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City Of Sin (罪恶之城) - CoS

décembre 2017 modifié dans Essayez-vous à la traduction
Hello à tous !
Actuellement éditeur/checkeur pour WMW, je voulais m'essayer à la traduction, c'est chose faite. J'ai vérifié que ce novel n'était pas déjà traduit ici et ailleurs (White Novel entre autres).
Étant très occupé, je me suis fixé un minimum d'un chapitre par semaine pour le moment. Je traduis de l'anglais, et OMA n'a sorti que 5 chapitres pour l'instant, je serais donc aussi dépendant du rythme de leurs sorties.

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Titre : La Ville du Péché / Sin City / City of Sin (罪恶之城)
Auteur : Misty Rain of Jiangnan (煙雨江南)
Genre : Action, aventure, fantasy, harem, mature, romance, drame, xuanhuan
Statut : Complété (1306 chapitres)

Synopsis : “Chaque goutte de sang de cette famille est souillée par le péché. Ses membres sont l'incarnation même de la contradiction; passionnés mais souvent froids, possédant une grande mémoire mais souvent amnésiques. Ils s'engagent à poursuivre leurs rêves pour finalement y renoncer. Ils servent autant le Bien que le Mal. Ils sont aussi bien des anges que des démons. C'est pourquoi je les chéris, et les déteste.”

Richard A. Arkham


Seul espoir de sa famille, un jeune homme, d’ascendance à la fois elfique et démonique, s’engage sans hésitation sur le champ de bataille. Il amène aussi bien la destruction que la vie. Se frayant un chemin à travers la lave et la glace, sur ce terrifiant champ de bataille, il extermine toute forme de vie, dans l’unique but d’abattre cette noble silhouette qu’il voit au loin.

A la fin, arriva le jour où il cessa de balancer sa lame, observa les alentours, pour se rendre compte que tous ses ennemis n’étaient plus.

Ce qui était à l’origine noble et majestueux, était désormais sous son contrôle.

Traducteur VA : OMA
Lien VA : City Of Sin


N'hésitez pas à laisser vos commentaires, même méchants :wink:, je n'en prendrais pas ombrage... ça me permettra de m'améliorer.

Commentaires

  • décembre 2017 modifié
    Book 1 - Étoile montante - Chapitre 1 - Grandir

    Le printemps était une saison très appréciée. Les humains pouvaient enfin commencer une nouvelle année après le lent passage de l’hiver, n’ayant plus à supporter le froid glacial et pouvant plus facilement se procurer de la nourriture. La variété des aliments augmentait également, c’est pour cela que le printemps était la saison la plus importante de l’année. Que ce soit les humains, les nains, les orques, les elfes ou même les ogres, les créatures surnaturelles et les bêtes carnivores, tous vivaient d’importants événements durant cette saison.

    Bien entendu, le monde était vraiment compliqué, et il y aurait toujours des exceptions. Par exemple, le printemps n’avait pas vraiment de sens pour ceux qui vivaient sous terre. Dans les cas les plus extrêmes, les démons des neiges haïssaient le printemps. D’un autre côté, cependant, la majorité de la race humaine trouvait cette saison délicieuse. Lorsque l’air chaud et humide traversait les montagnes et la mer avec difficulté pour atteindre le village de Nuo Se Lan, les villageois savaient que le printemps était arrivé.

    Nuo Se Lan était situé au milieu d’une chaîne de montagnes près de la côte. C’était un petit grain de poussière parmi les énormes montagnes qui s’étendaient sur des milliers de kilomètres, régis par le Baron Take sous la gouvernance de l’Alliance Sacrée. Il se trouvait à près de 300 kilomètres du château du Baron, et ce n'est que pendant la saison des récoltes que les villageois voyaient venir les percepteurs du Baron. Son ingérence était par ailleurs négligeable, hormis durant ce court laps de temps.

    Les taxes du Baron étaient aussi légères, ne collectant que les spécialités de la région pour que cela n’ait pas trop d’impact sur la vie courante des villageois. Si les taxes augmentaient sur une année de mauvaise récolte, cela aurait des conséquences désastreuses. Ce n’était pas si mal de vivre dans les montagnes. Tant que vous travailliez toute l’année, vous seriez capable de survivre.

    Les terres en dehors du village devaient être labourées et ensemencées au printemps, and la nourriture récoltée en été. Les chasseurs commenceraient alors à entrer dans la forêt. Les bêtes magiques, à peine sorties d’hibernation, seraient exceptionnellement dangereuses et agressives dans leur recherche de nourriture; mais il y avait quelques spécialités dans leur corps telles que de précieux ingrédients médicinaux ou des glandes pouvant être transformées en parfum. Leur qualité serait la plus élevée au printemps, donc malgré les victimes et les blessés chaque année, les chasseurs entraient sans faute dans la forêt. Cela rendait la Déesse de la Chasse, la plus vénérée de tous les dieux. Mis à part le Dragon Éternel, il existait autant de dieux et de religions en Nuo Lan De qu’il y avait d’étoiles dans le ciel.

    Nuo Lan De était un continent aux ressources abondantes, gouvernées par des puissances divines sous une stricte hiérarchie. Même un village isolé et paisible comme Lu Se Lan avait une riche histoire, et bien que simples et sincères, les villageois respectaient les plus forts et dédaignaient les faibles. Le petit village, avec seulement quelques dizaines de foyers, suivait sa propre hiérarchie implicite.


    ***

    La petite silhouette d’un garçon apparut en dehors du village, portant un panier en osier rempli de fruits à pain presque aussi grand que lui. Les réserves hivernales seraient normalement épuisées au printemps, alors avant que d’autres sources de nourriture puissent être recueillies, même ce fruit terne était une ressource importante. De même, il était très facile à trouver, poussant dans la forêt jouxtant le village.

    Auprès de lui se trouvait trois autres garçons, chacun d’entre eux étant plus grand d’une tête que cet enfant. Ils avaient des arcs et des fourches à la main, et des poignards à la taille. Même s’ils avaient moins de dix ans, ils portaient tous des cerfs et des lapins sur le dos, déjà capables de chasser. Bien entendu, leurs cibles n’étaient que des animaux sans danger, mais ce n’était tout de même pas chose aisée de poser des pièges pour les attraper. Roturiers ou nobles, tous les enfants du village apprenaient cela de leurs parents.

    Le chef du groupe cria subitement : “Hé Li Cha, où est ton père? Ne t’a-t-il pas appris à chasser? Je parcourais déjà les montagnes à ton âge, posant des pièges pour attraper moi-même des lapins !”

    Un garçon à côté de lui poursuivit d’un rire : “Un enfant sans père peut seulement cueillir des fruits !”

