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Commentaires

  • janvier 2018 modifié
    Merci à toi @lemajaninjalecteur :) Hésite pas à créer un personnage, il reste encore de la place î_î

    Nouveau chapitre ce soir.
  • L'infirmier serait-il?
    Superbe!
  • janvier 2018 modifié
    Oui @minelix , tu as bien compris xD Tu vas apparaître î_î mais pas dans ce chapitre ;)
    Bonne lecture à vous !
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    Chapitre 16 : La Tour, la torque et le rat.
    L’arène tomba dans un silence de plomb qui tendit un peu l’atmosphère. Akira semblait déboussolée à cause du cri Madame Janner qui l’avait sorti de son état de concentration, ce qui fit ricaner Saul. Des chuchotements vinrent aux oreilles du jeune homme qui se retourna, constatant l’excitation collective qu’avaient engendrée les deux combats précédents. Melvin et Bassey, encore sur le terrain avaient quitté leurs positions offensives pour partir en direction de l’infirmerie, il échangeait quelques mots, mais ce n’était pas assez audible pour qu’on puisse les entendre. Les deux mêmes infirmiers qu’avant vinrent les chercher pour constater les dégâts, mais les deux garçons n’avaient aucune blessure notable, juste quelques bleues et des écorchures à cause du verre. Ils s’engouffrèrent ensuite vers la porte d’évacuation et disparurent.

    — Ce combat était intéressant, commença la jeune fille aux cheveux couleurs corbeaux. Ils avaient l’air tout les deux idiots et incapable, mais finalement… elle sembla réfléchir sur ses mots, ne connaissant par encore entièrement la langue française. C’était plutôt… fructueux…?
    — Oui, cela dit, évite de les traiter directement, tu risques de plomber l’ambiance… Saul réfléchit à son nom, mais n’arriva pas à le trouver. Fille aux cheveux étrang-
    — Lei.
    — Oui, excuse-moi. C’est pas facile de ce souvenir de tous les prénoms, donc tu peux bien me pardonner.

    Lei acquiesça sans regarder son interlocuteur, tandis que des bruits de pas remontait les escaliers qui menait aux vestiaires. Nina et Yan apparurent, bandage aux visages et aux bras. Ils furent accueillis par des applaudissements ironiques, qu’ils comprirent tout de suite. Ils allèrent s’asseoir au plus vite, se sentant un peu honteux. Yan prit la place que Saul avait laissée, et après avoir un peu cherché, Nina fila vers la place qui restait entre Lei et Saul, et s’affala sur le banc peu confortable de l’arène. La jeune fille lâcha un soupir et regarda Saul d’un regard fatigué.

    — J’ai été pitoyable, n’est-ce pas ?
    — Qui sait, déclara Saul avec un sourire provocateur.
    — M-Mais non ! dit pas ça Saul… elle c’est bien débrouillé… continua Akira en regardant furtivement Nina.
    — Ça allait, mais Yan était plus fort, dit Lei ses yeux jaunes braqués sur ceux de Nina.
    — Hmm… je me disais bien que je ne pouvais pas gagner.
    — Le fait que tu l’ait eut pas surprise aurait pu être un atout dont tu aurais pu encore plus te servir, continua Lei. Tu aurais dû utilisé dés le premier coup de poing que tu lui a donné, la branche que tu as utilisée en fin de combat, il aurait été perdu, et tu aurais pu enchaîner avec les racines pour le bloquer.

    Le visage de Nina semblait se décomposer au fur et à mesure des mots que prononçait sa camarade.

    — C’est bon ! Arrête, j’ai compris… j’ai compris… Je suis nulle, point barre.
    — Ahah ! Ouais t’es nulle, lâcha Saul en rigolant d’une manière sarcastique qui le rendait presque détestable, ce pour quoi il eut droit à trois regards noirs. Excusez-moi.
    — On va voir comment tu vas te débrouiller toi ! s’énerva Nina en lui donnant un coup dans la tête.
    — Probablement pire que toi, avoua Saul en frottant l’endroit qu’avait frappé son amie.
    — Voilà ! Donc chut !

    Ils eurent le temps de discuter encore quelques minutes entre eux, avant que la voix désagréable de Madame Jinner annonce le troisième match. C’est Saul cette fois-ci qu’Undine appela pour tirer les papiers. Il se leva sans broncher et partit en direction de la petite boîte noire qui contenait les papiers, il plongea sa main droite dedans, dans ses pensées.

    « Bon, qui va être l’heureux élu ? Hector et son PIAN inutile ? Erwan l’hargneux ? Jade la chieuse ? » pensa-t-il alors que sa main fouillait parmi tous les papiers, il hésita à en prendre un, mais finalement en prit un autre juste plus à droite.
    — Le numéro tiré est le… 13… et donc moi…
    — Hey ! râla Hector, on s’était dit que ton numéro c’était le 4, pas le 13 !
    — Non je t’ai juste dit que c’était un 1 et un 3, c’est toi qui a eut envie de faire une addition, répondit Saul avec un sourire amusé.
    — Très bien Saul, commença Undine, tu seras donc le premier combattant de ce match. Ne perds pas de temps, tire le deuxième.
    — Pas de problème Undine !
    — Madame ! Pas Undine ! Je te l’ai déjà dit ! s’exclama-t-elle tentant de réprimer un cri alors qu’elle lui avait donné un coup sur la tête.
    — Si vous m’abîmez avant que je commence le combat, je suis mal barré…

    La classe ricana face à leurs conversations, mais Saul n’en prit pas compte et tira donc le deuxième papier qui était plus un origami qu’un simple pliage. Une grenouille.

    « On n’a même pas envie de le déplier… »

    Mais malgré ça, il le déplia quand même. Le numéro 4 apparut devant son nez, il le donna à Undine qui annonça le nom de l’adversaire du jeune homme.

    — Jacqueline Fernandez ! Le combat opposera donc Saul Griess et Jacqueline Fernandez. Veuillez rejoindre les vestiaires s’il vous plaît.

    La jeune fille qu’Undine avait appelée pour tirer les premiers papiers, celle au cheveu long et brun, se leva et partit rejoindre Saul qui avait déjà commencé à avancer. La jeune fille marchait étonnement vite, à telle point qu’elle rattrapa Saul en moins de dix secondes alors qu’il était dans l’escalier. Elle passa devant lui et partit vers les vestiaires des filles. Saul ne préféra pas la déranger, vu qu’elle devait être en pleine concentration. Et après tout lui aussi.

    « Elle n’a rien dit et fait de notable depuis qu’ont est arrivés en classe, donc c’est compliqué de savoir si elle a plus un PIAN à distance ou corps à corps. Cela dit, son comportement renfermé peut trahir un PIAN difficile à contrôler et donc à cacher, de par ailleurs, elle a dû se faire discrète toute sa vie, et en a pris donc l’habitude d’agir ainsi… Après c’est juste une idée, mais ça me paraît plausible. Donc ça serait un pouvoir qui change la forme de son corps ? Ou même sa composition ? Au pire, je verrais en temps voulu… Quant à moi, je ne pense pas avoir fait de grosses erreurs, et même si j’en avais fait, mon PIAN est trop improbable pour qu’il soit si facilement deviné. Je vais jouer avec la surprise et en attaquant avec rapidité, le combat va devoir être rapide. Si jamais je dois montrer plusieurs pièces de mon jeu dès le début, ça ne serait pas drôle. » raisonna-t-il en rentrant dans les vestiaires et en commençant à se déshabiller.

    Chaque élève avait un numéro attribué à son casier ; Saul était placé dans un coin de la pièce. Les casiers étaient simples, il alternait entre blanc, gris, noir. Celui de Saul était gris, ce qui lui parut bizarre, la plupart du temps, dans les coins, étant donné que c’est la fin de file, les décorateurs essayent toujours de mettre un extrême, donc là, du blanc ou du noir aurait été la couleur choisit, mais non. Ce détail lui sauta aux yeux et l’empêcha de réfléchir pendant une bonne minute. Entre temps, il avait ouvert son casier et s’était habillé avec la tenue de combat — ou de sport —. Avant de rentrer dans l’arène, il s’étira et prépara son corps pour le combat. Il rangea ses affaires dans son casier et partit en direction de la porte. Juste derrière, un homme d’une trentaine d’années l’attendait.

    — Bonjour jeune homme. Je suis un des infirmiers du centre, ce n’est pas la peine que je te donne les consignes de sécurité, un brief vous à déjà été donné, mais cela dit, as-tu des questions ?
    — Bonjour… Hum… pour les questions, oui j’en ai une.

