Génération ­­­­– Créez vos personnages !

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Commentaires

  • octobre 2017 modifié
    Voilà le chapitre 5 avec quelques heures d'avances. Demain je suis occupé donc je pourrait pas posté, donc vous avez de la chance î_î Bref x) Sur ce, je vous laisse rentrer dans cet lecture, en espérant que le chapitre vous plaira :)
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    Chapitre 5 : Dans l’eau.
    Le groupe s’était arrêté près d’un grand dénivelé, situé entre plusieurs arbres pour être moins visible si jamais la police venait à passer par là. La forêt était l’endroit parfait où se cacher. Et même si la couleur de la voiture était plus voyante que le reste, Éva et son mari installaient une bâche militaire autour de la voiture. Tout le monde était sorti pour prendre l’air.

    — On l’a échappé belle ! s’écria Jade toujours assise sur une des places arrière alors que les portes de la voiture étaient ouvertes.
    — Oui, mais en soi, il n’aurait pas pu nous arrêter, quatre ou cinq policiers contre deux adultes armés et quatre Pians, expliqua Éva avant de parler à son mari. Tony, tu pourrais tirer la bâche un peu plus par là ?

    Saul se retourna vers Yan qui essayait de dormir adossé contre un arbre. Mais visiblement le sommeil ne voulait pas l’emporter.

    — Du mal à dormir ?
    — Hmm… Oui… c’est à cause de ce pouvoir… Меня это заебало.
    « Hein ? »
    — Ah… désolé je ne comprends pas le russe…
    — Oh, bah c’est pas grave, c’est sans importance, il marqua une pause et regarda Saul droit dans les yeux. C’est quoi ton Pian à toi ? La fille blonde, petite, bruyante et trop joyeuse peut faire apparaître des épées, mais toi ?
    « Il a décrit Jade avec les mots qui la qualifient le mieux. »
    — Et bien… c’est plutôt compliqué à expliquer—
    — Venez, je vais vous soigner ici, annonça Éva en regardant Saul puis Jade. Vos corps sont un peu plus résistants que la moyenne, mais faut mieux enlever les balles dès maintenant.

    Saul regarda Yan, puis partit vers le coffre de la voiture où tout le matériel médical était entreposé. Bien évidemment elle soigna Jade en premier, vu les blessures aux jambes qu’elles avaient, il était évident qu’elle ne pourrait pas encore marcher pendant plusieurs jours.
    Éva commença à mettre du désinfectant sur les blessures ce qui fit couiner Jade. Elle bougea légèrement, mais resta calme. Après plusieurs minutes d’inspection, elle décida d’enlever les balles.

    — Tu as de la chance, trois des quatre balles sont déjà ressorties d’elles-mêmes, juste une est restée, mais elle n’est qu’à trois millimètres sous la peau. Si ça avait été un Famas, tu serais sûrement morte…
    — Juste avant qu’il ne tire, j’ai eu le temps de faire apparaître un bout d’armure sur mes jambes, mais ça n’a pas suffi à me protéger.
    — C’est déjà un réflexe incroyable que t’as eu ! dit-elle alors qu’elle lui tendait un morceau de tissus. Allez, je vais les enlever, prends ça et serre les dents. Sinon selon votre description, l’arme utilisée n’était pas une mitrailleuse, mais un pistolet automatique, faites la différence la prochaine fois. Ahah !

    Jade s’allongea sur le ventre pour qu’Éva enlève la balle qui lui était restée dans la jambe. L’infirmière pressa sur la blessure, ce qui fit gémir Jade qui se tortilla, l’infirmière lui bloqua la jambe et appuya d’un coup, ce qui fit ressortir la balle. Avant que le sang ne coule de trop, Éva mit un morceau de tissu blanc sur la plaie, puis la pressa. Après quelques secondes elle l’enleva et regarda la plaie. Il n’y avait apparemment aucun tissu dedans, donc elle décida tout de suite de mettre une compresse et de bander ses jambes. Elle lui redonna une codéine. Tony, le mari d’Éva, la prit et la fit s’allonger sur les places arrière de la voiture.

    Saul s’avança à son tour vers la voiture et s’assit dans le coffre. Il enleva son T-shirt avec l’aide de Tony et se mit bien droit pour faciliter la tâche à l’infirmière. En s’avançant, elle regarda la croix incrustée dans son thorax.

    — C’est pour ça que tu esquivais d’une manière ou d’une autre tous les rendez-vous médicaux en ma compagnie ?
    — Oui, le signe de mon PIAN est très apparent, alors je le cache d’une manière ou d’une autre.
    — Je vois.

    Elle ne rajouta rien et se pencha vers son épaule où se situait la première balle qui l’avait touché, la balle semblait avoir explosé à l’impact, et cela lui avait créé une crevasse juste en dessous de la clavicule. Le sang ne coulait pas, mais on pouvait clairement voir la balle qui était enfoncée dans la chair.

    — Il va falloir que je l’enlève avec une pince, ça va faire mal, mais essaye de ne pas bouger.
    — Je vais essayer.

    Elle sortit une petite pince d’une trousse de soins, qu’elle rentra dans la blessure. Elle y alla doucement pour éviter de trop faire saigner la plaie. Saul grimaça à plusieurs reprises, mais ne bougea pas. Son self-control avait toujours été remarquable, même dans les pires moments. Comme avec les terroristes. Après avoir passé plus de cinq minutes à essayer d’atteindre la balle, elle écarta légèrement la blessure avec la pince et en sortit une deuxième identique de la trousse. Éva alla chercher la balle et tira dessus par à-coup, jusqu’à ce que celle-ci tombe au sol. Elle la ramassa comme elle avait fait avec celle de Jade ; il valait mieux éviter de laisser des traces. L’infirmière chercha où avait frappé la deuxième balle, qui s’était logée dans son avant-bras gauche, mais celle-ci était déjà ressortie, alors elle appliqua directement des compresses, puis des bandages, en lui donnant à son tour une autre codéine.

    — C’est la dernière fois que je vous donne ces antibiotiques. Ils ne sont pas faits pour votre âge normalement, en plus ça fait à peine trois heures que vous en aviez pris un.

    Il y eut un bruit qui alerta tout le monde, y compris le petit qui était au volant et qui faisait semblant de conduire. Adrien sourit puis adressa des signes à sa mère, les mots qu’il lui avait dit la firent rigoler.
    Le bruit n’était que le ronflement de Jade qui s’était endormi et ça probablement à cause du médicament. Seul son ronflement rompait le silence qu’il y avait, la forêt était d’ailleurs très silencieuse, comme le calme avant la tempête. Après avoir tenté une discussion avec Yan, Saul partit en direction du coffre où il se mit en boule, et où il finit par s’endormir. Ce n’était pas le meilleur endroit, mais il s’en fichait, la douleur et les médicaments lui donnait juste sommeil.

    Pendant sa sieste, le reste du groupe prépara le plan pour partir de la forêt en étant le plus discret possible. Au bout d’un moment, il se remit à pleuvoir. Juste pour éviter que tout ne soit trempé, ils fermèrent le coffre et les portières et rentrèrent tous. Ils durent donc réveiller, Jade, qui, une fois assise, se rendormit d’un coup. Éva conduit la voiture doucement et toujours avec la bâche installée ; il y avait juste quelques petits espaces où elle pouvait voir ce qu’elle faisait. Après avoir localisé une petite route, ils décidèrent de s’y arrêter à environ trois-cents mètres. Par chance, la pluie effaçait leur trace et leur odeur, les chiens ne pourraient donc pas les flairer. Il fallait juste espérer que la police ne trouve pas le sang d’un des deux Pians. Ils pourraient très bien avoir récolté le sang, qu’ils avaient laissé tomber en montant les escaliers pour aller à l’infirmerie par exemple. La pluie apportait aussi un grand manque de visibilité ce qui les aidait encore plus. Si quelqu’un voyait l’état du pare-brise, il se poserait des questions.
    Il était plus de vingt et une heures et la nuit commençait à tomber. Tout le monde décida de dormir, sauf Tony qui, lui, décida de rester éveillé pour tenir la garde et pouvoir envoyer quelques informations au centre Kriger.
    La nuit passa jusqu’à une heure du matin, où un réveil violent sonna et réveilla brusquement tout le monde.

    — WAAA ! C’est quoi ça ?!
    — Mon réveil. Bien dormi ? leur demanda Tony.
    « Il se fout de notre gueule ?! » pensa-t-il en se retenant de crier.
    — Mouais, répondit Saul encore hors service. On a dormi combien de temps ?
    — Jade et toi environ six heures, les autres environs quatre heures. Moi j’ai fait le guet.
    — OK, OK.

    Éva sortit de la nourriture de la boîte à gant et en distribua à tout le monde. Des simples compotes avec des gâteaux secs, mais c’était mieux que rien. Elle finit par parler du plan.

    — On reste là jusqu’à deux heures du matin le temps que tout le monde se soit bien réveillé et après on file, déclara Éva.
    — Pourquoi deux heures du matin ?
    — Ah… et bien le pouvoir de Yan fera plus effet à cette heure. Le pic de mélatonine, l’hormone du sommeil, se situe entre deux heures et deux heures et demie du matin. Si jamais on se fait poursuivre, le pouvoir de Yan sera très efficace. De plus, puisque mon fils s’est reposé il peut refaire disparaître des choses. Donc, il pourra faire disparaître la voiture.
    — Oh ! Et donc on change de place, j’imagine !? s’écria Jade qui venait de sortir de son état de somnolence.
    — …Tu m’as fait peur Jade… chuchota Yan en la regardant, mais personne ne l’entendis.
    — Oui, je vais juste rester au volant. Tony a pas dormi, ce serait trop risqué de le faire conduire. Saul, tu viens à l’avant, il semble que tu as une bonne vue en plus d’être assez résistant, tu pourrais donc faire un bon bouclier.
    — Je sers juste à ça ?!
    — Oui- non, mais si jamais le pare-brise finit par se casser, tu pourrais nous protéger. Tony sera à droite sur la banquette arrière pour ne pas être dérangé pendant qu’il donne des informations sur notre situation au centre, toi, Jade, tu vas à gauche c’est le seul endroit où l’on n’a pas encore de défense, donc tu pourras faire la tourelle. Adrien entre vous deux et Yan, dans le coffre, pour mettre hors d’état de nuire le flic.
    — Très bien et bah on va faire ça, pensa tout haut Saul.

    Après avoir fini de manger, ils sortirent tous de la voiture pour se mettre à leurs places attitrées. La pluie était devenue encore plus forte, et la terre n’était plus que de la boue. Il n’y avait plus aucune trace d’eux au sol.
    Le temps avançait doucement et se faisait presque attendre. Ils finirent par allumer la radio et en écoutèrent une qui passait des informations en continu.

    « Hier, soit il y a quelques heures, l’attentat dans un lycée angevin aurait fait à cette heure cinquante-trois morts dont plus la moitié étaient policiers. Il y a aussi une trentaine de blessés graves dont treize sont des lycéens. Le plus mystérieux dans cet attentat est ce fameux terroriste qui était apparemment resté dans le hall du lycée pour retarder la police. Premièrement, celui-ci a réussi à s’enfuir et à échapper à la police, mais de plus il aurait montré des signes anormaux. Les autorités déclarent fermement que ce terroriste était un Pian. Comme on peut le voir sur une des vidéos amateurs, la mort atroce de ces policiers n’est pas normale. Un à un les policiers les plus proches explosaient soit de la tête, soit du ventre, un crime abominable que le président déclare comme étant : le crime terroriste le plus glauque et sinistre de l’histoire. De plus, un peu avant, pendant que la police essayait d’abattre ce terroriste, une voiture serait partie du parking, il s’agirait de la voiture de l’infirmière, peut-être c’est elle fait capturer par d’autres terroristes, ou alors c’est elle enfui avec les Pians du nom de Jade Pixe et Saul Griess, qui eux aussi sont introuvables. Grâce aux caméras de surveillance, la police a pu remarquer qu’ils discutaient avec les terroristes de la cafétéria, ils devaient probablement se connaître, mais les Pians ont tué deux des trois terroristes, et blessé un autre grièvement, ce qui montre une fois de plus la violence et la dangerosité des Pians. Pour revenir à la voiture, elle serait grise, et aurait le pare-brise cassé. La dernière fois que la police les a vus, c’était sur la départementale ramenant sur l’autoroute A11. Deux hommes masqués auraient ouvert le feu sur la police, dont un a touché un policier au bras. Celui-ci serait par la suite tombé de la voiture et est maintenant grièvement blessé. Si jamais vous voyez cette voiture contactez immé— ».

    — J’aurais peut-être pas dû lui lancer cette épée en fin de compte… avec un sentiment de culpabilité.
    — Mouais. Peut-être que ce n’était pas vraiment utile, commença Éva en regardant l’heure. Dans tous les cas, ils nous auraient pris pour des dangers, là au moins, ça leur met la pression. Bon on va y allez, il est une heure cinquante-sept du mat.
    — Bien, répondit le groupe.
    — C’est parti et mettez ces masques. Mettez tous vos capuches, sauf nous deux, Saul. Ça serait trop étrange de voir deux personnes, visages encapuchonné et masqué en pleine nuit.

    Tony sortit enlever la bâche qu’il plaça à côté de Yan. Puis, Éva avança la voiture sans allumer les phares jusqu’au bord de la route, elle attendit qu’une voiture au loin passe et après quelques secondes pour être sûr qu’elle ne soit pas vue, elle s’avança sur la route en sortant de la forêt, et prit la route vers une destination inconnue qu’elle appelait : Point de ralliement.

    La voiture roulait doucement sur la route, en direction du Sud. Le son de la radio détendait l’atmosphère tendue qui régnait. Ils entrent-ouvrirent les fenêtre avant de la voiture, pour avoir de l’air sans que la pluie ne rentre.

    — Quand je pense que cette caisse m’a coûté une blinde…
    — Le centre pourra bien nous fournir une somme d’argent pour en racheter une, après tout on ramène deux Pians d’un coup. Et en plus, leurs pouvoirs sont intéressants.
    « Nous sommes de la marchandise ou quoi ? … Je ne pense pas, puisque leurs fils est un Pian, mais dit de cette manière ça fait bizarre. »
    — On est là pour quelle raison ? Vous ne nous l‘avez toujours pas dit, demanda Saul avec un ton plus sec qu’il ne l’aurait voulu.

    Éva se gratta la tête avec sa main droite pendant que l’autre tenait le volant. Elle semblait être un peu gênée par la question, mais répondit malgré tout.

    — Comme on vous l’a dit, on vous ramène au centre Kriger. On ne peut pas vous dire où ça se trouve pour le moment, c’est pour éviter les problèmes, elle s’arrêta de parler le temps qu’une voiture qui roulait en sens inverse passe. Mais vous le saurez bien assez tôt. Quant à la raison pour laquelle on vous y amène, est que le but des créateurs du centre, est de rassembler les Pians.
    — Ils veulent créer une communauté ? Et se venger ensuite ? Et puis vous avez l’air d’en savoir beaucoup, quelle est votre au rang au sein du centre ?
    — Arrrh, une question à la fois, tu veux… elle souffla, puis lui sourit. Pour mon rang, je suis l’adjointe de Thomas Jiferson, un des créateurs. Tony c’est un comptable mais il bosse avec un autre créateur. Ils veulent effectivement créer une sorte de communauté, mais ils ne veulent pas se venger. Tout vous sera expliqué sur place.
    — Mais… commença Jade. S’ils créent cette communauté, il y aura forcément des écarts sociaux entre Pians. On ne peut pas y échapper, ça a toujours été comme ça, des inégalités naissent dans chaque communauté, qu’elle soit petite ou grande.

    Éva ne répondit pas tout de suite et appuya sur l’accélérateur. Elle jeta des coups d’œil furtif sur les rétroviseurs.

    — Yan, surveille la voiture derrière nous, s’il te plaît. Eh oui, effectivement ça va créer des inégalités, c’est indéniable, j’en suis consciente, mais vous préférez vivre dans un endroit où les Pians sont des monstres et où justement ces Pians sont tous traités de la même manière, comme des monstres. Ou vivre dans un endroit où chaque Pian à sa place et même si cela créer des inégalités, pouvoir être soi-même sans se cacher, tout en apprenant des choses qui vous seront utiles pour plus tard ? Je n’ai pas la réponse, cela se détermine uniquement par la façon de penser d’une personne et c’est donc que parfaitement subjectif. C’est pour ça qu’une fois là-bas vous aurez le choix, entre vouloir rester, ou revenir à votre vie normale.

    Les deux adolescents ne répondirent rien, la question de l’infirmière les avait fait réfléchir sur leurs avenirs, ils étaient maintenant en train de remettre en question leurs façons d’aborder leur Pian. Est-ce que comme tout le monde le dit, nos pouvoirs sont monstrueux ? Est-ce que cette discrimination mérite vengeance ? Est-ce que vivre en cachant qu’il l’on est, ce n’est pas plutôt survivre ? Les questions déferlaient dans leurs têtes. En voyant que son explication les avait fait réagir, Éva sourit diaboliquement.

    Après quelque temps la voiture qui les collait les doubla et accéléra d’un coup.
    Des jeunes ayant trop bu et qui écoutaient de la musique à fond. L’infirmière les regarda désespérer, puis en voyant que la voiture était la même que la sienne, elle eut apparemment une idée.

    — Yan, j’ai une idée.
    — Oui. Et ?
    — Je vais rattraper ces jeunes, tu vas endormir les passagers pendant qu’on va les doubler, ça va les forcer à ralentir et comme ça il n’y aura pas d’accident. On les sauve d’une mort probable à cause de l’alcool. De plus, ça offrira à la police une piste qui les ralentira dans notre poursuite.
    — Oui, mais ces jeunes vont avoir des problèmes Ev', déclara Tony en regardant sa femme. Nous n’avons pas à les mêler à nos problèmes, ce serait juste cruel.
    — Je suis du même avis, continua Yan. Ça n’aurait rien… d’héroïque et dans le pire des cas, s’ils arrivent à remonter les pistes, cela nous… hmm… diaboliserait encore plus.
    — Comme vous voulez alors. S’il jamais ils attrapent accident, on aura aussi commis une non-assistance à personne en danger, en disant ça, elle fonça et les doublât.

    Yan sur un coup de tête et pour contredire sa supérieur, ouvrit le coffre d’un coup, regarda le moteur de la voiture qu’ils avaient doublé avec insistance pendant quelques secondes avant que celui-ci ne fume. La voiture ralentit progressivement jusqu’à s’arrêter. Et le groupe ne finit par ne plus la voir ; Yan ferma le coffre et regarda la réaction d’Éva, qui semblait visiblement agacée. Ce qui fit pouffer de rire son mari.

    — Yan, ton père est déjà au point de ralliement. Il vient nous envoyer un message, annonça Tony.
    — Comme d’habitude, il est rapide et discret, rigola l’infirmière.
    — Il aurait localisé un autre Pian. Mais il n’a pas pu rentrer en contact avec lui.
    — Il se trouve où ?
    — À Paris.

    Ils continuèrent leurs discussions jusqu’à arriver vers un chemin qui menait à une autoroute. Éva n’avait pas l’air d’être enthousiasmée de passer par là, mais visiblement c’était par cette route qu’on pouvait rejoindre le point de ralliement le plus rapidement. Une fois sur celle-ci, elle roula calmement, sans se presser, pour éviter de se faire flasher. Les phares des autres voitures éblouissaient toutes les personnes présentent dans la voiture.

    La pluie torrentielle devint par la suite un orage. Les éclairs qui parsemaient le ciel donnaient un air sinistre à l’autoroute. La pluie finit après quelques minutes par devenir de la grêle. En prenant en compte la vitesse, le poids des grêlons, plus la fragilité du pare-brise, Saul sortit la croix de son torse, et en une fraction de seconde celle-ci prit la forme d’un bouclier. Une seconde plus tard, le pare-brise se brisa faisant un bruit violent qui se mélangea au tonnerre. Les morceaux de verres furent presque tous arrêtés par le bouclier. Éva ralentit et se mit sur la voie de détresse.
    Elle sortit et regarda si autre chose était abîmé. Mais seul le pare-brise semblait avoir subi de véritable dégât. Saul fit disparaître le bouclier aussi vite qu’il l’avait fait apparaître. Elle rentra dans la voiture.

    — Tout est fait pour nous casser les couilles ! C’est pas possible ! cria Éva en donnant des coups de coude dans sa portière. Ça ne va pas être possible de conduire… Saul, tu ne pourrais pas faire réapparaître ce bouclier pendant qu’on roule ?
    — Non désolé… Je ne contrôle pas cette partie de mon pouvoir…
    — Oh ? Une partie ?
    — Oui, on peut dire que mon PIAN est comme un livre, il y a des chapitres, et il faut les connaître par cœur pour les maîtriser.
    — Intéressant.

    Éva et Saul enlevèrent tous les morceaux de verre susceptible de se décrocher, avant d’aller chercher une bâche transparente qu’ils installèrent pour en faire un pare-brise de fortune. Elle était coincée grâce aux fenêtres, qui une fois refermée la bloquait. La voiture redémarra.

    — On voit flou à travers, alors j’espère que ça va faire l’affaire… grogna Éva.

    La voiture continua sa route jusqu’à quatre heures du matin, où une voiture de police les interpella pour un excès de vitesse qu’il n’avait pas commis. Le policier ouvrit la fenêtre, mais s’endormit aussitôt. Yan faisait remarquablement son travail. Le camarade de ce policier tira deux fois sur la voiture après avoir compris à qui ils avaient affaire, mais ne put les rattraper. Ils foncèrent pendant une demi-heure sur l’autoroute sans se soucier des radars. Ils avaient été repérés, donc maintenant il ne fallait plus traîner. Ils sortirent de l’autoroute en prenant une départementale et continuèrent d’avancer à la même vitesse. Leur fuite se passait étrangement bien, probablement parce que le plus gros des effectifs de la police était encore sur Angers, pour sécuriser la ville. Après avoir roulé une bonne heure et avoir fini par arriver sur des petites routes de campagne. Une maison était là, entourée par une forêt. Vu la tête heureuse d’Éva, cela semblait être le point de ralliement, mais ils ne rentrèrent pas dans le jardin et continuèrent leurs routes vers un lac qui se situait une centaine de mètre derrière la maison.

    — Descendez, je vais jeter la voiture dans l’eau.
  • ohoh jeter la voiture dans l’eau ohohohohohohoh!

    J’ai hâte de voir Sami !
  • Tu fais façon Panlong, le titre est en rapport avec ce qui se passe tout à la fin ? ^^

    Un chapitre sacrément long dis-donc, tu as repoussé mon heure de couché pas bien ! Mais chapitre très sympa :)
    On retrouve pas mal de "X-men" dans l'inspiration de l'histoire globale pour le moment. Ce qui n'est pas pour me déplaire.
  • @minelix , Sami apparaît chapitre 17 donc t'as encore un peu de temps à attendre xD (à partir de la les 3/4 des persos sont à des gens).

    @Borghan Yep, il est assez long x) Environ 3600 mots, et pourtant je l'ai raccourci :| J'écris souvent trop, et je dois supprimer des paragraphes ' _' Pour l'inspiration X-men, je fais pas exprès... j'aime bien mais sans plus, disons qu'il y a de ça, mais aussi de l'inspi qui vient des Shonen à la My Hero Academia. Mais c'est vrai que pour le moment, le fait de rejoindre un point de ralliement etc, ça fait beaucoup pensé au début des X-mens î_î
  • Je ne fais pas tellement référence aux films mais plus aux comics. Il y a plusieurs groupes (les purificateurs par exemple) qui considèrent les mutants comme des erreurs de la nature ou des abominations et les accusent de tous les maux (jusqu'à commettre des attentats de façon à les faire accuser par exemple). En plus de les tuer à vue bien évidemment.

    Mais il est évident que, dans tous les écrits et ça compte pour les "grands auteurs", on retrouve forcément des idées ou inspirations d'autres œuvres. Parfois sans même que l'auteur ne connaisse l'oeuvre en question : il y a juste trop de livres, trop d'histoires pour qu'on ne puisse pas rapprocher un nouveau récit d'un autre existant.

    Je suis très fan des X-men, du coup ton récit me plait particulièrement dans un style "moderne".

    Je commencerai à poster le mien lundi à raison d'un chapitre par jour jusqu'à vendredi (donc les cinq premiers) puis un chapitre par semaine le vendredi. Ainsi nos deux récits seront parfaitement synchrones dans leur rythme tout en ayant strictement rien à voir dans le contenu :)
    Je n'ai pas d'intro à part entière, tout comme toi mon histoire distille des infos sur l'univers et les personnages au fur et à mesure, donc ces cinq premiers chapitres permettront de se mettre dans le bain.
  • Effectivement, maintenant que tu parles des comics, c'est vrai qu'on dirait que je m'en suis inspiré. Apres pour Panlong, je fais pas exprès x) je trouve juste que c'est le meilleur moyen de faire des cliffhangër ! :smile:
    De rien pour tout ceux qui on dit merci.
    Puisque c'est mon anniv' ce soir, un chapitre et demain un autre :)
  • Bonne fête!
  • bon anniversaire ! ^^
  • octobre 2017 modifié
    Voilà le chapitre de l'amour pour mon anniversaire :) J'espère que comme d'habitude il vous plairat ! :smile:
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    Chapitre 6 : Héros.
    — Hein ! Mais… hésita Saul. Euh… Pourquoi ?
    — Effacez toutes traces de nous. On va juste enlever tout le matos et jeter ce tas de ferraille complètement explosée dans le lac. Et on ne va rien dire à personne, même à nos alliés, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer.
    — Très bien…

    Après que tout le monde se soit exécuté, Éva ouvrit la fenêtre côté conducteur, alla chercher un grand bâton et appuya avec sur la pédale d’accélération. La voiture s’avança d’un coup et finit par tomber dans l’eau. Elle coula doucement dans le lac, de la même manière qu’un sucre tombe dans un café. Après avoir regardé sa voiture disparaître, Éva rebroussa chemin pour retourner vers la maison avec un air dégoûté. Saul commença à ricaner, mais il préféra se retenir.
    Tout le monde avait les mains prises par le matériel de l’infirmière, trousse de soin, armes, etc. Après cinq minutes de marche, ils arrivèrent devant le portail de la maison et ils entrèrent sans attendre dans la petite véranda avant de taper à la porte. Une vieille femme ouvrit, puis après avoir réalisé qui était là, un grand sourire apparut sur son visage.

    — Vous voilà enfin ! On se demandait si les forces de l’ordre vous avaient attrapé !
    — Comme tu peux le voir, on est tous en un seul morceau. Mais on n’a dû finir à pied, la voiture nous à lâcher, expliqua Éva.
    — Dommage pour ta voiture, elle était bien, la phrase de la vieille femme fit grimacer Éva. Je vais vous chercher des serviettes et enlevez vos chaussures. Nikolaï a déjà sali la maison !

    Tout le monde fit ce que la vieille dame leur avait ordonné et laissèrent leurs chaussures dans l’entrée. Elle revint avec des serviettes et une fois tout le monde sec, ils entrèrent dans le salon.

    — Salut fils ! s’exclama un homme assis sur le canapé devant la télé.
    — Salut papa, répondit Yan.
    — Et bien, Éva ! Tu n’as jamais fui aussi discrètement de ta vie ! se moqua Nikolaï. Tout le monde parle de vous aux infos et particulièrement de l’infirmière Eva Jwaski et des deux Pians ici présents.
    — Ouais… Je sais, on n’a pas eu de bol, cet attentat à tout fait foirer…
    — Ah… d’ailleurs ! commença Saul. J’ai vite fait discuté avec un des terroristes, et j’ai réussi à lui piquer ça, finit-il en montrant un téléphone.

    Tout le monde fut surpris, sauf Adrien qui était parti s’asseoir pour regarder la télé.

    — Donc tu t’es battu contre eux et en plus t’as récupéré un de leur téléphone ? C’est au-delà de mes espérances. Il t’a dit autre chose ? continua Éva impressionnée.
    — Oui, j’ai pu récolter une info, en plus de celle que Tony a récupérée en discutant avec l’un d’eux.

    Le père de Yan se leva avec un air content et avança d’un pas ferme vers le jeune homme qui était resté debout.

    — Eh bien ! Tu devrais rejoindre la mafia mon garçon !? Tu pourrais faire un bon informateur !
    — Errr, je n’aime pas m’impliquer dans ce genre d’organisation, désolée…
    — Ce n’est pas grave, c’était juste une proposition. Tu devrais plutôt nous dire ce que tu sais maintenant !

    Avant de se mettre à parler, il alla s’asseoir sur une des chaises autour de la table du salon. Tony posa Jade sur le canapé. Puis, tout le monde vint s’asseoir autour de la table. La vieille dame changea de chaîne pour mettre une chaîne pour enfant. Ce sur quoi Adrien se concentra.

    — Donc, Saul, que t’as dit ce terroriste précisément ? demanda Tony devant son ordinateur, pour prendre des notes.
    — Pas grand-chose, il m’a juste provoqué en début de combat, mais grâce à ça j’ai su qu’il ne savait pas que j’étais un Pian. Or, il y avait un Pian dans leur groupe, alors ça veut dire que de jeunes gens, des Pians, forment leurs rangs, sans qu’eux-mêmes ne le sachent. Alors j’ai pensé qu’en vous donnant ces infos, vous pourriez vous pencher sur la liste des adolescents et jeunes adultes disparus. Ça permettrait de se faire une idée des Pians qu’il pourrait y avoir dans leur rang.
    — Hmm… effectivement ce n’est pas bête, mon garçon, mais il n’est pas possible de déterminer la nature d’un PIAN et ça même avec les connaissances d’Éva, annonça la vieille femme. Mais je comprends ou tu veux en venir. Et appelle-moi : Berthe.
    — Je suis d’accord avec vous Berthe, mais c’est la seule chose que j’ai pu tirer de mon échange avec le terroriste, pour ce qui est d’un autre échange, il y a eu celui entre Tony et un autre des terroristes, ou j’ai compris que leur système était hiérarchisé, mais je pense qu’il l’a déjà noté sur l’ordi.

    L’homme fit un signe de la tête pour indiquer que oui et finit d’écrire les informations que Saul lui avait données, avant de reposer une autre question.

    — Le téléphone, je t’ai vu en train d’essayer de trouver le code. Ça a donné quelque chose ?
    — Non, j’ai essayé de chercher, mais rien—
    — T’as essayé 0312 ou 0317 ? demanda Jade avec un air surpris, comme si elle s’étonnait qu’il ne l’ait pas fait.
    — Euh… Non, pourquoi ?
    — Les terroristes avaient ces numéros tatoués sur leurs chevilles droites. Je pensais que tu les avais vus, commença-t-elle en souriant. Sinon, je pense que ça doit permettre d’avoir accès à certains objets qui sont à eux et en même temps à pouvoir les référencer dans leur groupe.

    Tout le monde était scotché qu’elle ai pu capter un truc dans le feu de l’action, en plus d’avoir retenu la suite de chiffre et avoir put deviner à quoi cela servait.

    — Quand j’ai coupé la jambe du premier, c’est là que j’ai vu le chiffre. Après pour l’autre c’est quand il a sauté sur Saul que j’ai pu le voir.
    — Hmm… Vous avez fait un bon travail d’équipe et ça sans préparation, affirma Éva. Essaye les codes pour voir.

    Saul rentra le premier code : 0312, mais celui-ci ne fonctionna pas. Il essaya le deuxième : 0317, après quelque seconde l’écran d’accueil s’afficha. Dévoilant un fond neutre, rouge et gris.

    — Bien… Ça a fonctionné.
    — Sérieux ?