    Les trois garçons plus âgés éclatèrent de rire, en dépassant Li Cha pour entrer dans le village. Leurs pas étaient légers, rendant difficile de croire que chacun portait plus de 10 kilogrammes de gibier à leur façon de se déplacer.

    Le petit garçon ne se souciait cependant pas de leur moquerie continuant à porter le panier sur son dos alors qu’il entrait dans le village. Un homme d’âge moyen assis à l’entrée vit tout ce qu’il s’était passé, l’appela et lui fourra de la viande de bête magique dans la main. Il caressa la tête de l’enfant avec affection : “Xiao Li Cha… N’es-tu pas furieux que Pi Lu et ses amis te malmènent comme cela? Je leur inculquerai une leçon plus tard, même si ce ne sont que des gamins, ils ne devraient pas être aussi insouciants.”

    Il ne s’attendait pas à ce que l’enfant secoue la tête en réponse : “Pas besoin, je ne suis pas en colère.”

    “Mais…” L’homme utilisa sa grande main noire et calleuse pour se gratter l’arrière de la tête, trouvant le garçon un peu difficile à comprendre. Il pensa que l’enfant avait peur d’eux, et ne pouvait s’empêcher de vouloir dire quelque chose. Après tout, les enfants dans les montagnes pouvaient manquer de tout, sauf de courage.

    Cependant, le garçon sourit et continua : “Même si je n’ai pas de père, j’ai la meilleure maman !”

    L’homme continua de se gratter la tête, souriant bêtement, choqué par la déclaration : “C’est vrai ! C’est vrai !”

    Le petit garçon fredonna tout en portant son grand panier et se faufilant dans le village. Sa légère tristesse laissa la place à la joie, parce que sa mère devait rester heureuse à tout prix.

    Xiao Li Cha avait eu 6 ans cette année, et appris le sens du mot bonheur.

    L’homme d’âge moyen était le forgeron du village, Bao Bi. La mère du garçon était une acolyte magique nommée Yi Lian, venue seule au village de Lu Se Lan lorsqu’elle était enceinte de son fils. Elle n’était pas particulièrement jolie, mais sa personnalité était aussi douce que l’eau et sa présence signifiait que le village avait un médecin pour la première fois de son histoire. Ils n’avaient plus besoin de courir une douzaine de kilomètres jusqu’à la ville voisine, même pour une blessure ou une maladie de rien du tout. Il arrivait même qu’ils choisissent de supporter l’inconfort en repensant à la distance à parcourir dans le passé.

    Yi Lian avait installé une petite clinique à côté du village. Même si elle ne pouvait élaborer que les médicaments les plus basiques, elle avait déjà sauvé nombre de villageois depuis son arrivée. Le chef du village et quelques anciens avaient donc décidé de lui céder quelques terres, faisant officiellement d’elle une villageoise de Lu Se Lan. La majorité des villageois étant chasseurs, il y avait désormais au village trois représentants principaux de l’autorité. L’un était Bao Bi, le forgeron, un autre était le chef du village qui était un officier militaire à la retraite. Le dernier était désormais Yi Lian, qui, avec les deux autres, supportait l’avenir de tout le village.


    ***

    La vie à Lu Se Lan était très paisible, une année passant à nouveau en un clin d’oeil.

    Li Cha avait pris quelques centimètres de plus ce printemps, ressemblant à des enfants de 8-9 ans. A ce jour, il aurait déjà dû apprendre à poser des pièges pour lapins et autres petits herbivores.

    Il y avait beaucoup de petites bêtes magiques dans la forêt près de Lu Se Lan, les plus grandes quasiment jamais vues. L’endroit était un terrain d’entraînement pour les enfants du village, les chasseurs ne chassaient donc pas les plus petits animaux. et ne patrouillaient dans la région que de temps en temps, éradiquant toute créature dangereuse ou les rares grandes bêtes magiques dans les profondeurs de la forêt.

    Pourtant, Li Cha continuait à porter son panier sur le dos jusqu’en haut de la montagne tous les jours. Ce n’était plus aussi épuisant qu’auparavant, mais cela prouvait qu’il continuait à cueillir des fruits à pain partout dans la montagne. Les fruits à pain n’étaient pas délicieux, et les villageois préféraient de beaucoup la viande de bêtes magiques, qui était savoureuse et leur donnait de la force.

    Il suivait les ordres de sa mère. Il recueillait également des herbes médicinales, recueillant un type différent pour chacune des quatre saisons suivant des processus compliqués propres à chacunes. Ramener les herbes à la maison n’était que la moitié du travail, le reste n’étant fait qu’une fois rentré.

    Ce qu’il ne comprenait pas, c’était que le fruit à pain devait être traité comme les herbes. En fait, cela prenait plus de temps que les herbes elles-mêmes. Les autres villageois ne faisaient pas cela, et se contentaient de les manger directement après avoir ramassés les fruits mûrs tombés au sol durant la nuit. Au contraire, sa mère exigeait de lui qu’il cueille seulement les fruits d’une certaine couleur et taille, et ceci d’une façon particulière. Cependant, lorsqu’il ignorait ses instructions et pensait que cela ne ferait aucune différence, sa mère ne tomba pas dans le panneau; il n’essaya donc plus de jouer au plus malin s’étant fait prendre à plusieurs reprises. il cueillait les fruits avec sérieux, les traitant avec perfection. Ce n’est qu’à l’hiver que sa mère lui dit que tout cela était pour entraîner sa persévérance.

    Xiao Li Cha avait eu 7 ans cette année, et appris la persévérance dans ses tâches. S’il devait dire ce qu’il avait détesté dans les 7 années de sa vie, c’était que le fruit à pain était son dîner quotidien. C’était un petit cauchemar qu’il n’oublierai jamais.


    ***

    Rien ne changea à Rooseland le printemps suivant. Bao Bi était toujours célibataire, et Yi Lian avait encore très peu de travail. Le chef du village était en aussi bonne santé que jamais, premier à foncer s’occuper des puissantes bêtes magiques. Li Cha, cependant, avait finalement appris à poser des pièges. Néanmoins, Pi Lu et les autres avaient déjà commencé à utiliser des arcs courts et suivre les chasseurs dans les montagnes. A 10 ans, ils pouvaient déjà s’appeler jeunes hommes. Les gens de la ville auraient même pu penser qu’ils avaient environ 15 ou 16 ans avec leurs corps bien bâtis.

    Poser des pièges nécessitait beaucoup d’expérience. Il fallait posséder des yeux vigilants, une paire de mains habiles, et de la chance. Avec les outils grossiers utilisés pour fabriquer les pièges, il était fort probable que les pièges créés par un chasseur inexpérimenté le blessent. Li Cha avait du talent, surmontant les problèmes des jeunes du village à son premier essai. Son succès s’accumulait auprès des adultes du village, et Bao Bi, en particulier, débordait de joie, considérant Li Cha comme son propre fils. C’était quelque chose que tout le monde au village savait : si Li Cha était prêt à l’appeler père, Bao Bi accepterait probablement de fermer son magasin.