    Du coin de l’œil, un détail détourna Saul de son objectif. Au fond du couloir, de là où venait l’infirmier, il crut apercevoir du mouvement. Pas un grand mouvement, mais assez pour être vu assez facilement. Il était presque sûr d’avoir vu un rat qui les fixait, et pendant juste un instant, un frisson de terreur lui traversa le corps.

    — Un problème jeune homme ? demanda l’homme en regardant derrière lui pour voir ce que Saul fixait avec tant de peur.
    — N-Non, ce n’est rien. Revenons à ma question…
    — Pas de soucis.
    — Le système de sécurité du lycée est-il le même que celui du centre ?

    Il eut d’abord le droit à un silence. L’homme semblait réfléchir à sa réponse et à s’il avait vraiment le droit de le lui dire ; il se décida après quelques secondes qui parurent une éternité.

    — Non. Je ne vois pas à quoi ça te sert de savoir ça, mais non, ce n’est pas le même système de sécurité. Je ne peux cependant pas t’en dire plus. D’autres questions ?
    — Non, c’est bon, merci à vous, répondit-il avec un léger sourire.
    — Très bien, dans ces cas-là, prends cette pilule, dit-il avec un rire sympathique. Dit comme ça, ça fait bizarre, mais elle permet de solidifier tes os, une fois dans ton organisme elle agit en une trentaine de secondes pendant environ trois heures. C’est grâce à un Pian qu’on à ses pilules, si tu
    veux savoir… Prendre cette pilule te permettra de ne pas te casser quelques choses.
    — Très bien, répondit Saul, dubitatif.

    Il prit la pilule et la mit dans sa bouche, faisant mine de l’avaler. Un morceau se détacha et partit dans sa gorge, il toussa un instant, mais le bout tomba au fond de son estomac. Une fois en dehors du champ de vision de l’infirmier, il recracha le médicament et le mit dans le fond de sa poche droite.

    « L’infirmier avait l’air d’être de confiance, mais on sait jamais… ce foutu rat… c’est pas normal… En plus, j’ai avalé une partie de cette merde… »

    Saul rentra enfin dans l’arène, la jeune fille l’attendant debout, les cheveux attachés en queue de cheval, probablement pour qu’ils ne les gênent pas pendant le combat. Elle s’avança vers lui, et il fit la même chose. Ils se serrèrent la main fermement et reculèrent de cinq pas. De là où était Saul, l’arène paraissait bien plus intimidante. La hauteur qui séparait les bancs de la zone de combat devait être d’au moins deux mètres. Saul se concentra sur son adversaire, qui était maintenant qu’il y faisait attention, plutôt joli. Cela dit, son expression la plupart du temps amorphe la rendait peu abordable et peu attirante. Madame Janner cria le début du match et un coup de feu à blanc retentit. Saul n’eut pas le temps de réfléchir. Des fils de fer fonçaient vers ses chevilles, il eut le réflexe de sauter, et sortit un petit couteau noir de son thorax, de là où se trouvait la croix incrustée.

    « Va falloir que j’agisse vite… Il fallait absolument que je tombe sur quelqu’un qui attaque à distance, c’était obligé ! Vraiment ! Quelle chance ! »

    Une fois qu’il reposa le pied droit par terre, il brandit son couteau à hauteur d’épaule, manche en avant, pour ne pas la blesser, et accéléra d’un coup, comme il l’avait fait contre les terroristes. En une fraction de seconde, il se retrouva près de Jacqueline qui tenta de contre-attaquer. Saul se prit un gros câble dans le ventre, mais il eut le temps de donner un coup sec dans la tempe de la jeune fille avec le manche de son poignard.

    « À partir de maintenant je peux plus utiliser le double pas… Vas falloir que j’utilise les autres pions. »

    Jacquelines attrapa la jambe du jeune homme avec le câble et le jeta contre une des parois de l’arène ; il s’y écrasa avec force, mais n’eut aucune séquelle. Il se releva aussitôt, sa croix dans le torse s’éclairant trois fois.

    « Très bien Jacqueline, on va imaginer que tu es une méchante terroriste ! La force de quatre pions ! »

    Saul se jeta sur Jacqueline alors qu’elle lançait une offensive. Pleins de fil de fer fonçait vers lui avec vélocité, ils sortaient de la main de la jeune fille, ou plutôt ils étaient la continuité de sa main.
    Sa main droite elle-même, était faite de fil de fer, comme une sorte de maille prit d’une conscience propre, cela la rendait encore moins amicale qu’à la normale ; la pensée fit ricaner Saul. Il était près a donné un coup de poing d’une grande force, mais le mur de fil l’arrêta aussitôt, le tranchant à plusieurs d’endroit.

    « Waaa ! Elle est sérieuse !? Elle a cru c’était le rayon boucherie ici ou quoi !? »

    Saul recula, essayant de trouver un moyen de passer sa défense. Il se jeta sur quelques objets que les professeurs avaient décidé de laisser au sol, et les jeta en direction de Jacqueline avec une force surhumaine. D’abord le dictionnaire, une mallette à outil vide, et enfin avec difficulté, le canapé. Le mur de fil laissa alors apparaître un trou. Saul en profita pour foncé dedans avant qu’elle ne le referme, heureusement qu’il avait un talent d’acrobate, sinon, il aurait probablement été salement amoché. La jeune fille surprise de son action ne bougea pas. Elle se prit un coup de poing d’une force surhumaine qui la fit décollé du sol sur environ deux mètres cinquante, pendant quelques secondes elle toussa essayant de reprendre son souffle, mais Saul arriva pour plaquer ses deux épaules au sol. Il n’en eut pas le temps. La jeune fille c’était fait un cocon avec ses fil de fer. Cependant il n’était pas très épais, sûrement car elle ce bridait à 50 %.

    « Elle sait bien ce défendre, pour un PIAN qui affecte le corps, elle a l’air de savoir bien l’utilisé… Donc elle devait être au moins acceptée par sa famille, donc elle a put s'entrainer. Vu comment le combat part… je vais perdre, donc passons directement à la vitesse supérieure. »

    Saul courut une nouvelle fois vers sa concurrente, elle lança les fils — qu’elle avait rendu plus large en les mêlant pour ne pas blesser Saul — dans sa direction. Le petit couteau dans les mains de Saul se transforma en un grand bouclier noir, il décida alors de foncer vers la barrière de fil. Il passa à travers et frappa de plein fouet Jacqueline qui s’étala au sol dans un gémissement. Des fils vinrent dans le dos Saul, le fouettant violemment. Il ne put s’enfuir, car d’autres fils venaient d’attraper ses jambes et lui empêchait tout mouvement.
    La jeune fille se releva, presque toute la partie droite de son corps en fil de fer. Saul donna de grand coup de bouclier dans les fils qui cédèrent après plusieurs tentatives. Il savait que fuir ne servait à rien, alors il chargea avec son bouclier vers la jeune fille. Le regard du jeune homme était déterminé, mais laissait transparaître une hésitation, comme s’il savait que les mouvements qu’il allait faire par la suite n’étaient pas acceptables. Jacqueline forma un ressort avec ses fils, ce qui rejeta violemment Saul en arrière. Il tomba sur les fesses, alors que des fils qui rasaient le sol s’approchaient. Il eut à peine le temps de les esquiver que d’autres virent le happer et l’envoyer en l’air. Il s’écrasa sur un des murs de l’arène, titubant. Maintenant il était en était sûr, l’adversaire devant lui était bien plus fort. Il savait que s’il voulait battre cette fille, une attaque puissante était la meilleure solution. Il fallait la mettre KO d’un coup.

    — Désolé Jacqueline, je vais y aller un peu fort !
    — Hein ?

    Saul se mit en position comme s’il voulait charger avec son bouclier. Des particules blanches se
    formèrent autour de lui, avec une sorte d’aura transparente. Un son grondant se fit entendre, plusieurs des élèves sur les bancs se bouchèrent les oreilles. Il y avait aussi comme une sorte de vent qui provenait du bouclier. La jeune fille comprit le danger et créa à la va-vite un grand bouclier de fil.

    « Surcharge du bouclier ! »

    II commença à s’avancer vers Jacqueline, mais fut arrêter par une force. Comme s’il n’était plus maître de lui-même, une douleur puissante lui vint aux jambes et dans les bras, comme si on venait de les lui couper. Saul lâcha un cri de douleur, ce qui fit relâcher la force qu’il avait commencé à emmagasiner dans ses bras. Les particules blanches partirent avec l’onde de choc de son bouclier et foncèrent vers Jacqueline. Le bouclier de la jeune fille fut soufflé très rapidement. Les fils se tordirent sous la pression et laissèrent passé l’onde de choc à travers, fauchant Jacqueline qui fut propulsé en arrière sur plusieurs mètres, puis qui roula au sol quelque temps pour enfin s’arrêter, complètement recouverte de poussière. Une sorte de dôme électrique venait d’apparaître à côté de Saul, et une main vint tenir son avantbras droit que tenait son bouclier noir. Undine était debout, derrière Saul, l’empêchant de faire un mouvement de plus.