    Saul acquiesça et Nikolaï se leva pour jeter un œil. Saul le lui donna, ce sur quoi, il l’inspecta. Rien ne semblait avoir été caché dans le téléphone, il finit par le donner à Tony, qui sortit un chargeur du bon type pour pouvoir le brancher à son ordinateur. Il se mit à chercher des informations sur le fameux groupe terroriste qui portait le nom : Prométhée.
    Berthe alla chercher à boire et à manger pendant que tout le monde prenait un moment pour se détendre.

    — Yan à parfaitement gérer sa mission, grâce à lui on n’a eu aucun problème, dit Éva au père de Yan.
    — Oh ! Je savais bien qu’un jour mon fils deviendrait fort ! Je dirais ça à ta mère et on verra si on peut t’offrir un truc, après tout c’est la sixième mission que tu réussis !
    — D’accord, mais évite cette fois-ci que tes… cadeaux soient des filles. Même si… elles étaient d’accord et heureuses pour être avec moi… Pas envie d’être en couple.
    — Raaah encore avec ça ! Je pensais qu’aux moins une d’elles t’aurait plu !
    — … Elles étaient… il fit une pause pour essayer de trouver une phrase qu’il puisse dire. Toutes très belle, mais je ne veux pas être en couple !
    « Est-ce que ma place est vraiment ici ? » se demanda Saul en regardant Yan et son père discuter.

    Pendant que Jade riait en écoutant leur conversation, il alla voir Berthe pour l’aider. La maison était plutôt grande pour une seule personne et semblait accueillir assez souvent des gens. Probablement des gens en rapport avec le centre Kriger. Berthe était en train de mettre un gâteau au four. Saul se demanda si ça lui arrivait souvent de veiller aussi tard, mais il écarta cette pensée.

    — Excusez-moi, vous avez besoin d’aide ?
    — Oh, c’est gentil, mais tout était déjà préparé à l’avance. Je suis là pour ça, après tout !
    — Vous êtes là pour quoi ?
    — M’occuper des personnes qui sont au point de ralliement. Mon petit fils m’a juste demandé cela, alors, je me suis dit que je pourrais donner un coup de main. Et étant donné que mon mari est mort, j’aurais été seule, donc ça me permet de voir du monde ! Ahahah !
    « Donc c’est bien le point de ralliement, une simple maison habitée par une septuagénaire. C’est sûr que personne ne s’en douterait. Sinon la vie n’a pas l’air de la quitter à la vieille. » suite à cette pensée moqueuse, le jeune homme rigola.

    Berthe le regarda et sourça en croyant qu’il riait à ce qu’elle avait dit. Saul se sentit un peu coupable, mais ne rajouta rien. La vieille dame s’avança vers une porte située sous l’escalier qui montait à l’étage. Elle ouvrit celle-ci et descendit les marches dans la pénombre avant d’allumer la lumière.

    — Tu veux venir ? Je vais juste annoncer au centre que vous êtes bien arrivé !
    — Ah… euh, ouais, pas de soucis.

    En rentrant, il vit que l’escalier était sophistiqué, Berthe descendait grâce à une chaise automatique. Une fois en bas, des tonnes d’écrans et de consoles s’allumèrent. Saul se crut un instant dans une base secrète, avant de se rendre compte que c’en était vraiment une. Une base secrète dans la maison d’une personne âgée.

    « Une sorte de zone 51 pour PIAN dirigé par une vieille de quel âge...? La zone 71… oui, ça me parait être un bon nom… »
    — Je vais prévenir mon petit-fils de votre arrivée, dit Berthe en fixant d’un œil agacé Saul, elle avait compris ce à quoi pensait Saul. C’était le premier à me l’avoir demandé.
    — Ahaha ! Désolé, je suis trop sarcastique, commença Saul en se grattant l’épaule. Donc, vous ne devriez pas plutôt prévenir un adjoint d’un des créateurs ou un des créateurs eux-mêmes ? demanda Saul par simple curiosité.
    — Oui oui, justement, mon petit fils, Thomas, est un des créateurs.
    « Hein ? Euh... »
    — Très bien... et… quel âge a-t-il ?
    — Neuf ans !
    « … Tout va bien. Neuf ans. Même pas toutes ses dents et déjà à courir derrière les Pians. »

    Saul mit la main devant son visage pour cacher son sourire moqueur que Martin appelait : sourire d’enculé et regarda la salle avec attention. Il y avait plusieurs dispositifs étranges, comme une sorte de radars, mais qui semblait pister autre chose que des avions ou des voitures. Probablement des gens. Berthe appuya sur un bouton d’une des télévisions et tapa une ligne de code à une vitesse inhumaine que Saul ne put décrypter.

    « Cette vieille est telle vraiment humaine ?! »

    La vieille femme se retourna vers Saul et lui tapota l’épaule en le regardant dans les yeux avec un petit sourire, elle lui dit que son petit fils, malgré son jeune âge, avait grâce à son PIAN, développé la même sagesse que Gandhi. Puis elle se recula un peu et reprit la parole.

    — Voudrais-tu d’abord savoir pourquoi toi et ton amie, vous êtes là ?
    — Oui, j’avoue que ça m’intrigue. Ce n’est pas que dans le but de créer une communauté de Pian, n’est-ce pas ?
    — Oui, le but des créateurs est de retourner à un équilibre paix-justice. Et ça, en transformant ceux que les gens prennent pour des monstres, en héros… Un peu comme Spider-man quoi.

    Saul fut surpris par la phrase, à tel point qu’il lâcha un petit rire. Mais le visage sérieux de Berthe l’arrêta dans son élan.

    — Bon, je l’appelle.

    Elle appuya sur plusieurs boutons et après avoir vu que personne ne décrochait, elle enregistra un message vocal, qu’elle envoya apparemment à son petit fils, par la suite elle alla voir l’espèce de radar encastré dans le mur.

    — Ça sert à quoi ?
    — Ça me permet de savoir où sont les personnes qui sont en missions, comme ça, si jamais l’un d’eux à un accident ou est capturé, je le sais directement, expliqua-t-elle en fixant le radar.
    — Des personnes comme Éva et Tony ? demanda-t-il en fixant le radar.
    — Non, eux c’étaient des exceptions, des gens comme Nikolaï. Ce sont les anciens mafieux qui s’occupent de ce genre de boulot.
    « Ancien mafieux ? »

    Saul inclina la tête pour montrer qu’il avait compris, puis s’avança vers une autre machine qui semblait contenir des gadgets. Plusieurs choses y étaient implantées, et dont certains objets ressemblaient à des sortes de cartes d’identité vierges.

    — Puisque que ça à l’air de t’intéresser, je vais faire ta carte tout de suite.
    « Alors c’est bien une carte. »
    — Comme tu as pu le deviner, cette carte va te servir une fois que tu seras au centre Kriger, tu n’auras pas intérêt à t’en séparer, elle te donne accès à tout, mais sans elle tu n’as accès à rien.
    — Euh… c’est pas un peu risqué comme fonctionnement ?

    La vieille dame rentra les deux cartes dans un lecteur qui les aspira.

    — Non, c’est pour ça qu’on en fait toujours deux. Et puis la seule chose risquée, c’est qu’on la perde. Ces cartes sont incassables, elles ne brûlent pas, ne se rayent pas, enfin bref.
    — Euh... elles sont faites en quoi pour être aussi résistance ?
    — C’est grâce au PIAN d’une jeune femme. Son corps créer un matériau indestructible, ou en tout cas, que l’on n’a toujours pas réussi à détruire, mais comme tu l’as vu, il est tout de même un peu flexible.
    — Oui et la couleur ressemble à celle du carbone.
    — Les scientifiques du centre ont étudié la structure, et c’est une matière inconnue. Ils ont créé des tas de choses avec : des balles de fusil, des armes, mais bon, cette pauvre fille à des limites, donc ils ne peuvent pas en faire des masses.
    — Elle doit sûrement avoir des complications si elle en fait trop… je vois.

    Elle demanda les informations personnelles de Saul : tous les prénoms, nom de famille, groupe sanguin, numéro de téléphone, et pouvoir. Elle tapa tout ça sur son ordinateur, puis elle se leva de sa chaise, pour récupérer d’autres cartes.

    La machine commença à faire du bruit puis les deux cartes sortirent par deux fentes. Berthe les donna en main propre à Saul qui la remercia en inclinant la tête. Elle en profita pour faire celle de Jade après avoir demandé à Saul les coordonnées de son amie. Saul savait pas mal de choses sur Jade, alors il donna sa date de naissance, c’est trois prénoms : Jade, Myriam et Jacqueline, son nom de famille, ainsi que son groupe sanguin qu’il avait appris sans le vouloir lors d’une visite médicale auquel il n’avait pas put échapper. Il donna aussi toutes les autres informations utiles à la confection de la carte. Berthe eut un sourire farceur et semblait avoir une phrase gênante à dire, mais elle se retint après avoir ricané.

    « J’imagine qu’elle croit que j’espionne Jade. »

    Saul savait d’autres choses encore ; elle avait perdu son père alors qu’elle était en quatrième, aussi loin que Saul se rappelait, il ne l’avait jamais vu pleurer, peut-être parce qu’elle attendait d’être seule, ou parce que sa joie de vivre l’accompagnait même dans les moments les plus durs.
    Sa mère quant à elle, travaillait en tant qu’assistance maternelle, et était endettée de plusieurs milliers d’euros à cause d’une affaire d’usurpation d’identité.

    — Ouais… elle et sa mère sont des femmes fortes, se dit-il à lui-même.
    — Comment ?
    — Hein ? Arf… rien d’important, je parlais pour moi-même.

    Il savait d’autres petites choses sur elle, mais il décida d’écarter ces souvenirs un peu gênants de sa tête. Il attendit que la carte de Jade soit finie, pour les prendre et partir. Berthe entama la création d’une autre carte, ce qui étonna le jeune homme.
    Le four se mit à sonner pour dire que le gâteau était prêt. Berthe lui dit d’aller le sortir et de le mettre sur le rebord de la fenêtre quelques minutes. Avant de se mettre à remonter les marches, il regarda le nom de la nouvelle personne dont la carte était en train d’être créée : Nina Kirina.

    « Ça sonne plutôt asiatique. »

    Une fois dans la cuisine, il exécuta tout ce qu’on lui avait demandé de faire. Le gâteau était un moelleux au chocolat, et il y en avait un second sur la petite table de la cuisine, un roulé à l’orange. Saul se dit qu’ils étaient plutôt bien accueillis pour des fugitifs. Il pensa à ses parents et à son frère et se dit que prendre de leurs nouvelles pourrait être une bonne idée. Après réflexion, son téléphone pourrait être pisté et sur écoute, après tous les Pians, même s’ils ont sauvé des gens, restent des Pians.

    L’État a toujours utilisé l’exemple des minorités pour faire réagir la majorité. En bref, ils donnaient l’exemple du 11 septembre, où il n’a fallu que dix-neuf radicaux, pour faire des milliers de morts et que ce serait pareil avec les Pians si l’on ne détruit pas le problème à la racine. Sauf qu’ils se trompent. Pour détourner un avion ou autres, il ne suffirait que d’un ou deux Pians. Ils ne savent pas grand-chose des Pians, et en ont peur, c’est pour ça qu’ils capturent tous ceux qu’ils trouvent, bien qu’il doive surement y avoir d’autre raison. Tout ça pour en déterminer le véritable danger, mais ils ne semblent toujours pas savoir comment déterminer si quelqu’un est un Pian. Saul avait compris qu’Éva avait découvert ça par pur hasard suite à des essais de transmissions de PIAN sur des animaux. Mais il ne voyait pas comment elle avait pu trouver ça de cette manière. Après s’être torturé l’esprit à savoir comment elle avait pu faire, Berthe sortit du sous-sol et referma la porte. Il cessa d’être dans la Lune. Sur la demande de Berthe il rentra le moelleux au chocolat et coupa des parts pendant qu’elle amenait le roulé à l’orange. Après avoir fait cela, il rejoint le groupe qui discutait du contenu du téléphone.

    — Oh, on est gâté à ce que je vois, dit Jade en regardant les deux gâteaux avec envie.
    — Tu as pris du poids depuis quelque temps Jade, tu ne devrais pas en manger, ironisa Saul sur un ton nonchalant.
    — Va te faire ! Moi et mon poids, on t’emmerde !
    — Ta vulgarité ne colle pas avec ta taille, continua Yan avec un sourire mesquin à peine visible.
    — Tchh !

    Les adultes du groupe se mirent à rire après avoir vu la réaction de Jade. Puis repartirent sur leur conversation d’origine. Jade demande une part à Nikolaï, elle esquiva du regard Yan et Saul avec une moue trop forcée, qui ne la rendait pas mignonne, mais ridicule. Saul retint difficilement un rire, ce sur quoi Jade lui lança un regard de tueuse.

    — Bon, comme on disait le téléphone ne contient que trois numéros, le premier se finit par 0312, donc c’est probablement le numéro de son camarade dont Jade à coupé la jambe, les forces de l’ordre ont dû récupérer son téléphone donc on va s’abstenir d’appeler. Pour les deux autres, il y en a un qui est masqué et qui se nomme : Lui. Et le second, qui n’a rien de particulier, si ce n’est que le numéro n’a pas de nom.
    —T’es sur qu’il n’y a pas d’infos ou adresse e-mail affiliées au numéro ? demanda Nikolaï.
    — Non, j’ai cherché, mais rien. Le portable semble vide, si ce n’est quelque photo de l’intérieur de leurs bases où l’on peut voir un entrepôt d’arme à feu, ainsi qu’un homme emprisonné. Je crois que c’est un policier qu’ils ont récupéré lors d’un attentat, il y a six mois à Berlin. Les deux photos ont été envoyées au numéro sans nom et à « Lui ». Mais il n’y a eu aucune réponse.
    — Donc c‘était une sorte d’envoi d’informations pour prévenir ses supérieurs ?
    — Oui, je pense. Comme Saul l’a dit tout à l’heure, leur organisation semble hiérarchisée, eux devaient se trouver en bas de la chaîne et les plus gros calibres, dont les Pians doivent se cacher en haut de la chaîne et être protégés par le chef du groupe. Il ne faut pas oublier que « Prométhée » était il y a encore quelques années « contre » les Pians, Tony agita ses doigts pour bien mettre en parenthèse le « contre ». Ou plutôt ils les traquaient, mais pour en faire quoi ?
    — Tu penses qu’ils veulent les utiliser pour quelque chose ? Enfin… si c’est une manière d’avoir des sympathisants, c’est pas la meilleure manière.
    — Oui, 0317 envoyait souvent des messages à 0312, je suis tombé sur une conversation ou ils semblent discuter d’une chose qui les agaçait. Ils parlent d’un petit nouveau qui à eux les prestiges de « Lui ». Ils utilisent le terme : Pianculés pour le définir et je dois avouer que le jeu de mots est bien trouvé… il s’arrêta en voyant que personne n’avait eu de réaction. Hum... Enfin, bref revenons à nos moutons. Par la suite, 0312 dit que le P-007 les rejoint pour une affaire importante qu’ils ont à régler avec leurs escouades, c’était deux jours avant l’attentat. Donc en fin de compte, leurs troupes savent très bien qu’il y a des Pians au sein de l’organisation, et de plus, nous ne savons pas quel est le fameux objectif qu’ils devaient atteindre. Car de base l’attentat n’était pas prévu dans leur plan.
    « Bon bah du coup, ça a détruit tous mes arguments. »
    — Hmm… Du coup, on n’est pas plus avancé que ça, répondit Éva en s’affalant sur sa chaise. Et puis, vu l’état dans lequel ils ont mis nos deux Pians préférés, ils devaient être surentraîné, ou bien avoir un plan de préparer à l’avance, un plan d’action si jamais ils tombaient sur des Pians…

    Le pendule se mit à sonner les cinq heures du matin. Tout le monde mangea du gâteau, et après avoir bu un chocolat chaud, la conversation reprit.

    — Pour avoir une meilleure piste, il nous faudrait au moins le téléphone de 0312, il nous permettrait de relier certains points. On va devoir le piqué à la police.
    — Ou bien tout simplement leurs envoyés ? Ce ne sont pas des incapables, même s’ils ne sont pas tout blanc, déclara Nikolaï en finissant son chocolat chaud.
    — Je ne doute pas de leurs efficacités, mais si nous pouvions les trouver avant eux, nous pourrions nous faire passer en héros, c’est bien là le but du centre Kriger. Changer les monstres en héros.
  • Bonjour ! Je vous souhaite un bon dimanche ! Je sais pas pour vous, mais je suis heureux d'avoir une nouvelle fois survécu à la fin du monde (21/10/2017), et j'espère qu'aucun d'entre vous n'est mort, ce serait dommage î_î Aujourd'hui on commencer l'arc 1 ! Et ça colle parfaitement avec le jour '-' étant donné que le 22 octobre est la fin d'un cycle (on passe de balance à scorpion en astrologie). J'ai aussi trouver une illustratrice, donc dans un futur lointain, des illus seront à prévoir.
    Bon sur ce, j'ai finit mon blabla XD je vous laisse lire et apprécier !

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    Arc 1 : Nouvelle Génération.
    Chapitre 7 : Partir ou rester.
    Sa phrase créa un silence non pas gênant, mais un silence de réflexion. Après une vingtaine de secondes, Berthe reprit la parole avec un petit sourire.

    — Sinon, Undine vient vous chercher vers sept heures et demie. Elle m’a dit qu’elle avait déjà récupéré les familles de Jade et Saul. Elle les a déjà envoyées dans le centre.
    — Sérieux !? s’écria Jade en sautant sur ses jambes.

    Elle s’écroula par terre et sa tête frappa le sol avec un bruit sourd. Elle se redressa en regardant les bandages de ses jambes.

    — Ahah… AH ! C’est ça ! Marrez-vous, vous deux ! cria-t-elle en regardant Yan et Saul qui s’était tourné pour essayer de camoufler leurs ricanements.
    — On ne... rigole pas, commença Yan. On se gausse…
    — Je dirais même… qu’on se raille… continua Saul en essayant de se calmer. Votre centre, de ce que j’ai compris c’est plus une sorte de complexe, non ?
    — Oui c’est un peu ça, tout est séparé en plusieurs parties, tu comprendras quand tu y seras.

    Saul acquiesça après un court moment d’hésitation et après avoir fini de ranger la table, Berthe les invita à prendre une douche. Saul attendit cinq minutes avant de montées. Une fois de plus, il fut tellement discret que personne ne le vit s’éclipser. Il trouva la douche sans avoir à chercher bien longtemps, la salle de bain était plutôt grande et semblait être adapté à l’âge de Berthe. Son petit fils avait dû mettre une sacrée somme dans la maison. Il se déshabilla et commença à prendre sa douche. Après avoir fermé les yeux, un souvenir lui revint à l’esprit, celui de la première fois où il avait utilisé son Pian. Il voulait le dire à tout le monde, mais ces parents lui interdirent, mais cela ne l’empêcha d’exprimer ça joie. Il resta dans cette atmosphère, seul, pendant une dizaine de minutes, l’eau coulant sur son corps. Il finit par sortir et commença à se rhabiller. Ce souvenir pourtant joyeux lui faisait ressentir une profonde tristesse.
    Après avoir mis son caleçon, la porte de la salle de bain s’ouvrit d’un coup, laissant apparaître Éva et Jade.

    — Oh, commença Éva.
    — Aaaah… hum… je… nous sommes désolé ! Éva ! Ferme cette porte !

    Le visage de Jade devint rouge écarlate.

    — T’as pas à être gêné, je suis habillé pareil quand je suis à la piscine.
    — Oui ! Mais t’es jamais venu à la piscine ! C’est ça le truc !
    — Toujours à jouer sur les mots, hein ? Tu m’excuseras de ne pas vouloir être capturé par l’état. Ça aurait exposé mon PIAN de façon trop évidente, continua-t-il de s’expliquer en s’habillant. Je vous laisse, vous pouvez y aller. Et ne faites rien de sexuel.
    — B-Bien sûr ! Que veux-tu que je fasse avec mes jambes, dans tous les cas ?
    — Ahah, c’est bon Jade, il te cherche. Je vais t’aider à te laver.

    Saul partit en direction du rez-de-chaussée, il y rejoint Yan avec qui il fit une partie de Uno, avant de remettre une autre chaîne télé. Adrien s’était rendormi, donc il choisit une chaîne qui diffusait des animes, mais à cette heure, les chaînes diffusaient encore des hentaïs. Il zappa aussi vite qu’il put pour arriver sur une chaîne d’info. La même que d’habitude. Seul le présentateur n’était plus le même ; le temps passa et Saul finit à son tour par s’endormir sur le canapé.
    Après plus de deux heures de sommeil, Saul fut réveillé par une femme aux cheveux blonds et longs, à l’allure féminine et aux yeux bleus magnifiques. Elle devait avoir une vingtaine d’années tout au plus.

    — AAAAAAH !

    Son cri fut accompagné d’un mouvement en avant qui fit se frapper sa tête contre celle de la jeune femme.

    — Heeeeeey, doucement, j’ai perdu beaucoup de neurones là, tu sais ! commença la jeune femme. Je suis Undine, le billet qui vous amène au centre Kriger ! Enchanté !
    — Oh… Désolé et enchanté, Undine, désolée d’avoir frappé malencontreusement votre si beau visage.
    — Un beau parleur ? Ou juste un flatteur ? Bref ! Il est bientôt temps. Préparez-vous, on va allez à l’endroit habituel, finit-elle sérieusement.

    Tout le monde sauf Nikolaï se prépara, il devait aller chercher ce nouveau Pian sur Paris. Ils prirent tous une part de gâteau qui restait et filèrent dehors. Berthe les accompagnait avec un grand sourire. Ils allèrent à l’arrière du jardin, dans un endroit peu visible et commencèrent les au revoir. Berthe demanda à tout le monde s’il avait leur carte et après vérification, Undine reprit la parole.

    — Bon, et bien je vais me présenter ici, une nouvelle fois, je suis Undine Steinhart, une professeur dans le centre Kriger situé en Suisse. J’ai actuellement vingt-deux ans et je suis issue de la première génération de Pian. Mon pouvoir est sans danger et nous permet de parcourir des grandes distances sans être repérés. Donc, ne vous inquiétez pas.
    — Très bien, répondit Jade sur les épaules de Saul.
    — Dites-vous au revoir, nous partons dans cinq minutes.

    Tout le monde se dit au revoir comme s’il était des vieux amis, Berthe et Nikolaï restèrent à une dizaine de mètres et leur firent coucou avant qu’Undine ne leurs adresses la parole.

    — Allez tout le monde ! Approchez-vous de moi, voir coller vous à moi.
    — Okééé, ça fait harceleuse sexuelle, Undine, déclara Éva avec un ton amusé.
    — Ahah, c’est bon, c’est pour éviter les problèmes ! Bon on y va ! À plus vous deux ! dit-elle à Nikolaï et Berthe.

    Une sorte de dôme bleu transparent commença à les entourer. Tout ce qui se trouvait à l’extérieur commençait à devenir flou et distordu, puis des sortes d’éclairs partir de tous les côtés, comme avec une bobine Tesla. Leurs corps commencèrent eux aussi à se distorde avant d’être entouré de noir et d’éclair. Le bruit des éclairs se faisait encore plus bruyant, jusqu’à ce qu’un flash lumineux les aveugle tous.

    Saul aveugler se cacha les yeux derrière ses bras, le vacarme créer par le Pian d’Undine, était puissant, à telle point que les oreilles de toute l’équipe commençaient à sifflées. Après quelques secondes le bruit s’arrêta et les éclaires disparurent.

    — Aaaah ! Nous voilà à bon port ! s’écria avec joie Undine, en enlevant des bouchons d’oreille.
    — Hey ! C’est quoi ça ?! Pourquoi on n’en a pas eu ? demanda Saul sur un ton agressif.
    — Calme tes nerfs, j’ai juste oublié et puis tu peux me pardonner après tout, j’ai un « si beau visage », non ?
    « Elle utilise mes propres mots… Je sens déjà que ça va être une chieuse. »

    Plusieurs autres personnes protestèrent, dont Adrien, mais elle fit comme si elle n’entendait pas.
    L’endroit où ils se trouvaient était une forêt de pin à côté d’un grand lac, entouré de large et énorme montagne. Il n’y avait aucun vent, aucun bruit, à part celui de l’eau qui coule. Les arbres n’étaient pas recouverts de neige malgré la saison ; et le lac n’était pas gelé non plus. Tout laissait croire que quelque chose empêchait la nature de geler. Le ciel était parsemé par des nuages de formes diverses, et laissant de temps à autre apercevoir un morceau de ciel bleu. Un sentier amenait aux confins de la forêt en direction d’une montagne.

    Après avoir scruté tout ce qu’il y avait autour de lui, Saul regarda au sol.
    À ces pieds, une sorte de cratère était creusé. Il mit quelques secondes avant de saisir que c’était dû au pouvoir d’Undine ; de l’intérieur du dôme, il ne devait pas être dangereux, mais pour ce qu’il se trouve à l’extérieur, ça doit être toute autre chose. Surement pour ça que Berthe et Nikolaï sont restés à distance. Undine annonça qu’il fallait avancer vers le sentier, ce sur quoi tout le monde s’exécuta sans protester.

    C’était probablement le chemin qui amenait à l’entrée du centre. La forêt devint plus épaisse, et au bout d’un moment après une dizaine de minutes de marche, ils arrivèrent devant une partie de la montagne presque inclinée à 90° par rapport au sol. Un camouflage très réaliste était posé dessus. Undine s’approcha du mur naturel, et poussa des plantes pour avoir accès à une sorte de carré. Une porte à code. Saul le comprit après l’avoir vu taper sur plusieurs boutons. Après quelques secondes un bruit de frottement se fit entendre. Une partie du mur s’enfonçait dans le sol. Undine les invita à pénétrer dans la pièce. La salle dans lequel ils rentrèrent était immense et rectangulaire en plus d’être presque complètement vide, seule une lumière centrale l’éclairait. Elle devait faire plus d’une centaine mètres carré, et sur le long des murs, plusieurs caisses en métal étaient entassées. Une sorte de dépôt. Saul se dit que tous les nouveaux ne devaient pas rentrer par là, puisque cette entrée n’était absolument pas accueillante.
    Undine s’approcha d’une autre grande porte après avoir traversé toute la pièce, et appuya sur un bouton vert. Pendant une dizaine de secondes, personne ne répondit, et la porte derrière eux remonta, pour finalement les enfermer dans la pièce.
    Une voix de femme finit par répondre.

    — Bonjour… Qui est-ce ? demanda-t-elle avec une voix un peu robotisée à cause des haut-parleurs.
    — Undine Steinhart, mon numéro de carte est : 00345.
    « Dois-je penser qu’il y a au moins 345 personnes dans le centre ? »
    — Oh ! Undine, je te fais rentrer ! Shrrr… et le micro finissent par se couper dans un grésillement, suivi d’une double porte qui s’ouvrit.
    — Hey ! Éva ! Il y a 345 personnes dans le centre ? la questionna Jade d’une manière presque trop enthousiaste.
    — Putain ! Jade... arrête de bouger, je te porte, je te rappelle ! s’énerva Saul en accélérant le pas pour la déstabiliser.
    — Tais-toi, et marche, fidèle destrier !

    Saul soupira et implora Éva de répondre à sa question avant que son envie de la laisser tomber par terre prenne le dessus. Adrien qui tenait la main à sa mère rigola, puis Éva répondit enfin pour le plus grand bonheur de Saul.

    — Non, Jade, nous sommes plus de 500 pour le moment, mais le nombre d’habitants augmente assez rapidement, d’à peu près trente toutes les semaines, grâce aux deux mafias qui nous rapportent les Pians. Ce qui fait environ 210 personnes par mois. Cela dit, beaucoup d’étrangers viennent, donc les chiffres que je t’ai donnés doivent être erronés, on est peut-être six-cents, voire sept-cents.
    — Oh ? Et le centre peut contenir combien de personnes ?
    — Pour le moment, cinq mille personnes, mais nous agrandissons.
    — Vous êtes une sorte d’organisation cachée ou quoi ?
    — Non, nous nous sommes déclarés à l’État, c’est même eux qui ont voulu qu’on s’installe ici, ils nous donnent des fonds et un endroit caché, en échange de quoi, on doit leur assurer protection et « célébrité » par la suite. Sans oublier les frais qu’on doit leur payer.
    — C’est-à-dire célébrité ? demanda Saul un peu intrigué.
    — Ils veulent être connu comme le premier pays ayant former des supers héros et donc que la réputation du centre soit très bonne pour faire venir des gens du monde entier. Comme ça ! À eux le fric ! finit Éva en soupirant.

    Après cette petite discussion, Éva accéléra le pas en tenant toujours la main à son fils. Tony, lui, suivait derrière au petit pas. Saul se retourna et regarda la double porte qui commençait à se fermer. Juste avant que celle-ci ne se ferme complètement un rat entra et fila se cacher dans un recoin, où il disparut.

    — Il y a un rat qu’y est rentré.
    — Hein ? répondit Tony en se retournant. Normalement tout est toujours nettoyé pour éviter les rongeurs, je vais prévenir les femmes de ménage un peu plus tard.

    Saul ne répondit rien et continua d’avancer après ce bref arrêt. L’endroit où il était arrivé était un long couloir, assez large pour y laisser passer plusieurs voitures. Après avoir marché le long de plusieurs couloirs, ils croisèrent plusieurs personnes qui partaient dans la direction opposée, les adultes présents les saluèrent. Au bout d’un moment, ils s’arrêtèrent devant une grande baie vitrée. La vue était magnifique, elle montrait un grand complexe, ou des maisons, des immeubles, des magasins, étaient entourés par des montagnes, vu la taille ça devait être la partie du centre qu’on pourrait appeler : le village. Il y avait aussi une chute d’eau qui descendait d’une des montagnes et qui se déversait à travers ville, créant une rivière. Vu comment celle-ci traversait le village, Saul en conclut qu’elle était artificielle.
    Il semblait aussi y avoir des écoles. Une maternelle, une élémentaire et un collège. Seuls les lycées et les écoles supérieures ne semblaient pas y être. Saul s’empressa de poser la question qui le dérangeait : où sont les lycées et les écoles supérieures ? Ce fut Undine qui répondit.

    — Justement nous y allons. Les lycées sont séparés du reste du centre, là t’as la ville, derrière nous, là d’où nous venons, le quartier scientifique et militaire, et plus loin, les lycées, il y a un lycée professionnel qui forme presque tous les cursus, un lycée général, et un lycée spécialisé. Pour les étudiants en école supérieure, ils se forment avec les adultes du centre Kriger.
    — Un truc a capté mon attention. Lycée spécialisé ?
    — Oui, toi et Jade, vous pouvez y aller. C’est à vous de choisir, la seule condition c’est qu’il faut être un Pian. Les autres lycées sont principalement là pour les enfants non-Pian qui viennent de vos familles. On a pris en compte que les familles des Pians nous suivent, vous êtes déjà au courant, donc, c’est du 50/50 au niveau de la population Pian et non-Pian, enfin, environ.
    — Moi j’y rentre cette année au lycée spécialisé, commenta Yan avec les yeux rouges, probablement dû à un gros manque de sommeil.
    — Dans ces cas-là moi j’y vais aussi ! cria Jade.
    — Hein ? Tu ne voulais pas devenir hôtesse de l’air ? demanda Saul avec un regard amusé. Ou bien est-ce parce que Yan t’intéresse ?
    — Yan est effectivement une intéressante personne, mais au lieu de tenter d’insinuer des choses, réfléchies ! On ferait dès le début un bon groupe d’ami !
    — Juste pour ça ? répondit Yan en continuant d’avancer vers le complexe des lycées.
    — Bah… euh… ouais… mais on pourrait aussi apporter une atmosphère plus détendue à la classe si on se connait déjà ! Souvent les gens en début d’année—
    — Jade, tais-toi s’il te plaît, demanda simplement Éva avec un regard las.