    En seulement quelques jours, Li Cha était un expert dans chaque type de piège. Il commença à se rendre au plus profond de la forêt, installant de grands et complexes pièges. De grandes bêtes magiques apparaissaient ici à l’occasion, et, avec sa chance, un sanglier Kamchatka apparut devant lui, déclenchant le piège de front. Les pattes avant de la bête étaient solidement prises parmi les épines, la corde de rotin, et des clous d’acier, et même s’il était vraiment fort, le piège était si méticuleusement fait que ses ruades étaient supportées par l'ensemble du piège. Le sanglier était incapable de se libérer même après une violente lutte.

    Se cachant à proximité tout en observant la lutte du sanglier, les mains de Li Cha étaient couvertes de sueur. C’était la première fois qu’il sentait que le couteau dans ses mains n’était pas fiable. Un sanglier blessé était extrêmement dangereux, et même si le sanglier face à lui était très petit, il était juste un enfant.

    Juste au moment où Li Cha était certain que sa proie ne pouvait plus s’échapper du piège, ou voulant charger, il sentit une grande force le jeter à terre depuis l’arrière. Le vertige s’empara de lui, du sang emplissant sa bouche et son nez, et il entendit une flèche siffler et le sanglier crier. Il entendit ensuite des acclamations de son côté, appartenant à des voix qu’il connaissait.

    Li Cha se releva lentement, voyant que Pi Lu et son groupe était apparu à, il ne savait quel moment. L’un d’entre eux l’avait poussé de côté, et Pi Lu était celui qui avait tiré la flèche. Il lui avait infligé un coup fatal au cou, une tâche difficile même sur une bête capturée, qui n’avait cessé de se débattre.

    “Tu as volé ma proie !” Li Cha réalisa soudain ce qu’ils faisaient et cria de rage.

    “Tout le monde, ici présent, peut prouver que j’ai tué le sanglier. Comment peux-tu dire que je t’ai volé la mise à mort? A cause de ton piège? Un bon chasseur sait que ce type de piège ne peut être utilisé que sur des lapins.” Pi Lu regarda Li Cha avec dédain.

    Il faisait presque une tête de plus que Li CHa, et était bien bâti. Étant le fils du chef du village, il était plus fort que les autres enfants de son âge, presque autant qu’un adulte. Le chef chassait régulièrement de puissantes bêtes magiques aux alentours, et la viande de ces bêtes étaient une source non négligeable de force.

    “Pourquoi chasses-tu donc des sangliers ici?” La question de Li Cha rendit Pi Lu muet. Ils dénigraient le corps fin et frêle de Li Cha, mais ils ne pouvaient nier qu’il était très intelligent. Ils avaient entendu qu’il pouvait écrire beaucoup de mots, mais ce n’était pas un motif de respect. Quelle était l’utilité des mots quand cela ne pouvait pas aider à chasser?

    La question de Li Cha enragea Pi Lu. Il fit un mouvement brusque vers le bas de sa main, signalant à un jeune à ses côtés de se déplacer derrière Richard et de le pousser de nouveau à terre.

    Le petit visage de Li Cha était rouge lorsqu’il se remit sur ses pieds. Il agrippa ensuite étroitement son couteau de chasse. Son aura, à cet instant, provoqua un froid extrême chez ces jeunes, mais Li Cha hésita un moment et Pi Lu saisit sa chance de lui donner un coup de pied. Les jeunes se jetèrent ensemble sur lui, lui arrachant son couteau et l’assénant de coups de pieds et poings. Pi Lu marcha même sur la tête de Li Cha, enfouissant profondément sa tête dans le sol.

    Les corps de ces jeunes montagnards étaient pleins de force et leurs coups n’étaient pas légers. Néanmoins, Li Cha ne se débattit pas, ne résista pas ni demanda grâce, encaissant l’assaut même si Pi Lu frappait de plus en plus fort, sa rage croissant. L’absence de réaction fit que Pi Lu pensait qu’on se moquait de lui.

    “T’avoues-tu vaincu?” Les jeunes commencèrent à frapper de plus en plus fort, mais Li Cha les laissa faire comme si son corps ne lui appartenait pas. Après un moment, Pi Lu commença à être terrifié, terrifié de blesser gravement Li Cha. Il serait sans aucun doute battu à son retour, et bien que le chef du village soit aussi colérique que lui, Yi Lian possédait une image exceptionnelle au village.

    Les jeunes stoppèrent progressivement leur attaque. Li Cha prit un moment alors qu’il se remettait sur pied, et Pi Lu proféra des mots durs avant de prendre le sanglier et de partir. Les voyant disparaître de sa vue, il se reposa contre un arbre un long moment avant de lutter pour se relever et rentrer chez lui.

    Quand Yi Lian vit le corps du petit Li Cha complètement couvert d’ecchymoses à la nuit tombée, des larmes coulèrent de ses yeux. Le garçon la consola, disant qu’il allait bien et que cela lui faisait à peine mal. Le garçon regarda sa mère après qu’elle lui ait appliqué un onguent sur ces blessures et demanda : “Je ne peux toujours pas répliquer?”

    “Mm!” Yi Lian serra les dents et acquiesça de toutes ses forces.

    “D’accord, je ne répliquerai pas. Mais je ne céderai pas non plus.”

    Pi Lu cherchait des ennuis à Li Cha de temps en temps après ce jour, le battant encore et encore. Le pire moment laissa Li Cha incapable de se remettre sur ses pieds, mais il ne demanda toujours pas grâce, ni même gémit. Il finissait toujours par se relever lorsqu’ils étaient fatigués de le frapper, se préparant à partir. Il fixait alors tranquillement Pi Lu, son attitude calme causant au garçon une froideur au plus profond du cœur. Ce regard était le même regard que l’on portait sur un cadavre.

    Pi Lu commença à faire des cauchemars cette année, souffrant pendant quelques jours après avoir battu Li Cha. La différence entre leurs physiques ne faisait que croître, mais Li Cha ne résistait toujours pas. Pi Lu ne comprenait pas pourquoi Li Cha ne se plaignait jamais de lui auprès de son père, ce qui l’aurait fait fouetter au moins une paire de fois. En fait, Li Cha n’avait jamais dit à quiconque du village qu’il se faisait battre.

    Au fil du temps, les jeunes cherchaient querelle de moins en moins souvent à Li Cha. Une fois, le garçon leur sourit alors que du sang gouttait du coin de sa bouche, les faisant fuir dans la confusion. C’était également la dernière fois qu’ils le battaient.