    — Tu le savais toi-même que tu ne pouvais pas contrôler entièrement cette partie de ton PIAN.

    Madame Janner s’approcha des barrières de protection, et annonça le vainqueur.

    — Le vainqueur est Jacquelines Fernandez, par disqualification !
  • Pas dans ce chapitre.... huhuhu :'(
  • Tu viens bien remettre la demande pour les fiches personnages, car j'ai la flemme de chercher. Sinon, merci pour le chapitre.
  • Tu viens bien remettre la demande pour les fiches personnages, car j'ai la flemme de chercher. Sinon, merci pour le chapitre.
  • Je te donne le même exemple qu'a tout le monde '-' Voici la fiche de Bertrand LeRandom qui m'a donné une fiche nickel.

    1er mot qu'il a donné : Azote.
    2eme mot : Brûlure.

    De préférence choisit deux mots que tu aimes x) c'est mieux.

    Sinon pour l'apparence, pas besoin de faire de grosse description, j'essaye généralement d'être originale :)

    Je demande pas plus î_î

    Nouveau chapitre dans la journée :smiley:
  • Et voilà ! Les premiers persos d'Eden arrive enfin !
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    Chapitre 17 : Inconscient.
    Saul abaissa son bouclier, conscient de l’erreur qu’il avait commisse, cependant, ce n’est parce qu’il avait dépassé les 50 % qu’il avait été disqualifié, car en réalité, il n’avait utilisé à ce moment que 55 % de son pouvoir, cela aurait juste été réprimander, mais n’aurait pas causé la fin du match.
    Le problème venait du fait que sur la feuille d’examen, il avait répondu à la dernière question : « Avez-vous une attaque ou une particularité pouvant être dangereuse ? Si oui, savez-vous la maîtriser ? Veuillez bien décrire ce passage. », que son attaque la plus dangereuse qu’il avait, était la surcharge du bouclier, qui se caractérisait par la mise en avant du bouclier ainsi que par des particules blanches. Il avait aussi noté qu’il ne savait le maîtriser qu’à moitié. Et il avait quand même osé l’utiliser, et rien que par le souffle du bouclier, Jacqueline semblait complètement sonnée.
    Undine le regardait d’un regard froid, mais pas méchant. Un regard qui voulait juste dire que si ça avait été quelqu’un d’autre, il y aurait probablement eu une punition plus sévère qu’une simple défaite.

    « Il y a déjà des chouchous ? » pensa t-il avec un sourire qui passait pour de la provocation.

    Saul fit disparaître son bouclier, qui devint une sorte de liquide noir et vint combler le trou dans son thorax, reformant sa croix noire. Le fil de couleur doré incrusté dans son cou scintilla doucement, avant de revenir à la normale.

    — Désolé, dit-il en regardant Undine droit dans les yeux. J’ai été imprudent.
    — Ce n’est pas auprès de moi qu’il faut être désolé, mais plutôt à ta camarade. Va plutôt lui filer un coup de main, tu te feras peut-être pardonné.
    « Au revoir le point de plus sur la moyenne… je t’aimais. »

    Les infirmiers n’étaient pas encore arrivés, alors il en profita pour accourir auprès de Jacqueline qui était affalée par terre, regardant le plafond avec nonchalance. Saul se précipita pour lui tendre sa main et l’aider à se relever. Elle accepta son aide avec un sourire à peine visible.

    — Désolé pour ça… j’ai mal dosé ma force, expliqua Saul en se grattant l’arrière de la tête.
    — T’inquiète, j’ai juste été envoyé dans les airs. Rien d’autre, répondit-elle en se relevant.
    — Euh… t’es sûre, t’as frappé le mur assez violemment…
    — Mes fils ont pris tout le choc pour moi, alors je vais bien. C’est plutôt toi qui avais l’air de souffrir, tu t’es mis à crier au moment ou tu voulais lancer l’attaque.
    — J’imagine que c’est un des professeurs…

    Elle ne prit pas le temps de répondre, et tourna la tête vers les deux infirmiers qui rentraient dans l’arène. L’un était le même que celui avec qui il avait parlé avant d’aller dans l’arène, l’autre devait être celui qui se trouvait du côté de Jacqueline. Ils vinrent à leurs chevets, mais aucun des deux n’ayant de blessure apparente, ils décidèrent de les ramener voir le médecin du lycée. Les deux jeunes gens acceptèrent sans rechigner et partirent en direction de la porte de sortie, située entre la porte d’entrée des filles et des garçons.
    Le public qui les avait regardés lors du combat semblait plutôt calme, peut-être que la disqualification de Saul avait bien fait comprendre aux autres que les professeurs ne rigolaient pas.

    « Mon erreur a aussi des bons côtés, j’imagine... » pensa-t-il en levant les yeux au ciel alors qu’il commençait à s’engouffrer dans le tunnel derrière la porte de sortie, accompagnez de son adversaire et de l’infirmier suspect. Saul pensa que le mutisme était la meilleure solution de savoir s’il était vraiment dangereux ou non. En tout cas, pour le moment. Il suivit donc sans rien dire, dans des couloirs gris et blanc, éclairés d’une lumière plus agréable que celle du lycée. Le jeune homme avait pris l’habitude de regarder derrière lui, ce qui le rendait parano aux yeux des autres, mais son agression lui avait laissé un léger traumatisme, et revoir ce rat plusieurs fois n’arrangeait pas les choses. Après tout, cela ressemblait à de l’acharnement. Pourquoi lui ? Il n’avait rien fait de mal après tout ?



    Une pensée lui vient à l’esprit lui rappelant des silhouettes, aujourd’hui fantomatiques, mais qui par le biais de ses rêves le hantait encore. Ses yeux devinrent vitreux, probablement pour bloquer ses propres larmes. Il se reprit vite après avoir vu les yeux désintéressés de Jacqueline se poser sur lui et entama une discussion.

    — Tes files, c’est de l’acier ? la questionne t-il en se tournant vers elle.
    — Oui, répondit-elle avec une expression légèrement surprise. Je suis une sorte de bobine de file.
    — On appelle ça une torque.
    — Cette info n’était pas vraiment indispensable, tu sais.
    — Sois contente, je t’ai appris un mot, tu es juste un peu moins ignare au moins. Si tu veux, chaque jour je t’apprends un nouveau mot, finit-il avec un sourire moqueur.
    — …Garde ta moquerie pour toi. Je ne suis pas du pays contrairement à toi.
    — Italienne, espagnol ?
    — Espagnol, je t’ai appris une chose, tu es juste un peu moins ignare maintenant. Si tu veux chaque jour, je peux te répondre de la sorte, continua-t-elle avec un sourire en coin.
    — Ahah, rigola Saul en détournant le regard. Je vois le genre.

    Il ne le savait pas lui-même, mais ce qui l’attira chez les autres était leurs capacités à répondre aux moqueries ou aux questions posées. De par ailleurs, cette jeune fille renfermée l’intéressa, mais il ne lui posa pas plus de questions étant donné qu’il était arrivé sur les lieux où travaillait le médecin. Une petite marche d’un peu plus d’une minute avait suffi pour y arriver. La porte était déjà entre-ouverte, et on pouvait voir quelqu’un écrire sur son bureau, avec des lunettes au nez. Un des deux infirmiers toqua à la porte ce qui fit sursauter la personne présente à l’intérieur ; elle se leva et vint ouvrir la porte. La personne en face d’eux était jeune, des cheveux gris foncé assez court qui bouclaient et se mélangeaient dans tout les sens. Ses yeux noirs perçants montraient une décontraction ainsi qu’une fatigue certaine qui se lisait grâce à ses grandes cernes noires ; sa bouche mâchait quelque chose, probablement un chewing-gum pour accompagner le café qui était posé sur la table où il travaillait. Sa peau mate laissait penser qu’il était d’origine maghrébine, mais il n’était pas spécialement bronzé.
    Il se pencha vers les deux adolescents avec un regard las, puis leur sourit avec la même décontraction qu’il y avait quelques secondes.

