qui raccroche tout ça. »
    — Besoin d’aide à la réflexion, Monsieur ? demanda une voix interrogative et charmeuse.

    Shem leva les yeux vers la jeune fille et la fixa un temps, pour qu’elle comprenne le message qu’il voulait lui faire passer. Elle rigola un court instant, et remit ses cheveux en place en se mordant la lèvre.

    — Besoin d’aide à la réflexion, Shem ? demanda Myriam avec un grand sourire.
    — Pourquoi pas ? Deux têtes c’est toujours mieux pour réfléchir.
    — Moi aussi ! Je peux aider. dit Sylvia avec un ton enjoué.
    — Toi tu comptes pour une demi-tête. répondit Shem, sarcastique.

    Elle eut une mine outrée, et fit une moue.

    — Hmmpf ! Méchant !
    — Et moi ?! ET MOI !!? demanda Grimm d’une voix ridicule, de l’autre bout de la grotte.
    — Une tête sans contenance ne sert à rien, Grimm. répondit-il en le taquinant.

    Il rigola juste, et se remit à faire les barres de céréales.
    Shem expliqua brièvement ce à quoi il avait réfléchi avec la deuxième tête et la demi-tête, elles comprirent à moitié son raisonnement, et essayèrent à leurs tours de trouver un indice, pouvant leur permettre de comprendre le problème de la Bête. Ils réfléchirent tous pendant une dizaine de minutes, en conversant, et en parlant avec les mains. Shem remarqua que Myriam s’exprima beaucoup avec son langage corporel, elle exécutait des mouvements qui représentaient ses idées, et ça pour presque toutes les explications, cela fit sourire Shem, lui faisant penser aux personnages politiques de chez lui.
    Puis Sylvia finit par dire quelque chose qui piqua son attention.

    — Sylvia ! Tu pourrais répéter ce que tu as dit, s’il te plait ?
    — Euh... Oui. Le Jasmin semblait fuir quelque chose. répondit-elle interloqué.
    — Comment ça ? sollicita Shem en la regardant droit dans les yeux.
    — Quand j’étais avec Grigri et Myriam, avant que l’on soit séparé, on a vu passer le Jasmin entre les arbres, il bougeait comme une grosse limace d’ailleurs... elle s’arrêta, puis reprit. Et Livia a dit qu’il semblait vouloir s’écarter du mur.

    « S’écarter du mur... »

    Shem essayait de se souvenir d’où il se situait lui et Grimm, lors du combat contre le Jasmin. De l’autre côté du lac. À au moins trois cents mètres du mur. Pourquoi un Jasmin irait aussi loin de « son » mur ? Füng leur avait expliqué avant de les quitter, qu’un Jasmin est directement rattaché à « son » siège, il ne le quitte que sous le danger, car le siège joue un rôle protecteur. Si l’un est endommagé, l’autre l’est aussi, c’est aussi probablement pour ça que le Jasmin avait été plutôt facile à tuer. Parce que l’équipe de Shem avait endommagé le mur d’ombre.

    « Quel casse-tête... »

    Puis, il repensa à ce que le Pacificateur assis un rocher avait dit : « Non. La bête le chasse. » Shem s’embrouilla complètement l’esprit. Comment ça, elle le chasse ? Dans quel sens ? Soi, il a dit cela dans le sens, « faire fuir », soi dans le sens « chasser », dans le deuxième cas, cela confirme sa théorie sur la recherche de nourriture de la Bête, confirmant ainsi, l’existence d’un « bébé bête ».
    Le visage de Shem s’illumina d’un sourire sincère.

    — Une autre idée ? demanda Myriam en souriant.
    — Ouais ! J’essaye de finir mon raisonnement, et je vous explique.

    Shem décida de choisir la deuxième théorie, pour lui c’est celle qui était la plus concluante. Que la bête essaye juste de faire fuir un Jasmin, alors que cela est aussi dangereux pour lui, c’est trop idiot, même pour un animal. Et surtout, pourquoi le faire fuir ? Lorsque Shem a observé le Jasmin avant de l’attaquer, il a vu un renard passé, et l’immondice ne l’a pas attaqué. Prouvant que le Jasmin ne s’intéresse pas aux animaux, juste aux hommes. Donc, la première théorie semble un peu ridicule. Pourquoi une bête s’ennuierait à protéger son abri, et/ou son petit, alors que le Jasmin se fiche complètement de leurs existence ?
    De plus, lorsque le Pacificateur a parlé à Füng, il a bien dit, que la bête chassait le Jasmin, et non pas « elle le chassait », donc elle chassait le Jasmin, pendant que l’équipe Fiserconn cherchait eux aussi le Jasmin. Et pourtant, il y a eu un carnage devant la grotte, une seule bête n’aurait pas pu faire ça, donc il y a deux bêtes. « Deux... un couple de bêtes. » pensa t-il.
    Et voilà, un couple. Qu’est-ce que fait un couple d’animaux ? Ils se reproduisent. Et donc, il y a un, ou des petits. Tout se rassemble pour finir pour se conclure sur la deuxième théorie.