    Quand Li Cha eut 8 ans, il apprit la ténacité.

  • Merci,
    J'ai pas de remarques a faire sur ta traduction globale, elle est fluide. j'avais même l'impression de lire un roman, c'est donc tout a ton honneur.

    C'est en relisant rapidement que me sont venu en tant que lecteur quelques remarques
    Du coup je t'invite a faire relire le texte a quelqu'un d'autre ^^ paragraphe par paragraphe
    par exemple avant dernier paragraphe : Les jeunes ne cherchaient querelle > le "ne" n'est t'il pas superflu?

    A d'autre moment je pense que la tournure des phrases vient du fait que le texte n'était pas rédigé en français a l'origine. A toi de voir si tu conserve la structure originelle du texte ou si tu prend quelques libertés pour respecter la logique de la langue française.
    par exemple dans le synopsis: "Le seul espoir de sa famille, un jeune avec du sang d'elfes et de démons, parcourt un champ de bataille d'annihilation et de renaissance." pourrait peut être se reformuler? Par exemple "Un jeune Humain, avec du sang d'Elfe et de Démon parcourt un champs de bataille. Le dernier espoir de la famille [???] parcourt ce lieu d'annihilation mais aussi de renaissance"
  • Merci pour tes remarques, je vais en tenir compte.

    En effet, j'ai posté le premier chapitre avant de le faire relire, je comptais revenir dessus ensuite.
    Pour le synopsis, j'ai bien galéré dessus, je n'arrivais pas à trouver d'équivalence française dans les contradictions sans employer beaucoup de mots, mais je suis en train de le retravailler. Il y aura bientôt une nouvelle - et meilleure, je l'espère - version.
  • décembre 2017 modifié
    A la malédiction de la langue française ou l'on est obligé de faire des phrases plus longues qu'en anglais pour dire la même chose. :)
    Pour te donner un exemple qui m'est venu en tête il apparaît après recherches que le tome 1 des aventures d'Harry Potter fait 306 pages dans la langue de Molière mais 223 dans la langue de Shakespeare.

    De mon point de vue deux phrases ou plus valent mieux que une phrase avec pleins d'inclusions (je suis pas sur que cela s'appelle comme cela) parce que c'est plus clair, et cela évite de lire plusieurs fois la phrase pour la comprendre.
  • Vymarel a dit :

    De mon point de vue deux phrases ou plus valent mieux que une phrase avec pleins d'inclusions (je suis pas sur que cela s'appelle comme cela)

    Tu veux peut-être dire sous-entendu ou omission ?

  • kulmai a dit :

    Tu veux peut-être dire sous-entendu ou omission ?

    non non pas du tout ^^. Je reformule :
    pour reprendre la phrase du synopsis : Le seul espoir de sa famille [info 1], un jeune avec du sang d'elfes et de démons[info 2], parcourt un champ de bataille d'annihilation et de renaissance [retour a l'info 1 ou info 3].
    ce que je voulais dire c'est que la phrase "Le seul espoir de sa famille parcourt un champ de bataille d'annihilation et de renaissance". est plus claire et cela n’empêche pas d'inclure l'info 2 dans une nouvelle phrase.
  • ah ok, merci je ne connaissais pas ce terme
  • Bah je suis pas sur que cela s'appelle l'inclusion. donc c'a a sans doute un autre nom ^^
  • J'aime bien ce novel. Je n'ai pas pu m'empêcher de continuer en anglais.
  • Hello, tout d'abord, j'ai modifié la traduction du synopsis et l'ai fait relire par Drizzt Do'Urden (merci à lui).

    Ensuite, en allant voir les raws, je me suis rendu compte que la préface n'avait pas été traduite en anglais, je la posterai donc plus tard car cela va me donner plus de travail de traduire depuis le chinois. Soyez patients !

    Et comme, on va dire que je suis un puriste, je préfère donc pour un novel chinois utiliser les noms chinois, ça me parait plus authentique. Pour ceux qui aurait lu le premier chapitre avant cette modification, vous trouverez donc une équivalence des noms français/chinois ci-dessous :

    Personnages
    VO (chinois)VA (anglais)VF (français)
    (Xiao) Li Cha(Little) Richard(Petit) Richard
    Pi LuBeirutBeirut
    Bao BiBobbyBobby
    Yi LianElaineÉlaine
    Take NanjueBaron TuckerBaron Tucker
    Lieux
    VO (chinois)VA (anglais)VF (français)
    Lu Se LanRooselandRooseland
    Nuo Lan DeNorlandNorland


    J'essaierai par le suite de garder les noms chinois, désolé pour ceux qui connaissent le chinois si je fais des erreurs mais n'hésitez pas à me le dire ! :wink:

    De plus, je vais décaler mes sorties au dimanche car ce sera plus pratique pour moi. Donc avec deux jours d'avance, voici le 2nd chapitre !
  • décembre 2017 modifié
    Livre 1 - Étoile montante - Chapitre 2 - Cérémonie

    Xiao Li Cha perdit son innocence d’enfant au printemps suivant. Le couteau de chasse à sa taille n’était plus une décoration, mais utilisé lorsqu’il commença à accompagner les chasseurs en montagne. Il ne s’aventurait pas trop loin, ni n’était aux premières lignes pour combattre les bêtes magiques, mais il aidait tout de même en s’occupant de tâches telles que la pose de pièges ou la collecte de proies. Le forgeron Bao Bi en était si ravi qu’il fabriqua un nouveau couteau en acier trempé. Il était fou de joie à chaque fois que Li Cha l’utilisait pour tuer une bête magique.

    La vie de chasseur présentait toujours un risque. De nombreuses bêtes magiques étaient cachées le long de la côte et dans les montagnes, et parfois, certaines se perdaient pour finalement se diriger vers Lu Se Lan. Un jour, Li Cha rencontra un Loup du Diable cendré, une véritable bête magique de rang 2, dont même le chef du village devait se charger avec prudence. A l’époque, deux autres chasseurs étaient présents aux côtés de Li Cha, et il fallut un combat acharné pour le tuer. Tous subirent de graves blessures, mais arrivèrent néanmoins à traîner la dépouille du loup jusqu’au village.

    Le calme anormal de Li Cha devant cette situation de vie ou de mort, stupéfia les villageois; même le meilleur chasseur du village n’aurait pu mieux faire. De plus, s’il n’avait pas tranché nette les muscles postérieurs de la griffe du Loup du Diable, l’issue du combat aurait pu être très différente.

    Quoi qu’il en soit, Xiao Li Cha avait calmement fait face à de nombreux dangers cette année, restant calme face à chaque situation. Il n’avait jamais reculé devant le danger.