    — Entré, entré, j’étais en train de jeter un coup d’œil sur vos dossiers, dit-il en leur faisant signe de rentrer. Vous vous êtes blessé durant votre combat ? Du genre plaie, bleue, saignement, etc. ?
    — Non, rien de spécial, j’avais eu une douleur puissante, mais elle est parti en quelques secondes, répondit Saul avec un petit sourire alors que Jacqueline secouait la tête de gauche à droite.
    — Oh ? commença-t-il étonné. Il semblerait que tu as déjà fait connaissance avec le pouvoir de M. Wenersky, après avoir attendu quelques secondes il reprit en étant un peu plus sérieux. Vous n’êtes pas blessé contrairement au premier groupe… J’aurais pu les soigner, mais je ne l’ai pas fait, ça leur apprendra à se battre comme s’ils voulaient s’entre-tuer. Bref, lequel d’entre vous a gagné ?
    — Elle, répliqua Saul en indiquant Jacqueline d’un mouvement de tête. J’ai été disqualifié.
    — Un mauvais dosage de puissance ?
    — J’imagine qu’on peut dire ça…

    Un léger silence prit place dans la pièce, les deux infirmiers avaient tous deux quitté les lieux sans que les deux jeunes gens ne s’en rendent compte, sûrement pour s’occuper des deux autres combattants qui descendaient dans l’arène. Le médecin griffonna sur un papier et se retourna doucement, leurs dossiers en main.

    — Vous n’avez rien de grave, je ne pense pas qu’un test médical soit utile, cela dit si vous avez mal dans quelque temps n’hésiter pas à venir me voir.
    — Bien, répondirent les jeunes gens.

    Jacqueline partit d’un coup ; sa vitesse de marche était au-delà du commun des mortels, pour allez à sa vitesse, Saul s’essoufflerait probablement en quelques minutes. Il était près à partir à son tour, mais une voix le rappela, l’arrêtant dans son élan.

    — M. Griess.
    — Oui ? répondit Saul en se retournant vers l’infirmier.
    — Je vais déjà commencer par me présenter. Je me nomme Sami Al Arzar Minelix, j’ai vingt-six ans et exerce la profession de médecin, infirmier et urgentiste, dit-il calmement en posant le dossier de Jacqueline sur sa table. J’ai entendu parler de votre agression par M. Jiferson, il m’a dit de bien faire attention à vous, étant donné que vous faites partie de la mission Duboit. Votre nuque à l’air de s’être parfaitement remis de la petite ouverture occasionné par votre agresseur, vous savez depuis combien de temps elle a cicatrisée ?
    — Je dirais environ six jours, peut-être plus, je sais pas trop.

    Il griffonna de nouveau sur un papier et regarda attentivement le dossier médical de Saul, en relevant les pages au fur et à mesure. Il finit par se gratter la tête remonta ses lunettes sur sa tête et reprit la conversation.

    — Vos blessures par balle ont-elles aussi cicatrisées ?
    — Oui, j’ai des petites cicatrices, mais à part ça rien de grave.
    — Je vois, je peux les voir ? C’est juste de la précaution, répondit-il en barrant quelques choses sur la feuille du dossier.
    — Pas de problème, dit-il en tirant son t-shirt au niveau de l’épaule.

    Un petit point blanc était visible au niveau de son épaule, Sami se pencha dessus en prenant soin de mettre ses lunettes et écrit sur le dossier. Il lit une nouvelle fois le dossier, et tournait les pages les une après les autres. Sami resta bloqué sur une page en particulier, il réajusta ses lunettes et se pencha plus longtemps dessus. Il se gratta l’avant-bras et reprit.

    — Pourrais-tu me donner plus d’information sur l’incident de janvier 41 ? Je suis un peu dans le flou.
    — Qu- !!
    — Qu’il y a t-il ?
    — Rien, je m’en vais…
    — Tu es sûr de ne rien pouvoir me dire ?
    — Certain, répondit Saul en sortant de la pièce.

    L’infirmier sourit et regarda le dossier de jeune homme avec une certaine compassion.

    — Ou plutôt est tu sûr de ne rien vouloir me dire…

    ...


    Saul partit en direction des toilettes, alors qu’une douleur au crâne le lancinait, le moindre bruit lui paraissait être un cri lointain et venait déranger ses pensées déjà bien mélangées par la pluie de nouvelle chose qui s’abattait sur lui. Sa tête tournait, chose rare chez lui, ce qui lui fit malgré tout, assez peur. Il s’avança vers les miroirs des toilettes de l’arène et fixa son visage. Il était aussi pâle qu’une feuille papier et ses yeux déjà fatigués étaient vitreux.

    — Regarde-toi… Pire qu’un zombie…

    Il craignait que sa douleur amène des nausées, donc il préféra rester aux toilettes quelque temps en espérant que ça lui passe.
    En regardant son téléphone, il constata que vu l’heure, le combat qui avait commencé quand il était avec le médecin allait bientôt être fini. Saul resta encore quelque temps avant de peiner à se lever, il alla boire au robinet quand la porte des toilettes s’ouvrit d’un coup, laissant rentrer un jeune homme aux cheveux orangés. Hector.

    — Euh… T’es aussi pâle que mon cul… ça va ? demanda t-il en dévisageant Saul. Les profs te cherchaient.
    — Ou-Ouais, ça va, j’ai juste un peu mal au crâne…
    — T’as l’air d’être plutôt résistant, donc ça va… Bah, laisse-moi pisser et je t’accompagne voir l’infirmier.
    — Pas besoin…
    — T’es sûr de toi ? demanda Hector en tournant la tête avec un petit sourire. On dirait que tu t’es pris une cuite.

    Saul acquiesça et commença à avancer alors qu’Hector finissait d’uriner avant de se laver les mains. Il sortit des toilettes et l’attendis dehors en tanguant.

    « Putain… mais… pourquoi je suis comme ça… »

    Hector sortit des toilettes, regarda son téléphone avant d’éternuer et avança vers Saul avec bienveillance, ce qui ne collait pas à son tempérament.

    — Donc je te ramène directement au prof ? demanda t-il en aidant son camarade à marcher.
    — Ouais, merci du coup de main… répondit Saul complètement hors service.
    — T’inquiètes.
    — Votre match à été assez long, il était serré ? demanda Saul avec curiosité.
    — Hein ? Non, il y a eu un combat avant le mien. Celui de Dylan et Juliette, c’est Dylan qu’a gagner, j’ai pas trop compris son PIAN, mais il a l’air d’être rusé.
    — Et pour ton combat ?
    — Oh bah ça, tu sais, j’ai abandonné en arrivant sur le terrain, j’avais pas envie de me faire démonter. Raphaël avait l’air d’être chaud, du coup ça m’a refroidi, continua-t-il après être arrivé aux escaliers qui remontaient aux estrades.
    — Quel courage, c’est… formidable de ta part, répliqua-t-il ironiquement alors que ses douleurs devenaient pesantes.

    Ils débouchèrent enfin sur les estrades après avoir eu un grand mal à monter les marches. Ils furent accueillis par des regards intrigués. Ils avaient tous quittés l’arène des yeux alors que le combat opposaient Léa et le garçon au regard effrayant, Otto, si Saul avait bonne mémoire. Léa disparaissait de temps à autre du champ de vision du public, et réapparaissait derrière son adversaire pour exploiter ses faiblesses, mais malgré ça, elle arborait une expression de peur. Cela dit, vu l’état second de Saul, il n’y fit pas spécialement attention.
    Hector s’avança vers Undine qui était concentrée sur le combat.

    — Hum… Madame, c’est par rapport à Saul.
    — Ah ! commença-t-elle en sursautant. Oui… Ola ! T’es malade Saul ?
    — Je sais pas trop, j’allais très bien jusqu’après le combat, mais là…
    — Vous êtes allez voir l’infirmier ?
    — Oui ne vous inquiétez, il était occupé alors il ne nous a pas donné de mot, mais il a dit qu’il pouvait se reposer chez lui, intervint Hector. Cela dit c’est à vous de choisir…
    « Merci du coup de main. »
    — Hmmm… Tu te sens capable de rentrer chez toi Saul ?
    — Oui, mais je vais un peu attendre de reprendre mes esprits…
    — Bien. Dis-moi quand tu souhaites partir… j’ai pas envie que tu sois malade, déjà qu’on vous fait combattre… on va avoir des problèmes, dit-elle avec un sourire embarrassé.

    Saul alla s’asseoir sur une place vide derrière Undine et regarda le combat qui se déroulait devant ses yeux. Léa donnait des coups de tibia en direction de la nuque du jeune homme. Il semblait avoir du mal à parer, mais Léa semblait aussi être très réticente à l’attaquer, comme si elle était effrayée par ce garçon. Son adversaire attaquait périodiquement et par à-coup, jetant la plupart du temps, son poing dans la tête de la jeune fille qui peinait à esquiver à cause de la différence de taille entre les deux.

    Le jeune homme s’avança vers elle avec des yeux qui pourraient effrayer un rhinocéros sauvage et balança sa main grande ouverte vers le visage de Léa pour ensuite la poser doucement dessus. Léa, la main du garçon collé à son visage, semblait comme paralysée, comme s’il aspirait son énergie vitale, cela dit la jeune fille réussit à se libérer en lui donnant un coup de pied dans les testicules, ce sur quoi le jeune homme tressaillit et tomba sur un genou.