    Jade ne répondit pas, elle se tut juste. Le groupe continua d’avancer pendant une vingtaine de minutes à travers la montagne. Ils avaient presque entièrement fait le tour du village, et à partir de là, il n’y avait plus de baie vitrée. La dernière vitre se situait juste devant la cascade, on pouvait voir l’eau tombée à travers celle-ci. Après cela, il y avait un escalier qui s’enfonçait dans le sol sur plusieurs mètres de profondeur. Une fois descendus, ils marchèrent dans un couloir assez lumineux, avec des portes transparentes, où l’on pouvait voir des artisans travaillés. Après avoir traversé le couloir, ils arrivèrent devant un ascenseur. Une fois rentrée dedans, Undine appuya sur le bouton pour le rez-de-chaussée.
    Arrivé en bas, il pouvait enfin voir le village de l’intérieur, et il remarque que les montagnes étaient étrangement abruptes, comme si c’était de simple mur là pour protéger le village.
    L’endroit ressemblait en tout point à une petite ville, sauf qu’elle était entourée par des montagnes, ce qui ne montrait apparemment aucun moyen de sortir. Pendant un instant, l’idée que cet endroit était une sorte de prison traversa l’esprit de Saul, mais il décida de continuer d’avancer même avec cette idée en tête. En commençant à avancer, il remarqua que le village était étonnement autonome, boulangerie, boucherie, médecin, gynécologue, bowling, salle d’arcade, etc. Il y avait tout, sauf des champs.

    Des gens qui passaient à côté d’eux dans les rues, regardaient Jade et Saul, et se remettaient à parler entre eux, Saul tout comme Jade, comprenaient très bien que leurs actions contre les terroristes les avaient rendus, d’une manière ou d’une autre, célèbres. Saul n’était pas du genre à aimer être le centre de l’attention, il préférait être tranquille, mais à son grand désespoir cela allait être compliqué. C’était tout l’inverse pour Jade, mais elle-même ne s’en rendait pas compte. Sa manière de parler, de marcher, d’être attire tous les regards. Saul eut l’idée que Jade ressemblait plus à un parasite, qu’a un être humain, mais il se retint et préféra lâcher un ricanement, qui lui valut des regards intrigués.
    Après avoir traversé toute la ville, le groupe arriva devait une sorte de tramway futuriste. Il était gris et bleu au niveau de l’armature, sinon tout le reste était du verre.
    Une jeune fille aux cheveux roses et aux yeux gris les attendait, elle se tenait droite et regardait droit devant elle, avec un air complètement détaché. Undine s’approcha assez d’elle pour la faire sortir de sa bulle, la jeune fille la regarda avec des yeux vides, puis finit par se coller une baffe.

    — Kon’nichiwa… Hum… Eto… Bonjour… Ça y est, je suis réveillé.
    — Euh… commença Undine avec surprise avant de se reprendre. Bonjour et enchanté, tu es la nouvelle arrivante, c’est ça ?
    — Hai… Oui. Hajimemashite… elle fit une pause et regarda le sol avec colère. Enchanté… Je suis Kirina Nina.
    — Ahah ! Le changement de langue n’est pas facile, hein. On m’a prévenu de ton arrivée, et on m’a aussi donné ta carte.

    Elle lui donna la même carte que Berthe avait donnée à Saul et à Jade. En jetant un coup d’œil, Saul vit que sur sa carte, était noté son Pian. Donc c’était une Pian, et à sa grande surprise, Saul fut curieux. Après de rapides présentations avec la nouvelle, le groupe monta dans le tram et s’assit. Saul finit par se trouver entre Nina et Yan et décida de prendre la parole.

    — Alors, tu es étrangère, Japon vu langue, nan ?
    — Hai… elle se mit à regarder une nouvelle fois le sol avec colère, puis se reprit. Oui, je suis arrivé il y a deux jours avec un groupe d’autre personne du même âge…
    — Pourquoi ils ne sont pas avec toi, alors ? demanda-t-il alors que le tram démarrait.
    — Ils n’ont toujours une bonne maîtrise de la langue française. Par chance, j’avais déjà les bases, étant donné que je m’intéressais à la France. En plus, il y a un… Monsieur qui nous aide avec son Pian, ils nous font apprendre plus vite.
    — Je vois. Et sinon tu es aussi une Pian à ce que j’ai vu—
    — Bourgeon. Je peux faire pousser des plantes sur mon corps, expliqua-t-elle alors qu’une tulipe lui poussait sur la main droite.
    — Oh ! C’est très écolo comme Pian.
    — Écolo ?

    Avant que Saul puisse répondre à la question, ils arrivèrent aux complexes des lycées, ce sur quoi Undine leur demanda de sortir. Le trajet avait à peine duré vingt secondes et la vitesse du tramway était aussi rapide qu’une voiture lancée à pleine vitesse, malgré cela, on ressentait à peine les sensations de freinage et d’accélération. Probablement une technologie avancée, construite avec un Pian.
    Le complexe semblait être sous terrain, et se séparait en trois. À gauche le lycée professionnel, au milieu, le lycée général et à droite le lycée spécialisé. Ou Pianisé, comme on veut. Le bâtiment le plus gros était de loin le lycée spécialisé. En dehors de cela, les bâtiments semblaient avoir été construits dans une immense grotte, une source de lumière semblait éclairé toute celle-ci, avec la même puissance que le soleil, mais impossible d’en déterminer la provenance. Le groupe s’avança vers le lycée spécialisé. Éva expliqua qu’il n’était absolument pas obligé de rejoindre le lycée spécialisé, ils étaient tous libres de choisir entre les trois lycées.

    L’entrée était normale, seuls des sas de sécurité étaient installés, ce qui montrait que les créateurs avaient confiance en la sécurité du centre. Un gymnase était là pour les trois lycées, pour ce qui est du lycée spécialisé, elle comprenait des sous-sols pour l’entraînement aux armes, ainsi qu’une salle de musculation. En dehors se situait un grand terrain plat, sur lequel les tests et entraînements auront lieu. Cette partie de la grotte semblait avoir été largement agrandie, en plus d’avoir été consolidée avec d’immenses poutres en métal, ainsi qu’avec des espèces de tubes noirs, dont la matière semblait être la même que celle des cartes d’identité donnée par Berthe. La fameuse matière indestructible. Plutôt utile pour résister à des Pians. Donc une bonne idée pour éviter l’effondrement de la grotte. Le lycée en lui-même était propre et simple, mais il semblait moins impersonnel que son ancien lycée, les murs étaient peint avec des couleurs diverses, ce qui rendait le lieu bien plus attractif. Ils visitèrent aussi les deux autres lycées, qui eux aussi étaient sympas et comportaient des particularités, mais rien de notable. Après avoir tout vu de ce côté, ils revinrent au tramway et rentrèrent dedans. Undine décida d’aborder le sujet auquel pensait Saul.

    — Vos familles ont toutes fait cette petite visite, et ont réfléchi à leurs réponses quant à leur départ du centre. Nous avons eu plusieurs réponses. Des familles restent, d’autres partent. Comme vous l’imaginez, si vous voulez partir, tout sera fait pour que vous n’ayez pas de problème, nouvelle identité, nouveau pays, voir même exilé si vous le souhaitez. Cela dit vos souvenirs de ce lieu, seront biaisé grâce au Pian d’un de nos camarades. J’aimerais que vous me donniez vos réponses, ici. Nous ne voulons pas que vos choix soit influer par celui de vos familles. Pensez avant tout à vous-mêmes. C’est que je vous demande ici. Partir ou rester.
  • Merci !!! j'aime beaucoup l’idée de la formation de"super héro" j'avais un peu peur que l’histoire se tourne que sur la fuite de Saul et d'autre ou sur le fait qu il devienne terroriste donc perso je suis content
  • J'ai finalement rattrapé mon retard.

    Tu as laissé plus de fautes que d'habitude dans ces deux derniers chapitres, mais bon je chipote on en laisse tous ^^

    Le récit est toujours aussi agréable à suivre. Et il avance drôlement vite, je ne m'attendais pas à en arriver à ce stade aussi tôt. Pourtant... c'est logique. Je ne vois pas où tu aurais pu traîner les pieds dans cette histoire. Tout s’enchaîne très bien.
    Nos héros s'adaptent peut-être juste un peu trop bien à tout ce chamboulement ? Passer d'une vie assez ordinaire, du jour au lendemain, à... ça.

    Je suis impatient de lire la suite dans tous les cas !
  • octobre 2017 modifié
    Bien le bonjour, bonsoir ou n’importe ! On est samedi, donc voici le chapitre tant attendu de Génération. :)
    Je souhaite m’excusez pour l’arrivé de vos personnages qui vont se faire pour certains très tardives, comme je l’ai déjà dit, il y a déjà pas mal de monde qui m’a demandé des persos, et avec 17 chapitres écrits je n’ai put qu’en présenter une trentaine (sur plus d’une soixantaine). Ouais ça fait beaucoup, je sais x) mais je ne présente pas tous les persos avec une description, enfin bref, je suis désolé de l’attente qui va surement être longue pour vous.
    _________________________________________________________________________________________________________
    Arc 1 : Nouvelle Génération.
    Chapitre 8 : Famille

    Le groupe resta pendant plusieurs secondes dans un silence, alors que les portes du tramway se refermaient. Il démarra et arriva à sa vitesse de pointe très rapidement. On pouvait voir que le tunnel avait presque été entièrement recouvert de la matière noire. Cette matière indestructible était partout, à se demander comment une seule personne pouvait en produire autant. Après une quinzaine de secondes, alors que le tramway commençait déjà à ralentir, Nina décida de répondre.

    — Comme vous le pensez, je reste et je vais au lycée spécialisé. De toute façon, je suis venu ici du Japon, alors c’est pas pour repartir. Et comme je n’ai jamais été découverte… euh… elle marqua une pause, pendant lequel elle chercha calmement ses mots. Mes parents ne sont pas venus, alors je n’ai aucune raison de partir, finit-elle avec un petit sourire.
    — Très bien, Tony je te laisse noter ça, hein, rétorqua Undine en tapotant l’épaule de son camarade.

    Jade assise sur le siège à droite de celui de Saul, s’agitait alors qu’elle était en pleine réflexion, mais Saul connaissait d’avance son choix. Elle allait rester. Sa mère n’a jamais aimé la vie qu’elle avait et sa dette pesait lourd sur elle et sa fille. Alors, venir habiter ici, ne plus avoir de dette, ne plus devoir s’inquiéter de comment se trouver à manger, ce serait juste un bonheur pour Jade et sa mère.
    Donc c’est à 99,9 % sûr, que Saul connaissait la réponse de Jade. Yan quant à lui, avait déjà répondu depuis longtemps et vu ses dires, il devait sûrement déjà être inscrit. Saul, lui, hésitait, même si cela avait beaucoup d’avantages et que commencer une nouvelle vie était pour lui une sorte de bol d’air frais, un renouveau. Devenir un héros ne l’enthousiasmai pas autant que ça, il avait envie de rester tranquille et de ne pas devoir se casser la tête avec des tonnes de responsabilités. Mais si jamais il devait partir, ses souvenirs allaient être changés, malgré tout, cela lui faisait peur, de plus il allait devoir changer de pays, changer de nom et surtout apprendre une nouvelle langue, ce qui l’emmerdait plus que tout. Avant de pouvoir finir sa réflexion, Jade le coupa.

    — Moi ! Je reste ! Ça va être cool ! Je file direct au lycée spécialisé !
    — Du calme, continua Yan en s’adressant à Jade. Moi, vous avez déjà ma réponse. Et toi, Saul ?

    Il regarda le sol en essayant de réfléchir le plus vite possible, il se gratta le bras avant de soupirer et regarda Yan.

    — Et bien… Je pense rester…
    — Yay ! cria Jade avec la voix la plus aiguë qu’elle pouvait avoir.
    — Errr... Cela dit je pense filer dans le lycée général.

    La fin de sa phrase lui avait amené juste des regards surpris. Jade prit Saul par les épaules et commença à le secouer en lui demandant de ne pas dire de connerie et d’aller au lycée spécialisé.

    — Mais… Lâche-moi, j’ai juste pas envie de devenir un héros ou autre truc fantaisiste. J’aime pas être le centre de l’attention, après dans le rue… ça va être chiant.
    — Si tu deviens un héros, ton identité sera cachée, soit logique Saul, je te croyais plus intelligent, tu ne vas pas te balader sans masque, on va « camoufler » ton identité, rétorqua Éva en soufflant.

    Saul se sentit stupide pendant un instant. Il rougit en se rendant compte qu’il n’avait absolument pas réfléchi et se sentit agacé de ne plus avoir de raison d’être en désaccord pour aller dans le lycée spécialisé. Connaissant Jade, elle n’allait pas le lâcher tant qu’il n’accepterait pas. Éva avait pulvérisé ses arguments avec une seule phrase.

    — Bi-Bien, je vais y aller, alors…
    — Quand tu rougis, tu bégayes toi ! Bien ça ! Je vais pouvoir te... taquiner, continua Nina avec un sourire amusé sur les lèvres.
    — Ouais, incroyable n’est-ce pas ? commenta Saul, agacé.
    — Ohoh ! Monsieur semble un peu énervé. Oh, mais que vois-je ? Les portes du Chikatetsu se sont ouvertes ! Sortons au plus vite ! chercha-t-elle une fois de plus.
    « Elle qui avait l’air calme et douce… L’habit ne fait pas le moine, hein... »

    Après que tout le monde soit sorti, le groupe se sépara. Tony et Adrien partirent accompagner Jade dans l’appartement de sa mère, avant cela, deux hommes étaient venus apporter un fauteuil roulant, Undine en avait fait la demande depuis un bout de temps, vu le temps qu’il leur a fallu pour en ramener, ils ne devaient pas en avoir des tonnes. Yan et Nina, eux partirent avec Undine en direction des appartements étudiants.
    Quant à Saul, il partit avec Éva dans une direction opposée.

    — On va où ?
    — Berthe a dû te parler de son petit fils, l’un des créateurs. Celui-ci souhaite te rencontrer. C’est assez rare qu’il fasse cela. À vrai dire, c’est la deuxième fois qu’il fait ça. La dernière fois c’était pour rencontrer une jeune fille avec un PIAN très spécial, j’imagine qu’après avoir vu tes exploits à la télé, il a voulu te rencontrer. Et comme je suis son adjointe, je t’y amène.
    — D’accord d’accord, tout s’explique, Saul marqua une pause, puis reprit en levant les yeux au ciel. Vous êtes arrivé dans mon lycée il y a deux ans, une scientifique et médecin comme vous, ne serait jamais allé dans un pauvre lycée comme le mien sans raison, il fit une pause pour voir si Éva le suivait. Par simple logique, ce n’était pas pour moi, ni pour Jade, puisqu’à ce moment ont étaient encore en troisième. Quelle a été la raison de votre venue ?

    Éva continua de marcher sans répondre, elle semblait être prise au dépourvu, et finit par regarder le sol, comme pour se dire à elle-même de ne pas révéler la vérité. L’infirmière remit une mèche de cheveux derrière son oreille et souffla. Malgré ça, elle se tourna vers Saul avec sérieux et lui répondit.

    — Si je réponds à cette question, tu peux me promettre une chose ? Après tout, j’imagine que pour toi, avoir cette information est capital. À vrai dire, je ne sais pas pourquoi, mais tu sembles t’intéresser au mouvement de cette organisation terroriste et tu as percé à jour un secret que l’état même a mis sous scellé, n’est-ce pas ? Si je réponds à cette question, ce ne sera juste qu’une réprobation ou qu’une approbation pour toi, non ?
    — Errr... Vous savez bien observer les gens. Oui, je pense avoir une idée de pourquoi vous êtes venus. Et si l’état à garder ça secret, c’est forcément pour une bonne raison. Sinon, pour répondre à votre première question, je dois promettre quoi ? finit-il en continuant de marcher vers l’ascenseur par lequel le groupe était descendu dans la ville.
    — Je voudrais que tu me promettes de récupérer cet homme une fois qu’on aura réussi à démanteler le groupe terroriste, elle lui montra une photo d’un homme qui semblait avoir quelques années de moins qu’elle, il avait les mêmes cheveux, mais le reste de son visage était plus fatigué. C’est quelqu’un d’important qui a un rapport avec « Lui » et le numéro sans nom, nous en sommes certains. Et sans te mentir, c’est aussi une personne importante pour moi, conclut-elle en regardant Saul avec un regard vif.
    — Euh bah… ouais, je peux promettre ça… c’est promis, mais pourquoi moi particulièrement ?
    « Elle a sûrement un lien de famille vu leur ressemblance. S’il est là-bas… c’est qu’il s’est écarté du droit chemin. Enfin, je pense. »
    — Parce qu’il faut que quelqu’un le fasse !
    — Vous pensez que c’est une raison valide ?
    — Parce qu’il faut que quelqu’un le fasse !
    — J’ai compris ça ! s’écria-t-il avec un regard agacé. Moi vouloir raison valide.
    — Ahaha ! En vérité, c’est parce qu’après avoir vu ton PIAN, je pense que c’est le plus discret de toutes les personnes dont j’ai fait la demande avant, elle marqua une pause. Et pour répondre à ton autre question, si je suis venu dans ton lycée, c’était parce que cet homme était devenu professeur dans ton lycée pour rechercher des Pians, on en a eu la confirmation de sa part. Il en cherchait pour agrandir les rangs de « Prométhée ». Et il en a trouvé plusieurs : Marie Lyons, Karim Abad, Christophe Leroy, et Olivier Desmo. Ces quatre adolescents auraient disparu du jour au lendemain avec cet homme. La dernière fois qu’on les a vus, c’était à un péage, ce qui écarte la théorie de l’enlèvement. Le problème, c’est que nous ne connaissons pas les Pians de ces quatre-là, donc ils sont un véritable danger.
    — Je vois… Sinon, votre rire n’a pas changé. On dirait toujours un Grizzly à l’agonie, affirma-t-il avec un hochement de tête satisfait.

    Éva le regarda d’un regard méprisant puis accéléra le pas. Quand à Saul, lui qui voulait juste avoir une approbation, avait eu un surplus d’informations. Mais cela l’arrangeait plus qu’autre chose, cela dit, il ne savait pas quoi en faire. Un des adolescents devait être celui qui avait fait exploser les policiers lors de l’attentat. Mais les adolescents partageaient-ils vraiment la même vision des choses que « Prométhée » ? Là-dessus Saul avait des doutes. Peut-être étaient-ils sous l’effet de drogue ou d’une autre substance psychotrope.

    En tout cas, ces informations lui permettaient de savoir que cet homme était d’une importance capitale pour le centre et pour l’État. Peut-être était-il un moyen de dissuasion contre cette organisation terroriste. Saul avait une fois de plus des doutes. S’il a un rapport avec « Lui », son importance dans l’affaire doit être importante. De plus, « Lui » ne semble pas être Le Bombardier, contrairement à ce que pensait Saul. Il a toujours été discret, on ne l’a vu qu’apparaître une fois. Et seul une autre fois, un homme encapuchonné et masqué a déposé un message en plein milieu de Paris. Le message était simple : Prométhée est votre véritable ennemi et nous sommes leurs ennemis. C’était un message écrit en lettre cursive, sur un papier tout ce qu’il y a de plus banal. Avant de partir, l’homme s’est adressé à un groupe de policier en leur disant qu’il était les yeux. Certains policiers ont essayé de le retenir, mais les coups lui passaient à travers. Puis, il disparut. Les policiers on dit que l’homme avait un brassard, avec la forme qui imageait l’organisation du Bombardier. Un simple losange blanc, marqué d’un point rouge au milieu.
    Jamais personne n’a revu un brassard de la sorte. Seuls Le Bombardier lui-même et cet homme le portaient. Du coup, les raisons qui poussent « Prométhée » à attaquer l’État sont encore plus floues. Et cet homme que Saul doit récupérer doit savoir une chose sur « Lui » ainsi que sur Le Bombardier. Probablement un gros calibre. Mais pas assez jeune pour être un Pian.

    Saul souffla après cette gymnastique mentale et rentra dans l’ascenseur. Éva appuya sur le bouton : 11, qui était le dernier étage. L’ascenseur monta aussitôt les portes fermées.

    — Te tracasse pas trop par rapport à cette promesse. Je t’expliquerai tout quand le moment sera venu. Pour le moment, pense plutôt à ta nouvelle vie et à ta rencontre avec le créateur Jiferson.
    — Je sais, je sais… Mais je dois l’appeler comment ? Thomas ? Mr. Jiferson ? Jiferson-sama ? Parce que bon… Il a neuf piges votre machin…

    Éva regarda Saul avec mépris, puis se reprit.

    — C’est quoi cette arrogance ?
    — Pa-Pardon… C’est sorti tout seul… répondit Saul en regardant ailleurs.
    — Personnellement je l’appelle simplement Thomas, après, toi, tu es encore jeune et tu le connais pas, donc appelles le M. Jiferson.
    — Bien.
    « Vais-je réussir à rester sérieux face à un gamin qui me fait la morale ? Rien que d’y penser je ris déjà. »
    — Pourquoi tu te marres ?
    — Pffrr… Rien. Je repense à une blague.

    Éva se contenta de répondre par un : Hmm. Une fois l’ascenseur arrivé au onzième étage, Saul remarqua que les couloirs étaient complètement différents. C’était le pôle administratif du centre et on voyait que les créateurs s’étaient fait plaisir. Le sol n’était pas gris comme dans tous les autres couloirs, ils étaient recouverts de parquet et grâce à ses connaissances, Saul reconnut que c’était du hêtre. Les murs quant à eux étaient gris anthracite et à certains endroits, il y avait des plantes encastrées dans le mur, par des trous carrés d’environ trente centimètres sur trente centimètres. Le plafond était bleu cyan et faisait un dégradé jusqu’au mur. Les couloirs étaient aussi moins larges, environ deux mètres cinquante.

    « Et après, ils vont dire : “On n’a pas les fonds pour faire ça.” Mouais on y croit… Avec la somme qu’ils ont mise dans ces couloirs, je suis sûr qu’on peut payer un kebab à aux moins cinq cents SDF. »

    Le couloir se séparait en deux, dés la sortie de l’ascenseur. Une partie partait à droite, l’autre à gauche. À droite, une petite pancarte en acier indiquait que c’était la comptabilité, les services communications, ainsi que les politiques — là pour les négociations avec l’État suisse et pour apporter d’autre point de vue que celui des créateurs —. À gauche, l’administration « générale », c’est-à-dire, les créateurs et adjoints, les représentants — qui servait à faire des annonces aux mondes extérieurs, ainsi qu’à faire des annonces au sein du centre —.
    Ils tournèrent à gauche et passèrent devant plusieurs portes, celle des adjoints Jane Velao et Quentin Swarkoski.
    Du bureau de Swarkoski, on pouvait entendre quelqu’un crier, et faire des bruits avec des objets. Puis, ils passèrent devant une porte rouge plus grande que les autres avec des pics et une poignée comme celle des manoirs. De l’Hard Rock sortait de la pièce et ça malgré l’épaisseur de la porte. Après un bref coup d’œil sur le nom inscrit sur la porte, Saul accéléra le pas en se demandant s’il était dans un asile.
    Créateur : Dante Fercilun.

    « Oh putain… »

    Quelque pas plus tard, ils arrivèrent devant une grande porte, ressemblant à celle d’un chalet. Elle toqua à la porte, attendant une réponse. Saul fut content que le bureau de Jiferson ne se situe pas plus loin. Juste après le bureau d’Éva, venant d’une autre grande porte, un bruit de locomotive s’échappait, laissant imaginer un vacarme inimaginable.
    Une voix répondit de l’autre côté de la porte. On l’entendait à peine à cause du bruit ambiant ; Éva ouvrit tout de suite la porte, laissant apparaître une grande pièce, ressemblait trait pour trait à un salon de chalet. Seule une télé dans un coin de la pièce semblait être moderne. Même le téléphone était d’époque. Dans le fond, un feu de cheminée était allumé et éclairait partiellement la pièce. L’ambiance posée de l’endroit était en parfait opposé avec le bruit extérieur.

    « Doux Jésus… mais… où suis-je ? » pensa-t-il ironiquement en cherchant du regard l’origine de la voix.

    Une fois après avoir fermé la porte, Éva se déplaça vers un fauteuil près du feu et tapota l’épaule de quelqu’un. Celui-ci l’invita à s’asseoir et fit de même pour Saul.
    Assis au coin du feu, Saul pouvait enfin voir la tête du créateur dont il avait tant entendu parler. Un sourire apparut sur ses lèvres, mais il réussit à ne pas laisser échapper un ricanement. Le jeune garçon était blond, avec quelques mèches un peu plus brunes, les cheveux coupés courts, ses yeux étaient rouges et il était habillé d’un costard cravate, noir et rouge. Le costume était un peu trop grand pour lui et semblait trop sérieux pour un enfant deux neufs ans, le contraste entre son âge et sa manière d’être était assez amusante. Face à la tenue de ce dernier, le sourire de Saul se crispa encore plus.

    « C’est trop ! Je vais mourir ! »

    Le garçon alla chercher des tasses, mais ne semblait pas atteindre l’étagère où elles étaient situées. Saul cette fois-ci, ricana.

    — Qu’est-ce qui te fait rire ? demanda Éva avec un regard agacé.
    — Rien. Je repense à une blague.
    — Encore cette blague ? Partage-la-moi si elle est si drôle.
    — Non, ça ira.

    Après avoir eu de l’aide, le jeune garçon servit un thé à tout le monde et finit enfin par se présenter.

    — Bonjour jeune homme, je suis Thomas Jiferson, les troisièmes créateurs du centre Kriger. Enchanté, finit-il en tendant la main à Saul.
    « Jeune homme… ? C’est plutôt ironique. Bref, essayons d’être sérieux. »
    — Enchanté M. Jiferson, vous devez sûrement déjà me connaître, mais je me veux me présenter comme il se doit, donc, je suis Saul Griess, Pian de première génération.
    — Tu es bien poli, mon garçon. Je pense aussi que tu sais pourquoi tu es là. Donc, venant on tout de suite au fait. Ton Pian, ma grand-mère m’en a fait part : Échec. Il est très intéressant et tu ferais sûrement un très bon héros avec un pouvoir aussi charismatique. Je ne suis pas là uniquement pour te faire des éloges, bien évidemment. Éva a déjà dû t’en parler, mais nous avons un homme à récupérer et qui se trouve en ce moment chez « Prométhée », je ne peux malheureusement pas te faire part des détails. Je ne vais pas non plus tout te réexpliquer étant donné que ça a déjà été fait. Alors, pourrais-tu, s’il te plaît, signer ça ? demanda-t-il en montrant une feuille après être revenu de son bureau.
    « Alors c’était ça, hein ? Elle me fait promettre un truc, pour qu’après je ne puisse plus me défiler. C’était ça la véritable raison… Parce que j’étais le plus simple à manipuler. Mais bon, la récupération de cet homme pourrait m’apporter plusieurs choses : des infos, les éloges et la confiance d’autrui, alors je ne vois pas pourquoi je m’en priverais. C’est plus un privilège qu’autre chose. »
    — Très bien. Donné moi un stylo et je signe.
    — Tu as accepté bien vite. Éva a fait pression sur toi ? Ça lui arrive de faire ça avec les gens, la phrase de Jiferson fit râler Éva.
    — Ahah… on peut dire ça. J’ai aussi accepté parce que ça peut m’apporter votre confiance par exemple et c’est pas rien, vous êtes un des créateurs après tout.
    — Je vois, c’est une bonne manière de penser. Voici le stylo.

    Saul prit la feuille et signa sans se poser d’autre question. On peut dire qu’il avait fait une double promesse. Une de mot et une d’encre.
    Jiferson reprit la parole après s’être rassis sur son fauteuil.

    — Ta famille est aussi un atout.
    — Hein ? Comment ça ?
    — Ta mère est un formidable médecin, de plus elle a travaillé dans l’armée en tant qu’infirmière. Ses connaissances en médecine sont incroyables et elle est donc un atout. De plus ton père est un ingénieur de génie diplômé par une des écoles les plus prestigieuses en ingénierie. Et même s’il a cessé cette activité, il a aussi d’excellentes qualités de comptabilité et nous manquons justement de comptable. Ton frère quant à lui bénéficie d’un QI de 139, ce qui est très élevé par rapport à la moyenne. Quand à toi, de base tu es un Pian, ton QI est de 127 et tu as de remarquables notes en plus d’avoir d’excellente condition physique. N’est-ce pas suffisant pour que votre famille soit un atout tant elle est exceptionnelle ?
    — Bah… Euh… c’est sûr que dit comme ça…
    — En toute honnêteté, je ne connaissais pas ton Pian, mais je voulais quand même te rencontrer pour par la suite m’entendre avec tes parents. Mais cela est déjà fait. J’ai déjà rencontré tes parents durant la nuit. Ils sont d’accord pour rester, mais ils attendent ta réponse.
    — Je vois… Nous allons donc tous rester, puisque j’ai décidé d’habiter ici.
    — Voici une excellente nouvelle !
    — Il y a pas mal réfléchi, commença Éva sur un ton monotone. Il ne savait pas trop au début. J’ai dû un peu l’aider à choisir… à se demander s’il a vraiment 127 de QI.
    — Ouais, ouais, c’est ça. Fichez-vous de moi tant que vous le pouvez.
    — Je te taquine, c’est bon, rooolala ! Sinon, il a aussi décidé d’entrer dans le lycée spécialisé.
    — Oh ! Vraiment ? C’est une autre bonne nouvelle, nous avons assez d’élèves pour remplir quasiment deux classes. Cela dit certains Pians sont moins utiles que d’autres, il va falloir diviser les classes. En dehors de ça mon garçon, je pense sincèrement que tu feras un très bon héros, conclut-il avec un sourire.

    Après avoir fini leur thé, Thomas demanda à Éva de ramener Saul à sa famille. Saul commençait à avoir faim, il était déjà plus de quatorze heures, et ça faisait déjà deux repas qu’il avait sautés. Juste avant de partir elle vérifia les bandages de Saul et en changea certains avant de se mettre en route.

    • • •


    Après avoir fait tout le chemin inverse, Éva lui indiqua la route qu’il devait prendre pour retrouver le restaurant où sa famille mangeait en ce moment. Après l’avoir mémorisé, il dit au revoir à Éva et fila vers l’endroit indiqué. Après une dizaine de minutes de marche, il arriva enfin à bon port. Il avait dû endurer les regards des gens en traversant les rues. Cela dit ce n’était pas désagréable comme les regards des gens dans la cafétéria, ce n’était pas de la peur ni du dégoût, mais de l’admiration. Tout ça pour ses actions héroïques lors de l’attentat.
    Il rentra dans le restaurant et après avoir localisé le début de calvitie de son père, il fila à la table où sa famille était.

    — Salut !
  • novembre 2017 modifié
    Voilà donc le chapitre 9 en espérant qu'il vous plaise î_î On progresse doucement dans l'histoire mais je pense que c'est essentiel pour créer un environnement et des personnages profonds ; dite moi si cette façon de faire vous va :smile:
    Sinon c'était très la déception de pas avoir eu de retour sur le chapitre 8 é_è J'ai mal a mon p'tit cœur :#
    Bon allez ! Bonne lecture :) et n'hésitez pas à créer vos personnages !
    _________________________________________________________________________________________________________
    Arc 1 : Nouvelle Génération.
    Chapitre 9 : S'occuper l'esprit.

    Les trois personnes autour de la table se retournèrent vers Saul. Le visage de sa mère qui était fatigué se transforma d’un coup, un grand sourire apparut sur ses lèvres et elle bondit de la chaise pour prendre son fils dans ses bras. Saul ne fit rien, il resta immobile en faisant coucou à son père et à son petit frère ; les gens dans le restaurant les regardaient avec un sourire amusé.