    A neuf ans, Li Cha avait appris le courage. Cela aurait dû être la chose la plus facile à apprendre, car les jeunes montagnards ne manquaient jamais de cran, mais le courage que sa mère lui avait inculqué était extraordinaire. Devant son succès, Yi Lian cessa de l’appeler Xiao Li Cha.

    “Mon Li Cha est enfin un vrai homme !” disait-elle toujours, débordant de sourire chaque fois qu’elle le regardait.

    Un jour, Li Cha gonfla sa poitrine à cette déclaration : “J’ai encore besoin de sagesse pour être un homme !”

    Cela choqua sa mère, qui le regarda sérieusement et demanda : “Dis à ta mère qui t’a dit cela.”

    “C’était écrit dans un livre !”

    “Quel livre était-ce?” Yi Lian demanda patiemment. Même les acolytes possédaient de grandes connaissances, et Yi Lian lui avait enseigné de nombreuses langues complexes et archaïques. Lire n’était pas un problème pour l’enfant, et il avait même terminé de nombreux livres sur les bases de la magie durant l’hiver. Cependant, elle ne pouvait se rappeler de cette phrase dans aucun d’entre eux.

    “C’était dans ce livre au grenier. Il y avait beaucoup de choses intéressantes, je ne savais pas que le monde était si vaste !” Li Cha répondit avec excitation.

    “Ce livre ?” Yi Lian sembla se souvenir de quelque chose, continuant avec un sourire, “C’est vraiment intéressant. Mon Li Cha… Un homme ne peut vraiment pas manquer de sagesse, mais la ténacité, la persévérance et le courage sont plus difficiles à appréhender. Tu es si intelligent, Tu ne manqueras sûrement pas de sagesse quand tu seras plus grand. Mère voulait juste développer plus de talents en toi. Comprends-tu ?”

    “Tu oublies le bonheur !” Li Cha ajouta précipitamment.

    Yi Lian sourit, caressant la tête de Li Cha, et répondit, “C’est vrai, le bonheur aussi. Est-ce que mon Li Cha a-t-il été heureux ces dernières années ?”

    Li Cha secoua la tête et dit sombrement, “Je n’ai pas toujours été heureux. Pi Lu m’a martyrisé, et je déteste le fruit à pain… Quoi qu’il en soit, Mère, quel genre de personne est Père ?”

    L’expression de Yi Lian changea instantanément, avant de répondre doucement, “Ton père est un vrai homme...”

    Li Cha poursuivit immédiatement, “Je le sais ! Il est aussi le plus grand scélérat, quelqu’un que Mère déteste le plus !”

    Yi Lian gloussa. Son fils posait cette question chaque année, et elle lui donnait toujours la même réponse. Il avait déjà mémorisé cette réponse, mais cet enfant astucieux avait souvent entendu ses légers sanglots au milieu de la nuit. Il ressentait sa profonde haine envers son père chaque fois qu’il était mentionné. Les enfants ont des pensées très simples. Leurs mères les aimaient et les chérissaient, et en retour, ces derniers aimaient encore plus leurs mères. Li Cha détesterait tout ceux que sa mère détestait.

    Li Cha posait régulièrement des questions sur son père pour deux raisons. L’une était la curiosité, étant donné que sa mère lui donnait plus d’informations chaque année. D’un autre côté, il voulait avoir une meilleur compréhension de son père afin de venger sa mère lorsqu’il serait plus grand. Quant à comment, il n’en savait naturellement rien, mais ce sujet était profondément ancré dans son cœur.

    Cependant, Yi Lian arrêta de lui parler de son père, lui disant juste qu’elle avait passé si peu de temps avec lui qu’elle ne savait plus rien d’autre à son sujet.

    “Tu comprendras vraiment ton père un jour.” On ne savait pas pourquoi le visage de Yi Lian avait changé juste après avoir fait cette déclaration. C’était comme si quelque chose avait étreint son cœur; même elle, ne savait pas pourquoi elle avait prononcé ces mots.

    Li Cha sentit que l’humeur de sa mère avait tourné, il sortit alors sa langue en cachette et dit, “Je vais aller lire un peu.” Il courut à l’arrière de la maison, jusqu’à la salle d’étude et laboratoire de Yi Lian, où elle fabriquait ses potions. Il y avait peu de livres ici, tous traitant des bases de la magie, de la médecine, de l’histoire des continents, des paysages, et ceux liés à son identité d’acolyte, mais Li Cha aimait lire ici à la nuit tombée. Dans cette pièce, se trouvait une lampe magique tamisante capable de briller toute la nuit une fois que Yi Lian l’avait rechargée de magie. L’huile étant très chère, seuls Yi Lian, le chef du village, Bao Bi et quelques-uns des meilleurs chasseurs du village pouvaient avoir de la lumière tout au long de la nuit.

    Li Cha passa lentement son enfance dans cette petite pièce délabrée mais chaleureuse. A partir de ces livres épais, il pouvait découvrir un monde plus grand et plus complexe, loin de Nuo Se Lan et, cependant, fascinant. Il avait toujours rêvé de partir, une fois devenu le plus grand chasseur du village, amenant sa mère explorer le monde au-delà des montagnes.

    Dans le salon, Yi Lian entendait le froissement des pages provenant de l’étude. Li Cha lisait encore d’arrache-pied. Cet enfant avait déjà une base très solide pour apprendre la magie, mais jamais il ne l’avait vraiment fait. Elle lui avait même interdit de méditer, lui faisant manquer l’âge optimal de quatre ou cinq ans pour devenir un bon magicien, ce qui lui aurait permis d’accumuler la force mentale nécessaire pour pratiquer à son âge actuel. Malgré cela, Li Cha jamais ne pensa que sa décision était mauvaise, étant ignorant et pensant que tout ce que faisait sa mère était juste.

    Elle resta tranquillement assise, repensant à cette phrase qu’elle avait prononcée. Une porte s’ouvrit sur ses souvenirs enfouis, submergée d’événements qu’elle ne pouvait réprimer. Elle sentit se manifester une légère migraine, se massant doucement les tempes en soupirant discrètement. Son regard se posa sur le calendrier, remarquant une croix indiquant que le dixième anniversaire de Li Cha arriverait dans quelques jours.

    Dix ans était, pour un garçon, le passage à l’adolescence, trois ou quatre ans seulement avant l’âge adulte.

    ‘Une décennie est déjà passée?’ Elle regarda les flammes vacillantes de la lanterne magique, une lumière brillante de la lampe en cuivre illuminant son visage. Elle ne pouvait être qualifiée de jolie, mais elle restait tout de même décente, faisant d’elles une des plus belles femmes du village. Dix ans n’avaient laissé aucune marque sur son visage, et si ce n’est le fait qu’elle s’habillait comme une personne de son âge, aucun villageois ne s’en souviendrait. Des étrangers penseraient qu’elle n’était encore que dans sa vingtaine.