    — Pas très fair-play d’attaquer là, commenta-t-il avec un sourire horrifique. Mais c’est pas grave ! Maintenant je suis gonflé à bloc ! continua-t-il en se redressant.

    Léa encore concentrée dans le combat fonça vers lui, alors qu’elle jetait son poing droit vers le visage du garçon. Il réussit à la parer, et attrapa son poing avant de la balayer et de tenter de la plaquer au sol. Il appuya sur les épaules de la jeune fille, mais une force l’empêchait de le faire. L’ombre de Léa se détachait du sol et la repoussait vers le haut, opposant une force contre son adversaire. Léa donna un grand coup de pied dans le ventre du garçon et sauta vers lui pousser par son ombre qui se rattacha aussitôt au sol. Le garçon qui venait de se remettre du coup de pied se prit un autre coup dans la tempe ce qui le fit tressaillir et tomber sur le côté. Il essaya de se relever, mais quelques choses bloquaient son bras droit. L’ombre du jeune homme elle-même le bloquait, l’empêchant de bouger comme il le voulait.

    — Putain !

    Léa se tenait la tête, ce qui prouvait que le contrôle de l’ombre de quelqu’un d’autre ne devait pas être une mince affaire, cela dit elle courut vers le garçon et lui sauta dessus pour qu’il ait le souffle coupé. Juste après elle plaqua sa deuxième épaule au sol et mit tout son poids sur son abdomen pour l’obliger à poser ses hanches.

    « Bien jouer ma chère. »
    — Vainqueur, Léa Miller ! beugla Madame Jinner alors que ses lunettes étaient sur le point de tombé.

    Saul se leva et tapota l’épaule d’Undine pour lui dire qu’il allait rentrer chez lui.
    Il partit directement après en pensant au rat qu’il avait vu et au médicament qu’il avait pris avant d’entrer sur le terrain, il ne pouvait s’empêcher de penser que ces deux choses étaient liées, mais il avait une preuve, ou plutôt un élément qui allait lui permettre de savoir si le problème venait de là ou non. Et ça grâce au morceau du médicament qu’il n’avait pas avalé et qu’il avait mis dans sa poche avant de rentrer dans l’arène. Mais avant toute chose, il voulait rentrer chez lui, aller cher Tony allait attendre un peu, la fatigue et la maladie le mettait dans une phase de somnambulisme peu agréable.
    En sortant de l’arène, puis du lycée, il ne constata rien de suspect. Rien de spécial, juste un léger vent qui s’engouffrait par la bouche ou entrait le tram et qui attendait d’ailleurs Saul, sans oubliez la source de lumière qui éclairait les trois lycées avec la même puissance et la même luminosité que le soleil, une chose que Saul ne pouvait qu’expliquer par l’intervention d’un Pian.
    Le tram était quasiment vide quand il rentra dedans, juste une dizaine de lycéens tous regroupés au même endroit discutaient et rigolait entre eux. En les regardant, Saul eut encore plus mal au crâne, en plus d’un acouphène assez violent qui dura plus d’une minute.

    « Bordel… qu’est ce que j’ai maintenant… ? »

    Il sortit du tram complètement étourdi et fila chez lui sans attendre. La grande place n’avait rien d’étrange, il n’a pas été mal à l’aise en la traversant, et les rues semblaient calme et sereine, ce qui contrastait avec l’état du jeune homme.
    La porte de chez lui semblait être un portail impénétrable, mais il réussit à sortir sa carte et à la passer dans la fente qui permettait d’ouvrir la porte d’entrée ; il prit soin d’enlever ses chaussures et leva les yeux pour voir l’heure. A peine quinze heures.

    — Maman ? Papa ? appela t-il avec une petite voix.

    Comme il l’avais deviné, vu l’heure, personne n’allait être chez lui. Saul s’avança près du frigo et tenta d’en ouvrir la porte pour boire de l’eau, mais plus ça allait plus il avait du mal à le voir.
    Une douleur aiguë le prit avant qu’il ne tombe par terre, inconscient.
  • Toujours une aussi bonne écriture à ce que je vois :O

    Je vais de moins en moins sur ce forum :x (Surtout qu'avec la reprise des cours, j'ai tendance à ne rien faire qui sors de ma routine xD).

    Merci pour le chapitre !
  • Bonjour. Je reviens après quelques... semaines d'absence '-' le temps passe vite xD J'imagine votre détresse en voyant que rien n'étais mis à jour, vous deviez être perdu et au bord du suicide, mais je suis de retour !
    Donc au menu du jour, un petit chapitre :)

    PS : Deux nouveau perso arrive ! Zheneos et Arman, à ceux qui se reconnaissent, ce sont les votre :)
    _________________________________________________________________________________________________________
    Chapitre 18 : Un autre point de vue.
    Une voix l’appelait, une voix un peu stressée. Son corps était secoué par des petits à-coups, il finit par entrouvrir les yeux et vit son petit frère qui essayait de le lever.

    — Cal-Calvin ? demanda Saul encore endormi.
    — Maman ! Maman ! cria son petit frère en restant à côté de lui.
    — Quoi ?
    — Saul, il tremble et il est allongé par terre !

    Sa mère se rapprocha de lui, et vis Saul étalé par terre, cela ne produisit pas une vive réaction chez elle, cependant elle s’approcha avec un brin d’inquiétude.

    — Maman... On m’a donné un truc tout à l’heure… dit Saul avec difficulté en sortant le médicament qu’il avait gardé dans sa poche depuis son entrée dans l’arène. Ti-Tiens...

    Elle se pencha vers lui et le prit, mais après avoir vu que tout le corps de Saul était pris de tremblement, que ses yeux étaient rouges et qu’il arrivait à peine à parler, elle prit son manteau qu’elle venait à peine de ranger et sortit au plus vite dehors à la recherche de quelqu’un qui pourrait lui fournir un coup de main.
    Après avoir franchi la porte, elle courut le plus vite possible vers deux silhouettes qui se dessinaient plus loin dans la rue. Elle pourrait appeler directement le personnel du centre, mais le temps que l’appel passe de service en service l’état de Saul pourrait juste s’aggraver, et le coupable de cet acte pourrait aussi s’échapper, bien qu’elle ait des doutes sur ce point.
    Sa course fut assez courte, étant donné ses conditions physiques assez exceptionnelles, elle arriva près des silhouettes en une petite dizaine de secondes et mit une main sur l’épaule d’une des personnes.

    — Excusez-moi vous deux !

    Les deux jeunes hommes se retournèrent vers la mère de Saul, vu leurs yeux ils étaient surpris que quelques viennent leur parler.

    — Madame Griess ? Rebonjour, commença le premier qui semblait être assez froid.
    — Que nous vaut la visite de l’infirmière de la seconde une ? demanda le second garçon qui semblait bien plus vif que l’autre.
    — Heureusement que c’est vous ! Vous avez vos badges d’appel sur vous ?
    — Oui, comme on nous l’a recommandé… répondit le second garçon qui ne comprenait pas la situation.
    « La seconde une est priorisée sur la seconde deux… je ne crois pas que Saul soit… »
    — Bien ! Zheneos, viens avec moi ! Arman par donnez ça directement au laboratoire, dit-elle en lui donnant le médicament de Saul. Tu leur diras que l’ordre vient de moi. Tient voilà la « carte d’autorisation » avec ça tu peux utiliser ton PIAN.
    — OK… Je vais leur remettre ça alors…

    Le jeune homme était un peu perdu face aux directives de l’infirmière de sa classe, mais finit par accepter. Il enleva ses chaussures et demanda à son ami de les garder. De l’eau commença à sortir de ses pieds, et une seconde plus tard celle-ci se transforma en un jet fin et il s’envola au-dessus du sol comme avec un flyboard. Vu comment il maîtrisait son pouvoir il devait s’être entraîné assez longtemps, au moins depuis quelques années.

    — Merci Arman ! Je te fais confiance !

    Il salua les deux personnes en face de lui, et après un court instant, l’eau jaillit d’un coup de ses pieds dans un bruit faisant penser à un karcher et il fila à toutes vitesses par dessus les toits des maisons.

    — Aller Zheneos, viens vite je vais avoir besoin de toi, dit-elle en se mettant à courir vers chez elle, suivit du garçon.
    — D’accord.

    Après être arrivée à l’entrée, elle s’arrêta de courir et vit Calvin qui donnait un vers d’eau à son grand frère qui avait réussi à s’asseoir, dos au frigo. Zheneos rentra sans attendre, suivant les pas de la femme devant lui. Elle se retourna vers le jeune homme avec un regard sérieux.