    — Mon fils ! Grâce à toi on va avoir une portion de nourriture en plus ! s’exclama-t-elle d’une manière théâtrale.
    « Je m’en doutais. »
    — Bon, allez, ne fais pas cette tête, je blague. Je suis vraiment heureuse que tu sois revenu et indemne en plus. Sans oublier que tu es devenu un héros en quelque sorte. Les personnalités politiques se battent pour savoir si oui ou non, vous êtes tous des dangers ou pas. Mais cela dit le problème ne s’arrête pas qu’aux politiques… il faut aussi convaincre la population et avec tous les attentats… Bref !
    — Indemne… hein…
    « Je me suis juste pris plusieurs balles. J’aurais pu mourir, rien de grave. »
    — Hum… chérie… indemne n’est pas le mot… reprit son père. J’espère que ça va guérir vite, dit-il à Saul avec un regard inquiet.
    — Hein ? Quoi ? Oh… j’avais pas vu les bandages… ça va, ils t’ont pas trop transformé en passoire ? L’important c’est que tu sois en vie ! continua sa mère.
    — Raaah, ça va, mais ça fait quand même un mal de chien. Sinon, vous avez l’air un peu fatigué, vous aussi vous n’avez pas dormi, je me trompe ? demanda Saul en s’adressant à son père à qui il venait de faire la bise juste avant de faire un chek à son petit frère.
    — Bah… ouais comme tu t’en doutes Saul, on est tous HS. Un homme est venu nous chercher à peine quarante minutes après l’attentat, j’ai même pas eu le temps de dormir. Seul Calvin a dormi un peu, expliqua son père en regardant son petit frère. Après on a filé en voiture jusqu’à une maison en pleine campagne et ont y est resté quelque heure avant d’être téléportés ici par une certaine Undine.
    — Je vois. Ça a été pareil pour nous, on a juste dû jeter la voiture dans…
    « Merde… On m’avait dit de ne rien dire… Va falloir que je me rattrape. »
    — Jeter la voiture ? demanda Calvin en jouant avec la nourriture de son assiette.
    — Ouais, en quelque sorte, on a dû la garer au milieu de nulle part, pas très loin d’une autoroute, c’était ça, où ont étaient grillé. C’est aussi pour ça qu’on a été long à arriver. On a dû se taper le reste du chemin à pied.
    — Et bien, tout s’explique maintenant, mais vous avez aussi été bloqué par la police, donc ça vous a pas mal pénalisé aussi, non ?

    Saul hocha la tête pour approbation et après avoir discuté avec sa famille, il commanda quelques choses à manger. Comme c’était sa première semaine ici, la moitié des choses était gratuite, il suffisait d’avoir une carte et que la date d’activation soit valide pour bénéficier de cela. Pâtes Carbonara. Simple, mais efficace, il était sûr que ça allait lui caler l’estomac. Après avoir fini de manger, sa mère lui posa la même question que deux autres personnes auparavant.

    « Pas deux sans trois, hein ? »
    — Yep, je veux rester ici. J’ai aussi vu M. Jiferson et on s’est entendu là-dessus.
    — M. Jiferson ! Ahahah ! commença son père. J’avais envie de rire quand je l’ai vu !
    — Moins fort, Greg ! répliqua sa mère. Moi, je l’ai trouvé plutôt mignon, finit-elle avec les joues rougies.
    — Il a trois ans de moins que Calvin et il dirige un complexe aussi énorme ! Ça n’a rien de méchant. Il est même plutôt impressionnant le nabot !
    — Greg… commenta sa mère en montrant du doigt les clients du restaurant qui semblait être agacé par les propos de celui-ci.
    — Ahah... ah. Ah. Excusez-moi, faites comme-ci mon existence n’existait pas.
    « Ça n’a aucun sens. »

    Après s’être repris, son père se leva de sa chaise pour sortir après avoir remercié les serveurs. Toute la famille suivit.
    Ils se dirigeaient actuellement vers leur maison, étant donné l’atout que leur famille représentait, il avait une maison un peu plus grande que la moyenne et bénéficiait d’une salle de musculation, ainsi que d’une petite piscine qu’ils partageaient avec deux autres familles. Saul ne put s’empêcher de penser que ce favoritisme attirerait les inégalités au sein du centre. Cela dit, il n’avait pas vu de quartier pauvre à proprement parlé, il y avait juste un quartier pavillonnaire, un autre un peu plus bourgeois, un quartier avec des petits immeubles à quatre étages et enfin un quartier étudiant. L’écart entre les « populations » était donc moins flagrant et ne résultait pas d’un manque d’argent ou d’une apparence douteuse. Uniquement une seule catégorie de gens bénéficiait de privilège social, et ça juste sur l’habitation. Et cette catégorie de gens n’a jamais demandé à être privilégiée, étant donné que ce sont les créateurs qui décidaient de qui devait l’être.

    En passant dans les rues, Saul ne put s’empêcher de remarquer que les maisons des privilégiés étaient toutes organisées par groupe de trois. En les observant un peu, il avait put voir qu'elles formaient une sorte de triangle et que chaque maison était utilisée par une famille choisie par un créateur différent à chaque fois, une chose qu'Eva lui avait expliqué juste avant qu'il ne se sépare. Autrement dit, si sa famille avait été choisie par M. Jiferson, pour être privilégiée, une autre famille aurait été choisie par un autre créateur et pareille pour la troisième famille.

    Organiser les maisons par groupe de trois devait avoir une utilité pour les créateurs, mais celle-ci était encore inconnue. Après avoir marché une vingtaine de minutes, ils arrivèrent devant leur maison, dont l’entré était plutôt banal, il fallait juste utilisé sa carte pour rentrer, pas besoin de clé. Il y avait aussi un code à rentrer, probablement si la personne oubliait sa carte.
    Une fois rentré, il vu une maison moderne, principalement blanche, avec des touches cyans et noires.

    Les couleurs étaient plutôt apaisantes ; la cuisine était assez basique, seul un îlot central montrait qu’elle était un peu différente, il y avait juste une marche à descendre pour atteindre le salon.
    À droite de l’entrée, il y avait un escalier qui amenait à l’étage, sûrement les chambres. Une salle de bain au rez-de-chaussée et le fameux escalier menant au sous-sol où se situait la salle de musculation. Juste derrière le salon se situait une porte coulissante qui débouchait sur la petite piscine couverte. Le toit vitré partait des trois maisons et finissait par se rejoindre en formant un triangle arrondi. Cela dit la vitre était teintée pour pas que les gens se trouvant à l’extérieur ne puissent voir ce qu’il se passe à l’intérieur.

    Après s’être émerveillé de sa nouvelle maison, il fit comme le reste de sa famille et fila dans sa chambre. Elle était blanche et impersonnelle, normal étant donné qu’il venait d’arriver, mais cela ne le dérangeait pas. Celle-ci n’était pas spécialement spacieuse, les meubles étaient juste assez bien rangés pour avoir une dizaine de mètres carrés pour lui. Cela dit, de sa chambre, il avait une magnifique vue sur tout le centre. Étant près d’une des montagnes, il voyait presque toute la ville.

    « C’est pas si mal… »

    Il s’allongea sur son lit, et finit par s’endormir.

    • • •


    Un son le réveilla brusquement ; il eut du mal à ouvrir ses yeux.
    Le son semblait venir de son nouveau téléphone dans lequel il avait ajouté tout les numéros de portable ; cela lui avait prit une bonne demi-heure et l'avais fatigué plus qu'autre chose.
    Après avoir fixé quelque temps son téléphone, il le prit. Dix-sept heures trente.
    Appel manqué : Jade la chieuse.

    — Sérieux… elle veut quoi...?

    Il prit le téléphone et la rappela. Le portable sonna deux fois avant qu’une voix survoltée ne réponde.

    — [Allo !? Hey ! Hey ! Viens voir mon appartement ! Il est trop bien ! Ahaha !]
    « Sainte Marie mère de Dieu, m’a-t-elle vraiment appelé uniquement pour ça… ? »
    — Oui… Ça ne me dérange pas de venir, mais comment t'as eu mon nouveau numéro de téléphone...? Et t’as prévu de faire un truc ?
    — [J'ai demandée à Éva et oui, oui, on va faire un truc ! Jamais content, hein ? J’avais pensé à aller au bowling, apparemment c’est gratuit la première semaine ou ont arrivent, mais vu mes jambes, c’est pas possible. Donc on va faire un Uno !]
    « Best activité ever. »
    — OK OK, bah je viens. Sur la carte qu’ils nous ont donnée, tu te situes où ?
    — [Hmm, première rue à droite du quartier étudiant, tu ne peux pas louper le bâtiment ! C’est un gros bloc. Bon, je t’attends !]
    — … À tout de suite, finit-il en soufflant.
    « Bon, bah je vais laisser un mot sur la table pour prévenir papa et maman… »

    Saul se leva de son lit avec difficulté. Le soleil commençait déjà à être bas dans le ciel, les journées de début d’année scolaire étaient courtes, il faisait nuit noire à dix-huit heures, sans oublier que les montagnes cachaient le soleil et jetait leurs ombres sur la ville à, à peine dix-sept heures trente. Après avoir pris un morceau de papier qui se trouvait dans son sac à dos, il écrit le message pour ses parents. Il prit sa carte et son téléphone et sortit juste en pull ; il n’était pas particulièrement frileux, alors sortir comme cela ne le dérangeait pas. Il posa le papier sur l’îlot central de la cuisine et sortit de la maison sans attendre. Le ciel était déjà bien sombre et Saul se demanda s’il y avait de la délinquance même au sein du centre.
    Il marcha une vingtaine de minute et finit par arriver à la grande place, un visage familier apparut devant ses yeux. Yan était assis sur un banc qui se situait autour de la fontaine centrale. Les écouteurs sur les oreilles il semblait dessiner. Saul lui tapota l’épaule.

    — Hey. Un artiste dans l’âme ? demanda Saul en s’asseyant à côté de lui.
    — Oh, je ne pensais pas te voir ici, marmonna Yan avec les yeux rouges. Artiste je dirais pas ça… disons que j’ai toujours eu du mal à m’exprimer… hum… verbalement, donc j’ai fini par me trouver une roue de secours pour transmettre ce que je ressens, finit-il alors qu’il dessinait d’une manière très réaliste, la fontaine et tout le paysage qui se situait derrière.
    — Une manière de transmettre ce qu’on ressent, hein…
    — Oui. J’ai toujours des soucis avec ma famille, pour d’autres personnes ce ne serait sûrement rien, mais je n’ai jamais souhaité être ce que je suis et qui je suis—
    — Hum… mec pas besoin de me dire tout ça…. Ça a plus l’air de te faire du mal qu’autre chose.
    — Me faire du mal… Peut-être, mais c’est une chose dont je n’ai jamais parlé à personne. Encore moins à mes parents, continua-t-il d’une voix monotone. J’ai jamais eu d’amis parce que j’étais le fils d’un chef mafieux, alors tous mes camarades mafieux et autres avaient peur de moi. Donc, même si on ne se connaît seulement depuis quelques jours, j’aimerais pouvoir te parler de ça, d’ami à ami, dit-il en regardant son dessin d’un regard vide.
    « Euh… il me prend au dépourvu là… il a un cruel manque d’attention… »
    — P-Pas de soucis… de toute façon, je te prenais déjà pour un pote. Puis pour la mafia, ton père n’a pas l’air méchant, je ne vois pas pourquoi les gens auraient peur de lui, répondit Saul avec un sourire. Si tu as besoin de parler, vas-y.

    La mine de Yan s’assombrit un peu suite à ses mots. Puis il releva la tête et sortit une bouteille d’eau de son sac à dos, il but un peu et reprit.

    — Oui, mais tu dois sûrement savoir que les gens changent. Mon père faisait du trafic d’organes avant que ma mère ne soit au courant. Quand elle a fini par le savoir, elle a tout fait pour changer les choses, mais mon père m’avait… il fit une pause en réfléchissant au mot, qu’il allait dire. Il m’avait déjà appris ce qu’il fallait faire pour diriger ce genre de trafic. J’ai vu tout ça et jamais une seule fois mon père ne s’est inquiété des… hum… répercussions que ça pouvait avoir sur son propre fils et sa famille. Après étant donné qu’on a changé d’activité, on a dû changer de pays. On a quitté la Russie et on est venu en France rejoindre la famille de ma mère. Et une fois de plus, on me donne des responsabilités qui me dépassent…

    Saul ne répondit pas directement. Il regarda le ciel qui s’assombrissait de plus en plus et prit une grande inspiration. Il se gratta la tête et regarda son ami droit dans les yeux
    « Tout le monde a des problèmes, hein… »
    — C’est aussi une des raisons pour laquelle tu as décidé de venir ici, non ?
    — Oui, honnêtement, ça me permet de fuir un peu tout ça et de souffler. Cela dit, j’étais assez… hum… re-ti-ssant par rapport à ce centre.
    — Bref ! Pour le moment, pensons à autre chose ! Ça te dit d’allez chez Jade ? J’y allais.
    — Oh d’accord… Pas de soucis.

    Après avoir appelé Jade pour connaître le chemin précis pour rejoindre sa maison, Saul et Yan marchèrent jusqu’à son immeuble. Il était à quatre étages et comme l’avait prévenu Jade, il ressemblait plus à un simple bloc avec des vitres, qu’à une habitation. Saul sonna chez Jade après avoir cherché son nom de famille sur les interphones. Un peu après, une voix de femme décrocha.

    — Bonjour, qui est-ce ?
    — Hum… Bonjour, Madame, c’est Saul, je suis avec un ami, Jade voulait qu’on vienne voir l’appartement.
    — Oh, Saul ! Jade m’a mis au courant pour toi, mais pas pour ton ami, mais c’est pas grave, monter ! Premier étage, porte-numéro 3.

    Un son se fit entendre au niveau de la porte d’entrée, et une fois l’avoir passé, ils arrivèrent devant un escalier. Les marches étaient simples, cubiques, comme le reste du bâtiment.
    Une fois arrivés à l’étage, Saul et son ami s’avancèrent vers la porte 3 qui se situait à gauche de l’escalier. Saul hésita à appuyer sur la sonnette. La mère de Jade savait pour ce que son père avait fait, mais qu’il soit un Pian avait sûrement dû faire prendre conscience à la mère de Jade, de pourquoi il avait agi ainsi. Et elle allait probablement vouloir en parler. Et ça, au plus profond de lui, ça lui faisait peur. Alors qu’il hésitait, Yan lui demanda ce qu’il lui arrivait. Saul lui répondit juste qu’il était dans la Lune et appuya sur la sonnette. La porte finit par s’ouvrir laissant apparaître une dame aux cheveux châtain assez longs, aux yeux vert et habillé d’une chemise à carreau gris et d’une jupe marron. Ses yeux étaient cernés et elle avait une mine affreuse. Elle semblait avoir repris un peu de poids.

    « Et bien, elle n’a pas changé. »
    — Bonjour, Madame, vous avez une meilleure mine que la dernière fois, déclara Saul en adressant un sourire à la mère de Jade.
    — Meilleure mine ? chuchota Yan.
    — Bonjour bonjour... s’exclama-t-elle avec un manque d’énergie qui contrastait avec sa fille. Entrer, faites comme chez vous. Désolé Saul, Jade t’a fait venir pour pas grand-chose. Raaaah… JADE TES AMIS SONT LA !
    « Elle a dû se remettre à boire du café… »

    Jade arriva en chaise roulante avec un air de chien battu qui se transforma très rapidement en une grandiose et déconcertante expression de joie.

    — Oh ! Yan ! Venez voir ma chambre !
    — Assise où debout t’es toujours aussi petite, déclara Yan avec un air provocateur.

    Jade lui fit un doigt d’honneur discret que Yan ne vit pas. L’acte fit sourire Saul, qui s’avança dans la maison. L’endroit était plus coloré que sa maison ; l’entrée était dans des couleurs plutôt chaude, marron et orange. Le reste de l’appartement semblait être dans des tons clairs et agréables, avec l’utilisation d’un vert très clair se rapprochant du blanc et se mixant très bien avec le marron. L’ensemble créait une atmosphère chaleureuse. À gauche de l’entrée se situaient la salle de bain et les toilettes et face à eux se situait le salon, qui était directement connecté avec la cuisine. Il n’y avait que deux chambres, qui se situaient à droite de l’entrée.
    Yan avança à son tour et ferma la porte. Il regarda la mère de Jade et lui serra la main après que Saul lui ait fait la bise.

    — Enchanté, je suis Sarah Pixe. Et toi ? demanda-t-elle à Yan.
    — Yan Carpof, enchanté.
    — Bien bien... Vous voulez quelque chose à boire ?
    — Et bien… du coca, vous avez ? répondit Saul en enlevant ses chaussures.

    Yan demanda la même chose, mais ne prit pas la peine d’enlever ses chaussures. Ils partirent en direction de la chambre à Jade. Les murs étaient peints en gris et la chambre ressemblait plus à une chambre de garçon qu’à autre chose. Ce qui ne collait pas avec son physique de fille mignonne et docile. Des affiches de groupe de Rock étaient placardées sur les murs et dans le fond de la pièce, derrière son lit se dessinait une guitare électrique. Depuis longtemps elle était passionnée par le Rock, principalement de Rock alternatif qu’elle appréciait plus que toutes les autres musiques. Saul avait aussi été surpris quand il avait appris qu’elle savait faire du piano, un instrument bien plus classique. Un ampli était posé au sol sous son bureau et était directement relié à la guitare.
    Yan s’assit sur le lit à Jade avec un léger sourire. Elle avança son fauteuil vers la guitare et la prit dans ses mains. Elle fit vibrer la corde du Mi aigu et joua un solo de guitare de quelques secondes.

    — Ça te rappelle quelque chose Saul ? Éhéh !

    Jade n’eut pas de réponse.
    Saul se voyait sur la scène jouant de la batterie avec plusieurs autres personnes autour de lui. Ils jouaient tous d’un instrument de musique, tandis qu’une fille devant chantait. Puis, sa vision devint floue et tout autour de lui se mit à couler. Tout devint gris, rouge, les visages troubles des personnes devenaient effrayants. Et dans sa tête, résonnèrent quelques mots qui lui faisaient extrêmement mal : tu sais, tout est de ta faute.

    — Hey, Saul, dit Yan en regardant son ami avec un regard appuyé.
    — Ouais… désolé... Ça me rappelle des souvenirs, c’était sympa comme période ! se reprit Saul. Surtout l’époque où l’on était encore un petit groupe.
    — Ahah ! Pas vrai !? Ça aurait été tellement cool qu’ils soient encore là… le regard de Jade devint triste pendant un instant, puis elle se métamorphosa d'un coup. Ça fait longtemps qu’on n’a pas chanté « Poing lié », héhé, tu veux ?
    — … Pas spécialement. Pis… je ne sais pas chanter.
    — Mytho.
    — J’en suis pas un—
    — Mytho.
    — Tu peux—
    — Mytho.
    — Ta gueule ! Laisse-moi parler, putain !
    — Tant de grossièreté ! s’exclama Jade avec une mine faussement outrée.
    — Je ne suis pas chaud pour chanter, c’est tout. Peut-être que je chanterai plus tard, mais là non...

    Yan semblait assez surpris que Saul sache chanter, il avait plus la tête à être bon en sport. Après avoir regardé Jade et la guitare, on toqua à la porte, ce sur quoi Saul alla l’ouvrir. La mère de Jade apportait à boire. Tout le monde la remercia et elle repartit visiblement dans ses pensées. Saul ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle allait le questionner à un moment ou à un autre, ce qui le crispait. Il prit la guitare à Jade et commença à en jouer, l’ampli capta les quelques notes et les sons résonnèrent doucement dans la pièce. Puis Jade changea les réglages de l’ampli. Les sons devinrent du bruit. Ce qui fit trembler les murs. Cela fit sursauter Yan et Saul.

    — Ahahah ! Vous auriez vu vos têtes ! On aurait dit que vous veniez de tomber sur un cadavre !
    — Si peu de féminité balança Yan en fixant Jade avec des yeux vides, mais pourtant plein de sens.
    — Hey ! Le russe ! On ne dit pas ce genre de chose à une fille ! cria Jade avec un air énervé qui la rendait plus ridicule que terrifiante.

    Après quelque temps Saul demanda ce qu'il allait faire après, il se dit qu'un bowling pourrait être sympa. Saul s’en voulait d’être venu juste pour voir un appartement, mais au moins il n’était pas seul avec Jade et après tout il avait fait plusieurs parties de Uno. Une bonne heure après, vers dix-neuf heures trente, Saul et Yan décidèrent de partir. La nuit était complètement tombée et il y avait un couvre-feu à vingt-deux heures pour éviter que la ville ne soit trop visible par satellite. Juste avant de partir Jade lui tendit quelque chose.

    — Pourquoi tu me redonnes ça ?
    — C’est pourtant simple, je ne fais pas de guitare acoustique et de base c’est la tienne, mais maintenant elle m’encombre, donc je te la rends.
    « Si tu savais à quel point cette guitare m’encombre aussi… » pensa-t-il la tête dans les nuages.
    — Si tu le dis… je la reprends alors… finit-il en prenant la guitare qui était emballée dans un sac — pour guitare —.

    Il franchit enfin la porte avec le sentiment d’avoir échappé à la mère de Jade. Yan ne l’attendit pas, il l’avait prévenu qu’il devait faire des courses pour pouvoir manger.
    Il avait le cœur un peu plus léger. Avait-elle oublié ? Ou bien s’était-elle tue par peur ? Dans tous les cas, il sentait qu’il avait raté un truc. Oublier de faire une action… ou n’importe quoi d’autre. Après quelques pas, Saul s’arrêta et regarda la mère de Jade qui fermait la porte.

    — Parmi toutes les choses que vous pouviez ramener de chez vous, pourquoi cette guitare ? En plus maintenant, vous savez…

    Pendant quelques secondes, il n’eut pas de réponse, puis elle répondit enfin avec un visage complètement neutre.

    — Oui, je le sais depuis que tu es passé aux infos. Elle avait beaucoup de valeur pour toi cette guitare. Tu nous la donner pour que ça t’enlève un poids qui t’était difficile à porter. Cela dit, maintenant tu es un ado, c’est à toi de décider de laisser tes souvenirs prendre la poussière ou bien de les entretenir. Désolé pour tout ça… mais nous en reparlerons une autre fois, je ne veux pas que tu te sentes mal à l’aise, conclut-elle avec un sourire gêné en fermant pour de bon la porte.
    « Laisser ses souvenirs prendre la poussière ou bien les entretenir… ouais, c’est pas dit que j’y arrive. Mais on va tenter. Puis j’ai sûrement perdu la main… »

    Après avoir divagué dans les rues et avoir marché sans réel but, il décida d’envoyer un message à ses parents — grâce à un nouveau téléphone que l’État avait donné pour éviter que les Pians ne soit pistés —, et partit en direction du bowling pour s’occuper l’esprit.
  • Comment Saul peut-il voir que les maisons "en triangle" sont habitées par des personnes choisies par des créateurs différents ? Y'a le nom du créateur qui a attribué la maison sur la porte ?

    "La porte toqua" -> "On toqua à la porte" plutôt ?

    A la fin il a un nouveau téléphone, au milieu du chapitre il reçoit pourtant un appel de Jade. Sur son ancien téléphone ? Ou sur le nouveau et ils s'étaient échangés leurs nouveaux numéros auparavant ?

    Bon, sinon les deux derniers chapitres sont sans grande surprise je dirais. On nous laisse des zones d'ombres sur le passé du héros qui pourraient expliquer un peu son caractère pas forcément très agréable pour le moment je trouve. Jade est de loin le personnage le plus attachant, ce qui me semble volontaire.
    Comme tu l'as dis, ce sont des chapitres de mise en place. Pas passionnants mais nécessaires : j'ai le même "passage calme et rempli d'infos après une action continue" dans mon récit. Sauf que toi tu te trimbale des ados moderne, c'est encore plus galère à gérer ^^
  • novembre 2017 modifié
    J'ai tenté de corriger tout les points abordés ci-dessous, n'hésitez pas à me dire si ça rend bien (ou mieux).
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    Saul sais que les maisons sont organisées "en triangle" en les observant, comme quand tu marches dans la rue, tu peux savoir à quoi ressemble une structure juste par déduction, et sachant qu’il a fait le tour de plusieurs patté de maison en rentrant chez lui, je pense que c’est normal qu’il le sache '-' Il ne sait pas que les 3 maisons différentes abritent 3 familles choisies par un créateur en particulier, c’est le narrateur d’un point de vue omniscient qui lâche cette information pour permettre au lecteur de tout bien rangé dans sa tête, mais vu ton message ça a pas fonctionné xD Donc à corriger.

    Pour la porte, je vais corriger î_î

    Pour le téléphone (c’est bien le nouveau, l’ancien il va en faire un truc, mais plus tard), je pense qu’on peut se passer des détails superflus tels que l’ajout de passage où Saul rentre les numéros de chacune de ses connaissances. C’est quelque chose qui se fait normalement. Puis, je crois que quand on transfert la carte SIM dans un autre portable on garde ses données, alors je ne pense pas que rajouter un passage soit à 100 % utile, mais cela permettrait effectivement de clarifier la situation. Je vais voir si je rajoute :o

    Je suis bien d’accord pour les 2 derniers chapitres x) on m’a fait le reproche que cela s’éternisait sur les chapitres d’après, mais bon, encore une fois, et comme tu l’as dit, je pense que c’est essentiel.

    Le personnage principal n’est pas agréable, il est moqueur, assez renfermé, avec d’autres petits défauts, et c’est fait pour xD Pour moi, si on fait un perso nickel dès le début (comme beaucoup de novel [je ne parle pas forcément d’ici hein :* ]), on ne peut pas le faire progresser (ou en tout cas pas assez à mon goût) aussi bien sûr le plan moral, technique que physique (par des entraînements, des événements etc.). Pour les zones d’ombres sur son passé, ça va vraiment être donné par gouttes.
    Jade, oui, c’est voulu x) Il faut bien compensé le sale caractère de Saul avec un perso plein d’entrain et de bonne humeur, et puis bon, faut aussi que la personne qui m’a demandé ce perso ressemble à ce qu’il souhaitait xD

    Après pour les ados, je fais de mon mieux, mais j'avoue que c'est un peu galère é_è Surtout que par la suite va y en avoir beaucoup :( Mais bon, au moins ça veut dire que pas mal de monde s’intéresse à mon histoire, donc je vais pas m'en plaindre !

    Comme d'habitude, merci pour ton commentaire, surtout que celui-ci a permit d’éclaircir les zones d'ombres sur l'histoire (ou plutôt sa trame et sa logique).
    Enfin bref ! A plus et bonne fin de week-end !
  • novembre 2017 modifié
    Pour le portable, pas besoin en effet d'un passage où ils échangent leurs numéros. Mais un où on leur remet leurs nouveaux portables et on leur explique de ne plus se servir des anciens ou un truc comme ça ?

    Sinon oui, éviter le manichéisme et les personnages trop parfaits c'est pas simple. d'autant que c'est un des trucs auxquels je suis le plus attentif dans mes propres lectures.

    Et paradoxalement, dans mon propre récit je joue la facilité dans le sens où je ne me force pas à leur donner de gros défauts (je n'ai pas la qualité d'écriture pour le faire sans que ça se voie de toute façon). Mes héros apparaissent donc sans doute simplement "gentil" ? Pas impossible.
    Les différences de personnalité entre mes "héros", leur évolution... ça mettra plus de temps à se faire que chez toi peut-être, l'évolution sera plus "douce". Enfin, si "douce" est un mot adapté... bref, je sais quel est le destin final de mes personnages principaux, la route reste à écrire.

    Pour info, je ne vais arriver au stade où tu en est ici (début de l'évolution de personnages dans le sens physique/puissance, ou du moins je suppose que tu vas suivre cette route ?) qu'après le chapitre 20 moi, donc ceux qui te reprochent d'être lent...^^
    Sur ce côté là je serai pas mal inspiré de la première partie de Panlong et, dans Panlong justement, le premier livre, la première trentaine de chapitre, franchement il se passe pas grand chose non plus ! Mais on en apprends énormément sur l'univers. Ça parait normal de poser de bonnes bases si on veut aller loin.

    Sinon, si tu as un ou des endroits à me proposer pour avoir plus de lecteurs, retours et conseils sur mon histoire je ne dirais pas non. Pour le moment je ne poste qu'ici.
  • novembre 2017 modifié
    Effectivement, je vais rajouter un passage où leurs portables sont donnés, ça me semble mieux î_î

    Je n’ai pas encore lu assez de ton récit pour savoir si tes protagonistes sont "simplement gentil", donc je ne vais pas m’avancer là-dessus.

    Après pour une évolution douce (pour moi c’est le terme adapté '-'), je pense que c’est assez compliqué à faire et que ça demande une certaine expérience (je dis ça sans prétention, surtout que je ne sais pas si ma méthode sera la bonne).

    J’espère pour toi que les lecteurs vont pas trop se plaindre des moments de calme x) parce que 20 chapitres quand même xD ça fait pas mal !

    Pour les endroits où peut avoir plus de lecteurs (et surtout des avis constructifs pour progresser), je te conseille Scribay, même s’il nécessite un engagement dans la communauté, tu vas normalement être servi. Je te dis ça de mon année d’ancienneté sur le site (si je ne dis pas de connerie o_O). Après tu as Wattpad, mais je le trouve bof, surtout pour des LN sachant que le site est une plateforme pour roman de base (tout comme Scribay, mais ce site est moins ouvert je trouve), mais tu peux toujours trouvé ta petite communauté en creusant un peu. Après t’as d’autres petits sites comme Imaginae, ainsi qu’un autre dont je m’en souviens plus le nom, mais il est plus fait pour les fanfics et les romances.
    Tu as aussi le NaNoWriMo (pour National Novel Writing Month), c’est un truc où tu dois tenté (oui, je dis bien tenté xD) d’écrire un roman de 50 000 mots (ça fait environ 170 pages), et ça en un mois '-' J’ai tenté, j’y suis pas arrivé xD Cela dit si t’y arrives et que tu es retenu... Olala :* Tu peux t’attendre à une bonne notoriété :) Mais c’est très chaaaaaud, faut au moins faire le plan à l’avance, etc.
    Sinon, t’as aussi FIRECAMP, qui est très utile pour l’organisation, mais je ne sais pas si les gens ont accès à tes textes.
    Je te mentionne histoires que tu ne loupes pas tout ça (et je n’ai pas mis les liens parce que c’est interdit... je crois...) @Borghan

    Sur ce, j’espère que ça te sera utile :)
  • novembre 2017 modifié
    Scribay est un site intéressant et... Intimidant je dirais.

    Je n'ose pas y publier mon texte en l'état actuel, faudra d'abord que je gomme au maximum les défauts des premiers chapitres : débutant, face à la page blanche, je n'étais pas très a l'aise et n'ai pas assez travaillé les descriptions. En outre, je n'ai pas réussi à me décider tout de suite sur le point de vu de la narration. Sur mes chapitres plus récents j'en arrive plus à faire comme toi et voir les choses des yeux du héros au maximum plutôt que d'un narrateur omniscient (point de vu que je trouve moins intéressant). Je dois retravailler certaines tournures de phrases.

    Bref, j'ai encore du chemin à faire. Merci pour ces infos !

    Pour ce qui est de l'entame de mon récit, il faut en effet 20 chapitres (j'ai fini le 21 actuellement et il pourrait peut-être marquer la fin d'un premier arc... Quoique. J'ai du mal à découper mon histoire en arc pour le moment, ces premiers chapitres en tous cas se déroulent tous sur un temps court, à peine plus d'un mois sur une histoire qui va avoir plusieurs sauts dans le temps, parfois de plusieurs années). Bref, il faut ces chapitres pour en arriver au stade que je m'étais fixé comme point de départ dans ma tête au départ mais... C'est pas comme s'il ne se passait rien non plus. J'oserai même dire qu'il se passe plus de choses dans ce début que dans bien d'autres livres sur tout autant de pages au début. C'est juste que jusque là on ne sera pas pleinement entré dans le "fond du sujet" disons.