    Le visage reflété par la lampe lui était inconnu. Il était trop ordinaire, un visage différent de celui qu’elle avait à sa naissance. Même elle, n’aurait pu imaginer, dix ans en arrière, vivre une vie simple, ordinaire et difficile, mais pour l’instant, elle était satisfaite de regarder Li Cha grandir jour après jour.

    Quand elle entra dans l’étude, Yi Lian vit Li Cha serrer et lire un épais livre d’images avec grand intérêt. Elle sourit, “Mon Li Cha va bientôt avoir dix ans. Mère préparera une cérémonie spéciale pour célébrer ta croissance.”

    “Yeah !” Li Cha sauta sur ses pieds, “Y aura-t-il des cadeaux?” Ce genre de moments indiquait clairement qu’il était encore un enfant.

    “Bien entendu ! En fait, il te suivra toute la vie ! Mais tu as besoin de bien te reposer ces quelques prochains jours, entendu ? Il est déjà tard, tu devrais aller te coucher.”

  • décembre 2017 modifié
    Merci pour ce chapitre.

    De mon point de vue garder les noms originaux est une mauvaise idée.
    Je saurait pas expliquer précisément pourquoi cela me gène mais bon je vais essayer d'apporter des éclaircissements.

    EDIT: bon je laisse ce que j'ai écrit en spoiler, mais je me rend compte que j'ai dit un peu écrit n'importe quoi. Je viens de me rendre compte que ce qui est marqué est bien les prénom des protagonistes. Pourquoi ne pas alors adopter ceci en supprimant les espaces entre les 2 syllabes ou en ajoutant un tiret? Donc cela donnerais "Licha" ou Li-Cha"
    idem avec les noms de lieux.


    Spoiler:
    Je pense que j'ai l'habitude de lire des noms de personnages composé d'un seul mot. De ce fait les noms asiatiques qui sont composés ne sont pas facile a lire. D'autant plus que ce n'est pas des noms usités en Europe.
    de plus il y a une certaine répétitions des syllabes lorsque il s'agit de membres de la même famille.
    l'équivalent français serais par exemple "Dupond Martin parti se doucher après que Dupond Marie, sa mère, le lui ai ordonné" C'est franchement pénible a lire surtout sur des paragraphes entiers

    Apres rien ne t’empêche de renommer les personnages toi même et de ne pas reprendre les noms anglais surtout si tu maîtrise le chinois. Essais juste s'il te plait de franciser les noms :) En fait déjà juste appeler le protagoniste principal "Cha" au lieu de "Xiao Li Cha" serait déjà pas mal.


    Ce n'est pas une mauvaise chose d’être puriste en soit mais tu perds, de mon point de vue, en fluidité de lecture.

  • Vymarel a dit :

    Merci pour ce chapitre.
    De mon point de vue garder les noms originaux est une mauvaise idée.
    Je saurait pas expliquer précisément pourquoi cela me gène mais bon je vais essayer d'apporter des éclaircissements.
    ...
    Ce n'est pas une mauvaise chose d’être puriste en soit mais tu perds, de mon point de vue, en fluidité de lecture.

    Bonjour et merci du retour.
    Je ne pense pas que mettre un tiret ou lier les plusieurs "parties" d'un nom soit mieux que de mettre le nom original car phonétiquement, cela revient au même. Je pense que tu as déjà lu d'autres novels chinois où les traducteurs avaient gardé les noms originaux ? Sans vouloir t'offenser :wink:, je pense conserver mon choix pour l'instant. S'il arrivait que j'arrive à ce que je sois "publié" sur le site de la team, je réviserai mon choix à ce moment-là.

    Bonne journée
  • Je comprends :) et pour te répondre bien sur que j'ai vu d'autre traducteur faire pareil mais j'aurais pu leur faire la même remarque
    Bonne journée a toi aussi.
  • Hello, tout le monde, un petit peu de lecture avant de commencer les préparations pour le réveillon ! ;-)
    Joyeuses fêtes à tous !



    Livre 1 - Étoile montante - Chapitre 3 - Illumination

    Li Cha acquiesça et retourna dans sa chambre. Mais à en juger par son excitation, il ne dormirait probablement pas cette nuit-là. Yi Lian secoua la tête tendrement, et monta au grenier avec sa lanterne magique.

    Le grenier était un entrepôt pour leur bric-à-brac, mais il était bien entretenu sans un grain de poussière en vue. Yi Lian déplaça une boîte pour révéler un minuscule autel de pierre, une formation magique minutieusement gravée à sa base. La seule chose qui n’allait pas était l’absence de l’idole en son centre.

    Yi Lian prit son temps pour nettoyer l’autel, même dans les coins difficiles d’accès, avant de laisser tomber son regard sur un épais livre posé à côté de la boîte. Il paraissait extraordinaire à première vue, avec au moins un millier de pages. Il était au moins quatre fois plus large qu’un tome magique standard, pesant pas moins d’une douzaine de kilogrammes. Sa surface en bronze brillait ardemment, sans aucune trace de poussière ou de saleté, une preuve évidente qu’il l’avait lu à maintes reprises. Cela surprit Yi Lian. Elle n’avait pas touché ce livre depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, Li Cha devait donc être le fautif. Elle ne s’était pas attendue à ce que l’enfant le lise si activement.

    Elle s’en approcha et l’ouvrit d’un geste. Son visage ne correspondait à la délicatesse et à la beauté de ses doigts, ce qui était un sujet de nombreuses discussions parmi les hommes du village.

    La couverture du livre était faite de vrai bronze, lourd et froid, rayonnant d’un pouvoir atemporel. A l’intérieur du livre se trouvaient des centaines de perles de cristal qui créeraient un petit autel en s’activant, permettant d’écouter la voix de la Déesse de la Lune, Alucia1.

    Un poème en ancien elfique ornait la page de garde, révérant la Déesse de la Lune dans toute sa gloire. Yi Lian se rappelait encore chaque mot du poème, chaque intonation. Elle feuilleta le livre sans réfléchir, les pages glissant entre ses doigts aussi doucement que de l’eau. Elles étaient majoritairement en langage elfique illustrées de dessins réalistes, différentes des catéchismes des hommes dans la mesure où les doctrines de la déesse n'occupaient qu'une petite partie du livre. A la place, le livre détaillait les épreuves et les expériences au temps d’Alucia, incluant des épisodes hors de Nuo Lan De ou même de ce plan d’existence. Li Cha s’en était probablement réjoui l’ayant lu comme un manuel d’histoire ou de géographie.