    — VOILÀ ! Ça y est !
    — Woaooa ! s’écria Sylvia surprise alors qu’elle commençait à s’endormir. Crie pas comme ça...
    — Vas-y, je t’écoute. dit Myriam toujours aussi calme que d’habitude.

    Shem prit le temps d’expliquer bien tout en détail, pour que ce soit le plus clair possible. Une fois que les deux filles eurent compris, Shem se sentit plus léger. Depuis sa grande réflexion, il avait mal à la tête, et ses oreilles bourdonnaient. Une fois que Myriam eut prévenu et expliqué la théorie de Shem, Grimm et Teeli décidèrent de la prendre en compte, mais refusèrent de donner leurs confiance à théorie basée sur des faits et interprétation personnelle.
    Shem s’en doutait un peu. Ils ne lui faisaient que très peu confiance. Ils le sentaient, bien qu’ils rigolent, discutent, et blaguent ensemble, leurs actions cachaient toujours une sorte de méfiance, bien que très bien dissimulée derrière leurs airs de preux chevalier. Il ne peut non plus trop leurs en vouloir, Shem était arrivé de nulle part, il n’a parlé que très peu de lui, et cache ses vérités derrière son ironie.
    Mais quand bien même, Shem avait toujours l’impression d’être observé ; quand il sortait de la grotte, il voyait toujours Myriam en sortir ; quand il voulait aider pour quelque chose, c’était soit Grimm, soit Teeli qui s’occupait de travailler avec lui, sinon pour les travaux intellectuels c’était Livia qui « l’épaulait ». La seule personne qui n’avait aucune méfiance c’était Sylvia, sûrement par son âge, elle ne pensait que de manière innocente.
    Shem souffla, exaspéré en pensant à tout ça.

    — Un problème ? demanda Teeli en regardant les mains de Shem.
    — Je ne pense pas. répondit-il en la regardant droit dans les yeux.

    Elle le fixa pendant plusieurs secondes, son cerveau imaginant probablement des tonnes de scénarios, ou Shem pourrait nuire à l’équipe. Mais son regard se calma un peu, Shem en conclut qu’elle n’avait trouver aucun prétexte pour se méfier de lui, sur quoi, elle lui répondit.

    — Tu ne penses pas ?

    Shem fut surpris de sa question, il avait répondu sans réfléchir, et maintenant il devait trouver une réponse, pour éviter encore plus de méfiance. Il fit mine de réfléchir, tout en essayant de savoir pourquoi il avait répondu ça. Il trouva vite sa réponse. « Je ne pense pas. », c’était de la simple ironie envers lui-même, que seul lui pouvait comprendre. Il inventa donc une réponse.

    — Je pensais juste à ma théorie. Vous devez avoir raison, on ne devrait pas si fiés... dit-il sur un ton neutre.

    Il savait que s’il insistait avec sa théorie ça éveillerait encore plus les soupçons, alors il décida d’essayer d’étouffer celle-ci. Au moins le temps qu’ils se rendent compte qu’il y a au moins une part de vérité dans ce qu’il a dit. Shem entourer d’œil observateur cachant hostilité et méfiance, se raidit, et commença à s’énerver... intérieurement.
    Personne ne rajouta un mot suite à la réponse de Shem, cela semblait avoir satisfait Grimm et Teeli.

    « Ça commence à sérieusement à m'énerver. »

    Lui aussi ne rajouta rien, bien qu’il est une forte envie de crier, il se retint. S’il éveillait trop de soupçons, il pourrait très bien l’attacher comme la fois où il avait bu la sève du gammalaya, de plus Teeli a dit que malgré qu’ils soient tout près du pôle Nord, ils pouvaient quand même prévenir ses supérieurs grâce à des oiseaux, et quand bien même il était bon à l’arc, il ne l’était pas assez pour toucher un oiseau en plein vol.
    Il était obligé de faire profil bas, s’il était enfermé, cela compromettrait ce que lui et son père avaient conclu avant de se séparer. Et cela, il voulait le faire plus que tout, pour son père, sa mère, pour « C », pour Bith, et d’autres... il ne pouvait s’enfuir et délaisser cette tâche. Alors, comme il sait très bien le faire, il sourit. Le fameux sourire forcé que seule Sylvia avait descellé.