    Pour ton histoire de 50.000 mots en un mois, c'est un peu l'industrie ce truc ! Bon, si je regarde ce que j'ai fais, j'y suis peut-être... J'ai écrit entre 50 et 60.000 mots sur l'héritage du feu actuellement, et ce en à peine plus d'un mois. Mais je pensais à cette histoire depuis un moment aussi.
  • novembre 2017 modifié
    Un chapitre bien court, mais que j'ai essayé oppressant, j'espère que l'effet sera là :) Sur ce bonne lecture !
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    Arc 1 : Nouvelle Génération.
    Chapitre 10 : Chloroforme.

    Cinq minutes de marche. Exactement le temps que lui avait donné une dame après lui avoir demandé comment y aller. Il n’était pas loin du centre-ville et l’entrée était assez grande. Deux portes coulissantes, dont les vitres, étaient teintées, une musique sortait de celle-ci. Du Funk. Saul pensa que les propriétaires avaient de bons goûts ; juste avant de rentrer, il regarda la grande pancarte clignotante du bowling, elle faisait très : « Las Vegas ». Après être entré il dut passer sa carte dans un sas, une fois de l’autre côté, il vu le guichet et s’en approcha. Un homme d’une vingtaine d’années le tenait et dit salua Saul avec un grand sourire.

    — Bonjour ! On m’a dit que le bowling était gratuit pendant une semaine après notre arrivée, alors je viens en profiter.
    — Oui, c’est bien gratuit, je vous réserve un couloir pour combien de personnes ?
    — … U-Une.
    — Aaah ! Ça ne fait pas beaucoup, répondit-il avec un ton ironique.

    Un carnet en papier sortit d’une des étagères placées derrière le guichet et se déposa dans la main de l’homme. Il nota toutes les données sur la carte à Saul et le carnet s’envola une nouvelle fois, mais cette fois-ci, vers l’étagère.

    — Chouette PIAN, déclara Saul avec un petit sourire.
    — Merci. Puisque vous êtes seul, vous pouvez essayer de vous mettre avec un autre groupe étant donné que c’est gratuit, vous ne perdez pas d’argent, venez juste me voir avant pour que je libère le couloir.
    — D’accord…
    « Encore faut-il que je trouve quelqu’un… »

    Saul s’avança vers son couloir, le numéro 6. À côté de lui, à sa droite se trouvait un groupe de trois couples de son âge. Et à gauche une famille de cinq personnes.

    « Une femme, trois filles… pauvre père. »

    Sa pensée le fit sourire aigrement, ce genre de sourire combiné à une tête penchée le rendait assez effrayant. Le visage de Saul était ce qu’on pourrait dire, être un visage de beau-gosse, mais puisqu’il ne dormait pas assez, il avait toujours des cernes sous les yeux, de plus, le manque de sommeil abîme la peau, ce qui fait fuir les filles les moins téméraires.

    Deux filles étaient passées outre ses petits défauts, mais ils les avaient éconduites, non pas parce qu’il ne voulait pas être en couple, mais parce qu’il savait que cette fille allait découvrir son PIAN, il n’avait pas peur que ce soit lui qui soit découvert, mais plutôt qu’il ne voulait pas que la fille ait des problèmes à cause de lui.
    Il s’arrangeait toujours pour ne pas blesser ou vexer la fille. Même s’il ne veut pas l’avouer, ses intentions ont toujours été nobles.

    De plus ses cheveux de trois couleurs le rendaient assez visible aux yeux de tous. Ses cheveux alternaient entre des mèches blanches, grises et noires. Il disait toujours que c’était une teinture pour éviter de se faire repérer. Cela dit il ne se coiffait jamais étant donné que ses cheveux formaient facilement des nœuds. Quand vraiment il en avait marre, il prenait les nœuds en question et les coupait aux ciseaux. Certaines mèches étaient donc plus longues que d’autres, mais cela n’enlevait rien à son charme, était donné que ces mèches en moins le rendaient encore plus charismatique.
    Malgré tout ça, quand il venait à sourire aigrement, c’était son vrai sourire qui apparaissait. À son grand désespoir. Comme dit plus haut, s’il baissait la tête en même temps, son visage s’ombrait et le rendait plutôt terrifiant pour certains, et plutôt désagréable pour d’autres qui prenait son sourire pour du mépris. Et là commençaient les ennuis. Et vu le regard des trois couples à sa droite, ils avaient pris ça pour du mépris, mais ne dirent rien et se remirent à jouer.

    « Aaah… j’ai apparemment échappé aux problèmes pour cette fois… »

    Lui-même n’aimait pas son sourire, il lui attirait bien trop de problèmes.
    Il s’assit sur le canapé en face de son couloir et après avoir posé sa guitare, il consulta son téléphone.
    Il avait reçu un message de son père, comme quoi, ils allaient manger dehors. Il avait été envoyé il y a un peu moins d’une demi-heure, donc sa famille devait déjà être actuellement en train de manger.

    Pendant une dizaine de secondes, Saul regarda le sol, les murs, le plafond. Tout était propre. Saul repensa à la conversation qu’il avait eue avec Tony sur l’entretien du centre, des bénévoles, des entreprises propres au centre, des gens payés par l’État, nettoyait, sécurisaient et tenaient aux normes toutes les installations, et ça tous les jours. Ils alternaient bien évidemment entre chaque système, un coup c’était les entreprises, une autre fois l’État, etc. Sans oublier le fameux M. Propre, un Pian qui s’était ironiquement appelé comme cela à cause de son pouvoir, qui lui aussi avait la capacité de nettoyer. Tout était fait pour une parfaite hygiène de vie et donc pour qu’aucun animal nuisible, principalement les rongeurs, telle que les souris ou les rats envahissent les lieux. Il repensa au fameux rat qu’il avait vu à la porte d’entrée, quand lui et son groupe étaient arrivés au centre.
    Après s’être rendu compte qu’il divaguait complètement, Saul se leva, prit une boule de bowling et la fit rouler vers les quilles. Celle-ci partit en biais après seulement trois mètres et finit dans la fosse. C’était au tour des couples d’à côté d’avoir un sourire moqueur et aigre. Saul essaya de faire abstraction et réussit visiblement à se calmer. Il en tira une deuxième qui finit aussi dans la fosse.

    « Hmm… Je suis toujours aussi nul. »

    Il retenta le coup, mais il rata encore. Une troisième. Une quatrième. Les couples finirent par rigoler ; Saul souffla face à sa nullité.

    — Raaah ! Aucune progression… la dernière à même finit dans la fosse après seulement un mètre parcourut, grogna-t-il en fixant les quilles.
    — Hum… excuse-moi…
    — Oh. Je vous excuse, répondit Saul avec un sourire amusé en voyant une dame d’une quarantaine d’années apparemment intimidée en face de lui.
    — Hmm… Ma famille et moi… on a remarqué que tu étais tout seul, donc on c’est dit que tu pouvais jouer avec nous… si… tu le veux, bien sûr ! finit-elle d’une manière assurée en relevant son index.

    Saul fut quelque peu surpris par la demande, mais il accepta avec un grand sourire — qu’il arrivait à déformer pour qu’il soit plus « beau » —. Après être descendu prévenir le Monsieur au guichet, il retourna à son couloir récupéra sa guitare et fila vers la table d’à côté. Saul l’avait déjà remarqué, mais une des filles, qui devait avoir son âge avait les yeux d’un noir abyssal. Autrement dit, le sclère de ses yeux était parfaitement noir ; ont avaient aussi beaucoup de mal à distinguer ses pupilles étant donné qu’elle était noire elle aussi. Enfin, presque noires, plutôt violet très foncé.
    Après avoir fixé ses yeux pendant quelques instants, il revint à lui et se présenta comme il se doit.

    — Et bien… Bonjour et merci pour votre proposition, ça me fait vraiment plaisir. Je suis Saul Griess. Enchanté.

    Il eut comme réponse, un long silence ou la famille entière l’analysait. Il ressentait une grande pression et un profond malaise, ce qui était rare chez lui.

    — Toi ! cria l’adolescente aux yeux noirs avec un accent anglais à peine audible. T’es le mec qui a soulevé des terroristes ! J’ai vu la vidéo !
    — Maintenant que tu le dis… déclara une autre des filles qui semblait être sa grande sœur.
    — Enchanté ! Vous êtes une sorte de héros maintenant, déclara avec admiration le père. Cela dit, comment avez-vous fait pour arriver ici aussi vite ?
    — Aaah… Euh… Ouais, j’ai dû me battre contre les terroristes, c’était pas une partie de plaisir…

    Les personnes présentes dans la pièce c’était retourné, à l’écoute.

    « Arf… »
    — Et c’est grâce à quelqu’un qu’on est arrivé aussi vite. Moi et tous mas familles bien sûr. Et avec mon amie.
    — La petite fille blonde avec toi, c’était ton ami ? demanda la plus petite des filles.
    — Oui, elle a mon âge, malgré son apparence…
    — Ohoh ! C’est fou ! s’exclama la jeune fille aux yeux noirs. Je suis Léa Miller, enchanté !

    Tout le monde se présenta succinctement, et ils commencèrent la partie. Saul ne pensait pas trouver une famille si aimable en se ramenant seul au bowling. Une rencontre sympathique.
    Sans grande surprise, Saul fut dernier de la partie, Léa lui remonta le moral en commandant quelque chose a mangé pour lui au petit restaurant du bowling.
    Avant de partir, la jeune fille lui demanda aussi s’il pouvait jouer de la guitare, il hésita, mais décida d’en faire un peu.

    — J’ai surement perdu la main depuis le temps, vous attendez pas à un truc incroyable.
    — C’est pas grave ! dit Léa en fronçant les sourcils tout en souriant. Après tout tu as fait du bowling sans savoir y jouer.
    « Tellement de tact. »
    — Lé-Léa, ce genre de chose ça ne se dit pas, déclara sa mère avec un ton troublé.
    — Je ne sais pas de qui elle a pris ça, répondit la plus grande des sœurs.
    — Oui, effectivement je ne vois, continua le père avec un sourire amusé aux lèvres.
    — Bon… Je commence.

    Le son de la guitare leur vint aux oreilles. À peine quelques notes avaient déjà sonné que l’atmosphère était apaisée. Saul ne se rendit pas compte de l’effet de sa musique. Il ne s’en était jamais rendu compte, pourtant il avait toujours été bon, mais se convainquait lui-même de n’avoir aucun talent. Pourtant, la musique qu’il composait qu’elle soit écrite, ou faite à l’improviste, comme maintenant, transportait toujours ses sentiments.

    Après avoir écouté en silence la mélodie de Saul, ils le félicitèrent d’être aussi bon et décidèrent de partirent.

    Saul, lui, décida de marcher un peu de son côté. Il n’aimait pas plus que ça être seul, mais il aimait le silence et le calme de la solitude. À cause de ça les gens le prenaient souvent pour quelqu’un de renfermé et froid.

    Pendant un certain temps, il marcha tranquillement sans s’inquiéter, la musique sur les oreilles. Les rues étaient belles et joliment éclairées ; vingt et cinquante-cinq. Saul se rappela du couvre-feu un peu tard et se décida à rentrer.
    Il remarqua qu’il était complètement perdu. Le jeune homme marcha dans toutes les rues, des plus grandes aux plus petites. Mais ne retrouva pas le chemin, alors il se décida de se fier au son que faisaient les gens sur la grande place.

    — Bordel de merde, je suis con… Et la géolocalisation ne fonctionne pas, bien évidemment ! C’est ça d’être paumé en plein milieu des montagnes !

    Il continua sa route et arriva sur un cul-de-sac.
    Vingt-deux heures. Toutes les lumières s’éteignirent, l’ampoule du lampadaire grésilla quelques instants avant de complètement s’éteindre. Durant ce laps de temps un détail attira l’œil à Saul.
    Un rat était là, près d’un coin de porte.
    Saul fit demi-tour et continua son chemin.

    « Ce n’est pas vraiment normal… Pourquoi il y a un rongeur... ? Tony m’avait bien dit que tout était fait pour éviter que les bâtiments, les sous-sols et même les rues ne soient abîmés ou détruit par des rongeurs… Deux fois en quelques jours, alors qu’avant jamais Tony n’en avait vu… Et ça fait la deuxième fois que je vois ce rat… le même que la dernière fois, un œil vert et l’autre bleu. Je devrais en faire part à Tony. Peut-être à M. Jiferson, il serait capable de comprendre et de vraiment savoir si cela est un réel problème ou juste une infestation. »

    Après avoir fait demi-tour, il accéléra le pas. Seulement quelques bruits aux alentours montraient qu’il y avait de la vie dans et en dehors des maisons qui l’entouraient. La plupart des maisons qu’il voyait étaient encore vides, étant donné que l’endroit semblait être réservé à des familles nombreuses. Des maisons et non pas des immeubles, mais seules quelques maisons laissait apparaître l’ombre d’une famille sur les rideaux des fenêtres. Le vent s’était levé depuis un petit moment, mais il ne semblait pas bien violent. Saul ressentit un profond malaise et commença à courir, sur une quinzaine de mètres avant que quelques choses ne se plantent dans sa nuque.

    Ça ne lui faisait pas mal, mais ça le picotait. Il s’arrêta de courir pour l’enlever, ce qui lui arriva dans la main était une petite épingle en métal toute fine, avec un liquide violet dessus. Probablement un calmant. Saul sentit que la force commençait à le quitter, mais avant de pouvoir marcher une main avec un mouchoir blanc s’aplatit sur son visage. L’autre main de son agresseur bloquait un des bras à Saul, pour qu’il ait plus de difficulté pour se défendre, en plus d’être affaibli par la piqûre.

    « Du… Du chloroforme… ? »

    Il ne put réellement faire autre chose. Il ne vit ni le visage ni les yeux de son assaillant. Saul en conclut que ce rat était un Pian infiltré au sein du centre. Pour quelle raison ? Il n’eut pas le temps de réfléchir. Un sommeil lourd le prit, et il s’écroula au sol, dos à son agresseur. Une fois au sol, la personne le traîna par les pieds, dans le fond de la ruelle, là où il faisait le plus noir. Puis après avoir fouillé Saul, il partit sans un seul bruit. Saul était maintenant au sol, inerte, dormant.
  • le drama .... ^^ toujours aussi bien continue comme ça !
  • Oups ! J'ai du retard î_î Excusez-moi pour ça x) j'étais en manque d'inspi pour les nouveaux chapitres (ceux où on voit apparaître vos persos, et oui, ça arrive), et du coup, j'ai carrément zapper.
    Je vous laisse donc maintenant lire !
    N'hésiter pas à commenter ou critiquer, ça me fera plaisir et me permettra de m'améliorer.
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    Chapitre 11 : Hein ?
    Saul ouvrit les difficilement yeux. Une lumière éblouissante éclairait son visage encore endormi et illuminait la pièce dans laquelle il se trouvait. Il se redressa avec difficulté avant qu’une voix ne s’adresse à lui.

    — Enfin réveillé ?
    — Hein ?

    Le cerveau encore embrumé, Saul essaya de répondre par une phrase, mais n’y arriva pas. Ce sur quoi il regarda la personne assise à côté de son lit d’hôpital, Monsieur Jiferson.

    — On a déjà prévenu tes parents… Et ne t’inquiète pas, il ne t’est rien arrivé de grave, à part une écorchure au niveau du cou. Nous avons juste préféré directement t’amener à l’hôpital. Il faut toujours être préventif.
    — Hmm… j’étais… dehors.
    — Oui, c’est un civil qui t’a retrouvé ce matin vers cinq heures. Par la suite, Undine est venue te chercher et t’a téléporté ici. Nous savions qu’il t’était arrivé quelques choses étant donné qu’on a reçu un appel de tes parents vers minuit. Ils ont d’abord appelé chez une certaine Jade Pixe, mais la mère de cette jeune fille a dit que tu étais parti depuis plus de quatre heures. Nos équipes t’ont donc cherché, mais ne t’ont pas trouvé. Que faisais-tu dans cette ruelle ?

    Saul réfléchit à une excuse pour éviter d’avoir honte, mais il ne réussit pas, alors il préféra être honnête.

    — Je me suis perdu, commença-t-il en regardant Jiferson avec un regard plat. J’ai pas eu le temps de revenir avant le couvre-feu.
    — Donc, ton défaut c’est le sens de l’orientation... cette phrase semblait être plus adressée à lui-même qu’à Saul, puis il reprit le cours de la discussion. On t’a endormi, n’est-ce pas ?
    — Oui… Je pense que c’était du chloroforme. On m’a endormi avec un torchon qui sentait… bizarre, je ne saurais pas décrire l’odeur.
    — Hmm… Je ne vois pas qui pourrait faire ça. Même si « Prométhée » nous traque, ils n’ont pas pu nous trouver… pas encore en tout cas.
    « Oh… Cette information semble être confidentielle, mais essayons de gratter un peu plus. »
    — Vous avez un rapport avec les terroristes de « Prométhée » ?
    — Ah… commença Jiferson d’un air troublé. Je ne sais vraiment pas tenir ma langue… Un des autres créateurs, Monsieur Fercilun, celui qui écoute souvent du Hard Rock, à rencontrer celui qui se fait appeler : Les yeux, Jiferson marqua une pause.
    « Celui qui a donné le papier au flic peu après l’attentat du Pont au Cadenas, j’imagine… Cela dit il est du côté du Bombardier, non ? »
    — Cet homme nous a dit, que « Prométhée » nous cherchait pour que l’ont leurs donnent les Pians présents dans le centre, que ce soit par don d’argent ou par la force. Ils semblent vraiment avoir besoin des Pians pour une raison ou pour une autre. La seule raison pour laquelle je te dis tout ça, c’est parce que c’est toi qui doit récupérer l’homme qui était professeur dans ton lycée.
    « Pourquoi un homme si mystérieux : "Les yeux" donnerait des informations au centre Kriger ? Surtout que les autres Pians n’aiment pas le Bombardier et ses alliés puisqu’à cause d’eux les Pians ont été encore plus mal vus par la société… Le Bombardier à quand même tué 297 personnes en un seul attentat et ça à considérablement pourrit l’image de nous autres Pians. Sans oublier ce qui a fui sur internet, disant que le Bombardier était un Pian. Hmm… »
    — Pourquoi il vous aurait donné ces informations ?
    — Nous même nous n’en sommes pas sûr. Les actions du Bombardier et de ses acolytes sont indescriptibles, inexplicables et pour la plupart, invisibles. Ils font tout dans la discrétion la plus totale comme s’ils attendaient quelque chose pour sortir de leur trou. C’est pour ça que ça ne peut pas être eux… ils ne feraient pas un passage à l’acte si voyant. Surtout que ton agresseur semble t’avoir endormi sans raison.
    — C’est-à-dire ?
    — Rien ne semble avoir été volé sur toi et à part la petite blessure à la nuque, tu n’as rien. Regarde dans tes poches pour voir si un bien à toi a été subtilisé.

    Saul toucha ses poches, ses clés étaient là, sa carte aussi. Rien ne semblait avoir été pris, il avait juste un mal de tête atroce.
    Du bruit venant de derrière la porte de sa chambre d’hôpital interrompit Jiferson et Saul. Il entendit clairement la voix de sa mère qui se rapprochait ainsi que celle de Jade.

    — Apparemment, rien ne t’a été volé. Ne leur dit rien s’il te plaît, nous leur avons dit que tu t’étais fait agresser par un homme saoul, nous avons même pris un homme qui à joué le jeu du fautif, il nous faut un maximum de transparence pour cette affaire, demanda Jiferson alors qu’il regardait Saul avec le plus grand sérieux.
    — Ouais… ouais, mais bon… c’est pas très glorieux comme excuse.

    Après quelque seconde la porte s’ouvrit, la première tête qu’il aperçut fut celle de la mère à Jade. Il fut un peu surpris qu’elle ait fait le déplacement sachant que son père était là aussi. Elle avait du cran. La mère de Saul s’avança avec rapidité et lui donna un gros coup du tranchant de la main sur le haut de sa tête. Saul lâcha un simple : Aie.

    — Te faire agresser par un mec bourré ! Nul ! Et après tu veux aller dans ce lycée pour héros !? Bah putain ! Il y a du boulot ! Va falloir plus d’une leçon !
    — Euh… chéri, commença son père. On avait dit qu’on essaierait de lui remonter le moral…
    — Hein ? Bah… c’est ce que je fais.
    « Ah... J’étais pas au courant. »

    Tout le monde semblait un peu gêné par la situation, mais ce fut encore une fois la mère de Saul qui reprit la parole. Cette fois-ci en parlant à Jiferson.

    — Et vous ! Vous aviez dit qu’on serait en sécurité, non ? Sacrée sécurité, hein !
    — Votre fils est allé dans une des ruelles les plus perdues de tout le centre, nos agents ne pouvaient pas savoir ce qu’il se passait là-bas, répondit-il calmement.
    — Tu faisais quoi dans une ruelle sombre à une heure pareille, Saul ?
    — Ne me pose pas ce genre de question avec un regard pareil... Je me suis simplement perdu.

    Après avoir parlé de la sécurité du centre, le jeune homme étant en capacité de marcher, ils décidèrent de tous partirent en direction de chez Saul, sauf Jiferson.
    Saul suivait au petit pas, ne voulant pas faire partie des discussions de sa mère.

    Cela dit, une discussion l’interpella, son père et la mère à Jade discutaient. Ils semblaient s’expliquer sur le fait qu’il ne voulait plus se voir. C’est surtout la mère de Jade qui expliquait pourquoi elle ne venait plus quand il était là, mais maintenant qu’elle avait compris pourquoi son père avait commit de telle chose, elle répondit juste en regardant le ciel, qu’elle ne saurait pas ce qu’elle aurait fait à la place de son père, mais que maintenant, elle était capable de comprendre ses sentiments. Les derniers mots qui sortirent de sa bouche étaient des mots de pardon, ce qui émut profondément le père de Saul qui ne dit plus mot par la suite.

    Le reste du chemin se fit dans le silence, même Jade semblait calme. Saul sentait que quelque chose n’allait pas, que quelque chose lui avait échappé. De plus, il avait le sentiment d’être observé, mais même en regardant attentivement autour de lui, il ne voyait rien de spécial. Le centre était animé comme une ville des plus banale, rien ne paraissait étrange. Il ne pouvait pas expliquer son malaise, cela dit, comme cela lui avait été demandé, il ne dit rien et avança jusqu’à chez lui en suivant sa famille. Le ciel lui-même n’annonçait rien de bon, il allait sûrement pleuvoir, si ce n’est neiger vu la température.

    En passant devant la grande place, il vit près de la fontaine Nina, avec autour d’elle, quatre autres personnes du même âge, sans compter les gens qui venait à leur rencontre. Deux garçons, dont un était roux et l’autre avec des cheveux rouge foncé discutait avec la jeune fille. Pour les deux autres adolescentes qui étaient elle aussi de dos, l’une avait les cheveux noirs et semblait être juste un peu plus grande que Jade, quand à l’autre, Saul put la voir rapidement de face.
    Lui qui se demandait pourquoi il y avait un tel attroupement.

    « Juliette Romane… Femme chat et premier Pian annoncé officiellement par l’État. Forcement, elle est populaire et ramène du monde. »
    — Vous avez vu là-bas ? Il y a une bête de foire, lâcha Saul avec sarcasme.
    — Saul ! s’écria sa mère. T’as vraiment pris que les mauvais côtés de ton père toi, hein…
    — Je rigole, c’est bon. Mais il y a la célèbre Juliette Romane.
    — Hein ! Ou ça ?! demanda Jade visiblement survoltée.
    « Je devrais apprendre à me taire. »
    — Quelque part Jade, mais là on a autre chose de prévu, dit sa mère en poussant le fauteuil roulant plus vite que d’habitude.

    Jade protesta, mais personne ne l’écouta. Une fois après être arrivé devant la porte de la maison, tout le monde enleva ses chaussures et rentra. Jade et sa mère ne pouvaient que constater la différence entre leur appartement et cette maison, mais elles n’ont pas eu l’air d’avoir été jalouses. Saul monta dans sa chambre déposer sa guitare qui commençait à lui peser lourd sur son épaule. Sa blessure n’étant toujours pas guérie, il ne pouvait poser la sangle sur son autre épaule. Il redescendit pour pouvoir discuter avec tout le monde, bien qu’il n’en ait pas vraiment envie.
    Saul ne préféra pas prendre part aux discussions économico-sociales de ses parents. Contrairement à Jade qui semblait être à fond dans la conversation.
    Il y eut juste quelques éléments qui attirèrent son attention. Comme la date d’ouverture du lycée spécialisé. Dans deux semaines à partir de ce jour.
    Après être resté en bas, pour aucune raison valide — selon lui —, il remonta dans sa chambre et essaya de jouer de la guitare. Les bribes de souvenirs lui revinrent malgré lui, encore les mêmes souvenirs cauchemardesques, les mêmes remords, la même culpabilité. Il se demandait souvent pourquoi cela lui hantait encore l’esprit même s’il avait déjà la réponse.
    Il s’endormit assis sur son lit, guitare à la main. La nuit commença calmement et rien ni personne n’interrompit son sommeil.

    ...


    Un son de guitare accompagnait sa marche, ses pas restaient incrustés dans la neige, le froid lui picotant les mains. Le vent envoyait les flocons sur son visage maintenant gelé, mais cela n’empêcha pas de prendre la main de la jeune fille qui se trouvait à sa droite. Il ne put voir son visage caché par la neige épaisse qui formait un voile. L’espace dans lequel il se trouvait était calme, silencieux, accompagné par le bruit des bourrasques de plus en plus fortes. Le son de celle-ci lui faisait de plus en plus mal aux oreilles, cachant au fur et à mesure, le son de la guitare. Après encore quelques secondes de marche, le jeune garçon s’arrêta et regarda la fille.

    Celle-ci se tourna à son tour, dévoilant une sorte de tête noire dont les yeux exorbitants ressortaient à travers le voile neigeux.

    — Tu sais, tout est de ta faute.

    Saul sursauta et tomba de son lit. La guitare reposant sur ses jambes tomba elle aussi, faisant un bruit tonitruant. Après s’être repris, il essaya de se lever encore à moitié endormie. Le ciel dehors était toujours noir. Saul sortit son portable de sa poche. Six heures trente-huit. Le jeune homme souffla exaspéré et mit son téléphone en charge.

    — Foutu cauchemar…

    Il prit d’autres vêtements, alla prendre sa douche et prit son petit-déjeuner. Malgré ça, il n’était toujours que sept heures trente et le soleil peinait à se lever. Plus personne n’était là, sauf sa famille bien sûr, Jade et sa mère avait dû partir dans la soirée. Saul décida de jeter un œil à la salle de musculation, il n’y était pas allé depuis son arrivée et cela allait l’occuper un peu. Il descendit les quelques marches jusqu’à arriver dans le sous-sol qui était plutôt bien aménagé, simple, mais esthétique. Une petite télé était installée dans un coin de la pièce. Mais c’est un autre détail qui attira son attention. Une jeune fille aux yeux noirs faisait des développés couchés. Il resta là, à la regarder regarder pendant quelques secondes.

    — Hum… Salut.

    La jeune fille s’arrêta, posa la barre et se releva visiblement surprise.

    — Saul ?
    — Oui c’est bien moi, Léa. J’habite de se côté, annonça-t-il en montrant du doigt l’escalier par lequel il était arrivé.
    — OK, donc c’est M. Jiferson qui t’a choisi !
    — Bonne déduction. Je suis un peu surpris de te voir ici, mais passons. Tu fais des exercices tôt le matin, toi, dit-il en ricanant. Tous les jours comme ça ?
    — Ouais, on va dire ça, même si c’est plus du : un jour sur deux. Bon, tu viens t’entraîner ? finit-elle en lui souriant.

    Saul préféra s’exécuter que de ne rien faire. Il se mit en position pour faire des développés couchés, mais eut du mal à décoller la barre. Il peina à la soulever deux fois à tel point que son visage devint rouge. Léa lui fila un coup de main pour la remettre sur les gonds. Il put voir aussi qu’elle était assez musclée, elle avait des abdos et ses bras étaient assez épais.

    — Ahah, t’as pas l’air d’en faire souvent. Je vais t’aider un peu, dit-elle en lui enlevant plusieurs poids de chaque côté et en bloquant ses pieds au sol. Ça devrait être bon comme ça !
    — Ah ouais, tu rigoles pas. Et puis t’es assez musclé.
    — Hmm, et bien… je pense qu’il faut se tenir en forme. Donc j’en fais depuis quelque temps. Bon, allez commence, je t’aide.

    Saul essaya de soulever la barre, mais il eut du mal, après plusieurs essais, il y arriva. Une fois qu’il comprit le fonctionnement de toutes les machines, il s’entraîna une petite heure avec elle avant qu’elle ne l’invite à manger un bout chez elle. Il accepta étant donné qu’il n’avait rien d’autre à faire.
    La maison de Léa n’était pas dans les mêmes couleurs que la sienne. Ici c’était principalement orange, jaune et blanc. Tout comme l’appartement à Jade, le lieu était plutôt chaleureux. Il se posa sur une chaise et attendis que Léa revienne.
    Il ne pensait pas la rencontrer une nouvelle fois de sitôt, mais cela ne le dérangeait pas, contrairement à Jade, elle était bien moins bruyante et semblait agréable à vivre. Après s’être tout les deux posée autour d’une table, une nouvelle discussion eut lieu.

    — Lequel des créateurs t’as choisi ? demanda Saul en mangeant la barre de céréale qu’elle lui avait ramenée.
    — Dante Fercilun, suite à son nom elle rigola un peu et se reprit. Excuse-moi, mais je me rappelle de son bureau… je dois avouer qu’il a une certaine forme de style.
    — Ouais… je vois de qui tu parles, celui qui écoute du Hard Rock.
    — Oui ! Voilà ! Ses adjoints ne sont pas mal non plus, elle se remit à rire avec une larme au bord des yeux. Désolé… Me rappeler de ça… c’est trop d’émotions.
    — J’imagine, répondit-il en souriant. Moi aussi je suis tombé sur un créateur qu’a une certaine forme de style. J’en suis resté bouche bée. M. Jiferson est pas mal dans son genre.
    — Ahah, je vois de qui tu parles, c’est quelqu’un de gentil, contrairement à M. Kriger.
    — Oh ? Le premier créateur ?
    — Oui, tu ne l’as toujours pas rencontré ? Normalement, il passe directement chez les gens donnés tous les papiers.
    — Non, ça tu vois, je ne savais pas… Toute information est bonne à prendre âpres tout, il fit une courte pause après avoir croqué dans sa barre de céréale. Bon, sinon, je suis désolé, je vais devoir partir.
    — Hmm… Déjà ? T’as un truc à faire ?
    — Pas spécialement, mais mes parents vont s’inquiéter et puis je dois acheter les fournitures pour la rentrer, même si c’est dans deux semaines.
    — Ça tombe bien, je dois aussi acheter mes fournitures. On a qu’à y aller ensemble.
    « Elle va aussi au lycée spécialisé. Intéressant. »
    — OK, OK, pas de soucis, je pars chercher mon téléphone alors, continua Saul.
    — Pas besoin de te pressé, je vais prendre une douche, je te rejoins devant chez toi.

    Saul repartit en direction de chez lui par la salle de musculation. Il prévint sa mère qui regardait la télé et monta dans sa chambre pour prendre son téléphone. Il était presque entièrement chargé. Le soir d’avant, il avait aussi mis son ancien téléphone à charger pour pouvoir jouer à ses jeux. Il le regarda et l’alluma. Suite à son redémarrage, le mode avion avait été enlevé. Sur ce téléphone était indiqué : Appel manqué : 17.
    La police nationale.