    Il était difficile de voir quoi que ce soit de spécial sur le livre en dehors de son poids, mais c’était autrefois le joyau le plus précieux de la Cour Royale, le Codex Sacré d’Alucia. Il décrivait les sept sorts sacrés de la Déesse et de ceux qu’elle estimait dignes, et Yi Lian était capable d’en utiliser cinq dans le passé. Hormis le Grand Druide, elle était celle qui comprenait le plus de sorts, possédant le pouvoir et la reconnaissance de la Déesse elle-même. Aujourd’hui, cependant? Elle pouvait à peine jeter un sort, et même cela, lui demandait tout son pouvoir ainsi que celui du tome.

    Les sept sorts surgirent des profondeurs de sa mémoire :
       - Arcane “Le Destin d’Alucia” : Illumination,
       - Arcane “La Bénédiction d’Alucia” : Guérison,
       - Arcane “La Colère d’Alucia” : Punition,
       - Arcane “L’Épée d’Alucia” : Armée de la Lune Argentée,
       - Arcane “La Volonté d’Alucia” : Jugement…

    Il restait deux autre sorts que Yi Lian était incapable de lancer. Le premier était l’Arcane “Le Cœur d’Alucia” : Prophétie. Le septième et dernier était un sort seulement inscrit dans les Écritures Sacrées, que personne n’avait encore maîtrisé. c’était l’Arcane “La Confusion d’Alucia” : Côté Obscur de la Lune.

    Yi Lian posa sa main sur le livre, s’imprégnant des vestiges de son aura divine. La lumière triste de la cinquième lune l’illuminait à travers la fenêtre du toit, la divinité de la lune pénétrant son corps alors qu’elle amassait de la puissance pour la cérémonie de la semaine suivante.. Ce serait le cadeau de Li Cha pour son dixième anniversaire, le sort divin Illumination.

    Li Cha fut réveillé au milieu de la nuit de son anniversaire, amené jusqu’au grenier et agenouillé devant l’autel. Le livre reposait déjà ouvert, sur les pages duquel se trouvaient des prières qu’il n’avait jamais vues auparavant.

    C’était en ancien elfique, une langue très complexe et énigmatique, mais qu’il parlait comme un natif. Les prières louaient la Déesse de la Lune, mais alors qu’il les récitait en son for intérieur, Li Cha avait l’étrange impression que son corps devenait transparent. C’était comme si quelque chose ou quelqu’un errait dans les environs, l’avait repéré puis s’était jeté sur son corps pour entrer en lui. Il sentit un froid glacial dans son abdomen, se diffusant dans ses membres et le reste de son corps. C’était une sensation éphémère mais bien distincte, un phénomène courant lors d’une prière ou d’une cérémonie. Li Cha savait que beaucoup de cérémonies requéraient que la cible subisse d’indicibles douleurs, il garda donc le silence et suivit les instructions de sa mère pour vider son esprit de toute distraction.

    “Mon Li Cha… Tu entreras bientôt dans les salles de la Déesse Alucia, où tu recevras l'illumination quant à ton destin. Si plusieurs choix te sont proposés, tu devras choisir...” Yi Lian s’arrêta brusquement et secoua la tête. “Mon chéri, choisis ce que tu veux, assure-toi juste de bien écouter la voix de la Déesse et suis ton cœur.”

    Li Cha acquiesça malgré sa confusion. Il sentait sa conscience progressivement se brouiller avec les prières douces de sa mère, comme s’il se libérait du monde physique. Quand il reprit connaissance, il se trouvait devant un temple magnifique.

    Depuis la place où il se trouvait, le temple, de plusieurs kilomètres de rayon, lui donnait l’impression d’être aussi insignifiant qu’une fourmi. La place était pavée de pierres grises-argentées brillant mystérieusement. Observant les environs, il fut choqué de voir un ciel sans fin dont les étoiles semblaient si proches qu’il aurait pu en attraper une en tendant la main. La place et le temple flottaient eux-mêmes dans ce ciel étoilé.

    L’immense zone le mettait à rude épreuve, faisant battre son cœur de façon erratique. Il n’osait détourner son regard une nouvelle fois, comme attiré par le temple. Il se dirigea d’une traite vers ce dernier, traversant toute la place et grimpant des milliers de marches de pierre pour arriver à l’entrée. Si ce n’était la robustesse et l’endurance qu’il avait développées comme tout enfant élevé dans les montagnes, il se serait effondré depuis longtemps. Depuis qu’il avait commencé à courir, il ne s’était pas arrêté une seconde, sentant que la place emplissait son horizon et que les environs immédiats évoluaient en synchronisation avec lui. C’était comme si la zone entière s’effondrerait au moment où il s’arrêterait, le faisant tomber dans des abîmes sans fin.

    Le temps que Li Cha arrive à l’entrée du temple, sa respiration était devenue irrégulière. Son cœur menaçait de sortir de sa poitrine. Finalement, il reprit son souffle et se souvint des instructions de sa mère, levant les yeux pour regarder à l’intérieur du temple.

    Le temple n’était pas un dôme; à l’inverse, il était entouré d’une cercle de piliers de pierre blanche-immaculée. Au milieu se trouvait un autel surmonté de trois déesses, toutes dans des postures et positions différentes.

    Il aurait dû y avoir six statues sur l’autel, chacune représentant des compétences différentes. Plus Li Cha pouvait en voir, plus il pouvait éveiller de compétences lors de son illumination. Grâce à son extraordinaire mémoire, Li Cha put rapidement identifier les compétences représentées par les trois déesses :
       - “Pouvoir Surnaturel”, conférant une force épique,
       - “Courants de la Vie”, accordant une grande vitalité et le pouvoir de guérir,
       - “Célérité du Vent”, augmentant la vitesse et l’agilité.

    Li Cha était un peu déçu. Dans son cœur, il avait déjà fait son choix, car la sagesse permettait d’augmenter l’intelligence, et il croyait que les vrais hommes avaient besoin de sagesse. Pourtant, il était déjà bien d’avoir trois options différentes, puisque sa mère espérait qu’il en ait plus d’un. Yi Lian n’avait pas dit à ce garçon innocent que plus de la moitié des personnes assistant à cette cérémonie ne voyait au final qu’un temple vide.

    L’enfant marcha jusqu’à l’autel, les yeux grands ouverts, faisant de son mieux pour repérer la sagesse, mais ce temple et tout ce qui l’entourait, n’était pas réel. Quel fut le résultat de ces efforts ? Le seul effet fut de voir les trois statues commencer à s’estomper devant son hésitation manifeste.