    — Shé... Qu’est-ce que t’as ?
    — Rien de grave... juste un mal de tête. répondit-il frustré.
    — Hé ! Grigri ! Tu peux soigner Shé, il a mal à la tête.
    — Je ne vais pas utiliser ma magie pour un simple mal de tête… répondit Grimm sans les regarder.
    « Pourtant tu l’as fait pour Teeli... »

    Shem se leva pour sortir de la grotte, tant il était exaspéré par la méfiance de ses alliés. Comme il s’en doutait, il vit Myriam sortir. Il se retourna vers elle, après avoir regardé le mur d’ombre se dissoudre progressivement sous les rayons du soleil.

    — Hey ! dit-il d’une voix agacée. T’en as pas marre de devoir tout le temps m’observer ? sa phrase fut dite avec de l’agressivité, pas assez pour paraître méchant, mais assez pour faire comprendre son mécontentement.
    — Eeeh ! Hum... commença-t-elle en n’osant regarder Shem dans les yeux. Puis elle regarda vers la grotte, vers Grimm et Teeli. Je... ne t’observe pas, je suis juste sorti en même temps que toi.
    — Oh. Donc, toutes les autres fois c’était aussi un hasard. Désolé, je dois sûrement être con. continua-t-il sur un ton sec.

    Myriam commença à s’embrouiller, son regard fuyant ne savait plus où se poser, et elle avait cessé de parler avec les mains comme à son habitude, pour les mettre derrière elle. Derrière, Teeli écoutait tout en continuant à concocter les barres de céréales.

    — Je n’est jamais dit que tu étais idiot... Et c’est un hasard, crois-moi. encore une fois, elle dit cela en regardant vers le sol.
    — J’ai remarqué un truc avec toi, quand tu mens, tu n’oses pas regarder les gens dans les yeux.

    Suite à ces mots, elle regarda le sol avec une mine dépitée. Teeli vint la rejoindre, et se mit un pas devant elle. Puis s’éloigna de la grotte en tirant Shem par l’épaule, pour que personne n’entendent leurs conversations.

    — Pas besoin de s’acharner sur elle. C’est Grimm et moi-même, qui avons ordonné cela. Et aux vues de tes capacités d’analyses et d’observations, je savais que tu remarquerais très vite notre surveillance. commença t-elle calmement. Tu nous excuseras d’une telle méfiance, mais cela fait bientôt deux mois que beaucoup de chevaliers sont tués, notre seigneur dit que les tueurs sont probablement des mercenaires ou des espions envoyés par Shinear. Et toi, tu es arrivé ici, de nulle part, en disant que tu ne te souvenais de presque rien. Je pense que c’est compréhensible. finit-elle en regardant Shem de manière sincère.
    — Vous vous méfiez de quelqu’un qui vous doit la vie... Pourquoi ferais-je une chose de mal ?
    — Parce qu’on ne sait rien de toi, on se méfie encore plus. Tu n’as rien dit de toi, et de ta vie. Toi non plus tu ne nous fais pas confiance, sinon, tu te serais au moins un peu confié. répondit-elle.
    — Bah vous non plus vous ne l’avez pas fait-
    — Les autres oui, ils ne l’ont pas fait, moi non. Je t’ai dit pourquoi je souhaitai être chevalière, et je t’ai parlé de ma famille.

    Shem ne pouvait pas répondre à cela, effectivement, elle s’était confiée à lui pour le mettre à l’aise, mais il n’a rien fait en retour. Elle lui avait parlé de sa famille, surtout de sa fille Leisl, qui allait sur ses sept ans, elle aimerait être de retour pour son anniversaire.
    Il pensait qu’agir pour montrer sa reconnaissance suffirait, mais comme Bith lui disait tout le temps : « Il te manque les mots. », il se rappela de cette phrase, et sourit légèrement. Il leva la tête vers Teeli.

    — Très bien, je vais te parler de moi.
  • maintenant tu publies sur soreyawari ????
  • Je pars partout XD malheureusement
  • Merci pour les chapitres et à très vite pour la suite sur la soreyawari alors! ^^
  • XD c'est + fermé
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