    — Hein ?
  • Tu veux pas commencer à poster cette histoire sur Scribay ? J'ai pris mes habitudes à souligner les fautes quand je lis les œuvres des autres, ce site est très sympa et utile. Merci encore de m'en avoir parlé.
    On pourrait ainsi s'y entraider pour la relecture/correction de nos œuvres respectives.
  • Yep, je vais posté. Je l'avais fait au début de l'histoire, quand j'étais chapitre 4, mais j'ai tout supprimer parce que j'ai dû tout modifier, mais je vais reposter sur Scribay dans peu de temps :)
    Bon, j'avais envie de mettre un chapitre dés maintenant et de pas attendre demain x) donc voilà le chapitre, vous en aurez aussi un demain.
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    Chapitre 12 : Une rentrée tendue.
    — Qu’est-ce que… commença Saul avant de souffler.
    « Comme je m’en doutais, les flics ont vu que j’avais récupéré le portable grâce aux caméras de surveillance… Ils veulent probablement négocier pour le téléphone étant donné qu’ils ont l’autre, mais… le centre avait prévu de faire de même. On capte mal ici… donc la plupart des appels on dut être passé quand on était encore chez Berthe, mais m’appeler est une démarcher assez spéciale... Je devrais en discuter avec Tony, il devrait savoir quoi faire de mon vieux cellulaire… Cela dit… »

    Saul prit son ancien téléphone et pianota un message. Le jeune homme semblait avoir une idée derrière la tête. Il hésita un instant, mais finit par appuyer sur : Envoyer. Il supprima les quelques photos gênantes et enleva la carte SD de son portable.

    — Voilà, ça devrait faire l’affaire, dit-il en prenant ses deux téléphones.

    Saul descendit au rez-de-chaussée après avoir vidé son sac pour pouvoir faire ses courses sans être trop encombré. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre sur le paysage enneigé et se dirigea vers sa mère. Elle semblait pensive devant l’émission de télévision. Saul lui tapota l’épaule.

    — Excuse-moi, Maman. T’aurais de l’argent pour mes fournitures ? Éva m’a dit qu’elle vous enverrait la liste.
    — Hum… Oui, pas de soucis… répondit-elle d’un air quelque peu impressionné.
    — …Quoi ?
    — Je me disais juste que tu t’es levé tôt, c’est rare, en plus t’es ressorti de la salle de muscu et tu veux allez acheter tes affaires tout seul. Ça doit être pour ça qu’il a neigé.
    — Hilarant. Maintenant, tu pourrais me donner l’argent et la liste, s’il te plaît ?

    Sa mère se leva et partit ouvrir le tiroir de la commode de l’entrée, elle en sortit la liste et son porte-monnaie. Elle lui donna tout ce qu’il lui fallait. Saul jeta un œil à la liste et souffla en voyant les demandes du lycée. Après avoir pris une écharpe et un pull, Saul sortit et attendit sur le muret devant sa maison. Léa n’avait pas l’air d’être le genre de fille à mettre des heures à se préparer et il avait raison, puisqu’une dizaine de minutes plus tard, elle était arrivée.

    La jeune fille était emmitouflée dans un manteau en laine, un bonnet et des gants fins. Saul remarqua qu’elle avait le même sac à dos que lui, bien que le sien était complètement explosé.
    Ils partirent tous les deux en direction des grandes surfaces ; Saul ne connaissait rien, donc il se laissa guider.

    — Comment tu fais pour ne pas avoir froid sérieux… ? demanda Léa en se frottant les bras.
    — Je suis pas frileux, donc un pull me suffit… Sinon, je ne pensais pas que t’étais le genre de fille à bien t’habiller ; tes fringues te vont bien.
    — Ah… euh, bah merci, mais pourquoi tu me dis ça ?
    — Je pensais plus que t’étais le genre de fille à être plus proche du gorille que de l’être humain.
    — … Je dois le prendre comment ?
    — Désolé… Prends-le comme un compliment, continua-t-il en détournant le regard.

    Saul se tut après avoir senti l’aura de Léa changer.
    Le jeune homme suivit les pas de sa camarade pendant une quinzaine de minutes jusqu’à ce qu’ils arrivent enfin devant une grande papeterie. L’intérieur était simple et l’espace était séparé entre plusieurs rayons. Après avoir dit bonjour aux vendeurs, ils filèrent vers les fournitures. Ils avaient décidé de partir tôt, pour que les autres gens faisant les magasins n’envahissent pas les rayons et effectivement à cette heure de la journée, personne n’était là.

    — Il nous faut que des trucs basiques, déclara Léa en regardant les articles devant elles. Il y a juste l’uniforme scolaire qui change des autres lycées.
    — Le protège-dents et le matériel médical, tu trouves ça basique...? demanda-t-il avec un regard amusé, ce qui fit ricaner Léa. Ouais, on devrait trouver ça où, tu penses ?
    — Directement au lycée pour les protèges dents et l’uniforme, ils les vendent et utilisent l’argent pour de nouvelles infrastructures. Le reste c’est principalement dans ce magasin.
    — OK OK. D’habitude tout revient au lycée, non ? demanda-t-il en prenant les articles qu’il lui fallait.
    — Oui, normalement, mais les lycées sont directement reliés au centre… enfin c’est ce que j’ai compris.
    — C’est Monsieur Fercilun qui t’a dit ça ? le questionna-t-il en fixant Léa, intéressé.
    — Non, j’observe juste, j’écoute. Je fais rien d’autre, un peu comme toi, non ? Tu m’as l’air d’être un fin manipulateur. Je me trompe ? dit-elle avec un regard légèrement provocateur.

    Saul rigola en entendant la spéculation de son amie, il releva les yeux vers elle d’un air amusé avec un sourire narquois non voulu.

    — Manipulateur ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
    — Ahah ! Regarde ta réaction tu me donnes raison !
    — Hmm… disons que j’essaye de tirer profit de mon environnement, c’est tout. C’est pas la première fois qu’on me dit que j’ai un air de manipulateur, mais mon visage est comme ça et c’est aussi mon sourire qui donne cette impression.
    — Je ne le trouve pas si horrible que ça ton sourire… Enfin bref ! J’ai tout ce qu’il me faut, c’est bon pour toi ? commenta-t-elle avec un sourire.
    — Ouais, j’arrive, dit-il en regardant un article.

    Après être passés à la caisse, ils se dirigèrent vers le lycée. Arrivé à la grande place Saul sentit un malaise, comme le soir d’avant, cela dit, il n’y avait presque personne, juste quelques passants ou des agents de nettoyage. Il ne put se l’expliquer, mais il sentait toujours ce danger tapi dans l’ombre, mais il savait lui-même que le « danger » n’allait pas se montrer, il allait attendre le moment le plus adéquat pour faire ce qu’il devait faire. Mais quoi comme chose à faire ? Saul avait déjà réfléchi à la question dans la matinée, mais aucune réponse ne lui était venue. Les créateurs ou même Éva devaient avoir leur idée là-dessus. Saul préféra une nouvelle fois se taire et observer, quand Léa lui tapota l’épaule.

    — Hey. Ça va ? T’es pâle.
    — Hum… hésita-t-il en regardant autour de lui. Tu ne sens pas une présence ou quelque chose comme ça ?

    Les yeux de Léa changèrent un peu, ses pupilles étaient devenues plus claires, presque blanches, ce qui contrastait avec le noir de ses sclères, la rendant plus sinistre. Elle baissa un peu la tête en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.

    — Si… mais les ombres ne trouvent rien. C’est comme ça depuis hier matin, mais je ressens ça qu’ici.
    « Les ombres… hein. J’imagine que ça doit être son PIAN. »
    — Je vois. Ça me rassure de ne pas être le seul à le ressentir, continua Saul en marchant vers la station de tram.
    — C’est un effet de ton PIAN ? Moi, je peux le ressentir parce que les ombres s’affolent, mais toi, ton PIAN n’a pas l’air d’être actif, donc je me demandais.
    — Errr… Plus ou moins. Mon PIAN me permet pas mal de chose, mais quand je suis sous cette forme mon principal atout, c’est l’observation. Et ma seule capacité passive c’est le ressenti, c’est plutôt utile dans ce genre de situation.
    — J’suis pas sûr d’avoir tout comprit, mais OK ! s’exclama-t-elle en levant le pouce de sa main gauche.

    Un silence prit place pendant qu’il continuait à avancer vers la station. La présence, elle, était toujours là, mais elle semblait se dissiper de plus en plus. Après s’être arrêtée devant la station après dix minutes de marche, Léa se dirigea vers une jeune fille avec les cheveux orange et mal coiffé.

    « Tiens, ne serait-ce pas Juliette Romane ? »
    — Hey ! Juliette, ça fait un moment ! Comment ça va ? s’enquit Léa.
    — Eh ! Salut toi ! Ouaip, ça va de mon côté et du tien ?
    — Bah à part un ressentit étrange, rien de spécial.

    Saul avait continué à avancer, mais il pouvait toujours entendre leurs conversations. Il en profita pour regarder l’heure sur son téléphone. Il était à peine dix heures et demie, la journée s’annonçait longue, sans compter toutes les choses qui lui trottait dans la tête. Il avait reçu un message vocal sur son nouveau téléphone, il était d’Éva. Il prit le temps de l’écouter, mais fut arrêté par Léa qui lui disait de venir dire bonjour. Saul lui fit signe d’attendre avant de raccrocher le téléphone avec une mine fatiguée. Il s’approcha des deux jeunes filles et salua Juliette. Léa vit que Saul était exaspéré et décida de lui poser une question.

    — L’appel que t’as reçu t’a annoncé une mauvaise nouvelle ?
    — Pas spécialement… commença-t-il en fixant Léa. Juste qu’il faut que je passe voir M. Jiferson cet après-midi et que j’ai une terriiiiible flemme d’y aller.
    — Bah moi je le trouve mignon, M. Jiferson, déclarèrent-elles toutes deux.
    — Mais qu’est ce qu’ont les femmes avec ce gamin ! C’est un gosse comme un autre, il a presque le même âge que mon frère.
    — Il est plus mignon que toi, ça sait sûr, déclara Léa avec un sourire bienfaisant.
    — Mange ta mère.

    La phrase de Saul fit rire les deux filles, il en sourit étant donné que c’était son but. Après avoir attendu que le tram ne revienne, ils montèrent dedans. Les deux jeunes filles discutaient tranquillement, alors Saul décida de les laisser tranquilles.
    Il repensa à son agression. Saul avait clairement vu que le rat avait des yeux verrons, donc il fallait chercher dans les Pians, qui avait cette caractéristique et vu la rareté de ce problème génétique, il ne devait pas y en avoir des tonnes au sein du centre. Cela dit c’était la seule information qu’il avait.

    « Il faudrait que j’en parle à notre cher ami, Jiferson. Il semble qu’il me fasse confiance et si jamais c’est lui qui donne l’ordre, on devrait vite pouvoir retrouver cette personne. Cela dit, je ne verrais pas pourquoi on enfermerait cette personne, étant donné qu’elle ne m’a pas violenté ni rien volé. Donc la petite écorchure que l’agresseur m’a faite devait lui être bénéfique… mais en quoi ? Sans compter les appels de police sur mon téléphone… Je me demande si c’est pareil pour Jade. »

    Après ce monologue, ils arrivèrent enfin à destination. Saul ne s’en était pas encore rendu compte, mais le lycée professionnel ainsi que le général était ouvert. Des adolescents regardaient l’arrivée des fameux Pians du centre Kriger. Même peut-être que certains de ces étudiants étaient eux aussi des Pians, ayant refusé d’aller au lycée spécialisé.

    Juste devant l’entrée était située une échoppe où plusieurs personnes se situaient. Un homme d’une vingtaine d’années les vit et leur fit signe de s’approcher.

    — Vous êtes venus pour les uniformes et tout le reste du matos ? demanda-t-il avec un sourire peu rassurant.
    — Oui.
    — Voici donc trois étudiants que je vais former ! Formidable !
    — Rayan, tu dis la même chose à tous les étudiants qui passe depuis ce matin, t’en as pas marre déclara une jeune femme au cheveu blond.
    — Oh, commença Saul en levant la main pour saluer la personne devant lui avec un léger sourire. Bonjour Undine.
    — Salut Saul ! Comment ça va ? demanda-t-elle avec un sourire charmeur. Moi, perso, tout va bien.
    — Bien bien, juste, tu ne ressens rien ces temps-ci ? Genre, comme-ci t’étais observé.
    — Hmm… Je sais pas trop. En tout cas, une fois l’année commencée se sera Madame Steinhart, alors commence déjà a t’y habituer, dit-elle en sortant quatre uniformes féminins et deux masculins.

    Saul acquiesça avant de payer et récupéra son uniforme. Principalement blanc, avec des bordures noires. Il y avait aussi une cravate. Le jeune homme se demanda s’il était en Angleterre ou au Japon, mais après avoir réfléchi, c’était une autre manière du centre pour éviter les différences sociétales. Le centre ne prenait aucun risque. Il discuta rapidement avec Undine des événements passés en excluant son agression qui, elle, devait rester secrète jusqu’à nouvel ordre. Saul et ses deux accompagnatrices repartirent, cependant une main se posa sur son épaule.
    Éva avait couru du lycée jusqu’ici pour lui parler et avec des talons. Saul l’avait vu arrivé, mais il avait prié pour arriver à temps dans le tramway. Mais apparemment, cela n’avait pas fonctionné.

    — Oui… ? demanda Saul avec agacement.
    — Éva… Saul… vous êtes conviés à venir manger… pas… besoin de revenir chez vous. Vos familles sont… prévenues.
    — Vous sortez d’un triathlon Madame ?
    — Hein ? Pourquoi… ? Je suis juste essoufflé…
    — Ah non, c’est de la sueur, pas de l’eau. Excusez-moi.

    Il se prit un coup dans le ventre. Il lâcha un grognement avant qu’Éva ne lui cri d’arrêter de se moquer des autres.

    « Ça ressemble au comportement d’une Tsundere. »

    Après s’être excusés auprès de Juliette de ne pas pouvoir la raccompagner, Léa et Saul rejoignirent Éva. Ils prirent le chemin habituel pour allez dans les bureaux des créateurs. Une fois dans l’ascenseur, ils s’arrêtèrent au dixième étage. La cantine de l’administration.

    Saul fut surpris. Si lui et Léa étaient invités en même temps et pas Juliette c’était pour une raison, la seule qui lui venait à l’esprit, était qu’il appartenait à la même « cellule » de logement ; Léa pour M. Fercilun, Saul pour M. Jiferson. Et un ou une autre Pian pour le dernier créateur. C’était la solution la plus plausible, mais cela dit, après avoir pausé la question à Léa, elle n’a jamais vu personne dans la maison d’à côté. Ou en tout cas, elle paraissait vide. Une fois arrivé dans la cantine, Saul ne put que constater le nombre de personnes présent dans le pôle administratif. Il devait dépasser la centaine. Mais trois personnes parmi toutes les autres attiraient l’attention, un jeune homme habillé avec des vêtements en cuir et avec les cheveux teintés en rouge et jaune. Un petit garçon en costard et un vieil homme baraqué.

    — Éva, comment s’appelle le dernier créateur, celui tout à droite, sur la table du fond, dit-il en montrant du doigt.
    — Ah oui, c’est vrai tu ne l’as pas encore rencontré comme pour M. Fercilun, mais vu ta question, on a dû te parler de lui. Celui tout à droite, c’est tout simplement M. Kriger. Le premier des créateurs du centre, celui qui en a eu l’idée et qui a trouvé les deux autres créateurs.

    Avant que Saul ne puisse répondre, un homme lui tapota le bras.

    — Bravo mon garçon pour l’attentat à Angers ! Tu t’es super bien débrouillé ! J’attends tes débuts en tant que héros ! finit-il pendant que d’autres personnes applaudissaient Saul.
    « ... Bon Dieu, que c’est gênant. »
    — M-Merci… héhé… é…

    Une voix grave résonna dans la salle et appela les deux jeunes gens qui étaient toujours à l’entrée.

    — Vous voilà enfin ! Allez venez manger ! s’exclama M. Kriger avec un sourire.

    Face à ce vieil homme, Saul ne fit pas le malin et alla s’asseoir aussitôt sur le siège en face de celui de Jiferson. Une assiette lui fit vite apporter, c’était un plat simple, mais bon, ce qui était rare pour les cantines. Il devait y avoir pas mal de cuisiniers derrière tout ça. Ils mangèrent leurs plats en discutant comme s’ils étaient amis. Saul voyait plus ça comme un moyen détourner de rendre dociles les trois adolescents, mais il ne préféra rien dire. Il jeta un œil à sa droite, un jeune homme aux cheveux bruns se tenait affalé sur sa chaise en face de M. Kriger. Il regardait son assiette d’un air détaché, comme dans la Lune.

    — Hey, Léa, en fait, il y a bien de la vie dans la maison d’à côté, dit-il en chuchotant.
    — Ahah, ouais j’ai vu ça… Mais je ne l’aie jamais vu avant et il a l’air assez renfermé.
    — Je ne suis pas spécialement renfermé vous savez, répondit une voix. Je me fais juste chier.
    — Rodrigue… Les grossièretés… je t’en ai déjà parlé, continua M. Kriger avec un regard sévère.
    — Oui, oui, je sais, mais vous m’avez obligé à venir.
    — Nous devons parler après, c’est pour cela que j’ai fait venir tout le monde.
    — Oui, mais c’est juste une technique détournée pour essayer que moi et mes deux autres camarades soyons dociles.
    « Lui, s’il continue, il va se recevoir une patate des enfers du papi. Il va rien comprendre. » pensa Saul avec un sourire au visage.

    La suite du repas se passa dans le brouhaha. Rodrigue et M. Kriger continuaient de se disputer sur les raisons de leurs venues. Saul apprit à connaître un peu M. Fercilun, il avait 24 ans, s’occupait en partie de la sécurisation du centre avec M. Kriger et était en charge de la « Santé ». Donc, il s’occupait des hôpitaux, pharmacie, médecin, c’est d’ailleurs pour ça qu’il avait rencontré la mère à Saul. Une information que sa mère ne lui avait pas donnée, probablement parce qu’elle jugeait ça inutile, comme à son habitude.

    ...


    Après ce repas long et tumultueux qui avait plus été bruyant que détendu, vingt des personnes présentes dans le self, allèrent dans la salle de réunion qui se situait juste au milieu du onzième étage. Ils s’installèrent tous et commencèrent à parler de la mission, comme Saul l’avait deviné auparavant.

    — Je ne vais pas passer par quatre chemins, donc on rentre tout de suite dans le vif du sujet. Comme vous le savez déjà vous faites partie d’une mission, commença M. Kriger en s’adressant aux trois adolescents. Celle-ci est nommée : Zeus. Simplement parce qu’elle est liée à « Prométhée ». Nous n’avions pas envie d’un nom compliqué, en plus avec celui-ci, si jamais nous sommes découverts, il sera plus facile de noyer le poisson. Cette mission consiste à récupérer cet homme, dit-il alors qu’une photo était projetée sur le mur. Marc Leboit. Vous devez vous douter que nous avons d’autres informations sur lui, mais je ne préfère pas les divulguer de suite surtout avec les récents événements liés à vous, Monsieur Griess, dit-il d’un regard appuyé. Nous avons localisé l’endroit où il se trouvait il y a encore quelques semaines. Cela dit, ils ont bougé et quand nos équipes sont arrivées sur place, il ne restait plus que le traceur.
    — Vous avez envoyé les troupes trop tard, déclara Jiferson en regardant Kriger avec un regard innocent.
    — Aaah… je le sais bien Thomas… mais j’avais peur que le bâtiment ne soit piégé ou qu’il y ait encore des Pians, je pars du principe qu’il faut toujours être prudent, mais sur ce coup-là, ça n’a pas fonctionné.
    — Bref, passons ! continua M. Fercilun avec un sourire tranquille sur le visage. Nous ne sommes pas là pour savoir qui est responsable de ci ou de ça et nous jeter des pierres. Alors… je me permets de prendre la parole Jim. Nous vous avons convoqué, vous trois, dit-il en montrant du doigt les trois adolescents. Pour vous mettre au courant de certaines informations, bien que mon ami vous ait dit que nous gardions secrètes certaines choses, il est important de vous dire que cet homme est un traître. Il a tué plusieurs de nos agents dés qu’il a sus qu’il était à découvert. Il a aussi blessé un membre de sa propre famille en s’enfuyant. Par chance, nous ne lui avions pas donné les coordonnées du centre, donc il ne peut pas savoir ou nous nous trouvons exactement. Pendant sa fuite, il a essuyé une attaque mortelle d’Undine Steinhart, un ancien agent, mais il y a survécu et a pu donner la liste exhaustive des Pians qui était déjà au sein du centre à ce moment-là, et la sûrement remit à « Prométhée ». Comme vous l’imaginez, votre boulot est de le capturer et de le ramener. Déjà pour une certaine vengeance, pour sa famille, ainsi que pour les informations qu’il pourrait nous donner sur « Prométhée »… il s’arrêta un peu avant de se retourner vers Jiferson. Par contre, je trouve que ton choix de Pian est peu adéquat à cette mission. J’ai lu la fiche de Saul Griess et il n’est spécialement discret.
    « Bizarrement, c’est un peu blessant... »
    — Je ne crois pas qu’il ne soit pas adéquat pour cette mission. Oui, il va falloir être discret, mais penses-tu qu’il va juste falloir jouer à cache-cache tout le long de la mission ? Je pense que quelqu’un de polyvalent comme lui est un réel atout.
    « Enfin quelqu’un qui me soutient. »

    Un silence prit place dans la pièce. Saul eut juste l’impression que la réunion avait été faite pour Rodrigue et Léa. Il avait déjà entendu la plupart des choses énoncées, mais ce fut autour de Thomas de parler.

    — Nous vous demandons de vous entraîner le plus vite possible pour être prêt à temps. Entraînez-vous ensemble, c’est pour ça que les maisons sont raccrochées entre elles, pour créer des liens. Une bonne équipe repose sur une bonne entente. Vous aurez d’autres entraînements en plus de l’enseignement habituel dès que le lycée spécialisé sera ouvert, donc vous serez encore plus entraîné. J’espère pour vous que vous serez prêt à temps, nous vous appellerons le jour de la mission. Et surtout n’oublier pas que vous avez signé, je n’aime pas menacer les gens, mais si l’un de vous se défile, il perdra sa maison ainsi que sa place en lycée spécialisé. Je ne pense pas que vous aimeriez pénalisez votre famille, alors s’il vous plaît, travailler dur.
    — Oui Monsieur ! déclarèrent les trois jeunes gens.
    « Cela dit, j’ai pas vraiment eu le choix moi... »

    La réunion dura encore quelque temps, pendant lesquelles quelques détails furent rajoutés. Une puce électronique fut placée dans leurs épaules pour éviter les incidents comme celui de Saul, et ils partirent enfin. Il était déjà quinze heures trente. Saul avait la malheureuse sensation que sa journée était gâchée.

    Le groupe avançait vers le tramway. Ils le prirent directement et arrivèrent dans la ville. À peine sortit Saul ressentit un malaise. Il regarda autour de lui, mais une fois de plus, il ne vit rien. Léa eut le même réflexe.

    — Alors comme ça vous le ressentez aussi, dit Rodrigue en regardant Saul.
    — Hein ? Tu veux dire que tu sens aussi la présence ?
    — Yep, mais même Grimm ne sait pas d’où ça vient.
    — Grimm ?
    — Rien, oublie. En gros, je ressentais déjà quelque chose il y a une semaine, mais là, c’est clairement plus malveillant. Cependant la plupart des gens ont l’air d’ignorer ce fait.
    — Une semaine ? Sérieux ?! s’écria Léa.
    — Oui… enfin c’est bizarre, je ne saurais pas décrire ce que je ressentais avant. En tout cas, maintenant, c’est comme si quelqu’un me regardait sans que je puisse le voir.
    — Idem, ajouta Saul en se grattant la tête. On devrait rentrer. On a assez donné de notre temps pour aujourd’hui.

    Le groupe acquiesça et ils filèrent chez eux. Après être rentré chez lui, il vit que Jade lui avait envoyé une photo d’elle en uniforme. Elle semblait se remettre petit à petit de ses blessures, mais était toujours en fauteuil roulant. Saul essaya à son tour son uniforme suite à la demande de sa mère, il lui allait étonnamment bien, mettant en valeur ses cheveux. Après avoir remis des vêtements normaux, Saul alla déposer son ancien téléphone à Tony. Il lui demanda pourquoi il avait envoyé un message à la police, mais Tony comprit vite. Le message était juste 0312, le numéro que le second terroriste avait sur sa cheville.

    — Tu prépares le terrain, hein.
    — Je me suis dit que leur donner le mot de passe de l’autre téléphone pourrait nous être bénéfique. Si jamais l’état français disait la vérité, cela nous ferait passé pour les gentils.
    — Je vois. La prochaine fois, préviens-moi avant de faire une chose comme ça, tu as de la chance d’avoir bien agi, tu aurais pu avoir des problèmes. Bon, sur ce, prépare bien ta rentrée !
    — Oui, merci. Salut Eva et Adrien de ma part. Bonne fin de journée.

    En revenant chez lui, il eut encore le même malaise, il savait qu’un truc était là, ou alors c’était un Pian qui affectait la psyché de quelques en personnes en particulier... Saul ne savait vraiment pas, ce qui le rendait malgré tout curieux, mais il s’abstint de regarder autour de lui, sachant que c’était inutile. Il croisa Jade et sa mère en train de revenir des courses, comme d’habitude elle pétait la forme, contrairement à Saul qui était complètement vide de toute force. Il revint chez lui avec un mal de crâne et chercha à se calmer, mais après avoir mangé, il finit juste par s’endormir.



    Le temps passa, pendant les deux semaines restantes avant la rentrée, Saul s’entraîna avec Léa et Rodrigue. Ils apprirent un peu plus a se connaître, Saul finit par appeler Rodrigue, Rod, il trouvait son prénom trop long. Apparemment, le jeune homme vivait seul, mais Saul ne demanda pas pourquoi pour éviter d’être indiscret. Il avait dix-huit ans et était arrivé d’Espagne depuis déjà un an, ce qui expliquai ça proximité avec les trois créateurs. Il était déjà là lors de l’incident avec le traître qui avait été énoncé lors de la réunion. Selon lui, si le centre veut récupérer cet homme ce n’est pas pour ce venger, mais pour autre chose qu’aucun des trois amies ne s’arrivaient à s’expliquer.

    Leur entraînement n’était que musculaire, utiliser leurs PIANS leurs était interdit s’il n’avais pas d’autorisation au risque de prendre une amande assez sévère de plus de 500 crédits — ce qui équivaut a 400 € —, qui est la monnaie utilisé dans le centre.

    Saul put revoir Jade, elle était complètement rétablit quelques jours avant la rentrée, il eut aussi l’occasion de discuter avec Nina au téléphone plusieurs fois pendant les deux semaines.

    Cependant, il y avait toujours cette impression d’être observé qui écrasait Saul de plus en plus, sans compter l’histoire avec la police. Sa mission et les possibles attentats de « Prométhée ». C’est dans ce climat, dans cette tension, dans cette peur, que la rentrée eut lieu.
  • Salut ! Je repost enfin '-' ça allait faire plus de 2 semaines. Du coup, voilà le dernier chapitre d'une longue accalmie, après ça, l'action va revenir, et les personnages vont enfin arriver.
    Dans tout les cas, j'espère que ce calme n'aura déranger personne, sur ce, je vous laisse :)
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    Chapitre 13 : Examen
    Le jeune homme se leva avec peine de son lit, le soleil rentrait pas la fenêtre de sa chambre et éclairait son visage. Les premiers rayons de l’astre venaient de le sortir d’un rêve appréciable alors que son téléphone n’indiquait que six heures du matin. Il resta allongé dans son lit avec une abominable sensation d’engourdissement.

    — Merde… grogna-t-il en s’asseyant sur son matelas. Faut que je fasse mon sac…

    Suite à cette phrase, il s’exécuta et sortit ses affaires de cours qu’il rangea directement dans son sac à dos. Sa chambre avait un peu changé, elle semblait moins impersonnelle, il y avait installé quelques étagères ou reposait bon nombre de livres. Un ordinateur était posé sur son bureau et un aquarium installé sur un des meubles, six poissons se baladaient à l’intérieur. L’adolescent avait profité que la plupart des choses soit gratuites ou aient un prix réduit lors de la première semaine où il était arrivé, pour pouvoir décorer sa nouvelle maison.
    Il enfila une tenue de sport avant de descendre au rez-de-chaussée pour déjeuner. Il prépara des céréales et un chocolat chaud et alluma la télé, alors que des flocons chutaient derrière les fenêtres. Il décida de choisir une autre chaîne que celle habituelle, qui diffusait les informations du monde entier. Il considérait les chaînes de documentation plus intéressante, cette fois-ci, la chaîne parlait des micro-ondes et de leurs effets nocifs sur la santé des gens. Le jeune homme souffla et commença à manger. Il savait qu’un entraînement l’attendait, mais il n’en avait pas envie. Cela dit, s’il n’y allait pas, il allait avoir le droit à une Léa énervé qui allait juste lui casser les oreilles. Saul se leva de sa chaise en pensant déjà à prendre sa douche et descendit les escaliers. Bizarrement, il était arrivé plus tôt que Léa, il commença sans plus attendre à faire des développés-couchés avec lequel il avait toujours autant de mal et enchaîna avec de la course sur tapis, jusqu’à ce qu’un bruit de porte cette face entendre.

    — S’lut Rod, le salua Saul entre deux bouffés d’air.
    — Yo. La bête n’est toujours pas arrivée ?
    — Non, ça m’a aussi surpris, c’est la première fois. Sinon toi, t’es dans quelle classe ?
    — La seconde une.
    — Ah, bah on n’est pas dans la même classe, je suis en seconde deux. De ce que j’ai compris, Léa et Jade y sont aussi.
    — Jade ? C’est la petite qu’on a rencontrée en allant à la salle d’arcade la dernière fois ?
    — Ouais, celle qui était en fauteuil.
    — Hm… Je vois, aucune des personnes que je connais ne va être dans ma classe. Ça va être une totale découverte, dit-il en soulevant des poids.

    Un bruit résonna dans le troisième escalier, le seul dont la porte n’avait pas encore été ouverte et une silhouette en sortit.

    — Excusez-moi du retard ! J’me suis pas réveillé ! J’ai trop lu hier…
    — C’est quoi déjà ton livre ? Sulfure, non ? demanda Saul en sachant déjà la réponse.
    — Hein ? Sulfure ? C’est de la littérature pour « adulte » ça, non ? renchérit Rodrigue en regardant Léa avec un air taquin.
    — T-Taisez-vous et continuez à vous entraîner. C’est le plus important.

    L’entraînement continua en silence et après avoir discuté un peu sur la rentrée, Saul et Rodrigue filèrent prendre une douche, laissant Léa seule.
    Après avoir monté les marches pour aller à sa chambre, Saul prit un uniforme scolaire et parti en direction de la salle de bain. Le morceau de chair qui lui avait été arraché à la nuque avait complètement cicatrisé.
    Pendant que l’eau coulait sur lui, il se remémora la conversation qu’il avait eue chez Tony et Éva. Ils lui avaient dit qu’aucune empreinte digitale n’avait été retrouvée sur la carte qu’il avait sur lui. Pas même les empreintes de Saul ; Tony avait émis l’hypothèse que la carte avait été juste regardé — pour connaître les informations personnelles de Saul —, puis nettoyer et remise dans sa poche. C’était la conclusion la plus simple et donc la plus évidente. Saul se sécha, s’habilla et regarda son téléphone.

    Un message de Jade avait été envoyé il y a quelques minutes, lui demandant s’il voulait aller en cour avec elle, mais il lui répondit qu’ils habitaient trop loin. En vérité, il savait très bien qu’elle était capable de venir le chercher, mais avoir mal à la tête avant même d’arriver en cours ne l’enthousiasma pas, donc il refusa catégoriquement de venir avec elle.