    “Tu désires plus de pouvoirs, n’est-ce pas?” Une voix retentit soudain dans les oreilles de Li Cha. Étonné, il regarda autour de lui mais ne vit rien. Cette voix soudaine, ce ton mécanique et froid, provoquèrent des sueurs froides chez le garçon.

    “Vous… Qui êtes-vous?” Il rassembla son courage s’écriant d’une voix tremblante. Ses paroles résonnaient dans le temple, le fort écho l’ébranlant encore plus.

    “Qui je suis n’a pas d’importance, je ne réapparaîtrai plus. A proprement parler, je suis ton autre moitié, enfoui en toi,” répondit la voix.

    “Impossible !” insista catégoriquement Li Cha. Sa mère lui avait dit un jour que son âme était très pure, et que rien ne pouvait la souiller. Après quelques mots, sa peur disparut, la confusion et la surprise initiales disparaissant peu à peu, pour laisser place au courage inné des enfants des montagnes.

    Mais la voix ne fut pas affectée par Li Cha, et continua d’une voix immuable, “Maintenant, choisis ce que tu désires.”

    Devant Li Cha, l’autel s’illumina une fois de plus, révélant trois autres statues. Hormis la “Sagesse”, il existe une compétence supplémentaire, l’”Affinité Élémentale”, cruciale dans la formation des magiciens, leur permettant de communiquer avec les éléments extérieurs à leur corps et d’ainsi réduire la consommation de leur pouvoir. Elle leur permet également de lancer jusqu’à trois sorts supplémentaires par rapport à un mage de même niveau, renforçant ainsi leur avancement. Une autre compétence est le “Défenseur de la Nature”, permettant aux humains d’avoir une compréhension approfondie de la nature, augmentant aussi bien leur furtivité et leur vitesse sur un terrain accidenté que renforçant les sorts de la Nature. Elle leur offre également une immunité aux poisons.

    A ce stade, l’Illumination avait présenté les six compétences à Li Cha.

    “Ce… c’est...” Li Cha resta sans voix, sa petite tête en totale confusion. La seule explication raisonnable pour tout ça était que tout n’était qu’illusion; sinon comment tout pouvait être si différent de ce que sa mère et le livre avaient dit?

    Malgré tout, le garçon n’oublia pas le but de ce voyage. Il marcha vers la statue de la Sagesse, s’avançant pour toucher les pieds de la Déesse. La signification de la cérémonie était représentée par cela : les fidèles s’inclinent devant leur Déesse avec humilité.

    Alors que la main de Richard touchait la statue, une rupture claire et nette se fit écho dans sa conscience, et le monde entier sembla devenir plus réel et plus clair. Li Cha comprit enfin le sens de la phrase “La Sagesse permet aux gens de voir le monde plus clairement...”, tirée des Écritures Sacrées.

    Toutes les autres statues disparurent à cet instant. Il va de soi que la cérémonie d’initiation aurait dû se terminer ici, mais le temple ne disparut pas encore.

    Perdu, Li Cha regarda autour de lui apercevant une nouvelle statue devant l’autel. La statue avait les bras croisés devant sa poitrine, la tête inclinée sur le côté, semblant mélancolique mais concentrée. Ce qui la rendait différente des autres statues était qu’elle ne semblait pas tangible, plus comme une ombre.

    “Est-ce une autre compétence?” Li Cha fit de son mieux, mais ne put se souvenir de ce que représentait cette statue. Même les Écritures Sacrées n’avait aucune trace de celle-ci, mais il put tout de même la reconnaître comme une représentation d’Alucia.

    “Désires-tu une autre compétence?” La voix retentit à nouveau.

    “Laquelle?” Li Cha fit une pause et déclara, “Je ne veux pas renoncer à la sagesse.”

    “Tu peux la nommer Vérité. Elle te permettra de voir le monde d’un autre point de vue, et à la fin du chemin, tu pourrais voir d’autres choses.”

    “D’autres choses? Quelles sont-elles?” demanda-t-il curieusement.

    Le silence fut sa seule réponse.

    Li Cha voulut partir. Il savait qu’il pouvait quitter cet endroit, ce monde issu du pouvoir de la cérémonie de l’illumination, et revenir dans le monde réel à n’importe quel moment. Le temple avait rempli sa fonction de permettre à quelqu’un doté de talent d’avoir une idée claire sur ses compétences et de façonner son futur chemin. D’un autre côté, cet endroit n’était pas complètement virtuel : le temple flottant regorgeait du pouvoir de la Déesse, et les six compétences étaient les bénédictions d’Alucia.

    Cependant, la voix dans sa conscience et la septième statue, jamais répertoriée par les Écritures Sacrées, bouleversait tout ce que Li Cha connaissait. Elle lui semblait comme une tentation diabolique. Mais comment le pouvoir du Diable pouvait apparaître lors d’une cérémonie de la Déesse de la Lune ?

    Regardant la statue, il hésita longuement. Deux voix se disputaient dans sa tête mais aucune ne prenait le dessus. Accepter cette compétence, ou pas?

    Malgré sa lutte intérieure, Li Cha resta sincère et s’avança vers la statue. “Le monde est équilibré, tout a un prix.” L’équilibre était l’un des enseignements fondamentaux de la doctrine d’Alucia, qu’aurait-il donc à payer pour cette seconde compétence?

    Li Cha était confus, et luttait pour la première fois avec sa conscience, mais il finit par tendre la main vers l’idole. Sa mère lui avait dit de choisir comme il l’entendait, il ne voulait pas rater cette opportunité, et était prêt à en payer le prix. Xiao Li Cha était courageux, prêt à lutter pour des gains incertains. Il était aussi intelligent, il savait que sa mère voulait qu’il soit un héros, un homme important.

    Un homme encore plus important que le Baron Tucker.

    1. Équivalent phonétique de Ai Lu Xi Ya
  • Merci.
    un petit oubli a la fin apparemment tu a laissé "Baron Tucker" a la place de "Take Nanjue" ^^
  • Effectivement ! Merci du retour. :)
  • Hello, hello,

    Juste un petit coucou vite fait en passant pour vous dire que, je suis désolé, mais il n'y aura pas de chapitre ce dimanche : en effet, tout était contre moi cette semaine entre grippe du 25/12 au 27/12, gueule de bois le 28 (ça c'est ma faute :tongue:) et préparation du réveillon de ce soir...
    Comme je traduis en // de mon boulot et n'ai pas de chapitre(s) d'avance pour le moment, il faudra attendre un peu, je vais essayer de traduire un peu plus vite (en conservant la même qualité) pour vous offrir bientôt un double chapitre !

    Bon réveillon, ne buvez pas trop sinon ne conduisez pas ou restez sur place ! La vie est trop courte pour la gâcher !

    :kissing_heart:
  • Il est pas sur waowaz?
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