    — Utilise ton badge d’appel et demande à avoir Undine Steinhart, dit-elle en sortant une carte géographique du centre d’un tiroir, elle nota les coordonnés directement dessus. Tu lui donneras ces coordonnées, comme ça elle pourra directement se téléporter ici.
    — Bien.

    Elle s’avança vers ses deux fils, s’accroupit et caressa la tête du plus jeune.

    — Ne t’inquiète pas, les symptômes de Saul ne sont pas graves… en voyant la tête inquiète de Calvin elle décida d’encore le rassurer. Je m’affole juste parce que ce qui arrive à ton frère en ce moment ressemble à de l’acharnement, mais il n’est plus en danger.
    — Il-Il a vomi dans la bassine…
    — D’accord, merci de t’être occupé de lui…
    « Ça ressemble à une grippe, mais les symptômes sont plus forts et sont arrivés d’un coup… De plus, il y a… du sang dans le vomi… Je ne vois pas ce que ça peut être… »
    — Saul, tu peux parler ?
    — Ouais… Ouais…
    — Tu te rappelles qui t’a donné ce médicament ?
    — Un des deux… infirmiers de l’arène…

    Sa mère acquiesça pour montrer qu’elle l’écoutait, quand une autre voix l’interpella.

    — Madame Griess, j’ai appelé, vous avez encore besoin de moi ?
    — Oui s’il te plaît. Tu pourrais transmettre un peu de vitalité à Saul ?
    — … Si je fais ça, il aura certains de mes souvenirs.
    — Je le sais, mais c’est seulement entre 2 et 3 % des souvenirs, en tant qu’infirmière déléguée de votre classe, je me suis quand même penchée sur vos PIAN.
    — Bien, dans ces cas-là j’y vais.

    Il posa sa main gauche sur le front de Saul et une légère aura noire en sortit, une aura à peine visible, mais qui était bien là. Il resta comme ça une petite minute, la mine de Saul avait déjà repris quelques couleurs.

    — C’est bon arrête toi, Madame Steinhart arrive, l’interrompit la mère de Saul.

    Un son électrique se fit entendre dans la pièce, ce qui fit reculer Zheneos de quelques pas. Un dôme d’électricité se montra, laissant de petites traces au sol. Undine apparu doucement à l’intérieur avant d’être complètement présente. Elle pouvait sûrement se téléporter plus vite, mais cela devait occasionner des dégâts à ce qu’il a autour d’elle. C’était probablement pour ça qu’elle avait pris son temps.
    La mère de Saul se leva et lâcha un regard noir à la professeure principale de son fils. Undine fut un peu surprise et recula d’un pas.

    — Emma… Qu’est ce qu’il y a… ?
    — Je ne t’en parlerai pas ici, mais j’ai l’impression que le centre s’est bien foutu de ma gueule quand vous avez dit : « Tout vous sera dit ». Mais ce n'est pas encore le sujet. Ramène mon fil à Sami, il devrait savoir quoi faire pour le soigner.

    D’habitude, la légendaire Undine Steinhart n’avait pas peur des autres, de son vécu, elle n’avait eu crainte que de deux personnes, mais le regard de cette femme était oppressant à un tel point qu’elle ne savait pas quoi répondre. Cela dit ce regard ne l’effrayait pas, elle ne l’a mettait que mal à l’aise.
    Undine s’avança vers Saul avec un regard un peu inquiet.

    — Quand tu es parti, je ne pensais pas que c’était si grave… désolé pour ça. Je l’amène à Sami comme tu me l’as demandé, Emma. J’imagine qu’on va se revoir pendant la journée.
    — Je ne sais pas trop… Dans tous les cas, occupe-toi de lui s’il te plaît, sa phrase était banale et contenait des formules de politesse, mais on pouvait sentir une forte autorité en ressortir.

    Undine fit se lever Saul et le soutint par une épaule, elle alla dehors et commença à se téléporter vers l’infirmerie du lycée, où le meilleur infirmier du centre se trouvait.

    — Undine, il est quelle heure… ? demanda Saul.
    — C’est Madame Stein- commença-t-elle, mais elle s’arrêta et souffla, exaspérée. Il est 17 heures 45… Environ.
    — Donc tous les combats sont finis, hein…
    — Oui, je te dirais qui à gagner une fois que Monsieur Minelix t’auras remis sur pieds.

    Puis juste après ce court échange ils disparurent, laissant juste dans la pièce, Emma, Calvin et Zheneos. Maintenant, la mère de Saul n’avait plus qu’à attendre le retour de son mari d’ici une vingtaine de minutes avant d’aller directement « parler » au créateur. Elle n’attendait plus que ça.
    Pour l’aide que Zheneos a apportée, elle lui donna 50 crédits, et fit de même une fois qu’Arman était revenu du laboratoire. Il lui redonna la « carte d’autorisation » et lui dit que les résultats allaient lui être donnés d’ici quelques jours. Elle proposa aux trois garçons présents de manger un bout et leur donna aussi à boire. Arman fut le premier à parler de Saul, et de ce qui lui était arrivé, mais elle ne leur expliqua pas, non pas par contrariété, mais pour éviter de les impliquer dans une affaire qui ne les regarde pas.

    Après une dizaine de minutes, les deux jeunes hommes partirent et laissèrent Calvin et Emma seuls.
    Elle mit un dessin animé pour son fil et alla se changer à l’étage.
    En enlevant ses vêtements, elle revit ses cicatrices de guerre ; quand elle était partie sur le front avec son équipe, et que plusieurs balles lui avaient traversé la cage thoracique… elle s’en souvint enfin. Une sous le diaphragme et qui avait traversé son rein, ce qui laissait apparaître un creux, une dans le bas ventre, au niveau de la vessie et une à la gorge qui avait bien failli la tuer. Elle savait très bien qu’elle avait pris des risques, et qu’elle risquait de ne jamais revoir son mari et son premier fils. Ce jour-là elle crut bien mourir plusieurs fois ; sur les huit membres sont équipe seuls elle, l’infirmière, et deux autres soldats sont revenus. C’était une sorte de bataille finale ce jour-là, on était à deux doigts d’en finir avec le terrorisme islamiste et elle était aveuglée par la gloire et le prestige que cela allait lui amener après être revenu du champ de bataille. Au fond d’elle, elle savait que ce qui était arrivé à son fils par la suite était de sa faute, parce qu’elle n’était pas là, et qu’elle pensait plus à elle qu’à sa propre famille. Par la suite, les mouvements extrémistes radicaux Anti-Pian ou Pro-Pian lui avaient fait quitter l’armée après 6 ans de bons et loyaux services pour la France, avec la désagréable pensée que les conflits, les guerres ne s’arrêteront jamais.

    Son regard se perdit sur le reflet du grand miroir de la chambre, son corps était encore magnifique pour son âge, et elle était une femme que beaucoup d’hommes enviaient, mais ses peurs, son passé lui avaient fait oublier ça. Après tout, maintenant elle avait peur, elle qui avait été si égoïste dans le passé.

    Elle avait peur pour son fil, son premier. Sans s’en rendre compte, elle essayait de se racheter en s’oubliant elle-même. Saul le ressentait, mais n’arrivait jamais à lui transmettre ses sentiments et ses pensées, bloquant très souvent la communication entre eux.
    Dès qu’on lui avait dit que Saul avait été agressé par un homme saoul, elle avait senti quelque chose de louche, son instinct maternel et sa déduction lui avaient soufflé que c’était plus que ça. Que ça ne pouvait pas être un simple mec bourré qui avait mis KO son fils, elle lui avait appris à se battre après tout.

    Elle fixa une nouvelle fois ses cicatrices, ses vêtements professionnels dans les mains.

    — C’est à moi de décider de laisser mes souvenirs prendre la poussière ou bien de les entretenir… hein…

    Elle enfila des collants, et commença à mettre sa jupe noire quand des bruits de pas se firent entendre dans l’escalier. La porte de la chambre s’ouvrit, et Grégoire, son mari, apparut.

    — Oups, excuse-moi.
    — Pas grave, ne t’inquiète pas, répondit-elle avec un joli sourire.
    — Hum… Calvin m’a dit pour Saul, j’imagine que tu te prépares à partir ?
    — Oui, je vais y aller maintenant que t’es revenu, si tu pouvais commencer à faire à manger le temps que je revienne ce serait cool, continua-t-elle en mettant une chemise blanche avec des fines rayures verticales noires.
    — Je vais faire ça. Tu leur diras aussi qu’ils peuvent laisser sortir l’acteur de prison ! dit-il avec un grand sourire provocateur.
    — Tu l’avais aussi remarqué, hein… chuchota-t-elle avec un sourire tendre.
    — C’est pas un type bourré qui va venir à bout de notre Saul ! poursuivit-il en regardant sa femme d’un regard brillant. Avec tout ce qu’a vécu ce gamin, c’est pas ça qui l’aurait fait tomber…

    Ils ne rajoutèrent rien, leur regard resta juste accroché quelques secondes. Emma finit de s’habiller et prit son sac de travail qu’elle avait posé sur le lit. Grégoire était redescendu avec Calvin, et commençait déjà à préparer le repas, il mangeait le plus souvent entre 19 heures et 19 heures 30, donc ils s’y mettaient souvent assez tôt.