    Il sortit de la salle de bain en constatant qu’il était encore en avance d’une demi-heure d’avance sur son emploi du temps. Il pensa à faire un footing, mais écarta cette idée étant donné qu’il venait de sortir de la douche. Il avait aussi pensé à partir en avance en cour, cependant, il ne voulait pas ressentir une nouvelle fois cette oppression en passant par la grande place, donc il décida de prendre son vélo et de passer par des routes un peu plus écartées de la population. En passant par ces chemins, il passait devant chez Nina et Yan, qui se situait dans le quartier étudiant. Avant de faire cela, il prévint son père et sa mère qui était en train de se réveiller et partit dans le petit garage où pas mal de babioles étaient entreposées. Il y avait à peine place de mettre une voiture, d’ailleurs Saul n’avait vu que deux voitures depuis qu’il était arrivé au centre et elles à l’administration. Enfin, Saul pensait plus que c’était l’État qui les donnait et appartenaient qui récoltait les frais. C’était des sortes taxis qui conduisaient la plupart du temps soit des personnes âgées, soit des familles fraîchement arrivé. Pendant les deux semaines où Saul s’est entraîné en prévision de la rentrée, la population a assez augmenté pour remplir la moitié du quartier pavillonnaire qui était presque vide quand il était arrivé. Sur les 210 par mois qu’avait annoncés Éva, 280 étaient arrivés en quatorze jours et d’autres allaient encore arriver. Le jeune homme ne savait pas comment le centre avait fait pour ce faire connaître, mais de ce qu’il avait pu comprendre, c’était Éva qui avait donné son astuce pour détecter les PIAN chez les gens à l’État suisse, pour qu’il puisse les trouver et leurs envoyer un « prospectus » sur le centre Kriger. Et le reste se faisait par « le bouche à oreilles », ce qui risquait aussi de poser problème à l’avenir. Les rumeurs vont vite.

    Saul arrêta de pensé et ferma la porte du garage avant d’envoyé un message à Léa et Rodrigue, comme quoi, il partait avant eux et qu’il ne les attendrait pas. Il enroula son écharpe autour de son cou et commença à pédaler en direction du quartier étudiant. Le vent soufflait assez fort malgré que le centre soit entouré par des montagnes. D’ailleurs Saul s’était fait la réflexion si ces montagnes étaient vraiment naturelles, car au vu de leurs pentes abruptes, ils semblaient clairement que c’était d’origine artificielle, mais alors quoi ? Un Pian aurait fait ça ? Cela lui paraissait improbable vu la taille de celle-ci, mais c’était la seule solution possible. L’homme ne pouvait pas faire un terraformage aussi compliqué. Ce Pian devait être un monstre de puissance.

    L’adolescent avait continué de pédaler pendant bon nombre de minutes avant d’arriver au quartier étudiant. Déjà bon nombre de jeunes peuplaient les rues. Il savait que parmi eu, il y avait des Pians qui n’allais pas forcément en filière héroïque, mais dans une filière différente appelée : Annexe. Ils allaient apprendre à utiliser leur PIAN de pleins de façon, pour être des techniciens, électricien, musicien, etc. nouvelles générations. Il y avait plus de personnes qui avaient postulé pour la filière annexe que pour l’héroïque, contrairement à ce qu’avait pensé Saul. Probablement parce qu’il y a une sélection pour entrer en filière héroïque. Après dix minutes de vélo, il arriva enfin devant la station de tram qui était presque déserte, seuls quelques adolescents et des professeurs attendaient. Il se dirigea vers le garage à vélo et déposa le sien avant de mettre un antivol.
    Le tram arriva sans qu’il ne s’en aperçoive, ce qu’il l’obligea à courir pour ne pas le louper.

    « Fiiiou… On devait y être pour huit heures dix et j’ai encore environ quarante minutes d’avance. J’espère qu’on va pouvoir entrer sinon je vais me faire chier. »

    Une fois sorti du tram, il prit son temps pour aller jusqu’au portail du lycée qui semblait être fermé, mais avant de pouvoir s’apitoyer sur son sort, une voix l’appela.

    — M. Griess, à ce que je vois vous êtes un lève-tôt.
    — Salut Undine.
    — C’est Madame ! Madame Steinhart !
    — Tu y tiens à ce que je t’appelle comme ça, hein, répondit Saul avec un ton amusé.
    — Bah… Oui, quand même, je vais être la prof principale de la seconde deux, donc j’aimerais au moins que mes élèves m’appellent comme ça.
    « Bah on n’est pas dans la merde. » se dit-il à lui-même alors qu’un sourire narquois apparaissant sur ses lèvres.
    — Très bien, Madame. Mais il y a des fois, Undine va m’échapper.
    — Tant que tu fais un effort, ça me va, dit-elle en commençant à marcher. Bon ! J’ai les clés, tu veux rentrer ?
    — Hum… Aux yeux des autres, je vais être un peu favorisé, donc…
    — Je vois. Bah à plus tard alors.

    Saul revint dans le même silence qu’avant. Il avait remarqué qu’un groupe de trois filles qui le zieutait depuis déjà pas mal de temps, ce qui le mettait plus mal à l’aise qu’autre chose. Le regard des autres était quelques choses qui lui plaisait, mais qui l’intimidait en même temps, il se rendait lui-même compte de cette contradiction, mais n’arrivait pas à y pallier. Il souffla en se disant qu’une fois de plus, il n’aurait pas le courage de parler à ces filles. C’est aussi pour ça qu’il avait accepté la filière héroïque, pour pallier à sa timidité et à son indécision.
    Après encore quelques minutes d’attentes, les portes s’ouvrirent enfin, laissant les quelques adolescents présent, entré librement dans le lycée Pianisé. Saul vit ça comme une sorte de résurrection. Tout le monde allait mettre une partie de son ancienne vie de côté pour pouvoir la remplacer par la partie qu’il allait vivre à partir de ce jour. Saul vit d’assez loin l’homme de la dernière fois, celui qui était au stand avec Undine. Il s’approcha de lui avec une fois de plus, un sourire peu rassurant.

    — Bonjour, vous êtes… Monsieur Rayan… C’est ça ? commença Saul en lui adressant un sourire naturel qui surprit l’homme.
    — Sacré sourire. Ahah ! Oui, je suis Rayan. Rayan Jwarskze. Je te prierai de m’appeler Monsieur Jwarskze.
    « Rayan Jouaresquezeu ? Question nom de famille, il y a du niveau. »
    — Très bien Monsieur. Vous veniez pour quelques choses ?
    — Eh bien oui. On m’a demandé de te donner ceci, dit-il en lui montrant une clé USB. On m’a juste dit de te dire qu’il fallait que tu l’installes sur l’ordinateur que le centre t’a donné.
    — D’autres personnes, on reçut ça ? demanda Saul en acceptant la clé.
    — On m’a dit qu’il fallait que j’en donne six, à six gamins dont j’ai les noms. Et tu es le premier.
    — Je vois… Alors merci Monsieur.
    « Qu’est-ce qu’il y a dedans ? Enfin bref, je verrais ce soir. »

    Une demi-heure passa et tous les élèves furent invités à rejoindre le gymnase ou le principal allait annoncer les règles et enjeux de ce nouveau système scolaire. Saul avait été rejoint par tous ses amis et connaissances. Il eut l’impression d’avoir déjà entendu le blabla du proviseur. Ou plutôt de la proviseure. Les PIAN ne doivent pas être utilisés en dehors des entraînements, c’était une des seules choses qui différait des autres établissements. La proviseure déclara aussi que des actions sur le terrain auraient lieu, elle n’a pas donné d’exemple, mais tout le monde avait compris ou elle voulait en venir.
    Comme à chaque fois que quelqu’un de haut placé finit un discourt, tout le monde applaudit. Quelques professeurs vinrent se présenté dont Undine et Rayan. Puis ce fut enfin la fin de cette cérémonie de rentrée scolaire. Les élèves furent appelés par classe, un par un et par ordre alphabétique. Saul fut appelé vers le début de la liste, seul quelques de ses camarades étaient passé. Il y avait Yan, mais aussi un autre garçon qu’on ne pouvait pas louper étant donné qu’il avait les cheveux multicolores malgré qu’il ait essayé de les camoufler avec une teinture noire.

    « Ça n’a pas dû être facile pour lui de se cacher des autorités. » se dit Saul en se grattant la tête.

    Jade, Nina, Juliette et Léa vinrent après. Une fois que l’appel de la seconde deux fut fini, ils se dirigèrent tous vers leur salle de classe. Les couloirs du lycée étaient assez longs et comportaient toutes sortes de classe. La seconde deux s’arrêta devant la salle : 2.2, une classe juste pour les étudiants de la seconde deux. Saul n’était pas habitué à ce format de cour, mais il l’accepta sans rechigner. Tout le monde s’installa comme le plan de classe l’indiquait même si quelques élèves grognaient.

    — Bonjour, comme vous l’avez déjà entendu lors de la cérémonie, je suis Madame Steinhart, votre professeure principale pour cette année. J’espère que nous nous entendrons bien ! Comme vous pouvez le voir, je suis assez jeune, alors je vous demanderai d’être indulgent avec moi et mon enseignement, qui comportera certainement des lacunes, commença-t-elle en ayant un sourire bienveillant. Du coup, pour on va commencer par un tour de présentation ! Histoire que vous sachiez tous vos prénoms. Commençons par toi, jeune homme, dit-elle en regardant Yan.
    — Bonjour… Yan Carpof… répondit-il hésitant. J’ai dix-sept ans, j’aime le dessin et la musique, après je pratique aussi le taekwondo depuis quelques années… finit-il alors qu’une grosse partie de la classe le regardait.
    — Très bien ! Bon, on enchaîne ! Celui derrière et ainsi de suite. Je suis désolé de faire vite comme ça, mais dès ce matin, j’ai une phase de test à vous faire subir.
    « À nous faire subir ? C’est quoi ? Un genre de torture ? »

    Ce fut au tour de Jade de se présenter, puis Saul. De tous les noms, Saul se souvint seulement d’Hector Nemes et de Bassey Dama, car leur manière d’être et leur franc-parler se distinguaient de tous les autres. Saul se présenta lui aussi sans grande envie. Après qu’ils aient tous fini, certains élèves commençaient déjà à parler entre eux, mais avant qu’il ne puisse discuter davantage Undine prit la parole.

    — Ne vous emballez pas. La journée ne fais que commencé, j’ai deux tests à vous faire passer se matin, un intellectuel, un de rapidité et cette après-midi, un de force. On va directement commencer par celui qui demande d’avoir un cerveau. Ne vous inquiétez pas, ce test n’est pas noté, ils nous serviront juste pour plus tard.
    — Plus tard ? C’est à dire… ? demanda Saul en fixant Undine d’un œil dubitatif.
    — À ce que je sache, ça ne te regarde pas, non ?
    « J’imagine que ça servira lors de nos “sorties”. »

    La phrase d’Undine fit sourire ou ricaner quelques élèves de la classe.
    Elle distribua les feuilles, cela ressemblait juste à un test de QI, mais en regardant les autres pages, Saul vit qu’il y avait d’autres styles de questions, comme : une voiture fonce vers une famille de quatre personnes, vous ne pouvez pas les pousser pour les sauver, mais un homme se situe juste devant vous. Seriez-prêt à le pousser pour sauver les quatre autres personnes ?

    « Des questions d’ordre éthique, hein… ça ne va pas être une partie de plaisir. »

    Saul répondit à la plupart des questions. Celles qu’il avait laissées sans réponse étaient celles d’éthique, ou le choix était trop dur à faire. Sacrifier un adulte pour sauver un enfant ? Tuer pour sauver ? Pour lui, il ne peut pas répondre à ces questions, ce sont des choses que l‘ont choisi sur le moment, dans le feu de l’action, donc il laissa plusieurs d’entre elles vides.
    Arrivé à la dernière question, Saul s’arrêta un peu surprit, mais répondit tout de même, puis il posa enfin son stylo.
    Le jeune homme avait fini dans les premiers, alors il en profita, pour jeter un coup d’œil à la classe. Il y avait plus de garçons que de fille et la classe était munie de vingt-cinq élèves. Un chiffre conséquent qui étonnait Saul, étant donné qu’il fallait être au petit soin avec chacun des élèves. Tari Raske semblait peiner à répondre aux questions, il regardait ses feuilles avec colère, en serrant son stylo entre ses doigts. Saul détourna son regard vers le premier qui avait fini. Bassey Dama. Il semblait être assez intelligent, à moins qu’il n’ait tout simplement pas rempli les feuilles. Dans le fond de la classe, il put voir Juliette en train de faire un dessin sur une des feuilles. La classe était assez studieuse, bien que certains élèves soient complètement ailleurs. Une petite vingtaine de minutes après, Undine demanda à ce que tout le monde pose les stylos, malgré ça, un garçon à la peau tanné, Melvin, si Saul avait bonne mémoire, continuait d’écrire. La professeure téléporta le stylo de l’adolescent dans sa main avant de commencer à parler.

    — Melvin, commença-t-elle en attendant de voir si elle ne s’était pas trompée de prénom. La prochaine fois, j’aimerais que tu poses ton stylo.
    — Oui… excusez-moi.

    Undine annonça quelques minutes après qu’ils devaient faire l’examen de rapidité. Celui-ci était une simple course chronométrée sur deux-cents mètres, rien de bien compliqué. Il pensa aussi que c’était pour voir l’endurance de chaque élève, mais il n’en parla pas pour éviter de trop attirer l’attention sur lui. Il boucla le deux-cents mètres en vingt-neuf secondes. Loin derrière le premier, Amir Thomford, un garçon ayant les cheveux et les yeux blancs, qui avait fait : dix-neuf secondes.

    Par la suite, ils furent lâchés pour aller manger. Cela dit, pour éviter que les élèves des autres classes donnent des informations à d’autres élèves, ils durent manger dans leurs salles de classe. Undine leur avait apporté des sandwichs pas mauvais, mais bien en dessous de la qualité de la nourriture auquel les créateurs ont droit.
    Un silence avait pris place, car Undine était restée là et qu’elle n’aidait pas à se détendre. Au bout d’un moment, la professeure se leva.

    — Bon, l’examen de rapidité commence dans une vingtaine de minutes, vous avez un petit temps de pause. Je vais chercher les papiers dont j’ai besoin et je reviens après. Profitez-en pour faire connaissance. Ne soyez pas trop bruyant.

    Un silence d’une fraction de seconde arriva, mais se fit directement remplacer par un cri d’admiration de Juliette.

    — Toi là ! commença-t-elle en s’adressant à Jade. Tu es la petite qui est passée à la télé ! Grâce à toi la France est en train de polémiquer sur les Pians !
    — Hmm… Ah bon, commença la concernée en jouant un de ses stylos. Je ne pensais pas que ça allait avoir cette ampleur. Et puis, il y a aussi Saul qui m’a aidé, sans lui je serais devenu une passoire !
    — On a des gens plutôt célèbres dans notre classe à ce que je vois, déclara Bassey en regardant Juliette et Saul. Juliette Romane, Saul Griess et Jade Pixe, c’est intéressant.
    — Ahahah ! T’as vu leur tête ? Heureusement qu’on va être masqué, parce qu’ils n’ont clairement pas la gueule de l’emploi, déclara un garçon aux cheveux roux.
    — Hector, tu ne penses pas que tu devrais arrêter de parler comme ça ? répondit Juliette en le regardant avec un air blasé. Tu vas juste attirer des problèmes à tout le monde.

    Le jeune homme se redressa sur sa chaise et regarda Juliette avec un air grave.

    — Je m’en fou, répondit-il simplement.

    Sa phrase créa un blanc dans la pièce. Certains élèves semblaient agacés par le comportement d’Hector qui était toujours assis, à regarder tout le monde. À vrai dire, ce n’est pas le genre de personnes qui affectait Saul. Il était plus du genre à être agacé par une personne qui tape ses ongles sur une table de manière répétitive, que par quelqu’un d’irrespectueux. Histoire d’un peu détendre l’atmosphère, Saul prit la parole et s’adressa à Hector.

    — Tu penses pouvoir réussir l’épreuve physique ?
    — Hein ?! Tu crois que je suis une merde, c’est ça ? Cela dit, en termes de puissance destructrice mon PIAN n’est pas utile, je le concède.
    — Un genre de PIAN d’assistance, en gros.
    — Raaah ! Putain… Ouais on peut dire ça… Mais ça me fait chier de l’admettre, en combat, je ne suis pas d’une grande utilité, avoua-t-il en serrant les dents.
    — Vous voyez tout le monde, même s’il est irrespectueux, il est aussi honnête, alors pas la peine d’être tendu entre nous.

    Plusieurs personnes hochèrent la tête, avant de se mettre à discuter avec leur voisin de table. Yan qui se trouvait devant Saul se retourna.

    — De ce qu’on m’a dit, la seconde une passe l’examen physique ce matin.
    — Oh ? T’as un informateur ?
    — Ouais, on peut dire ça… mon père, quoi. Quand il a ramené le Pian de Paris, il me l’a présenté et m’a mis au courant de certaines choses comme celle-ci, expliqua-t-il à Saul en fixant une fille dans le fond de la classe ce qui fit sourire le jeune homme. Il m’a aussi dit la nature de l’examen physique, c’est une sorte de combat.
    — Quoi ?
    — De ce qu’il m’a dit, ça va être une sorte de 1 vs 1—
    — C’est bon, j’ai tous mes papiers ! s’exclama Undine en ouvrant la porte d’un coup. Vous pouvez venir.

    La classe suivit sans broncher, mais Saul était un peu surpris par cet « examen physique », se battre était assez dangereux pour les élèves et donc pour l’école. Les plaintes des parents pourraient réellement leur nuire, c’était donc bien risqué, ou sinon, ils avaient assez confiance en leurs personnelles pour qu’ils règlent les problèmes par la suite. Après être descendus au rez-de-chaussée, ils allèrent sur le terrain d’entraînement ou un petit bâtiment avait été créé pendant les deux semaines. Une sorte de petite arène, où il y avait des gradins pour environ une centaine de personnes. Une fois dedans, Undine s’arrêta et se retourna.

    — Ce bâtiment a été conçu pour vous évaluer physiquement. Comme vous pouvez le voir, c’est une arène, donc vous allez vous battre. Cela dit, nous vous demandons de vous battre qu’à 50 % maximum de votre potentiel, bien que ce bâtiment soit résistant, il ne peut pas résister à tout et bien sûr, pour éviter de blesser votre adversaire. Bien sûr, on ne vous demande pas de gagner, c’est juste histoire d’évaluer vos compétences. Cependant si vous gagnez, votre moyenne générale augmentera de 1. Vous pouvez aussi abandonner, mais ce serait du gâchis. Pour votre sécurité, vous allez être encadré par Madame Janner, Monsieur Wenersky et moi-même, expliqua-t-elle en montrant deux adultes qui venaient d’arriver. Nous comptons sur vous pour être fair-play et attentif, il n’y a eu aucun problème avec la seconde une, alors j’espère que ce sera pareil avec votre classe ! continua-t-elle avec un beau sourire. Comme vous pouvez le voir, je suis allez chercher une urne tout à l’heure où j’ai mis des bout de papier numéroté de 1 à 24, chaque chiffre correspondant à chaque élèves. Un tirage au sort va être fait et les deux personnes devront se battre pendant 5 minutes, ou mettre à terre son adversaire, c’est-à-dire, épaule et fesse touchant le sol. Bon… Tiens-toi là, avec les cheveux longs, dit-elle en fixant une belle jeune fille, viens et tire deux papiers s’il te plaît.
    — Bien, répondit-elle visiblement agacé par comment Undine l’avait appelé.

    La jeune fille se rapprocha de l’urne et en sortit donc deux papiers, Undine les regarda avec attention, et annonça les deux combattants.

    — Yan Carpof contre Nina Kirina.
  • Me revoici me revoilà '-' J'ai pas grand chose à dire pour une fois. J'espère juste que vous avez passé un bon noël et que vous passerez un bon nouvel an :)
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    Chapitre 14 : La fille aux fleurs et le garçon fatigué.
    Suite aux mots d’Undine, Nina et Yan se regardèrent, surpris. Le silence avait repris place, tout le monde regardant les deux concerner avec attention. Un des adolescents prit la parole avec un sourire conciliant sur les lèvres.

    — Pas besoin de vous en faire, commença-t-il d’une voix douce. C’est juste à 50 % de nos capacités, on ne nous demande pas un combat avec K.O.
    — Je sais bien, mais quand même… hésita Nina avec une mine inquiète.
    — Bonne chance Nina, ajouta Saul en sifflotant.
    — T’insinue quoi par là ?! J’ai l’impression que c’était un peu moqueur…
    — C’était une petite boutade, calmos la Nippone… C’est juste que Yan a quand même eu le droit à quelques entraînements aux arts martiaux, commença-t-il en regardant Nina d’un air pensif. Donc je me disais que tu aurais probablement du mal à suivre.

    La jeune fille marqua une pause, apparemment inquiète, avant de s’écrouler à genoux et de prendre sa tête entre ses mains pour pleurer sur son sort.

    — Yan, soit pas trop violent s’il te plaît. J’aimerais rester intact.
    — Hmmm… le jeune homme regardait Nina d’un regard terne. Je combattrais à 50 %, conclut-il en s’en allant vers les vestiaires.
    — Hein ! Hey !! Mate ! Kisama !
    « Quand les gens s’énervent, leur langue natale remonte. Toujours aussi drôle. »

    Saul regarda Yan s’engouffrer dans les vestiaires de l’arène. Il se demanda contre qui il allait tomber ; il préféra ne pas tomber sur quelqu’un utilisant leurs pouvoirs à distance, n’ont pas que c’est réellement son point faible, mais qu’il n’avait pas envie de courir pour essayer de taper dans quelqu’un qui pouvait esquivé sont coup avec 40 % de chance.
    Visiblement, Nina accepta la fatalité et partit en direction du vestiaire des filles avec une mine renfrognée.
    Pendant que les deux étudiants se préparaient, Saul et tous les autres prirent leurs bouts de papier ; le jeune homme avait pioché le numéro 13, peut-être un message subliminal ? Saul sourit à cette pensée, et rangea le bout de papier dans sa poche. Les autres élèves se montraient leur numéro en espérant savoir à l’avance avec qui ils se battraient.

    — Alors mec ? Quel numéro ? demanda Hector à Saul.
    — Un 1 plus un 3.
    — Le quatre ? Hmmm… dans tous les cas, si je tombe sur toi ou quelqu’un d’autre, je me ferais sûrement exploser.
    « Tiens… ça veut dire que la personne détenant le 4 n’a pas dévoilé son numéro. » se dit-il en regardant en direction de l’arène.

    Après avoir tous pioché et discuté rapidement sur leurs numéros, la seconde deux fila dans les gradins en attendant de voir apparaître les deux combattants. Environ cinq minutes passèrent, et les deux personnes tant attendues sortirent par deux grandes portes opposées, situées à une trentaine de mètres d’écart. L’arène en elle-même était assez grande, peut-être quarante mètres de circonférence puisqu’elle était ronde. Les gradins en bois faisaient vieux jeu avec le reste de l’établissement et faisant un bruit agaçant, mais Saul ne s’en préoccupa pas malgré les grincements incessants des planches qui s’affaissaient sous le poids des élèves. Le jeune homme regardait juste le terrain qui allait être utilisé pour les combats, un simple rond, peut-être un ovale, il ne savait pas trop. Ce qui le préoccupait vraiment, c’était l’issue de ce combat, il adorait faire des paris avec lui-même, même s’il savait que cela n’avait aucun sens et que ça n’aurait que pour effet de le rendre bizarre, mais il ne pouvait pas s’en empêcher, c’était plus fort que lui.
    Cependant, il n’était pas le seul, les élèves discutaient entre eux de la suite possible de cet affrontement.
    « Je pense que le garçon… Yan, je crois, va gagner, il a l’air bien plus entraîné », déclara une fille aux cheveux couleur corbeau et qui devait faire dans les uns mètre quatre-vingts.
    Tandis qu’une autre personne, un garçon aux cheveux blond et au regard malin, cette fois-ci, prétendait que la fille avait une chance en utilisant l’effet de surprise et la ruse.
    Saul ne prit pas la peine de jauger plus que ça ses deux amis, bien que son occupation première soit l’observation. De toute façon, le combat allait vite commencer, donc l’attente n’allait plus être très longue. Suite à une poignée de main, Nina et Yan se mirent en place et attendirent le signal avec une expression stressée.
    Après une dizaine de secondes, le signal fut enfin lancé, ce sur quoi, plus personne n’osa ouvrir la bouche.

    — Aucun des deux ne bouge, ils essayent de voir qui aurait le plus l’avantage en attaquant le premier… enfin, j’imagine, expliqua Saul au reste de la classe sans réellement le vouloir.
    — Oui. Je pensais à la même chose, affirma la fille aux cheveux couleur corbeau sans lâcher les deux assaillants du regard. Le meilleur choix serait-

    Avant que la jeune fille ne puisse finir sa phrase, Nina se mit à courir à toute vitesse vers Yan qui se mit en garde. La Japonaise balança son poing droit en espérant pouvoir profiter de sa petite taille pour pouvoir le frapper au menton, mais son adversaire esquiva machinalement son coup et envoya un direct du droit vers la tête de son assaillante qui eut bien du mal à esquiver la riposte. Elle recula brusquement ce qui eut pour effet d’ouvrir une brèche dans sa défense, alors naturellement, Yan en profita.

    Il fonça vers elle et tenta de la plaquer au sol, mais cela fut bien plus difficile qu’il ne se l’imaginait, Nina était comme inébranlable, comme attacher au sol, similaire à un vieux chêne ayant pris racine. Elle contre-attaqua en lui collant sa main gauche au visage, et en essayant de lui faire une balayette qui aurait fonctionné si jamais Yan ne s’était pas tenu à elle.
    Vu comment Yan était déstabilisé, elle sut qu’elle avait réussi à le prendre par surprise et lui asséna un coup de boule qui fit tressaillir le jeune homme pourtant solide.
    Saul fut assez surpris des réactions de Yan, il pensait qu’il allait réagir autrement à l’offensive de Nina, mais c’est comme s’il ne s’attendait à ce qu’elle soit si agressive dans ses coups. Apparemment, les professeurs eux aussi furent surpris, probablement car ils savaient de quel genre de famille venait Yan, et que donc, ils savaient aussi pour ses entraînements et son intellect.
    Yan se tenait maintenant le visage, se le grattant par petite période comme si on lui avait jeté de l’acide sur la face, avec un sentiment d'imcompréhension clairement visible. Une fois de plus Nina attaqua, envoyant un coup de point banal qu’il réussit à parer, qui fut suivi d’un deuxième qui allait bien plus vite que le précédent et qui semblait plus dangereux.

    Le bras de la jeune fille était recouvert d’épine. D’épines de roses. Yan mit sa main en travers du chemin du bras de la jeune femme, mais la suite inévitable arriva, et il se prit le coup de poing en pleine face, lui laissant des marques peu profonde dans la joue et sur la main. Le jeune homme grimaça sous la douleur, mais réussit à riposter d’un coup de poing dans le foie, ce qui fit reculer instantanément Nina, et qui la paralysa quelques instants. Cela dit, elle essaya de rester debout, mais une fatigue commençait à l’envahir, elle en chercha la cause, mais ne la trouva pas. Elle conclut donc que cette fatigue était artificielle, et qu’elle devait sûrement venir du PIAN de Yan. Avant qu’elle ne s’en aperçoive, le jeune russe c’était retrouvé devant elle, poing gauche lancé vers sa tempe avec un regard sérieux. Elle essaya de parer le coup, mais fatiguée et prise maintenant de maux de tête, son temps de réaction avait considérablement chuté.

    Le coup lui fit l’effet d’un éclair frappant le sol, un bruit sourd lui vint aux oreilles suivies d’un flash blanc qui l’aveugla pendant quelque seconde. Une fois avoir repris ses connaissances, elle était assise au sol en plein milieu du champ de bataille, Yan courait vers elle pour plaquer ses deux épaules au sol.

    Elle était sonné, mais loing d'être vaincu, le corps des Pians étaient naturellement plus solide que les autres humains, a peu près deux fois plus solide. Nina arrêta de réfléchir, c’était soit elle attaquait maintenant, soit elle perdait, cela ne l’a dérangeait pas forcément, mais quitte à se battre et a avoir un point de plus sur la moyenne, autant gagner.

    Elle plaqua ses pieds au sol, et en une fraction de seconde des racines foncèrent vers Yan, lui barrant tout d’un coup, la route vers la victoire. Yan, quelque peu étourdit, la joue le picotant, recula sous la surprise et regarda d’un œil vigilant les racines qui avait presque arrêté d’avancer. Le regard du jeune homme devint encore plus sérieux et il se mit a fixer d’un mauvais regard les plantes, celle-ci commencèrent à flétrir. Dès ce moment-là, il fonça encore plus vite qu’avant vers Nina. Peut-être avait-il pris conscience que la personne devant lui n’était pas une simple fille fragile, mais une vraie guerrière munie d’un PIAN qui pouvait s’avérer très dangereux. Saul sourit après avoir médité sur cette pensée. Il n’imaginait pas Yan était comme ça, mais après tout on est toujours surpris par les gens. Cela dit, vu la cadence à laquelle allait maintenant Yan, Saul se demanda s’il se bridait réellement à 50 %, à tel point que les trois professeurs présents se regardaient, hésitant.

    — Nous vous rappelons que c'est 50%, pas plus ! Si vous dépasser cette limite de façon trop évidente, vous êtes disqualifiés, cria intentonnelement Undine, pour rappeler à l'ordre Yan.

    Yan ne ralenti presque pas la cadence, mais Saul trouvait qu'il était plus proche des 50% maintenant, qu'au début, ou il devait être entre les 35 et les 40%. Les adultes présent ne rajoutèrent rien, pensant probablement la même chose que Saul, et se reconcentrèrent sur le match.
    Après que Yan soit passé près des racines, celle-ci semblait encore plus flétrie qu’avant, puis il engagea une nouvelle fois les hostilités en balançant son poing droit vers la joue de la jeune fille, mais à la place de la joue, il frappa un chardon avec toute la force et l’élan qu’il avait pris pour assommer la jeune fille sans la faire souffrir. Le jeune homme ne bougea pas de là où il était, mais sa main droite tremblait et son regard contenait une certaine colère ainsi que de la frustration.

    « Je ne sais pas si c'est possible, mais si elle aurait vraiment voulut lui paralyser la main, elle aurait mit un cactus à la place du chardon... Elle doit surement se bridé, la-dessus, la plus réglo c'est elle. Voilà donc le deuxième but de cet examen... Voir qui suis le mieux les règles, et ceux qui sont les plus enclins à les contourner. »

    Il enleva le chardon de sa main dans une expression grimançante.

    — Bordel… Nina, t’es plus combative que je le pensais… dit-il pour la distraire, mais aussi pour avoir une vraie discussion avec elle.
    — C’est toi qui m’as pris à la légère au début-

    Nina ne put finir sa phrase, le talon de Yan s’écrasait déjà sur sa tempe. Elle valsa sur le côté, puis tituba, semblant plus fragile que jamais, alors Yan décida d’attaquer de front, une fois devant elle, il prépara un coup qui allait s’abattre sur sa gorge, une technique d’aïkido, mais une seconde avant de finir son coup, la jeune fille aux cheveux roses le fit reculer sans bouger d’un pouce.
    Sur le coup, Yan ne comprit pas ce qu’il se passait, mais il se rendit vite compte que ce qui lui avait coupé la respiration était une branche de chêne qui poussait de la main droite de la jeune fille, qui semblait reprendre ses esprits.
    Yan et tout les autres d'ailleurs, savaient que Nina ne faisait repousser l'inévitable, mais Saul pensait que si elle agissait encore ainsi, c'est qu'elle avait encore des choses à montrer, sinon elle ne resterai pas debout à ce recevoir des coups.
    Contre toutes attentes, les autres élèves encourageaient les deux combattants alors qu’ils ne les connaissaient quasiment pas, ce qui fit sourire les professeurs.