    Emma descendit au rez-de-chaussée et mit ses chaussures à talons. Elles les prenaient rarement pour le travail, mais puisqu’elle allait voir le pôle administratif, il était important de faire bonne impression. Elle alla embrasser Grégoire et partit faire un chek à Calvin.
    Après être sorti, elle se rendit vite compte que des talons pour marcher dans la neige n’étaient pas l’idéal, mais elle devait faire avec. Sur le chemin pas mal d’hommes lui lâchèrent des regards qui se voulaient discrets, mais qui ne l’étaient malheureusement pas du tout. Elle fit abstraction de tous ces regards et fila vers la grande place. Après un petit quart d’heure elle y arriva, peu de monde y traînait par rapport à d’habitude, probablement à cause de froid.

    — Madame Griess ?
    — Hein ? Euh… Oui ? commença-t-elle en se retournant. Oh… hum… Célia, c’est ça ?
    — Hmm hmm, affirma la jeune fille avec un mouvement de tête. Vous avez l’air pressez, quelque chose est arrivé ?
    « Je ferais mieux de ne pas la mêler à cette histoire, ça serait inutile. »
    — Non, non, ne t’inquiète pas, je dois juste rendre un papier, c’est tout.
    — C’est Monsieur Al Azar Minelix qui s’occupe de ce genre de chose, pas vous normalement.
    « Elle est perspicace… Ça ne sert à rien de mentir plus. »
    — Oui, on a eu quelque problème depuis un petit moment, mais ça va se régler vite, répondit Emma avec un sourire chaleureux.
    — On ?
    « Qu’est ce que j’ai dit moi… maintenant je suis encore plus suspecte. »

    Emma se gratta l’arrière de la tête et souffla en essayant de trouver une réponse, mais rien ne lui vint.

    — Ah ! Hum… excusez-moi pour mes questions indiscrètes, je ne voulais pas vous importuner ! s’écria la jeune fille. Hum…
    — Ahah !~ Tu n’as pas à t’en faire, c’est plus moi qui suis bizarre que toi. Rentre chez toi maintenant, il commence à se faire tard. Tes parents vont s’inquiéter.
    — Très bien… Bonne fin de journée alors Madame ! conclut la jeune fille avec un sourire assez mignon.
    « … Tous ces jeunes… ils ont tous plus ou moins souffert de leurs différences, je trouverai un moyen de les aider, mais je ne peux pas encore le faire… je ne suis même pas encore capable d’aider mon propre fils… »

    Elle traversa la grande place pour aller vers les marches qui menaient à l’ascenseur. Au milieu de la grande place elle ressentait quelque chose, elle ne pouvait pas se l’expliquer cependant elle en était sûr, elle ressentait… un profond malaise.

    « Qu’est-ce que ça pourrait être ? Ça ne me fait ça qu’ici ? C’est peut-être à cause des installations électriques et tout le tralala, si je me rappelle bien, tout est sous la grande place. Donc ça pourrait bien être les ondes de certaines machines qui font du mal aux gens les plus sensibles à ce genre d’énergie. Bref. »

    Emma arriva enfin devant l’interrupteur de l’ascenseur.
    Une fois rentré dedans, si l’on n’avait pas une carte d’accès, il fallait attendre que l’accueil réponde et demander un rendez-vous avec la personne en particulier. Elle ne savait pas encore qu’elle excuse elle allait sortir, mais après réflexion elle décida d’être elle-même et de ne pas mentir.

    — J’aimerais pouvoir parler aux trois créateurs. J’ai quelques choses d’importantes à leur dire.
    — [Votre nom s’il vous plaît.]
    — Emma Griess, infirmière en charge de la seconde une dans le lycée spécialisé.
    — [Très bien Madame. Je prends votre rendez-vous, et je vous recontacte dès que celui-ci est fixé. Donnez-moi votre numéro de téléphone s’il-]
    — Désolé de vous interrompre, mais j’aimerai les voir maintenant, c’est important, ça concerne mon fils, je ne sais pas si vous avez des enfants, mais quand vos gosses sont en danger vous voulez les aider. C’est exactement ce que je fais en ce moment, si vous ne voulez pas avoir un mort sur les épaules laissez-moi entrer.
    — [Je suis désolé, mais je n’ai pas d’enfant. Voir les créateurs dès maintenant n’arrangera en rien la situation de votre fils, vous agissez juste égoïstement. Et je pense que vous exagérez la position dans lequel se trouve votre enfant.]
    « Comment je peux gagner une bataille d’argument moi... ? La première solution n’a pas marché… »
    — Très bien. J’imagine que vous être frustré de ne pas encore avoir de petit-ami. Je peux vous présenter des hommes si vous le souhaitez. Vous semblez encore jeune, j’ai-
    — [Arrêtez-vous là… je vais vous faire entrer… je n’ai pas envie de me prendre la tête… et de toute façon qu’une remplaçante à ce poste moi.]
    « AHAHAH ! J’ai gagné ! LALALILALERE ! »
    — Je vois. Merci.

    Les portes de l’ascenseur se refermèrent et celui-ci monta jusqu’au onzième étage. Après en être sortie, Emma tourna à droite pour jeter un œil à la petite pièce qui servait d’accueil. La jeune femme d’une trentaine d’années était assise avec un sourire crispé.

    — Je leur ai dit que vous arriviez, ils sont tous les trois dans la même pièce, celle tout au fond à gauche. Faite attention, tous les trois réunis ils sont assez intimidant.
    — Merci du conseil.

    Les bruits de ses talons emplissaient le couloir d’une ambiance stressante.
    Elle arriva devant une porte en métal simple et plus grande que les autres, il y avait des inscriptions directement gravées dessus dans une typographie sommaire : M. Kriger. Un son de moteur en sortait, elle toqua à la porte et l’ouvrit après avoir reçu la permission.
    Monsieur Kriger releva la tête d’un gros moteur qu’il était en train de trafiquer puis l’éteignit. La pièce tomba dans un silence, ce qui laissa le temps à Emma d’ausculter la pièce. Elle était remplie de plein de petites pièces métalliques et de petit moteur. Des morceaux de métal jonchaient aussi son bureau, et une lumière centrale assez forte pour éblouir, éclairait la pièce.
    M. Fercilun et Jiferson était assis visiblement assez déranger par l’état lamentable de la pièce.

    — Donc, Madame Griess, vous souhaitiez nous rencontrer, c’est bien ça ? l’interrogea Kriger en essuyant ses mains pleines de cambouis sur un vieux torchon.
    — Oui, c’est pour vous parler de mon fils.
    — Il lui est arrivé encore quelque chose ? demanda Jiferson avec un ton amusé.
    « Encore. C’est un super choix de mot ça… »
    — Oui, et je ne vois pas ce qui vous fait sourire là-dedans. Vous avez donné à mon fils des responsabilités qui ne sont pas faites pour son âge, n’est-ce pas ? Son comportement a changé d’un coup, pas forcément en mal, mais je veux tout de même savoir la vérité, s’énerva-t-elle en s’avançant vers le bureau. Vous m’aviez dit qu’il n’y aurait pas de truc caché ou de secret entre nous et c’est pourtant exactement ce que vous avez fait, non ?! fustigea-t-elle en frappant la table du poing assez fort pour la faire reculer.
    — Nous n’avons rien donné de tout ça à votre fils Madame… déclara Fercilun en se levant avec un regard froid.
    — Vous vous foutez de ma gueule ou quoi !? Vous croyez vraiment que l’excuse bidon du mec bourré qui met KO mon fils dans une rue pommé, alors qu’il n’y a pas de bar dans le coin, et qu’aucune trace de coup n’était sur son corps allait fonctionner !? Vous pouvez relâcher l’acteur qui est en prison, ça vous économisera une cellule !

    Un silence froid prit place dans la pièce, seul le bruit de l’horloge murale s’entendait, ce qui donnait un aspect hypnotique à la conversation qui était maintenant gelée. Les trois créateurs se regardèrent entre eux, puis inclinèrent la tête comme pour dire qu’ils se résiliaient.

    — Désolé Madame… C’est de ma faute, répondit Jiferson avec un regard un peu apeuré. Je l’ai effectivement fait rejoindre une mission d’une grande importance. Je pense que cela ne sert à rien de vous le cacher davantage, vous semblez être assez perspicace pour deviner ce genre de chose, donc je vais tout vous expliquer.
    — Attend Thomas, l’interrompit Kriger en fouillant dans un tiroir, et en tendant un dossier à Emma. Voilà Madame, ce sont les trois adolescents qui participent à cette mission, votre fils, Léa Miller, et Rodrigue. Cela pourrait peut-être expliquer son changement de comportement. Vous avez tout un tas d’informations complémentaires, mais bien évidemment ce dossier n’est pas complet, continua-t-il en faisant une pause pendant qu’Emma consultait ce que Kriger lui avait donné. Ont leurs a dit de s’entraîner ensemble dès qu’il le pouvait, ce qu’il fait qu’il a peut-être pris de la distance avec vous, et qu’ils passent plus de temps avec son équipe.
    — Et vous ne pouviez simplement pas le dire ?! Les familles de nos voisins sont au courant pour leurs enfants ?
    — Non… Nous devons la garder secrète le plus longtemps possible, répondit Jiferson en baissant la tête.

    Emma ne pouvait s’empêcher de regarder Thomas Jiferson. Malgré sa grande maturité et sa sagesse, son comportement était en partie celui d’un enfant normal, elle se demandait même comment il pouvait assumer autant de responsabilités. Elle avait du respect pour ce petit garçon qui était plus jeune que son deuxième fils et qui pourtant travaillait probablement plus que deux fonctionnaires réunis. Cette pensée la fit se calmer un peu.

    — Si vous ne leur dites pas, je leur dirais. Sachez-le. Et ils ne vous feront plus du tout confiance. À vous de voir.
    — C’est du chantage ce que vous nous faites, Madame Griess, ce n’est pas spécialement mieux que ce que nous avons fait. Mais bien, je le dirais à la famille de Léa, vous avez gagné, grogna Fercilun en faisant les cent pas dans le fond de la pièce. Nous n’avons pas le choix après tout.
    — Et pour l’autre jeune homme, Rodrigue, vous allez lui dire, hein ? demanda-t-elle à Kriger, alors qu’elle regardait d’un œil mauvais Monsieur Fercilun.
    — Et bien… Ce jeune homme n’a plus de famille, confessa-t-il en faisant mine de tousser alors qu’un autre silence emplissait la pièce.
    — D’accord… excusez-moi pour cette question, je n’aurais pas dû.
    — Oublions ça, vous ne pouviez pas savoir.

    Il y eut de nouveau un court silence avant que Jiferson ne se redresse sur sa chaise et ne prenne la parole pour finalement expliquer la mission à Emma.

    — La mission telle que nous leur avons expliqué est qu’ils doivent récupérer un traître dès qu’on aura réussi à le localiser et que celui-ci appartient à une organisation malveillante… Mais en vérité, il s’agit d’un sauvetage. Ils doivent sauver Marc Dubois, c’est un allié d’une grande importance qui va pouvoir nous donner de grande information sur « Prométhée » étant donné qu’il a infiltré leurs rangs.
    — … « Prométhée », j’imagine que c’est cette organisation malveillante, dont vous parlez… Vous donnez ce genre de boulot à des gamins, si jamais ils sont gravement blessés ou même qu’ils meurent que comptez-vous faire !?
    — Déjà nous voudrions que vous gardiez le fait que c’est un sauvetage pour vous, cela les motivera plus qu’un simple sauvetage. De plus on a besoin d’une couverture si jamais cette mission venait à être découverte. Pouvez-vous le promettre ?
    « Tiens… où est Monsieur Fercilun ? C’est un Pian lui aussi ? Comme c’est étrange, c’est comme si j’étais obligé de promettre… »
    — C’est promis… mais à contrecœur, dit-elle en soufflant.
    — Merci de votre compréhension… Nous ne souhaitons vraiment pas nous montrer hostiles… nous sommes désolés, mais certaines choses nous contraignent à agir de la sorte. De plus le centre est encore récent, donc il n’est pas stable, on ne peut pas se permettre des faux pas.
    — Je comprends bien, mais ce genre d’information est cruciale pour moi, surtout en tant que mère. Saul était donc d’accord pour participer ?
    — Éva l’a un peu contraint, mais après en avoir discuté avec lui, il était d’accord, vous pourrez directement lui demander pour vérifier mes dires, expliqua M. Jiferson.
    — Très bien… chuchota-t-elle en fixant le sol. Sinon, il est tombé malade à cause d’un médicament qu’il a ingéré, j’ai envoyé les restes du médoc qu’il avait réussi à garder au labo, les résultats arriveront dans quelques jours, si jamais les résultats des composants sont mauvais j’aimerais qu’on lance une enquête. Normalement Undine devait venir aussi, mais elle a dû rester avec Saul et Sami. Vous aurez probablement un rapport d’elle un peu plus tard, donc pas besoin de tout vous expliquer en profondeur. Cependant, j’ai l’impression que Saul subit un acharnement de quelqu’un ou de quelque chose…
    — Pas de soucis, il est notre pièce polyvalente après tout, on ne peut pas se permettre de le perdre, ricana Fercilun en regardant Thomas. Oui… vu comment les choses se passe pour lui, ça me paraît être de l’acharnement, effectivement. On va essayer de le surveiller un peu pour voir s’il n’y a pas des gens mal intentionnés qui lui en veulent pour une raison quelconque.
    — Bien Madame, reprit Kriger. Nous dirons tout ça à leur famille, cela dit restez discrète. Sans vouloir être matérialiste, votre famille est un véritable atout, donc faites attention. Voici mon numéro, si vous voulez discuter de certaines choses, n'hésitez pas.
    — D’accord, accepta Emma en récupérant sa carte de visite. Je vais vous laisser, je dois encore finir de ranger les dossiers médicaux des élèves.
    — Bon retour chez vous, dirent en chœur les trois créateurs.

    Elle leur serra la main et repartit en direction de l’ascenseur, le corps et l’esprit léger. Emma jeta un œil à l’accueil ou la secrétaire semblait plus s’ennuyer que travailler. Vu l’heure il ne devait plus y avoir grand-chose à faire et ses services de secrétaire allaient bientôt être finis. Emma fut prise de curiosité pour cette femme au cerne noire.

    — Comment vous vous appelez d’ailleurs ? demanda-t-elle gentiment.
    — … Marine Baudrian.
    — OK Marine ! Si tu veux rencontrer un homme comme je t’ai dit tout à l’heure, n’hésite pas à me contacter ! dit Emma en écrivant son numéro de téléphone sur un bout de papier.
    — Je suis censé répondre quoi… ?
    — Rien, rien !~

    Emma repartit chez elle avec l’impression d’avoir réussi quelque chose, heureuse d’avoir agi comme une mère, mais quelque chose l’a ramena à la réalité. Une présence encore plus forte se faisait ressentir sur la grande place, encore plus maintenant qu’il faisait nuit. Elle se mit à courir, malgré ses talons et faillit tomber plusieurs fois. Elle avait l’impression qu’elle était observée de toute part, mais la place était complètement vide. Il était déjà presque 19 heures 30, mais c’était la première fois qu’il n’y avait déjà plus personne si tôt dans la soirée.
    Au loin, elle vit deux yeux la fixer, comme ceux d’un chat, un vert, et un bleu.

    « Des yeux vairons ? »

    Emma se dirigea le plus vite possible chez elle sans se tracasser de ce qu’elle venait de voir. Elle arriva devant chez elle après dix minutes de marche. Elle ne prit pas la peine de sortir sa carte, elle préférait utiliser le code de la maison pour rentrer, elle n’avait pas besoin de fouiller dans son sac en faisant de cette manière.
    Après avoir tapé le code, elle ouvrit la porte et enleva directement ses chaussures qui commençaient à lui faire mal aux chevilles.

    — Me revoilà.
    — Alors ? Comment ça s’est passé ?
    — Ils m’ont tout dit, je t’expliquerai un peu plus tard. J’ai la dalle… donc je vais manger d’abord.

    Elle alla se servir puisque tout était prêt et après avoir mangé elle s’installa comme à son habitude dans le canapé avec Grégoire et Calvin, mais cette fois-ci avec des tonnes de trucs en tête.

    — M. Minelix garde Saul pour la nuit, informa Grégoire juste avant de boire un verre d’eau qui se trouvait sur la table basse.
    — OK… on verra si demain il ira mieux. Il va falloir que je lui parle…
  • Je suis enfin là *-*

    *l'être narcissique*

    Plus sérieusement, beau chapitre, comme d'hab
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