    — Oui, c’est un bon combat, un mixte entre art martial et attaque-surprise, un peu violent cela dit... avoua Monsieur Wenersky avec un sourire aux lèvres.
    — Hmm, c’est vrai que le premier match de la seconde une était plutôt lent et peu distrayant, d’ailleurs les autres fights aussi, la plupart n’avaient pas l’expérience du combat, ça se voyait, lâcha sévèrement Madame Janner. Heureusement que certains rehaussaient le niveau.
    — Ahah ! Ma classe sera meilleure que celle de Willy ! Je peux vous l’assurer !

    Saul eut mal au cœur pour Rodrigue, sa classe venait de se faire violemment dénigrer.

    « J’espère pour toi que tu es un de ceux qui ont “rehausser le niveau… » se dit-il en pensant à son ami.
    — Tu penses à un truc !? demanda Jade avec un ton enjoué qui fit sursauté Saul.
    — Ah ! Euh… non pas spécialement commença-t-il avec un petit sourire. Je ne pensais juste pas que Yan serait autant mit en difficulté.
    — Pourquoi !? Parce que c’est une fille !? C’est ça !? cria une fille cheveux châtain clairs et aux iris violets.
    — Hein ? Euh…
    « Encore une féministe ? J’imagine... »
    — Non, je me suis mal exprimé, désolé, débuta-t-il d’un air absent. C’est juste qu’en termes de physique Yan est plus compétent qu’elle. Nina est un peu maladroite et hésitante, tout l’inverse de Yan.
    — Aaaahhh… souffla la fille qui lui avait crié dessus. Excuse-moi, finit-elle d’une voix timide en se rasseyant.
    Le combat lui, étant comme en pause, la branche de chêne poussant Yan d’abord à un mètre puis maintenant à deux. La branche n’était pas très large, mais assez solide pour le pousser encore un peu, mais pas très loin cela dit. Madame Janner regarda très brièvement son chronomètre, vu sa réaction, il restant encore assez de temps, pour que les deux combattants montrent de quoi ils étaient encore capables.
    Léa qui était située sur le gradin derrière Saul lui tapota l’épaule.

    — Tu penses que l’un des deux a fait une erreur, moi je pense que c’est Yan… commença-t-elle avec une expression attristée. Il n’a pas fait les bonnes choses.
    — Ouais, je suis d’accord… Sa première erreur a été de la sous-estimé, maintenant il est dans de beaux draps, répondit Saul en restant concentré sur le match. J’imagine qu’il ne peut plus la faire dormir ou la fatigué, étant donné qu’il a l’air tout autant crever qu’elle. Si je me rappelle bien, pour que son pouvoir marche à la perfection, il faut qu’il soit reposé, or, son PIAN l’empêche de bien dormir, accoupler à ça le stress de la rentré et la pression que le combat à engendrer chez lui…
    — Je vois, répliqua Léa en enlevant son regard de Saul et en le rabattant sur Yan.
    — Même s’il a utilisé son PIAN tout à l’heure, il ne doit plus pouvoir l’utiliser maintenant, conclut Saul en se frottant les yeux.

    Après que la branche de chêne ait parcouru environ deux mètres cinquante, celle-ci cassa sous la force, laissant le temps à Yan de reprendre sa respiration. Bien évidemment, Nina le comprit, alors elle se força à lancer de nouveau une offensive.
    Bien sûr, toute la classe était scotchée face à ce combat qui était d’une bestialité déstabilisante, personne ne s’attendait à voir des bleus apparaître sur les corps des combattants, mais encore moins du sang, bien qu'il soit en petite quantité. Certaines personnes semblaient pensées à leur combat et commençaient visiblement à stresser, mais ces personnes revinrent vite au combat qui avait lieu sous leurs yeux.

    « Difficile de déterminer le gagnant… Je pense cela dit que la fille là-bas, celle qui à tirer les papier pour Nina et Yan… à son idée. Je me demande pourquoi elle s’exile comme ça- Ah ! Une offensive de la Japonaise !»

    Nina jeta un de ses pieds en direction du ventre de Yan, qui se le prit de plein fouet, malgré qu'il ai essayé d'esquivé, rejetant le peu d’air qu’il avait réussi à inhaler, mais il eut le réflexe presque inhumain de la prendre par le pied et de la faire tourner pour l’envoyer voler plus loin. La jeune fille s’étala dans la poussière prise d’une quinte de toux.
    Saul crut lire sur ses lèvres le mot : Putain. Elle devait probablement en avoir marre de se faire frapper depuis le début, bien que celui qui avait le plus essuyer de coup soit Yan.
    Le jeune homme se reprit, les sourcils froncés, déterminés à en finir, cela dit le regard de son adversaire était similaire. Yan la joue légèrement ensanglantée à cause des épines, courut vers Nina qui se prépara à répliquer, il prépara un coup de poing et elle aussi, mais il fit exprès de frapper la frapper à la main de toutes ses forces pour qu’elle ne puisse plus l’utiliser pendant un petit laps de temps.

    Juste après avoir fait cela, il se baissa et donna un coup de pied d’une force surhumaine dans les chevilles de la jeune fille, ce qui la fit tomber en arrière malgré que des racines sortent de ses pieds pour l’empêcher de tomber. Voilà pourquoi elle avait paru si inébranlable depuis le début, car elle était vraiment enracinée, mais cette fois-ci elle ne put rester debout. Juste avant que ses deux épaules ne touchent le sol, des glycines poussèrent de ses omoplates.
    Yan une fois de plus, fut surpris, mais il savait ce qu’il lui restait à faire. Il s’avança vers elle et d’un coup, les glycines flétrirent, la laissant tomber au sol. Yan commençait presque à dormir debout, il titubait à cause des coups, à cause de la fatigue et de tout le reste.
    Il se mit au-dessus de Nina et la plaqua au sol avec la moitié de sa force, après tout, il fallait être à 50%. Les glycines s’écartèrent et cassèrent malgré la souplesse du bois ; les fesses et les épaules de Nina touchèrent le sol, après un combat nerveux qui aura duré trois minutes et trente et une secondes.
    Yan s’écroula par terre en dormant.
    Monsieur Wenersky, après un petit moment de silence, prit la parole d’une voix puissante.

    — Vainqueur ! Yan Carpof !
  • Désolé pour le retard du chapitre xD Mon PC était cassé :) un plaisir ! Bref, j'ai réussis à récup tout mes chapitres (il y en a actuellement 19, et tout les personnages demandé y sont apparut, y comprit les autres, bien sûr).
    Bon ! Je vous laisse en éspérant être lu :)
    N'hésitez pas à commenter, partager, etc :blush:
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    Chapitre 15 : Foutoir et aspirateur.
    Une bonne partie de la classe resta bouche bée après l’exclamation de Monsieur Wenersky. Un silence éloquent prit place, alors que Nina encore consciente c’était relevée et avançait vers Yan pour voir s’il n’était pas gravement blessé, mais elle se rendit vite compte que le jeune homme était juste en train ronfler la tête plongée dans la poussière. Après avoir constaté ce fait, elle s’écarta pour laisser passer les deux infirmiers qui venaient pour le transporter. Un peu après, un des infirmiers lui mit un bandage de contention sur le nez pour arrêter son saignement. Elle repartit avec eux, probablement pour passer un examen médical.

    — C’était un peu trop violent… ? commença Juliette avec la tête rentrée dans les épaules, ses oreilles de chat repliées sur elle-même.
    — Et bien… renchérit Undine avec une moue dubitative. Ils y sont allés un peu fort, mais on les a laissé faire pour l’exemple ! En gros, combattez-vous avec rage !
    — Hey ! La prof ! On n’est pas dans une base militaire ! s’exclama un jeune homme aux cheveux jaune orangé. Après j’aime bien me battre, mais là, c’est d’un tout autre niveau ! Si vous me demander du 50% je risque de tuer tout le monde sans le vouloir, alors du 35 % seraient plus adéquate.

    Tout le monde regardait l’espèce de boule d’énergie hargneuse qui tentait de s’exprimer. L’expression figée d’Undine trahissait sa surprise. Le jeune homme, lui, continuait de parler sans faire attention aux autres.

    — Euh… Hum... tenta la professeure. Tu es Erwan c’est ça ? Calme-toi-
    — De plus, j’imagine que nos familles ne sont pas prévenues, donc cela risque de vous attirer des problèmes.
    — Non, non, ne t’inquiète pas.
    — Vu comment le combat à finit, j’ai des doutes sur le fait que vous puissiez nous arrêter, et donc des doutes sur vos compétences, le coupa-t-elle une nouvelle fois, alors que Madame Janner affichait un sourire sardonique et que Monsieur Wenersky détournait la tête visiblement gênée. Et puis, je ne sais pas non plus si la structure de l’arène va tenir face à tout les combats, il est possible que les combats précédents, ceux de la seconde une, aient abîmé les fondations par exemple. Putain ! Bordel !! Et puis, il y a aussi le fait que certaines personnes, soit plus sensibles, que-
    — Tais-toi immédiatement, déclara Undine avec la voix la plus calme du monde, alors que son visage d’habitude si angélique arborait une expression d’une agressivité repoussante.

    Le jeune homme la regarda d’un œil vif et répondit vite.

    — Oui Madame.
    — Et arrête les grossièretés, le prochain qui fait le malin comme ça, je le téléporte aléatoirement sur un rayon de 10 kilomètres.
    — Oui Madame, répondirent la plupart des élèves, le visage blême.

    Saul savait que sa dernière phrase était avant tout un bluff, mais au fond de lui, il savait qu’elle
    pouvait en être capable. Madame Janner avait une expression satisfaite mélangée à un sourire narquois, tandis que Monsieur Wenersky semblait quelque peu apaisé. Après que la classe se soit calmée, Undine reprit les points qu’Erwan avait soulevés.

    — Vos familles ont été prévenues qu’un examen physique « spéciale » allait avoir lieu, donc il n’y a pas à s’en faire.

    « Un examen physique « spéciale »… Il n’y a pas à s’en faire, pensa Saul, n’écoutant plus ce qu’elle disait. Je ne suis pas sûr que tous les parents vont tous partager cet avis. J’ai hâte de voir la tête d’Undine devant les parents outrés d’un « examen spécial », ça promet d’être drôle. »
    — Après, pour ce qui est de vos compétences, nous allons vous le dire en temps venu, toi par exemple Erwan, on te demandera du 40 % pendant ton combat, pas plus. Pour les compétences des trois professeurs ici présents, dont moi bien sûr, vous connaissez Madame Jinner, grâce à elle vous avez pu apprendre le français environ 16 fois plus vite qu’à la normale, mais ce n’est qu’un mince aperçut de ses capacités, à la fin de cette phrase, Madame Jinner eu un sourire, montrant qu’elle était heureuse qu’on flatte son égo. Monsieur Wenersky quant à lui est en parfaite disposition pour vous arrêter quand il le souhaite, quant à moi, comme vous l’avez comprit, je peux vous téléportez. Par la suite, si jamais malgré ça, vous êtes gravement blessé par quelconque moyen, nous avons un infirmier qui est là pour ça. Vous soignez ne sera pas un problème et ne prendra que peu de temps. Pour les fondations, c’est impossible qu’elle s’effondre, le matériau principal est bien trop résistant pour céder à vos petites attaques. Voilà. J’espère avoir répondu à tes questions.

    « Encore ce fameux matériau noir, j’imagine. »

    Erwan hocha la tête nerveusement avant de regarder devant lui avec un regard hargneux. Le garçon qui se trouvait derrière lui, devait se demander ce qu’il lui valait un tel regard. Après que tout soit revenu à la normale, Undine se leva, et prit la boîte où tous les numéros étaient écrits. Elle s’approcha des élèves et les regards attentivement.

    — Tiens, Erwan, dit-elle en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille. Tu vas tirer les deux numéros.

    Il se leva juste et avança jusqu’à la professeure sans la regarder. Il plongea sa main dans l’urne et sortit un papier qui n’était pas plié, Saul put voir le numéro : 9. Apparemment la personne concernée avait aussi vu le papier et c’était levé. Erwan tira le deuxième, le numéro 21 ; Undine chercha les noms affiliés au numéro sur sa liste et les appela.

    — Melvin Kelvin et Bassey Dama ! elle fit une pause après que les deux jeunes hommes soient arrivés, regardant leurs fiches personnelles. Hmm… Vos PIAN sont spéciaux… On va devoir rajouter des trucs à l’arène. Bref, n’oublier pas les consignes données, tout le matériel de combat vous sera donné. Bonne chance à vous !

    Les deux jeunes hommes partirent dans la même direction, celle des escaliers, discutant avec un air nerveux aux visages. Saul sourit en les voyant essayer de cacher leurs peurs, après tout aucun des deux ne connaissait le pouvoir de l’autre, et Undine avait dit que leurs PIAN étaient spéciaux, de quoi leurs mettre la pression. Les autres élèves discutaient entre eux, alors au lieu de faire groupe à part, Saul décida d’aller parler à son tour. La discussion de Léa semblait plus intéressante que celle
    de Jade qui discutait avec la « féministe » de spaghetti bolognaise. Léa discutait avec Juliette, Hector, et deux autres personnes que Saul ne connaissait pas. Ils semblaient parler de la seconde une.

    — Tient, Saul, tu veux te joindre à nous ? demanda Léa avec un sourire. — Oui, ça me paraît mieux que la discussion de Jade… souffla-t-il en détournant les yeux. — J’ai entendu ! s’écria Jade avec un air énervé.

    Sa réponse fit rire quelques élèves, dont Saul ne faisait pas partie. Après avoir regardé Jade, il se remit dans la conversation qu’il avait initialement choisie et écouta le jeune qui parlait. Il avait les cheveux bleus et des yeux gris foncé qu’on pouvait facilement confondre avec du noir.

    — Il y a aussi une autre fille que je connais dans la seconde une, elle s’appelle Olivia Lester, c’est une anglaise.
    — Tu sais c’est quoi son PIAN ? demanda Tari Raske, que Saul avait complètement oublié.
    — Hum… je crois qu’elle peut créer du napalm.
    — Ah ouais pas mal ! s’exclama Hector avec un grand sourire aux lèvres.
    — Moi, à part Rod, je ne connais personne d’autre… déclara Saul avec un ton penseur.
    — Rod ? l’interpella Tari.
    — Rodrigue Bedin. Un Belge. Qui à un PIAN psychique dont j’ai toujours pas saisi le fonctionnement. — Aaaah, lui, fit Hector en s’agitant sur le banc. Il est assez spécial comme gars. Je connais aussi Sélia Acané.
    — Oh ! Elle !

    Léa reprit la conversation en parlant de Rodrigue et de Sélia Acané, mais Saul détacha son attention, et regarda devant lui, puis à droite. Comme d’habitude, il y avait des exilés, des gens moins sociables, plus timides.
    Bon… il y avait aussi les hargneux qui ne voulait juste pas parler, comme Erwan. Devant cette vision, Saul décida d’aller voir une jeune fille qui était restée muette depuis son arrivé dans la salle de classe vers les 8 heures 10 du matin, une fille à l’air fragile, aux longs cheveux noirs en queue de cheval, ses pupilles roses fixaient presque tout le temps le sol avec un air stressé qui c’était fait encore plus grand lors du combat entre Yan et Nina. D’habitude, il ne serait pas venu discuter, mais voir quelqu’un comme ça, complètement tendu, le stressait lui aussi. Il demanda à Undine s’il pouvait se déplacer, elle accepta avec un regard approbateur et lâcha un commentaire sur son comportement qui ressemblait à celui d’un délégué de classe. Il savait cependant lui-même que ce genre de boulot n’était pas pour lui, il avait été délégué une fois, et cela lui avait suffi pour comprendre que ce type de responsabilité n’était pas bon du tout pour lui. Pas que ça le stressait, mais que ça lui pompait son temps. Il arriva à environ trois mètres d’elle et ralentis le pas, elle tourna la tête aussitôt vers lui, ses pupilles rose fuchsia le fixant.

    « Elle m’a entendu arriver de loin... »
    — Hum… Excuse-moi, je me demandais si je pouvais te parler, commença-t-il en lui souriant.
    — … Ou-Oui, pas de soucis… répondit-elle d’une petite voix.
    Saul s’assit à côté d’elle, à sa gauche précisément. À deux chaises d’écart, se tenait fermement la jeune fille aux cheveux couleurs corbeaux, ça ne devait pas l’aider à la détendre.
    — T’en penses quoi des combats toi ? T’as pas l’air d’être énormément emballé par le délire.
    — Hum… J’ai juste peur de me faire mal… Mon pouvoir n’est pas comme les vôtres… Je ne peux pas vraiment me battre avec…
    — Oh ? Bah un peu comme Hector, dit-il en montrant du doigt son camarade. Son PIAN ne lui permet pas de se battre. Avec un peu de chance, tu vas tomber contre lui. Dans le pire des cas tu tombes contre Erwan-
    « Qu’est-ce que je dis là, moi… Je vais juste la faire stresser encore plus. »
    — Erwan… le garçon rebelle qui s’est levé tout à l’heure ? chuchota t-elle en se parlant à elle-même. Oui, tu as durement raison, vu ce qu’il a dit, son PIAN doit sûrement être…
    « Et voilà… je l’ai encore plus stressée… Saul Griess, professionnel des actions sociales. »

    Après avoir fait une brève pause dans la conversation, Saul reprit en voyant Bassey Dama et Melvin Kelvin rentré dans l’arène par la même porte.

    — Bon… ça va recommencer, fais quand même bien gaffe aux pouvoirs de tout le monde, ça pourrait nous être utile pour la suite, précisa Saul en souriant à la jeune fille. Akira, si je me souviens bien de ton prénom.
    — O-Oui, c’est bien ça, répondit-elle avec un léger rougissement. Merci Saul.
    « Au moins, elle sait mon prénom. »

    Saul redirectionna son attention sur les deux personnes qui s’avançait sur le terrain ; Bassey qui portait jusqu’alors des gants en plastique, en avait enlevé un, celui de sa main gauche. Tandis que Melvin rentrait paisiblement en regardant le plafond avec un air évasif. Saul crut lire sur ses lèvres : le ciel est beau. Ce qui lui fit comprendre que plusieurs types de génies se trouvaient dans cette classe. Saul avait aussi remarqué que tout un tas d’objets avait été disposé sur le sol depuis que les combattants précédents étaient partis.
    Des membres du personnel avaient fait des allers retour pour apporter tout ça en moins de cinq minutes. Après avoir brièvement discuté entre eux et s’être serré la main avec fair-play, ils s’écartèrent sur chaque bord du terrain attendant le signal avec un visage qu’il arrivait assez bien à rendre décontracté. Monsieur Wenersky se leva et regarda les deux combattants.

    — Je vous rappelle donc que vous devez vous brider à environ 50 % de vos capacités et éviter toute attaque trop dangereuse, sous peine de disqualification, commença-t-il en prenant une voix un peu plus grave que celle d’origine. Vous n’avez pas à être aussi violent que dans le précédent combat, le
    but n’est pas de vous handicapé dés votre début de scolarité au sein du centre… Nous avons disposé une vingtaine d’objets tout autour de vous, en passant par un vieux canapé, un verre, ou encore un aspirateur. Cela devrait vous aider à utiliser vos PIAN.
    « Des PIAN liés aux objets ?... »
    — Sur ce… conclut Wenersky en tira une balle à blanc pour annoncer le début du match.

    À peine une seconde après le lancement du combat, Melvin se rabattu sur le sol, la paume de la main tendue vers le verre, une sorte de petit tourbillon apparut, comme si une tornade allait aspiré l’objet. Juste au même moment, Bassey courut près du sol et frappa le canapé de sa main gauche. Personne n’eut le temps de comprendre, mais tous les objets c’était comme téléporter dans les airs, le canapé, le verre, un classeur et même l’aspirateur qui était assez loin ; tous tombaient au fur et à mesure dans un véritable foutoir. L’aspirateur n’eut pas le temps de tomber au sol, un tourbillon apparut sur lui, l’aspirant jusque vers le bras de Melvin, l’objet vint fusionner avec son bras. Son épaule était maintenant le moteur de l’aspirateur, ainsi que la où la poussière et les déchets allaient, ce qui allait probablement plus l’étouffer qu’autre chose. Le reste de son bras était articulé et souple comme du plastique, recouvert la plupart du temps par un plastique plus dur ; sa main était maintenant remplacée par le trou du manche de l’aspirateur. Un PIAN de fusion.

    « Mais… qu’est-ce que c’est que ce bordel… ? » se demanda Saul en regardant sa voisine qui vu son expression pensait la même chose.

    Un bruit d’aspirateur vint aux oreilles de tout le monde, Melvin semblait aspirer tous les plus petits objets qui tombaient encore, réduisant le nombre d’objets sur le terrain. Les plus gros tel que le canapé était tombé dans un grand fracas à côté du garçon qui ce l’était presque reçut sur le sommet du crâne. Bassey frappa de nouveau sur un autre objet, mais cette fois-ci seuls quelques objets se téléportèrent dans les airs devant Melvin, lui bouchant la vue. Le jeune homme frappa une seconde fois un autre objet téléportant le reste des objets, dont le canapé au-dessus de Melvin.

    « Un genre de bordel organisé. »

    Cette fois-ci, le canapé et tout le reste vinrent toucher Melvin qui s’effondra sous le poids de tout les objets. Un silence prit place, pendant lequel Bassey avança vers le tas d’objets. Undine c’était levé prête à rendre le verdit du combat, mais du carnage au sol, Melvin bondit et donna un gros coup de poing directement dans la tête de son adversaire. Celui-ci tituba en reculant, et essaya de prédire la prochaine attaque, en vain. Melvin essaya d’aspirer la joue de son concurrent, ce qui fit pouffer une bonne grosse partie de la classe y compris les profs. Quelques instants plus tard, alors que l’aspirateur était jusqu’alors fusionné à Melvin, celui-ci partit de son bras avec vitesse et se fracassa sur son thorax. Bassey lâcha un grognement et recula encore plus. Juste après avoir repris ses esprits, le jeune homme tapa dans l’aspirateur et téléporta de nouveau tous les objets, en comptant ceux qui avaient été aspirés. Le canapé s’était une fois de plus retrouvé au-dessus de Melvin, mais celui-ci l’aspira pendant une seconde, ce qui ne permit pas de voir à quoi ressemblait sa fusion, et le rejeta vers son adversaire qui se le prit en plein dans les dents et qui s’écroula à terre en gémissant.

    Saul ricanait intérieurement en voyant leur combat, les voir tenter des choses les rendait un peu ridicules, mais il préféra vite se concentrer alors qu’Hector apportait du soutien aux deux
    combattants. Après plusieurs essais pour toucher le jeune homme avec sa main gauche, Bassey décida de directement prendre un objet dans sa main. Le verre. Celui-ci ne vola pas en éclat, mais il se sépara en plein de petits morceaux ; certains partirent en direction du son adversaire qu’il réussit facilement à esquivé. Quant aux autres bouts, ceux-ci étaient collés à la main du jeune homme grâce à la force cinétique qu’il exerçait en chargeant son poing. Melvin le vit arrivé juste à temps pour reculer et couvrit son visage d’une main. Avec celle-ci, il en profita pour aspirer un des morceaux de verre présent sur la main du garçon qui fonçait vers lui. La moitié de son corps environ, était maintenant transparent, cela dit, ses organes étaient toujours là, on pouvait les apercevoir à travers son T-short. En voyant la parade de Melvin, Bassey se baissa et décida de frapper sur son côté droit — étant donné que cette partie du corps était encore humaine —, et au niveau du ventre.

    Sa main frappa directement son foie et lui fit cracher tout l’air qu’il avait dans les poumons. La douleur du coup le fit tressaillir, sans compter que les bouts de verre sur le poing de son adversaire l’avaient écorché, bien que ce soit superficiel.
    Par contre, Bassey s’était ouvert la main, son poing avait pris le plus gros des dégâts et de minces filets rouges coulaient de ses phalanges. Saul tenta de retenir un rire en voyant la tête de Bassey qui voulait littéralement dire : « Putain, mon plan n’a pas marché. Je suis dans la merde. ». Il réussit presque à le taire, mais Akira et la fille aux cheveux couleurs corbeaux le remarquèrent. Elles le regardèrent avec un regard étrange, comme si Saul était un fou en camisole, donc il s'arrêta au plus vite.

    Saul avait raison, Melvin répliqua tout de suite avec son poing en verre et le fracassa en plein dans le thorax de son concurrent qui fila en arrière sous le choc. Melvin profita de ce moment de faiblesse pour foncé tête baissée au sens propre du terme vers Bassey, qui n’eut pas le réflexe de se décaler en voyant arrivé son adversaire. Les cheveux un peu ébouriffés et maintenant en verre de Melvin vinrent se plaquer contre le ventre de l’autre garçon — en voulant ensuite plaquer ses deux épaules au sol — ; celui-ci gémit sous la douleur et recula une nouvelle fois. Pendant un instant, Bassey eut l’intention d’utiliser sa seconde main, mais il se retint, conscient des règles imposées. Il eut cependant l’intelligence de toucher un des morceaux de verre — ou de cheveux en verre — qui avait cassé sous la force de l’impact. Les objets se téléportèrent une nouvelle fois de plus dans tout les sens. Se téléporter ? Saul n’en était plus vraiment sûr, il avait l’impression que c’était autre chose qu’il se passait quand Bassey touchait les objets.

    — Hum… Akira, il n’y a pas quelque chose qui te dérange avec le pouvoir de Bassey… ?
    — Ah ! Euh… comment ça ? Tu parles des objets téléportés ?
    — Oui, j’ai l’impression que mes yeux voient autre chose, mais c’est trop rapide.
    — Si je peux me permettre… commença un garçon juste placé derrière Saul.
    — Oui, pas de soucis, répondit Saul en se retournant et en levant la tête.
    — Comme tu l’as remarqué Saul, je… je t’appelle par ton prénom ça te va ?
    — Ahaha ! T’inquiète pas, on est camarade après tout.
    — Ahah, oui, tu as raison. Et bien comme tu l’as remarqué, les objets ne se téléportent pas, enfin pas tous... j’ai une bonne vue et je peux te dire que certain objet ce déplace juste d’un endroit à un autre, c’est juste trop rapide à voir pour quelqu’un de « normal », finit-il en mettant le mot « normal » entre parenthèses en utilisant ses doigts. Par contre, Bassey je crois… arrive à ne pas toucher son adversaire, ça doit demander une grande dextérité, car avec la vitesse des objets… si jamais ça touchait le mec en face de lui, il le mettrait probablement dans un piteux état… Sinon, oui, certain objet semble effectivement se téléporter c'est très étrange...
    — Oui… quant à Melvin, s’il utilisait sa deuxième main, il pourrait complètement fusionner avec
    les objets, et donc être bien plus solide et offensif.
    — Ouais, ils sont bloqués par le fait de se brisze à 50 %, continua le garçon. Mais même comme ça, je pense que leurs niveaux sont proches.
    — Je suis d’a-d’accord, approuva Akira avec un hochement de tête.
    — Maintenant qu’on voit les choses comme ça… répondit Saul en regardant les deux combattants d’un œil attentif. Je ne suis plus sûr de qui va gagner ce combat.

    Puisqu’une fois de plus les objets volaient dans tout les sens, Melvin partit dans une autre direction espérant échapper à la pluie de fourbi qui allait s’abattre sur lui. Il en esquiva la presque totalité, mais reçut un dictionnaire sur le sommet du crâne et un téléphone qui s’écrasa sur l’épaule en verre du jeune homme. Le visage de Madame Jinner devint pâle et anxieux.

    — Qu’est ce que… mon téléphone fait là-bas ?

    Bassey eut un sourire amusé en entendant la réflexion de l’adulte qui avait depuis le début eut un comportement hautain.

    « Il l’a fait exprès… »

    Le téléphone s’écrasa au sol, l’écran brisé. Juste après cette action, Bassey fonça vers Melvin, ce joua alors un jeu d’esquive et de contre-attaque qui dura plus d’une minute, avant que Melvin ne ce décide à jeter le bout de verre qui le rendait à moitié invincible en direction du corps de Bassey. Il en profita pour tenter d’aspirer un autre objet, un briquet, mais celui-ci bougea d’un coup, se retrouvant devant Bassey qui le prit et le jeta encore plus loin, avant de se jeter vers Melvin maintenant démunit de sa protection. Une fois de plus, les deux jeunes hommes firent du corps à corps pendant pas mal de temps. On voyait cependant que Melvin avait les bases de la boxe contrairement à Bassey qui peinait à toucher son adversaire, de plus, il essayait de trouver une ouverture pour le mettre KO, mais n’arrivait pas à la trouver. Leurs combats à mains nues les avaient fait bouger dans tous les sens, et c’est exactement ce que voulait Melvin. Il était maintenant dos au briquet, et Bassey ne semblait pas encore l’avoir vu, alors il en profita pour lui mettre la pression.

    — C’est le tout pour le tout maintenant ! Voilà mon coup final ! cria t-il en bluffant.

    Sa phrase eut son effet, Bassey recula sous la surprise visiblement perturbée. Melvin se retourna le plus vite possible pour aspirer le briquet et fusionna avec. La partie gauche de son corps était maintenant recouverte d’un plastique bleu foncé, le rendant plus menaçant. Son visage était fait de la même manière, seul son œil gauche était différent, il y avait comme une sorte de flamme qui faisait qu’il brillait d’une lueur lugubre. L’articulation de son bras était comme une sorte d’engrenage, mais ressemblait plus à la molette d’un briquet zippo ; chaque articulation, que ce soit genoux ou phalanges, était tenue par des ressorts, qui allait donner encore plus de force à ses coups et mêmes pouvoirs mieux les endossés. Ses doigts étaient articulés de la même manière que les gants médiévaux, on pouvait même entendre le cliquetis des ressorts qui tenait les phalanges entre
    elles. Seul le bout des doigts comportait quelques choses de différents. Des trous. Ceux qui allaient laisser s’échapper le feu du briquet.

    Bassey qui avait reculé compris vite son erreur et vit en même temps le parfait moment pour le mettre K.O. Il frappa dans le dictionnaire juste devant lui. Cette fois-ci, les objets s’envolèrent, mais pas que. Les gravats et la poussière qui était au sol partirent aussi en l’air et en plein dans la tête de Melvin. Celui-ci s’en prit dans les yeux et commença à gémir sous la pluie d’objet. Il leva sa main en l’air et lâcha du gaz dans l’air pendant plusieurs secondes avant de produire une étincelle. Les professeurs avaient réagi, mais tant que Madame Jinner ne donnait pas l’alerte, c’est que les deux jeunes hommes allaient s’en sortir. Bassey s’arrêta juste à temps, alors qu’une boule de feu de plus de deux mètres de diamètre recouvrait son adversaire. Le souffle envoya les objets dans tous les sens, en brûlant d’autres. Melvin prit le temps de frotter ses yeux pour en enlever les poussières, malgré le feu, lui, n’était pas brûlé. Bassey juste après que la boule de feu se soit dispersée fonça vers Melvin, la main gauche en avant, prêt pour son coup final. Melvin les yeux encore humides alluma les cinq flammes au bout de ses doigts, et brandit son poing, près à en finir. La main de Bassey se retrouva à quelques centimètres de la tête de Melvin, et celle de Melvin à quelques millimètres de l’estomac de Bassey.

    — C’est fini ! cria Madame Janner alors qu’Undine sonnait le signal de fin. Les cinq minutes sont passées ! Nous avons donc notre première égalité de la journée !
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